Merci à tous pour vos reviews et bonne lecture :) Chapitre d'entre deux aujourd'hui.
Une escouade et un plan
Mardi 4 juin 1996 : Manoir des Roses
Je me suis réveillée doucement, avec le sentiment d'être parfaitement reposée, bien au chaud sous une épaisse couette malgré qu'on soit au mois de juin. J'avais l'impression d'avoir dormi sur un nuage et d'être plus reposée que je ne l'avais été depuis longtemps.
La seconde d'après, je me suis redressée brutalement en regardant autours de moi. Pour me sentir aussi bien, mes elfes ne m'avaient pas réveillée au bout de 4h comme je le leur avais demandé. Les potions avaient eu le temps de faire leur effet jusqu'au bout. D'un côté, c'était bien car aller à Poudlard en étant à moitié de mes capacités n'aurait aidé personne, mais de l'autre j'avais besoin de ce temps perdu à dormir pour me préparer un peu !
J'ai bondi du lit, constatant au passage que les potions n'avaient pas été capable de gommer totalement les effets de l'usage intensif de magie rouge, et j'ai écarté les rideaux avec brutalité. Ce qui était une mauvaise idée parce que la luminosité de fin de matinée m'a immédiatement éblouie. Le parc était baigné d'un chaud soleil d'été même si nous n'étions qu'au printemps. Le Rosier fleurissait de plus belle. Quand j'étais petite, c'était à ce moment que mon père commençait à fabriquer la confiture de rose dont nous raffolions tous. Depuis que je sais de quoi se nourrit le Rosier, je ne peux plus y penser sans avoir envie vomir. Heureusement, je sais que mon père ne connaissait pas ce détail, sinon je l'aurais trouvé malade de nous en avoir fait manger…
Laissant de côté ces pensées, je me suis habillée en vitesse avec les vêtements propres que mes elfes avaient visiblement été sortir de mes placards du Phare en dépit du danger de retourner là-bas… C'était une de mes tenues en cuir de dragon. Je ne m'en sers pas pour combattre mais plutôt quand je travaille sur des potions dangereuses. En combinaison avec des sorts cela peut prévenir de sérieux dégâts, dont la mort, en cas d'explosion. Mais ils pouvaient aussi être utilisés lors de duels.
J'ai glissé ma baguette personnelle dans un fourreau collé contre mon avant bras gauche. La baguette de Gregory se trouvait toujours dans le tatouage que j'ai sur la paume de la main du même côté. J'ai mis la baguette de sureau, donnée par Dumbledore dans mon fourreau principal au niveau de ma taille. Si cette chose est surpuissante, autant s'en servir ! Et je ne comptais laisser personne me battre.
Le temps d'attacher mes cheveux et je suis passée voir Dumbledore que j'ai trouvé en conversation avec Lavrenti.
- Ah, vous voilà réveillée Crystall, a tranquillement dit le plus âgé.
- Il semblerait. Lavrenti, tu vas bien ?
- Oui, je suis content de voir que vous allez mieux.
- Pendant que vous dormiez, j'ai pris la liberté de demander à mon jeune ami d'envoyer quelques messages aux membres de l'Ordre du Phénix pour les avertir de la situation et leur donner rendez-vous aux alentours de 11h30 au quartier général, a continué Dumby. Vous pourrez les y retrouver. J'imagine que vous allez avoir besoin d'aide pour vous rendre à Poudlard et sauver les enfants.
- Vous pensez qu'on a une chance ?
J'aurais pu le serrer dans mes bras d'avoir anticipé ce que je comptais faire. Merlin merci, il m'a permis de ne pas perdre d'avantage de temps. Ma question était plus pour me rassurer. Car oui, j'avais conscience de la situation. Conscience que ce que j'allais faire n'était pas la meilleure des idées. C'était même suicidaire. Cependant, je ne pourrais vivre avec l'idée de ne pas y être allée.
- Je vous conseillerais de passer par la Cabane Hurlante pour entrer dans l'école, a répondu Dumbledore sans me répondre, ce qui ne m'a pas rassurée. On ne vous attendra pas par là. Peu de gens connaissaient ce passage.
Aucun doute à ce sujet. Le seul au courant était Rogue et si tout allait bien, il ne nous vendrait pas aux Mangemorts. Avec un charme de désillusion, on devrait pouvoir arriver au château. Mais une fois dedans, nous ne savions pas ce qui nous attendais ni combien d'ennemis se trouveraient là-bas. Est-ce que je n'envoyais pas tout ce petit monde à la mort ?
- Emmenez moi avec vous ! s'exclama Lavrenti, me sortant de mes pensées.
- Certainement pas. Si ton père veut t'emmener avec lui, grand bien lui en fasse mais je ne prendrais pas cette responsabilité. Tu restes là avec Dumbledore.
Il n'a pas eu l'air très content, mais il n'a pas insisté. Faisant un rapide calcul, j'ai déduis que son père ne pourrait pas arriver à temps pour le combat, malheureusement. Andreas aurait été un grand avantage, sans doute mon meilleur combattant avec Alastor. Un des elfes est apparu pour me tendre à manger et à boire et j'ai enfourné le tout rapidement avant de me mettre en route.
Avant de transplaner, j'ai regardé une dernière fois le Manoir des Roses. La fontaine dans l'entrée avait cessé de fonctionner depuis longtemps et que je n'avais jamais pris la peine de la remettre en route. Le Rosier resplendissait. Quand j'étais petite, il était de toutes les couleurs, de blanc à rouge. Aujourd'hui ne persistaient que des roses rouges. Rouge comme le sang dont je le nourris depuis que j'ai appris sa véritable nature. Pourvu que ça en vaille la peine.
J'ai fermé les yeux et une seconde plus tard je me suis retrouvée près de 12 Square Grimmaurd. Sans hésitation, je suis entrée voir aurait répondu présent. J'avais besoin de soutient, mais suivant qui serait là, je pouvais très bien décider de partir seule. Plutôt seule qu'avec des boulets.
Autant dire que j'ai été agréablement surprise. Alastor était debout, l'air capable de bouffer tous les Mangemorts à lui tout seul. Augusta Londubat semblait d'un calme olympien mais ses yeux brillaient d'une féroce lueur. William et Charlie Weasley était côte à côte, adossés contre un mur l'air sombre.
- Comme va vôtre mère ? ai-je demandé.
La mort d'Arthur l'a profondément blessée. J'espérais secrètement qu'elle ne savait pas que 4 de ses enfants étaient potentiellement morts, potentiellement capturés, par les Mangemorts à Poudlard et que les deux plus âgés se trouvaient ici avec moi prêts à risquer leurs vies. J'ai noté dans un coin de ma tête de m'enquérir de ce qu'est devenu Perceval : il travaillait pour le Ministère selon les dernières informations que j'ai eu à son propos.
- Elle dort, m'a répondu Bill en secouant la tête.
Sans en demander plus, je me suis tournée vers les membres de l'Ordre présents, Dedalus Diggle, Sturgis Podmore, Emmeline Vance et Kingsley Shacklebot.
- Où est Tonks ? ai-je demandé en cherchant les cheveux rose de la concernée.
J'avais espéré qu'elle était allée aux toilettes avant le combat. Un auror en plus ne ferait pas de mal.
- Je ne sais pas. Je l'ai avertie par Patronus mais aucune réponse, a répondu Kingsley.
Ça m'a fait grimacer. J'ai balayé du regard notre petit groupe. Nous étions 9. Neuf combattants pour la plupart potables. Je n'ai pas osé demander à Augusta de rester en arrière à cause de son grand âge. Mon esprit à un instant dérivé vers les personnes que j'aurais souhaité voir là avec moi. Mais avec une claque mentale, je me suis concentrée sur la situation.
- Comme vous le savez, Poudlard a été assiégée. Nous allons essayer d'entrer pour sauver le maximum d'enfants. Le but est de les évacuer au plus vite. Si vous arrivez à tuer des Mangemorts ou à les mettre hors d'état de nuire de manière définitive, n'hésitez pas. Si Voldemort est présent, ne l'affrontez pas directement. N'agissez pas stupidement, ai-je averti devant la quantité de Gryffondors présents.
Ils ont tous hochés la tête et je leur ai dis que nous transplanions jusqu'à la Cabane Hurlante afin d'entrer dans l'école par un chemin détourné. Ils ont semblé étonnés mais n'ont pas répliqué. J'ai pris les devants suivie de très près par Alastor.
Nous sommes arrivés les premiers. J'ai tapoté ma tempe pour jeter les sorts de perception qu'Amandine m'avait enseignée durant les quelques heures que nous avons passés ensemble. J'ai essayé de solliciter le loup, mais le combat de la nuit passée l'avait exténué et il n'a pas bronché : je devrais me passer de lui, ce qui n'était pas une bonne nouvelle dans le contexte actuel.
Les autres sont arrivés et ont jetés des regards incertains à la Cabane.
- Est-ce bien prudents d'entrer ? a demandé Dedalus. Elle est hantée par des fantômes que l'ont dit violents.
- Elle n'a jamais été hantée et nous ne risquons rien à présent, ai-je soupiré.
D'un mouvement de baguette, j'ai arraché les planches et les sorts qui bardaient la porte d'entrée et j'ai pris la tête du groupe. Les baguettes se sont allumées derrière moi pendant que je cherchais la trappe qui menait au passage souterrain creusé jusqu'au Saule Cogneur. Les autres découvraient pendant ce temps le mobilier détruit, les traces de morsures et de griffure. D'anciennes tâches laissées par le sang.
- Les fantômes ne pourraient causer tout cela, a déclaré Kingsley.
- Il n'y a jamais eu de fantômes, ai-je répété. Dumbledore a créé cet endroit quand il a accueilli Remus à Poudlard : il pouvait venir se transformer ici en toute sécurité. C'est également Dumbledore qui a répandu cette rumeur de fantôme afin de garder les gens à distance. Ah ! La voilà !
La trappe était verrouillée du côté du tunnel, mais un Alohomora a suffi pour ouvrir le loquet magique et j'ai sauté dans le trou. Y lançant une boule de lumière, je l'ai vue disparaître au détour d'un tournant. Le tunnel ne semblait pas bouché. J'ai fait signe aux autres de me suivre et je me suis penchée pour commencer à avancer vers Poudlard. S'agissant d'un tunnel creusé grâce à la magie, Dumby aurait pu faire un effort pour le créer d'une taille raisonnable !
Il y a soudainement eu un crac ! et j'ai trébuché sur quelque chose qui a couiné. Je suis tombée, me gainant pour ne pas écraser le truc qui venait d'apparaître devant moi et que mon esprit avait identifié comme un elfe par instinct.
Heureusement, les autres ne me suivaient pas de trop près : Alastor se trouvait derrière moi et avait du mal à se déplacer dans l'espace étroit du tunnel avec sa prothèse de jambe. Ils m'ont entendu jurer.
- Ça va Gamine ?
- J'ai rencontré un obstacle inattendu.
- Darla est désolée Miss ! a couiné le petit être.
Une femelle elfe de Maison s'est redressée avec prudence et je me suis agenouillée. Elle ne semblait pas blessée.
- Que fais-tu là Darla ?
- Miss Mary Potter m'envoie pour demander de l'aide, a répondu la concernée.
J'ai senti un intense soulagement me traverser : Mary était en vie ! Et capable d'appeler à l'aide.
- Où est-elle ? Que s'est –il passé ? D'où viens –tu ?
- Darla est une elfe de Maison de Poudlard. Miss Mary Potter a échappé aux hommes en noirs et est venue demander de l'aide aux cuisines.
Elle nous a expliqué que tous les élèves étaient rassemblés dans la Grande Salle et que contrairement à mes craintes il n'y avait pas eu beaucoup de morts. Elle a aussi partagé avec nous le plan de Mary que j'ai trouvé particulièrement ingénieux. Apparemment les Mangemorts et les élèves qui les ont ralliés étaient en train de casser tranquillement la croûte : elle avait comploté avec les elfes de maison pour leur glisser du somnifère dans la nourriture. Ça nous laisserait une courte fenêtre d'action, mais une fenêtre tout de même !
- Dépêchons nous.
- Darla peut vous emmener jusqu'au château, a proposé l'elfe.
Mais bien sûr ! Les elfes ne sont pas soumis aux mêmes lois du transplanage que les sorciers ! Nous ne pouvions cependant pas tous toucher l'elfe d'un seul coup avec l'étoirtesse de l'endroit.
- Alastor, Shacklebott en priorité avec moi ! Les autres débrouillez vous pour arriver rapidement.
- Où Darla doit-elle vous déposer ?
- Les dortoirs de Poufsouffles.
Ce n'était pas loin de la Grande Salle et sans doute vide vu que tous les élèves étaient censés se trouver là bas de même que tous les Mangemorts. Nous avons disparus et une seconde plus tard nous nous trouvions dans un endroit qui m'était terriblement familier. Et pourtant si différent.
Il y avait toujours des plantes partout et la disposition ainsi que le mobilier étaient les mêmes. Mais on voyait des traces de luttes. Ledit mobilier était renversé ou brisé. Des traces de brûlures et de sang imprégnaient les tapis et les murs. Des plantes étaient à terre. Deux corps également.
- Ça n'a pas dû être beau, a commenté Kingsley pendant que j'embrassais la pièce du regard.
- Morts, a répondu Maugrey après avoir examiné les deux cadavres.
C'était des enfants ! Juste des enfants !
Alastor a planté son regard dans le mien. D'autres n'y auraient rien lu, mais je voyais dans son œil de la détermination et l'envie de casser du Mangemort. Il ne s'apitoyait pas sur ce qu'il venait de voir. Plus tard. Tant qu'on avait encore une chance de sauver les autres il ne fallait pas s'occuper de ceux qui étaient déjà perdus.
Nous avons rapidement été rejoins par les autres, la petite elfe Darla étant visiblement d'une efficacité redoutable.
- Vance, Diggle et Bill, ai-je dit quand tout le monde a été là. Vous vous occupez de l'évacuation avec les elfes. Essayez d'en envoyer plusieurs au même endroit.
- Mais où ? a demandé Dedalus.
- Laissez les groupes d'amis ensemble, de préférence envoyez les dans le monde moldus : ils seront plus difficiles à trouver pour les Mangemorts.
- Ceux qui n'auront nulle part où aller pourront venir chez nous de manière temporaire, a déclaré Bill. Le Terrier est bien protégé.
- Votre mère…
- En voyant leur détresse, elle saura quoi faire. Et nous allons lui envoyer nos frères et sœurs de toute manière… Elle saura quoi faire, a-t-il répété.
- Soit. Vri ! Tera ! Gin !
Mes trois elfes sont apparus.
- Vous allez aux cuisines aider ces trois là à évacuer les enfants. Tous ceux qui n'ont pas d'endroit où se rendre dans l'immédiat transiteront soit par le Terrier soit par le Manoir des Roses, est-ce clair ?
- Nous pourrons toujours renvoyer les enfants chez eux plus tard, est intervenue Vance. S'il y a des endroits sécurisés suffisamment grands, autant les envoyer tous d'un tenant au même endroit.
A la réflexion, ça n'était pas plus bête.
- Kreattur !
L'elfe des Black est apparus devant moi et s'est incliné profondément.
- La Maîtresse a appelé Kreattur ?
- Tu vas avec mes elfes. Je veux que tu emmènes avec toi des élèves réfugiés au Manoir des Black.
- La noble Maison des Black doit recevoir des sangs impurs ? a-t-il demandé de sa voix grinçante.
- Oui alors exécution. C'est l'ordre de l'Intendante !
Il s'est incliné une fois de plus et je me suis tournée vers la sortie de la Salle Commune. C'était le moment de vérité. Où les Mangemorts seraient endormis et nous pourrions sauver un maximum de monde où ça ne serait pas le cas et nous essayerions simplement de rester en vie au milieu de la boucherie. A l'attaque !
A suivre...
