Bonjour,

Aujourd'hui un chapitre important, un réveil que beaucoup attende. J'espère que cela vous plaira dites nous si on a été à la hauteur de vos attentes, idées. Bonne lecture et bonne journée biz Craft.

Prochain rendez-vous : samedi 22 février.


Jeudi 20 Février.

Il a souffert toute la nuit. Il n'a que très peu fermé l'œil et là, c'est tout bonnement impossible. La vérité est venue le saluer très tôt dans la matinée et là, il n'est pas déboussolé, il est plutôt en colère et frustré.

Envie d'envoyer tout valser ? Ça, c'est une évidence mais il se retient et essaie de se contrôler au maximum. Pourtant, il a envie de laisser sa rage sortir et évacuer toutes ses émotions négatives.

Mais là, à l'intérieur de son appartement, entouré par ce « décor », il n'y arrive pas. Il aimerait penser autrement seulement et si sa colère l'aveugle, il y a aussi cette part de lui qui le retient et qui l'amène à rester silencieux. La tête entre les mains, il entend son interphone sonner et il n'aurait pas bougé si l'inconnu n'avait pas été insistant.

_ Hadès-sama, je suis venu vous parler.

La voix, l'intonation, la phrase, tout irrite et frustre. Néanmoins, il donne l'accès libre et déverrouille sa porte d'entrée.

L'opportun arrive peu de temps après et s'il est accueilli par un froid glacial, Camus ne s'attendait pas à mieux. Prenant plus ou moins ses marques dans cet appartement qu'il visite pour la première fois, il aperçoit déjà ce Dieu près de la fenêtre et s'il scrute l'extérieur à travers celle-ci, autre chose se dégage de lui. En tout cas, son aura est imposante, carrément pesante et peu donner des nausées au plus faiblards.

_ Votre Frère m'a prévenu de votre éveil Hadès-sama et il m'a demandé de venir vous expliquer les règles ainsi que les conditions pour cela. Débute le Marine qui ne se sent pas réellement écouté. Je vais commencer si vous le voulez bien !? Demande ou parle celui-ci qui ne voit aucune réaction sur son vis-à-vis.

Un instant de silence se fait, long et lourd. L'ambiance chargée n'aide en rien cependant, le Chevalier du Verseau reprend de sa voix claire et faisant attention à ses mots pour ne pas offusquer le Dieu des Enfers, il se fait prudent.

Après tout, il ne connaît pas bien les réactions que celui-ci peut avoir, ni même les pensées qu'il peut avoir à l'instant alors, agir avec prudence est sa seule clef.

Droit et fier, Camus finit son monologue après de longues minutes où parfois il reprend son souffle et s'il fixe le dos de cet Ebène, c'est dans l'attente de questions, de reproches ou de bagarre.

…Mais il doit se l'avouer, le manque de réaction de l'autre gêne et est inhabituel.

_ Maintenant que vous savez pourquoi nous sommes dans ce monde et les enjeux de celui-ci, j'aimerais si possible, connaître vos intentions Hadès-sama. Ose interroger le Marine en voyant lentement ce corps face à lui, bouger. Tanguer vers lui.

_ Ça ne m'intéresse pas. …Tu peux t'en aller. Sa voix est lointaine et morne. Et il n'a aucunement l'intention de parlementer.

_ Dans l'immédiat ça m'est impossible. S'évertue à dire Camus alors qu'il fait un nouveau pas dans cet appartement inconnu. Puis, prenant une profonde respiration, il se lance de nouveau dans un monologue avec arguments et réponses à la clef. Encore une fois, il répète le speech qu'il a tenu aux Chevaliers comme aux Dieux mais pas une seconde cela a l'air de toucher son aîné et ça le décontenance. Et comme je le dis et le pense, ce monde existe bel et bien même s'il a été créé de toute pièce. Chaque personne ici présente vis et respire comme nous. Dit-il pour terminer et si sa conviction se lit dans sa parole et ses gestes cela n'a pas l'air d'émouvoir.

_ …Au revoir.

_ Allez-vous accepter de sauver l'humanité ? Demande le Verseau qui veut obtenir une réponse. Peu importe laquelle. …Ou une réaction.

_ Humanité qui ne fait que salir la terre de ses pêchés ? Qui se prend pour Dieu ? Qui se répand encore et encore…, sans relâche. Soupire le Trentenaire d'une voix glaciale autant que son regard. …Aucunement.

_ Humanité à laquelle appartient R- ! Il ne sent pas venir le cosmos de son aîné vers lui et encore moins sa présence se jeter sur lui. Il est surpris dans ses mots et voilà que maintenant Camus se retrouve menacé.

Littéralement jeté contre le mur blanc et agrippé par le cou, il pourrait utiliser sa glace pour se sortir de ce mauvais pas mais il ne peut pas rivaliser après cela. Il en est certain en tout cas alors, à moitié étranglé, il comprend qu'il n'aurait pas dû parler d'un autre Noiraud.

Mordant sa lèvre pour étouffer un gémissement, Camus s'évertue tout de même à soutenir le regard de ce Dieu et si c'est étrange que celui-ci n'utilise pas directement son cosmos pour l'envoyer valser, le Marine en est plutôt heureux.

_ J'ai dit dehors, je crois. Menace de sa voix sombre Hadès qui n'a aucune émotion dans le regard.

_ Si vous décidez de supprimer l'humanité, il disparaîtra et ce n'est pas ce que vous voulez n'est-ce pas ? Reprend le Verseau semblant de rien et en provoquant intentionnellement son aîné.

Hadès ne pipe mot. Il reste simplement là, à fixer son opposant, muet de tout mot. Ce qu'il entend, il le connaît déjà mais la seule question qu'il se pose est de savoir si c'est un sacrifice acceptable ou non. A quoi bon sauver quelque chose en vain ? Et puis, depuis son réveil, il a simplement ce pincement au cœur qui fait que- …, qu'il doit réfléchir et rester seul. A moins que…, que le monde continue d'exister… ? Il n'en sait rien.

Les lèvres scellées, il n'a pas l'intention de faire plaisir à ce Chevalier bien bavard et insistant.

Il veut rester seul et…, tient, se dit-il, un détail commence à l'irriter. Hatsuharu et Inoué s'évanouiront eux aussi puisqu'ils n'existent pas dans leur monde. Son frère Zeus est allé jusqu'à créer des humains miniatures, leur donner vies pour ensuite les tuer et tout ça dans quel but ? Peut-être mieux l'amadouer. Et amadouer son juge. Lui reprendre des enfants qu'il a déjà perdus une fois… .

_ Hatsuharu… et Inoué ? Murmure le Noiraud pour lui-même… .

_ Je-, débute Camus sans pouvoir continuer puisque coupé par son interlocuteur et relâché par la même occasion.

_ Je connais mon frère et il serait prêt à dire n'importe quoi pour obtenir ce qu'il veut. Souffle Hadès de sa voix rauque. Je déteste l'humanité et ce qu'ils sont. Ce qu'ils sont devenus et ce qu'ils deviendront si nous les laissons faire mais… si j'obtiens un pourparlers, je pourrais peut-être réfléchir à la question. Propose avec grand mal cet Ebène qui est en pleine réflexion. Qui dit surtout cela pour chasser l'intrus. Lui, tout ce qu'il veut c'est préserver la terre et limiter la propagation des souillures sur celle-ci.

_ En discuter avec Zeus-sama ou Athéna-sama ? Souffle le Marine légèrement surpris de la proposition. Incompréhensif et un peu perdu des propos de ce Dieu qui n'essaie même pas de garder celui qu'il aime. Pas directement en tout cas. Parce qu'il en est certain, Hadès est tombé amoureux.

_ Pars donc négocier maintenant, je ne te veux plus ici. Sonne la voix du Ténébreux en montrant la direction de la sortie.

Ne trouvant plus les mots, sachant déjà qu'un pourparlers ne verra pas le jour, Camus préfère laisser le Dieu des Enfers seul pour chercher un autre moyen de faire entendre raison, ce qui ne sera pas facile, il en est certain. Peut-être même impossible… . Mais ce qui le trouble le plus c'est le calme d'apparence de ce Dieu –malgré ce petit dérapage à la presque évocation d'un nom-. Il est très certainement énervé contre le monde entier mais il préfère taire cela…, jusqu'à quand, il n'en sait rien mais cette première conversation n'est pas un succès, ni même un échec.

Dans l'appartement, Hadès se dirige vers sa chambre pour se préparer à une journée de routine dans cette agence fictive où il travaille avec plusieurs humains et assis sur son lit, une chose attire son œil. Trois fois rien, seulement un vêtement oublié par une personne qui a réussi à l'approcher et à s'immiscer dans ses pensées. …Dans son cœur. Attrapant celui-ci, ses sourcils se froncent et s'il s'efforce de ne pas penser à ce Noiraud c'est peine perdu… . A l'instant, il ne pense qu'à lui.

Encore une fois, on se joue de lui et on lui demande d'être compréhensif et juste. Mais quelle leçon doit-il tirer de tout ça ? Il s'efforce à comprendre, à se rapprocher, à tisser des liens, à créer des choses avec ces humains et finalement après tout ça, on les lui reprend parce que le temps est écoulé. …Il n'aime pas la leçon apprise de cette chose.

Ses coudes appuyés sur ses genoux et sa tête entre ses mains, un soupir se fait entendre et Hadès marque un rictus sur son visage morose.

Il a réappris à aimer. …Appris à aimer un humain. Et dans peu de temps maintenant, cette même personne ne fera plus partie de sa vie… . La cruauté de son frère est donc sans limite, pense-t-il mais il se promet d'aider Rhadamanthe. Lui, il survivra même si un regard miel lui manquera toujours. Il est prêt à négocier avec son frère pour qu'au moins lui soit épargné par une perte.


Elle est là, à fixer celui qui dort à ses côtés. Cette nuit, elle et lui n'ont rien fait qu'on peut qualifier de compromettant ou de « trop tôt » dans leur relation. Non, hier soir, ils se sont simplement endormis l'un et l'autre à force de trop parler et de trop boire et ce matin, c'est bien Sheera qui se lève la première et qui espionne à son insu son nouveau compagnon –elle aime le dire par la pensée-.

Là, à remettre une mèche brune sur le front endormi de Dionysos, la Blonde ne fait que l'épier et sourit finement de tant d'innocence et de calme. En quelques minutes à peine, l'observer devient sa nouvelle passion et elle ne rechigne pas à cela. Il est sublime et si attirant, pense-t-elle.

Là, au beau milieu de son salon et encore couvert de ce plaid que cet homme a certainement mit sur eux pour ne pas attraper froid, ils ont confortablement dormi malgré l'endroit exigu et non propice à ce genre de chose pour la nuit.

_ Mon prince charmant…, murmure-t-elle à l'oreille de ce Brunet qui dort encore du sommeil du juste. Aurais-tu besoin d'un baiser pour t'éveiller ? Demande la jeune femme de façon anodine et en effleurant la joue de celui-ci. Tu n'imagines pas la chance que j'ai de te connaître Dionysos et j'aimerais continuer à rester à tes côtés…, soupire-t-elle comme un vœu cher à son cœur et en déposant un baiser sur les lèvres de son invité.

_ Mh, bonjour Sheera~…, marmonne l'homme qui ouvre doucement les yeux et qui vient prendre la main de sa Dulcinée. ….J'ai aussi beaucoup de chance, dit-il peu de temps après et en donnant un baiser au dos de cette main délicate et douce.

_ Tu n'aurais pas dû entendre ça, dit la Dorée non sans fortement rougir de beau matin. Est-ce que…- je vais faire le petit-déjeuner, en attendant, tu peux te passer de l'eau sur le visage dans la salle d'eau. Annonce-t-elle en se levant du canapé et en se recoiffant légèrement même si elle est magnifiquement décoiffée.

Légèrement souriant dès le matin, ce qui lui arrive très peu, Dionysos suit les directives de la jolie femme avec laquelle il a passé la nuit et si pendant un instant, il s'arrête devant le miroir et fixe son reflet, cela est pour réfléchir à ses actions passées et futures.

Là, à se scruter comme personne et à réfléchir, il se demande si c'est réellement possible d'être heureux sans même l'avoir souhaité ou commandé. Cette femme, il est certain de la chérir un peu plus chaque jour et si son cœur est d'accord avec sa tête, cela le fait doucement souffrir, …en bien. Il ne veut ni le montrer ni le dire à haute voix mais, pour la première fois de sa vie, il ne veut rien d'autre de ce qu'il possède déjà. N'a envie de rien d'autre que de son lieu de travail et de cette femme. Posséder… ou du moins côtoyer les deux l'enchante et puis, il aime tellement entendre parler cette Blonde. La voir sourire et l'entendre rire. Il se rappelle sans problème leur première conversation et toutes les confessions que cette Dorée a faite sur son défunt mari et très sincèrement, il ne regrette rien. Elle s'est ouverte à lui et bêtement, dit-il, il en est tombé fou. …Ou non, quoique…, il doit bien le reconnaître. Sheera Ito l'a mis à terre et il en est ravi. Alors même si un étrange sentiment l'envahit durant un quart de seconde, Dionysos l'ignore d'un revers de main pour de nouveau se tenir au côté de cette plantureuse Blonde au regard émeraude et au sourire parfait.

Il s'assit même devant cette assiette déjà dressée pour lui et s'il complimente sa compagne de cette présentation appétissante, il goûte aussi rapidement pour louer les mérites de celle-ci. Elle n'est pas une experte en la matière mais le peu qu'elle peut cuisiner est superbement bien fait –selon les pensées, peut-être un peu trop idéalisées de Dionysos-.

Parlant de tout et de rien, se trouvant sans cesse de nouveaux sujets de discussions, les deux tourtereaux –que tous peuvent voir ainsi-, se préparent doucement à une nouvelle journée et si les neuf heures sonnent déjà depuis près de vingt minutes, Sheera n'a pas la tête à penser à son, peut-être, futur retard puisqu'elle est encore bien trop dans son propre rêve pour y songer. Ce jour-là, même la vaisselle est faite alors que la Dorée laisse généralement son mugs dans l'évier à cause d'un manque de temps pour se rendre à son bureau mais qu'importe, ils profitent encore un peu.

Déjà hier soir ils faisaient de même quand Sheera a proposé à son compagnon de la suivre jusqu'à chez elle pour continuer leur discussion et de boisson alcoolisée en conversation intéressante, ils ont tous les deux finis par tomber dans les bras l'un de l'autre, définitivement endormis et bienheureux. Cette nuit, ils ont eu beaucoup de débats mouvementés à cause de leurs perceptions différentes des choses mais à chaque fois, ils ont fini par écouter l'autre, par se rapprocher, par s'embrasser et par s'enlacer.

_ Je… ! Dionysos, je n'ai pas vu l'heure, il faut qu'on y aille. Attends-moi là, le temps que j'aille récupérer mes affaires dans mon bureau, dit maintenant la jeune femme toute agitée alors que la seconde d'avant, elle repensait encore à leur douce nuit. Et revenue aussi vite que possible, elle réaperçoit son aîné avec son manteau à la main. Merci et désolée, je n'avais pas prévu qu'on se quitterait comme ça.

_ Moi non plus mais si tu veux arriver à l'heure, c'est maintenant qu'on doit partir Sheera. Assure le Barman en sortant de l'appartement et en laissant le soin à la jeune femme de verrouiller son chez elle.

_ Oui, tu as raison. Mon train va passer dans quelques minutes, rétorque la Dorée en voyant l'affichage de son cellulaire. Je t'appellerais ce soi po-

_ Je ne te parlais pas de ton train. Sourit doucement Dionysos qui maintenant prend l'ascenseur avec cette femme pour qui il a le béguin –et même plus-. Je vais t'accompagner moi-même après tout, ma voiture est garée en bas de ton immeuble, non ?

_ Oui…, oui merci ! Tu me sauves Dionysos. Remercie Sheera en suivant l'homme devant elle qui ouvre les portes, les tient et l'attend pour lui attraper la main et l'amener jusqu'au véhicule en question. …Tu es parfait, soupire-t-elle pour elle-même en prenant conscience d'un tas de choses et de tous les gestes conscients ou non de ce Brun incroyablement fascinant.

_ Sheera, allons-y et si jamais tu arrives en retard, tu pourras me désigner coupable. Confie Dionysos qui n'a pas entendu la dernière réplique de la Dorée maintenant assis sur le siège passager.

_ Je ne ferais jamais une chose pareille, Dionysos. Parle Ito en coiffant ses mèches rebelles à l'aide du petit miroir accroché au pare-soleil de la voiture et en laissant l'homme à ses côtés rêver un peu. Puisque pour lui, chaque geste est plus ou moins divin… . Dionysos, pourrais-je passer à ton bar après mon travail ce soir ?

_ Tu es la bienvenue quand tu le souhaites, tu sais. Clame le Brun en démarrant la voiture qui annonce déjà leur future séparation. Et je serais ravi de te revoir ce soir, Sheera. Ainsi que tous les autres soirs, crois-moi. …Je suis bien avec toi. La révélation faite, un silence sans gêne s'installe et le sourire aux lèvres, la réponse est donnée.

_ Moi aussi et j'aimerais pouvoir passer encore plus de temps avec toi, Dionysos.


Il arrive en retard à cause d'une certaine intervention et s'il sait garder son sang-froid toute la matinée, il somme aussi Rhadamanthe de déjeuner dehors avec lui. L'ordre n'est pas discuté vu le ton entendu mais aussi à cause d'un regard particulier que cet Ebène a eu.

Et là, ils ne sont pas installés à une table d'un restaurant quelconque ou dans un parc avec un bento à la main. Non, Hadès a pris sa voiture, n'a émis aucun mot sur leur future destination et jusqu'à arriver à l'appartement de ce Blond qui est le plus près, pas une syllabe n'est prononcée.

La porte ne claque pas, les pas ne résonnent pas un seul instant sur le parquet et aucun siège n'est réquisitionné. Non, une fois de plus, ce Noiraud préfère s'éloigner du mobilier pour jauger l'extérieur et ne pas perdre le contrôle.

_ Depuis combien de temps ? Gronde la voix rauque du plus vieux. Combien de temps le sais-tu ?

_ Presque deux semaines Hadès-sama. Répond immédiatement et comprend le Doré qui s'agenouille même en signe de respect. Quand…, j'ai dû quitter le boulot à cause de mon mal de crâne, explique-t-il plus amplement.

_ Et je suppose qu'on t'avait interdit d'en parler. Zeus ? Suppose directement ou non cet Ebène qui tourne légèrement la tête pour apercevoir son juge. Relève-toi.

_ Oui. Affirme le Blond qui n'ose pas répondre plus que la demande et qui regrette quelque part ses actes. Il est rongé par le stress, la culpabilité et les remords. Complètement mangé par la nervosité du moment et des paroles. De la voix froide et de ses propres actes. Hadès-sam-

_ Sais-tu que ce matin un chevalier a osé me menacer ? Presque m'ordonner de sauver ces humains cupides ? Poursuit celui aux cheveux Charbons et en reprenant sa contemplation de l'extérieur. Zeus ne pouvait pas mieux choisir son pion, pour cela, je dois le reconnaître. Mais… ça ne fonctionnera pas.

_ … …Comment ? Demande ou veut plutôt comprendre Rhadamanthe qui avant d'écouter les mots de son aîné aimerait plutôt s'excuser de son comportement.

_ Ce n'est pas avec des exceptions qu'on fait un monde. Grogne de mécontentement Hadès en faisant doucement demi-tour pour fixer son frère… ou plutôt, l'imposteur qui se fait passer pour ce qu'il n'est pas. Dans ce métier qu'on nous fait exercer, on a pu voir que le pouvoir montait rapidement à la tête de la plupart. N'ai-je pas raison ?

_ …Oui. Oui mai-

_ Un problème avec ça Rhadamanthe ? Tique le plus âgé en claquant sa langue à son palet. Il n'essaie pas vraiment d'intimider, seulement, être contredit aujourd'hui l'énerve particulièrement.

_ On a pu aussi…, rencontrer de bons humains, non ? Tente le Blondin en serrant les poings le long de son corps.

_ Avec leur volonté propre ? Se renseigne ou non l'Ebène en laissant son regard transpercer son cadet qui se fait de plus en plus intense et ombrageux.

_ Evidemment. Hadès-sama, puis-je vous poser une question ? Il reprend évidemment le vouvoiement et les marques de respect que son Dieu mérite. Et s'il se sent soulagé de pouvoir l'appeler ainsi, on peut aussi dire que son cœur se sent un peu mieux. La demande est acceptée d'un geste et cherchant plus ou moins ses mots, Rhadamanthe se lance. Avez-vous l'intention de sauver ou non l'humanité ?

_ Que gagnerais-je à les sauver Rhadamanthe ? Je t'écoute. Dis-moi ce que j'obtiendrais à sauver ces pathétiques humains qui n'ont jamais mérité un tel cadeau. Gronde de plus en plus le Dieu des Enfers et en sifflant presque ses mots tant la colère s'immisce dans ses veines.

_ Je vais répondre en supposant Hadès-sama. Admet et relève le Blond en faisant un pas en avant. Il y a environ trois jours, j'ai discuté avec le Chevalier du Verseau et il m'a avoué qu'il serait prêt à se mettre à genoux avec Apollon et Poséidon pour demander à Zeus de récupérer leurs êtres chers. Qu'il serait prêt à faire de même avec moi pour mes enfants. Je ne dis pas que je le crois mais, j'aimerais espérer que Zeus se montre clément envers ceux qui auraient sauvé l'humanité. Explique calmement et sans mot superflu ou trop orienté.

_ Zeus, clément ? Il y a un mot de trop dans cette phrase Rhadamanthe. Je ne te savais pas aussi crédule. Sourit de façon mauvaise Hadès en soupirant de telles inepties. …Jamais je ne me mettrais à genoux… . Avoue-t-il en fronçant un peu plus les sourcils et en pensant à un Noiraud qu'il va devoir quitter. Il est certain de pouvoir faire des sacrifices, il en est conscient mais se mettre à genoux face à son frère, jamais.

_ Hadès-sam-

_ Tu continues de voir et de coucher avec le Chevalier des Gémeaux, reprend-t-il sans laisser le temps à son juge de répliquer quoique ce soit. De dires des mots qui pourrait le blesser ou le mettre un peu plus en colère. Il n'arrive tout simplement pas à dire à haute-voix un certain prénom. Un partisan d'Athéna que tu as combattu à mort.

_ Je…- Oui, tonne à présent la voix de Rhadamanthe qui relève la tête et qui tombe dans le regard de son aîné. A mon réveil, j'étais un peu déboussolé mais une fois mes pensées remises en place je…, je n'ai simplement pas pu le rejeter. Hadès-sama, Kanon me fait du bien et… je l'aime. Jamais il n'a menti à son Dieu et aujourd'hui ne fait pas exception. Peu importe s'il se fait frapper, tant qu'il est honnête, ça lui va.

_ Un Chevalier d'Athéna ? Un Chevalier d'Or ? Que feras-tu si je te disais de le tuer ? De ne plus le voir ? Si je le tuais ? Me trahirais-tu ? Est-ce un jeu, un test ou de réelles questions ? Aucuns des deux ne le sait mais cela n'a pas l'air d'une plaisanterie pour ce Noiraud.

_ Je ne le tuerais pas, mais je ne vous trahirais pas non plus, Hadès-sama. Assure le Blondin en se tenant droit et fier devant son Dieu.

_ Je n'ai aucune confiance en lui et aux siens. Affirme le grognement de voix de cet Ebène qui place une main dans ses cheveux. En leur Déesse encore moins. Je ne croirais jamais la parole de mon frère. Et je ne défendrais jamais cette cause qu'est l'humanité. Mais ce qui me rend plus en colère encore c'est le fait que Zeus se permet de jouer avec de petits humains encore innocents et qu'il se paie la tête de mon juge. Je promets de faire justice à cela. Gronde la voix presque vengeresse d'Hadès. Je ne cautionne pas cette relation que tu as avec ce Chevalier mais je ne peux pas non plus laisser Zeus t'enlever ces petites créatures. Affirme-t-il en serrant les poings et en laissant son cosmos partir en vagues successives et violentes.

_ Hadès-sama, je suis désolé d'avoir dû vous mentir. De mettre tût et de vous avoir poussé dans les bras d'un humain. Dit Rhadamanthe en lâchant tous les maux qu'il a accumulé et gardé pour lui. Et de nouveau à genoux devant son Dieu, il continue. Dans la mesure du possible, je ferais tout ce que vous m'ordonnerez de faire. Hadès-sama, pardonnez-moi d'avoir été aussi téméraire et grossier à votre égard.

Pendant un instant incalculable, le Dieu des Enfers étudie le Spectre et si sa sentence ne vient pas, c'est qu'il n'en n'a pas réellement. Il comprend parfaitement le pourquoi de ses actions ou ce qu'il a pu faire en croyant qu'ils étaient frères. Il ne le blâmera sans doute jamais pour ça mais…, comment le dire ? Il n'en n'a aucune idée. Il ne sait pas parler de ce genre de chose, il le sait pertinemment.

_ Répond-moi, me suivras-tu si je décide d'anéantir l'humanité ? Demande Hadès en regardant son juge d'un regard hautain, presque dédaigneux.

_ … … . Il doit répondre. Rhadamanthe le sait mais les mots restent bloqués sur sa langue. Alors se faisant violence et serrant un peu plus fort les poings. Il relève la tête pour épier son Dieu et lentement, sa réponse apparaît. D'abord dans un murmure puis, ensuite avec plus d'assurance et d'affirmation. Je vous suivrais Hadès-sama. Peu importe votre décision, je serais à vos côtés ce jour-là aussi, veuillez ne pas en douter.

Pendant de longues secondes, les deux se jaugent puis laissant tomber ce duel qui n'en n'est pas un, l'Ebène soupire dans un souffle muet et reprenant son observation du monde extérieur au travers de cette fenêtre, ses pensées travaillent de nouveau.

Peut-il priver son juge de ses enfants ? Si bien sûr, la possibilité de les savoir en vie existe. Peut-il lui-même les abandonner en sachant que Poséidon et Apollon sont prêt à supplier son frère qui ne mérite rien de cela ? Ce qui est assez ironique de voir ces deux-là aider un spectre.

Peut-il lui-même faire une croix sur le sujet qu'il ne veut pas aborder ? Faire une croix sur Rin. Détruire l'humanité et le perdre définitivement ou la garder sauve et avoir une infime possibilité de le revoir un jour ? Et en même temps, à cause de lui et de son neveu et nièce, il a pu voir que tous les humains ne sont pas encore tous rongés par la cupidité et pa-

_ Je ne veux pas du chevalier du Gémeau en ma présence et j'aimerais que tu évites aux autres chevaliers de communiquer avec Hatsuharu et Inoué. Je ne veux pas qu'ils leur mettent d'étranges idées en tête. Je ne veux pas qu'ils s'en approchent, est-ce bien clair Rhadamanthe ?

_ Oui, je vous le promets. Répond le Blondin qui est assez heureux ou plutôt soulagé de voir son Dieu ne pas lui demander d'évincer un Bleu et de l'éloigner. A l'instant, son Dieu est assez clément et qu'on le voit ou non, il protège deux petits humains… .

_ Bien. Devrions-nous y aller ? Se questionne lui-même cet Ebène en laissant son regard chercher. Nous pourrions manger sur le chemin.

_ Hadès-sama, est-ce q-

_ Je t'autorise à continuer de m'appeler comme d'habitude. Jusqu'à ce que nous rentrions, il vaudrait mieux continuer ainsi, assure le Dieu des Enfers en déposant l'une de ses mains sur l'épaule de son cadet mais aussi plus fidèle compagnon.

_ Merci. Hadès, vous- …qu'as-tu l'intention de faire à propos de Rin. Vous êtes ensemble n'est-ce pas alors s'il te plaît…, pourrais-tu me dire tes intentions vis-à-vis de lui ? Se risque à dire le Doré qui a sûrement besoin de savoir. De comprendre les sentiments de son aîné et ses pensées. Tout comme Hatsuharu et Inoué, il est humain et est tout autant condamné qu'eux.

La question gêne autant qu'elle agace.

Les doigts crispés sur le canapé et le regard froncé et glacial, il n'a aucune envie d'aborder ce sujet. D'y penser en réalité parce que c'est à cause de cet humain qu'il hésite à donner son désaccord ou non. Parce qu'il est rentré dans sa tête et son esprit. Et c'est pour cette même raison qu'il hésite aussi à l'éviter parce qu'à ses côtés, il se sait faible. Trop faible pour prendre une décision rationnelle.

Honnêtement, il aimerait le garder mais reconnaître qu'un humain a un si grand pouvoir sur lui le contrarie. Il a voué des années à leur extermination et là, à cause d'une seule personne, il est sur le point de tout remettre en question. Ça l'énerve. Il se déteste lui-même. Et haït encore plus Zeus qui a eu l'audace de jouer avec lui.

_ Je sais…, soupire finalement Hadès sans même regarder son juge. J'aurais aimé ne jamais le connaître. Dit-il entre deux poings serrés. On l'a mis sur ma route et toi-même tu m'as empêché de le chasser mais… comment dire, se plaint l'homme aux cheveux Corbeau qui voit ses pensées s'entremêler et se mélanger. Il est… une faiblesse… .

Le dernier mot fait sourire Rhadamanthe. Lui-même sait que son Dieu n'est pas doué pour exprimer ses pensées ou son ressenti mais là, il comprend ce que représente le mot « faiblesse » pour Hadès. De toute évidence, il tuerait tous ceux et celles qui essayeraient de l'approcher ou de le lui enlever.

Voilà pourquoi son aîné s'est enfin éveillé. Parce qu'il est vraiment tombé amoureux et parce qu'il a aidé des humains sans demander quoique ce soit en retour. Il le sait mais, Hadès est quelqu'un de bon même si personne ne le reconnaît et si ce Dieu des Enfers décide d'arracher Hatsuharu et Inoué des mains de Zeus, ce Blond –lui- se promet de tout faire pour laisser Rin au côté de son aîné.

_ Hadès, merci. Et peut-être que vous- que tu y verrais plus clair en lui parlant. Tomura a un étrange pouvoir sur toi. Clame d'un sourire presque caché Rhadamanthe qui n'a que cette solution. Seul ce Noiraud a une infime influence sur la décision que prendra son Dieu. Personne d'autre ne peut réussir cela puisque lui-même et s'il est entendu, n'arrive que très rarement à le persuader.

_ Allons manger. Suggère à présent Hadès sans répondre quoi que ce soit à la solution entendue. Pour l'instant, il veut rester et méditer seul. Il a besoin de se faire une opinion, seul, et de ne surtout pas voir ce jeune humain.