Bonjour tout le monde,
Merci pour vos commentaires, c'est vraiment appréciable de connaitre votre opinion, alors n'hésitez pas. Je réponds à toutes vos questions !
Bonne lecture.
« Seize ans à peine. »
« Un des plus jeunes représentant depuis sa création. »
« Shut… C'est lui. »
Depuis son arrivée au ministère Tom Jedusor subissait ce genre de chuchotements sur son passage. Des sorciers le dévisageaient avec des yeux pétillants. Même le garde du portillon de contrôle venait de le féliciter. Tom avait beau se remémorer ses dernières actions, rien ne justifiait un tel engouement. Avant de venir, Tom s'était autorisé un détour afin de poster le cadeau pour l'anniversaire de son fils par hibou express. Coba rentrait demain pour les vacances scolaires, mais il souhaitait transmettre son présent le jour propice. Seulement sa conscience n'était pas tranquille. Un mauvais pressentiment vagabondait dans ses pensées. Tous ces regards insistants sur sa personne… Apparement tout le monde était au courant d'une information le concernant, excepté lui-même.
Tom ne devait pas s'en préoccuper, les sorciers s'extasiaient peut-être pour son arrestation de la semaine dernière. Un trafiquant de l'artisanat moldu particulièrement coriace. Après plusieurs mois de cavale, le directeur des Aurors avait décidé de s'occuper de ce crétin par ses propres moyens. Ses hommes étaient des incompétents, Tom se chargeait des interventions quand elles lui paressaient trop longues. Lasse, le sorcier ouvre la porte de son bureau quand soudain il est interpellé.
« Félicitation Patron. » S'extasie Tonks.
Tonks accompagne sa phrase d'une tape sur l'épaule du sorcier. Tom manque d'arracher la main de sa recrue. Pour qui elle se prenait pour afficher une telle proximité ? Sa colère embrase sa gorge. Avec une volonté inouïe, le directeur lutte contre son envie de meurtre. Il ne supportait pas qu'on le touche. Révolté, il darde alors l'apprentie de Maugrey avec agressivité.
« Félicitation pour quoi exactement ?! » Aboie Tom à son adresse.
Surprise par cette subite violence, Tonks manque de trébucher contre le porte parapluie. Cette fille était d'une maladresse inimaginable…
« Oh… Et bien pour votre fils. Enfin vous savez. » Annonce timidement Tonks.
Son fils ? Qu'est-ce que cet idiot avait-il encore bien pu faire ? Un malaise divague dans ses entrailles. Pour quelle raison les gens viendraient le féliciter au sujet de Coba ? Non. Cet idiot n'avait pas fait ça… Tom espérait sincèrement que son rejeton gardait précieusement ses origines pour lui. Pourtant, à part cela, le directeur ne trouvait aucune raison logique. Le gamin venait peut-être de réaliser un exploit dans son collège ? La victoire d'une partie de Quidditch pouvait être une bonne explication après tout.
Tom dépose son attaché-case puis se dirige vers la salle de repos des Aurors. Cette situation lui déplaisait, il voulait en avoir le cœur net. Il aurait peut-être plus de chance avec le cousin de Glass. L'homme laissait souvent une oreille traînée dans les bruits de couloirs. Sur le chemin, Tom croise James Potter, ce dernier s'approche dans sa direction, un sourire exagéré illumine ses lèvres.
« J'ai appris pour Coba, félicitation Monsieur. »
À leur croisement dans le couloir Potter ne s'arrête pas et poursuit sa progression jusqu'aux ascenseurs de service. Le regard de braise de Tom bifurque sur la silhouette qui disparaît. Une colère inconfortable embrase son raisonnement. Il était le père de ce gosse ! Pourquoi ces félicitations demeuraient mystérieuses pour lui ? Le môme n'était pas majeur, toutes ses actions passaient sous son autorité avant d'être divulgués au grand public. Le directeur accélère le pas.
Comme il s'en doutait, Finéas se trouvait dans la salle de repos. L'homme roucoulait tranquillement une tasse de café à la main. Lorsque Tom s'engouffre dans la pièce, plusieurs sorciers se pressent de quitter les lieux afin d'éviter une remarque désobligeante de la part du patron. Après tout, ils ne justifiaient pas leurs salaires à se détendre confortablement dans un sofa. Malgré la colère apparente de Tom, Finéas campe sur sa position. Un sourire narquois se dessine sur son visage lorsqu'il le rejoint.
« Une tasse de café ? » Propose Finéas avec moquerie.
« Je peux savoir pourquoi tout le monde bavarde sur mon passage et que l'on me félicite à tout va à propos de mon fils ? »
Inutile de prendre des pincettes. Tom voulait connaître la vérité. Il n'aimait pas passer pour un ignorant. Le directeur anticipait tout sans commettre la moindre erreur. Aussi ses interrogations se dirigeaient vers une personne de confiance. Pourtant, à l'expression de Finéas, le directeur comprend rapidement que la réponse ne lui plairait pas.
« Coba ne t'a rien dit ? » Interroge Finéas, les sourcils froncés.
La surprise est perceptible sur les traits du cousin de Glass. Tom se raidit, non le gosse ne lui avait absolument rien dit. Il perd patience. Des réponses et vite.
« Finéas… » Prévient dangereusement Tom.
« Tu n'as pas lu la Gazette avant de venir ? » Continue le sorcier.
Non, Tom n'avait pas lu le journal ce matin. Ses habitudes matinales avaient été perturbées en raison du jour particulier. Le directeur avait dédié son court temps libre pour satisfaire son gamin. Il s'était démené pour que Coba reçoive son cadeau d'anniversaire dans les temps. Finéas faisait partie des rares personnes qui prenaient plaisir à le provoquer. Cependant, le cas semble être préoccupant. D'un coup de menton Finéas désigne la gazette du sorcier posée sur une paillasse, puis il déguste tranquillement une gorgée dans sa tasse.
Les yeux de Tom défilent rapidement sur le gros titre du journal. Coba Wiff Jedusor, nouveau représentant des sorciers mineurs au Mangenmagot. La tasse de café de Finéas explose, une plainte résonne dans ses oreilles. Tom n'y prête aucune attention. Comment Coba se retrouvait-il dans cette position ? Tom savait pertinemment qu'il fallait postuler pour obtenir une place dans la cour suprême. Son fils ne lui avait jamais parlé d'une quelconque ambition liée à la politique. Encore une nouvelle lubie pour l'emmerder ? Oui Tom ne doutait pas des intentions de son rejeton. Cette nomination était un acte de vengeance. Néanmoins, il doutait de l'implication de Coba. En effet, un autre détail l'enrageait… Dumbeldore. Cet immonde sorcier faisait partie de cette juridiction. Des questions s'entremêlaient dans sa tête. Le vieux fou était-il responsable de ce coup de théâtre !? Coba était un manipulateur et il redoutait les convictions du gosse. Qu'est ce qu'il lui était passé par la tête, non d'un hippogriffe !
Malheureusement Tom devrait patienter jusqu'au lendemain. Coba répondra de ses actes.
/(I)\
La chaleur est réconfortante. Je survole des paysages paradisiaques à dos de Dragon, libre de tous mes soucis. Mes mouvements ne font qu'un avec l'animal. Il est magnifique, un rouge flamboyant recouvre ses écailles. Ses ailes s'animent de mouvements rythmés... Un gésier enflamme le ciel bleuté. Mes bras flottent bercés par le vent, une brise chaude caresse mon visage. Je me sens invincible.
« Coba ! »
Quelqu'un me tape dans les côtes et mes yeux s'ouvrent brusquement. La lumière m'aveugle, je cligne plusieurs fois mes paupières afin de récupérer une vision nette. Mes mains frottent énergiquement mes yeux. Je me force à me réveiller. Jack m'adresse un regard inquiet, mon apparence doit être déplorable.
« Ce cours ne t'intéresse pas, Jedusor ? »
Le professeur Bequir appuie sa remarque en me toisant sévèrement. J'enlève ma capuche pour éviter d'aggraver mon cas. Une réponse honnête ne lui plairait pas. Depuis plusieurs semaines notre professeur s'activait à nous présenter les effets des sortilèges impardonnables. Sa dernière extravagance consistait à tester l'impérium sur des élèves, son objectif : comparer nos résistances. Comme l'homme s'appliquait à ne jamais m'interroger, je me délaissais de son enseignement sans le moindre respect. Je redresse sur ma chaise pour quitter mon attitude avachi. Mon rêve précédent était bien plus intéressant. Qu'est-ce qui lui prenait ? D'habitude il se contentait de m'ignorer. Qu'il me laisse tranquille, je lui fichais la paix à ce que je sache.
« Je t'ai posé une question. » Insiste Suliman.
À ma droite, Jack se tortille sur son siège. Pour avoir subi ma mauvaise humeur de ces derniers temps, mon ami savait qu'il ne fallait pas me provoquer. J'avais définitivement abandonné mon attitude de parfait petit élève modèle. Toute cette panoplie ne m'intéressait plus.
« Je n'ai pas de réponse à vous donnez. » Je soupire avec ennuis.
Qu'il me vire de son cours et qu'on en finisse une bonne fois pour toute. Derrière le professeur, j'aperçois Gauïs Black me dénigrer avec pitié. Une colère me monte à la tête. Je croise les bras sur ma poitrine pour éviter de lui lancer un Doloris. Quoique, de cette façon ma maîtrise des impardonnables impressionnerait mon professeur… Je ne veux pas être ici, je perdais mon temps en plus de ma patience.
« Je vais emmener mon camarade à l'infirmerie professeur, il ne se sent pas très bien. » Explique rapidement Jack pour m'éviter des problèmes.
Jack essayait de me remonter le moral, pourtant je restais désintéressé. L'abandon était terriblement douloureux. Ces trahisons me consumaient de l'intérieur. Mon père avait raison depuis le début, les sentiments nous rendaient vulnérables. Alors, pour amoindrir cette souffrance je me laissais aller. Seulement, malgré mon foutisme rien ne s'anesthésiait. La plupart de mes professeurs me laissaient divaguer sans intervenir. Mon père… Mon cœur se contracte. L'abandon d'Isida avait fini par me mettre à terre. Néanmoins, je ne partageais plus aucun sentiment à son égard, juste du dégoût. Merlin, que je la haïssais de m'avoir rendu si vulnérable…
« Votre camarade n'a pas l'air malade, Anderson. Il se fiche simplement de mon enseignement. » Déclare Suliman.
Je ne réponds pas. Pour une fois que cet abruti comprenait mon point de vue. Quoique, c'était de lui plus explicitement que je me fichais. Aucun professionnalisme, il ne valait pas mieux. Mon enfer avait débuté à cause de son comportement. Sans lui, je ne serais jamais allé dans le bureau de Dumbledore. Sans lui, j'ignorerai que la prophétie se trouvait en possession de mon père depuis si longtemps.
« Lève-toi, Jedusor. On va vite savoir si tu peux te dispenser d'écoute. »
Je râle avant de rejoindre le centre de la salle. Lasse de cette mascarade, je l'affronte froidement d'un regard haineux. J'engouffre rageusement mes mains dans les poches de mon jean. Je ne supporte plus ce sourire moqueur. Par sa faute je suis seul sans personne à qui me confier.
« L'uniforme n'est plus obligatoire ? » Demande le professeur en désignant mon accoutrement.
Sous mon sweat à capuche noir, seule ma cravate verte et ma chemise blanche témoigne de mon affiliation à la maison de Serpentard. Venant de sa part, la remarque est déplacée.
« Je fais comme mon professeur, je viens en cours habillé comme un moldu. » J'explique en reniflant avec dédain.
Suliman s'amuse de ma réponse. Un petit ricanement s'échappe de sa gorge. Je suis surpris, je m'attendais à être sermonné, mais il n'en fait rien. Je sors ma baguette, prêt à répliquer. Depuis le début il se plaisait à ridiculiser les élèves en les obligeant à exécuter des actions grotesques. Je ne laisserais pas cet homme me lancer un impérium. D'ailleurs, me défouler me ferait le plus grand bien.
« Que tout le monde prenne exemple sur votre camarade. Je vous ai lancé des impériums en pagaille et c'est le premier élève qui va tenter de se défendre. Tu vois que tu n'es pas bon à rien. »
Suliman venait d'ajouter ses derniers mots en Albanais de sorte à ce que je sois le seul à comprendre leurs sens. Mon état pitoyable justifiait ces paroles. Pourtant, je ne les prends pas comme un compliment. Cette diversion avait suffi à éloigner temporairement mes défenses. D'un coup habile du poignet, Suliman me lance l'impérium. Mes oreilles bourdonnent, je sens mes jambes se bloquer, puis une voix envahit mon cerveau. Ma vision se brouille. J'ai l'impression d'être enfermé dans une bulle. La sensation est étrange, j'ai l'impression d'être capable de réaliser tout ce que je désire. Il n'y a plus aucune limite.
Saute sur le bureau.
Mes jambes commencent à se plier, mais avec conviction je stoppe mon geste. Je n'ai jamais accepté les ordres. J'obéissais à mon père par contrainte, mais ce professeur ne m'effraie pas. Suliman ne possédait aucune volonté, sa faiblesse amoindrissait son efficacité. Je n'avais aucune raison de sauter sur ce stupide bureau. Il recommence, cette fois-ci mes jambes ne flanchent même pas.
Non.
Vas-y tu peux le faire. Insiste la voix.
Vous avez perdu, Suliman…
Vraiment ? Tu sembles sûr de toi.
Il faut le vouloir pour que les impardonnables fonctionnent, professeur.
J'extériorise ma colère vers mon assaillant. Au moment où je reprends le contrôle de mes actes, le bras de Suliman se déboîte de son épaule dans un craquement terrifiant. Impossible de minimiser cet impact, je veux qu'il paie.
Ma magie papillonne autour de moi. Je souhaite poursuive mon attaque. Sa grimace de souffrance me satisfait. Il reste fière, sa mâchoire se contracte pour empêcher une plainte de quitter sa bouche. Déterminé, je m'avance vers ma victime. Il est temps d'en finir.
Alors, des applaudissements me ramènent à la réalité. Privé d'un moment particulièrement plaisant, je me tourne vers mes camarades. Grace me dévisage avec des yeux pétillants. Elle semble impressionnée, même Gauïs applaudie, une grimace fixée sur sa bouche. Je fronce les sourcils, je ne comprends pas leurs attitudes. Eux aussi appréciaient la douleur de notre professeur ?
« Combien de temps, Crivey ? » Demande alors Suliman.
« Seulement 10 secondes professeur ! » Couine Collin en sautillant sur sa chaise.
Le professeur exécute un sortilège pour remettre en place son épaule. Il bouge son bras avec plusieurs mouvements pour vérifier une bonne articulation. Confus, je ne bouge pas de ma place. Je ne suivais pas ces cours de Défense Contre Les Forces du Mal, alors j'ignorais de quoi ils pouvaient bien échanger.
« Le précédent record était de combien ? » Poursuit Suliman.
L'homme s'avance vers le Gryffondor pour consulter le parchemin tenue par les mains de Collin.
« 40 secondes. Harry Potter vient d'être détrôné. » Annonce Collin Crivey avec enthousiasme.
Quoi ? Ces imbéciles s'amusaient à chronométrer les performances de chacun. Les Serpentards sifflent pour m'acclamer. En fin de compte, Suliman avait instauré un concours dans sa classe dans le but d'inciter les étudiants à se surpasser.
« Impressionnant. C'est grâce à ce type d'exploit qu'on arrive à comprendre ta nomination au Mangenmagot. » Ajoute Suliman Bequir.
« Pardon ? » Je siffle avec colère.
Ce matin la Gazette venait d'annoncer ma sélection à la cour suprême. Plusieurs critiques avaient traversé mes oreilles. Elles ne m'atteignaient pas. Mon image se ternissait depuis un moment déjà. Avec les derniers événements, cette histoire de Mangenmagot m'était sortie de la tête avant le rappelle de ce matin. D'ailleurs, je me fichais de ce que cela pouvait bien impliquer. Ce titre faisait partie du dernier de mes soucis.
« C'est un compliment, Jedusor. » Réplique sèchement Suliman.
C'est surtout un compliment caché derrière un sous-entendu. J'en bavais sans rien demander à personne. Même Dumbeldore avait fini par abandonner ses invitations, lasse que je n'y réponde plus. Tout le monde me jugeait sur ce mois d'égarement en oubliant mes précédents succès. Un simple dérapage et le mépris s'installe. J'ai 16 ans aujourd'hui, cette victoire tombait comme un cadeau, pourtant je me détestais d'avoir accepté ce plan douteux. Je n'étais plus rien à Poudlard, seulement le gars qui sombrait vers la décadence. La plupart de mes amis m'évitaient, seul Jack restait pour me soutenir. Il était parvenu à m'éviter pas mal d'ennuis en m'inventant des excuses.
J'en ai marre de tous ces jugements. On me perçoit comme une racaille ou je ne sais quoi d'autres alors que j'ai juste besoin d'être compris. Les gens jugent vos actes sans se soucier des fondements. Il y a toujours une explication, mais les personnes préfèrent éviter de s'impliquer. Je haïssais l'homme devant moi, cependant il était le seul jusqu'ici qui avait osé me confronter à ma condition. Sa méthode, bien que brutale, résonnait sur une note de vérité. Jusqu'à aujourd'hui mes connaissances s'appliquaient à me dire que tout irait mieux le lendemain. Des mensonges, rien ne s'arrangeait. Je sais que mon professeur avait raison néanmoins, je ne supportais pas de l'entendre de sa bouche.
Je regagne ma place sans demander la permission. Suliman ne m'arrête pas. Ce petit instant de gloire n'améliorait pas mon moral. Le résultat de cette expérience me confortait dans mes choix. Ce cours était inutile. J'en voulais à la terre entière.
« Pour finir sur une bonne note, je souhaitais vous informez qu'un club de duel s'ouvrira au retour des vacances. Quelques professeurs présideront les séances. Une liste d'inscription a été mise à disposition dans chacune de vos salles communes. Je suis le professeur référent, alors si vous avez des questions, n'hésitez pas. »
Des bavardages éclatent derrière cette annonce. Beaucoup d'élèves gardaient un bon souvenir de nos entraînements lors de notre troisième années. Pour moi, il s'agit du rappel amère d'une époque d'innocence. Pas de Grindelwald, pas conflit avec mon père, pas d'Isida. Aucun abandons.
« On s'inscrit ? » Me demande Jack avec envie.
Je voulais sincèrement rendre mon ami heureux. Mais cette époque s'évaporait. Quelque chose s'était brisé en moi. Je craignais de ne pas parvenir à remonter à la surface. Jack s'appliquait à m'encourager à participer à des activités. Seulement je ne voulais pas faire semblant. L'envie n'y était plus.
« Non. Tu n'as qu'à le faire avec les autres. » Je grogne.
Jack devait continuer à vivre et surtout ne pas plonger avec moi. C'est dans les moments difficiles qu'on se rendait compte de l'identité de nos vrais amis. Je n'avais jamais douté du serpent, malgré mes sauts d'humeurs il restait. J'étais odieux avec lui et pourtant il continuait d'être là. Aucun intérêt scolaire comme tous les autres, juste de l'amitié.
« On verra après les vacances. » Chuchote Jack.
La fin du cours fut un véritable calvaire. Les minutes se sont étalées sur plusieurs heures. Ce fut interminable. À chaque début de journée je ne pensais qu'à rejoindre mon dortoir en espérant que le lendemain tout irait mieux. C'est l'heure du déjeuner, en général j'évitais les repas. Tous ces regards de pitiés me répugnaient. Cependant, Jack était parvenu à me convaincre de venir avaler un morceau. Je crois que mon ami commençait également à s'inquiéter de mon aspect physique. Chaque jour, il me ramenait à manger craignant que je me laisse mourir de faim.
Au moment de franchir les portes de la grande salle, Bruce et Drago se précipitent vers moi. Ils sont complètement excités.
« Coba ! Il y a un colis pour toi. » Commence Drago.
« Je te jure que ce n'est pas moi qui l'ai ouvert. » Prévient Lestrange.
« Il avait une forme plutôt équivoque, du coup… » Poursuit le blond.
« C'est Bran qui l'a ouvert pour jeter un coup d'œil ! » Balance Bruce.
J'essaie de faire abstraction de leurs jérémiades. Ils venaient de toucher à mes affaires sans ma permission. Cette hypothèse m'énerve encore plus. Je n'ouvrais pas leur courrier à ce que je sache ! Pourquoi tout le monde s'appliquait à se mêler de mes affaires ? J'envoie un regard assassin à mes camarades avant de me diriger vers la table des Serpentard. Bran Lestrange tente de cacher l'ouverture du colis en repositionnant des morceaux de papiers Craft à la manière d'un puzzle. Cette vision me révolte.
« Dégage. » Je siffle en l'écartant.
Il ne proteste pas, mais tout le monde se regroupe autour de moi pour vérifier le contenu du paquet. Même des élèves des autres maisons sont venus assister à l'ouverture. Le colis est long, je scrute les contours à la recherche d'une carte afin de connaître l'identité de l'expéditeur. Les cadeaux de mes grands-parents et de ma mère se trouvaient encore au pied de mon lit dans leurs emballages.
« C'est ça que tu cherches ? » Me demande Bran.
Il tient une enveloppe du bout des doigts. Sans connaître le contenu, je reconnais immédiatement l'écriture fine et appliquée de mon père. J'arrache mon courrier des mains de Bran. Sans précaution je déchire l'enveloppe pour lire la carte.
Joyeux anniversaire, champion.
Tom.
Le parchemin fini rapidement en boule dans une de mes poches. C'était plutôt rare que mon père s'embête à me choisir personnellement un cadeau. En général, cette besogne était à la charge de ma mère. Avec précaution, j'écarte les morceaux de papiers qui recouvrent mon présent. J'ai du mal à cacher ma surprise lorsque je découvre l'objet. Un balai de course. Et pas n'importe lequel, un Éclair de Flamme, le digne successeur de l'Eclair de Feu. Je comprends mieux l'engouement des personnes qui m'entourent. Ce cadeau me ramène brutalement dans ma spiral. Je ne faisais plus partie de l'équipe de Quidditch. Mes nombreuses absences lors des entraînements avaient fini par causer mon renvois.
En essayant de me satisfaire, mon père venait de raviver ma hargne. Non, il n'avait pas voulu me faire plaisir, s'il s'intéressait un tant soit peu à moi il se serait vite rendu compte de l'inutilité de son cadeau ! Lui qui était soit disant au courant de tout prouvait le contraire. Je m'acharne inutilement à lui trouver une raison, peu importe le cadeau, je l'aurais détesté.
« On va l'essayer !? » Me supplie Jack.
Son regard envieux se délecte sur les courbes du balai. J'étais le premier du collège à obtenir ce modèle. Les étudiants avaient été parcourus des mêmes excitations lorsque Harry Potter avait ramené son Éclair de Feu la première fois. Je reste bloqué devant mon présent, ne sachant pas comment réagir.
« C'est bête d'avoir un tel balai et de ne pas faire partie d'une équipe de Quidditch. »
Piqué au vif, je toise mon assaillant. Gauïs Black, comme tous les autres curieux, était venu admirer le bolide. Ce connard, n'en loupait pas une pour me dénigrer.
« Ce qui est bête, c'est que même avec un balai pareil Black, tu n'arriverais pas à être sélectionné dans une équipe. » Je lui crache avec méchanceté.
« Et bien, maintenant on est au moins deux dans le même cas… » Il rétorque du tac au tac.
Son sous-entendu est limpide. Je ne serai plus capable de réintégrer mon équipe de Quidditch. Cet affront me révolte. Je m'apprête à l'insulter, mais une personne me devance.
« On n'a pas besoin de jouer au Quidditch pour faire du balai. » Intervient Grace.
Son intervention n'était pas étrange, depuis notre réconciliation la jeune fille intervenait dans quelques échanges. Grace prenait régulièrement ma défense au plus grand daim de son petit ami. La Gryffon avait également plusieurs fois griffonner des réponses sur mes devoirs lorsqu'elle m'apercevait seul dans un coin de la bibliothèque. Sans un mot, aucun échange. Elle s'exécutait sans me demander mon avis, puis elle retournait à ses occupations. Un comportement surprenant. Étrangement je ne le rejetais pas.
On s'échange un regard sans rien ajouter. Je pouvais aisément profiter de cette situation pour enquiquiner mon ennemi, mais le cœur n'y était plus. Faire semblant ne m'intéressais plus…
« C'est la table des Serpentards, Black. Alors, retourne t'occuper de tes affaires au lieu de venir baver sur l'Eclair de Flames. » Appuis Jack.
La tension monte et le Gryffondor préfère battre en retrait. Il s'éloigne afin de regagner sa grande table. Ces événements me laissent pensif. Cette effervescence autour de moi commence à m'oppresser. Entre le Mangenmagot et ce balai, les chuchotements ne s'estompent pas.
Désireux de m'éloigner, j'attrape mon présent, puis je me presse de quitter la grande salle. Je dévale l'escalier à toute vitesse, avide de rejoindre les cachots. Comme si la journée, n'était pas suffisamment pénible, je croise Isida avec sa bande. Je prends sur moi en prenant soin de ne pas croiser son regard. Seulement, Isida attrape mon avant bras pour engager la conversation.
« Qu'est-ce que tu fais ? » Je demande d'un ton glacial.
Mes yeux fulminent vers sa main posée sur moi. Face à mon hostilité, la jeune fille me relâche vivement.
« Coba, tu ne crois pas que l'on devrait parler ? » Insiste Isida.
« Tu veux parler, Isida ? Maintenant ? Tu ne crois pas que c'est un peu tard pour engager la conversation ! » Je m'énerve.
Elle devrait partir. Je suis tellement en colère contre elle que je serais capable de lui faire du mal. Cette fille m'avait menti ! Elle m'avait utilisé pour combler un attachement fictif. Aveuglé par ce semblant de complicité, je m'étais puérilement bercé dans ses mots doux. Je ne ressentais plus aucune tristesse désormais, seul la haine habitait mes pensées.
« Laisse tomber Is, tu es bien trop gentil, il n'en vaut pas la peine. » Explique une voix criarde.
« La ferme, Nott. Je vous rejoins. » Réplique Isida.
Mucilber Nott… Il avait réussi, vraisemblablement le garçon refaisait partie du cercle d'ami d'Isida. Cette conclusion ne me révolte même pas. Finalement, cette relation venait réellement de quitter mes sentiments.
« Tu vas bien, Coba ? » S'inquiète Isida.
« A ton avis ? J'ai l'air d'aller bien ?! » Je crache.
Une vague de pitié s'anime dans son regard bleu marine. Cette vision me répugne avec violence.
« Garde ta pitié, je n'en veux pas. » Je continue.
« Si j'avais su que… Coba je n'ai jamais voulu… » Elle commence.
« Tout ne tourne pas autour de toi, Isida. J'ai des problèmes bien plus importants que ta petite personne. »
Ma méchanceté finit par gagner. La jeune fille s'éloigne de moi. Elle déglutie difficilement avant de se reprendre.
« Je voulais simplement prendre des nouvelles. » Se défend la brune.
« Et moi, je souhaite simplement que tu ne m'adresses plus jamais la parole. » Je rétorque.
« Coba… Tu es en colère, tu ne penses pas ce que tu dis. »
« Bien au contraire, Isida. Je pense exactement ce que je dis. J'ai déjà perdu neuf mois de ma vie par ta faute, hors de question de perdre une minute de plus. »
« Finalement, tu mérites sûrement ce qui t'arrive, Coba. La méchanceté ça n'a jamais aidé personne à aller mieux. »
Elle devait partir, je suis à crans. Ma baguette magique me démange. Tous ces jours bercés d'illusions ! Elle avait le culot de venir me demander comment j'allais ?! Je me détestais de m'être fait avoir. Elle ne méritait pas une quelconque gentillesse ! Ses paroles ne servaient qu'à la rassurer…
« Ah oui ? Pourquoi, ta gentillesse t'aide à te rendre moins coupable ? » Je me moque.
Isida bouge sa tête négativement, offusquée par mes mots blessants. Qu'elle garde ses excuses pour d'autres. Sans demander son reste, Isida s'éloigne pour rejoindre ses amis. Elle me connaissait et malgré ce fait, elle s'était risquée à me confronter. Isida devait bien se douter que mon accueil serait froid. Je ne regrette pas mes paroles. Il était plus facile d'éloigner une partie de mes maux de cette façon. L'idée que l'on reste ami demeurait inconcevable pour moi.
Furieux, je rejoins mon dortoir. Mon balai finit entassé sous mon lit avec les autres cadeaux. En cet instant je rêvais d'aller m'isoler dans la chambre des secrets, cependant même cette ascendance commençait à me peser. Idolâtrer un homme qui m'aurait répugné n'avait aucun sens. Cette fierté ne m'appartenait pas. A quoi bon être fourchelang si personne ne doit le savoir ? Depuis mon enfance mon père me réduisait au silence sur le sujet. Pourtant, je rêvais de me confier à quelqu'un, autre qu'un parent. Les adultes ne se préoccupaient pas des conséquences sur ma vie sociale. Comment développer une relation de confiance si je devais sans arrêt m'arrêter à la limite ? J'avais besoin d'échanger à propos de mes secrets et de préférence avec une personne de mon âge qui puisse me comprendre.
La solitude me pesait. Depuis gamin je ne comprenais pas ma différence avec les autres. Pourquoi mes grands-parents avaient ignorés mon existence jusqu'à mes quatres ans ? Pourquoi ma seule amie avait été Nagini jusqu'à mon entrée à Poudlard ? Pourquoi je ne pouvais pas fréquenter qui je souhaitais ? Pourquoi mon père était si dur avec moi ? Tant de questions et si peu de réponses. Conditionné dans ce fonctionnement, mon éducation déterminait le garçon que j'étais devenu. Élevé dans la méfiance, j'appliquais des principes incompris. L'avis de mon père ne devait pas influencer mes choix. Pourtant, à chaque décision je ne parvenais pas à me détacher de son opinion et ce malgré sa méchanceté. Non, tous ces chemins bien tracés s'achevaient. Cette élection au Mangenmagot prouvait que j'avais cessé de lui obéir aveuglément…
Exténué je ferme les paupières. Demain serait une rude journée, je serais confronté à mes derniers choix…
