Point de vue de Nathan :

Je saluai poliment Hannah Abbot en passant rapidement par le chaudron baveur. Je n'étais pas certain qu'elle me reconnaîtrait si je n'étais pas accompagné de James ou de Roxane. Rien qu'en pensant à ma petite amie, je souris d'aise.

Cela faisait trois jours que nous étions rentrés chez nous et elle me manquait déjà atrocement. J'étais ravi de savoir que j'allais la retrouver plus tard dans la journée.

« -Ça te va bien la mine rêveuse. »

Je lançai un regard noir à Alex qui m'avait interrompu dans mes pensées. Il venait d'apparaître derrière moi.

« -Comment ça va ? Demandai-je, sans relever.

-Tranquillement, c'est toujours calme chez moi, tu sais.

-T'inquiète pas, répondis-je, le calme à la maison, ça me connaît. »

Il rit un peu alors que nous avancions dans le chemin de Traverse. Nous ne nous étions pas donnés de rendez-vous précis et James allait arriver en retard, alors nous continuions dans la même direction.

« -J'ai dîné chez Roxane et Fred hier, mes parents étaient invités, puisque Papa est le meilleur ami de Georges. C'était sympa et ça faisait un peu d'animation avec Emily. »

Je souris. La lettre que m'avait écrite Roxane au sujet de l'arrivée de la meilleure amie de ma sœur m'avait bien fait rire.

« -D'ailleurs, Fred ne devrait pas tarder à nous rejoindre, il sera sûrement avec Jonathan. Ils cherchaient une occasion de faire des cadeaux à leurs petites amies.

-Fred ? M'étonnai-je. »

Je m'entendais extrêmement bien avec Fred. Nous avions beaucoup ri ensemble l'année dernière, mais j'avais un peu peur de le revoir, maintenant que je n'étais plus un simple ami mais le petit copain de sa sœur.

« -Tu as peur ? Demanda Alex avec un regard amusé. Tu vas rencontrer le grand frère. »

Je secouai la tête.

« -Si tu vas par là, Emily est presque ma sœur avec le temps qu'elle a passé à la maison. Donc je peux être menaçant.

-Comme tu l'as été avec James ? Rit-il. Tu ne me fais pas très peur alors. »

Je ne répondis rien. J'étais toujours partagé sur mon avis sur James. Laureen m'avait clairement expliqué qu'elle avait certes été blessée mais que ça ne comptait plus pour elle. Roxane m'avait assuré de la culpabilité de son cousin. Je voyais bien qu'ils étaient heureux quand ils étaient ensembles, même quand ils s'envoyaient ces remarques acerbes dont eux seuls avaient le secret. Mais j'avais quand même peur pour ma sœur. Elle semblait reprendre confiance en James, mais je ne savais pas encore si elle avait raison. Il m'en fallait plus.

« -On ne parle pas de ça, s'il te plaît. »

Il acquiesça et changea de sujet. Notre discussion sur le nouveau professeur d'Astronomie ne dura pas longtemps parce que Fred et Jonathan pointaient déjà leurs nez face à nous.

« -Salut les gars, comment ça va ?

-Soulagés d'être en vacances, on relâche un peu la pression avec les ASPIC, répondit Alex. »

J'approuvai les paroles de mon ami. En serrant la main de Fred, ce dernier m'adressa un simple clin d'œil avant de rajouter :

« -Je ne te fais pas le topo, je suis content pour vous ! »

Je le remerciai du regard. Alex changea de sujet :

« -Alors ça se passe comment pour toi Jonathan ?

-Ça va super bien ! C'est un peu moins drôle sans Fred, mais je bosse bien avec son père et je vis avec Dominique donc…

-… Ah ouais, ris-je. La belle vie quoi ! »

Il semblait heureux, Fred aussi avait un sourire aux lèvres qu'on ne lui connaissait pas à Poudlard. Je connaissais bien Emily et je savais qu'elle correspondait à mon ami. J'étais content pour eux.

« -Oh, les gras, vous m'avez pas attendu ! S'écria une voix derrière nous. »

Nous n'avions pas besoin de nous retourner pour savoir que James arrivait en courant.

« -Tu sais, se justifia Jonathan, on allait dans le quartier des bijouteries et autres magasins de vêtements pour les cadeaux de Noël de nos copines. »

James nous regarda un par un, il était le seul célibataire. Il haussa les épaules pour prendre de la distance, et répliqua :

« -Je viens avec vous, j'aurais un cadeau pour ma sœur au moins ! »

Alex le regarda de travers pour essayer de percevoir les pensées de son meilleur ami. J'étais bien curieux de savoir aussi ce qu'il avait derrière la tête. Voulait-il uniquement faire un cadeau à sa sœur ou bien avait-il prévu d'en faire également un à la mienne ?

« -C'est quoi ces regards ? Remarqua Jonathan. Vous nous cachez quoi ? »

Je soupirai, je voulais certes discuter avec James, mais je n'avais pas besoin que tous nos amis nous écoutent.

« -Ce n'est pas très important, mentit Alex. »

Il avança vers cette partie du chemin de Traverse que je ne connaissais pas. A l'approche de Noël, nous n'étions pas les seuls à chercher des cadeaux pour d'autres filles. Je reconnus quelques élèves de Poudlard, que je saluai avec joie.

« -Nathan il est arrivé après nous tous, mais c'est celui qui connait tout le monde, s'amusa Fred.

-Ce n'est pas compliqué de retenir le visage des gens avec qui tu parles entre deux cours. Répliquai-je. »

Alex proposa que nous nous séparions. Il fallait que chacun trouve un cadeau particulier pour sa petite amie, elles étaient tous en contact et se seraient rendue compte vite si nous n'étions pas originaux.

De toutes façons, je voulais offrir un bijou particulier à Roxane. Je n'avais jamais été aussi heureux avec une fille, j'étais certain d'avoir trouvé celle qui était faite pour moi. Il était hors de question que son cadeau ne soit pas à la hauteur.

Je pénétrai dans la bijouterie. Je ne savais pas ce que je voulais concrètement. J'espérais que la vision d'un bijoux me suffirait à savoir qu'il était pour Roxane.

Et j'avais raison, après avoir traversé quelques rayons, je tombai sur un collier fait d'une chaîne en or, simplement sertie d'un émeraude incurvé dans une petite plaquette. J'y fis graver la date du match de quidditch où nous nous étions embrassés pour la première fois. Je rêvais déjà de le voir au cou de Roxane. Je gardai pour moi l'envie de voir ce collier comme unique apparat sur son corps nu. Je rougis un peu en repensant à la nuit que nous avions passé après le bal. Je n'avais jamais ressenti autant de plaisir et je ne désirais plus que retrouver ses bras, sentir son corps contre moi, vibrer en elle, partager à nouveau ses sensations si fortes, mais aussi passer ma main dans ses cheveux au petit matin, recevoir ses baisers tendres et passionnés et me réveiller sur la vision de ses yeux rieurs.

Je soupirai en réglant auprès du vendeur.

A quelques rayons de moi, James se tenait debout dans le magasin. Je m'approchai de lui pour lui confier le cadeau de Roxane, je voulais être sûre qu'elle l'ouvre à Noël.

En arrivant à lui, je vis qu'il avait déjà en main un sac de la boutique de vêtement d'à côté, mais il tenait dans ses mains un bracelet. Les mailles en argent avaient été tressées méticuleusement et se rejoignaient délicatement en une pierre rouge vif, taillée pour épouser la forme d'un hippogriffe. Ce bijou était magnifique.

James était hésitant, ne sachant pas trop quoi faire de ce qu'il avait entre les mains.

Ce fut à ce moment que je compris, j'étais sûrement passé devant ce bracelet, mais je ne l'avais pas remarqué. Pourtant, j'avais toujours eu l'œil sur les représentations des hippogriffes. Ces animaux ne laissaient approcher que ceux qui leur voulaient du bien et, malgré une violence aux premiers contact avec leurs ennemis, se révélaient majestueux et puissants avec les sorciers qui le méritaient. Ils avaient un caractère bien particulier, comme le caractère de… Laureen.

Ce fut à ce moment, contemplant l'hésitation de mon ami, accompagnée de son regard perdu et rêveur et de son sourire sincère, que je compris. L'insistance de ma sœur à m'empêcher de m'énerver contre James, les tentatives de James pour passer du temps avec elle et la réconforter ainsi que leurs yeux perpétuellement en recherche de l'autre, pour un regard noir, de défi ou de complicité, ne pouvaient qu'être les preuves des sentiments forts et réels qu'ils se portaient l'un à l'autre.

« -Il est fait pour elle ! Admis-je. »

James sursauta, il ne m'avait pas entendu arriver. Il se tourna vers moi avec un regard hésitant.

« -Tu penses ? Je ne sais pas comment elle va le prendre…

-Comme l'hippogriffe, elle ne montrera rien, ou de l'agressivité, mais au fond elle sera ravie, je suis même persuadée qu'elle pourrait lâcher un sourire. Répondis-je. »

James sourit.

« -J'ai vraiment envie de le lui offrir. Avoua-t-il. »

Il continuait de triturer le bijou en baissant les yeux. Je ne savais pas quoi lui dire, j'avais compris qu'il ressentait quelque chose pour Laureen, mais je voulais être sûr qu'il n'allait pas la blesser à nouveau.

« -C'est vraiment important pour toi ? M'enquis-je. »

Je le fixais avec un regard grave. Il n'y avait que peu de moments où nous étions si sérieux, mais sa réponse pouvait me permettre de lui faire confiance avec ma sœur. Et il était hors de question que je fasse une erreur pour elle.

« -Honnêtement, il n'y a rien de plus important pour moi. Je ne sais pas trop comment te dire, mais si je peux lui donner ne serait-ce qu'un sourire pendant son réveillon, ça me rendrait le plus heureux. Peu importe le reste. »

J'acquiesçai. Il avait bien répondu. Il me regardait sincèrement.

« -Tu ressens ça depuis quand ? »

Je ne voulais pas lui demander clairement s'il se pensait amoureux de ma sœur. C'était à eux de discuter de leur relation, mais je voulais comprendre.

« -Je ne sais pas. Laureen a déclenché un truc en moi le jour où on s'est rencontré, à la rentrée de sixième année. J'ai juste eu besoin d'apprendre à la connaître, de la découvrir et de faire des erreurs pour comprendre que ce truc, c'était des sentiments si forts. Tu ne peux pas savoir comme je m'en veux de ne pas avoir compris assez tôt que ta sœur est parfaite. »

Je souris. En tant que frère, j'étais satisfait de sa réponse qui me soulageait quant à ses intentions, mais j'étais aussi heureux pour ma sœur qu'elle puisse être aimée par quelqu'un comme James. En tant qu'ami, je partageais le bonheur de James d'avoir compris que Laureen était faite pour lui.

« -Parfaite, je ne pensais pas à ça quand elle prenait le dernier verre de jus de citrouille sans me demander ! Ris-je. »

Il rit aussi, son regard était reconnaissant. Il avait compris que je l'acceptai. Ça devait le soulager.

« -Bon, et prends ce bracelet, je le garde jusqu'à Noël, si tu veux qu'elle l'ouvre le jour J. Et dépêche-toi si tu veux pas que tout le monde te voit avec ton sourire niais. »

Il fit mine d'être offusqué et s'en alla vers la caisse.

Je l'attendis à la sortie où Alex, Fred et Jonathan discutaient joyeusement.

« -J'ai reçu un message de Dominique, annonça Jonathan. Les filles nous attendent au chaudron baveur.

-Les filles, c'est qui ? Ne put s'empêcher de demander James.

-T'en fais pas ! Emily m'a assuré qu'elle passait la soirée avec nous et Laureen. Elle a même dit : « si elle ne veut pas sortir, je l'attache à mon bras et elle me suivra partout ! » Alors je compte sur toi pour lui donner envie de sortir avant que je ne me retrouve obligée de passer ma soirée avec les deux en même temps ! »

Tout le monde rit, sauf James qui devenait tout rouge.

Après quelques transplannages pour rapporter nos présents, nous étions devant la porte. J'étais tellement heureux de retrouver Roxane que je ne prenais pas le temps de faire attention à mes amis. Je supposai qu'ils étaient dans le même état que moi.

« -Coucou Hannah, comment tu vas ? La salua James.

-Oh ! Les garçons, ça faisait longtemps ! S'exclama la serveuse. Ça vous fait quel âge ? Vous êtes encore à Poudlard ?

-Ça dépend pour qui, rit Jonathan. Certains sont en septième année et d'autres ont quitté Poudlard.

-Oh ! Je vois, j'en demanderai plus à vos parents, je les vois pour le nouvel an. Cette année on le fête tous ensemble.

-Comme tous les ans, s'amusa Fred. »

Hannah Londubat nous sourit. Son mari était un très bon ami des parents de James, elle connaissait donc tous les Weasley et passait beaucoup de temps en leur compagnie.

« -J'ai vu vos sœurs ou cousines rentre quelques minutes avant vous, vous voulez les rejoindre ou vous préférez une soirée entre garçons.

-Oh, on va les rejoindre, elles ne peuvent pas vivre sans nous ! Ironisa Fred.

-Dit celui qui est allée rejoindre sa copine aux Etats-Unis parce qu'elle lui manquait trop. Se moqua James. »

Hannah, qui nous menait vers la salle où les filles avaient pris place, commença à s'intéresser vivement à notre conversation.

Fred, quant à lui, devint tout rouge alors que nous franchissions la porte. Elles occupaient une grande table dans un coin, riant toutes ensemble.

Je souris en voyant la chaise vide à côté de Roxane. Je ne me fis pas prier pour prendre place à côté d'elle. Elle me laissa tout juste le temps de m'assoir qu'elle venait m'embrasser. Ses cheveux étaient, comme d'habitude, noués en chignon autour de sa baguette. Elle portait un tee-shirt noir près du corps et une veste en jean. Je passai mes mains en dessous de cette veste pour la serrer contre moi.

« -Par Merlin, comme tu m'as manqué ! Soufflai-je. »

Elle m'embrassa à nouveau en souriant.

« -Toi aussi, murmura-t-elle. »

Je dus me lever pour dire bonjour à toutes mes amies. Emily me félicita pour ma relation avec Roxane. J'étais content de retrouver la meilleure amie de ma sœur, mais je retournai vite aux côtés de Roxane pour participer à la conversation générale en gardant sa main délicate dans la mienne.

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Point de vue de James :

J'adorais mes amis, mais ils ne réalisaient pas qu'en rentrant dans une salle où toutes leurs petites amies étaient présentes ils allaient me laisser, penaud, un peu gêné de ne pas savoir comment dire bonjour à la seule fille inoccupée, Laureen.

Heureusement, je pus avoir accès à mes cousines et amies assez rapidement. J'étais content de retrouver ma cousine Dominique. Je ne l'avais pas vu depuis son anniversaire.

Elle avait toujours ce sourire ravageur. Quand je voyais Victoire ou Dominique, avec leurs gênes de Vélane qu'elles tenaient de leur mère, je m'amusais à penser à tous les garçons qui avaient un jour espéré de les séduire alors que mes deux cousines avaient trouvé leurs âmes sœurs avant douze ans.

Emily, de son côté, était un peu trop enjouée en arrivant vers moi. Je n'avais jamais vraiment discuté avec elle parce que les rares occasions où elle avait été présente, elle était avec Fred quand je parlais avec sa meilleure amie. Emily plongea ses grands yeux clairs dans les miens, comme si elle me sondait, et me laissa aller prendre ma place.

Quand tout le monde se rassit, je n'eus pas le choix que de prendre place à côté de Laureen. Je ne boudai pas mon plaisir en m'asseyant. Elle avait lâché ses cheveux qui brillaient de tous leurs reflets.

Nous n'étions pas à Poudlard, nous n'avions pas besoin de nos uniformes ou d'autres tenues classiques. Je me délectais de la voir avec un haut rouge saillant, dont le décolleté ne laissait rien entrevoir, mais me faisait imaginer qu'un jour, je pourrais aller plus loin. Son jean galbait parfaitement ses jambes fines et son fessier bien trop sensuel pour que je l'ignore.

Elle discutait avec sa meilleure amie. Emily avait accueilli Fred avec joie, mais sa conversation avec Laureen semblait primordiale.

Je me résolvais à parler avec Dominique et Jonathan au moment où une question d'Emily à Laureen la fit réagir un peu trop vivement.

« -Oh, non ! Ne me parle pas de Sorcière Hebdo, je n'en peux plus ! »

Tout le monde se tourna vers les deux amis. De mon côté, j'avais envie de disparaître dans mon siège. Je me faisais discret, devenant aussi rouge que la tenue de Laureen.

Je n'avais dit à personne que j'avais discrètement arraché la page où on pouvait voir les trois photos de Laureen et moi qui agrémentaient un article rempli de fioritures inutiles pour ne pas définir clairement ma relation avec Laureen. Si Sorcière Hebdo, n'avait rien eu de définitif à se mettre sous la dent au sujet du fils ainé du survivant, ils avaient quand même fait un article basé sur des suppositions. C'était bien leur genre.

Mais j'avais découpé ces photos. Je ne savais pas ce qu'il adviendrait de ma relation avec Laureen mais les sourires et les délires partagés à cette soirée valaient la peine d'être gardés.

« -Oh, ça va ! Relativisa Dominique. Tu n'as eu que quelques photos et un articles fade…

-Mais tout le monde a lu ce torchon ? S'étonna Laureen. »

Soudainement, nous étions tous intéressés par nos verres, personne n'osait relever son nez de son breuvage pour croiser le regard interrogateur de Laureen.

« -Bah, je vois, elle est belle la mentalité : « je ne m'intéresse pas aux ragots. » Vous pouvez être fiers. S'énerva-t-elle.

-Tout le monde lit le Sorcière Hebdo de décembre, expliqua calmement Lisa, qui était une des seules à savoir parler calmement à une Laureen dans tous ses états. En fait, c'est les potins, ça permet de regarder ce qu'on a raté l'année dernière.

-Mais personne ne m'en a parlé l'année dernière ! S'étonna-t-elle.

-C'est parce que tu n'étais pas le sujet. Expliqua Dominique. Avec James qui va devenir joueur de quidditch et qui venait au bal avec une cavalière qui n'est pas sa cousine, tu étais un scoop. L'année dernière il était avec Lucy qui voulait à tout prix avoir un cavalier, même un cousin, et l'année d'avant il était avec Roxane, parce qu'il ne savait pas qui inviter. »

Je ne dis rien, je me contentais de profiter du regard de Laureen sur moi. Elle avait un sourire satisfait, comme si elle découvrait enfin l'importance qu'elle avait à mes yeux.

« -Et, continua Dominique, on s'intéresse beaucoup aux enfants du grand Harry Potter, parfois à ceux de Ron et Hermione Weasley, mais les autres, on est moins importants. Donc, même si tu étais avec Fred, ils ont pris quelques photos mais ne les ont pas ressorties.

-Vous étiez au bal ensemble ! S'exclama Emily. »

Ses yeux faisaient des allers-retours entre son petit ami et sa meilleure amie. En suivant tous les autres, j'explosai de rire. Laureen haussa simplement les épaules, comme elle savait si bien le faire.

« -Oui, et je te l'avais dit dans une lettre, mais tu n'avais pas relevé parce que Fred n'est qu'un ami et tu l'avais bien compris.

-Bah évidemment qu'il est qu'un ami, sourit Emily avant de fondre sur les lèvres de son amant. »

Tout le monde rit à nouveau.

« -Et, pour te rassurer Laureen, rajouta Fred. On a complètement oublié les photos de James et toi. Le gros scoop, c'était la relation entre Rose et Scorpius. Tous nos parents étaient choqués.

-Et encore, renchéris-je, ravi que l'on change de sujet. Oncle Ron a débarqué à la maison, après notre dîner, parce qu'il était tellement énervé qu'il ne pouvait plus rester chez lui. »

A côté de moi, je sentis Laureen soulager du changement de sujet. Elle se détendit et assuma plus le contact involontaire mais tellement agréable entre nos deux jambes.

« -Ah bon ? Mais pourquoi il n'était pas chez lui à engueuler Rose ? S'enquit Dominique.

-Bon, je n'ai eu comme information que ce qu'Oncle Ron disait à mes parents. Expliquai-je. On était censés être dans nos chambres, mais tu nous connais. Al', Lily et moi avons écouté aux portes.

-Et vous avez entendu quoi ? Demanda Alex. »

Ils étaient tous suspendus à mon récit. J'eus un sourire amusé de leurs réactions et repris :

« -Bah, quand Rose est rentrée, ils devaient attendre la fin du dîner pour en parler, mais Oncle Ron ne tenait plus et au dessert, il lui a balancé le journal sur les yeux pour lui demander de s'expliquer. Vous connaissez Rose, elle a simplement dit qu'elle était avec Scorpius, qu'elle l'aimait et tout… Eh bien il était pas très content. Il s'est énervé contre sa fille qui a bien répliqué. Bon on imagine tous Rose se rebeller. Mais sa mère aussi l'a soutenue… Et même Hugo !

-Heureusement qu'il le savait déjà lui, sinon il aurait été moins cool ! Précisa Fred en se remémorant la réaction du plus jeune des Weasley lors de l'anniversaire de Dominique.

-Ouais, reconnus-je. Mais au moins il a bien soutenu sa sœur. Et comme oncle Ron allait exploser, il a débarqué pour voir mon père. Maman ne s'est pas privée de lui dire qu'il abusait et qu'il devait un peu ouvrir son esprit. »

En disant cela, je regardais Laureen. Elle me renvoya une expression amusée, sachant très bien que le comportement de ma mère avait été le sien lors que nous avions appris, plus de six mois auparavant, que Rose et Scorpius étaient ensembles.

« -Mais Papa a simplement laissé parler Oncle Ron. Avec Lily et Al, on suppose qu'ils ont un peu bu et discuté de tout et de rien, comme quand ils sont tous les deux. Et, à la fin, il est reparti, sans rien dire… Mais il semblait apaisé.

-Oui, renchérit Roxane. Rose m'a envoyé une lettre pour me raconter. Elle m'a dit qu'à son retour, Oncle Ron a reconnu qu'il avait été dur, qu'il pourrait accepter Scorpius si c'était important pour Rose, mais qu'il ne ferait pas d'effort avec son père.

-C'est déjà beaucoup pour Oncle Ron, commenta Dominique. »

Je soupirai. Je ne pouvais pas en vouloir vraiment à mon oncle, même si je devais reconnaître qu'il était très têtu.

Cette histoire m'avait montré que Rose avait plus de caractère et de discernement que nous le pensions. J'étais maintenant certain qu'elle savait faire ses propres choix… Et je ne pouvais pas être protecteur avec toutes mes cousines.

Je préférais me concentrer sur Lily. Elle n'avait pas de petits copains, et j'en était bien content.

Alors que les avis sur la réactions d'Oncle Ron fusaient, je contemplais Laureen hausser les épaules chaque fois qu'un opinion différait un peu du sien.

Quand elle remarqua qu'elle était l'objet de mes observations, elle se mit à rougir, avant de quitter la conversation.

« -Pour changer de sujet, me dit-elle. Ça s'est passé comment ton entretien de quidditch ? »

Je souris. Laureen était la seule qui pouvait évoquer mon entraînement test chez les Flaquemare comme un entretien de quidditch. Elle n'y connaissait vraiment rien, mais son intérêt me touchait d'autant plus.

« -Plutôt bien, répondis-je. Je devrais avoir une réponse dans quelques temps, sûrement après les vacances parce qu'ils sont occupés. Mais ça me semble bien parti, au moins pour la réserve. »

Elle me sourit sincèrement. Je ne pus m'empêcher de souligner son sourcil froncé parce qu'elle n'avait visiblement pas vraiment compris ce que je lui avais dit.

« -Tu n'as rien compris ! Fais pas semblant. Me moquai-je.

-Oui, mais tu as l'air satisfait. Alors je ne vais pas t'énerver, il vaut mieux flatter ton égo, parce que comme ça, envoies moins de pics.

-Comme si tu n'adoooorais pas je t'envoie des pics. Rétorquai-je. »

Et c'était reparti. Avec plaisir, je me plongeais dans ses yeux émeraudes qui m'accueillaient avec autant d'amusement, que de défi. J'aimais tant ce regard.

oO0°0Oo

Point de vue de Laureen :

« -Vous aviez réservé ? S'enquit la serveuse de chez les Gobelins. »

C'était la première fois que je me rendais dans Restaurant du chemin de Traverse. J'avais pensé que j'allais pouvoir rester cher moi toute la journée, mais Emily m'avait clairement forcée à l'accompagner au chaudron baveur, et j'étais partie dans une discussion avec James. J'étais tellement happée par notre conversation que je n'avais même pas remarqué que je suivais tout le groupe vers le restaurant.

« -Oh, Mr. Potter, se reprit la serveuse. Je n'avais pas vu que c'était vous. Alors, je sais que vous n'avez pas réservé, mais, ne vous inquiétez pas, notre table principale est disponible pour vous… et vos amis. Je vous montre ?»

La serveuse semblait n'avoir que quelques années de plus que nous, au moins deux puisque je ne l'avais jamais vue à Poudlard. Elle avait les yeux rivés sur James. C'était à la limite de ne pas avoir des cœurs des yeux. Malgré toute ma bonne volonté, je ne pus me retenir de lui adresser un regard noir. Inconsciemment, je savais que c'était de la pure jalousie, mais je préférais penser que c'était du simple agacement vis-à-vis d'une autre groupie du « fils du survivant ».

Je n'arrivai à la lâcher des yeux qu'en ressentant le coup de coude de Roxane. Dans le regard de ma meilleure amie, je pouvais clairement lire : « Ta jalousie est trop évidente ! ».

Je fis non de la tête sous les rire de mon amie, mais aussi de Lisa et Emily qui avaient clairement été témoin de la scène.

Je ne réagis pas. J'espérais que Nathan et James avaient eu l'occasion de discuter, pour que mon frère cesse de s'inquiéter de mes sentiments.

Lors de notre dernière discussion, j'avais eu beau tout faire pour lui expliquer que les paroles de James n'étaient pas si graves, il avait toujours semblé énervé.

Je secouai la tête pour ne pas donner raison à mes amies et me reconcentrai sur la serveuse.

« -Nous connaissons le chemin, merci ! Lui répondit James. »

Il était clair et succinct et n'accorda même pas un regard à ses yeux gris, ses fesses généreuses ou ses cheveux blonds…

« -Arrête de te comparer à elle, me chuchota Emily. Elle ne t'arrive pas à la cheville. »

Je me tournai vers mon autre meilleure amie et lui sourit. Lisa, Roxane et Emily avaient clairement compris ce qu'il me passait par la tête.

Je rougis en me souvenant que deux ans auparavant, je ne ressentais jamais rien, et j'avais promis à Emily, ma seule amie à l'époque, que rien ne pourrait jamais m'atteindre.

J'avais clairement eu tort. Aujourd'hui, j'avais trois meilleures amies qui me soutenaient et m'accompagnaient.

Je souris à mes meilleures amies, avant de suivre James et les autres vers cette grande table ronde.

« -Ils sont obligés de se mettre à côté de leurs copines ! Souffla James en riant. »

Il avait raison, je n'avais eu le temps de réfléchir à ma place que toutes mes amies s'étaient assises à côté de leurs petits amis et je me retrouvai, encore, à côté de James.

« -Là, tu ne peux pas dire qu'ils ne font pas exprès ! »

James faisait clairement référence au comportement de Roxane, Lisa, puis Alex, qui tentaient toujours de nous laisser tous les deux.

« -Nathan aurait-il changer d'avis ? Lui demandai-je. »

J'étais curieuse. Nathan le savait. James le savait. Ce dernier ne me répondit pas. Du moins, il ne me répondit pas directement, mais son sourire le trahissait. Je ne savais pas ce que Nathan et James avaient pu se dire, mais l'expression de James suffisait à me rassurer.

Je m'affalai sur mon siège, laissant mes amies se concentrer sur leurs petits amis. Je commençai à me demander si Roxane, Lisa, Emily et Dominique ne s'étaient pas passé le mot pour s'intéresser soudainement à leurs copains.

« -Je dois t'avouer, reconnus-je, que nos amis se mettent toujours d'accord pour avoir des discussions en couple en même temps. »

Je fis un signe de la tête vers les quatre couples qui semblaient tous happés dans leurs conversations. Si les sourires de John et Dominique ou les conversations quasi silencieuses de Lisa et Alex n'avaient rien d'étonnant, j'avais toujours du mal à constater le bonheur d'Emily et Fred qui riaient tous les deux, sans penser à ceux qui les entouraient, mais j'étais heureuse pour mon amis. A côté d'eux, Roxane et Nathan ne se lâchaient pas des yeux. Ils rayonnaient de joie. Même moi, qui avait tendance à condamner les démonstrations d'amour niaises et inutiles, je profitais de leur sourire avec émotion… et, sans doute, une pointe de jalousie. J'étais profondément heureuse pour mon frère et mon amie, mais, parfois, il m'arrivait de rêver de leur bonheur. Pourtant, je n'osai avouer que, si ce rêve revenait si fréquemment, c'était que je savais exactement avec qui je voulais le partager…

« -Tu vois, j'ai raison ! Me provoqua-t-il.

-C'est vrai ! avouai-je, avant de reprendre un regard de défi. Pour une fois que tu ne dis pas n'importe quoi, il faut le souligner. »

J'étais satisfaite de ma réplique, d'autant plus satisfaite qu'il se renfrognait dans son siège, cherchant une remarque pour répliquer.

Dans son regard, je voyais cette once de défi et d'amusement que j'aimais tant retrouver.

Mais il y avait aussi la profondeur de ses yeux. Je me perdais dedans tandis qu'il reprenait son sérieux.

« -Et sinon, me sortit-il de mes pensées, tu as passé un bon week-end avec ton père.

-J'ai connu plus subtil comme transition. Notai-je.

-Ça ne sert à rien d'essayer d'être subtil, tu le verrais quand même. Tu remarques à chaque fois que je veux changer de sujet. »

Il n'avait pas tort. De manière générale, je perçais toutes le pensées de James. J'avais même l'impression que c'était réciproque. Mais je n'osai pas lui en parler.

« -C'est vrai, admis-je, je suis plutôt perspicace. »

Il rit quelques instant, avant de reprendre.

« -Bref, je ne pensais pas qu'une transition soit utile… Je voulais savoir comment tu allais, et comment s'était passé ton week-end. Alors ça me paraissait plus de te demander directement. »

J'haussai les épaules. Ce geste m'était venu naturellement. Pourtant, je sentis les yeux de James briller, comme s'il n'attendait que cette réaction de ma part. J'acceptai donc de répondre :

« - C'était un peu bizarre au début. Depuis qu'il nous a expliqué réellement qu'il avait passé des années à attendre la mort de Rabastan Lestrange en scrutant les journaux anglais, on lui en veut un peu de ne pas nous avoir simplement dit que Maman ne voulait pas qu'on rentre en Angleterre avant sa mort. Mais, plus on passe du temps avec lui, plus on comprend qu'il était aussi perdu que nous. Maman nous a mis tous les trois dans le flou, elle ne voulait pas que nos caractères de Gryffondor nous poussent à rentrer et combattre.

-C'est bien une Serpentard ! Ne put-il s'empêcher de commenter. »

A peine eut il prononcé ces mots qu'il se mit une main à la bouche. James avait parlé trop vite, comme il le faisait si souvent. Je lui sourit pour le réconforter. Après tout il avait raison. Maman était à Serpentard, et elle avait agi en tant que telle. Mais elle avait eu raison. Au moins, nous avions été heureux et insouciants le plus longtemps possible…

« -Oui, mais elle a bien fait. Avouai-je.

-Mais je suis content que vous soyez arrivés en Angleterre avant la fin de notre scolarité.

-Ça aurait été dommage que tu passes à côté de la seule personne au monde capable de te remettre à ta place, me moquai-je.

-Ne fais pas trop la fière. Rit-il. »

Je l'accompagnai quelques instants avant de repenser à ses paroles. Je ne lui avais pas dit la crainte que mon père avait exprimée sur ma rencontre avec mes grands-parents. Papa avait eu peur que je sois susceptible ou refermée.

Mais James n'arrêtait pas de me fixer, il m'avait compris. Il me laissa discuter avec Roxane et Nathan qui avaient enfin délaisser leurs bouches mutuelles pour se concentrer sur leurs repas et une discussion commune, pour me glisser simplement, à la fin du repas.

« -Et toi, tu n'as pas changé d'avis sur la situation ? »

Je le regardais. J'avais dire à tout le monde que la rencontre avec mes grands-parents et ma tante me réjouissait, James comprenait que ce n'était qu'un moyen de cacher mon appréhension.

Devant mon expression inquiète, il posa une main chaude sur mon épaule :

« -Je pense qu'il est impossible de t'enlever ce stress, mais ce soir, tu es avec tous tes amis. Et ce soir, je vais tout faire pour que tu oublies, au moins pour une soirée… Tu penses que tu peux t'amuser avec nous ? »

Ces mots me touchaient. Il était le seul à percevoir le malaise que je me donnais tant de mal à cacher.

J'étais émue de cette phrase, mais je n'étais pas prête à lui montrer, encore moins devant tous nos amis et mon frère.

« -C'est un défi ? Répliquai-je.

-Honnêtement, prends le comme tu veux. Tant que tu es heureuse. »

Je rougis, je ne savais pas quoi lui répondre. Sans la présence de nos amis, je lui aurais sûrement sauté dessus, faisant voler toutes les barrières que je me mettais depuis quelques semaines.

Au lieu de cela, je repris part à la conversation.

« -Et dire que ta sœur se marie l'année prochaine, disait alors Fred à Dominique.

-J'ai un peu de mal à imaginer Victoire s'appeler Lupin, reconnut Dominique. Pourtant, je sais qu'elle va finir avec Teddy depuis toujours, ils étaient déjà amoureux avant que je naisse.

-A ce point ? M'étonnai-je.

-Tu sais, Teddy avait à peine un an quand il a perdu ses parents, et Victoire, elle a eu du mal à se construire avec la lycanthropie de Papa. Alors, même si c'est indirect, ça l'a rapprochée de Teddy, bien qu'elle n'avait que deux ou trois ans. »

J'acquiesçai. Cette histoire était belle et Teddy Lupin méritait d'être heureux, après le traumatisme de la perte de ses deux parents.

« -D'ailleurs, reprit James. Teddy m'a dit qu'il serait ce soir aux lutins dorés, ça vous dit de les rejoindre ?

-Oh, oui ! S'exclama Roxane, pour une fois que nous sommes tous majeurs. »

Je soupirai, je n'étais pas du genre à sortir en boîte, mais j'avais envie de rester avec mes amis. J'avais passé une excellente journée entre les retrouvailles avec Emily, les discussion avec toutes mes amies et les conversations avec James, je n'avais pas du tout envie que ça se termine.

Il n'en fallut pas plus pour que nous soyons tous devant l'entrée du club.

« -Identité ? Demandait le vigile, sans même lever un regard bers nous. »

Comme si c'était un réflexe, Jonathan, qui était le premier d'entre nous, fit signe à sa petite amie et son meilleur ami. Il me chuchotait en même temps :

« -Ça va plus vite quand tu dis que tu es Weasley. Il vérifient sans même regarder exactement quel âge tu as. »

Mais il ne put démontrer sa théorie, parce que Fred appela James.

« -James, tu peux décliner ton identité, s'il te plait ? »

L'intéressé lui adressa un regard noir.

« -Je n'ai pas envie d'utiliser mon nom pour ça, soupira-t-il. »

James n'aimait pas abuser de la réputation de son père. J'avais eu besoin de temps pour le comprendre, mais maintenant je le savais. James était certes fier de son père, il trouvait injuste de profiter de sa popularité. Cependant, parfois, le nom de Potter était plus fort que sa volonté d'être discret.

« -Vous n'avez pas le choix, s'énerva le videur. Je vais vous demander à tous vos identité. »

James soupira, avant de s'avouer vaincu.

« -James Sirius Potter. »

La plaque test du videur vira au vert, signe que l'interlocuteur n'avait pas menti et était bien majeur.

« -Oh, Mr. Potter, s'excusa le videur. Je ne vous avais pas reconnu. Rentrez, vous et vos amis êtes les bienvenus. »

James rétorqua, un peu méchamment :

« -Comment auriez-vous pu me reconnaître, on ne s'est jamais vu… »

Le videur ne répondit rien, il se sentait suffisamment honteux. Il nous laissa tous entrer sans même contrôler nos identités.

« -Ah ouais, s'extasia Jonathan. Normalement quand tu es avec un Weasley, déjà il est tout gêné, mais c'est la première fois qu'on passe si facilement. Normalement, jamais Alex peut rentrer avec son jean troué. »

Je ris en notant la tenue décontractée de mon ami. Je n'avais pas fait attention aux habits de mes amis. J'avais simplement été ravie quand James avait enlevé son sweat pour dévoiler une chemise saillante entrouverte qui montrait un haut du torse ferme et me donnait qu'une envie : découvrir le reste.

« -C'est un peu gênant, avoua James.

-On s'en fout. Le rassura Alex alors qu'on nous emmenait vers un espace VIP, alors que nous n'avions rien demandé. »

A peine étions nous installés que Teddy et Victoire arrivaient à nous.

« -Carrément, souligna le métamorphomage, vous prenez le meilleur coin de la boîte.

-Oh, expliqua Jonathan à son « beau-frère ». C'est simplement que James a dit qu'il était un Potter.

-Ah, on ne refuse rien à un Potter, rit Victoire. »

Victoire était aussi impressionnante que Dominique. Pourtant, les quelques années de plus lui donnaient réellement un air de grande dame. Je la trouvai simplement magnifique. Je comprenais clairement la fierté de Teddy de l'avoir à ses côtés.

James bouda quelques instants, tandis que son « frère » Teddy s'amusait de sa réaction.

« -Ne t'inquiète pas, tu vas apprendre à gérer les réflexions. Le rassura-t-il. »

James adressa à Teddy ce regard teinté d'admiration et de respect qu'il ne destinait qu'à lui. Leur relation était belle à voir.

« -Bref, soupira James, on ne va pas parler de ça toutes la soirée, on est là pour s'amuser ! »

Il se mit donc à chanter la chanson que remixait le DJ.

Roxane m'entraîna sur la piste de danse. Emily, Dominique et Lisa nous suivirent avec joie. C'était une musique entraînante. Je ne connaissais pas les paroles, mais, visiblement, j'étais la seule de toute la discothèque.

Victoire nous rejoignis :

« -Les filles, vous avez du succès ! Souligna-t-elle en nous montrant un groupe de jeunes garçons, plus âgés que nous, qui nous observait de loin. »

Aucune de nous ne leur adressa un regard. Je n'étais pas du tout intéressée par cette attention et toutes mes amies étaient en couple.

« -Ah, mais j'avais oublié que vous étiez toutes en couple, rit-elle. Alors ce soir, on s'amuse. »

Elle avait crié la fin de sa phrase en rythme avec la musique. Je ne la repris pas pour lui dire que j'étais célibataire. Je ne voulais pas être poussée par un inconnu par la plus âgée des Weasley.

Mais Victoire ne me lâchait pas des yeux, comme si elle avait justement attendu ma réaction. Je n'avais jamais vraiment eu de discussions avec elle, je ne savais pas quoi lui dire. Alors, comme à chaque fois que j'étais un peu mal à l'aise, je l'ignorais. J'avais conscience de retomber dans mes vieux travers, mais je ne savais vraiment pas comment agir.

« -Mais, en l'état actuel, me trahit Emily, Laureen n'est pas en couple. »

Je la fusillai du regard. Je m'attendais à une réaction de Victoire, puisqu'elle ne cessait de me fixer, mais ce fut son fiancé que je vis arriver à côté de moi.

« -Ah bon ? Fit-il mine de s'étonner. »

Rien qu'à son regard, je savais qu'il exagérait sa réaction.

« -Arrête de surréagir, répliquai-je. Ça ne te va pas du tout. »

L'espace d'un instant, j'oubliais que je parlais au « grand-frère de James ». Il m'avait provoqué, même indirectement, et je ne pouvais plus le laisser parler pour ne rien dire.

« -Qu'est-ce qui te dit que je surréagis ? Tenta-t-il de rétorquer.

-Tes yeux te trahissent ! Répondis-je en haussant les épaules. »

Il sembla amusé de ma réponse. Ses yeux virèrent au bleu, puis au jaune, puis au vert, jusqu'à ce qu'un tourbillon multicolore prenne place dans ses iris. Je m'amusai de cette réaction. Nous ne dansions plus, nous étions simplement en train de nous défier. Comme s'il essayait de me sonder.

« -Cette réaction me montre que je t'avais bien cerné ! Persistai-je. »

Teddy explosa de rire. J'étais satisfaite d'avoir raison. Il reprit :

« -Tu lui ressemble vraiment beaucoup. »

Puis il repartit dans un éclat de rire. Notre conversation continua sur ce ton. Nous faisions tous les deux exprès d'ignorer le regard aussi pesant qu'interrogateur de James sur nous.

Au bout de quelques instants, je sentais ce regard s'intensifier dans mon dos. Mes sensations furent confirmées par Teddy :

« -Tiens, un petit curieux ne peut pas supporter d'être si loin de notre conversation. »

Je ris, je n'avais pas besoin de me retourner pour savoir que James était arrivé à notre hauteur.

« -Bon je vous abandonne, j'ai une fiancée à retrouver ! Nous laissa Teddy. »

James lui lança un regard noir qui eut pour seul effet de le faire rire, puis il se mit face à moi. Les lumières de la discothèque faisaient ressortir ponctuellement ses cheveux en bataille ou ses yeux illuminés d'une lueur taquine et terriblement attirante. La musique s'intensifia et, inconsciemment, nous suivions le rythme en dansant.

« -J'aime beaucoup ton frère ! Déclarai-je.

-Ah bon ? Et pourquoi ?

-Je sais pas, expliquai-je. Il te connaît bien et c'est sympa de voir que mon avis sur toi est partagé… »

Je faisais exprès d'être un peu mystérieuse. La musique autour de nous s'intensifiait. Il se rapprocha de moi et passa une main derrière mes hanches.

« -Ah, donc quand tu discutes avec quelqu'un, tu lui parles de moi ? »

Il était fier de sa réplique. Pour ma part, je ris à sa remarque en posant ses mains derrière son cou.

« -Ça dépend à qui je parle… Complétai-je en gardant cet air mystérieux. »

Il rit à son tour, puis il posa sa deuxième main dans mon dos, me rapprocha de lui. Je plongeai mon regard sans ses yeux si intenses.

Je montai une de mes mains dans ses cheveux, tandis que l'autre s'accrochait à sa nuque. Tout mon corps était plaqué contre le sien. Mes jambes brûlaient au fur et à mesure qu'elle effloraient celles de James. Il faisait de plus en plus chaud sur la piste de danse alors que nous ne pouvions pas nous décoller d'un centimètre.

Le rythme de la musique se fit plus intense. Il plaqua sa main dans ma nuque. Dans ses yeux, je ne distinguais presque plus que le noir du désir. Je n'en menais pas large.

Il profita d'un changement de musique pour me faire tourner sur moi-même. Mais, à peine étions nous éloignés de quelques pas qu'il me rappelait à lui, en plaquant mon dos contre son torse.

Il plaça d'abord ses mains contre mon ventre avant de les glisser sensuellement vers mes hanches. Partout où ses paumes passaient, je sentais ma peau me brûler. Mon tee-shirt n'avait aucun pouvoir pour refreiner l'attirance et le désir que j'éprouvais, je sentais sous souffle dans mes cheveux :

« -Tu joues un jeu dangereux, murmura-t-il. »

Je tressaillis. Sa voix raisonnait dans mes oreilles, me procurant multiples frissons.

Il soufflait encore contre ma nuque quand je me retournai à nouveau contre lui. Je plaquai une main dans ses cheveux tandis que l'autre se chargeait de me rapprocher de lui en s'appuyant contre le bas de son dos.

Les mouvements rythmés tiraient sa chemise et, très vite, je ressentais sa peau brûlante contre sa paume. Il m'était si difficile de résister, j'avais tant envie de plus, mais j'aimais cette proximité, j'aimais son regard intense sur moi, j'aimais ses mains qui me faisaient me sentir belle... et j'aimais cette provocation indécente.

« -Je joue toute seule peut-être, rétorquai-je, avec un regard malicieux. »

Le noir de ses yeux s'intensifia encore plus. Les sensations que décrivaient mon corps à chaque regard ou chaque contact étaient indescriptibles, et l'expression mutine de son visage achevait de me faire défaillir. J'étais à la limite, une limite que je ne cessais de repousser, avec autant d'envie que de tentation. Les sentiments que je ressentais contre James étaient incroyables. Il était le seul à me faire sentir aussi vivante. Je ne pouvais m'empêcher de le provoquer, de rentrer dans son jeu… de partager ces sensations magiques…

Je profitais toute la soirée de toutes ces sensations. Je savais que je n'allais pas craquer, je ne voulais pas craquer, mais, par Merlin que c'était bon d'être contre James Potter !

Voilà le plus long chapitre que j'ai jamais écrit. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, si c'est trop long ou si vous préférez ça...

J'espère que vous allez tous bien,

Restez bien chez vous, c'est important,

July