Bonjour tout le monde !

Un grand merci aux personnes qui m'ont laissé un commentaire. Je commençais à douter sur l'intérêt de continuer. Enfin tant que des personnes manifesteront leur envie de lire la suite, je continuerai pour eux. En espérant que la suite vous plaira !

Bonne lecture.

« Ça te dérange si… »

Je suis le champ de vision de mon ami Jack. Nous entrons en cours de potion et visiblement le Serpentard souhaite partager son établi avec une autre personne aujourd'hui. Ginny Weasley. La Gryffondor commence à sortir ses manuels à côté de ses chaudrons.

« Non. » Je réponds en levant les yeux au ciel.

Il est ridicule. Pas besoin de me demander la permission. Son intérêt pour la rouquine devenait étrange, surtout que la jeune fille ne restait jamais bien longtemps avec ses petits copains. En ce moment elle n'était pas avec un certain Dean Thomas ? Quel intérêt ? Bref, Jack savait ce qu'il faisait. Ce n'était sûrement pas moi qui lui ferais la morale.

« Merci, Coco. Je te revaudrais ça ! » S'extasie Jack dans un murmure.

Ses pas le précipitent vers la place libre. Il devance de peu, Grace Potter qui souhaitait s'installer près de sa copine comme à son habitude. Surprise, elle ne proteste pas et choisit une autre table. Je suis ce changement avec analyse. Pas de protestation… Rien, elle avait juste accepté qu'on lui pique sa place sans broncher. Intéressant.

Au loin j'aperçois Gauïs remarquer le siège libre à côté de sa petite amie. Il commence alors à la rejoindre. Était-ce le bon moment ? Je devais continuer ce que j'avais commencé. Ravie d'enquiquiner mon ennemi, je m'approche furtivement afin de m'installer près de Grace. La voie libre, je m'assieds.

« Qu'est-ce que tu fais ? Retourne à ta place. » Ordonne Black entre ses dents.

Le professeur Rogue entre dans la salle. Gauïs ne bouge pas et persiste dans sa provocation. Ce misérable avait profité de ma déprime pour m'humilier, et ce à plusieurs reprises. Aujourd'hui, je reprenais le contrôle. Hors de question de me laisser marcher dessus sans broncher.

« Il y a d'autres places ailleurs. » Je lui signale en désignant d'autres bancs.

« Dégage Jedusor ! » Insiste Black.

Ravie de pouvoir l'ennuyer aussi facilement, je ne bouge pas. Je le dévisage avec faux air d'innocence. Mon amusement est à son comble. Bientôt Rogue l'inciterait à s'installer ailleurs. Parfait, cet imbécile se ferait remarquer en plus de passer pour un crétin.

« C'est bon Gauïs, je te rejoins après. » Rassure Grace.

Elle savait également que son copain risquait des ennuis en réagissant de cette façon. Cependant, le Gryffondor me surprend. Non décidé à se ratatiner, Black force la place en s'asseyant à ma gauche. Je me retrouve vite coincé entre Grace et lui. Les établis ne sont pas adaptés pour accueillir plus de deux personnes. Aussi je joue des coudes pour éloigner mon camarade. Ce dernier ne se laisse pas faire et bloque ses épaules carrées afin de me laisser peu d'espace.

« Arrêtez, vous êtes complètement idiots tous les deux ! » Proteste Grace en s'accrochant à la paillasse.

En agissant ainsi, cet abruti causait du tors à sa copine. Je faisais de mon mieux pour ne pas l'écraser, mais avec ce gabarit imposant qui me bousculait, c'était difficile. Black n'avait vraiment aucun respect ! Je n'étais pas le seul à pâtir de son attitude. Une idée me vient alors. Sournoisement, je profite de la situation. De mon bras libre, je retiens Grace contre moi afin qu'elle ne tombe pas par terre. Au contact, je sens la Gryffondor frissonner contre mon flanc. Je savoure, Black allait vite se raviser…

« Désolé du désagrément. Quoique, ce n'est pas si terrible... » Je roucoule avec un air charmeur.

Les joues de Grace s'empourprent. Je ris intérieurement de cette niaiserie. Quelle cupide émotion. Confuse, la jeune fille ne réagit pas tout de suite, Black la sort de sa léthargie.

« Enlève tes sales pattes de ma copine ! » S'énerve Gauïs.

« Je le ferais si tu n'essayais pas de la faire tomber. » Je proteste en continuant de la retenir.

« Arrêtez ça immédiatement où bien c'est moi qui m'en vais ! » S'exaspère Grace.

Ma main retient fermement sa taille pour l'empêcher de tomber dans le vide. Tant que ce contact enrage mon ennemi, il me satisfait. Black chasse ma main et pour parer à se déséquilibre Grace s'accroche tant bien que mal à ma chemise, des boutons s'arrachent.

« Black, Jedusor, Potter ! Vous pouvez m'expliquer votre cirque !? » Hurle le professeur Rogue.

Derechef, nous arrêtons de lutter. Black se relève du banc pour protester. Je profite de cet écartement pour m'installer plus confortable. C'est qu'il prenait de la place ce gros lourdaud. Confuse, Grace ne se manifeste pas. Elle reste silencieusement installé à sa place, les joues toujours cramoisies.

« Professeur ! Jedusor m'a pris ma place ! » Accuse Black.

Je préfère ne pas me mêler de la conversation et ne prendre aucun parti. Rogue me dévisage avec agacement. Je ne flanche pas en attendant le verdict. Je sais que l'estime de mon professeur avait beaucoup régressé à cause de mon comportement du mois dernier. Aussi, j'espérais secrètement que l'homme continuerait à prendre la défensive de ses serpents. Sa maison avant tout, n'est-ce pas ?

« Votre place ? Aucune place n'appartient à qui que ce soit dans cette salle ! Dépêchez-vous de vous installer ailleurs avant que je vous colle une retenue à tous les trois ! »

Si Grace ne faisait pas partie de la boucle, Black ne se serait pas gêné pour m'envoyer en retenue avec lui. Furieux, il s'éloigne en prenant soin de me menacer. Je distingue clairement les mots : Tu es mort, se dessiner sur ses lèvres. Je jubile de ma victoire.

« Aujourd'hui vous réaliserez un filtre de confusion. Votre potion doit être impeccable. Je rappelle que je n'accepte que les Optimal en classe de B.U.S.E, alors le premier cornichon qui me fait exploser son chaudron peut dire adieux à ses chances d'intégrer ma formation l'année prochaine. »

Sans un mot et dans des raclements de chaises, les élèves se lèvent afin de chercher les ingrédients nécessaires à la réalisation du filtre. Studieux, je découpe des rondelles de livèche en m'appliquant. Le professeur Rogue s'approche de moi afin de me rendre un devoir. Un Optimal est grossièrement entouré sur le morceau de parchemin.

« J'accepte de cumuler votre ancienne note avec celle-ci. C'est la dernière fois, Jedusor. La prochaine fois inutile de me rendre un devoir supplémentaire, vous garderez votre P. Suis-je assez clair ? »

« Parfaitement. Merci, professeur Rogue. »

L'homme s'éloigne et je me presse de ranger mon devoir dans mon sac. Cette note m'encourage, je possédais une chance de me rattraper. L'indulgence du maître des potions m'étonnait. En général, il n'accordait pas de seconde chance. Grace arque un sourcil à mon encontre. Vraisemblablement, elle ne comprenait pas les recommandations du professeur Rogue.

« Mes parents étaient plutôt furax contre mon bulletin de note. Mon père m'a obligé à rédiger tous mes devoirs non rendus et de les envoyer aux professeurs concernés… »

Mes vacances n'avaient pas été de tout repos. Bien décidé à me confronter à mes erreurs. Mon père avait exigé que je rattrape tous mes devoirs sans exception. Sévère comme toujours, il m'avait fait recommencer plusieurs fois jusqu'à ce que mon travail soit impeccable. Sans protester, je m'étais exécuté sans relâche. Vu la quantité de parchemins à rédiger, je n'avais pas eu un seul instant pour me divertir. Ma mère souhaitait également que je m'excuse auprès de mes professeurs, mais mon père s'y était catégoriquement opposé. Selon lui, les enseignants m'avaient laissé dégringoler sans intervenir et pour cette raison ils ne méritaient pas d'être considérés.

« Tu as une meilleure mine. » Confie Grace.

Je lui envoie un sourire discret. De mon mieux, j'essaye d'ajuster ma cravate afin de cacher les boutons arrachés. Finis les sweats à capuche et les tenues décontractées. Tom Jedusor fut très clair. Si je ne voulais plus étudier à Poudlard, il se ferait le plaisir de m'inscrire dans une école moldu. Le pour et le contre me ramena vite les pieds sur terre. Je devais apprendre à ne pas flancher devant des déceptions. Ce ne seraient pas les dernières. Merlin, que j'enviais mon père à se fiche de tout.

« Désolé pour ta chemise… » S'excuse Potter, les joues rosies de nouveau.

« Ce n'est pas vraiment de ta faute. Ton copain est stupide. » J'insiste.

« Vous êtes toujours en train de vous chercher tous les deux et puis pourquoi tu t'es installé avec moi ? » Elle demande avec soupçon.

La vraie raison ne lui plairait pas. Je ne voulais pas donner raison à Black.

« Parce que Jack m'a lâchement abandonné pour une compagnie plus séduisante, si tu vois ce que je veux dire. » J'explique en désignant Weasley du menton.

Grace glousse de ma réponse. A priori, je n'étais pas le seul à avoir remarquer l'intérêt de mon ami. Bien, au moins elle ne se doutait pas de mon stratagème. Avait-elle au moins conscience que je l'utilisais pour embêter Black ? Car elle ne s'opposait pas vraiment à mes interventions dernièrement. Ou bien elle considérait que l'attitude de mon ennemi laissait à désirer ?

« Elle a un petit ami. » Prévient Grace.

« Je n'ai pas l'impression que ce détail le dérange. » Je reconnais avec amusement.

« Et toi ? »

« Moi ? » Je demande incertain de comprendre.

Sur mes gardes, je l'observe. Le sous-entendu n'était pas explicite.

« Ça ne te dérange pas de courtiser une fille qui possède déjà un petit ami ? »

Je mords mes lèvres pour m'empêcher de ricaner. Grace remarque mon geste. Un signe négatif de la tête, elle rejette ma bêtise. J'interviens tout de même.

« Je ne courtise personne. Et, oui cela me dérangerait. Je ne partage ce genre de choses… »

Pas besoin qu'elle se fasse de mauvaises idées. Je n'essayais pas du tout de la récupérer ou je ne sais quoi d'autre. Dire que je m'amusais avec elle pour embêter Black ne porterait pas en ma faveur. Grace devait continuer de croire que je l'appréciais. Mon objectif est simple, pousser Gauïs à bout pour lui faire payer ses agissements. Quoique, je trouvais toujours que nos conversations étaient agréables.

« Vraiment ? Tu es du genre… Jaloux ? » Provoque Grace.

« Hum. Dans tous les cas la question ne se pose pas. Je suis célibataire. » J'éloigne le sujet.

Après Isida je n'étais pas prêt d'accorder de nouveau ma confiance, même si une telle complicité me manquait. Aussi, je ne suis pas dupe. Grace Potter m'appréciait énormément avant l'épisode de la baffe. D'ailleurs en apercevant ses différentes réactions, je savais que mon physique ne la rendait pas indifférente. Si elle connaissait ma vraie personnalité, Grace me trouverait certainement moins séduisant.

« Donc la compétition reprend… Prêt à prendre une déculottée en potion, Jedusor ? » Annonce Potter avec joie.

Sans pouvoir m'en empêcher je ris de bonne humeur. Je la détaille avec amusement. La jeune fille retrousse ses manches, puis attache ses cheveux en un chignon haut. Une posture de parfaite combattante. Je lève les yeux en l'air face à sa pitrerie.

« Seulement si tu me promets de ne pas bouder lorsque tu auras perdue. » Je me moque.

Sans prendre en compte ma remarque, Grace s'active sur son philtre. Ses gestes sont fluides et ordonnés, elle progresse à une vitesse impressionnante. Son efficacité est incroyable, elle abat une quantité de travail en un temps record, si bien que je peine à la suivre. Cependant, je m'accroche pour ne pas être trop distancé.

« Au faite… Merci. Tu sais, pour m'avoir donné quelques réponses. »

Je n'oubliais jamais. Les personnes qui m'avaient tourné le dos étaient nombreuses. Néanmoins, Grace avait pris de son temps pour me confier un peu d'aide à sa façon. Toujours timidement, mais je n'oubliais pas le geste.

« Ce n'est pas grand-chose. J'aime croire que des personnes seraient là pour moi si ça m'arrivait. C'est dans les moments difficiles qu'on reconnaît nos vrais amis. Jack est quelqu'un de bien. » Confirme la Gryffondor.

Effectivement sans Jack je ne donnais pas cher de ma baguette. Il m'avait empêché de sombrer dans une spirale infernale. Son soutien fut précieux.

« Tu as raison, bien que je sache depuis longtemps qu'il s'agit de mon seul et meilleur ami. »

Notre conversation dérivait sur un thème pénible. Je craignais mes sentiments, je me relevais déjà d'une chute douloureuse. C'était difficile de mettre cette période derrière moi sans réagir. Mais, il était primordial que je passe à autre chose.

« Fini ! » S'exclame Grace, les mains en l'air, victorieuse.

J'ajoute mon dernier ingrédient, satisfait je constate que le philtre possède bien la même couleur que le chaudron de ma camarade. Un turquoise étoilés. J'étais bien obligé de reconnaître ma défaite. Quoique ce petit jeu se déroulait dans un contexte privé. Inutile de me soucier des conséquences. Aux yeux de Rogue, ma potion serait tout aussi parfaite.

« Hum… Il ne me semble pas qu'on ait parlé d'une course de rapidité. » Je souligne.

« C'est moi ou bien tu es mauvais joueur ? » Accuse la Gryffon avec une note d'humour.

Je lui envoie un clin d'œil, puis me dirige vers le bureau du professeur Rogue afin de lui donner un échantillon de mon philtre.

/(I)

Quelques semaines plus tard, un semblant de complicité s'était introduit entre Grace et moi. Au plus grand désespoir de mon ennemi Black, la jeune fille s'installait désormais volontairement à côté de moi durant nos cours. Finalement, la manipuler s'avéra plus simple que prévu… Je n'avais même pas besoin d'user de roublardise. De simples sujets de discussion suffisaient. Tant que je n'insultais pas ses amis et Black, tout se déroulait calmement.

La plupart des professeurs avaient accepté mon travail supplémentaire afin de compenser mes notes chaotiques. Bien entendu, Suliman Bequir dérogea à la règle. Étrangement ce rejet ne m'offusqua pas. Bien que les paroles de mon père furent plutôt explicite, je n'avais pas osé questionner ma mère à propos de son ex petit ami. Enfin, il faut dire que l'occasion ne se présenta pas. J'ignorais même si elle était au courant que cet homme enseignait à Poudlard. Mon père avait été tellement furieux qu'il refusa que mon grand-père m'offre son cadeau. Étrangement, Tom Sr ne s'opposa pas à la sentence. Je soupçonnais ma mère d'avoir cafter mon comportement à mes grands-parents. Bref, je n'étais pas idiot. Je savais qu'une voiture m'attendait dans le garage du manoir Jedusor. Ce cadeau me passa donc sous le nez. Une chance que L'éclair de Flamme était resté sous le lit de mon dortoir, sinon mon père me l'aurait confisqué à coup sûr. Après réflexion, ce balai me plaisait bien finalement.

J'avais également reçu une convocation du Mangenmagot, daté au début des vacances de Noël, afin de prendre en main mon nouveau rôle. S'il y avait bien une personne qui haïssait cette sélection plus que mon père il s'agissait bien de Bruce Lestrange. Cependant, les raisons étaient toutes autres. Le garçon jalousait ma réussite. Après tout, depuis de nombreuses années le jeune homme scandait haut et fort qu'il souhaitait rejoindre un avenir politique. Le Serpentard faisait bonne figure, mais Jack m'avait confié cette pointe d'animosité en tout bon ami.

À par cela, tout se déroulait normalement ces derniers temps. Une routine ennuyante. J'évitais de me faire remarquer en reprenant mes marques. Grindelwald ne faisait toujours pas parler de lui. Ce constat m'oppressait. Bientôt, il réapparaîtrait, j'en étais certain. Cette longue absence préparait sans aucun doute un plan machiavélique. D'ailleurs, pour couronner mes multiples punitions, mon père avait décrété qu'il ne me ferait pas écouter la prophétie. Soit disant je devais mûrir ou je ne sais quoi d'autres comme stupidités. Soit, une raison de plus de redouter le retour du mage.

« Si tu causes des ennuis, tu peux être sûr que plus personne ne te laissera rentrer. » Prévient Grace.

« Je sais me tenir. » Je rétorque.

Le regard émeraude de la Gryffondor me toise avec affront. Visiblement, elle ne me faisait pas encore suffisamment confiance pour me croire naïvement. Amusé, je rectifie ma phrase.

« Si on ne provoque pas, je te jure de ne pas chercher des noises à qui que ce soit. » Je promets la main sur le cœur.

« Tu n'es pas croyable… » Minaude la jeune fille face à mon cynisme.

Mon cœur palpite d'excitation. Une nouvelle ronde des préfets prenait fin. De nouveau, je tentais ma chance afin de découvrir la salle commune des rouges et or. Personne à l'horizon pour m'accoster. Aujourd'hui serait le bon. Les mystères de Poudlard disparaissaient peu à peu.

« Felix Félicis. » Récite la jeune fille.

Le tableau de la grosse dame habillé en rose pivote. Par l'ouverture, j'aperçois deux gros escaliers en colimaçon. Des draperies aux couleurs de leur maison s'étalent sur les murs.

Grace me fait un signe pour m'inciter à entrer. Je m'exécute. Bien que bordélique, l'endroit est chaleureux. Des flammes crépitent dans les cheminées. Une quantité astronomique de tapis recouvrent le sol. Des divans et de fauteuils d'un certain âge s'entassent dans des coins de la pièce. Je reconnais le portrait de Godric Gryffondor, lorsqu'il me voit ses yeux se plissent avec méfiance. Le plafond est si haut qu'il est impossible d'imaginer son dénivelé. Des poutres se croisent le long de la haute tour.

« Ce sont vos dortoirs ? » Je devine en désignant les escaliers en colimaçon.

« Effectivement. »

« C'est différent… » Je marmonne.

« Dans quel sens ? » Demande Grace.

Sa question cache un aspect rébarbatif. Inutile de lui avouer que notre salle commune chez les Serpentard est plus… Luxueuse. Pourtant, cette salle reflétait bien la personnalité de ses occupants. Peu importe le sang ou bien le milieu social, la maison de Gryffondor accueillait tout le monde.

« Trop de rouge, ici. » Je plaisante.

Grace glousse de la stupidité de ma réponse. Elle n'est pas idiote, elle savait que je prenais des pincettes pour ne pas exprimer clairement mon point de vue.

« Et bien retourne chez toi, il y aura plus de vert. » Crache quelqu'un avec dégoût.

Pas besoin de me retourner pour reconnaître la voix trainarde de Gauïs. Ses yeux m'envoient des éclairs assassins. Ça lui coûtait de me voir dans sa salle commune. Je le dérange, mais je remarque alors qu'il n'est pas seul. Tout un groupe est assiégé autour d'une table. Harry, Ron, Hermione, Black et Ginny sont postés devant un tas de parchemins. Je n'avais pas fait attention, mais à part eux, la salle est vide. L'heure tardive doit expliquer ce désert d'élèves. Grace, confiante, s'approche de ses camarades, elle embrasse chastement son copain avant de s'installer sur un de ses genoux. Je me retiens de grimacer.

« Vous avez trouvé autre chose ? » Demande Grace à son frère.

« Rien… » Soupire lourdement Harry.

Curieux, je me rapproche doucement de la table ronde. Une impression de déjà-vue m'envahit tout d'un coup. Une table ronde avec beaucoup plus de monde… Confus, je chasse rapidement cette vision de mon esprit. Ce n'était pas le moment de divaguer dans mes pensées. Surtout que je ne suis pas en position de force. Du coin de l'œil je remarque l'emblème de Grindelwald. Sans me cacher, je fronce les sourcils. À ma réaction, Ron se presse de cacher les parchemins.

« Arrête Ron, c'est inutile de lui cacher… » Explique Harry.

« Tu ne vas quand même pas partager nos informations avec lui. » S'oppose Ron.

« Il est concerné. » Réplique Harry.

Le groupe s'échange des regards inquiets. Je comprenais le sens de leurs phrases. Le lui en question me désignait. Nos informations ? Qu'est-ce qu'ils fabriquaient exactement autour de cette table. Hermione se frotte énergiquement les yeux pour se réveiller. Elle dépose les contes de Beedles le Barde, qu'elle avait préalablement caché à mon entrée. Tiens, tiens… Les Gryffondors étaient-ils arrivés aux mêmes conclusions que moi ? Leurs informations semblaient concernées les projets de Grindelwald. Cette possibilité m'intéresse énormément…

« Il descend d'un des trois frères. » Renchéri Grace.

« Et alors ? On sait très bien du quel il descend ! On n'a pas besoin de lui pour nous le confirmer. » Riposte Gauïs.

Un dilemme se déclenche dans leur groupe d'amis. Plusieurs personnes me jugent, hésitantes. Pouvaient-ils me faire confiance ?

« Et bien, demandons lui. » Insiste Grace.

Hermione se racle la gorge, puis après confirmation des autres, elle commence.

« Tu connais les reliques de la mort. »

Ce n'est pas une question. La jeune fille est persuadée que je connais bien plus de réponses que je n'en laisse paraître. Intéressé, je continue tout de même.

« Effectivement. »

« Donc tu sais, que le conte des trois frères n'est pas uniquement destiné aux enfants… » Poursuit Harry.

Je m'approche pour observer leur parchemin avec plus de profondeur. Puis, je désigne le symbole en traçant ses contours de mon index.

« Le triangle pour la cape, le rond pour la pierre de résurrection et enfin le trait pour la baguette de sureau. Le symbole des reliques de la mort que Grindelwald à lâchement volé… »

« Je vous avais dit qu'il pourrait nous aider. » Insiste Grace.

Donc ma présence ici n'était pas uniquement dans mon propre intérêt ? Ces ignorants voulaient des réponses… Ce serait dû donnant donnant. S'ils n'avaient rien à m'apporter je me tairais. Je ne pouvais pas discuter de mes trouvailles avec Jack, néanmoins avec les Potter c'était différent. Ils étaient déjà au courant…

« Depuis combien de temps tu sais ça ? » Se méfie Harry.

« Un certain temps. » Je reste vague.

« C'est Luna qui te l'a dit ? » S'énerve Ginny.

« Luna ? Pourquoi elle me parlerait des reliques de la mort ? » Je réplique, étonné.

Lovegood était perché, mais jamais l'idée de l'interroger à ce sujet m'aurait traversé l'esprit. Un élément se concrétise. Je décide d'en avoir le cœur net.

« Pourquoi questionner Luna sur le symbole des reliques de la mort ? » J'insiste.

« Parce que…. Parce que on a trouvé ce symbole sur une tombe. » Explique Grace avec hésitation.

« Une tombe ? » Je m'étonne.

« On habite à Godric Hollow. Nous avons un cimetière de sorcier dans la ville. Les tombes des Peverell sont là-bas. Et nous avons découvert ce même symbole gravé dessus. Luna était avec moi le jour où je l'ai découvert… Elle est étrange, mais ses informations ne sont pas toutes farfelues. Elle nous a donc dévoilé l'explication du symbole. »

Donc, toutes les reliques ne possédaient pas la même gravure que la pierre de résurrection. Je décide d'être direct et de me montrer plus malin.

« Donc… Tu n'as pas trouvé le symbole sur ta cape d'invisibilité ? » Je questionne Harry.

À ma question, les Gryffondors sont déstabilisés. Ces imbéciles ne se doutaient pas que j'en savais autant sur eux. Black se reprend très vite.

« Pourquoi, il est dessiné sur ta baguette, Jedusor ? » Attaque Black.

La supposition me perturbe un petit moment. Ma baguette ? Il y avait une grande erreur dans leurs déductions. J'attrape une chaise avant de m'y installer tranquillement. J'étale les papiers devant moi afin d'y voir plus clair. Je repère rapidement un arbre généalogique des trois frères. Il est incomplet et surtout truffé d'erreurs. Mon nom est négligemment inscrit sous le nom de l'aîné des frères Peverell. Cette hypothèse m'amuse et un rire s'échappe de ma gorge.

« C'est drôle ? » Provoque Gauïs.

« Oui. » J'appuis en secouant la tête.

« Tu vois, il ne sert à rien. Il va nous tourner en bourrique ! » S'exaspère Ron.

Je sens une tension monter. Même si je pouvais aisément les laisser patauger dans leur analyse je voulais comprendre comment ils avaient pu en arriver là.

« Pourquoi m'avoir inscrit sous le nom de Antioche Peverell ? »

« Parce que tu possèdes la baguette de sureau, crétin ! » S'emporte Black.

« La ferme Gauïs ! Laisse-le continuer. » Intervient Harry.

L'insulte m'agace. Si Harry Potter ne l'avait pas rembarré j'aurais quitté cette salle sur-le-champ.

« Grace… Grace nous a dit que tu possédais la baguette de sureau. » Explique calmement Hermione.

« J'ai vu ta baguette, elle est bien en sureau. » Confirme Harry.

Ma main rejoints mon menton. Je suis pensif. Devrais-je en dire plus ? Les Gryffondors sont loyales. Si je leur divulguais des informations, ce seraient réciproques par la suite. Les utiliser pour obtenir plus de réponses semblent être un bon compromis.

« Parce que ma baguette est en sureau vous en déduisez qu'il s'agit de La Baguette de Sureau ? » J'essaie de comprendre.

« Il n'y a pas beaucoup d'archives sur ta famille… On déduit les informations comme on peut. » Défend Hermione.

J'attrape une plume sur leur bazar. Je barre le nom Jedusor sous le nom de Antioche Peverell. Puis, après un peu d'hésitation, j'inscris celui de Grindelwald. Pour finir, je complète d'une croix le point d'interrogation et j'écris mon propre nom sous celui de Cadmus Peverell. Voilà, les deux frères, ainsi que Ignotus possèdent un propriétaire des reliques de la mort.

« J'ai acheté ma baguette le jour de mes onze ans chez Ollivander, comme la plupart des sorciers. Ce n'est pas moi qui possède la baguette de sureau. »

« Grindelwald ? » Déchiffre Harry avec étonnement.

« On ne trouve aucune archive à propos de Antioche, même Cadmus semble avoir subitement disparu des registres. » Tente de comprendre Granger.

« Grindelwald est un voleur. Il a juste récupéré une baguette qui ne lui appartenait pas. D'ailleurs cette baguette porte malheur, Antioche n'a jamais eu une descendance à qui la léguer. Aussi, je vous rappelle que les archives du ministère ont été saccagées il y a deux ans. Ce n'est pas pour rien que Grindelwald souhaitait connaître le nom des héritiers des deux autres reliques. Quoique, je suppose qu'il sait depuis un moment que les Potter possèdent la cape d'invisibilité. Sans vous manquer de respect, il n'y a pas besoin de chercher bien loin pour trouver votre nom. » J'explique avec agacement.

Tout cela paraissait logique à mes yeux. Je m'étonnais d'être le seul à avoir compris tout ça aussi vite.

« Ton père est aussi célèbre que le nom de Potter. » S'oppose Harry.

« Sauf que si tu cherches bien à par lui, et moi maintenant, tu ne trouveras aucun autre Jedusor dans la liste des élèves ayant étudié à Poudlard. »

« Effectivement, nous n'avons rien trouvé. Tout ce qu'on sait c'est que ton aïeul est un Peverell, tout comme Harry et Grace. » Continue Hermione.

« Parce que Yannick, nous l'a dit. » Termine Potter.

Mes doigts tapotent la table ronde. Je dois m'arrêter là. Heureusement pour moi, Grindelwald avait saccagé les archives, par conséquent plus aucun document ne m'associait au Gaunt. Enfin, je n'étais pas certain de ce que j'avançais. Mais, en cas contraire, Potter et compagnie auraient vite compris que ma généalogie était plus impressionnante. Je ne voulais pas avouer que mon ascendance moldu avait compliqué les recherches de Grindelwald. Grace connaissait ces origines, étrangement elle n'avait pas communiqué ce détail à ses camarades.

« Donc tu possèdes la pierre de résurrection ? » Me demande Grace.

Ses yeux me scrutent avec espoir. La petite troupe, à l'exception de Gauïs, est euphorique. Je venais de leur apprendre des informations capitales.

« Mon père, possède la relique. On n'a pas tous la chance d'hériter d'un de ces biens. »

« Dans ce cas, pour quelle raison Grindelwald s'est-il attaqué à toi, dans la forêt interdite ? » Tente de me piéger Harry.

Parce que les reliques de la mort et moi sommes deux entités bien distinctes. Impossible de leur confier que le mage souhaite m'embobiner dans son camp. D'abord, parce que je ne connais toujours pas cette maudite prophétie, ensuite cette révélation déboulerait sur ma deuxième ascendance. Autant, ces apprentis enquêteurs découvriraient bien assez tôt que je suis l'héritier de Serpentard en cherchant un peu plus loin, mais mon lien avec Merlin risquerait de me mettre en danger. Seul quatre personnes connaissaient ma vraie identité.

« Je suis le point faible de mon père. Pas besoin de vous rappelez les paroles du professeur Bequir. » J'appuie ma phrase avec un regard sombre sur mes camarades.

Black et Grace partageaient les mêmes cours que moi. Ils savaient pertinemment que Grindelwald s'attaquait aux familles pour assouvir son pouvoir. Ce n'était pas complètement honnête de ma part, pourtant une note de vérité ressortait de mon aveux.

« Tout ça est complètement logique. Grindelwald possède la relique la plus puissante. Il s'en sert pour asservir le peuple de son pouvoir et prôner une sorte de dictature. Son but est de devenir invincible, c'est pour cette raison qu'il souhaite obtenir les deux autres reliques. »

« Évidemment. Vous vous rendez compte de votre stupidité ! Qu'est ce que Grindelwald pourrait bien faire de la pierre de résurrection ? » Je me moque.

« A ton avis !? Je ne sais pas, par exemple : ressusciter les morts. » S'agace Black avec évidence.

Soupçonneux, je dévisage les sorciers tour à tour. Et c'est moi qui manque de maturité ? Ils ne sont pas sérieux. Seul un gamin de dix ans pouvaient croire encore à cette légende.

« Rassurez-moi. Mais, avant de continuer, vous avez bien conscience que La Mort n'a jamais créé ces objets ? » Je m'exaspère.

« Bien entendu. » Confirme Granger.

Pourtant, à l'air ahuri des autres, je devine que mis à part Hermione, personne n'avait la tête sur les épaules. D'ailleurs, elle poursuit son explication.

« C'est plus probable que les Peverell aient eux-mêmes fabriqué ces reliques. »

« Merci ! Et pour info, Black. On ne peut pas ramener les morts. C'est contre nature. La pierre sert uniquement à raviver le souvenir d'un être cher disparu. » Je râle à son adresse.

Renfrogné, Black ramène ses bras contre son torse. Mon insinuation le traitait clairement de gamin. Néanmoins, ses amis ne valaient guère mieux. Je fouille leurs papiers à la recherche d'autre chose. Rien d'intéressant, des articles de la gazette du sorcier masqué en simple fait divers. Je reconnais l'article paru le jour où ma maison avait brûlé. Les pères de Black et Potter étaient venus en renfort, alors bien entendu il connaissait l'origine de cet incendie. Une question me trottait dans la tête. Etais-je le seul à avoir subi des attaques causées par le mage noir ?

« Grindelwald a-t-il essayé de vous prendre la cape ? »

« On suppose. »

Je tique à la réponse et je dévisage Harry. La réponse est étrange. Comment ça, il suppose ?

« Après l'attaque du Poudlard Express, nos parents ont mis en place un enchantement de Fidelas. Ils nous laissent jamais sortir seul. On se déplace en groupe la plupart du temps. » Explique Grace.

« En groupe ? » Je cherche à comprendre.

« La famille, des amis ou bien même des membres de l'Ordre du Phénix. » Termine Harry.

Cette révélation me sidère. Je venais de comprendre une vérité gênante. Grindelwald ne s'attaquait pas à ma famille uniquement à cause de moi. C'était simplement plus facile. Ma famille ? À part mes parents, je n'en avais pas. Nous étions seuls. Pas d'amis, pas d'Ordre du Phénix. Personne. Ils étaient six autour de cette table et je parierai que chacun d'entres eux n'hésiteraient à payer de leur vie pour secourir un autre. Moi j'avais Jack. Aussi, je savais pertinemment qu'en tant que duelliste le Serpentard ne me serait pas d'un grand secours. Non, à l'exception de mon père, je ne pouvais compter sur personne pour me défendre. Seulement, ce n'était pas avec lui que je passais la plupart de mon temps.

« Et ? Qu'avez-vous découvert d'autre ? »

Je préfère changer de sujet. Cette conclusion était difficile à encaisser. Je me sens stupide de ne pas m'en être rendu compte plus tôt.

« Avec les oreilles à rallonge de Fred et George, on essaye de capter des informations dans les réunions de l'Ordre du Phénix. » Débute Grace.

« L'ordre pense que Grindelwald prépare quelque chose. » Poursuit Harry.

« C'est-à-dire ? »

Voilà ce que je cherchais. Des informations inédites. Secrètement, j'admire leur persévérance. Espionner les réunions de l'ordre ne devait pas être une mince affaire.

« On n'a pas bien compris. Mais Grindelwald semble être en train de recruter une plus grande armée. » Annonce Harry.

Un soupçon de peur me voile les yeux. Je connais la réponse à ma prochaine question, mais je m'oblige à la poser.

« Une armée pour quoi faire ? »

« Grindelwald en a marre des échecs, Jedusor. Il a une dent contre les Aurors. » Siffle Black.

En y repensant, les Aurors avaient toujours eu le dessus sur les hommes de Grindelwald. Jusqu'à présent la chance accompagnait leurs attaques. Le mage détestait perdre… Si leurs révélations s'avéraient juste, la communauté sorcière courrait un grave danger. Les plans de Grindelwald seraient imminents. Grace frissonne et Gauïs la rassure en encerclant ses bras autour de ses épaules. Leurs regards sont ternes. Nous étions plusieurs à vivre avec une épée de Damoclès sur la tête. Black, Potter et moi. Un de nos parents étaient Aurors.

« Grindelwald a peur de Dumbeldore. » Précise alors Ginny.

« Oui, tant que Dumbeldore sera présent, personne ne risque rien. » Approuve Hermione.

« C'est bien le problème, Hermione. À un moment donné, il sera absent et Grindelwald en profitera. » Explique Ron.

Ce Weasley n'était pas complètement stupide finalement. Quoique je possédais un coup d'avance sur eux. Je savais que Dumbeldore reportait sa confrontation avec le mage. Aussi, le vieil homme m'avait avoué que Grindelwald craignait mon père. Ce détail me rassure égoïstement. Au moins la vie de mon géniteur ne serait pas menacée. Pourtant, les Gryffondors oubliaient une information capitale. Ça ne me ressemble pas de rassurer les autres, mais je pense que cette déclaration m'est également destinée.

« La Baguette de Sureau n'est pas invincible. Son existence apparaît dans de nombreux récits sous d'autres noms, comme Le Bâton de la Mort par exemple. Aussi, on découvre que cette baguette a changé de propriétaire de nombreuse fois. Grace, explique à tes amis comment une baguette peut louer une allégeance à un autre sorcier. »

La vocation première de la jeune fille était utile dans cette conversation. Ses camarades semblent surpris que je m'adresse directement à elle. Néanmoins, je suis certain qu'elle connaissait la réponse.

« Lorsqu'un duel est remporté. La baguette du sorcier vaincu revient au sorcier triomphant. Ou bien… Lorsque l'adversaire est tué. »

« Tout à fait. Donc, de nombreux possesseurs de La Baguette de Sureau sont morts. Grindelwald peut être vaincu. »

Une note d'espoir s'immisce dans le groupe de Gryffondor. C'était justement à cause de cette peur que les sorciers s'éloignaient de la confrontation. Seulement, Grindelwald n'était pas le sorcier le plus puissant existant à ce jour. Je consulte ma montre à gousset, 23H. Je devais vite rejoindre mon dortoir avant d'avoir des ennuis.

« Il se fait tard. Je vais regagner ma salle commune. »

« Je vais te raccompagner. » Annonce Grace en se levant.

« Quoi ? » S'étrangle Gauïs.

Si la phrase de Grace ne me rendait pas mal à l'aise, je me serais probablement moqué de Black. Néanmoins, je ne peux m'empêcher de me sentir quelque peu contrarié. Je suis le garçon… En général la gent masculine se charge de raccompagner les dames et non pas l'inverse.

« S'il se fait prendre, il aura des ennuis. » Explique Grace face à la mine étonnée de ses camarades.

« Et alors ? Ce n'est pas notre problème. » Souligne Gauïs.

« Harry, donne-moi la cape. Je reviens tout de suite. » Demande Grace.

« Il n'est pas question que tu te ballades sous la cape avec lui. » Chuchote Black, outré.

Son intervention se voyait discrète, mais tout le monde venait d'entendre sa jalousie. Finalement, cette intervention m'amuse. Donc, je gagnais du terrain petit à petit. Black craignait toujours autant ma compagnie avec sa petite amie. Parfait.

« Tu es bête, tu t'imagines vraiment n'importe quoi. » Rouspète Grace sur le même ton.

Je fais de mon mieux pour garder un masque neutre. Cependant, les joues rougis de Grace me comblent. Donc la jeune fille ne croyait pas vraiment en ses paroles. Black avait-il raison de craindre ce rapprochement ? Hum… Etais-je capable d'aller plus loin ? Oui, Gauïs devait répondre de ses actes.

« Je vais le raccompagner. Moi-même. » Clos Harry Potter.

En temps normal, j'aurais rejeté sa proposition. Je préférais me débrouiller seul. Seulement, une menace planait sur mes épaules. Mon père avait exigé un comportement irréprochable afin de passer l'éponge. J'avais besoin de liberté. Hors de question d'être consigné à résidence durant mes prochaines vacances de Noël…

C'est donc en compagnie de Harry que je traverse le château afin de regagner le dortoir des Serpentard. Je profite du trajet pour étudier la cape d'invisibilité. J'avais déjà aperçu une autre de ces étoffes dans le bureau de mon père, mais de moindre qualité. Cette cape semblait indestructible et le sortilège de désillusion incroyablement puissant. Maintenant que je savais qu'il s'agissait d'une des reliques de la mort, mon intérêt pour l'objet augmentait.

« Je ne suis pas stupide, Jedusor. » Déclare soudainement Harry Potter.

Surpris, j'arque un sourcil dans sa direction. Les yeux émeraudes du jeune homme, les mêmes que Grace, m'envoient un avertissement. Nous continuons tout de même d'avancer, dos courbé sous la cape d'invisibilité.

« Pardon ? » Je demande.

« Je sais très bien que tu t'amuses avec ma sœur pour embêter Gauïs. Arrête ce petit jeu tout de suite. »

« Qu'est-ce qui te fait dire ça ? » Je questionne.

Mince, Harry était plutôt perspicace. Pour autant, je n'allais pas lui avouer que je me servais de sa petite sœur. Je ne connaissais pas l'amour fraternel, mais je me doutais qu'il pouvait être redoutable.

« Tu l'insultes, puis subitement vous vous rapprochez. Grace t'apprécie sincèrement, Jedusor. Alors, si tu n'es pas aussi cruel que je pense, arrête. Tu vas la briser. »

Je reste silencieux. Bien entendu, je m'étais rendu compte de ce que Harry me disait. Aussi cruel que je pense. Donc finalement, tout le monde me voyait comme un être froid et dénoué de sentiments. Non Grace essayait toujours de me comprendre. Au fond, elle savait que ma carapace cachait autre chose. Je prends aussi conscience d'un élément important. Comme disait Harry, je l'avais insulté et malgré ça, Grace n'avait jamais répondu à mes attaques. Pourquoi ? Au fond de moi, j'appréciais cette fille. Elle était tellement différente de ces autres Gryffondors. Oui, Grace Potter piquait ma curiosité.

« Ne compte pas sur moi pour regarder sans rien faire. » Menace Harry.

« Tu as raison sur un point, Potter. Mon but premier est d'enquiquiner Black. »

« Alors ne mêle pas Grace dans ta gaminerie ! Comment va-t-elle réagir à ton avis quand elle comprendra que tu te sert d'elle !? » S'emporte le Gryffon.

Potter me toise avec violence. La menace plane dans ses recommandations. Je grimace, dégoûté parce que je m'apprête à lui dire. Je détestais qu'on me fasse la morale, j'avais bien assez de mon père pour ce rôle.

« J'appréciais ta sœur avant qu'elle ne soit avec cet abruti de Black, Potter. C'est quoi ton problème ? Tu veux empêcher Grace de m'adresser la parole ? »

À mon tour d'être énervé. Au-delà de sa morale, je n'aimais pas recevoir des menaces. Personne n'avait le droit de me dicter ma conduite. Pour qui il se prenait cet idiot ?

« Grace fait ce qu'il lui plaît. Je te demande juste de voir plus loin que le bout de ton nez. Ne pense pas uniquement à toi. »

Encore un qui me traite d'égoïste…

« Tu ne me connais pas, Potter. » Je le mets en garde.

« Je te connais assez pour savoir que tu n'es pas foncièrement méchant comme tu aimes le faire croire ! » Riposte Harry.

« A oui ? Tu ignores ce dont je suis capable. » Je réfute.

Je suis dangereux. Mes capacités se déploient dans mes moments de rages. La méchanceté anime mon envie de pouvoir et domination. S'il connaissait mes pensées les plus sombres son discours serait tout autre. Ses petits amis ont raison de se méfier de moi.

« Je sais exactement ce dont tu es capable. J'étais là Jedusor. Tu es le genre de personne capable de se jeter dans un trou pour rattraper une autre. Tu es capable de berner un sbire de Grindelwald avec une dague plantée dans l'abdomen. Tu es certainement un des élèves les plus intelligents de ce collège. Tu n'es pas un Gryffondor pourtant tu ne manques pas de courage. L'année dernière tu n'as pas hésité à porter secours à une concurrente durant la première épreuve, sans parler de la fois où tu as sortie ta mère des flammes de ta maison. »

J'avale difficilement ma salive. Je me rappelais chacun de ces moments. Il s'agit de compliment, pourtant ils sont très durs à entendre. Mes agissements n'étaient pas réfléchis dans ses exemples. Néanmoins, c'était bien moi. Pourquoi je ne les acceptais pas ? La réponse est simple… Je ne pensais pas les mériter. Courageux, moi ? Grotesque, je préfère souvent sauver ma peau. Les exceptions s'appliquent à mon entourage.

« Ça s'appelle de l'empathie, Potter. » Je siffle entre mes dents.

« L'empathie demande du Courage. » Insiste Harry.

Je soupire avec agacement. L'image du bon gars ne me satisfait pas. Certes mon éducation impliquait une prise de conscience importante. Ma mère avait toujours insisté pour que je m'éloigne des principes de mon père. Malgré moi, j'appliquais son enseignement.

« Et tu viens également de me prouver ce soir que tu n'es pas indu de ta personne. »

« Qu'est-ce que tu inventes, encore ? » Je grogne.

« Tu nous as donné un grand nombre d'informations. Rien ne t'y obligeait. »

Je lui darde un regard noir dans la pénombre. Mon partage n'était pas innocent.

« Les adultes ne sont pas très bavards, n'est-ce pas Potter ? » Je me moque.

« Toujours trop jeunes quand ça les arrange. » Approuve Harry.

« Tu sais bien que je ne vous ai pas donné ces informations sans attendre un retour. » Je le préviens.

« Je t'ai donné tout ce qu'on sait. Et toi Jedusor ? Tu es sûr de tout nous avoir dit ? »

« Hum… Il ne me semble pas avoir prononcé de telle parole. » Je reste mystérieux.

Le Gryffondor savait que je gardais des informations capitales sous ma manche. En revanche, il ignorait mes vraies motivations. Étrangement ma conversation avec les rouges et or venait de libérer un poids sur ma conscience. C'était agréable de pouvoir discuter librement de certains de ses secrets. Je gardais tout pour moi, sans jamais me confier à qui que ce soit. Cependant, les Potter n'avaient pas gardé ce lourd héritage pour eux tout seul. Non, ce fléau, ils l'avaient partagé avec plusieurs de leurs amis. La loyauté… Je venais tout juste de comprendre son intérêt. Ne jamais être seul.

« Attends. Merde, un professeur arrive. Demie tour. » Annonce Harry.

Sur sa carte animée, j'aperçois la silhouette du professeur Slughorn s'avancer dans notre direction. Les cachots sont étroits, au moindre croisement nous risquons de révéler notre présence.

« Oh non… »

Impossible de rebrousser chemin, Rusard et Miss Teigne évoluent en sens inverse. Bientôt, il n'y aurait plus de solutions. Je réfléchis à toute vitesse. Rusard ou bien Slughorn ? Les pas se rapprochent. J'aperçois une lueur à l'extrémité du couloir, certainement celle d'une baguette magique éclairée. Mon cœur palpite. Je sais exactement comment me sortir de ce pétrin. Sans prévenir, je sors de la cape d'invisibilité.

« Jedusor ! Qu'est ce que tu fabriques ! » Murmure Potter avec effarement.

L'effet est étonnant. J'attrape une masse invisible pour la diriger vers un placard à balais. L'endroit n'est pas plus grand qu'une malle. On ne serait jamais entré à deux dans cette surface. Avec autorité je force Potter à se cacher puis je referme la porte juste à temps.

« Coba ? Qu'est-ce que vous faites debout à une heure si tardive, mon garçon ? »

Le professeur Slughorn se rapproche de moi avec inquiétude. La lumière de sa baguette éblouie mes yeux. J'applique un air triste sur mon visage. C'est ma dernière carte. Si j'échouais les ennuis ne tarderaient pas.

« Je… Désolé professeur. Je me sens tellement coupable. Je n'arrive plus à dormir. Je… je crois que je ne le mérite pas, Monsieur. »

« Allons, allons mon garçon. Qu'est-ce qui vous tracasse autant ? »

Gagné, le professeur prend ma panique au sérieux. Pour rendre ce manque de confiance crédible, je force sur mes yeux. Des larmes commencent à brouiller ma vision, juste suffisamment pour alerter Slughorn.

« Le Mangenmagot, professeur. Vous m'en croyez capable ? J'en doute. Je souhaitais simplement retrouver le professeur Dumbeldore dans son bureau. Je pense abandonner… J'ai tellement peur d'échouer, Monsieur. »

« Voyons mon garçon, il n'y a pas plus méritant que vous. Venez, nous allons en discuter devant une tasse de thé, mon ami. On traverse tous des moments difficiles Coba, mais ne doutez pas. Vous faites partie de mes plus brillants élèves. Bien loin de moi l'idée que vous échouez. Faites moi confiance, mon garçon. Tout se passera bien. »

Pris de pitié, le professeur Slughorn avait amicalement posé une main sur mon épaule afin de m'entraîner vers son bureau. Je regrettai presque mon stratagème. J'avais passé près d'une heure avec mon professeur à discuter des différents avenirs politiques qui pourraient m'attendre. Le maître des potions me voyait déjà premier ministre… Face à l'engouement du sorcier, je n'avais pas osé l'interrompre pour lui révéler que je préférais devenir inventeur. D'ailleurs Slughorn profita de ma nouvelle influence pour me convier de nouveau dans son petit Club.

Une petite review ? Des questions ?