Hello ! Voilà la suite pour survivre au « confinement ».

Merci pour toutes vos reviews que je lis avec grand plaisir et bonne lecture !


Horcruxes

Dimanche 27 mai 1996 : Le Phare

Remus était complètement déphasé. Il était hagard et j'ai presque dû le porter jusqu'à chez moi. A peine l'ai-je couché sur le canapé qu'il a sombré dans un sommeil que je qualifierais de comateux. Je l'ai soigné, nettoyé un tant sois peu. J'ai vu sur lui des blessures qui relèvent de la torture et les spasmes musculaires qu'il a eu m'ont indiqué que le Doloris ne lui a pas été épargné. Il a eu de la fièvre et moi je me rongeai les sangs. J'ai rédigé une missive pour Alastor et pour Callum afin d'avoir des nouvelles de Sirius tout en attendant anxieusement que Remus émerge. Tels que je les connaissais, ces deux imbéciles s'étaient mis en danger sans y réfléchir à deux fois, sans doute pour une noble cause. Et sans quelqu'un pour jouer l'arrière garde ça avait mal tourné. Heureusement, Remus est un lycanthrope : grâce à sa condition il va récupérer plus vite qu'un sorcier lambda, bien que notre magie nous aide déjà comparé aux moldus.

J'ai été avertie de son réveil par un grand bruit provenant de l'étage. J'avais fini par le laisser à son sommeil pour m'occuper d'Ofero, qui avait faim et de mon propre ventre. Je suis montée quatre à quatre pour le trouver debout en position défensive, scrutant son environnement de ses yeux dorés, signalant que son loup s'était réveillé. La pleine lune était proche, et l'état dans lequel il était arrivé justifiait que sa partie animale se soit manifestée pour le maintenir en vie.

J'ai fait appel à mon propre loup, l'alpha de celui de Remus autant que son alter-ego puisqu'il est né de lui, pour calmer mon ami. Il lui a fallu une seconde pour constater qu'il s'agissait de moi, qu'il était au Phare et donc en sécurité. Il s'est laissé tomber sur le lit en se massant les épaules comme si elles étaient endolories.

Le laissant émerger, je suis retournée à la cuisine pour mettre sur un plateau ce que j'avais préparé et le monter dans la chambre. Je lui ai donné en premier quelques carreaux de chocolats pour le remettre d'aplomb et le calmer -Remus adore le chocolat et ça a un effet magique sur son stress. Pendant ce temps, je nous ai servi un thé bien chaud qu'il a pris avec reconnaissance entre ses deux mains. Il a serré la tasse entre ses paumes, les brûlant sûrement au passage, mais sans la lâcher.

Le silence s'est un moment étalé entre nous. Il a fini par soupirer et dire :

- Nous nous sommes comportés comme des idiots.

- Mais encore ?

- Quand Sirius a réalisé que tu étais restée en arrière il est devenu complètement fou. Il a voulu retourner te chercher. Je l'ai stupéfixé pour l'en empêcher… mais il a filé dès que le sort a pris fin. J'ai paniqué et je suis allé le récupérer. Et je me suis fait attraper, comme lui.

Mes yeux se sont écarquillés d'ébahissement et d'horreur à la fois. Mais qu'avaient fait ces deux imbéciles ? Ils étaient retournés au Ministère quelques minutes après que j'ai filé entre les mains de Voldemort ! Alors qu'ils avaient réussi à s'en sortir ! Voldy devait être dans une rage noire ! Je n'ose pas imaginer ce qu'il a pu se passer.

- Sirius est mort ? ai-je demandé d'une voix blanche.

- Non… non, je ne crois pas… Ils avaient l'air de vouloir le garder vivant… En tout cas, il l'était encore quand j'ai réussi à m'enfuir. Je n'ai pas pu le prendre avec moi. Je pouvais à peine marcher et il était inconscient. Je ne sais pas moi-même ou j'ai trouvé la force de marcher ou de transplaner. Je ne me rappelle pas avoir choisi de venir ici. Je te croyais morte !

Il a soudainement semblé réaliser que j'étais là et il s'est jeté sur moi pour me serrer dans ses bras à m'en étouffer autant que sa condition le lui permettait. J'ai fait de même. Quand il a fini par me lâcher, il avait les yeux brillants de larme.

- Remus, où est Sirius ?

Il a cligné des yeux, l'air étonné.

- Je ne sais pas, a-t-il répondu.

- Où étiez vous ?

- Je ne sais pas. J'ai été inconscient jusqu'à me trouver… Là où ils nous gardaient puis j'ai transplané jusqu'ici. Je… Je n'ai pas pensé à… Je suis désolé.

- Ce n'est pas grave… J'ai bien vu l'état dans lequel tu es arrivé. J'espérais juste que, peut-être, tu aurais noté quelque chose qui pourrait m'orienter.

J'ai passé une main dans la fourrure d'Ofero qui s'est empressé de se coller à moi, conscient que j'avais besoin de réconfort. Mon histoire avec Sirius était peut-être définitivement terminée, mais ça ne m'empêche pas d'être toujours profondément attachée à lui. On se connaît depuis si longtemps ! Et je l'ai aimé tellement de temps ! A vrai dire, je ne suis pas complètement sûre de ne plus l'aimer, mais c'est un autre sujet. J'ai regardé Remus manger et je l'ai remis au lit avec une petite potion de Sommeil Sans-Rêve histoire d'être sûre qu'il puisse se reposer.

Comme je n'avais de réponse ni d'Alastor, ni de Callum et que je tournais littéralement en rond en me rongeant les sangs, j'ai décidé de mettre mon énergie sur quelque chose de plus constructif. Une chose qui devient vraiment critique que je termine : les sceaux qui vont me permettre de mettre le Phare à l'abri derrière un bouclier aussi puissant que celui de la Citadelle. J'ai plus ou moins finalisé les sceaux en eux-même mais il me manque le moyen de les lier. Et même sans ça… Il me faut 7 sorciers, moi inclue, pour les apposer. J'avais dans ma liste, Sirius, Remus, Alastor, Andreas, peut-être Augusta. Charlie Weasley était à envisager aussi. Sauf que Sirius était porté disparu, Remus dans un sale état, Augusta une vielle sorcière malgré notre longévité et je ne faisais pas confiance à Charlie comme aux autres, même si je ne doutais pas de son engagement contre Voldy.

Un "toc toc" à la fenêtre m'a fait lever la tête de mon travail alors que la journée se terminait avec un Remus qui avait dormis comme une pierre et moi qui n'avait pas avancé d'un pouce. J'ai sursauté, à moitié sortit ma baguette avant de réaliser qu'il s'agissait de quelque chose d'aussi normal qu'une chouette qui arrivait avec un courrier. Dire que Voldemort était revenu deux jours plus tôt, que Londres était toujours en feu et que je ne pouvais rien faire pour ça… Je me sens tellement impuissante !

Il s'agissait d'une lettre de Kathie. Ce n'était pas très long. Elle disait juste "Il faudrait que tu passes à l'orphelinat un de ces quatre. Rien de bien urgent, et ne t'inquiète pas". Sa lettre n'avait rien d'alarmant à première vue. Si elle s'en était tenue à la première phrase, je ne me serais pas inquiétée. Mais qu'elle me dise de ne pas m'inquiéter m'a inquiétée. J'ai regardé l'heure, décidé qu'il n'était pas encore trop tard, vérifié que Remus dormait et que, s'il se réveillait, il aurait tout ce qu'il lui fallait, puis, j'ai transplané en pensant que je devais en profiter pour verrouiller définitivement son réseau de cheminette. Maintenant que le Ministère est compromis, utiliser ce moyen de transport n'est plus sûr. C'est une porte ouverte pour les Mangemorts.

Les lumières étaient déjà allumées dans les chambres quand je suis arrivée devant le portail de l'orphelinat. Touffu est venu m'accueillir en sautillant et en agitant la queue, ce qui est appréciable pour un petit chien ne l'est pas sur un chien de plus de 3 mètres de haut. Heureusement, il a été assez précautionneux pour ne pas me piétiner au passage. Il m'a escortée jusqu'au bâtiment avant de se poster devant une fenêtre, un de ses énormes yeux nous observant, tout triste de ne pas pouvoir nous rejoindre.

J'ai cherché Kathie dans les parties communes. Et je n'ai pas eu besoin de la trouver pour comprendre pourquoi elle m'avait envoyé ce hibou. Jaymie était là dans un fauteuil, la tête posée sur l'épaule de Jonathan qui tenait un livre qu'ils semblaient vraisemblablement lire tous les deux en même temps. Ils avaient l'air en forme et tellement tranquilles… Que je m'en suis presque voulue de les interrompre. Mais j'étais tellement surprise de les voir ici ! Et horrifiée aussi. Et soulagée. Poudlard est devenu une prison et ils étaient mieux dehors… Cependant, ils ont fuit sans avertir personne !

- Par les culottes de Merlin, mais qu'est ce que vous fichez hors de Poudlard tous les deux !?

Ils ont sursauté comme piqué et se sont mis debout, le livre finissant échoué au sol. Ils avaient l'air horrifiés au premier abord, et si Jonathan est devenu tout penaud une fois la surprise passé, un air férocement déterminé s'est collé sur le visage de sa petite-amie. Mon flair m'a dit que je n'allais pas forcément apprécier la suite. C'est elle qui s'est chargée de me raconter ce qu'il s'est passé. Comment Ombrage a transformé l'école en camp de redressement militaire. Comment les cachots ont été réhabilités. Les retenues qui relèvent tout simplement de la torture. Les fouilles, les confiscations, les cours, les brimades, les réprimandes. Les attaques. Quand Jaymie m'a dit que des connards s'en sont pris à Jonathan, j'ai cru que j'allais exploser comme une potion mal préparée. Si ils avaient été là, je leur aurais fait la peau, gamin ou pas gamin. Personne. Ne. Touche. A. Jonathan.

- Tiens.

J'ai sursauté en voyant un verre apparaître devant mon nez. Il contenait un liquide bleuté que j'ai identifié comme une potion calmante. A l'autre bout du bras se trouvait Kathie. Elle m'a fait un sourire mais ses yeux sont restés sérieux.

- Je savais que tu viendrais immédiatement, a-t-elle expliqué.

J'ai pris le verre et je me suis levée. J'ai fait quelques pas sous leur trois regards scrutateurs. Puis, j'ai fait signe à Kathie de me suivre et je me suis éloignée jusqu'à la porte de la pièce. Suffisamment loin pour qu'ils ne nous entendent pas mais pas trop pour les garder dans mon champ de vision. Ils se sont tous les deux assis en chuchotant.

- Depuis combien de temps sont-ils ici ? ai-je demandé en buvant une gorgée de ma potion.

L'effet a été quasiment immédiat et m'a permis d'y voir un peu plus clair ce qui n'était pas du luxe vu l'état dans lequel je me trouvais en apprenant que des abrutis s'en étaient pris à Jonathan. Il va falloir que je travaille là-dessus : je ne peux pas me permettre de devenir déraisonnable dès qu'on touche à un de ses cheveux blonds. Déjà, ça pourrait être dangereux, pour lui et pour moi, et ensuite je risquerais de passer à côté de la meilleure façon de faire bouffer les pissenlits par la racine aux pauvres inconscients qui auraient commis ce crime.

- Quelques jours, a-t-elle répondu évasivement.

- Quelques jours ? ai-je répété, la voix sifflante. Et tu n'as pas jugé bon de m'en avertir plus tôt ?

- Ils étaient secoués. Tous les deux.

J'ai failli insister pour en savoir plus mais elle a secoué la tête, me signifiant que je ne devais pas en demander plus. Avec un soupir, je me suis massée le front en demandant:

- Qu'est ce que je vais faire de lui maintenant ? Je ne peux pas le ramener à ses parents.

- Il veut rester ici.

- Il…

- … Est majeur Crys. Il a le droit de prendre ses propres décisions. Et puis, ici il est en sécurité. Tu as toi-même apposé les barrières de protection.

- Mais… Et les ASPICs !? C'est un garçon puissant et brillant, il ne peut pas abandonner l'école ainsi.

- Je ne crois pas que passer ses ASPICs dans ses conditions aient la moindre valeur.

Et elle n'a peut-être pas tord. Surtout avec l'attaque du Ministère et McGo qui doit avoir renversé Ombrage à Poudlard. Je ne suis même pas sûre qu'il y ait des examens cette année. Cela inclut également les BUSEs de Mary. Il vaudrait mieux que je la reprenne avec moi, ainsi que Cameron, dans ce cas. L'ennuie, c'est que là dans l'immédiat je n'ai absolument pas le temps pour m'occuper d'eux. Avec Dumbledore, la panique qui règne depuis que le Ministère est tombé, l'Ordre, Sirius qui manque à l'appel… Et je n'ai pas confiance en grand monde.

- Kathie, si je t'amène Mary et Cameron tu pourrais le garder ici quelques temps ?

- Tes enfants ont besoin de toi. Avec la guerre, ils vont avoir peur et ce n'est pas en te débarrassant d'eux ici que tu vas les aider.

- Je ne peux pas m'occuper d'eux à temps plein.

- Alors il te faudra faire un choix. Tu ne peux être mère et chef de la résistance en même temps.

Son ton était accusateur et je savais parfaitement ce qu'elle voudrait que je fasse. Cesser de me battre. Et ça a fait naître en moi de la colère.

- Je ne cesserai pas de m'opposer à Voldemort, ai-je craché.

Il n'y avait pas de surprise dans son regard, mais de la déception, du jugement qui ont fini de m'enrager.

- T'occuper de tes enfants devrait passer avant tout. Rien n'est plus important que ça. Et là tu veux les abandonner pour aller taper sur la gueule dans Mangemort ? Tu n'as pas changé toutes ces années. Toujours aussi égoïste.

- Rien n'est plus important que ça pour toi, ai-je dit en enfonçant mon index dans sa poitrine, ce qui lui a arraché une grimace de douleur. Mais je ne suis pas toi et je ne le serais jamais. Les enfants n'ont jamais été mon avenir, j'en voulais même pas !

- Seulement ils sont là et…

- Ils ont tué Gregory, ai-je coupé.

Son regard s'est assombrit avant qu'elle ne déclare :

- Gregory ? Gregory ? Il est mort il y a 18 ans Crystall, il sera temps que tu passes à autre chose ! Tu ne cherches dont que la Vengeance ?

- Passer à autre chose ? ai-je crié en retour. Comment peux-tu oublier ce qu'il s'est passé lors de la dernière guerre ? Tous ces morts toute cette souffrance. Toi tu es restée bien à l'abri ! Mais je ne pourrais jamais oublier, jamais pardonner et surtout, surtout, jamais rester les bras croisés à jouer les mères aux foyer chez moi comme si des assassins n'étaient pas de l'autre côté de la porte en train de planifier de tuer ma fille !

Je l'ai vu tressaillir et ça a été le signe de faiblesse de trop pour moi.

- Oui ma fille, tu sais Mary Potter celle que Voldemort cherche à éliminer personnellement. Tu crois que la border tous les soirs va la sauver ? Tu crois qu'arrêter de me battre va la sauver ? Ce n'est pas seulement pour Greg et tant d'autres morts que je me bats ! C'est aussi pour les vivants pour éviter que leur génération ne souffre du même fléau que la notre.

- Crys… a-t-elle tenté, l'air de réaliser qu'elle était allée trop loin.

- Je ne suis clairement qu'une pauvre égoïste en mal de vengeance et de combat, ai-je ironisé. Alors voilà autre chose d'égoïste : garde ton avis pour toi et va te faire foutre.

Sur ce, je me suis détournée et j'ai quitté l'endroit. Après coup, je me dis que j'ai sans doute sur-réagit. Que je n'aurais pas dû m'emporter autant car au final, c'est l'une de mes rares alliés et elle ne pensait qu'au bien de mes enfants, qui est important, j'en conviens. Cependant, malgré le fait que je pense toujours à me venger -je ne cesserai pas de le vouloir- je connais mes priorités et j'ai le bien être de Mary et Cameron au premier plan. La preuve, combien de fois ai-je déjà laissé filer Vadim Kniasev parce qu'il y avait plus urgent et plus important à faire ?

Quand je suis rentrée au Phare Remus était là, je l'avais oublié et j'ai été un moment surprise de le voir. En constatant que j'étais énervée, il a traîné sa pauvre carcasse jusqu'à la cuisine pour me faire du chocolat chaud, m'a installée dans la canapé au milieu de tous les coussins qu'il a pu trouver avant de s'asseoir à côté de moi. Ofero est venu s'enrouler autours de nos jambes et a posé sa tête sur mes cuisses. J'ai siroté mon chocolat chaud en caressant la tête de l'animal et ça a été étonnamment efficace pour faire disparaître ma colère. Quand nous sommes arrivés au bout de nos tasses, Remus a demandé si j'avais reçu des nouvelles de Sirius. Je n'ai pu que secouer négativement la tête, mon inquiétude revenant au galop. Pourquoi n'avais-je eu aucune réponse ? Remus m'a aussi rappelée que j'avais laissé Dumbledore au Manoir des Roses. Je passerai le voir demain.

Lundi 28 mai 1996 : Manoir des Roses

Je craignais un peu de voir l'état dans lequel je trouverais Dumby. Mais au final, s'il était toujours alité, il avait repris quelques couleurs, la fatigue s'était effacée quasiment entièrement de ses traits. Il était adossé contre une immense pile d'oreillers et lisait un livre lorsque je suis arrivée. Un énorme perchoir ouvragé, équipé d'un récupérateur de cendre était apparu dans la chambre et son Phénix s'y trouvait, semblant somnoler.

- La bibliothèque de votre Manoir contient des ouvrages fascinants Crystall, a-t-il commenté après m'avoir saluée, mais sans relever la tête du livre.

- Comment vous portez-vous ?

- J'avoue ne pas être au meilleur de ma forme, mais en tenant compte de la situation, j'estime ne pas m'en sortir trop mal. Les bons soins de vos elfes n'y sont pas étrangers.

- De quelle manière envisagez vous la suite ?

Dumby a tranquillement fini de lire sa page avant de refermer l'ouvrage, de redresser ses lunettes en demi-lune qui avaient glissées jusqu'à la pointe de son nez, puis de finalement se tourner vers moi. Les rides semblaient s'être multipliées sur son visage depuis la dernière fois que je l'avais vu. Comme si le fait de savoir sa mort proche avait permis à son grand âge de le rattraper.

- Je n'ai nulle part où aller Crystall, sachez le. Alors, si vous le permettez, je compte passer mes derniers jours ici, à vous prodiguer indication et conseils afin que vous puissiez terminer la bataille même sans moi.

- Le Grand Albus Dumbledore va partager ses informations avec moi une simple mortelle, quel honneur, ai-je ironisé.

- Nous n'avons guère le temps pour ces enfantillages.

- Bizarrement, avant vous en aviez pour tenir tout le monde dans l'ombre et jouer votre petit jeu.

Il est resté silencieux, et à mon humble avis, il ferait bien de prendre conscience que toutes ses décisions n'ont pas été les meilleures avant qu'il ne passe l'arme à gauche. J'ai attendu quelques instants histoire de me dire que, non, ce n'était pas le moment de lui cracher toute ma bile et toutes mes pensées à la gueule. Surtout que je ne doutais pas qu'il ait des informations utiles à me communiquer.

- Commencez donc pas me dire comment Voldemort peut encore être vivant après s'être pris un Avada dans la tête. Je suis sûre que vous le savez.

- J'ai bien une supposition en effet, mais peu d'éléments pour l'étayer.

Je lui ai fait un signe de la main pour l'inviter à parler et il a semblé rassembler ses idées avant de reprendre :

- J'ai longtemps pensé au moyen utilisé avant de finir par avoir une hypothèse solide. Je dois vous dire que, fausse modestie mise à part, je suis assez certain qu'il s'agit de la bonne.

- Parlez simplement Dumbledore, vos ronds de jambes ne m'ont jamais intéressés.

- Savez-vous ce que sont les Horcruxes ?

Il a prononcé ce mot à mi-voix, le visage plus sérieux que jamais, comme si cela devait m'évoquer quoi que ce soit et que je devais le craindre.

- Non, mais éclairez-moi.

- C'est de la magie extrêmement noire, voyez-vous. Un procédé très complexe qui implique de déchirer une part de son âme et de la cacher dans un objet. Ainsi, même si l'on meurt, naturellement ou pas, on ne rejoint pas vraiment l'autre côté. Il est possible de ressusciter grâce à un certain rituel. Rituel qui a été décrit de manière assez détaillée par Mary Potter après son retour du cimetière.

- Donc vous êtes sûr qu'il s'agit de Horcruxes.

- Raisonnablement sûr. On ne peut entièrement exclure les autres hypothèses.

- Comment sépare t-on son âme en deux ?

- Par un meurtre.

Il m'a regardé gravement par-dessus ses lunettes en me disant cela et je me suis sentir pâlir. J'ai tué des gens. Intentionnellement ou pas. Cela signifie t-il que j'ai séparé mon âme en plusieurs morceaux ?

- Un meurtre est un acte qui entache et fragilise de manière transitoire une âme, mais c'est également un acte qui génère beaucoup de puissance.

J'ai hoché la tête. Il s'agit du principe même sur lequel la magie noire se base : on sacrifie quelque chose pour en obtenir une autre. Plus ce qu'on sacrifie est grand, plus on peut obtenir de choses exceptionnelles. Contrairement à la magie blanche et à la magie rouge qui utilisent le noyau magique de chacun et la magie environnante. On peut sacrifier quelque chose à soit, une goutte de sang par exemple. Quelques années de sa vie. Ou sacrifier quelque chose qui nous est extérieur. Un animal. Ou un humain. L'humain, pour une raison inconnue, est le meilleur catalyseur. Et un grand merci à Zilphya pour les quelques notions de magie noire qu'elle m'a forcée à ingurgiter contre mon gré.

- Il est alors aisé, grâce à cette fragilisation de l'âme et à cette puissance, de déchirer en deux son âme et de la lier à un objet grâce à celle qui a été sacrifiée. Il s'agit d'un acte monstrueux, extrême, pour survivre.

Mais il ne me paraissait pas insensé qu'il ait utilisé ce genre de chose. Voldemort est monstrueux.

- Bien, soit. Comment reconnaît-on un Horcruxe ? Aurait-il pu en faire plusieurs ? Il a commis pas mal de meurtres.

- Techniquement oui, mais je n'oserais imaginer l'état d'instabilité d'une âme séparée en plus de deux morceaux. Quant à les reconnaître… je n'en ai jamais vu personnellement, mais je sais que les objets acquièrent une certaine… indestructibilité. Seules des substances tels que le venin de basilic ou un Feudeymon sont susceptibles d'en venir à bout. L'âme qui est à l'intérieur est également capable d'une certaine combativité afin d'éviter d'être détruite. Des cas de possessions par des Horcruxes ont déjà été relevés.

Cette description a chatouillé mon esprit et j'ai levé une main pour interrompre Dumby dans ses explications.

- Est-ce que… un Horcruxe pourrait-être un animal ?

- Hé bien… J'imagine que oui, mais cela ne serait guère prudent. Un animal n'est pas aisé à cacher et est imprévisible. Les êtres vivants ne sont jamais, à une exception près selon ma mémoire, choisis comme réceptacle.

- Dumbledore.

- Oui ?

- J'ai capturé le serpent de Voldemort il y a quelques mois de cela. Un serpent que je n'ai pas réussi à tuer malgré tous mes essais. Il n'a pas été nourri ou abreuvé depuis que je l'ai enfermé. Et il est encore vivant.

Nous nous sommes regardés en silence quelques instants.

- J'ai récupéré, ai-je continué. Un objet ayant appartenu à Voldemort. Caché dans un ancien cottage qui semblait être la maison d'enfance de sa mère. J'ai failli mourir en le récupérant. Un sort de compulsion très puissant. Mais il avait quelque chose de…

- Malsain ?

- Oui.

Nouveau silence. Nouvel échange de regard. Encore du silence.

- Vous aviez dit qu'il n'y avait pas plus d'un Horcruxe et si on considère qu'il a ressuscité, il ne devait plus y en avoir d'autre, ai-je soufflé dans un reproche.

- Vous possédez des éléments fondamentaux que je n'avais pas, a-t-il reproché à son tour.

- Vous avez perdu ma confiance depuis longtemps et je n'aurais jamais trouvé cela si j'étais restée une de vos sbires.

Nous nous sommes affrontés du regard, sachant que nous étions tous les deux en tord. Lui plus que moi, si on me demande mon avis.

- Et si vous ameniez la bague ici ? Je suppose que vous n'avez pu la détruire ?

- Je n'ai pas essayé, je me suis contentée de la mettre en sûreté.

- Fort bien. Allez donc la chercher je vous prie.

- Pendant ce temps, réfléchissez donc à combien de Horcruxe il a pu faire. Avec ces deux là, nous sommes à trois. Et si j'en crois vos explications, il ne pourra mourir définitivement tant qu'ils seront là.

- Je vais y réfléchir, mais il nous faut confirmer avant tout qu'il s'agisse bien de cela.

J'ai hoché la tête et je me suis levée : en route pour Gringotts.


A suivre...Très bientôt ! Le prochain chapitre est déjà presque bouclé ! Il arrivera la semaine prochaine sans doute !