Bonjour,

Voici un nouveau chapitre. Peu de commentaires au dernier chapitre. J'espère obtenir plus d'avis avec celui-ci. Prenez quelques minutes, ça me fait plaisir. Posez vos questions ou simplement donnez vos impressions et vos conseils.

À bientôt.

« On doit aller le réveiller ? » Demande Glass avec inquiétude.

Tom soupire bruyamment. Hier, Glass lui avait apporté le bulletin scolaire du gamin avec préoccupation. Le ténébreux s'était d'abord étonné de cette attitude avant de comprendre. D'habitude, il n'intervenait jamais sur ce sujet. Glass s'occupait régulièrement de ces petits désagréments. Seulement, cette fois-ci la tâche se révélait plus complexe. La situation s'avéra catastrophique. Il ne s'agissait pas d'une baisse dans une ou deux matières, non cette histoire était bien plus sérieuse. Des devoirs non rendu par vingtaine et des absences répétitives injustifiées englobaient les appréciations des professeurs. Et tout cela, sans parler des notes…

Furieux et ses réprimandes bien en place, Tom était donc allé chercher Coba au Poudlard Express. Hors de question que son enfant passe pour un cancre aux yeux de tous. Déterminé à sermonner son fils, Tom s'était rendu à la gare King Kross cette après-midi. Seulement en apercevant Coba descendre du train, le père avait vite compris que quelque chose clochait. Ses reproches s'étaient vite évaporées dans sa gorge face à la mine blafarde du gamin. Sa tenue négligée ne réconforta pas ses inquiétudes. Qu'est-ce qui avait bien pu lui arriver ? L'allure fragile du gosse empêcha Tom de tenter quoique ce soit. Le trajet jusqu'à chez eux s'était déroulé dans un silence pesant. Aucune salutation, ni aucune parole ne furent échangées. Tom ne savait pas quoi faire. Depuis son retour, Coba s'enfermait dans sa chambre et passait le plus clair de son temps à dormir.

« Je ne sais pas, Glass. Je l'ai déjà appelé, il ne veut pas venir. » Grogne Tom avec lassitude.

Soit le gosse l'ignorait, ou bien il dormait vraiment. Le résultat restait le même. Coba évitait ses parents. Il était rentré depuis sept heures déjà et sa mère l'avait aperçu à peine cinq petites minutes. De quoi la rendre hystérique

« Tu ne crois pas que l'on devrait appeler un médicomage ? Tu as vu comment il est… On dirait qu'il ne va pas bien. » Insiste Glass.

Tom ne répond pas. Le gamin n'avait pas l'air malade au sens explicite du terme. Certes une sous-alimentation se dissocier clairement, mais son mal venait d'ailleurs. L'homme observait toujours son environnement avant d'agir. Aussi, Tom avait vite capté l'alerte de Jack lorsque celui-ci était venu le saluer sur le quais de la gare. Son ami souhaitait partager quelques mots avec lui, néanmoins Coba avait vite accéléré le pas afin d'éviter cet échange. Peut-être que Tom aurait dû partager une conversation avec l'ami du gamin…

« Il a l'air… triste, Glass. Je ne pense pas que ce soit une maladie qui se soigne. »

Même si Tom se confrontait rarement à ce sentiment, il savait le reconnaître. Cette émotion le dérangeait. Il peinait à réconforter Glass dans ces moments-là, alors avec son fils l'objectif se compliquait. Son épouse se révélait bien plus efficace pour réconforter leur enfant.

« Triste ? Mais que s'est-il passé ? » Insiste Glass.

« Tu sais très bien que je n'aime pas ça… » Rumine Tom en serrant les dents.

Remonter le moral, ce n'était pas son truc. Ce type de sentiment le rendait mal à l'aise. Glass devrait s'en occuper toute seule. Point final.

« J'ai compris, Tom. » Reproche la jeune femme en s'éloignant.

Quelques minutes plus tard, Coba fait son apparition dans le salon en compagnie de sa mère. Tom s'étonne de l'efficacité de Glass. Pourtant, il savait que sa compagne trouvait toujours les mots juste dans ces situations.

Une odeur de fraîcheur se distingue lorsque le gamin s'assoie dans un fauteuil en face de lui. Bien, au moins il ne se laissait pas complètement morfondre, il continuait à prendre des douches. Tom essaye de capter son regard, mais Coba s'applique à l'éviter. Glass s'installe à côté de lui, une bouteille et plusieurs verres à la main. Surpris l'homme appui une expression interrogative. Un événement à célébrer ?

« Nous allons trinquer à la sélection de Coba au Mangenmagot. » Explique sévèrement Glass.

Dans l'énervement, un sifflement s'échappe de ses lèvres. Glass savait parfaitement que Tom n'appréciait pas cette dernière. Néanmoins, elle se plaisait à continuer de jouer dangereusement avec ses nerfs. Sa femme avait essayé de le convaincre qu'il s'agissait d'une bonne chose pour Coba, mais Tom n'en croyait pas un mot. Quelque chose se cachait sous cette nomination, Glass était bien trop naïve pour s'en rendre compte. Alors, malgré les réprimandes de Glass envers Tom sur le sujet, l'homme n'abandonnait pas son point de vue. Coba se moquait de lui.

« Parfait… » Susurre Tom en tendant une coupe à son fils.

Silencieux, le gamin avance une main fine afin d'attraper le verre. Mais Tom reste cramponné à la coupe pour inciter Coba à le regarder. Son geste fini par payer. Le garçon lève ses yeux gris prêt à affronter son père.

« Félicitations mon fils. Un petit discours pour nous expliquer ce revirement de situation. » Susurre le sorcier.

« Tom ça suffit. » Prévient Glass.

« Quoi ? Tu ne veux pas connaître les raisons, Glass. J'aimerais savoir pour quoi exactement je dois féliciter Coba. »

Sa colère s'accentue. Sa compagne s'évertuait à trouver des excuses à son mioche. Tom voulait ouvrir les yeux de Glass afin de lui faire prendre conscience de la fourberie de Coba.

« Pour t'emmerder mon père. » Répond alors l'adolescent avec mépris.

Le verre explose entre leurs deux mains. Tom ne contrôle plus sa rage, cette destruction est un avertissement. Cependant, le gamin ne lâche pas son air arrogant. Il continue de l'affronter avec virulence. L'attaque dissimulée finit par sortir Tom de ses gons. Cet irrespect ne passerait pas, certainement pas avec lui. Le sorcier se lève dramatiquement, sa silhouette projette une ombre inquiétante sur le gamin. Coba ne flanche pas, il continue de le toiser avec violence. Jamais il ne lui avait parlé sur ce ton !

« Tom ! Qu'est-ce que je t'ai demandé. » Riposte Glass.

« Tu plaisantes j'espère ? Tu ne crois quand même pas que je vais me laisser insulter sans réagir. » Prévient l'homme d'un ton glacial.

Il se maîtrise afin de ne pas réduire en cendre ce misérable insolent. Ce comportement est inacceptable. Peu importe ses problèmes, Coba devait le respecter.

« Il ne pensait pas ce qu'il vient de dire. » Défend Glass.

Sa main posée sur son torse retient fermement Tom à l'écart. Pour le détourner, Glass s'interpose devant sa cible. Sa magie crépite, les arguments de sa mère ne le sauverait pas.

« Si, je le pense parfaitement. » Contredit le gosse.

Son sang se glace. Sa magie s'échappe et Glass est vivement éloigné de son chemin. Les mains de Tom se resserre en étau sur le col du polo de son fils. Il ne se contrôle plus. Toutes les provocations de Coba lui reviennent en pleine face. Le Mangenmagot n'était qu'une partie infime de l'affront. Cet imbécile se payait sa tête sans aucun remords. Sa gorge s'embrase, un goût de sang envenime sa bouche : L'envie de meurtre. Ses bras relèvent sa progéniture pour l'obliger à lui faire face. Les pieds de Coba ne touchent plus le sol, le visage de Tom se rapproche dangereusement de sa proie, prêt à attaquer.

« Pardon ? » Siffle Tom en fourchelang.

« Tom arrête ! »

Glass tente d'éloigner le père de sa prise. Elle connaissait parfaitement les excès de colère de son mari. Le sorcier prend conscience de son hostilité. L'image est saisissante, lui empoignant rageusement son fils contre le mur du salon. Cependant, il refuse de lâcher prise. Les plaintes de Glass s'évanouissent au loin. Les yeux gris du gosse deviennent bordeaux et campent leurs positions. Coba continue de le fixer avec rage malgré la menace de son père. Une vérité dérangeante se concrétise alors... Son fils n'avait plus peur de lui désormais.

« Coba excuse toi, par pitié ! Lâche-le Tom, ne m'oblige pas à…"

Glass ne finit pas sa phrase. D'un coup de menton, Tom venait de diriger sa magie afin de désarmer son épouse. Sa baguette magique est projetée de l'autre côté de la pièce. Dans ses moments de rages, son bâton d'ébène devenait inutile…

« Qu'est-ce que tu attends ? Vas-y ! » Attaque le gamin en agrippant la cravate de son père.

Tom pouvait le tuer. Aisément sans aucun effort. Mais ces mains accrochées à sa cravate l'alertent. Le gosse cherchait cette provocation. Il venait même de le pousser à la correction. Son but est simple. Pousser Tom à bout afin de le retrancher dans un excès de colère incontrôlable. Le gosse voulait être brutalisé.

Cette prise de conscience ramène Tom Jedusor à la réalité. Les joues de Coba sont creuses, ses mains squelettiques. Des poches bleues témoignent plusieurs insomnies répétitives. Le gamin avait besoin d'aide.

« Et tu sais quoi ? Je trouve que le violet me va beaucoup mieux que le vert ! » Crache Coba avec hargne.

Tom avait raison. Son fils le provoquait volontairement. Insulter Salazar devant lui était une des pires choses dont Coba était capable. Les doigts de Tom relâchent leur prise. Le gamin trébuche mais se retient à la chemise de son père pour ne pas tomber au sol. Le sorcier ne repousse pas ce geste. Ce portrait en face de lui le désole. La colère est partie, ses yeux inquisiteurs dévisagent son agresseur. Coba peine à se redresser. Son corps tremble, épuisé par l'altercation. Sa dernière phrase venait de blesser Tom, mais il n'en laisse rien paraître.

Aujourd'hui, le sorcier serait obligé d'assumer son rôle de père en laissant sa fierté de côté. Se rabaisser encore et toujours pour ce petit merdeux.

« Prends ta veste. On sort. » Ordonne Tom.

« Tom. S'il te plaît. Sois plus intelligent. » Supplie Glass.

La jeune femme craignait pour son fils. Tom comprenait ses inquiétudes. Plus que jamais, Coba venait d'échapper de peu à un assassina. Cependant, l'homme était calme à présent.

« On a besoin de discuter, Glass. Tous les deux. » Il insiste.

Il conforte la mère d'un regard rassurant. Une promesse silencieuse. Coba ne risquait plus rien, Tom ne jouerait pas son jeu stupide.

« Je n'ai pas besoin de discuter avec toi… » Proteste le gosse en commençant à s'éloigner.

Tom attrape vivement son bras pour l'obliger à le suivre. Il récupère la veste du môme sur le porte manteau puis il l'entraîne sur le palier. Coba proteste de manière pas très loquace.

« Ce n'est pas une proposition. » Termine Tom.

Avec difficultés, Tom parvînt à traîner Coba vers l'extérieur. Buté, le gamin s'acharna à ralentir leurs progressions. Mais le sorcier n'avait pas abandonné. Lorsqu'il commença à porter Coba afin de l'obliger à le suivre, le gosse avait vite fini par capituler. Il lui restait au moins un semblant de dignité pour ne pas s'abaisser à une telle humiliation.

Père et fils se font face dans un bar miteux de l'allée des embrumes. L'endroit est sombre et insalubre, mais au moins la discrétion est présente. Aucun regard curieux ne viendrait les déranger. Des sorciers encapuchonnés s'appliquent à disputer des jeux de cartes douteux. Des disputes éclatent dans les quatre coins de la pièce. Leur conversation passerait inaperçue dans ce brouhaha. Tom dispose une bièreaubeurre devant Coba, un whisky pur feu repose dans sa propre main. Le gamin ne débuterait pas cet échange, la corvée serait à sa charge. Tom commence.

« Qu'est-ce que Jack voulait me dire tout à l'heure ? »

Autant commencer doucement. Tom avait peur du sujet. Il avait remarqué autre chose sur les quais de la gare. Or, il savait que le thème lui serait très pénible. Pour se donner du courage, Tom apporte son verre à ses lèvres. Seulement, la main de Coba interrompt son geste. Le môme s'empare de la boisson avant de vider son contenu d'un trait. Tom fait abstraction de son agacement. Il n'appréciait pas qu'on lui dérobe ses affaires. Sans ajouter une remarque, il se rabat alors sur la chope qui ne semble pas être assez fort au goût de Coba. Finalement, heureusement que Glass n'était pas là. Voir son fils ingurgiter un alcool corsé sans broncher l'aurait révulsé.

« Qu'est-ce que ça peut te faire… » Grogne Coba.

Ses yeux sont fixés sur son verre vide. Le garçon prend soin de ne pas croiser le regard féroce de son père. Tom soupire, blasé de s'abaisser à un sujet aussi puéril.

« C'est une fille qui te met dans cet état. » Devine Tom.

L'absence de la petite Black n'était pas passé inaperçu. Tom retrouvait régulièrement son gamin avec la jeune fille lorsqu'il l'accompagnait au collège. Néanmoins, cette fois-ci Coba n'avait même pas accordé une petite attention à Isida.

« Ça n'a rien à voir avec elle. » Riposte Coba.

Le môme est énervé. Trop fier pour l'admettre, il préfère laisser ses sentiments de côté.

« Un autre, s'il vous plaît. » Commande le garçon à la serveuse qui venait de passer près d'eux.

« Coba… » Prévient Tom entre ses dents.

Il n'avait pas l'intention de laisser son fils se soûler sans intervenir. Lorsque le verre arrive, Coba recommence à vider son verre. Tom décide d'intervenir.

« Encore un autr… »

« Ça suffit ! » Coupe le père en réglant la note.

La serveuse s'éloigne face au regard insistant de Tom. Son gosse ne ferait pas n'importe quoi sous sa responsabilité.

« Je croyais que tu voulais qu'on discute ! » Rouspète Coba.

Son regard est toujours braqué sur son verre.

« Discuter, Coba ! Avec des idées claires de préférence. » Sermonne Tom.

« Comment tu veux que je discute avec toi ? J'arrive même plus à te regarder en face ! » Crache Coba d'une voix brisée.

Cette détresse alerte le père. Il ne se souvenait pas d'un quelconque désaccord avec son fils dernièrement. Leur entente était cordiale avant que Coba reprenne l'école. Ce regard fuyant est pourtant significatif. Tom le répugnait.

« Tu n'as pourtant eu aucun mal à me regarder pour m'insulter tout à l'heure. » Remarque amèrement l'homme.

Il avale une gorgée de sa bière. Il se retient de secouer cet idiot pour obtenir des informations. Tom n'en pouvait plus de tous ces conflits avec son môme. Il essayait de transmettre son attachement en réalisant des projets avec lui, mais tout se soldait par des échecs. Tom n'avait rien fait qui puisse justifier un tel comportement d'autodestruction. Au contraire, plus il s'attachait à son parasite, plus ce dernier le rejetait.

« Parce que… Je suis tellement en colère contre toi. Les insultes c'est tout ce qu'il me reste. » Déplore le garçon.

L'enfant relève enfin les yeux vers lui. Ils sont rougies, une tristesse indescriptible consume leurs éclats. Ce gris, d'habitude si beau brillaient de manière terne.

« Je n'ai aucune idée de ce que tu me reproches, Coba. »

« Tout. Je te reproche absolument tout ! » S'écrie le garçon.

Son poing venait de s'abattre sur la table avec hargne. Tom ne flanche pas et patiente. Il savait que des aveux s'apprêtaient à être dévoilés. Si les malheurs du gamin s'atténuaient en le rendant responsable, Tom était capable d'encaisser sans broncher.

« Tu agis toujours dans ton propre intérêt ! Sans penser aux conséquences. » Commence Coba.

« Bien, je suis égoïste. Au faite, à quel sujet ? » S'agace le père.

Remettre la faute sur son père aidait Coba à s'exprimer. Tom allait jouer le jeu, mais il n'appréciait pas que son fils le traite d'égoïste. Surtout qu'il s'appliquait toujours à faire passer Glass et son rejeton avant lui. Ce reproche n'était pas crédible.

« À quel sujet ? Par où commencer. Suliman par exemple. » Annonce le gosse.

Tom arque un sourcil. Il ne comprend pas. Qu'est-ce que cet homme venait faire dans la conversation ? Il tente de sonder les pensées de son môme, mais Coba ne lui en laisse pas l'occasion. Impatient, le sorcier poursuit.

« Suliman ? De quoi tu parles ! S'il s'agit d'un stratagème pour me provoquer tu t'aventures sur une route dangereuse… » Prévient Tom.

« Suliman Bequir… Mon nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal. » Présente narquoisement Coba.

Les intestins de Tom se contractent. Ce type professeur ? Le reproche de Coba devient alors constructif. Les yeux de sorcier s'embrasent. À l'évidence cette ordure se vengeait sur son fils.

« Pourquoi tu ne m'as rien dit. » S'énerve le sorcier.

« Pourquoi faire exactement ? Que tu continues de le menacer et que mes cours avec lui deviennent encore plus difficiles à supporter !? »

Les agissements passés de Tom se répercutaient sur la vie de son garçon. L'homme acceptait sa part de responsabilité, mais le gosse oubliait qu'il n'était pas innocent dans cette histoire.

« Es-tu certain que ton professeur te mène la vie dure par ma faute, Coba ? Car si je me souviens bien tu n'as pas été très tendre avec lui lorsque tu l'as rencontré au ministère. » Cingle l'homme.

Coba reste silencieux, sachant qu'une part de vérité s'appliquait dans les paroles de Tom.

« Tu gâches toujours tout… » Marmonne le gamin pour lui-même.

« Qu'est-ce que j'ai gâché exactement ? Tu m'accuses sans connaître tes fondements ! » S'emporte le père.

« Tu l'as menacé ! Devant moi en plus. Tu crois que ça porte en ma faveur ! » Accuse Coba.

Tom prend une grande inspiration pour se canaliser. Il ne voulait absolument pas parler de Suliman avec son fils.

« Les rares fois ou j'ai menacé cet homme furent pour protéger ta mère, Coba. Mais je t'invite à interroger Glass sur le sujet. Contrairement à ce que tu penses, Suliman ne te déteste pas uniquement à cause de moi. »

Ras-le-bol de passer pour le seul fautif. Glass devrait assumer ses actes et expliquer à son fils pourquoi son professeur le détestait autant.

« Ça ne change rien. C'est à cause de ce mec que tout a commencé ! » Proteste le gosse, campé sur ses positions.

« Qu'est-ce que tu inventes encore ? À cause de moi, ton professeur te déteste et par conséquent quoi ? Tu largues ta copine dans un excès de colère ?! » S'emporte Tom.

Il n'en pouvait plus. Coba le rendait responsable de tous ses actes sans reconnaître ses tors. Sa logique était grotesque. Tom peinait à croire qu'un adolescent de 16 ans se tenait en face de lui. Pourtant, le père garde ses préjugés pour lui lorsqu'il aperçoit une larme strier la joue de son fils. Coba l'essuie rapidement d'un revers de manche. Apparement le sujet petite amie ne le laissait pas indifférent comme il avait pu le prétendre au début de cette conversation.

« Tu inverses les rôles… » Remarque le garçon.

Renfrogné, le gosse resserre ses bras contre sa poitrine. Bien, Coba ne voulait pas aborder le sujet. Tant mieux Tom ne serait pas de bons conseils. Il n'arrivait pas à comprendre. C'était sa première copine, il ne pensait tout de même pas finir sa vie avec elle ? Cette idée était tellement ridicule. Sa copine avait décidé de mettre un terme à leur relation, pas de quoi se morfondre ! Coba devait passer à autre chose.

« Tu as que 16 ans, Coba. Tu vas rencontrer d'autres des filles. » S'exaspère Tom.

Le père avait toujours pensé que Coba deviendrait un bourreau des cœurs comme lui. Finalement le gamin s'attachait sincèrement. Ses sentiments n'avaient pas fini d'être manipulés…

« Ça n'a rien à voir… Je n'ai pas envie de parler de ça. » Il clôt le sujet.

Tom termine sa chope de bièreaubeurre. Il s'adosse contre son siège avec fatigue. Il savait que tous les sujets qui fâchent n'avaient pas été dévoilés. Une longue soirée s'annonçait. Coba profite de ce silence pour se lever. Lorsqu'il commence à s'éloigner sans prévenir, Tom intervient.

« Où tu vas ? »

« Prendre l'air. » Déclare précipitamment Coba.

Alors, au pas de course le gamin détale vers l'extérieur. Surpris par cette attitude, Tom le rejoint rapidement pour ne pas le perdre de vu. Néanmoins, le sorcier s'exaspère en découvrant son fils en train de vomir derrière un tonneau. Sa mâchoire se contracte férocement. Et ça se disait suffisamment grand pour boire des boissons d'adultes…

/(I)

Ma tête commençait à tanguer dangereusement dans la chaleur pesante du bar. La brise fraîche des températures de novembre me fait du bien. Je sens le regard de reproche de mon géniteur tandis que je vide mes derniers reflux d'alcool. Le whisky m'avait toujours rendu malade. Des perles de sueurs s'écoulent le long de ma nuque. Ma vision est nette, mais les effets de l'alcool continuent d'apaiser les maux qui me torturaient depuis des semaines.

« C'est bon ? Tu veux que l'on aille prendre un troisième verre ? » Saque Tom.

Je sais qu'il se moque ouvertement de ma faiblesse. Il souhaitait me confronter à mon ridicule. Je ne réponds pas à la provocation et je me presse d'avaler une sucrerie pour faire passer ce goût affreux de ma bouche.

« Finalement, ta mère va être ravie. On l'aura célébré cette sélection au Mangenmagot. » S'exaspère mon père.

Ma colère s'embrase. Il allait payer pour sa trahison. Toute mon amertume se déploie avec violence. Puis, sans m'en rendre compte je fais volte face, baguette pointée sur la gorge de mon géniteur. Je fulmine, ces moqueries je ne les acceptais plus désormais. Ma tolérance s'estompait au fil des années et davantage ce soir.

« Baisse cette baguette, immédiatement. » Siffle l'homme en fourchelang.

Ses yeux flamboyants ne m'impressionnent pas. Ses pupilles se dilatent en deux fentes bien distinctes. Il est furieux. Je n'ai qu'un seul geste à faire pour prendre le dessus. Il n'est pas armé. Une seule formule et il ne me dénigrerait plus jamais de la sorte. Moi son égale ? Des mensonges encore et toujours ! Il s'appliquait à avoir sans arrêt le dessus sur moi. Je le déteste autant que je me détestais de m'être fait embobiner par ses belles paroles.

Absorber par mes désirs et ma rancœur, je ne préviens pas le geste de l'homme. Ses mains me poussent sèchement en arrière. Sous le coup, je titube avant de reprendre mon équilibre. Au moment de réarmer, je constate que mon père venait également de sortir sa propre baguette.

« Tu veux m'affronter, Coba ? » Menace le sorcier.

Je ne supporte plus sa nonchalance, absolument tout chez cet homme me répugne désormais. Il ne m'impressionnait plus avec ses paroles glaciales dénouées de sentiments. Furieusement, je lui envoie un maléfice de cisaillement que Drago m'avait confié auparavant.

« Sectusempra ! »

Je vise juste, cependant mon père parvient à déjouer mon maléfice sans aucun effort. Mon sort est détourné et fini en fracas dans l'établi d'un commerçant. Des nombreux sorciers assistent à la scène, pourtant, personne n'intervient. L'allée des embrumes se définissait par une réputation lugubre. Aucune brigade ne patrouillaient dans ces rues. J'étais seul face à ma besogne.

« Tu n'es qu'un menteur ! Tes beaux discours sur la confiance sont pathétiques ! JE TE HAIS ! » Je hurle à pleins poumons.

Je continue de lancer des maléfices à tue tête, Tom Jedusor les contourne sans effort apparent. Il prédit la moindre de mes actions. Lasse de mon piètre duel, il finit par m'atteindre. Un jet orange fauche mes jambes et mon dos s'écrase contre une flaque de boue. Ma baguette s'échappe de ma main puis termine sa course dans la poche de mon père.

Dans un pop familier une lettre arrive à la hauteur de mon père. Le ministère. À l'inverse du chemin de Traverse, l'allée des embrumes regroupait très peu de sorcier mineurs. La trace était donc facilement détectable. Étonnement au lieu de me reprocher l'usage de la magie, mon père enflamme le parchemin sans prendre la peine de le lire.

Puis, le sorcier s'avance vers moi, sa hauteur me domine. Mes derniers mots ne lui plaisent pas. Aussi il s'accroupit pour me toiser avec asservissement.

« Qui de nous deux à l'air pathétique en ce moment, Coba ! » Il aboie.

Je sais qu'il a raison. Mes vêtements sont trempés et couverts de boue. Il vient de m'humilier sans difficulté. Ma motivation amoindrissait mon efficacité. La conviction n'y était pas. Comment avait-il pu me dénigrer ainsi et me rendre autant vulnérable. C'était l'homme qui me rendait fière et finalement il s'était lâchement servi de moi.

« Tu étais la personne en qui j'avais le plus confiance… Et toi ! Tu m'as manipulé et trahis sans aucun remords. » Je confie abattu.

Mon père me redresse sur mes jambes. Je suis misérable, mes larmes s'échappent sans que je puisse les retenir. L'homme attrape mes épaules afin de m'obliger à le confronter. Les yeux rouges ont disparus. Il me sonde avec sévérité, toujours enragé contre ma précédente attaque.

« Pourquoi je n'ai plus ta confiance, Coba ? Je ne t'ai jamais manipulé ou je ne sais quoi d'autre ! Qu'est-ce que tu as bien pu t'inventer encore !? » Gronde Tom.

« Ah oui ? Vraiment ? Elle est où la prophétie, papa »

Mon père relâche mes épaules. Il semble comprendre quelque chose. Et cette perspective le révolte avec virulence. Un poids s'échappe de ma poitrine. Depuis le temps que je souhaitais le confronter à sa trahison. Quelles excuses allait-il bien encore pouvoir me servir ?

« Tu es retourné voir Dumbeldore alors que je te l'avais formellement interdit ? » Il comprend.

« Tu peux bien me retourner le cerveau pour que je le déteste, lui ne ment pas au moins ! » Je riposte.

« Il ne te ment pas ? TU VIENS JUSTE DE ME PROUVER LE CONTRAIRE ! » Vocifère Tom.

Je recule face à cette nouvelle hostilité. Étonnement le sujet Dumbeldore le révulsait plus que toutes les autres provocations. Aussi, un détail m'échappe. Hors de contrôle, Tom pulvérise un tonneau de vin d'un mouvement de baguette, un liquide rouge s'écoule dans le caniveau.

« QUI MANIPULE QUI EXACTEMENT, COBA ! C'est comme ça que tu es tombé dans ses bras ! Il t'a avoué m'avoir transmis la prophétie et toi, tu t'es puérilement accroché à son projet de Mangenmagot pour m'enquiquiner !?

Mes mots se perdent dans ma gorge trop sèche. Comment avait-il pu arriver à cette déduction aussi rapidement. Il n'avait même pas eu besoin d'user de la légimencie. Néanmoins, il avouait posséder la prophétie. Si ce détail n'était pas un exemple concret de trahison.

« Et quand comptais-tu partager la prophétie !? TU PRÉFÉRAIS LA GARDER POUR TOI TOUT SEUL ! » Je m'égosille.

« Tu t'es fait berner par Dumbeldore comme un vulgaire pantin. » Crache mon père avec amertume.

« Tu m'as menti. Tu connais la prophétie et tu ne me l'as jamais dit ! »

« Tu es stupide… » Il continue.

« Oui stupide de t'avoir fait confiance. » Je réplique avec dégoût.

« Coba. Je possède bien ce souvenir de prophétie. Seulement je ne l'ai jamais écouté. » Termine Tom en fourchelang.

Quoi ? Pas écouté ? Non… Ce n'est pas logique. Toutes ces semaines à le détester. À le haïr pour m'avoir trahi si lâchement. Pour quoi exactement !? Non il n'avait pas le droit de me dire ça maintenant ! J'en avais tellement bavé.

« Je… Quoi ? Comment ça… tu ne l'as jamais écouté ? »

« Je souhaitais attendre que tu sois prêt afin qu'on l'écoute tous les deux. Ensemble. » Dévoile mon père avec colère.

Je me sens terriblement ridicule tout d'un coup. J'avais rendue mon père coupable de tous mes maux, sans savoir. Quoiqu'il possédait bien cette prophétie et il ne m'en avait rien dit. C'était si compliqué de me le dire ?

« Tu aurais dû me le dire que tu possédais ce souvenir. » Je lui reproche.

« Pourquoi ? Tu m'aurais cassé la baguette pour l'écouter jusqu'à ce que je cède à ton caprice. »

« J'aurais préféré le savoir, c'est tout. » J'insiste.

« Effectivement si j'avais su que tu gâcherais un mois de ta vie à cause de ta stupide conviction je t'en aurais parlé ! » Continue durement mon père.

Honteux, je fuis son regard onyx. J'avais agi ainsi pour l'offusquer. Seulement mes actes ne me profitaient pas. Mon attitude révulsait les gens. C'était plus facile de laisser une personne s'autodétruire. En une heure à peine, mon père était parvenu à me confronter à mes choix alors que je me morfondais depuis plusieurs semaines déjà. Pas de pitié comme tous les autres, non mon père venait de m'affronter afin de me réveiller.

« C'était une accumulation… » Je me défends.

Trop de problèmes en même temps. Ça avait été plus facile d'abandonner sans se soucier des conséquences. Toutes ces responsabilités qui tombaient sur mes épaules me rendaient dingue.

« Quand on est confronté aux aléas de la vie, on n'abandonne pas lâchement. On se relève, même si c'est dur et on encaisse. » Sermonne Tom Jedusor.

Mes mains rejoignent mes poches. Je mords une de mes joues pour m'empêcher de répliquer. Puis avec plus de contenance, j'affronte son regard autoritaire. Mon père avait toujours été du genre : ravale tes larmes et lève toi. Il repoussait toute sorte faiblesse avec entrain. Malgré son éducation et ses principes, je peinais toujours à les appliquer.

« Excuse-moi d'avoir des sentiments… » Je renifle avec dédains.

« Un autre de tes reproches ? » Accuse l'homme.

Mon regard noir ne suffit pas à le détourner vers un autre sujet. Ses intentions sont sans équivoque. Après avoir encaissé mon comportement, mon père ne terminerait pas la conversation sur cette note. Sa tolérance possédait des limites.

« Je ne suis pas comme toi… »

« Tu veux en ajouter ? Continue la liste est longue derrière toutes tes insultes. » Cingle l'homme.

Contrarié, mon père commence à rebrousser chemin. Je n'arrivais pas à trouver mes mots. Exécrable comme tous ces derniers jours, ma colère venait de se décharger. Néanmoins je pensais la diriger vers la bonne personne. Non, je ne suis pas le seul fautif. La confiance se partage !

« Je pensais que tu m'avais menti… Alors que moi, je dois sans arrêt te confier la moindre cho…"

« Tu dois me confier les informations nécessaires à la survie de ta mère et toi, Coba ! » Coupe Tom.

« Alors pourquoi tu ne m'as pas donné la prophétie ! » Je proteste.

« EXACTEMENT POUR ÇA ! Tu réagis toujours de manière impulsive sans prendre la peine de chercher des réponses ! Tu n'es qu'un gamin. »

« Je ne suis pas un… »

« Bousiller son année de BUSES sous prétexte que son père lui a menti, c'est le comportement d'une personne de quel âge exactement !? » Accuse mon père.

« Je… J'étais contrarié par plusieurs choses en même temps. » Je me justifie.

« ET ALORS ? C'est une raison valable !? » Engueule l'homme.

Ma mâchoire se contracte hermétique à la moindre réponse. La culpabilité doit être visible sur mon visage car mon géniteur ne poursuit pas son sermon. Enfin c'est ce que je pensais jusqu'à ce qu'une tête familière apparaisse à côté de nous.

« Bonsoir… Petite balade nocturne à l'improviste ? »

Finéas nous juge d'un regard méfiant. Ses yeux inquisiteurs s'attardent un instant sur ma dégaine. Mon jean est recouvert de boue et ma veste est trempée. Avec automatisme je cherche ma baguette afin de remédier à cet aspect avant de me rappeler que mon père la garde dans sa poche.

Le cousin de Glass et Tom Jedusor s'échangent poliment une poignée de main. Finéas me tend alors sa main pour me saluer. Je n'aime pas cet homme, aussi un temps d'hésitation est perceptible. Puis je me ravise. Seulement mon père ne me laisse pas l'opportunité de me rattraper. Un étau autoritaire se referme sur ma nuque.

« Dépêche toi. » Fulmine Tom.

« B'soir. » Je marmonne en serrant la main de Finéas.

Humilité une fois de plus, j'éloigne le bras de l'homme. À son expression je sens que la correction n'est pas loin. Finit l'indulgence, j'avais dépassé les limites depuis bien trop longtemps.

« Un projet de dernière minute ? » Demande Tom.

« Pas vraiment. Cet abruti de Black n'arrête pas de se plaindre que le proprio de Barjow et Buck n'est jamais là. Il a dû oublier que les horaires des magasins sur l'allée des Embrumes ne sont pas les mêmes. Du coup je me charge de la corvée. » S'exaspère Finéas.

« Ce n'est toujours pas classé cette histoire ?! » Se révolte mon père.

« Non… Monsieur le directeur

La formule était une exagération intentionnelle. Une petite moquerie dissimulée, d'ailleurs mon géniteur l'averti avec menace. En temps normal, Finéas ne se gênait pas pour l'appeler par son prénom.

« Je t'accompagne. » Annonce Tom.

« Avec le mioche ? » Poursuit Finéas.

Je sens un dilemme s'enclencher. Pour le bien de tous les deux, je fais abstraction du terme dégradant que son collègue venait d'utiliser. Un besoin de m'isoler me submerge. Après ces révélations je devais faire le point dans mon esprit.

« Je connais le chemin, je vais rentrer. » Je commence.

« Il vient avec nous. » Tranche mon père.

Un râle parfaitement audible quitte ma gorge. Son boulot ne m'intéressait vraiment pas en cet instant. Je rêvais simplement de retourner dans le passé afin de rectifier plusieurs de mes actions. J'en voulais toujours à mon père de ne pas m'avoir confié la prophétie, cependant ses arguments tenaient la route. M'avait-il menti ? Ou bien il m'attendait vraiment pour écouter ce souvenir. Je ne savais pas quoi en penser. J'étais perdu…

« J'ai interrompu quelque chose ? » Demande alors Finéas.

En retrait, je suis les deux hommes dans les ruelles qui s'entrelacent. Aucune lumière n'éclaire les allées, mais la lueur de la lune me permet de distinguer la mâchoire de mon père se contracter. Son Auror n'est pas idiot, pour avoir assisté à plusieurs de mes remontrances, il savait très bien qu'il venait d'en interrompre une. Ma mauvaise humeur s'accentue.

« Une grande conversation à cœur ouvert, Fin. Tu devrais te joindre à nous la prochaine fois, tu es sûrement plus honnête que mon pèr… »

Gagné, Tom stoppe ses pas et sa main se décoche contre ma joue. Non surpris, mais contrarié par le geste, je proteste en essayant de rendre le coup. Mon géniteur me maitrise rapidement en m'obligeant à passer devant eux. Finéas savoure le spectacle. Mon cousin avait toujours apprécié me voir ratatiner devant son ancien maître.

« Tu veux de l'honnêteté, Coba ? Manque moi encore une seule fois de respect et tu es consigné jusqu'à ta majorité ! »

Je bouillonne mais mes lèvres restent scellées. Moi qui pensais que la présence de mon cousin l'empêcherait d'intervenir… Visiblement mon père ne se gênait pas. Mes soucis confiés ne lui procuraient aucune pitié. Il réagirait comme à son habitude.

« La crise d'adolescence ? » Questionne Finéas avec un ricanement.

« Crois moi, elle va vite lui passer. » Termine dangereusement Tom.

C'est sûr que lui ne risquait pas de faire une crise de quoi que ce soit. Cet abruti se fichait de tout et de tout le monde. Il ne pouvait pas se mêler de ses affaires ? Plusieurs insultes me traversent l'esprit. Je m'imagine en train de les lui cracher au visage…

Après plusieurs minutes de marche nous arrivons face à une devanture toute rabougrie. Des lettres bancales annoncent le nom du magasin : Barjow Buck. La vitrine est lugubre, des squelettes sont accrochés en éventail. Une couche impressionnante de poussière obscurcie les vitres. Je suis étonné que mon père ait accepté de me traîner dans un magasin pareil. Cette enseigne puait la magie noire à plein nez. Ma mère n'allait pas apprécier cette escapade. Finéas franchit la porte, puis Tom s'arrête à l'entrée pour m'inciter à passer devant lui. Un mauvais pressentiment me submerge. Des forces obscures séjournaient dans cet endroit. Une magie suffocante émanait de ce lieu.

« Je peux récupérer ma baguette ? » Je réclame, main tendue.

« Apprend d'abord à t'en servir correctement. Avance. »

La supposition me reste en travers de la gorge. Certes mon duel n'avait pas été brillant mais des circonstances atténuantes justifiaient mon efficacité. Je reste tout de même de marbre, les rôles s'inversaient, à mon tour de récolter les critiques. Et Merlin savait que mes dernières actions seraient critiquables. Avec un regard équivoque, je prends les devants en pénétrant dans la boutique.

« Tu ne manques pas d'air de revenir ici, Jedusor ! » Me crache un vieil homme.

Son physique est repoussant. Sa mauvaise haleine me donne une nouvelle fois envie de vomir. Des cheveux gras tombent devant ses yeux bruns. Ils sont injectés de sang. Sa voix, bien que menaçante est particulièrement aiguë. Cet aspect me fait perdre mes mots dans un premier temps, néanmoins je me ressaisis très vite.

« Vous êtes malade, je ne vous connais même pas. Et je ne suis jamais venu dans ce magasin ! » Je me justifie rapidement auprès de mon père.

Inutile d'aggraver mon cas, je savais que l'homme userait de moyens originaux pour m'obliger à lui obéir. Même si son autorité me faisait de moins en moins peur, je continuais de craindre ses vengeances. Tom Jedusor franchit la porte derrière moi.

« La ferme, Barjow. Je suis venu pour l'armoire. Alors facilite moi la tâche et dis moi où elle se trouve. » Saque mon géniteur en m'éloignant de son chemin.

Les yeux perçants de Barjow parcourent nos deux silhouettes sans aucun gêne. Encore une fois mon père et moi venions d'être confondu. Agacé, ma langue claque contre mon palais. Le commerçant se reprend très vite et s'adresse enfin à la bonne personne.

« Tu ne manques pas culot de te pointer ici après ce que tu as fait ! Rends moi la coupe, sale petit vaurien. »

Un rire nerveux quitte la bouche de mon père. Un sourire dangereux retrousse ses lèvres, mais par expérience je sais qu'il n'est pas du tout amusé. Tom ne tolérait pas les insultes. Ce discours à l'air délirant, je ne comprends pas le sens des paroles de ce sorcier.

« L'armoire, Barjow. Dépêche toi. » Ordonne Le directeur des Aurors.

« Tu me l'as volé avant de disparaître ! Donne-la-moi ! » Vocifère le commerçant en empoignant la robe de Tom.

Mon père perd patience. Furieux, il plaque brutalement le dénommé Barjow contre une étagère remplie d'objets divers. Ces derniers se fracassent contre le sol. Sa baguette d'If est pointée sur la poitrine de Barjow. Surpris par cette action, je recule en arrière, mon dos rencontre un établi. Dans son travail mon père perdait rarement son sang froid. Néanmoins, aujourd'hui sa colère contre moi se déchargerait sur le commerçant. À l'inverse de mon attitude, Finéas se rapproche de leur cible.

Concentré sur le déroulement de l'opération je ne prends pas garde et mon poignet se retrouve vite emprisonné dans une main squelettique. Je tente de me dégager, mais cette dernière se resserre de plus en plus fort. J'entends mes os craquer, je cherche ma baguette pour me libérer, puis je me rappelle rageusement que je ne l'ai pas. Je me débats avec force, la douleur commence à devenir insupportable. En panique, je crie pour demander de l'aide.

« Enlevez moi ce truc ! »

À ma détresse, Tom lâche sa prise pour me porter secours. Finéas le devance en exécutant un sort. Mon poignet est vite libéré. Mon soulagement est de courte durée, après avoir récupéré la circulation de mon sang, une douleur lacère ma peau. Une marque rougie retrace les formes de la main qui venait de m'emprisonner.

« La main de la gloire, toujours adepte des objets interdits à ce que je vois, Barjow. »

Tandis qu'il prononce sa phrase, Tom s'active sur mon poignet. Il remonte ma manche comme pour vérifier l'étendue des dégâts. Sa main blanche survole mon avant bras. Une peur soudaine me submerge. Cette chose était-elle capable de me nécroser la peau ou je ne sais quoi ? J'en avais assez entendu sur la magie noire pour connaître ses capacités. Mon air horrifié alerte mon père.

« Ce n'est rien. »

Sans ajouter un mot, il relâche mon bras afin de regagner sa place initiale. Rien ? Cette balafre me fait un mal de dragon ! Je n'en reviens pas ! C'est incroyable, je me retrouvais dans cette situation par sa faute et c'est tout ce qu'il trouvait à dire ! Ce n'est rien.

« Donne-moi cette armoire et je passe l'éponge sur tout le reste, Barjow. » Insiste Tom.

« Sans mandat, vous n'emporterez rien de ma boutique. » Grogne le propriétaire avec rage.

« Tu sais très bien qu'il me suffit de quelques minutes pour obtenir cette perquisition. Ma clémence ne sera pas reconduite, Barjow. Si je reviens je ne me contenterais pas de ce que je cherche. » Menace mon père.

« Et bien, fais donc, Jedusor. Pas besoin de te montrer la sortie. » Susurre le commerçant avec victoire.

Un instant plus tard, nous sommes tous les trois chassés à l'extérieur du magasin. Mon père peste des mots insultants contre le propriétaire. Je masse mon poignet pour éloigner cette douleur qui persiste. En temps normal cette excursion dans un commerce de magie noire m'aurait ravi. Cependant, je détestais rien comprendre. Finéas me devance dans mes questions.

« Tu le connais ? »

« J'ai travaillé ici, pendant quelques mois. Avant de venir en Albanie.»

« De quelle coupe il parle ? » Je demande avec curiosité.

Entendre quelqu'un qualifier mon père de voleur ne m'étonnait plus du tout désormais. Ce n'était pas la première fois.

« Cet imbécile va en profiter pour la déplacer… » Rugie Tom en m'ignorant.

« On peut toujours intervenir sans le papier… » Propose Finéas.

« On aurait pu, si je n'avais pas des comptes à rendre… » Rumine mon géniteur.

Contrarié par cet échec, le sorcier contrôle l'heure sur sa montre. Certainement pour vérifier s'il est raisonnable de retourner au ministère à cette heure tardive.

« Je te laisse la paperasse. Prends ton temps, de toute façon tu ne trouveras plus rien à ton retour. » Râle le directeur des Aurors.

« Tu ne viens pas ? » S'étonne Finéas.

Généralement l'homme ne déchargeait pas son travail sur quelqu'un d'autre. Tom aimait terminer ce qu'il commençait.

« On doit se lever tôt demain, Glass va déjà m'enquiquiner en rentrant. Inutile d'en rajouter. » Conclut le sorcier.

« Qu'est-ce qui se passe demain ? » J'interviens.

Après tout il semblait que je sois concerné, qu'il réponde à mes questions !

« On va chez tes grands-parents. » Crache Tom avec dégoût.

« Pourquoi ? » Je demande désemparé.

On ne m'avait pas parlé d'un séjour au manoir Jedusor. Qu'est ce qui leur prenait ! Mon père me juge d'un regard perçant. À l'évidence il se demandait si je plaisantais ou non. Mais mon air incrédule le conforte dans ses premier soupçons.

« As-tu pris la peine d'ouvrir tes cadeaux d'anniversaire ? »

J'ouvre la bouche avant de la refermer brusquement. Je grimace face à l'accusation. Non, mes cadeaux ne m'avaient pas du tout intéressés cette année.

« J'ai reçu le tien… »

Mal à l'aise mes bras s'entrelacent contre ma poitrine. Je sais que c'est le moment de dire merci. Seulement, accompagner de la vérité dérangeante ce remerciement découlerait comme une insulte. Mon père me toise sévèrement. Dans tous les cas, il finirait par le savoir…

« J'ai été viré de l'équipe de Quidditch. »

Le corps de mon interlocuteur se gaine. Une précision qui n'était pas inscrite dans mon bulletin apparemment. Ce n'est plus qu'une question de secondes avant de subir un nouvel assaut…

« Et bien… Bonne soirée. Je vous laisse. » Déclare Finéas avant de s'éclipser.

Le directeur des Aurors explose de colère. J'observe la silhouette de mon cousin s'éloigner tandis que les sermons de mon géniteur s'abat sur moi. La punition serait longue et pénible…