DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling. Les personnages et l'univers de Downton Abbey appartiennent à Julian Fellowes et Carnival Film.

Rating : M+

Genre : romance / slash / Yaoi


Bonjour à tous,

J'espère que vous vous portez bien en ces temps difficiles. Prenez soin de vous.

Bonne lecture!


Chapitre 6

25 juillet 1916 – Wimereux, nord de la France

Harry soupira en se frottant le front avec son poignet. Ses mains étaient pleines du sang d'un soldat qu'il venait d'amputer de la jambe gauche. Un de plus. Le huitième depuis ce matin. Si la journée continuait comme ça, il en perdrait le compte.

Les combats à Pozières ne s'étaient pas arrêtés avec le massacre du contingent de l'ANZAC. Les blessés et les morts avaient été remplacés. Ils l'étaient toujours. La guerre était un réservoir sans fond de vies humaines sacrifiées.

Le jeune homme allongé sur la table était maigre, son teint était gris et ses lèvres trop pâles. Harry doutait qu'il survive à la perte d'une telle quantité de sang, mais il ne pouvait rien faire de plus.

-Au suivant, dit-il.

Deux brancardiers emmenèrent le jeune homme, tandis que deux autres en déposaient un autre. Entretemps, une infirmière eut juste le temps de jeter un seau d'eau sur la table pour évacuer le sang laissé par le précédent.

- Où est le Sergent Barrow ? demanda Harry.

- Au chevet du Major Malfoy, dit l'infirmière.

- Pourquoi ? J'ai besoin de lui ici !

- Le Major a une forte fièvre depuis cette nuit.

- Quoi ?

Harry laissa tomber la scie qu'il avait déjà en main et quitta précipitamment la salle d'opération.

-Capitaine ! s'écria l'infirmière. Où allez-vous ?

Sans prendre la peine de répondre et sans se soucier de ses vêtements couverts de sang, Harry courut dans les couloirs jusqu'à la chambre de Draco. Juste avant d'entrer, il croisa la nurse Travis.

- Pourquoi ne m'a-t-on pas avisé de l'état du Major Malfoy ? questionna-t-il vivement.

- Doit-on vous aviser de tous les blessés qui font une poussée de fièvre ? répondit Travis du tac au tac.

Harry se raidit.

-Le Major est… mon ami d'enfance, répliqua-t-il en tentant vainement de se justifier.

Travis soupira.

- Ecoutez, Capitaine. Je me moque bien de la nature de votre relation avec le Major, mais vous devriez être plus… réservé dans les attentions qui vous lui accordez.

- Quoi ? s'offusqua Harry. Mais…

- Certains blessés ont remarqué qu'il bénéficiait de traitements de faveur et ils se demandent pourquoi.

- Le Major Malfoy ne bénéficie d'aucun traitement de faveur !

- Ah non ? Nierez-vous lui avoir administré de la morphine hier après-midi ?

Harry sentit ses joues devenir rouges.

- Je ne pense pas avoir à me justifier devant vous, répondit-il.

- Si, à partir du moment où les ressources de l'hôpital sont utilisées à mauvais escient.

- A mauvais escient ? Le Major a été trépané ! Il souffrait !

- Exactement comme tous les autres blessés de cet hôpital. Et si nous leur administrons à tous des doses de morphine en dehors du strict nécessaire, nos réserves ne tiendront pas deux jours.

Harry baissa les yeux. L'infirmière avait raison, évidemment. Il le savait. Mais c'était Draco. Il ne pouvait pas le voir souffrir de la sorte sans faire quelque chose, même si c'était injuste pour les autres.

- Je pense qu'il vaut mieux que le Major soit transféré dans une autre unité, dit Travis.

- Quoi ?

- Il a subi l'opération pour laquelle il a été envoyé ici. Il peut être transféré ailleurs. Dans un établissement de convalescence.

- C'est impossible ! Il… il a de la fièvre ! Il… il…

La simple idée que Draco quitte l'hôpital lui fut soudainement insupportable. Même s'ils ne se voyaient finalement que très peu, Harry étant toujours occupé avec les blessés qui ne cessaient d'affluer, il était rassuré de le savoir près de lui. De savoir qu'il lui suffisait de traverser un couloir, de descendre un étage, pour passer quelques minutes avec lui.

-Vous savez comme moi que c'est la meilleure chose à faire, continua l'infirmière en chef, impitoyablement.

Harry ferma les yeux.

-Non, dit-il fermement. Pas tant qu'il a de la fièvre.

Travis le regarda avec un mélange de compassion et d'agacement. Elle hocha simplement la tête et reprit son chemin.

Harry entra finalement dans la chambre et avança jusqu'au lit où se trouvait Draco. Les rideaux avaient été tirés tout autour et il les écarta sans ménagement. Barrow était là. Il rinçait un linge dans une vasque remplie d'eau, avant de le tordre et de le poser sur le front de Draco.

- Depuis combien de temps cela dure-t-il ? demanda Harry.

- Cette nuit, dit Barrow. Le Major Philips l'a examiné tôt ce matin. Il dit que cela arrive fréquemment.

Draco avait les traits tirés. Les cernes violettes étaient plus marqués que la veille. Ses tempes et sa lèvre supérieure luisaient de sueur. Sa respiration était saccadée.

- A quoi est-ce dû ?

Barrow haussa les épaules.

-Le Major Philips dit que c'est une infection.

Harry leva les yeux au ciel. Evidemment qu'il s'agissait d'une infection, sans quoi il n'y aurait pas de fièvre.

- Que lui a-t-il prescrit ?

- De l'aspirine.

- Vous avez passé la nuit ici ?

- Oui.

- Pourquoi ne pas m'avoir fait appeler ?

- Vous étiez déjà très occupé avec les blessés qui venaient d'arriver.

Harry faillit répondre que ce n'était pas une raison, mais il se ravisa. Bien sûr que ça l'était.

Il voulut s'approcher de Draco et sentir la chaleur sur front mais il avisa alors ses mains pleines de sang, tout comme le devant de son tablier.

Il soupira.

- Je dois y retourner, dit-il. Et vous venez avec moi.

- Mais…

- Il n'y a pas de « mais », Sergent. J'ai besoin de vous en salle d'opération.

- Qui va s'occuper de Dr… du Major Malfoy ? Il faut faire baisser la fièvre !

Harry écarta le rideau et héla une infirmière qui était auprès d'un autre blessé.

- Mademoiselle ?

- Oui, Capitaine ?

- Vous êtes en charge de la surveillance de cette chambre ?

- Oui, Capitaine.

- Il faut vérifier régulièrement la température du Major Malfoy.

- Je le ferai, Capitaine.

- Bien. Appelez-moi s'il y a le moindre changement, d'accord ?

- D'accord.

Harry se tourna vers Barrow.

-Sergent ?

Barrow reposa le linge dans la bassine et s'éloigna à contrecœur.

Plus loin dans le couloir, il dit d'une voix basse et rageuse :

- C'est quoi votre problème ?

- Je vous demande pardon ?

- Vous croyez vraiment que l'infirmière va le surveiller correctement ? Pourquoi ne m'avez-vous pas laissé faire ?

- Je vous l'ai dit : j'ai besoin de vous ailleurs.

- A d'autres. Vous ne supportez pas que je sois près de lui.

Harry pinça les lèvres. La moutarde lui montait au nez.

-Vous avez peur qu'il ait encore des sentiments pour moi, qu'il me demande de rentrer en Angleterre avec lui… Après tout, il lui faut un autre valet de ch…

Barrow ne put terminer sa phrase. Il se retrouva plaqué contre le mur.

-Ne vous avisez pas de parler de John Dobby ou de croire que vous pourriez le remplacer, murmura Harry dangereusement. Dobby est mort pour sauver Draco. Je doute que vous en auriez jamais fait autant !

Il relâcha Barrow brusquement.

- Quant à Draco, continua-t-il, ce n'est pas que vous soyez près de lui qui m'insupporte ! C'est que vous vous serviez de lui pour vous débiner des tâches ingrates que nous sommes tous obligés de faire ici ! Vous êtes un tricheur, Barrow, mais vos petits jeux ne prendront pas avec moi !

- Je ne vous permets pas ! Vous…

- J'ai vu votre dossier médical.

Barrow se figea et devint tout pâle.

- Je ne vois pas de quoi vous parlez.

- Vous avez déclaré avoir été blessé par une balle perdue lors d'une offensive.

- Parce que c'est ce qui s'est passé !

- Non. Le jour où vous déclarez avoir été blessé, il n'y a pas eu d'offensive dans votre secteur.

- J'ai dû me tromper de jour !

- Non. Vous vouliez quitter les tranchées et vous avez trouvé le moyen de le faire en vous mutilant. Comme je doute que vous ayez pu tirer vous-même, vous avez dû demander à un de vos camarades de le faire pour vous.

Harry haussa un peu les épaules.

-Vous savez ce qui va arriver si je vous dénonce pour couardise ?

Barrow serra les poings.

-Oh, ça vous va bien de me juger, Capitaine, cracha-t-il presque. Oui, j'ai triché ! Mais je n'ai pas demandé à un camarade de me blesser volontairement. J'ai attendu la nuit tombée, j'ai pris mon briquet et je l'ai allumé. J'ai levé la main au-dessus du parapet et j'ai attendu. Pas très longtemps. Une balle a sifflé du camp d'en face et a transpercé ma paume. Voilà comment ça s'est passé. Et vous savez quoi ? Si c'était à refaire, je le referais. Parce que ça faisait plus d'un an et demi que j'y étais. Un an et demi ! Alors, allez-y, dénoncez-moi ! J'en ai rien à foutre ! Parce que moi, j'y étais. Un an et demi à dormir dans la boue et à respirer de la pyrite, tandis que vous, vous étiez bien à l'abri entre les quatre murs de votre hôpital !

Sur ces mots, il s'en alla.

O°O°O°O°O°O°O

Tard le soir, Harry profita d'une accalmie pour se rendre au chevet de Draco. Bien sûr, Barrow était là. Il était en train de verser de l'eau fraîche dans une petite bassine.

Harry ne fit aucun commentaire. Il posa la main sur le front de Draco. Il était tiède.

-La fièvre est tombée, observa-t-il. Tant mieux.

Puis, il prit son pouls et écouta son cœur.

- Je ne vous dénoncerai pas, dit Harry en rangeant son stéthoscope.

- Pourquoi ?

- D'abord, parce que vous avez raison. Je n'y étais pas. Je n'ai pas le droit de vous juger.

- Et ensuite ?

Harry soupira.

- Ensuite… parce que Draco ne me le pardonnerait pas. Il… il tient à vous. Et moi… je n'oublierai jamais ce que vous avez fait pour lui.

- Je n'ai pourtant pas sacrifié ma vie, comme son autre valet l'a fait.

- Non. Mais vous avez été là pour lui à un moment où il en avait besoin.

Barrow ne dit rien. Il plia un linge propre et fit mine de ranger quelques bricoles sur la table de nuit.

-Merci, murmura-t-il finalement.

Il prit le broc et voulut s'en aller, puis se ravisa.

-Je comprends ce que Draco voit en vous, dit-il. Ce n'était pas le cas au début, mais maintenant… oui, je le comprends.

Harry fronça les sourcils.

-Que voulez-vous dire ? Je…

Draco remua légèrement. Aussitôt, l'attention de Harry se porta entièrement sur lui. Il papillonna lentement des yeux puis les ouvrit. Il sourit en reconnaissant Harry.

- Comment te sens-tu ? demanda Harry en lui prenant la main.

- J'ai toujours un mal de crâne épouvantable, souffla-t-il. Et j'ai l'impression d'avoir été renversé par un train.

- Tu as eu une forte fièvre, expliqua Harry. Mais elle est tombée maintenant. Il faut que tu continues à te reposer.

- Oui… ceci dit, je ne sais pas faire grand-chose d'autre, dit Draco en soulevant son bras maintenu dans une atèle.

Harry lui sourit en retour. Ils restèrent quelques instants à se regarder comme si rien d'autre n'existait autour d'eux. Puis Draco porta sa main valide à son menton. Sa barbe crissa un peu sous ses doigts et il grimaça.

- Tu veux te raser ? demanda Harry qui savait qu'il n'aimait pas porter la barbe.

- Oui, j'aimerais bien.

- Barrow va s'en occuper. Il a l'habitude, n'est-ce-pas, Barrow ?

Barrow écarquilla un peu les yeux.

- Heu… oui. Oui, je vais le faire, bien sûr.

- Parfait, dit Harry. Je dois aller voir d'autres patients mais je reviendrai un peu plus tard.

- Vous avez besoin de moi, Capitaine ? demanda Barrow.

Harry considéra Barrow quelques instants avant de répondre :

-Non, ça ira, Sergent.

Il embrassa Draco sur le front et quitta son chevet.

Un peu surpris par l'attitude de Harry et son départ précipité, Barrow ne savait pas trop quoi faire. Il s'éclaircit la gorge.

- Hum… voulez-vous que je vous rase maintenant, Monsieur ?

- Non, dit Draco, ça peut attendre demain. Je suis fatigué.

- D'accord. Avez-vous besoin d'autre chose ?

- Non. Merci.

Barrow hocha la tête. Il s'apprêta à partir quand il entendit :

-Thomas…

Il se tourna vers Draco.

- Oui, Monsieur ?

- Draco.

Barrow semblait perdu.

- D'habitude, dit Draco, tu m'appelles par mon prénom quand nous sommes seuls…

- Je… c'était il y a longtemps, murmura Thomas.

Draco hocha pensivement la tête.

- Je suis content de te revoir, dit-il.

- Moi aussi. J'aurais seulement espéré que ce soit dans de meilleures circonstances.

- C'est vrai. Ça fait longtemps que tu es ici ?

- Non. Seulement deux semaines. Avant j'étais dans la Somme.

- Seigneur, souffla Draco en fermant les yeux. C'est un miracle que tu en aies réchappé.

- Toi aussi.

- Oui…

Il détourna brièvement les yeux.

- Dis-moi la vérité. Que disent les médecins sur mon état ? demanda-t-il. Est-ce que je redeviendrai… comme avant ?

- Tu sais, ici, les médecins ne disent pas grand-chose. Ils opèrent à la chaîne. Soit, tu y restes, soit tu survis. Toi, tu as survécu.

- Parfois la survie est pire que la mort.

- C'est ce que tu aurais souhaité ? Mourir ?

Draco repensa à l'expérience qu'il avait vécue. Il s'était trouvé aux portes de la mort. Il aurait pu continuer, rejoindre son père, Blaise, Dobby. Renoncer à la vie pour se libérer de la souffrance. Mais il avait vu la détresse de Harry.

- Non, souffla-t-il. Mais Harry mérite mieux qu'un homme impotent ou diminué.

- Tu n'es ni l'un ni l'autre.

- Tu n'en sais rien.

- Ton Harry ne semble pas se soucier de ce genre de choses. Il a l'air plus loyal qu'un labrador.

- Et toi tu es toujours aussi mauvaise langue !

- J'ai raison et tu le sais.

Draco soupira.

-Je sais, admit-il, mais ce n'est pas ce que je souhaite pour lui.

Les deux hommes restèrent silencieux un moment.

-C'est ce que tu ferais, toi ? demanda finalement Thomas. S'il était blessé ou mutilé, tu… tu te détournerais de lui ?

Draco ne répondit pas. Il tourna la tête contre l'oreiller et ferma les yeux.

- Je suis fatigué, dit-il simplement. Bonne nuit, Thomas.

Thomas fixa Draco, pas vraiment surpris par son attitude.

-Bonne nuit, Monsieur, dit-il avant de s'en aller.

O°O°O°O°O°O°O

27 juillet 1916

Harry avançait dans le couloir, la mine soucieuse, les yeux rivés sur la lettre qu'il venait de recevoir.

-Bonjour, Capitaine.

Il redressa vivement la tête.

- Bonjour Nurse Travis.

- De nouveaux blessés vont arriver, Capitaine.

- Je sais. J'ai été prévenu.

- Nous devons faire de la place.

Harry soupira en fermant les yeux. Il savait qu'il ne parviendrait plus à gagner du temps.

- Le Major Malfoy doit…

- JE SAIS ! cria Harry.

L'infirmière en chef ne tressaillit même pas. Elle en avait vu d'autres.

- Bien, dit-elle. Alors, je vais faire le nécessaire pour qu'il soit transféré aujourd'hui dans l'unité de convalescence de…

- Non, dit Harry. Il… je pense qu'il est en mesure de rentrer chez lui. Je viens d'en parler avec le Major Philips, il est d'accord avec moi.

- Hm.

Travis observa Harry quelques instants.

-Il y a un bateau qui quitte Calais en fin de journée, dit-elle. Mais… je doute que le Major soir prêt à temps. Il partira demain.

Harry regarda la nurse Travis, surpris.

-Merci, souffla-t-il.

Merci de me donner encore quelques heures avec lui.

Travis fit un hochement de tête compatissant.

- Il sera mieux chez lui, Capitaine.

- Oui, vous… vous avez raison.

Harry salua l'infirmière et continua sa route vers la chambre de Draco.

O°O°O°O°O°O°O

- Bonjour, dit Harry en approchant du lit et en tirant les rideaux pour avoir un peu d'intimité.

- Bonjour, répondit Draco en souriant.

Harry posa la main sur son front.

- Tu n'as plus du tout de fièvre.

- Mais j'ai encore mal à la tête. Tu pourrais me donner quelque chose ? C'est insupportable…

- Malheureusement non. Les stocks de morphine sont étroitement surveillés. Mais je vais essayer de te trouver du laudanum.

- Merci.

Harry s'assit sur le rebord du lit. Il se pencha et embrassa Draco. Le baiser était pressant et presque empreint de douleur.

-Que se passe-t-il ? demanda Draco.

Harry resta là, le front appuyé contre celui de Draco, la main enroulée autour de sa nuque.

- Harry, insista Draco. Tu m'inquiètes.

- Je ne sais pas par où commencer.

- Peu importe. Dis-moi !

- J'ai… j'ai reçu une lettre de Severus. Tu as sans doute dû recevoir la même, mais le temps qu'on la fasse suivre ici…

- Que dit-il ?

- Ta demande de démobilisation a été acceptée.

- Oh. Eh bien, on s'y attendait, non ?

- Oui. Ce… ce n'est pas tout. Il… il… c'est Blaise. Il… Severus dit qu'il est porté disparu.

Comme Draco ne disait rien, Harry continua.

- Son navire a heurté une mine. Il semble que la mine a endommagé la partie du bateau où étaient entreposées les réserves de cordite… et…

- Le navire a explosé.

- Oui.

Draco exhala un long soupir.

- Blaise n'a pas « disparu », Harry. Il est mort.

- Son corps n'a pas encore été retrouvé… peut-être que…

- As-tu écouté ce que je t'ai dit l'autre jour ? s'énerva Draco. J'y étais, Harry ! J'étais presque mort ! Dobby était là, mon père était là. Et Blaise aussi. Tu crois que je raconte n'importe quoi ? Tu crois que la trépanation m'a rendu idiot ? C'est ça ?

- Non, je te crois. C'est juste que… je n'arrive pas à me faire à cette idée… au fait que tu as été si près de la mort que… que…

Harry secoua la tête, incapable d'en dire davantage.

-Hé, souffla Draco en lui prenant la main. Je suis là. Je suis revenu. Je suis avec toi.

Harry baissa la tête.

- Plus pour longtemps.

- Quoi ?

- Tu vas devoir quitter l'hôpital. Je n'ai pas le choix, Draco… d'autres blessés arrivent, et nous n'avons pas assez de places pour eux tous.

- Mais… je… je ne suis pas encore guéri…

- Crois-moi… si je pouvais te garder, je le ferais mais… c'est impossible.

- Où vais-je aller ?

- Au départ, on devait t'envoyer dans une maison de convalescence près de Rouen mais j'ai parlé avec le Major Philips et il pense que, pour peu qu'on t'apporte les soins nécessaires, tu es en mesure de rentrer chez toi.

Draco semblait un peu sonné.

- Oui… je suppose que Ariana et ma mère pourront faire appel à une infirmière… ça ne devrait pas poser de problème…

- C'est ce que je pense aussi. Je comptais envoyer un télégramme à Ariana pour la prévenir.

- Un télégramme ? Ça… ça veut dire que…

- Tu dois partir demain.

Draco ferma les yeux et serra plus fort la main de Harry dans la sienne.

- Et toi ? demanda-t-il.

- Quoi, moi ?

- Quand seras-tu démobilisé ? Tu avais dit que peut-être tu…

- Non, Draco. Il y a beaucoup trop à faire ici. Quand je vois toute l'aide que je peux apporter alors que je ne suis même pas médecin… c'est… je ne peux pas arrêter maintenant.

- Quand ?

- Je ne sais pas.

Harry crut un instant que Draco serait fâché de sa réponse. Il fut étonné de le voir sourire.

- De tous les hommes, pourquoi a-t-il fallu que je tombe amoureux de celui qui n'a absolument aucun instinct de survie ?

- J'ai un instinct de survie, répondit Harry en riant. Sans quoi, je serais dans un hôpital de campagne, ou dans les tranchées… pas à l'abri entre ces murs en briques.

- Encore heureux, dit Draco dans un rire étranglé.

Harry le regarda tendrement, caressant doucement sa joue avec son pouce.

- Tu vas me manquer, murmura-t-il, mais je serai heureux de te savoir en sécurité au Manoir, entouré d'Ariana, de ta mère et de tes enfants.

- J'aimerais que tu rentres avec moi.

- C'est…

- Impossible, je sais.

- Je demanderai une permission. Au moins pour Noël.

- C'est dans cinq mois.

- Nous y serons vite. Et puis, je t'écrirai.

- Que tu dis…

- En parlant d'écrire, j'ai aussi reçu une lettre d'Ariana.

- Oh ? Que dit-elle ?

- Eh bien… Ginny va épouser Gregory Goyle…

- Quoi ? Greg et… Ginny Weasley ?

- Comme je te le dis… Ils se marient aujourd'hui.

Draco resta complètement interdit.

- Il y a un problème ? demanda Harry. Je pensais que tu serais heureux pour Gregory…

- Je… je le suis, mais… bon sang, ils se marient aujourd'hui. Greg est mon meilleur ami… et je ne serai pas là pour lui…

- Je te comprends. Moi aussi j'aurais aimé être là pour Ginny. Je ne suis même pas sûr que Ron pourra être là lui non plus…

- Pourquoi cette précipitation ? Tu crois que c'est parce que Greg va être envoyé au front ?

Harry haussa les épaules.

- Je n'en sais rien, Draco. Tout ce que je sais, c'est que nous sommes en guerre. Plus personne n'a de temps à perdre…

- Oui, soupira-t-il. Oui, je suppose que tu as raison.

- Ariana me raconte aussi que George Weasley l'a emmenée dans son avion.

- Oh Seigneur ! se lamenta Draco. Ma femme est inconsciente ! Comment a-t-elle osé monter à bord du coucou de Weasley ?

- Eh bien, elle l'a fait. Et elle a adoré ça si j'en crois l'enthousiasme avec lequel elle raconte cette expérience !

- Hm, grogna Draco. C'est surtout ce rouquin qu'elle a adoré…

- Quoi ? Tu penses que…

- Harry, coupa Draco. Je ne suis pas aveugle. J'ai vu la façon dont ils se regardaient tous les deux lorsque nous sommes allés rendre visite aux jumeaux à la base aérienne de Northolt.

Draco baissa la tête en soupirant.

- Ça te dérange ? demanda Harry.

- Je n'ai jamais eu le moindre problème à ce qu'elle fréquente d'autres hommes… bon sang, je suis le dernier à pouvoir lui faire le moindre reproche…

- Mais…

Il soupira derechef.

- Je ne veux pas qu'elle souffre.

- George n'est pas…

- George Weasley est un pilote du Royal Flying Corps. Il peut être tué à chaque fois qu'il monte dans cette foutue machine !

- Ariana n'est pas naïve. Elle sait à quoi George s'est engagé.

- Les deux hommes qu'Ariana a aimé sont morts. Edward. Blaise. Je ne veux pas qu'elle subisse ça une troisième fois.

- Oui… oui, je comprends, murmura Harry. Même si elle avait rompu avec Blaise, elle sera très affectée par la nouvelle de sa disparition.

- Severus ne lui a rien dit ?

- Il semble que non.

- Dans ce cas, je le ferai à mon retour.

Du pouce, Harry caressa doucement la main de Draco.

- Il faut que j'y retourne, dit-il. Une infirmière viendra tout à l'heure pour t'aider à préparer tes affaires.

- N'importe qui serait plus que content de quitter l'hôpital, mais moi…

- Tu n'es pas n'importe qui.

Draco attira Harry à lui et l'embrassa.

O°O°O°O°O°O°O

Bureau de l'Etat civil, Londres

-Tu es absolument resplendissante, dit Ariana. Je suis tellement contente pour vous deux.

Ginny sourit en serrant Ariana dans ses bras. Elle portait une robe bleue très pâle qui faisait admirablement ressortir ses cheveux roux et son teint frais. Quelques myosotis étaient piqués dans sa coiffe assortie. En main, elle tenait un bouquet de freesias blancs et bleus.

Gregory se tenait à côté d'elle, dans un costume noir bien coupé qui le rendait encore plus imposant qu'il n'était en réalité. Il tenait le petit Michael par la main, à croquer dans son costume marin.

Comme deux autres couples, ils attendaient pour passer devant l'Officier d'Etat civil.

A intervalles réguliers, Ginny regardait la porte au bout du couloir.

-Je suis sûrs que tes parents vont venir, dit Ariana pour la rassurer. Ils…

La porte s'ouvrit, mais pas sur la famille Weasley.

-Greg ! rugit Theodore Nott en s'avançant à grands pas.

Gregory haussa les sourcils, surpris de voir arriver Theodore.

-C'est moi qui l'ai prévenu, dit Ariana, soudain embarrassée d'avoir pris cette initiative. Je me disais que… enfin…

- Merci, Ariana, souffla-t-il.

On ne pouvait pas dire que Theo était un ami. Mais des amis, il n'en avait jamais eu. Excepté Draco et Vincent. Draco était à la guerre et Vincent était mort. Alors, il fut stupidement heureux de la présence de Theo.

- Ah mon vieux ! dit Theo en lui donnant une chaleureuse accolade. Tu n'as pas choisi la plus laide !

- Toujours aussi délicat, Theo, grommela Gregory.

Theo offrit un baisemain à Ginny.

- Mademoiselle Weasley, c'est un plaisir de vous revoir. Pansy vous fait toutes ses amitiés. Elle aurait voulu être là mais… je crois qu'elle est sur le point d'exploser. Son ventre est absolument énorme. Elle dit qu'elle refuse de paraître en société tant qu'elle ressemble à une baleine ! Moi, je trouve qu'elle est absolument magnifique mais elle ne veut rien entendre !

- Oh, ce n'est pas grave, Lord Theodore, répondit Ginny. Remettez à Lady Pansy toutes mes amitiés également. Et toutes mes félicitations pour le bébé à venir. Vous devez être ravis tous les deux.

- Nous le sommes !

Il y avait une lueur dans les yeux de Theodore qui ne démentait pas son propos.

- Tu es toujours au War Office ? demanda Gregory.

- Oui, toujours.

Comme beaucoup de fils de bonne famille, Theodore et son frère Reginald servaient leur pays depuis un bureau à Londres plutôt que d'être sur le terrain.

-Est-ce que… tu as des nouvelles de Draco ? De Blaise ?

Theo détourna les yeux. Brièvement, mais suffisamment pour que Ariana le remarque.

- Tu sais bien que même si j'apprenais quelque chose, je ne pourrais rien te dire.

- Mais… tu ne sais rien ? insista Gregory.

- Non.

Il n'eut pas le temps d'en obtenir davantage car la porte du couloir se rouvrit et cette fois, ce fut sur une kyrielle de têtes rousses. Molly et Arthur Weasley étaient accompagnés des jumeaux, de leur fils aîné Bill et de son épouse Fleur.

-Maman ! murmura Ginny.

Elle se précipita vers sa mère qui l'embrassa affectueusement.

-Tu es magnifique, ma chérie, dit Madame Weasley, les yeux humides. Evidemment, j'aurais préféré que tu te maries à l'église, comme il se doit, et pas, à la sauvette, dans… dans un bureau… mais…

Elle fit un claquement de langue, accompagné d'un petit geste de la main.

- Je suppose que ça n'a pas d'importance, n'est-ce-pas ? dit-elle en riant nerveusement.

- Non, Maman, ça n'a pas d'importance. Car je me marie avec l'homme que j'aime.

Ginny s'écarta pour laisser la place à Gregory. Il n'avait pas encore rencontré les parents de sa fiancée et ne savait d'eux que ce qu'il avait découvert lorsque Harry Black lui avait demandé d'enquêter pour lui.

- Madame Weasley. Sir Arthur, dit-il poliment.

- Monsieur Goyle, dit Arthur Weasley avec un sourire un peu crispé. J'aurais aimé faire votre connaissance de manière plus… appropriée.

- Papa, intervint Bill. Ce n'est pas le moment.

L'aîné des enfants Weasley tendit la main à Gregory.

- Je suis William, mais vous pouvez m'appeler Bill, comme tout le monde. Et voici mon épouse, Fleur.

- Enchanté, répondit Gregory.

- Fred et George, dit Fred. On est bien content que notre petite sœur ait enfin trouvé quelqu'un qui la supporte suffisamment pour l'épouser. Courage, vieux ! Ce n'est pas un cadeau !

- Frederick ! s'écria Madame Weasley.

- Ouais, renchérit Georges, tu vas en baver, mais… si tu lui fais le moindre mal, c'est toi qui va en baver.

- Oh bon sang, George ! soupira Ginny en levant les yeux au ciel.

- Merci, les gars, dit néanmoins Gregory avec un sourire. Je n'en attends pas moins de vous.

Les jumeaux donnèrent une grande tape dans le dos de Gregory et partirent d'un grand rire. L'atmosphère qui était un peu lourde à l'arrivée des Weasley s'était considérablement allégée, si bien que personne ne fit attention aux deux nouvelles arrivantes.

-Gregory ? dit une voix douce.

Gregory se retourna d'un bond.

-Ma… Maman ? Siobhan ?

Deux femmes se tenaient un peu en retrait. La plus âgée était petite et rondelette. Elle avait un sourire bienveillant. La plus jeune était aussi menue qu'un brin de paille.

Gregory alla vers elles et les prit successivement dans ses bras. Il était tellement ému qu'il ne parvenait pas à prononcer le moindre mot. C'est alors qu'il remarqua un homme derrière elles. Il écarquilla les yeux.

- Fergal ?

- Je n'allais quand même pas manquer le mariage de mon petit frère, dit l'homme en souriant.

Les deux frères n'auraient pas pu être plus différents. Autant Gregory était massif, autant Fergal était long et maigre. Quand Gregory prit son frère dans ses bras, Ginny eut l'impression qu'il allait lui briser les os.

-Bon sang, je… je ne pensais pas que vous viendriez…

La mère de Gregory tapota ses yeux avec un petit mouchoir.

- Ton père… ton père n'a pas pu nous accompagner… il… hum…

- Ce n'est rien, Maman, dit Gregory. Ça n'a pas d'importance.

Cela faisait bien longtemps que l'opinion du vicomte Brenan Goyle n'avait plus aucune importance pour lui.

-Maman, Siobhan, Fergal, dit-il avec fierté, laissez-moi vous présenter Ginevra Weasley, ma fiancée.

- Oh, voilà la charmante jeune femme que mon garçon va épouser, dit Madame Goyle.

Son sourire chaleureux n'était pas feint, au grand soulagement de Ginny.

Les présentations entre les membres des deux familles se poursuivirent et l'entente entre Molly Weasley et Fiona Goyle sembla immédiate.

Tandis qu'elles discutaient, s'extasiant sur le petit Michael, Ginny prit le bras de Gregory. Elle s'excusa auprès des invités et l'entraina à l'écart.

- Gregory ? Est-ce que ça va ?

- Oui, je vais bien. Pourquoi ?

- Je ne sais pas. On s'est à peine vus ces trois derniers jours. J'ai eu l'impression que tu essayais de m'éviter…

- Quoi ? Non, voyons !

- Greg, si tu as quelque chose à me dire, dis-le ! Si… si tu as des doutes sur ce mariage, je…

- Je n'ai absolument aucun doute. Je veux t'épouser.

- Alors, de quoi s'agit-il ?

Gregory soupira.

- Je… je ne voulais pas t'ennuyer avec ça avant le mariage…

- M'ennuyer avec quoi ?

- J'ai reçu une lettre du bureau de recrutement de l'armée…

- Oh Seigneur, souffla Ginny. Tu vas partir. Quand ?

- Je ne vais pas partir. J'ai été réformé.

- Quoi ?

- Je ne suis pas apte au service.

- Mais… je ne comprends pas… qu'est-ce que tu as ?

- Dysplasie ventriculaire.

- Qu'est-ce que cela veut dire ?

- C'est un problème cardiaque.

Ginny porta la main à sa bouche.

-Oh mon Dieu… est-ce que c'est grave ?

- Disons que cela peut devenir sérieux si je ne fais pas attention.

- Tu as vu un médecin ?

- Oui. Hier. Il m'a recommandé un spécialiste.

Ginny hocha la tête.

-Bien. Nous irons voir ce spécialiste et nous en saurons davantage. Nous ferons ensuite ce qu'il faut pour te soigner. Mais pour l'instant, ce que je retiens… c'est que tu ne pars pas à la guerre, acheva-t-elle avec un immense sourire.

Gregory regarda sa future épouse avec émotion. C'était dans des moments comme celui-ci qu'il savait pourquoi il en était tombé amoureux. Lentement. Jour après jour. Irrémédiablement.

-Ginny ? Gregory ? appela Ariana. On vous attends.

Ils se regardèrent en se souriant. Puis ils se prirent la main et résolument, ils se dirigèrent vers le bureau de l'Officier d'Etat civil.

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Après une cérémonie très brève et très sobre, les personnes présentes furent invitées à la réception qui était organisée en l'honneur de Monsieur et Madame Gregory Goyle, dans les locaux du London Weekly.

Les parents de Ginny purent ainsi découvrir l'endroit dont leur fille était propriétaire.

- Alors… c'est ici que tu… travailles ? demanda Madame Weasley.

- Oui, répondit fièrement Ginny. Et tous les gens que tu vois, travaillent pour moi.

- C'est… c'est impressionnant…

- N'est-ce pas ? intervint Gregory en passant un bras autour de la taille de Ginny. Je suis très fier de ma femme. Elle accomplit un travail remarquable.

Il ponctua son propos d'un baiser dans ses cheveux et regarda ses beaux-parents en souriant, les défiant silencieusement de dire le contraire.

Molly et Arthur s'en gardèrent bien, se contentant de hocher la tête avec un sourire crispé.

- Ce n'est pas la manière dont mes parents envisageaient l'avenir de leur fille unique, dit George en regardant la scène d'un peu plus loin.

- Vous partagez leur point de vue ? demanda Ariana.

George haussa les épaules en buvant une gorgée de sa coupe de champagne.

- J'ai toujours voulu que ma petite sœur soit heureuse, quoi qu'elle fasse. Mais j'ai toujours su qu'elle n'était pas faite pour la vie que ma mère avait choisi pour elle. Ginny n'est pas une fille ordinaire. Elle est extraordinaire et elle mérite d'avoir une vie qui lui ressemble.

- Je pense qu'elle y est parvenue…

- Absolument.

George se pencha vers Ariana et murmura :

-Demain.

Le souffle tiède sur son oreille la fit frissonner.

- Que… se passe-t-il… demain ?

- Je viendrai au Manoir.

- Quoi ?

- Vous m'aviez promis que nous nous reverrions avant mon départ en France. Je repars lundi.

- Oh.

- A demain, Ariana, dit George en lui faisant un baisemain.

Ariana le regarda s'éloigner, le cœur battant à cent à l'heure.

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Wimereux, Nord de la France

L'Hôpital général n°14 de Wimereux était un établissement suffisamment important pour disposer de son propre dispositif de transmissions et de communications. Il était situé dans une annexe de l'autre côté de la cour centrale de l'hôpital. Quatre personnes y étaient occupées en permanence car les communications avec l'état-major, les autres hôpitaux de la région et même les tranchées ne s'arrêtaient jamais.

Harry entra dans le local. Il fut accueilli par le cliquetis incessant des machines télégraphiques.

- Capitaine, le salua le caporal de faction.

- Deux télégrammes à envoyer, dit Harry en lui tendant deux feuilles de papier. L'un au Commodore Severus Snape, à l'Amirauté, l'autre à la Duchesse d'Hogwarts, Malfoy Manor. Envois prioritaires. Merci.

Il allait s'en aller mais le caporal dit :

- Heu… les télégrammes à destination de civils ne sont pas prioritaires, Capitaine.

- Je sais mais… il s'agit du mari de la Duchesse, le Major Malfoy. Il va être rapatrié en Angleterre demain… Elle… elle doit être mise au courant.

- Je comprends mais…

- Non, vous ne comprenez pas ! s'énerva Harry en frappant le bureau du plat de la main. La Duchesse doit être prévenue que son mari rentre en Angleterre ! Immédiatement !

Le caporal prit les feuilles de papier avec réticence.

-Bien, Capitaine.

Harry hocha la tête et repartit vers l'hôpital. Il ne vit pas le caporal déposer les deux feuilles de papier dans deux bacs différents. L'un prioritaire. L'autre non prioritaire.

A suivre...