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Échafauder un plan

- Mary ! Mary ! Réveille toi ! S'il te plaît réveille toi !

La première chose qu'elle sentit en se réveillant fut la douleur lancinante qui pulsait dans son crâne. La seconde, une douleur effroyable, un vide total, qui venait du plus profond d'elle-même. Avec un gémissement, elle se replia sur elle-même, malgré la violente nausée que cela provoqua. Elle suffoquait. Pourquoi avait-elle l'impression qu'on lui avait arraché son âme ?

Un violent frisson remonta le long de son échine et un sanglot s'échappa de sa gorge, tandis qu'incontrôlable, elle se mit à pleurer comme jamais elle n'avait pleuré. La sensation confuse d'avoir perdu la chose la plus importante de sa vie s'empara d'elle jusqu'à l'étrangler.

Combien de temps resta t-elle là à pleurer sans savoir pourquoi ? Elle n'en avait aucune idée. Mais elle avait les yeux gonflés, la gorge enflammée, le souffle court et le corps parcourut de spasmes quand elle réussit enfin à s'arrêter.

- Mary, Mary

Clignant des yeux, elle s'éclaircit la vue et constata que la voix angoissée qui l'appelait venait de Ladon. Son serpent semblait très agité et tâtonnait son visage de sa langue dans l'espoir d'attirer son attention. Reniflant, elle murmura d'une voix rauque :

- Ladon

Cela sembla rassurer le reptile car il cessa de l'appeler et vînt se réfugier tout contre elle en un câlin écailleux dont il avait la spécialité. Lentement, très lentement, Mary leva une main pour la poser sur l'arrière de son crâne d'où semblait émaner sa douleur physique. Ses doigts touchèrent quelque chose de rêche qu'elle n'identifia qu'une fois que son meilleur ami lui eut indiqué qu'elle avait saigné : il s'agissait d'une croûte de sang. Pas étonnant qu'elle ait tellement mal au crâne !

Déglutissant, elle bougea ses jambes, ses bras, mais hormis son crâne, et son visage –elle avait dû tomber face contre terre et y rester longtemps– tout semblait en ordre. Ouch ! Mais que s'était –il donc passé ?

Prenant son courage à deux mains, elle se redressa sur un coude. Un éclair de douleur lui traversa le crâne, mais elle persévéra jusqu'à se redresser, assise contre le mur. Elle était toujours dans son laboratoire de potion, ce qui était une bonne chose. Il faisait jour : des heures s'étaient donc écoulées depuis son dernier souvenir qui datait de l'heure du dîner.

Elle se sentait tellement faible, tellement vide, tellement seule. Mais, étrangement, elle avait aussi l'impression de respirer librement pour la première fois depuis… Depuis tellement de temps ! Comme si on venait de lui ôter un poids qui lui aurait oppressé l'esprit et le corps pendant toute sa vie.

- Que s'est-il passé ? demanda t-elle en caressant d'une main encore tremblante les écailles de Ladon qui se laissa faire.

- C'est ce sale traître de Jedusort ! s'exclama t-il. Je te l'avais dit ! Il t'a trahi !

- Quoi ? Mais non, répondit la rousse en articulant exagérément. Il ne peut pas me faire de mal sans s'en faire également. Il devait déjà y avoir quelqu'un…

- Il n'y avait personne ! la coupa le reptile. Il t'a assommée avec un chaudron vide. Ça l'a à peine fait vaciller ! J'ai essayé de le mordre, mais il m'a donné un coup de pied ! Il a récupéré le journal et il est parti !

Prise panique à ces mots, Mary porta ses mains à la poche où elle gardait toujours le Journal emballé dans sa cape depuis des mois. Vide. Plus de Journal. Elle trouva la cape, ce qui ne la rassura pas autant que cela aurait dû. Mais plus la moindre trace du petit carnet noire et écorné qui avait contenu tout l'être de Tom Jedusort. Une vague d'angoisse, puissante et dévastatrice, la traversa. Qu'avait-elle fait ? Qu'avait-elle fait ? Par Merlin mais qu'avait-elle fait ? Où pouvait-il être allé ? Avait-il rejoint les Mangemorts ? Comment avait-elle pu croire qu'il s'éloignerait de celui qu'il était initialement ?

La crise de panique la traversa comme une vague, la paralysant pour la deuxième fois depuis son réveil. Son cerveau tournait, s'étouffait lui-même avec les interrogations qui y naissaient. A quel moment cela avait-il dérapé ?

Une grosse détonation à l'extérieur la ramena au présent. Inspiration, nouvel effort… Mary réussit à se mettre debout. Marcher fut pénible. Elle dut s'appuyer sur le mur pour atteindre la fenêtre. Elle avait l'impression de ne plus savoir exactement comment se servir de ses jambes. Tout semblait difficile. C'était comme si ses yeux voyaient tout de manière plus aiguë que d'ordinaire, que ses gestes étaient difficiles à coordonner, que l'air dans ses poumons était douloureux à chaque respiration, que son esprit avait du mal à réfléchir. Il était confus, désordonné et quand elle essaya de mobiliser ses faibles connaissances en occlumancie elle constata que l'intérieur de sa tête semblait avoir été ravagé. C'était la même impression que si une tornade avait été déclenchée dans sa chambre.

Parvenant enfin à l'unique fenêtre de son labo de potion, elle s'accrocha aux barreaux qui la fermait et jeta un regard au parc, cherchant à savoir où en était la situation à l'extérieur. On ne voyait pas grand-chose… Ça sentait le brûlé et qu'elle elle se pencha au maximum pour voir à l'extérieur elle constata qu'un incendie avait vraisemblablement démarré et semblait provenir des serres de botanique. Il n'y avait pas de mouvements.

Par Merlin où Tom avait-il bien pu aller ? Il était dangereux !

- Tu dois sortir d'ici, siffla Ladon. Quitter Poudlard.

- Oui… Oui… Mais par où ?

- Avec la cape, tu pourras passer n'importe où.

C'était vrai. La Cape la rendait complètement invisible et indétectable. Elle ne risquerait rien tant qu'elle ne cognerait personne et n'aurait pas besoin d'ouvrir des portes. Passer par la porte d'entrée du château pouvait-elle être la meilleure solution? Et ensuite, elle traverserait le parc. Mais est ce que les grilles du château seraient ouvertes ? Ou valait-il mieux passer par la Forêt Interdite.

Bien sûr, l'idéal serait d'utiliser le passage sous le Saule Cogneur afin de se rendre à la Cabane Hurlante. C'était le moyen le plus rapide de quitter l'école et d'aller loin. Mais elle ne savait pas immobiliser le Saule comme le faisaient les Maraudeurs. Elle doutait que l'arbre ne se base sur sa vue pour détecter les intrus donc s'en approcher serait indiquer sa présence à l'ennemi même dissimulée sous la cape. Et une fois dehors, que ferait-elle ? Seule hors du château, elle n'aurait plus qu'à espérer que sa mère vienne une fois de plus à sa rescousse.

Étrangement, l'idée de la fit pas grimacer comme d'ordinaire. Elle ressentait même le besoin urgent d'être serrée dans les bras de la Maître des Potions.

Bien, elle sortirait par la Grande Porte et elle commencerait par aller voir si les grilles étaient ouvertes. Puis, si ce n'était pas le cas, elle passerait par la Forêt Interdite. Avec le Tournois des Trois Sorciers, elle avait déjà bien exploré l'endroit auparavant.

Mais elle devait préparer sa sortie.

Elle commença par grignoter un des encas qu'elle avait laissé dans son labo de potion. Étant donné qu'elle passait parfois des heures ici, elle y avait toujours de quoi faire un goûter. Ça ne combla pas complètement son ventre qui criait famine puisque son dernier repas était le déjeuner de la veille, les Mangemorts ayant attaqué à l'heure du dîner. Mais cela la rasséréna quelque peu et elle se pencha ensuite sur ses chaudrons et ses ingrédients. Préparer une potion antidouleur n'était ni compliqué ni long. Elle pourrait essayer de prévoir quelques fumigènes également au cas où. Les potions offensives et défensives n'étaient pas sa spécialité, Fred et George étaient beaucoup plus forts qu'elle là-dessus, mais elle tenta le coup. Le tout était juste de préparer quelque chose de suffisamment corrosif pour que ça fasse des dégâts si jamais elle la jetait sur quelqu'un. Et de toute manière, elle n'avait pas énormément de place dans ses poches. Et il fallait qu'elle fasse pipi avant de se lancer dans son escapade.

S'activer lui faisait du bien. Ça lui permettait d'essayer d'occulter le vide et la douleur qu'elle ressentait en elle et qui n'avait rien de physique. Mais elle devait d'abord sortir de là et se mettre en sécurité avant de se pencher sur ce sujet. Priorisation.

Il lui fallut environs une heure avant de se penser prête. Elle se dissimula sous sa cape, prit une grande inspiration et poussa la pierre du mur qui permettait d'ouvrir le passage jusque dans le couloir. Il était vide et elle s'empressa de sortir et de fermer l'endroit avant de se coller contre une statue et de s'immobiliser. Personne.

Prudemment, elle commença son cheminement jusque dans le hall d'entrée. Elle eut la peur de sa vie en entendant un ronflement sonore au détour d'un couloir, mais il ne s'agissait que d'un homme qui dormait. Un peu de sang maculait le tour de sa bouche. Un reste de squelette bien nettoyé se trouvait à quelques pas de lui. Un lycanthrope qui avait festoyé et que la nuit avait épuisé sans doute.

Fermant un moment les yeux, elle serra les lèvres autant pour éviter qu'un gémissement de peur n'en sorte que pour s'empêcher de vomir ce qu'elle avait dans le ventre. Ladon l'exhorta à continuer et c'est ce qu'elle fit.

Après cela, elle s'attendit à revoir plus où moins régulièrement la même scène. Elle fut donc surprise de constater que, hormis quelques corps qu'elle prit grand soin de ne pas regarder de trop près, l'école ne portait aucune trace de bataille. Peut-être parce qu'il n'y avait pas vraiment eu de bataille : les élèves, terrifiés, n'avaient pas dû beaucoup résister aux Mangemorts et aux lycanthropes. Du moins, elle supposait. Ou alors ils avaient finalement été incapables d'entrer dans les Salles Communes ? Ce qui signifierait que ses camarades étaient indemnes et en sécurité.

Son espoir fut cependant vite déçu quand elle arriva dans le hall. Un bourdonnement provenait de la Grande Salle. Une seconde de réflexion la fit hésiter entre s'enfuir à travers la porte ouverte sur le parc ou aller jeter un coup d'œil à l'origine de ce bruit. Elle finit par s'approcher prudemment de la Grande Salle : toutes les informations qu'elle pourrait obtenir seraient bonnes à prendre.

Une odeur de nourriture flottait dans l'air et son estomac lui rappela qu'elle n'avait quasiment rien mangé depuis la veille. Etait-il possible qu'il soit déjà midi ?

Mary se plaqua contre le mur et laissa dépasser juste le haut de sa tête. Elle avait beau être invisible, elle préférait rester prudente.

Une seule table était dressée dans la Grande Salle autours de laquelle se trouvaient assis des adultes en robe noires, masques enlevés, qui festoyaient. Se trouvait également avec eux des élèves. Beaucoup de Serpentards, mais elle repéra aussi des membres d'autres Maisons. Tous des Sang-Purs. Les autres élèves, se trouvaient alignés au sol, séparés en plusieurs groupes, sous la garde de quelques Mangemorts chargés de la surveillance.

Il y avait un groupe composé exclusivement de Nés-moldus. Ceux-là semblaient les plus amochés. Elle repéra William, inconscient au sol, une grosse plaie sur la tempe. Elle chercha son frère, et le trouva dans un groupe qu'elle classa parmi les "otages". Il y avait là les enfants, neveux, nièces, cousins des opposants notoires à Voldemort. Elle n'y vit pas Emeli. Où se trouvait t-elle ? Mary finit par la remarquer, assise, à la même table que les Mangemorts. Elle ne semblait pas manger et un œil au beurre noire barrait son visage fermé.

Ils avaient vraiment réussi à attraper toute l'école… Des professeurs, elle ne voyait aucune trace. Dans un coin de la salle, elle repéra un tas de baguettes brisées. Sans doute celles des Nés-Moldus. Par Merlin.

Que devait-elle faire ? Fuir ne lui semblait pas indiqué. Si Voldemort avait la main sur tous les élèves de Poudlard, il avait déjà gagné. Personne n'oserait s'opposer à lui s'il menaçait leur progéniture. Sa mère serait dans la même impasse. Que pouvait-elle faire ?

Observant une fois de plus la scène, Mary finit par avoir une idée. C'était risqué, peut-être étrange, mais ça valait la peine d'essayer. Quittant son poste d'observation, elle trottina jusqu'à un couloir adjacent et ne s'arrêta que devant un tableau représentant une coupe de fruit. Priant très fort Merlin, elle chatouilla la poire jusqu'à ce qu'un passage soit ouvert vers les cuisines. Retenant son souffle, elle entra, et sourit brièvement. Il n'y avait là que des elfes qui jetaient des regards apeurés à la porte qui venait de s'ouvrir. Mary sortit la tête de sa Cape d'Invisibilité quand la porte fut refermée, causant quelques couinements de terreur avant qu'ils ne la reconnaissent : elle était déjà venue aux cuisines à plusieurs reprises.

- Bonjour, dit-elle. J'ai… J'ai besoin de votre aide, s'il vous plaît.

Les petites Créatures s'entre regardèrent, apeurées. Puis, l'un d'eux s'avança. Il avait une tête bizarre avec des grands yeux bleus et de minuscules oreilles pour un elfe de Maison. Il avait sur le visage une expression intrépide.

- Les sorciers en noirs s'en sont pris à Poudlard et aux pauvres petits humains. Qu'est ce que Gilix peut faire pour aider la jeune Miss Mary Potter ?

- Les Mangemorts sont tous en train de manger : serait-il possible de glisser un somnifère dans la suite du repas ? Cela limiterait le nombre d'ennemis et on pourrait évacuer les élèves ?

- Gilix sait où trouver des somnifères, dit-il immédiatement.

Il se tourna vers ses semblables et tous le regardèrent avec une certaine horreur dans le regard que Mary ne comprit pas.

- Gilix n'a pas toujours été un bon elfe de maison, dit-il. Mais Gilix veut sauver les petits humains des méchants sorciers. Aidez Gilix ! S'il vous plaît !

Mary jeta un regard aux autres elfes et à ce Gilix qui avait joint ses mains en supplication. Abandonnant toute dignité, elle se jeta à genoux à côté et joignit aussi ses mains.

- S'il vous plaît ! J'ai besoin de vous ! Je ne veux pas que mes amis meurent et ils vont faire beaucoup de mal à tout le monde ! Aidez moi à les sauver et les évacuer, s'il vous plaît !

Le fait qu'un humain, qu'un élève du château les supplie mit très mal à l'aise ces petites Créatures. Elles ne vivaient que pour servir et le fait qu'on leur parle ainsi leur donna l'horrible impression de ne pas faire leur travail correctement et cela eut l'air de les motiver plus que les paroles de leur confrère.

- Miss, ne vous agenouillez pas. Les elfes vont aider, dit un vieil elfe aux poils blancs. Que devons nous faire ?

- Je… j'ai besoin que vous mettiez des somnifères dans tous les plats qui sont envoyés dans la Grande Salle. Et après, j'aurais besoin de vous pour faire transplaner les élèves hors de Poudlard. Vous pouvez faire ça ?

- Rien de plus facile Miss. Où devons nous déposer les petits humains ?

- Chez eux, vous saurez retrouver leurs domiciles s'il vous donnent les adresses ?

- Oui Miss.

Gilix lança un grand sourire à Mary et disparut, sans doute pour aller chercher les somnifères. Maintenant qu'elle avait réglé le début de son plan, il fallait penser à la suite. Il n'y avait pas assez d'elfe dans Pourdlard pour faire transplaner tous les élèves rapidement hors de l'enceinte du château. Il faudrait faire venir des renforts. Mary pensait notamment à sa mère et l'Ordre du Phénix. Peut-être des aurors ? S'il en restait, avec le Ministère qui était passé aux mains de Voldemort. Elle se tourna à nouveau vers le vieil elfe qui était resté près d'elle.

- Est-ce que vous pouvez également faire entrer des personnes ? Des gens qui nous aideraient contre les Mangemorts ?

- Bien sûr, répondit-il. Nous sommes des elfes de Maison.

- Alors je voudrais que vous alliez parler à Crystall Entwhistle, ma mère. Elle saura appeler du renfort et nous aidez. Oh et s'il vous plaît ?

- Oui, Miss ?

- Faites en sorte que vos elfes soient prudents, je ne veux pas qu'ils meurent.

La demande fit ouvrir de grands yeux et il s'inclina devant elle. Mary profita d'être présente pour attraper quelques aliments et combler son estomac.

- Ladon, chuchota t-elle. Je vais faire ce que je pourrais pour les sauver.

- Mary Potter !

La concernée sursauta et crut qu'elle avait été découverte, mais la personne qui venait de l'appeler était un fantôme. Nick-Quasi-Sans-Tête se trouvait là, l'air heureux de la savoir encore libre.

- Ma chère amie ! Quelle joie de voir que vous avez su éviter les ennuis. Mais vous ne devez pas rester ici. Vous mourrez si l'on vous trouve.

- Sir Nicolas, je n'ai pas vu de professeurs ? Je sais… je sais que le professeur McGonagall ne s'en est pas sortie mais les autres ?

- Tous sont enfermés aux cachots, répondit le fantôme avec un triste hochement de tête. Excepté Rogue. Ce manant s'est retourné contre nous et se trouve avec Linch dans la Grande Salle à festoyer de leur victoire !

Mary enregistra l'information concernant les deux membres du corps enseignant qui étaient passés à l'ennemi et calcula qu'entre le moment où les plats seraient empoisonnés avec du somnifère et celui où il prendrait effet elle aurait le temps de descendre aux cachots pour expliquer aux professeurs ce qu'il se passait et les libérer.

- Sir Nicolas, pouvez vous demander à Peeves de se tenir prêt à mettre le bazar pour nous aider à fuir ? Pensez-vous qu'il acceptera ?

- Je m'en vais trouver le Baron Sanglant : Peeves n'écoute que lui.

La rousse hocha la tête et revêtit à nouveau sa cape avant de sortir dans les couloirs. Elle retourna dans le hall, vérifia que leurs ennemis mangeaient toujours, repéra effectivement Rogue parmi eux, mais pas Linch. Elle prit l'escalier descendant aux cachots, les connaissant à présent comme sa poche vu les heures qu'elle avait pu y passer.

Trouver les professeurs ne fut pas bien compliqué. Ils étaient tous vivants, hormis McGonagall, mais cependant bien amochés… Ils ne pourraient sans doute pas autant aider que prévue. Sans doute n'avaient –il plus non plus leurs baguettes, vu le tas de baguettes brisées qu'elle avait vu dans la Grande Salle.

- Alohomora.

La porte du cachot s'ouvrit doucement et elle sortit rapidement la tête de la Cape tandis que les professeur sursautaient et regardaient autours d'eux avec crainte.

- Ce n'est que moi professeurs, dit-elle.

- Miss Potter ! chuchota le professeur de sortilège. Où étiez-vous ?

- Ce n'est pas la question. Tout le monde se trouve dans la Grande Salle.

Elle leur expliqua brièvement ce qui allait se passer et ils trouvèrent son idée ingénieuse. Utiliser les elfes pour l'évacuation était une bonne chose. Mais comme elle l'avait déjà deviné, il n'y en aurait pas suffisamment pour sauver rapidement tout le monde. Ce qui avait été prévu par la direction était l'utilisation de la Salle du Demande et du passage secret sous le Saule Cogneur pour sortir de l'école puis des cheminées de la Tête de Sanglier et des Trois Balais, moins surveillées que celles de Poudlard, pour mettre les élèves en lieux sûrs où les faire rentrer chez eux pour ceux qui avaient une maison liée au réseau de cheminette.

- Nous pouvons toujours procéder ainsi pour palier aux elfes, raisonna le professeur Sinistra. Si nous arrivons à avoir quelques baguettes...

- J'utiliserais un sortilège d'attraction sur les Mangemorts qui seront endormis dans la Grande Salle pour vous en fournir, déclara Mary.

- Allons y alors.

- Un instant, les interrompit le professeur de sortilège. Miss Potter, si vous consentiez à me prêter votre baguette que je nous rende moins repérable…

Sans hésiter, Mary tendit sa seule arme et, par prudence, se remit entièrement sous le couvert de sa cape. Elle observa avec intérêt les sorciers s'agenouiller pour que Flitwick puisse leur tapoter la tête du bout de la baguette. C'était comme s'il jetait sur eu un genre de cape d'invisibilité. Ce n'était pas parfait comme la sienne, elle pouvait encore les deviner, mais on semblait voir au travers d'eux.

Après avoir récupéré sa baguette, elle prit le chemin de la Grande Salle, espérant que les effets du somnifère auraient commencés à se faire sentir.

- On y arrivera hein ? chuchota t-elle en Fouchelangue.

- Je ne te quitte pas.

Ladon n'était qu'un serpent. Il pouvait mordre, il pouvait observer et l'avertir, mais ne pourrait rien faire si sa vie était réellement menacée. Pourtant, le savoir là suffit à lui donner ce courage dont elle manquait toujours cruellement. A l'attaque !


A suivre...