Point de vue de Roxane :

J'étais assise aux côtés de Sean depuis une bonne heure. La réunion des préfets s'éternisait, comme toujours.

« -Bon, chuchota Sean, je veux bien être patient mais les jérémiades de Mandy Parkinson parce qu'elle ne veut pas faire de rondes avec Lorcan Scamander, ça ne me passionne pas. »

Je ris à la remarque de mon ami. Il fallait dire que certains cinquièmes années avaient tendance à penser que ces réunions mensuelles étaient l'occasion d'exprimer tous leurs désaccords.

La pauvre Daniela Mcmillian écoutait les plus jeunes sans vraiment prendre des décisions. A ces côtés, son homologue avait décidé de la laisser gérer ce sujet. Un sourire malicieux était accroché au visage de Michael Nott. Le préfet-en-chef de Serpentard s'amusait de la situation de Daniela.

Ces deux-là étaient très différents, mais ça ne pouvait plus durer. Je fixai le Serpentard, cette plaisanterie avait assez durer. Il soupira, m'adressa un sourire, satisfait de nous avoir un peu énervé. Sean et moi avions toujours été les deux préfets discrets et positifs.

« -Bon, Mandy, on a compris ton problème, mais, honnêtement, on ne va pas y passer l'année. Tous les préfets font des rondes, seuls et à deux. Et il faut mixer les binômes pour l'entente entre les maisons, alors tu continueras tes rondes avec tous les autres préfets, c'est clair. »

La petite brunette faisait moins la fière. Ses yeux d'acier de Michael la fixaient avec tant de détermination, qu'elle savait très bien qu'elle n'avait rien à dire. Elle acquiesça timidement et s'enfonça dans sa chaise.

« -Bon, maintenant que ce point est réglé, souffla Daniela, passons à la vraie raison pour laquelle nous nous retrouvons : Le bal de Noël ! »

Je souris face aux réactions, c'était déjà le troisième bal de Noël que je préparais avec les préfets, et chaque année, l'annonce avait le même effet. Les filles trépignaient, donnant leurs idées sans même s'écouter, les plus jeunes garçons levaient les yeux au ciel, comme s'ils voulaient montrer une fausse virilité qui s'ennuyaient de cette « tradition féminine ». Quant aux plus âgés, ils regardaient leurs jeunes collègues avec amusement.

« -Bon, on peut peut-être s'écouter ! Proposa Daniela, sous les éclats de rire de Sean et moi. »

Les cinquièmes années se calmèrent et structurèrent enfin nos propos.

« -Pour la musique, j'avais pensé à Lorcan d'Eath. Ça pourrait entraîner les plus jeunes parce qu'ils connaissent.

-Mais, protesta Mandy, il faut quand même un groupe plus classique. C'est un bal, pas une soirée en discothèque.

-De toutes façons, ce n'est pas étonnant que tu sois contre nos idées ! S'énerva Lorcan. Tu n'acceptes aucune idée si elle ne vient pas de toi. »

Le rouge montait sur les joues de Mandy aussi vite que sa colère. Avant qu'elle ne riposte, Sean me glissa à l'oreille :

« -Dans deux ans ils seront préfets-en-chef ensemble, amoureux et feront leurs rondes sans sérieux à se chopper dans tous les couloirs. »

J'éclatai discrètement de rire tandis que Daniela essayait à nouveau de calmer les deux cinquièmes années.

Je regardai mon homologue. Savait-il que la haine entre deux de nos amis lors de leur rencontre les avait mené à une histoire d'amour compliquée ? Je n'étais pas légilimens, mais je ne pensais pas que Sean puisse être au courant de ce qu'il se passait entre James et Laureen. Pour ma part, ça devenait frustrant de les voir alterner entre des grands sourires et des mines déconfites selon les humeurs de Laureen.

J'en parlais souvent avec Lisa, parce qu'il était difficile pour moi de ne pas évoquer ce sujet avec Nathan, ni avec James.

C'était difficile de mentir à Nathan parce que j'avais peur qu'il m'en veuille, mais ce n'était pas son histoire, et j'avais honnêtement peur de ce que mon petit ami pouvait faire à James s'il était au courant.

Pour James, c'était très frustrant de ne pas aller le voir, pour lui expliquer ce que je pensais de ses actes, mais aussi pour lui dire que Laureen n'attendait qu'une seule chose, même si elle n'en avait pas pris conscience, qu'il s'excuse et admette ses sentiments. Leur histoire était allée trop loin et ils avaient maintenant des sentiments indéniables l'un pour l'autre. Ce n'était plus une question de fierté, il fallait qu'ils le reconnaissent et qu'ils s'assument.

« -Donc, on prend le groupe de l'année dernière pour les premières heures et après on fait rentrer Lorcan d'Eath. Trancha Michael. »

Il nous faisait bien rire, exaspéré de devoir prendre toutes les décisions seuls parce que Daniela n'était pas capable de dire donner un avis déterminé. Nos regards amusés envers lui ne faisaient qu'augmenter son impatience. Le Serpentard faisait appel à toute la maîtrise de soi que son éducation lui avait apporter pour se calmer et ne pas nous envoyer plus que des regards noirs.

« -Bon, pour résumer, conclut-il. Nous avons décidé de la décoration, j'en aviserai MacGo, et on se retrouvera quelques heures avant la soirée pour tout mettre en place ! Cette fois je veux voir tout le monde, pas comme l'année dernière. »

Cette fois, je baissai les yeux, je devais reconnaître que j'avais laissé le bal de l'année dernière s'organiser sans réellement y participer. Ce souvenir me rendit un peu triste, puisqu'il allait de pair avec ces quelques mois passés à assister à l'admiration de tout Poudlard pour Nathan et sa petite amie de l'époque. Leah était belle, grande, blonde, le genre de fille qu'on arborait fièrement à son bras.

J'essayai de chasser ces pensées de ma tête en sortant enfin de la salle de réunion.

« -J'ai bien cru que Michael allait vous exploser ! Rit Rose en nous raccompagnant vers notre salle commune.

-Tu vas aller au bal avec Scorpius ? Demandai-je trop curieuse. »

Elle haussa les épaules.

« -J'aimerais beaucoup, mais je sais que si je viens à son bras, mes parents seront sûrement au courant qu'on est ensemble avant même que j'arrive à la maison.

-Ça peut être un bon moyen de leur en parler, renchérit Sean. Sur le coup ils ne peuvent rien dire, et après, tu arriverais chez toi le lendemain donc tu aurais l'occasion de discuter avec eux rapidement. »

Rose le fixa, étonné de la justesse de sa réflexion.

Nous étions arrivés devant la porte de la salle commune. Quelle ne fut pas notre surprise en rentrant ! Sur le canapé principal de la salle commune, Nathan discutait joyeusement, dos à nous. Il parlait avec intérêt avec Laureen et… Scorpius Malefoy.

« -Mais qu'est-ce que tu fais là ? S'enquit Rose en rejoignant les bras de son petit ami. »

Il était fréquent que des élèves rejoignent leurs amis dans leurs salles communes même s'ils n'appartenaient pas à la même maison, mais il était jusqu'alors impensable qu'un Malefoy se retrouve au milieu des Gryffondor. Pourtant, autour de lui, tout le monde semblait accepter la situation.

Nathan se tourna vers moi. Il était si heureux de pouvoir discuter ainsi avec son cousin. Rose aussi était aux anges.

« -Ne devenez pas non plus trop complices les cousins, vous allez nous oublier sinon ! Rit elle. »

Nathan m'attira à lui tandis que Laureen se levait pour aller rejoindre James pour leur séance de potion hebdomadaire.

« -Pas de risque, j'ai eu trop de difficultés pour l'avoir, déclara Nathan, alors je la garde. »

Il posa ses lèvres délicatement dans mon cou, tout en se délectant du frisson que je laissai échapper.

« -Et moi donc ! Renchérit Scorpius, désolée Rose, mais maintenant que je me suis accrochée, tu peux me trouver 50 nouveaux cousins que je resterai. »

Elle rit, touchée. Il fallait reconnaître que nos cousins s'étaient trouvés et continuaient de braver les épreuves pour rester ensemble.

C'était amusant, mais le fait que nos petits amis soient cousins me rapprochaient un peu de Rose. J'avais toujours adoré ma cousine, mais nous étions très différente. Plus jeune, elle avait déjà le caractère sérieux mais déterminé d'Hermione Granger alors que j'étais plus blagueuse et hyperactive. Mais, nous réalisions que nous partagions plus que je ne le pensais.

« -Et vous vous disiez quoi avant qu'on arrive ? »

Rose était bien plus curieuse que moi, c'était incroyable.

« -Tu veux vraiment tout savoir toi ! S'amusa Scorpius avant de l'embrasser.

-N'essaie pas de me distraire, je suis curieuse, tu me connais ! »

Scorpius afficha un rictus.

« -C'est amusant de te voir frustrée de ne pas savoir…

-Tu sais qui va être frustré si tu continues. »

Le pauvre Scorpius devint tout rouge alors que Nathan et moi explosions de rire. Ma cousine était vraiment tarée, mais je l'aimais de plus en plus.

« -On rassurait juste Laureen, sur nos grands-parents. Cracha finalement Nathan.

-Elle doit avoir un peu peur, supposai-je.

-D'après ce que j'ai compris, expliqua Scorpius, ce n'est pas une fan des nouvelles rencontres. »

J'acquiesçai en repensant à la mauvaise humeur avec laquelle elle nous avait accueillis lors de la rentrée en sixième année.

« -Mais elle a de la conversation et elle est classe, elle saura être classe avec vos grands-parents, le rassurai-je. Et c'est très important pour elle. Ne t'inquiète pas, elle a tendance à dramatiser mais ça va le faire. »

Scorpius me remercia du regard avant de se reconcentrer sur sa petite amie. Cette dernière semblait avoir une idée en tête qui ne nous incluait pas. Je m'amusai à voir ma cousine aussi espiègle sur les genoux de Scorpius. Les amoureux se levèrent et sortirent de la salle commune.

« -Ils sont incroyables, soufflai-je, ils sont vraiment magnifiques !

-Nous aussi on est magnifique, je suis sûre. M'assura-t-il. »

Mais cette déclaration eut l'effet inverse que celui désiré. Elle me ramena quelques minutes auparavant, quand je me rappelais, triste, de la prestance de Leah et Nathan lors du bal de l'année dernière. Même après un an, même si loin, elle continuait à me miner le moral.

« -Qu'est-ce qu'il y a Roxane ? S'inquiéta-t-il en voyant ma mine déconfite.

-Ce n'est rien, soupirai-je. »

Je savais qu'il n'allait pas s'arrêter là, j'étais tombée amoureuse de Nathan parce qu'il était celui qui m'écoutait, qui prenait en compte mon humeur et me poussait à me laisser aller pour évacuer toutes les tensions.

« -Roxane ? renouvela-t-il en me repositionnant face à lui. »

Ses mains exerçaient une pression réconfortante sur mes hanches et ses yeux me sondaient, sans une once de jugement.

« -Ce n'est vraiment pas important, avouai-je. C'est juste que les préfets ont parlé du bal de l'année dernière et je me suis souvenue de Leah et toi, vous étiez si beaux.

-Oh ! »

J'avais les larmes aux yeux. Nathan avait un regard désolé. Il prit une grande inspiration, plaça ses mains dans mon cou.

« -Roxane, je ne voulais pas te dire ça comme ça, mais je n'arrive plus à me retenir. Je ne peux pas changer le passé, même si je le regrette. Leah était une gentille fille, mais je n'ai jamais été réellement attiré par elle et je n'étais définitivement pas amoureux d'elle. Alors, si certains trouvaient qu'on était beau, c'est qu'il ne se rendaient pas compte que ce n'était que l'extérieur, que de l'apparence. Tous ceux qui me trouvaient beau avec elle, me trouve rayonnant avec toi. Nous, on rayonne, Roxane. Tu es magnifique et je serai fière de t'avoir à mon bras pour le bal de Noël, plus fier que je ne l'ai jamais été, parce que je serai avec une fille souriante, belle, intelligente, drôle et rayonnante. Roxane, je n'ai jamais été aussi heureux que dans tes bras, et je t'assure que ça nous rend bien plus que « beaux ». Je ne veux plus que tu te tracasses pour des sujets qui n'en sont pas, je ne vois que toi, depuis qu'on se connait, on s'est trouvés et on doit en être fier… Roxane, je sais que c'est tôt parce qu'on est ensemble depuis peu, mais ça fait trop longtemps que je garde ça… Roxane, je t'aime et… »

Je fondais peu à peu face à ce discoure, et il eut raison de moi, je l'interrompis en l'embrassant avec fougue. Il m'aimait, il m'aimait. Mes craintes étaient parties, envolées.

« -C'est vrai ? Demandai-je, d'une petite voix. »

Il me sourit tendrement.

« -Oui, Roxane Weasley, je t'aime. »

Mon cœur battait tellement fort que je crus qu'il allait exploser de bonheur. Je me lovai contre lui, en posant ma tête contre son cou pour lui chuchoter.

« -Je t'aime Nathan. »

Il plaça sa main sous mon menton pour l'amener à lui et m'embrassa avec amour.

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Point de vue de Laureen :

J'arrivais au laboratoire. J'étais soulagé de la discussion que j'avais eue avec Nathan et Scorpius. Ce dernier m'avait réellement rassurée et je savais qu'il s'entendait très bien avec Nathan. Ça me faisait plaisir de les voir aussi proches. J'appréciais Scorpius, mais il était aussi loquace que moi, nous avions donc besoin de Roxane, Albus ou Nathan pour échanger réellement parce que tous les deux.

Je pris une inspiration en poussant la porte de la Salle des Maraudeurs, comme à chaque fois que j'allais vers James. J'étais perdue vis-à-vis de lui. Plus je me faisais à l'idée d'avoir une nouvelle famille, plus je me perdais dans ce que je ressentais.

D'abord James n'avait plus commis un faux pas depuis ses paroles à sa mère et sa sœur et il était incroyablement présent pour moi dans cette période compliquée, il m'écoutait, me conseillait avec bienveillance et sans jamais ni me provoquer, ni se rapprocher trop de moi.

Je devais reconnaître qu'il était parfait.

Mais ça n'enlevait pas encore la douleur d'avoir été blessée, et la peur de l'être à nouveau. Alors je changeais souvent d'humeur quand il était là. J'étais partagée entre accepter de retrouver une relation, au moins dans la confrontation, parce que nous étions incapables de nous retrouver sans nous affronter, ou l'ignorance complète. Mais l'ignorance me faisait mal, de plus en plus mal. Je n'arrivais pas à l'oublier. Il était devenu trop important pour moi.

Pourtant, j'étais lasse de cette situation, lasse des changements de mon humeur, lasse de devoir être agressive avec lui, lasse de me laisser aller à répliquer ou à rire pour me reprendre soudainement, lasse de devoir être sur mes gardes pour ne pas en révéler trop à mon frère qui pourrait blesser James, lasse d'être inquiète pour lui quand il tentait une figure un peu dangereuse sur son balai, lasse de me demander perpétuellement où il était, lasse d'attendre avec impatience ces séances de potion du mercredi soi et lasse de devoir me forger cette carapace pour ne pas craquer pendant ces séances.

Je n'en pouvais plus, mais je continuai à fuir toute discussion sérieuse sur nous. James avait fait une pause avec la révélation du secret de Maman, mais je sentais qu'il attendait que j'aille mieux pour m'assaillir à nouveau avec des questions sur notre situation. Et je n'avais plus la force de lui mentir, d'être méchante avec lui alors que je ne lui en voulais plus vraiment, j'avais simplement peur d'être à nouveau blessée. Je m'attachais à James, surtout quand il m'écoutait et m'aidait, et je ne voulais pas être une groupie de plus, je ne voulais pas être déçue dans quelques mois.

« -Bonjour, m'accueillit-il. »

Il était déjà face à un chaudron.

« -Attention, tu vas tout faire exploser si tu t'y mets tout seul ! Le prévins-je.

-Ne t'inquiète pas, je vérifiais juste que j'avais bien assimilé ce que nous avons fait la semaine dernière. »

Je le fixai avec surprise. Depuis quand James travaillait-il seul ? Je ne relevai pas, me penchant sur son œuvre.

« -Eh, bien, je dois reconnaître que c'est exactement le résultat qu'on attend.

-Je ne suis peut-être pas un cas si désespéré !

-Je n'ai pas dit, ça, soupirai-je.

-Je suis sûre que si on me donne ma chance, je serai à la hauteur ! »

Je relevai la tête et reculai, par reflexe. Ce ne fut que par chance que je ne renversai pas la potion en même temps.

« -On parle toujours de ton niveau de potion ? »

J'avais évidemment compris son petit manège. Il fallait passer par cette discussion. Mais je n'étais pas sûre d'être prête.

« -Tu vois donc un autre sujet à aborder, insinua-t-il avec un sourire malicieux.

-Tu ne devrais pas faire le fier, lui conseillai-je. »

J'avais raison, il le savait. Il faussa les épaules, tout en faisant disparaître son sourire. Ses yeux se teintèrent d'une lueur triste que je ne lui connaissais pas. Son expression me déchira le cœur.

« -Je ne suis pas fier, j'ai même carrément honte de moi… Souffla-t-il.

-Ah bon, m'étonnai-je. Tu dis ça à toutes les filles que tu n'as pas assumé ?

-Euh… Non, répondit-t-il. Pourquoi tu dis ça ? »

Il semblait surpris. Il jouait bien son jeu. Mais je ne pouvais pas le voir comme ça, j'avais besoin d'exprimer ce que je ressentais.

« -Merde James, t'as vraiment rien compris. Tu ne peux pas t'amuser comme ça, avec toutes les filles qui t'entourent, les cacher et les laisser croire qu'elles ont de la valeur à tes yeux. Je ne sais même pas comment j'ai pu être aussi bête, comment j'ai pu te laisser venir vers moi. J'ai tout de suite vu que tu ne pensais qu'à toi, que tu étais le genre de mec à ne pas respecter les filles et à ne pas les assumer, et je me suis laissée piéger. Je t'ai écouté et pensé que tu avais une carapace que je brisais, mais il n'en était rien. Je refuse d'être un non secret sur ta liste de filles dont tu profites mais que tu ne peux pas assumer parce qu'elles entacheraient ta réputation de Potter et de joueur de quidditch. »

J'avais enfin exprimé ce que je ressentais, je me sentais inexistante à ses yeux. J'étais devenue un objectif pour ce charmeur, et j'étais en train de le devenir, mais je ne pouvais être plus.

Il se pensait supérieur. Il pouvait être désolé, je voulais bien le croire, mais je ne voulais pas être inexistante à ses yeux, je ne pouvais pas le supporter.

Il me regarda, sans bouger. Je sentais le rouge sur mes joues et mon souffle reprendre peu à peu un rythme normal. J'étais soulagée de lui avoir dit ce qu'il me passait pas la tête à chaque fois que je le voyais, ce qui me poussait à installer cette distance.

« -Laureen, que tu le croies, ou non, il n'y a eu que toi, qui m'a fait vivre tout ce que j'ai vécu. Je regrette mon comportement, mais tu peux être sûr que j'ai compris la leçon, je comprendrais que tu me rejettes, mais sache que je suis prêt à assumer tout ce que j'ai fait ! »

Je le fixai, il avait toujours ce regard dépité, comme si je l'avais blessé plus que je ne le pensais. J'étais trop énervée pour réfléchir à ce qu'il voulait me dire par son regard. Je voyais rouge, je n'avais plus confiance en lui.

« -Prouve le ! le menaçai-je. »

Il prit une inspiration et ses yeux plaintifs se teintèrent d'une lueur de défi, tandis qu'il se redressait. Il avait un air sérieux, toujours aussi triste, mais il était très sérieux.

« -Laureen Wilson, veux-tu m'accompagner au bal de Noël ! »