Encore une fois, je rate l'anniversaire de Remus d'un jour... Décidément!

Merci à Tooran et Twinkle Wave pour leurs reviews! Bon chapitre :)

Chapitre 59: Les dernières semaines

Au plus grand dam de James, les deux semaines qui les séparaient du dernier match de Quidditch de l'année passèrent en un éclair et très vite, ils se retrouvèrent à la veille du match tant redouté. Les esprits s'échauffaient entre les Maisons rivales, les élèves des deux autres choisissaient un camp à soutenir en fonction de calculs très poussés sur l'impact du résultat sur le classement potentiel de leur propre Maison, et tous ceux qui n'avaient pas le moindre intérêt dans le Quidditch se retrouvaient très vite en marge, à regarder d'un air blasé toute l'excitation qui ne les atteignait pas.

- Donc Poufsouffle a 550 points et Serpentard en a 290 – bien fait sales vipères, vous aviez qu'à avoir un bon Attrapeur. Si on imagine que Serdaigle gagne avec plus de 220 points d'écart demain –

- Ce qui est possible parce qu'ils attendront un peu avant d'attraper le Vif...

- Dans cette hypothèse, et dans cette hypothèse seulement, Serdaigle chope la première place et arrive à... 560 ? Oui, c'est ça.

- Alors que si on gagne avec moins 200 points d'écart c'est dans la poche !

- Mais imaginez que Serdaigle gagne avec 210 points et nous avec 190 –

Remus laissa sa joue reposer contre sa paume et guida sa fourchette vers sa bouche avec son autre main. Il était assis à deux places seulement de l'endroit où la totalité de l'équipe de Quidditch de Gryffondor avait décidé de se réunir pour récapituler leur plan d'attaque du lendemain, et il commençait sérieusement à regretter de ne pas avoir accepté de manger avec Lily et ses amies. Cela dit, le regard noir que Severus Rogue semblait constamment pointer vers lui depuis plusieurs semaines avait peut-être contribué à le dissuader.

Il poussa un grognement tandis que Béatrice Thomson soulevait une inexactitude dans les calculs de l'équipe et que tous les autres joueurs reprenaient de plus belle leur discussion, chacun mettant en avant des calculs plus savants les uns que les autres.

- Regarde-le, ricana Sirius à voix basse en observant James, un verre de jus de citrouille à la main. Je ne l'ai jamais vu aussi enthousiaste pour quelque chose d'aussi scolaire que des calculs.

Remus dut admettre que de voir James, à moitié levé de son banc, les avants-bras fermement posés sur la table et les cheveux ébouriffés tandis qu'il expliquait expertement ses calculs à une Inez Kelly totalement dépassée, était très amusant.

- Qu'est-ce que tu veux, fit mine de soupirer Remus, notre James est un véritable geek du Quidditch.

- Geek ? demanda Sirius en fronçant les sourcils.

- Un mot que les Moldus utilisent, expliqua vaguement Remus. Principalement en informatique mais –

- En infroti quoi ?

- Peu importe, rigola doucement Remus.

Il tendit le bras et se resservit une petite portion de pommes de terres, faisant attention à ce que la manche de sa robe ne dévoile pas trop le bandage beige qu'il avait autour du poignet droit depuis quelques jours. La pleine lune de mai n'avait pas été particulièrement mouvementée selon les standards de Remus – les nuits de plus en plus courtes laissant moins de temps au loup-garou pour s'auto-dévorer – mais elle avait tout de même laissé ses traces, car l'animal avait apparemment pris son propre poignet pour un jouet à mâcher particulièrement appétissant.

Remus grimaça intérieurement en se remémorant la douleur cuisante qui l'avait réveillé la semaine dernière. Les bons soins de Mme Pomfresh avaient heureusement fait en sorte de l'atténuer rapidement et désormais, il ne portait le bandage que par pure précaution, pour cacher la cicatrice en voie de guérison de tout regard curieux.

Il réprima un bâillement et envisagea l'idée très séduisante de terminer rapidement son diner et de monter au dortoir. Les sept joueurs avaient abandonné leurs calculs mais étaient maintenant penchés en avant et chuchotaient énigmatiquement, ce qui laissait entendre qu'Harvey était en train d'aborder des questions d'ordre tactique.

- Si vous voyez que ça bloque, murmurait Harvey en s'adressant aux Poursuiveurs tout en jetant des coups d'œil anxieux tout autour de lui, une petite Pince de Parkin et bim, vous l'envoyez valser ! Et après vous – OH BENJY !

Remus sursauta violemment et pivota vers Harvey, qui s'était brusquement levé de son banc et fixait Benjamin Fenwick, assis une dizaine de places plus loin.

- Prend ta copine et ramène-la à sa table, par Merlin !

Remus venait tout juste de remarquer la présence de Dorcas Meadowes, assise à côté de Benjy. Elle écarquilla ses grands yeux pâles de surprise et parut assez mal-à-l'aise en voyant que tous les Gryffondors s'étaient soudainement tournés pour la regarder. Non loin d'eux, Bertha Jorkins s'était soudainement redressée et observait les deux élèves avec une délectation peu subtile. Remus entendit à peine Sirius murmurer un je le savais! victorieux avant que Benjamin n'intervienne:

- C'est quoi le problème ? demanda-t-il avec un soupçon de la voix autoritaire qu'il prenait lorsqu'il endossait son rôle de préfet-en-chef. On ne fait que manger ensemble.

- Elle est à Serdaigle, siffla James à voix basse en mettant caricaturalement une main devant sa bouche, comme s'il voulait éviter que Dorcas ne lise sur ses lèvres. Elle pourrait être une espionne ! On est en train d'élaborer un plan de guerre, là !

Dorcas, dont les joues s'étaient légèrement teintées d'embarras, sembla se ressaisir et leva les yeux au plafond.

- Oh arrête donc Potter ! lâcha-t-elle avec incrédulité. J'en ai rien à faire de votre Quidditch.

Harvey l'ignora et se retourna vers Benjamin.

- Allez mec, dit-il avec un sourire d'excuse, sois cool et raccompagne-là. On ne peut prendre aucun risque.

Benjamin allait protester mais Dorcas se leva d'un bond, posant une main sur l'avant-bras de Benjamin pour l'enjoindre à la suivre.

- Viens, on va manger le dessert à ma table. Je suis sûre que les gens de ma Maison n'en feront pas tout un plat !

- Et c'est pour ça que vous allez perdre demain ! leur cria James tandis qu'ils s'éloignaient.

Les autres joueurs de Gryffondors éclatèrent de rire et se tapèrent tour à tour dans la main. Remus les regarda pendant quelques instants puis secoua la tête, se disant qu'il valait mieux ne pas chercher à comprendre.

- Wah, souffla avec étonnement un élève de Première Année à son ami, ils prennent vraiment ça au sérieux ici...

Remus observa James, toujours à moitié debout et le torse affalé sur la table, chuchoter mystérieusement à l'oreille de Beckett, et Harvey, qui était en train de décrire des mouvements de batte à Matthew McKinnon en se servant du plat de son couteau et de boulettes de mie de pain que lui lançait Inez Kelly d'un air blasé.

- Ouais, se murmura-t-il à lui-même d'un air amusé, on peut dire ça comme ça...

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Les matinées des jours de match se déroulaient toujours avec la fanfare habituelle: James qui était réveillé avant même les premiers rayons du soleil et faisait les cents pas soit dans le dortoir soit dans la Salle Commune, Peter qui prenait très à cœur son rôle de soutien moral et ne lâchait pas James d'une semelle, Remus qui était là pour vérifier que toute cette agitation ne fasse pas perdre la tête à son ami, et Sirius qui embarquait James dans les discussions les plus futiles dans l'unique but de distraire l'esprit de son meilleur ami.

- ... et donc j'ai entendu Maxwell dire que y'avait pas moyen d'y aller sans que l'escalier se transforme en toboggan mais moi je me suis dit tu vois, si un jour on veut essayer de les faire flipper un bon coup, on pourrait prendre un balai et flotter –

- Ugh, l'interrompit James en se passant une main sur le visage, me parle pas de balai s'il te plait.

Sirius leva les yeux au plafond et croisa les bras d'un air amusé.

- Me dit pas que t'as soudainement chopé une allergie aux balais, James.

Voyant que ce dernier ne répondait pas et continuait à faire les cents pas, Sirius fit mine d'avoir l'air beaucoup plus inquiet et se précipita vers James, le prenant par les épaules.

- Écoute moi James, lui dit-il d'une voix pressante en le secouant légèrement, je sais que c'est dur mais ça va aller. Y'a des remèdes pour ce genre de choses, d'accord ? Remus ira à la bibliothèque pour se renseigner et moi je jure que j'irai jusqu'au bout du monde pour te soigner et Peter – Peter nous ravitaillera en nourriture ! James Potter ne sera pas James Potter tant qu'il n'aura pas été guéri de son mal-être.

- Dégage, grommela James en repoussant doucement Sirius bien qu'un léger sourire amusé soit finalement apparu au coin de ses lèvres. T'es vraiment tactile, Black.

- Le malade a souri ! s'exclama Sirius d'un air émerveillé en lançant ses bras en l'air, comme s'il remerciait les cieux. Oh quelle journée mes amis, quel espoir que voilà !

Remus sortit à ce moment là de la salle de bain et dut s'arrêter quelques secondes pour comprendre ce que faisait Sirius à genoux au centre de la pièce et les bras tendus vers le plafond. Il secoua la tête et alla rejoindre Sirius au centre de la pièce, s'accroupissant devant lui.

- Allez Sirius, dit-il d'une voix que l'on réserve généralement aux enfants peu coopératifs, on arrête...

- Peut-être qu'on devrait descendre, non ? intervint Peter. Sinon James n'aura pas le temps de petit-déjeuner.

- Allez-y sans moi, répondit Remus en se redressant, je vais d'abord passer à l'infirmerie.

- Tout va bien ? demanda Sirius en rabaissant ses bras.

- Oui oui, Mme Pomfresh veut juste jeter un coup d'œil à mon poignet et changer le bandage. Je vous rejoins dans la Grande Salle, OK ? Et James...?

Il se tourna vers son ami et lui offrit un sourire.

- Arrête de te tracasser, ça ne te va vraiment pas.

- Comment ça, "ça ne me va pas " ?! s'indigna James, les mains sur les hanches. Je suis parfait ! Tout me va !

Remus eut un grand sourire et se tourna vers ses deux autres amis, haussant un sourcil.

- Et voilà, annonça-t-il simplement. Il est de retour. Ne me remerciez pas.

Remus quitta le dortoir au son des rires et des chamailleries de ses amis et navigua les couloirs en direction de l'infirmerie, sans l'habituelle terreur et la misère qui alourdissaient ses pas lors de ses trajets mensuels. Non pour la première fois depuis plusieurs mois, il se sentit pousser un petit soupir de contentement. Il allait assister au dernier match de la Coupe de Quidditch des Quatre Maisons avec deux de ses meilleurs amis, acclamant le troisième tandis qu'il enchainerait les buts et les prouesses aériennes, riant à la tête qu'il ferait dès que l'un de ses coéquipiers ne lui ferait pas une passe et célébrant, avec un peu de chance, la victoire finale de l'équipe de Gryffondor. Il y aurait sûrement une petite soirée après – ou une grosse, connaissant la réputation des Gryffondors – et bien qu'il n'ait aucun désir d'être au centre de l'attention comme James et Sirius, il se contenterait de regarder les autres s'amuser en périphérie, sirotant du jus de citrouille et discutant tranquillement avec Peter. Il s'inquiéterait du reste plus tard – des examens, de la prochaine pleine lune, de son retour à la maison et de la relation confuse et incertaine qu'il maintenait avec son père. Maintenant, il voulait seulement profiter de cette journée.

- Encore à l'infirmerie, Lupin ?

Les entrailles de Remus se glacèrent et il tourna immédiatement la tête vers la source de la voix, bien qu'il n'ait eu aucun mal à reconnaitre le timbre aigre et grinçant de Severus Rogue. Le Serpentard était adossé contre le mur en face de l'infirmerie, les bras croisés sur son torse et la lèvre supérieure légèrement retroussée de mépris. Son regard sombre observait Remus avec un grand intérêt et le garçon réalisa subitement qu'avec une main posée sur les lourdes portes de l'infirmerie, il n'y avait aucune façon de lui faire croire qu'il n'allait pas, en réalité, voir Mme Pomfresh.

Remus rabaissa fébrilement sa main et se retourna complètement vers le Serpentard, essayant de garder une expression impassible bien qu'il puisse sentir les muscles de son visage tressaillir d'appréhension.

- Et toi, qu'est-ce que tu fais ici ?

Rogue décroisa les bras et s'avança un peu, son regard calculateur. Remus ne put s'empêcher de remarquer qu'il avait l'air beaucoup moins intimidé qu'en présence de James et Sirius et il se demanda vaguement s'il était, paradoxalement, si peu effrayant que ça.

- J'attends que Wilkes sorte de là, répondit Rogue avec un signe de tête vers l'infirmerie. Tes chers amis lui ont fait passer la nuit hier soir. Très chic de leur part.

Remus, qui se rappelait vaguement des visages goguenards de James et Sirius lorsqu'ils étaient rentrés au dortoir la veille, ne sut quoi répondre. Il n'avait pas le temps de s'attarder, cependant, s'il voulait rejoindre ses amis avant le début du match. Il fit mine de se retourner pour entrer à l'infirmerie mais avant même qu'il n'ait pu pousser les portes, Rogue avait fait trois grands pas et lui saisissait brusquement le poignet.

Se mordant la langue pour ravaler le chuintement de douleur qui menaçait de s'échapper de ses lèvres – car Rogue avait par mégarde agrippé son poignet blessé –, Remus ferma momentanément les yeux et grimaça intérieurement, sentant la vive douleur qu'il avait essayé d'éviter toute cette semaine jaillir le long de son bras. Mais il semblait que Rogue avait remarqué la brève expression de douleur qui avait traversé son visage et à en croire le léger écarquillement de ses lèvres, il n'y avait rien de plus captivant. Ses yeux se plissèrent tandis qu'il observait intensément Remus et le bandage jauni enroulé autour de son poignet.

- Qu'est-ce qu'il y a, Lupin ? Tu t'es cassé le poignet en allant au chevet de ta pauvre mère ?

Remus sentit une sueur froide se matérialiser et s'agripper désagréablement à sa peau sous ses vêtements moldus, ses pensées paniquées s'emparant de lui – personne n'était censé avoir remarqué sa blessure. Il déglutit difficilement et dirigea un regard froid vers le Serpentard, parlant d'une voix aussi stable que possible malgré le nœud qui resserrait sa gorge.

- Oui, répondit-il sans donner la moindre explication supplémentaire, car il savait maintenant que le surplus d'informations non-sollicitées et maladroitement agencées était ce qui démasquait le plus rapidement les menteurs. Donc si ça ne t'ennuie pas, j'aimerais voir Mme Pomfresh.

Rogue cligna les yeux, déconcerté, comme s'il s'était attendu aux bafouillements embarrassés de Remus et plutôt qu'à une réponse claire et décomplexée. Le Gryffondor en profita pour retirer sa main mais c'était sans compter Rogue, dont le visage se déforma d'aigreur et qui attrapa cette fois l'épaule de Remus.

- Pas si vite Lupin... J'en ai pas fini.

Remus écarquilla les yeux et fit instinctivement un pas en arrière mais Rogue resserra sa poigne et eut un rictus, semblant grandement apprécier la domination psychologique qu'il avait sur lui.

- J'ignore totalement ce que te trouve Lily, parla Rogue d'une voix délibérément basse, et pourquoi elle choisit de gâcher son temps avec un moins que rien comme toi, mais quand elle verra à quel point tu es pathétique

- Rogue..., commença calmement Remus en posant discrètement une main sur la baguette qu'il cachait dans sa poche.

Les yeux sombres de Rogue suivirent rapidement son mouvement et une seconde plus tard, il avait lâché l'épaule de Remus et brandissait sa propre baguette.

- Expelliarmus !

- P-Protego !

Le bouclier de Remus, bafouillé dans la précipitation et la panique, ne bloqua pas complètement le sortilège de Rogue qui, sans pour autant le désarmer, fit tressaillir la baguette de Remus. Rogue profita de ses quelques secondes de déconcentration pour se lancer dans une nouvelle attaque:

- Occulus coniunctivitis !

Le jet de lumière jaune heurta Remus en plein visage, qui poussa un gémissement de douleur face à la sensation intense de brûlure qui fourmilla dans ses yeux. Il lâcha sa baguette et s'effondra au sol, les deux paumes plaquées contre ses paupières fermées. Il entendit au même moment le sifflement d'un autre sort qui vint s'écraser contre son omoplate, le comprimant lourdement contre le sol de pierre froide, comme si un poids incommensurable faisait pression sur lui. La sensation se propagea vers son torse, toujours aussi lourde, étouffante, et Remus crut que sa cage thoracique allait se fracturer sous le poids. Ses yeux étaient toujours fermement clos et il entendit vaguement des bruits de pas résonner contre le sol, si forts, si bruyants, et quelqu'un appeler son nom mais il n'était sûr de rien et ça n'était pas important car il ne pouvait plus respirer et –

- Finite !

Remus prit une grande bouffée d'air et haleta bruyamment, le souffle tremblotant. Il sentit l'oxygen irriguer de nouveau son corps et se redressa en position assise, le poids le maintenant au sol s'étant volatilisé. Un vertige soudain s'empara de lui et il tâtonna aveuglément à la recherche du mur, vers lequel il se traina pour s'y adosser.

- Lupin ? Ho, Lupin !

Une main lui secoua l'épaule mais Remus ne pouvait pas ouvrir les yeux parce que la sensation de brûlure, elle, n'avait absolument pas disparu. Il se concentra plutôt sur sa respiration et sur son cœur, qui palpitait à un rythme frénétique sous ses vêtements trempés de sueur.

- Tout va bien, Lupin ?

Remus hocha distraitement la tête, ses paumes toujours pressées contre ses yeux, même si une fraction logique de son cerveau lui soufflait que tout n'allait pas bien, non.

- Qui c'est ? articula-t-il d'une voix rauque.

- Benjamin Fenwick.

Remus laissa échapper un soupir de soulagement et acquiesça, signalant qu'il comprenait et reconnaissait le préfet-en-chef.

- Où est-ce qu'il est ?

- T'en fait pas pour ça, répondit le Septième Année sans demander de qui il parlait. Qu'est-ce qu'il t'a jeté au visage ?

- Conjonctivite, souffla-t-il.

- C'est bien ce que je pensais, marmonna sombrement Fenwick. Alors écoute, ajouta-t-il gentiment, retire tes mains de tes paupières. Je sais que le froid te fait du bien mais tu risques d'irriter tes yeux davantage avec le frottement.

Remus grimaça mais retira ses mains, les laissant retomber mollement sur ses cuisses.

- Allez viens, dit Fenwick en passant un bras sous ses épaules pour l'aider à se lever. T'as de la chance, on est à un mètre de l'infirmerie.

Mme Pomfresh parut particulièrement horrifiée lorsqu'elle vit les deux élèves débarquer dans son infirmerie, et encore plus lorsque le préfet-en-chef expliqua qu'il s'agissait de l'œuvre d'un sortilège de conjonctivite. Conjonctivite, grommela-t-elle sous sa barbe, à croire qu'on t'a pris pour un dragon !

- Ne bouge pas Remus, j'arrive, dit-elle lorsqu'elle l'eut manœuvré jusqu'au lit le plus proche. Heureusement que j'ai pensé à me réapprovisionner en Potions Occulus. Il faudra que je remercie Pomona d'ailleurs, elle m'a donné d'excellentes Mandragores...

Elle s'éloigna vers son bureau tout en continuant à marmonner pour elle-même et revint quelques instants plus tard avec une petite fiole, qu'elle agita énergiquement avant de la mettre sous le nez de Remus. Ce dernier la renifla instinctivement et crut distinguer une forte odeur qui devait probablement être de l'armoise. Se disant que ça ne sentait pas plus mal que certaines des potions écœurantes qu'il ingurgitait en masse les lendemains de pleines lunes, il n'hésita pas et but le contenu de la fiole d'une seule gorgée. Il toussota légèrement et ressentit une main lui masser le creux des omoplates, et il était quasiment sûr qu'il ne s'agissait pas de la main douce de l'infirmière. Il sentit petit à petit la désagréable impression de sable chaud et de brûlure se dissiper, et il papillonna des paupières.

- Tout va bien Remus, entendit-il Mme Pomfresh dire, ouvre tes yeux seulement si tu t'en sens capable.

Remus attendit encore quelques secondes mais bientôt, il ne sentit plus qu'une légère inflammation oculaire. Il entrouvrit ses paupières et plaça immédiatement une main devant ses yeux pour les protéger de la forte lumière. Des larmes s'étaient formées au coin de ses yeux.

- Oh j'allais oublier, dit Mme Pomfresh. Obscuro.

L'intensité de la lumière s'amenuisa immédiatement et Remus put enfin retirer sa main et ouvrir complètement les yeux. Mme Pomfresh l'observait de son regard doux et inquiet, ses mains anxieusement jointes devant elles. Benjamin Fenwick était toujours là, posté à ses côtés, et il grimaça en voyant le visage de Remus.

- C'est si horrible que ça ? demanda-t-il timidement.

- C'est... rouge, expliqua Fenwick avec un petit haussement d'épaules.

- Ne t'en fais pas pour ça, Remus, intervint gentiment l'infirmière, ça passera tout seul. Maintenant dis-moi, est-ce que tu as mal autre part ?

Remus hésita quelques instants, ressentant encore une certaine oppression au niveau de son thorax, mais sous le regard incitateur de Benjamin il consentit à expliquer à l'infirmière les effets du second maléfice qu'il s'était pris dans les omoplates et qui avait ensuite percé jusqu'à son torse.

- Et tu n'as entendu aucune incantation ? demanda Mme Pomfresh tandis qu'elle lançait un sortilège de diagnostic sur lui, les yeux plissés.

Remus secoua la tête.

- Non, mais c'est peut-être parce que j'avais trop mal pour faire attention à quoi que ce soit d'autre.

Mme Pomfresh claqua de la langue avec agacement et agita une nouvelle fois sa baguette, fronçant les sourcils.

- Franchement, quelle idée de... Hum.

Elle se tourna finalement vers Benjamin.

- Qui avez-vous dit que c'était Mr Fen–

Au même moment, la porte de l'infirmerie s'ouvrit brusquement et Dorcas Meadowes débarqua dans la salle. Elle avait l'air légèrement essoufflée mais elle eut une sorte de petit sourire satisfait en les apercevant.

- Ah, vous voilà, dit-elle en approchant. Ça va Lupin ?

Remus la regarda avec étonnement mais acquiesça. La préfète grimaça et dit:

- Tes yeux ont l'air vraiment épouvantables. Rogue ne t'a pas raté...

Elle se tourna ensuite vers Benjamin.

- Je l'ai amené à Slughorn, expliqua-t-elle. Retenue pendant une semaine et 50 points en moins. Si ça ne tenait qu'à moi...

- Je sais, répondit Benjamin avec un léger sourire. Mais au moins ça c'est fait. Je ne pense pas qu'il recommencera de si tôt.

- Je me demande quand-même où il a appris ce maléfice. Il n'est qu'en Deuxième Année !

- Qui sait ? dit Benjamin avec un haussement d'épaules. Certaines familles sont très branchées sur ce genre de choses...

- Oui mais Rogue ? Il ne fait partie des... Enfin, tu sais.

Benjamin acquiesça en silence. Mme Pomfresh avait écouté leur échange sans un mot, les sourcils légèrement froncés, mais elle secoua la tête et tâcha de leur sourire.

- Allons, inutile de vous tracasser pour ça, dit-elle en récupérant la fiole vide des mains de Remus. Ce qui compte c'est que vous soyez arrivés à temps, n'est-ce pas ?

- Oui, dit Remus, quelque peu embarrassé maintenant qu'il pensait au pathétique spectacle sur lequel devaient être tombés les deux préfets en arrivant. Merci.

- Pas de soucis, répondit Benjamin avec un sourire rassurant. On ne faisait que passer dans le couloir.

- On devrait y aller d'ailleurs, intervint Dorcas en s'adressant au Gryffondor. Mme Pomfresh, est-ce que Lupin est libre de s'en aller également ?

- Je suppose que oui, répondit l'infirmière en le scrutant attentivement. Évite quand-même de frotter tes yeux pendant un moment. Et...

Elle baissa le regard sur son poignet droit, où la manche de son vêtement recouvrait le bandage pour lequel il était initialement venu à l'infirmerie.

- Repasse me voir après le match, d'accord ? Ça ne prendra pas longtemps.

Remus acquiesça, heureux de voir que Mme Pomfresh comprenait son désir de rejoindre ses amis au plus vite, mais ne manqua pas le coup d'œil intéressé de Dorcas. Fidèle à elle-même cependant, la préfète garda le silence et, après avoir dit au revoir à l'infirmière, les entraina dehors.

- Je suppose que tu vas au match, Lupin ? demanda-t-elle une fois qu'ils furent dans le couloir.

- Oui, répondit Remus. Il doit déjà avoir commencé...

Il se sentait extrêmement coupable de ne pas avoir été là pour épauler James dans les dernières minutes de sa préparation, bien qu'un tel sentiment soit totalement illogique compte tenu des circonstances.

- Depuis une vingtaine de minutes seulement, le rassura Benjamin en regardant sa montre. Tu ne devrais pas avoir raté grand chose.

- Vous ne venez pas ?

- Pas encore, répondit Dorcas. On a encore quelques trucs à régler. Mais on essayera de passer.

Benjamin eut un sourire en coin et lui donna un petit coup de coude.

- J'espère bien, la taquina-t-il. Parce que contrairement à Serdaigle, Gryffondor a une belle chance de gagner la coupe.

- Dans tes rêves, Fenwick.

Remus, qui avait l'impression d'être de trop dans cette conversation entre préfets et-plus-si-affinités, s'excusa et s'en alla discrètement. Le contraste entre les couloirs déserts et le véritable chaudron enflammé qu'était le terrain de Quidditch fut si assourdissant que Remus dut s'arrêter quelques secondes à l'entrée des gradins pour comprendre ce qu'il se passait. De là où il était, tout en bas, il ne voyait pas grand chose hormis la couleur des robes de Quidditch qui tournoyaient à une vingtaine de mètres au-dessus du sol. S'il comprenait bien, Gryffondor avait actuellement la possession du Souafle. Il se dépêcha d'aller dans la section où étaient agglutinés un bon nombre des Gryffondors, plissant les yeux pour essayer de retrouver ses amis. La foule était compacte et excitée, agitant des bras et criant à tout va, des bannières brandies dans leurs mains et élevées au dessus de leurs têtes.

Au terme de quelques allées et venues le long des gradins, il aperçut finalement les têtes noires et blondes de Sirius et Peter, debout à une quinzaine de mètres au milieu d'une marrée de supporters rouge et or. Il prit une grande inspiration et s'infiltra dans leur rangée, marmonnant des excuses à chaque fois qu'il marchait sur les pieds d'un élève et ignorant les chuchotements surpris que provoquait la vue de son regard rougi.

- Remus ! s'exclama Peter d'un air réjoui en l'apercevant et en se décalant pour lui laisser de la place. On se demandait si tu allais vraiment venir. T'étais où ?

- Qu'est-ce qui est arrivé à tes yeux ? s'étonna Sirius en se détournant momentanément du match, les sourcils froncés.

- Rien de grave, répondit distraitement Remus en jetant un coup d'œil vers les gradins des Serpentards, où Rogue ne semblait pas présent à première vue. Juste le sortilège d'un Première Année qui a un peu foiré, ajouta-t-il en décidant que ce n'était ni le lieu ni le moment pour raconter ce genre d'histoires.

Une partie de lui savait également que la guerre serait sans merci si James ou Sirius venaient à apprendre ce qu'il s'était vraiment passé. Et avec déjà deux soirées par semaine consacrées aux retenues pour Sirius, il doutait que ce soit une bonne idée de lui donner une raison supplémentaire de s'exciter.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-il plutôt pour essayer de détourner leur attention. C'est quoi le score ?

- 30 à 20 pour nous, répondit Peter, les yeux fixés vers le ciel. James a déjà marqué deux buts !

Remus plissa des yeux, les rayons du soleil n'étant pas tendres envers ses iris tout juste guéris, et essaya de retrouver la silhouette de James. Il l'aperçut finalement non loin de ses propres buts, interceptant agilement le Souafle des mains d'un Serdaigle et filant vers les buts adverses, faisant une passe très habile à Thomson.

- Je ne te crois pas tu sais, lui glissa Sirius en profitant des acclamations collectives des Gryffondors lorsque la Poursuiveuse marqua le but pour passer derrière le dos de Peter et lui chuchoter à l'oreille.

- Dommage, répondit Remus sans détourner ses yeux du ciel.

- Qui t'a fait ça ? Et me dis pas que c'est Pomfresh.

- Mince alors, moi qui étais sur le point de la dénoncer.

Il entendit son ami soupirer.

- Je suis sérieux.

Remus ne dit rien pendant quelques secondes puis lâcha un petit soupir et dit doucement:

- Laisse tomber, d'accord ?

- Très bien, grommela Sirius, mais j'ai déjà ma petite idée.

Remus détourna son regard des joueurs et vit que Sirius peinait à réprimer un petit sourire en coin. Incapable d'empêcher ses propres lèvres de s'étirer, Remus secoua la tête avec amusement. Peter intervint à ce moment-là en pointant un doigt vers le ciel:

- Regardez ! dit-il en tapotant frénétiquement le bras de Remus. James a encore marqué !

Remus et Sirius échangèrent un regard et levèrent les yeux au ciel, souriant tous les deux:

- Évidemment.

Au final, la victoire de l'équipe de Quidditch de Gryffondor ne fut une surprise pour personne, tant les sept joueurs avaient semblé maitriser le jeu du début à la fin du match. Leurs calculs de la veille avaient payé et Inez Kelly avait soigneusement attendu le cinquième but de son équipe avant de se lancer à la recherche du Vif, qu'elle avait attrapé in extremis au terme d'un duel avec Gaspard Shingleton, l'attrapeur des Serdaigle. Le rugissement exalté des Gryffondors lorsqu'ils avaient vu ses doigts se fermer autour de la petite balle et la brandir en l'air ne fut semblable à nul autre bruit que Remus ait jamais entendu – et il avait pourtant déjà fait face à une Manticore dans la Foret Interdite. La suite des événements fut un tourbillon de mouvements et de réjouissances au niveau sonore inégalé. Les supporters rouge et or se précipitèrent en masse vers le centre du terrain, les trois garçons emportés par la foule tout aussi sûrement que s'ils avaient été des brindilles. Tous se mirent autour des joueurs qui se portaient les uns les autres, se félicitaient et célébraient avec leurs amis. Remus aperçut James, en équilibre sur l'épaule bien bâtie d'Harvey, mais le garçon écarquilla les yeux en le voyant et se dépêcha de bondir de son perchoir, accourant vers lui.

- T'es venu ! s'exclama-t-il d'un air ravi, ses lunettes totalement de travers et un sourire flamboyant sur le visage.

- Bien-sûr que je suis venu ! lui cria Remus en retour, car crier était le seul moyen de se faire entendre dans ce capharnaüm. Je m'en serais mordu les doigts si j'avais raté ton sacre !

Un Gryffondor qui passait par là ébouriffa affectueusement les cheveux de James et le garçon éclata de rire et passa un bras autour des épaules de Remus, attrapant au passage Peter par le coude pour le rapprocher d'eux.

- Où est Sirius ? voulut savoir James. Je l'ai vu y'a même pas cinq minutes !

- En train de manigancer une vengeance sûrement, blagua Remus sans trop y croire.

- Pourquoi ? demanda curieusement James alors qu'une Sixième Année faisait exploser des confettis du bout de sa baguette. Attends un peu, qu'est-ce qui est arrivé à tes yeux ?

Remus secoua la tête avec amusement, gagné par la joie qui exultait tout autour de lui et décida qu'au final, une petite vengeance ne serait pas de trop.

- C'est une longue histoire, admit-il avec un sourire, et personne ne fut réellement surpris lorsque Severus Rogue fut transporté à l'infirmerie quelques minutes plus tard, sa bouche crachant du feu et ses oreilles dégoulinant de cérumen.

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La période des examens devait se tenir la première semaine de juin, afin de laisser le créneau des semaines suivantes aux BUSEs et aux ASPICs, qui nécessitaient tous deux une organisation beaucoup plus contraignante avec l'arrivée au château de plusieurs examinateurs du ministère.

Remus insistait tant bien que mal pour maintenir plusieurs sessions de révision par semaine mais ses efforts étaient la plupart du temps sans effet sur ses amis, à l'exception notoire de Peter qui avait finalement été contaminé par son stress et qui acceptait de se plonger dans les livres que son ami rapportait de la bibliothèque sans pour autant se résoudre à se confiner là-bas. Y'a des livres qui font peur, lui avoua le garçon à demi-mot lorsque Remus lui demanda pourquoi il refusait d'aller à la bibliothèque.

Au final, cette session d'examens ne fut pas aussi pénible que l'avait anticipé Remus. L'organisation de la semaine n'était que très peu bouleversée, la plupart des examens étant programmés sur les horaires de cours. Sa première matière fut la métamorphose, où le professeur McGonagall leur demanda de transformer leur porc-épique en pelote d'épingles. Bien que les épingles de Remus avaient l'air plus sobres que celles beaucoup plus brillantes et fines de James, elles ne tressaillaient pas de peur à l'instar de celles de Peter, dont le porc-épique n'était qu'à moitié métamorphosé. Remus se rassura sur sa prestation en se disant qu'il avait cru apercevoir un léger sourire au coin des lèvres de McGonagall lorsqu'elle était passée devant son rang.

Ils se dirigèrent ensuite vers la salle de classe numéro 4 pour leur examen de Défense Contre les Forces du Mal où les attendait Mrs Tattyrobes, un plaid sur les épaules malgré la chaleur du mois de juin. Bien qu'il était évident que leur professeur n'avait pas rédigé le sujet elle-même – Remus reconnaissait la plupart des questions d'un manuel qu'il avait emprunté à la bibliothèque le mois dernier – c'était sans aucun doute la matière où il s'en était le mieux sorti, à l'inverse des potions. Lors de cet examen, qui eut lieu le mercredi, Remus dut concocter une potion tirée au sort parmi toutes celles étudiées au cours de l'année. Et s'il avait énormément étudié la théorie et avait essayé de se remémorer les conseils de Lily, il avait encore du mal à la mettre en pratique. Les fortes odeurs et les fumées épaisses qui régnaient dans les donjons lui donnaient des migraines et le distrayaient de sa tâche, et il se rendit compte au dernier moment qu'il avait ajouté deux crochets de serpent en trop, ce qui fit apparaitre des bulles à la surface de sa potion. Il aperçut la moue peu convaincue du professeur Slughorn lorsqu'il lui rendit sa potion et s'efforça de ne pas écouter les rires moqueurs de Rogue, qui avait rendu une potion parfaite.

L'examen fut suivi de quelques heures de sieste imposées par le professeur Sinistra en amont de son cours, qui les ferait passer une nuit au sommet de la tour d'Astronomie afin de se faire évaluer sur les satellites de Jupiter. La lune en était à son premier quartier, ce qui signifiait qu'elle serait pleine dans une semaine mais pour l'instant, elle n'affectait que faiblement la visibilité des planètes. James lui avait demandé un jour s'il détestait les cours d'Astronomie, disant que ça lui "démonterait le moral" s'il était un loup-garou et qu'il devait passer des nuits entières à observer la lune. Remus avait haussé les épaules sans un mot et n'avait pas répondu. En réalité, la seule raison pour laquelle il n'appréciait pas la matière ne tenait pas à sa substance, mais au fait qu'il avait l'impression que le moindre geste inhabituel de sa part serait décortiqué, examiné, exhibé. Peu importe ce qu'il faisait ou le temps qu'il passait à essayer de se convaincre du contraire, il y avait en lui cette peur viscérale qu'un jour, un de ses camarades contemplerait la lune presque pleine, tournerait la tête vers le garçon silencieux au visage trop pâle et aux manches trop longues, et ferait immanquablement le lien qui détruirait tout ce qu'il avait tissé en deux années.

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Les dernières matières furent évaluées jeudi, ce qui leur permit d'avoir un long week-end pour se reposer. L'épreuve du professeur Flitwick se déroula sans trop d'encombre en ce qui concernait Remus, qui avait parfaitement réussi à augmenter la taille des différents objets qui lui avaient été présentés. Sirius, en revanche, n'avait pas pu résister à la tentation de s'amuser un peu. Avec James, ils avaient tiré au sort le nom d'une de leurs cinq camarades de Gryffondor et Sirius avait ainsi délibérément jeté son Amplificatum pour qu'il atteigne June Hearthrow en plein visage, obligeant cette dernière à quitter la salle sur un brancard car ses jambes ne supportaient plus le poids de sa propre tête. En guise de punition, Flitwick retira 30 points à Gryffondor et demanda au garçon de rester à son chevet le temps que sa tête dégonfle. Les deux élèves furent donc contraints de manquer l'examen de Botanique, que le professeur Chourave s'organisa tout de même pour leur faire passer le lendemain.

- C'est juste qu'elle n'est pas vraiment sympathique, tu vois ? dit Sirius le soir-même lorsque Remus lui demanda comment ça s'était passé. Je veux dire, on aurait pu se parler d'une manière civilisée mais elle... Elle me fixait comme si... je sais pas.

- Comme si tu avais jeté un sort qui a décuplé la taille de sa tête ? termina James avec un rire.

- Oh tu peux parler toi, tu m'as lâché au dernier moment.

- Parce que c'était Hearthrow, expliqua-t-il avec un haussement d'épaules. C'est pas aussi drôle avec elle. Si ça avait été Evans, par contre –

- Je pense que tu t'en es déjà suffisamment pris à elle cette année, fit remarquer Remus. Tes expérimentations lui ont bien coûté au moins dix centimètres de cheveux en février.

- Et alors ? Tu sais que y'a des gens qui payent pour se faire couper les cheveux ? Je lui ai rendu service.

Remus leva les yeux au plafond.

- Je suis persuadé qu'elle t'est très reconnaissante.

- En fait, commença James avec une grimace surfaite, elle a jeté un sort à mes tétons le lendemain, donc je suis pas sûr qu'elle ait réellement compris l'étendue de ma gentillesse...

Sirius écarquilla les yeux et empoigna immédiatement son torse d'un geste protecteur.

- Quoi ? s'indigna-t-il. C'est comme ça que se défendent les filles de nos jours ? Quelle barbarie ! Tu crois que je devrais me méfier de Heathrow ?

- Sans le moindre doute, acquiesça gravement James.

- Génial. J'ai pas que ça à faire, en ce moment.

Remus dut étouffer un rire.

- Comme si tu révisais vraiment tes examens, Sirius.

- Et qui a dit que je parlais de révisions, cher Remus ? lui répliqua Sirius avec un sourire angélique. Dans la vie y'a plus important que le boulot, tu sais.

Remus poussa un soupir amusé et croisa les bras sur son torse.

- OK, dit-il, c'est quoi ton projet secret ? C'est pas la première fois que tu joues à l'homme mystère et pour info, je sais que tu caches des livres sous ta couette.

Sirius maintint son sourire en coin mais ne répondit rien, continuant à marcher dans le dortoir d'un air fanfaron.

- Très bien, ne me dis rien ! capitula finalement Remus en levant les yeux au plafond. Mais ne viens pas te plaindre après lorsque McGonagall t'aura collé en retenue pour les trois dernières semaines de l'année parce que t'auras transformé Narcissa en dindon !

Sirius éclata de rire.

- Ce que je fais n'a rien avoir avec les dindons, promis !

Il s'arrêta soudainement et fronça les sourcils, les yeux plissés.

- Quoique...

Un sourire maniaque étira ses lèvres et il se tourna vers James et Peter.

- On sait jamais, pas vrai ? dit-il avec un clin d'œil.

Remus ne sut pas pourquoi Peter eut l'air soudainement aussi terrorisé – il n'avait jamais mentionné une quelconque phobie des dindons, non ? – mais il eut guère le temps d'y réfléchir davantage car Sirius annonça que Peter et lui devaient encore se rendre à leur retenue hebdomadaire imposée par le professeur McGonagall il y avait déjà plusieurs mois, lorsqu'elle avait eu vent de leur escapade à la Réserve.

Une fois n'est pas coutume, Dorcas arriva légèrement en retard devant le bureau de McGonagall en marmonnant quelque chose à propos de ses révisions. Elle ne répondit pas aux piques que lui lançait malicieusement Sirius, habitué à leurs échanges vifs mais dépourvus de méchanceté, et ne parla que très peu durant la retenue, s'attelant à nettoyer avec ferveur les armures rouillées et grinçantes qui passèrent la soirée à leur aboyer des ordres – il y a quelque chose de gluant sur mon postérieur, jeune homme ! Enlevez-moi ça au lieu de me frotter le visage ! Lorsqu'ils eurent terminé de faire briller toutes les armures du deuxième étage et eurent décollé tous les chewing-gums dont elles s'étaient plains, les trois élèves reposèrent leurs seaux et chiffons et se dirigèrent vers l'escalier le plus proche.

Alors que Sirius et Peter comptaient monter les marches pour rejoindre la tour de Gryffondor, Dorcas leur dit un rapide au revoir et fit mine de poursuivre son chemin dans le couloir sans emprunter les escaliers.

- Tu vas où, Meadowes ? l'arrêta Sirius en voyant que la préfète poursuivait son chemin dans le couloir sans emprunter les escaliers.

- Quoi ? s'étonna la préfète en se retournant.

- La bibliothèque est au quatrième étage, dit Sirius en pointant son index vers le haut. C'est pas là que tu veux aller, pour réviser ?

Dorcas entrouvrit la bouche et cligna des yeux, laissant subsister quelques secondes de flottement.

- Bien-sûr, dit-elle finalement. Il faut juste que j'aille dire deux mots au professeur Tattyrobes. C'est à propos des ASPICs.

Sirius haussa un sourcil, doutant que leur professeur légèrement sénile de Défense Contre les Forces du Mal ait quoi que ce soit d'intéressant à communiquer à Dorcas, mais n'ajouta rien car Peter lui tirait la manche en gémissant.

- Est-ce qu'on peut y aller ? J'ai l'impression de m'être réincarné en armure à force de les frotter...

- Hm? Oui oui, on monte.

Jetant un dernier regard à Dorcas, dont la petite figure s'éloignait déjà au bout du couloir, Sirius accepta de suivre son ami. Ils montèrent les cinq autres étages qui les séparaient de leur salle commune, empruntant un ou deux passages secrets pour leur faire gagner du temps, et se présentèrent finalement devant le portrait de la Grosse Dame.

- De retour d'une de vos escapades, c'est ça ? leur demanda l'occupante du tableau en haussant hautainement un sourcil. Je ne suis pas surprise.

- On revient de retenue, rectifia Peter avec une petite moue tout en massant son point de côté.

- Comme tous les vendredis et lundis soirs, ajouta Sirius en levant les yeux au plafond. Faites pas comme si vous saviez pas. Corne de dragon.

La Grosse Dame leur jeta un dernier regard réprobateur mais pivota pour les laisser entrer, révélant le passage qui leur permettait d'accéder à leur Salle Commune. Ils passèrent à travers, se collant contre le mur pour faire de la place à Benjamin Fenwick qui allait dans la direction opposée, et recherchèrent immédiatement leurs amis du regard. Ne les trouvant pas, ils se dirigèrent vers les dortoirs non sans que Sirius résiste à la tentation de jeter discrètement un maléfice sur les lunettes d'un Première Année pour lui faire voir des choses sans doute indécentes. Il monta les escaliers au pas de course avant d'avoir pu être repéré, une main devant la bouche pour étouffer son rire, et attendit que Peter, tout haletant, le rejoigne en haut.

- Allez Peter ! Encore un effort !

Peter lui jeta un regard ennuyé qui n'était pas habituel de sa part.

- Facile à dire pour toi... C'est moi qui ai quasiment tout nettoyé.

- Tu nettoies avec tes bras, pas avec tes jambes, lui répliqua Sirius en levant les yeux au plafond. Allez, hop hop !

Peter laissa échapper un soupir et termina de gravir les marches, le tout en marmonnant sous sa barbe. Sirius lui offrit un sourire goguenard et se retourna, poussant énergiquement la porte de leur dortoir.

- Surpriiise on est de retour !

Les deux occupants de la pièce mirent quelques secondes à relever la tête de là où ils étaient respectivement assis sur chacun de leurs lits, une plume entre les doigts. Sirius, qui avait probablement imaginé être accueilli par un jet de confettis, s'arrêta en plein milieu du dortoir et croisa les bras sur son torse.

- Qu'est-ce que tu fais ? dit-il en désignant de la tête le parchemin sur lequel griffonnait pensivement James.

James posa son support de côté et referma sa bouteille d'encre, posant ses mains derrière ses fesses pour s'adosser dessus.

- J'écris à ma mère, répondit-il en levant gentiment les yeux au plafond. Elle veut savoir comment se sont passés les examens. Je vois pas pourquoi elle s'inquiète...

- Elle veut probablement vérifier que tu n'as pas eu la brillante idée de tirer au sort le nom d'une de tes camarades pour lui jeter un maléfice, intervint malicieusement Remus, en tailleur sur son propre lit et un rouleau de parchemin étalé devant lui. Juste au cas où.

- Oh, ça ? fit mine de s'étonner James. Un détail insignifiant. Comment s'est passée votre retenue ? ajouta-t-il en s'adressant à Sirius et Peter.

- Ugh, laissa échapper Peter en s'affalant sur son lit tel un poids mort. Je crois que je vais finir par faire une allergie aux armures. Vous pensez que Pomfresh voudra bien me dispenser pour la suite ?

- Ça m'étonnerait, lui dit Remus avec un sourire plein de sympathie. Et si tu ne peux pas récurer des armures, elle te demandera sûrement de nettoyer les bassins de l'infirmerie.

Peter releva la tête avec désarroi, son regard écarquillé.

- Tiens bon, Peter ! rigola James. T'en as plus que pour... trois semaines ?

Le coussin que lui jeta Peter sans grand enthousiasme atterrit tristement devant ses pieds. James y jeta un coup d'œil et lui tira la langue, taquin.

- Je suis sûr que tu peux faire mieux que ça.

Peter grogna et se retourna sur le ventre, le cou tordu vers la gauche pour mieux voir son ami.

- C'est pas juste, marmonna-t-il, sa voix étouffée par le drap. C'est de ta faute si on est en retenue...

Remus fronça les sourcils et s'arrêta d'écrire, se remémorant sans doute l'excuse que ses trois amis avaient inventée il y a plusieurs mois à leur retour de la Réserve pour justifier la ribambelle de retenues de Sirius et Peter, et dont les principaux éléments incluaient notamment la mise à feu de la serre Numéro 3 de Botanique.

- Et toi, Remus ? intervint rapidement Sirius en voulant mettre fin à son silence pensif. À qui t'écris ?

- Pareil que James, répondit Remus. J'essaye de rassurer ma mère.

Sirius réprima un rire.

- De quoi elle s'inquiète ? Vu tout le temps que tu passes à réviser, y'a pas moyen que tu te sois planté.

Remus secoua la tête et s'efforça de sourire.

- Je suis persuadé qu'elle s'inquiète pour ça aussi, mais quand ton fils a une fâcheuse tendance à se transformer en bête féroce tous les mois, c'est bien de prendre de ses nouvelles de temps en temps.

Sirius cligna des yeux. Il se sentit incroyablement stupide, sur le coup.

- Oh. Oui, bien-sûr.

- Mais c'est la semaine prochaine, non ? demanda James en se levant pour jeter un coup d'œil au calendrier qu'il avait accroché sur la porte de son placard. Pourquoi elle –

- Parce que le temps que ma lettre lui parvienne et qu'elle me réponde, on sera quasiment vendredi prochain, l'interrompit gentiment Remus. Et de toute façon, je ne lui en veux pas de s'inquiéter. C'est... compliqué, pour elle.

James le regarda sans comprendre.

- Compliqué ? répéta-t-il. Pour elle ? Je veux bien le croire, Remus, mais... Ne le prends pas mal hein, mais c'est toi qui te fais sacrément amocher une fois par mois.

Remus sentit le rouge lui monter aux joues.

- Je dis pas que... Enfin... Avant que je vienne ici, elle avait l'habitude de prendre soin de moi après les pleines lunes et maintenant –

- Attends un peu, l'arrêta James en fronçant les sourcils d'un air troublé, et ton père alors ? Je croyais que c'est lui qui avait la magie ? Il ne fait rien pour t'aider ?

- Si si, s'empressa de répondre nerveusement Remus. C'est lui qui s'occupe de tous les sortilèges de guérison et qui se procure les potions nécessaires, même si elles sont... chères, parfois. C'est juste que...

Il se mordilla la lèvre, repensant aux lendemains de pleines lunes où Lyall ne s'attardait que très rarement à son chevet, une fois certain que son fils n'était plus en danger de mort. Il poussa un soupir, ne sachant pas comment décrire avec justesse le rituel qui se mettait en place dans sa famille tous les mois, ni même la relation complexe qu'il entretenait avec son père sans la dénaturer et leur faire penser autre chose.

- Je croyais qu'on en avait déjà parlé, dit-il finalement en regardant James. Il n'y a aucun problème avec mon père.

- Je ne dis pas ça, se défendit immédiatement James avec sincérité. Je pensais juste qu'en tant que seul sorcier accompli de la famille, il en ferait un peu plus pour t'aider, toi et ta mère. Surtout toi, en fait.

- Ouais...

Remus ne rajouta rien, se massant distraitement la nuque, mais Sirius vint se laisser tomber à côté de lui sur son lit et dit, l'air radieux:

- Ton père est peut-être un poil bizarre mais moi en tout cas j'ai très hâte de rencontrer ta mère.

- Euh... Vraiment ? demanda Remus. Pourquoi ?

- Laisse-moi deviner..., intervint James en faisant tournoyer sa plume entre ses doigts. Parce qu'elle est Moldue ?

- Bingo ! Et je parie que votre maison est géniale ! Vous avez une machine à laver ?

- Euh... Non, répondit Remus tout en pensant que géniale n'aurait pas été le mot qu'il aurait choisi pour décrire la maison désuète et pauvrement meublée dans laquelle ils n'avaient emménagé que deux années auparavant. C'est mon père qui s'occupe de ces choses là.

James plissa les yeux.

- Donc il s'occupe volontiers du linge sale mais pas de son fils ?

- James.

- Désolé désolé, répondit rapidement son ami, les bras levés. J'arrête de parler de ça, promis.

- Moi j'aimerais bien venir te rendre visite, dit Peter. T'habites où, déjà ?

- À Yarpole. C'est dans le Herefordshire.

- Vraiment ? s'étonna James. On est voisins, alors ! Enfin, à une centaine de kilomètres près, quoi.

- Tu penses que tes parents voudraient bien ? demanda Sirius.

Remus écarquilla légèrement les yeux, prit de court. Ses parents n'avaient jamais invité la moindre personne chez eux, préférant plutôt rendre visite, sans lui, au peu de famille qui leur restait du côté de son père. Et Remus, bien-sûr, n'avait jamais eu d'amis à inviter. Les choses étaient différentes maintenant, mais ça ne signifiait pas qu'il n'y avait pas des complications.

- Peut-être, répondit-il sans donner plus de détails. Mais et tes parents, Sirius ? Tu penses vraiment qu'ils accepteraient de te laisser venir chez moi ?

Sirius leva exagérément les yeux au plafond.

- Laisse-moi m'occuper de ces détails, Remus.

- Un détail ? répéta James avec un petit rire incrédule. Un détail du style "la mère de mon pote est Moldue, est-ce que je peux aller dormir chez lui ?" ?

Sirius haussa nonchalamment les épaules.

- Avec un peu de chance, ma mère voudra se débarrasser de moi le plus vite possible. Et puis, je suis pas obligé de leur dire que je vais chez Remus.

Remus fronça les sourcils et échangea un regard avec James et Peter.

- Tu es sûr que c'est une bonne idée ? dit-il prudemment. Si jamais ils découvrent que tu leur as menti...

- Oh, au stade où j'en suis avec eux...

Sirius n'ajouta rien et se leva du lit de Remus, se dirigeant vers sa table de nuit qu'il ouvrit d'un geste brusque.

- Elle date de quand, leur dernière lettre ? lui demanda James.

- Mmh ? Oh, ça fait un moment.

Il se redressa et Remus put voir un morceau de parchemin particulièrement chiffonné serré entre ses doigts. Sirius remarqua la direction de son regard et leva sa main, agitant le papier tel un vieux mouchoir. Il avait un de ces faux sourires, ceux qui étaient censés créer une illusion parfaite mais qui lui donnaient l'air beaucoup plus vulnérable qu'il ne le pensait.

- Ouais, c'est celle là. Je te l'aurais bien montrée de plus près mais tes yeux risquent de ne pas s'en remettre donc... On va éviter, hein.

James se mordilla la lèvre.

- J'imagine que c'était après tout le fiasco de Malefoy que tu as plus ou moins envoyé valser contre un mur ?

Sirius hocha la tête.

- Ça et la carte de Saint Valentin de Narcissa. Et... tout le reste, bien-sûr.

Il offrit un regard d'excuse à ses amis, dont sa famille n'avait jamais réellement approuvé la proximité avec leur héritier, mais Remus savait qu'il devait se sentir plus visé que les deux autres. Ils n'aimaient pas James, qui était l'incarnation la plus pure des valeurs de Gryffondor, mais ils reconnaissaient l'influence de sa famille sur le monde des sorciers britannique et avaient à cœur de lisser leur image au sein du Ministère. Ils se moquaient de Peter, qui n'avait de Pur que le nom de famille mais dont la mère divorcée, était en réalité de Sang-Mêlé. Remus, lui, n'avait rien. Une mère moldue, un père déchu, un coffre vide à Gringotts. S'ils ne toléraient pas l'amitié qu'avait formée Sirius avec Remus, le Sang-Mêlé, qu'en serait-il s'ils apprenaient qu'il avait partagé le dortoir d'un loup-garou, d'un sous-être, d'un monstre ?

Les avertissements de son père lui revinrent en mémoire, lui qui l'avait si souvent mis en garde contre Sirius. Remus avait confiance en son ami, mais il n'avait plus toutes les cartes en main. Il y avait un registre maintenant, une page sur laquelle son nom était inscrit en grandes lettres et son profil détaillé comme du vulgaire bétail. Combien de temps faudrait-il avant les autorités prennent peur et le rendent public ? Que deviendrait Remus, alors ?

- Qu'est-ce que tu vas faire, du coup ? demanda finalement James.

- Comment ça ?

- Quand tu vas rentrer chez toi.

Sirius haussa les épaules et fourra une main dans sa poche, faisant quelques pas au centre de la pièce l'air de rien, mais Remus décelait un certain automatisme dans ses mouvements.

- Eh bien... Je leur dit bonjour et je file dans ma chambre. Ça me parait être un bon plan.

- Tu penses vraiment que...

Sirius tourna son regard, soudainement durci, vers Remus. Le garçon sentit immédiatement sa bouche se refermer, sa phrase restant en suspend. Il réalisa, assez abruptement, que Sirius n'avait pas besoin qu'on le mette en garde contre sa famille – il savait probablement mieux que personne ce qui l'attendait lorsqu'il rentrerait chez lui. Il ne souhaitait sûrement pas que Remus, qui avait menti sur tant de choses, lui fasse une piqure de rappel.

Il se demandait souvent s'il ne valait pas mieux laisser ce genre de discussions à James. N'était-il pas son meilleur ami, après tout ? Lorsqu'il ne parvenait pas à dormir, ou se réveillait à cause d'un cauchemar, Remus entendait souvent les deux garçons chuchoter ensemble, dans le lit de l'un ou de l'autre. C'était arrivé assez régulièrement, ces derniers mois en particulier, et immanquablement Remus se demandait s'il y avait des sujets que Sirius préférait aborder avec James, et non avec lui-même ou Peter. Cette pensée était étrange mais prévisible, en un sens. Personne ne choisirait de se confier à un loup-garou lorsque l'alternative prenait la forme d'un garçon vigoureux et joyeux, brillant et malicieux et, après tout, pleinement humain.


Merci d'avoir lu ce chapitre ! N'hésitez pas à me laisser une petite review, ça fait plaisir et c'est l'une de vos dernières occasions sur cette fic ;)