Bonjour,
Aujourd'hui un long chapitre le premier parle d'un nouveau réveil et de ses conséquences. Après on retrouve un couple qui avance et je pense que cela va vous plaire. Dites-nous ce que vous en pensez ?
Biz à bientôt Craft.
Prochain rendez-vous : dimanche 1er mars
Mardi 25 Février.
Depuis ce matin, ces deux-là sont étrangement éloignés. Ce n'est pas habituel alors ça saute rapidement aux yeux de leurs amis mais aussi de leurs professeurs.
Professeurs qui connaissent déjà leur « petit secret » à tous les deux et qui attendent la pause déjeuner pour leur parler et les rassurer.
Toute la matinée, un Blond et un Vert se montrent absents. Ils ne réussissent pas à suivre les cours et encore moins à répondre à leurs camarades durant les interclasses.
Puis, à l'heure du déjeuner, les deux trouvent une excuse plus ou moins bancale pour ne pas prendre leur repas avec Seiya et le reste de la petite troupe mais et s'ils décident de se séparer eux aussi, l'un est attrapé par le Professeur Camus qui demande à être suivi tandis que l'autre, est intercepté par le Professeur Saga.
Et donc là, dans une salle de classe vide et fermée pour l'occasion, le silence règne en maître jusqu'à ce que celui-ci soit cassé par le plus jeune des deux Profs.
_ Je sais que vous vous souvenez de tout alors ne le niez pas s'il vous plaît et écoutez-moi. Je comprends que cela puisse vous perturber mais rassurez-vous, tout va bien d'accord ? Et tout va bien aller. Clame d'une voix forte et claire ce Marine dans un léger sourire.
_ Profess-, Chevalier du Verseau ? Se hasarde à demander Hyoga en fixant son aîné. Vous…, vraiment ?
_ Oui, Zeus-sama nous a envoyé ici pour qu'on aide Athéna-sama à gagner son pari et à sauver les humains. Voulez-vous que je vous explique ? Demande Camus en s'asseyant sur l'une des chaises de la classe.
Après ça, s'en suit tout un monologue où il explique aux plus jeunes la raison de leur présence ici, les différentes personnes qui ont atterrit dans ce monde et le temps qu'il leur reste encore à tous.
Le Doré pose quelques questions, pour y voir plus clairs alors que le Vert à ses côtés ne fait qu'écouter en silence. Dans la conversation, Saga s'y mêle pour ne pas laisser son amant devoir tout faire seul. Il veut le soutenir du mieux qu'il le peut dans cette mission que Zeus lui a donnée. Toujours le cœur sur la main, plus ou moins, Camus continue de défendre la cause, même si cela n'est pas nécessaire puisque les deux soutiennent et se battent pour la Déesse Athéna.
_ Shun, est-ce que tu as quelque chose à dire ? Interroge après un temps l'Aquarius en fixant son cadet qui lentement, lève les yeux.
_ N-non…, tout va bien. Dit à voix basse l'adolescent et même si on voit clairement qu'il n'est pas tout à fait honnête, personne ne relève.
_ Camus, on va réussir à gagner pas vrai ? Souffle le Blondinet en regardant gravement ses aînés.
_ Ne t'inquiète pas pour ça, on va tout faire pour. Assure le Marine en posant l'une de ses mains sur les cheveux clairs de l'adolescent. Toi, tu seras simplement chargé de veiller sur les autres et de faire ton possible pour les éveiller à leur tour. Est-ce que tu seras capable de faire ça ? Soupire-t-il d'un air grave et en même temps, très sérieux.
_ Compte sur moi ! Tout le monde récupérera ses souvenirs, sourit largement le Doré qui se voit-là investit d'une mission importante.
_ Camus…, Saga…, murmure le Vert après avoir réentendu la voix de son ami qui l'a, d'une certaine manière, réveillé. Mon frère…, est-ce qu'il est…- est-ce qu'il a retrouvé ses souvenirs ? Souffle-t-il en laissant son regard dévier sur le côté.
L'Aquarius s'attendait à ses questions –plus ou moins- mais il a attendu que Shun en soit l'instigateur pour ne pas le brusquer.
Un instant de silence s'est fait dans la salle de classe et si toute l'attention s'est tournée vers Shun celui-ci attend une réponse franche et sans dissimulation. Les lèvres pincées et le cœur légèrement tordu, le plus jeune laisse ses doigts s'entremêler et attendant une réponse, il sait déjà que ce calme est un signe de mauvais augure.
_ Oui, Ikki et Aphrodite sont déjà éveillés et ce depuis quelques semaines maintenant. Confie le Professeur en posant l'une de ses mains sur l'épaule de son interlocuteur. Il y a eu quelques problèmes au début, d'autant que certains te concernaient directement mais ils ont décidé d'écouter leurs cœurs et-
_ Ce n'est pas toi que je veux entendre Camus…, désolé. Souffle Shun qui laisse ses poings se serrer sur son pantalon.
_ Je comprends ne t'en fait pas. Dit Camus en ayant un peu de peine pour son élève –même si théoriquement il ne l'est pas réellement, sauf dans ce monde ci-.
_ Tu pourrais peut-être, leur rendre visite après les cours, non ? Propose Saga qui suit la discussion et qui essaie de donner une solution. Mes cours se terminent à quinze heures aujourd'hui, je pourrais passer à leur boutique et les prévenir de ta venue. Tu en penses quoi Shun ?
_ Je… …oui, s'il vous plaît. Acquiesce l'appelé en trouvant cette solution acceptable.
_ Parfait, dans ce cas, nous ferons comme ça. Si vous voulez, vous pouvez retourner à votre pause-déjeuner maintenant. Sourit le Bleuté en les incitant à disparaître.
_ Mais-
_ Hyoga, je te l'ai dit. Tout ira bien alors ne vous éloignez pas de vos amis. Au contraire, protégez-les si vous le pouvez. Maintenant filez ! Clame Camus en chiffonnant les mèches à sa portée. Et Shun… n'oublie pas, tout dépend de toi et de tes choix, mais tous ici savons que tu es quelqu'un de bien avec le cœur sur la main alors, je ne te dirais pas quoi faire. J'ai confiance en toi et en tes futures décisions.
Après un dernier « merci » de la part des adolescents, les deux Professeurs se retrouvent en tête-en-tête et si tous les deux partent dans des réflexions différentes, le Gémini sait que son amant est de nouveau occupé de penser aux autres personnes encore en sommeil et pas certain d'être en accord avec les principes ou les choix à faire. Alors pour sortir son cadet de ses pensées trop nombreuses, il se dit que lui voler un baiser n'est pas de trop.
Et l'idée est ingénieuse puisque dans l'instant, Camus retrouve des réflexes et kidnappe pendant une brève seconde la nuque de ce Bleu tentant.
_ Tu avais l'air perdu alors-
_ T'as bien fait, rassure Camus en reprenant un léger baiser. Et maintenant, allons-nous aussi retrouver Shion. La pause est bientôt terminée et… tu as eu une bonne idée pour Shun. J'espère maintenant que tout ira bien.
_ On ne peut que l'espérer… mais tu seras là pour eux, au cas où n'est-ce pas ? Souffle le Bleuté comme une évidence.
_ Ouais. Evidemment.
Après ça, la journée se déroule le plus normalement possible et si Seiya boude sur ses deux amis pendant près d'une demi-heure, il leur pardonne aussi très vite.
Un petit mensonge est dit mais c'est pour le bien de tous alors lentement, le cours des choses reprend. Seul Shun reste pensif et un peu en retrait.
D'ailleurs, les heures sont longues pour lui avant de pouvoir rejoindre son frère et cette boutique de fleurs. Il préfère y aller seul et au plus il s'y approche, au plus son cœur lui fait mal. …Sa tête, elle, est pleine de songes tous aussi contradictoires les uns que les autres.
Puis là, arrivé au « lieu de rendez-vous » il reste pendant une pleine minute devant le magasin. Il fixe cette devanture comme s'il l'aperçoit pour la première fois et si quelques clients en sortent, lui a un étrange sentiment de malaise jusqu'à ce que son frère aîné l'aperçoive au travers de la vitre et l'interpelle.
_ Shun, pourquoi tu restes-là ? Entre. Allez, vient s'il te plaît, on va monter. Gronde Ikki dans un ordre impossible à contredire.
La tête du Vert hoche positivement, les deux frangins gravissent les marches à l'arrière du bâtiment pour se rendre dans l'appartement énoncé plus tôt.
Jusqu'à l'intérieur, le silence est de mise et servant une tasse de thé à son cadet, le Bleu Foncé demande à celui-ci de l'attendre, le temps qu'il appelle Aphrodite et que celui-ci ferme le magasin pour la journée.
Bien sûr, la chose est refusée au début puis d'un commun accord, l'aîné de la Fratrie disparaît et Shun se retrouve seul dans cet appartement.
Après une demi-heure d'attente, le cadet se retrouve en présence des deux autres et silencieux au possible, la discussion se fait grâce à Ikki.
_ Saga nous a dit que tu t'étais réveillé ce matin et j'en suis très heureux. Moi, je ne pouvais pas te le dire alors-
_ Oui je sais Ikki, Camus nous l'a expliqué à Hyoga et moi. Assure Shun en attrapant la main de son frère et en prenant bien soin de ne pas regarder ce Bleu Clair qui les écoute calmement.
_ Alors lui aussi…, oui c'est normal après tout. Soupire pour lui-même ce Bleu en resserrant la prise de son cadet. Est-ce que tu veux bien qu'on parle Shun ? Propose maintenant celui-ci en laissant son regard dériver sur son amant muet.
_ Sur le fait que tu sors avec celui qui a tenté de m'assassiner ? Demande le Vert sans plus de retenu.
_ Ce ne-… …oui. Souffle Ikki courageusement et en étant prêt à faire face à son frère.
Un grand silence s'installe et les deux propriétaires des lieux attendent patiemment tout en fixant leur cadet qui reprend ses mains pour lui et qui réfléchit à ses futures paroles.
Le cœur tambourinant et les pensées dispersées, Shun prend de profondes respirations silencieuses et une fois la décision prise, les sons reviennent et la voix claire du Vert résonne à présent.
_ Avant que je ne recouvre la mémoire, je t'aimais bien Aphrodite. Je voyais que tu faisais du bien à mon frère et que grâce à toi il s'ouvrait plus aux autres et au monde. Et pour ça, je t'en suis très reconnaissant, peu importe qui tu es mais voilà, je me souviens et je sais ce que tu as fait. …Ce que tu as essayé de me faire et, j'aimerais savoir Ikki, est-ce que tu lui as pardonné ? Interroge Shun en laissant son regard émeraude tomber sur son aîné.
_ Oui. Oui j'ai pardonné à Aphrodite parce que j'ai compris pas mal de choses à son sujet et qu'il n'avait pas fait cette erreur seul. Et je ne te cache pas que mes sentiments pour lui jouent beaucoup…, affirme le Bleu sans détourner le regard. Shun, je n'oublierais jamais ce qu'il a tenté de te faire mais-
_ Tu as appris à le connaitre ? Continue le Vert d'une voix toujours aussi neutre et sans trop de vie. Alors je dois faire comme toi, oublier et passer à autre chose ? Grogne-t-il maintenant et alors qu'il fait frissonner les deux adultes faces à lui.
_ Ce n'est pas- non, je-, bafouille Ikki qui a peur de perdre son frère, sa seule famille.
_ Shun, ne lui en veut pas. Tout est entièrement de ma faute alors si tu dois te mettre en colère contre quelqu'un, prends-toi-en à moi, s'il te plaît, affirme Aphrodite qui vient de se réveiller et qui défend ce Bleu et veut assumer ses erreurs et son passé. Ne-
Le Bleu Clair va continuer son monologue mais un bruit étrange le fait cesser. Ce son n'a rien à faire là et pourtant, il résonne dans tout l'appartement et c'est clair et cristallin.
Les larmes au bord des yeux, on peut voir Shun rire et sourire comme personne et cela déconcerte énormément le propriétaire de l'appartement et son colocataire. Ce n'est pas « normal » au vu de la situation et pourtant, ça n'arrête pas de rire encore et encore. Les sourcils froncés et les cœurs arrêtés, l'incompréhension se lit sur le visage et pourtant, ils n'arrivent pas à parler distinctement.
_ Shun… ? …Est-ce que… ?!
_ Désolé, je ne peux plus faire semblant, marmonne l'interpelé en essuyant les larmes sur le coin de ses yeux. …Vous êtes si sérieux, continue-t-il entre deux respirations.
_ Comment ça ? Demande le Fleuriste qui a peur de comprendre et de stresser davantage.
_ Je…, en venant ici j'avais déjà pris ma décision, dit Shun en reprenant de son sérieux, j'y ai réfléchit toute la journée et je ne savais pas quoi penser de toute cette situation mais pour moi, ce qui prime avant tout, c'est ton bonheur Ikki et si tu es heureux avec Aphrodite alors je ne vais pas vous interdire de vous voir. S'exclame-t-il en laissant un sourire broder ses lèvres. Je sais ce qui a pu se passer entre nous mais moi, j'ai réussi à passer à autre chose et ici, j'ai appris à te connaître Aphrodite et je ne peux plus te détester. Jamais même je ne t'avais détesté et puis, avec les circonstances et tout…, j'aimerais qu'on reparte à zéro tous les trois. Finit-il en toute honnêteté. Désolé de vous avoir fait peur… .
_ Tu veux dire que…, débute Ikki qui ne sait plus quoi croire. …Tu ne m'en veux pas ?
_ Non et si tu l'as choisi c'est qu'il y a une bonne raison à cela. Aphrodite désolé aussi…, je voulais juste-
_ Tu n'as pas t'excuser, assure le Bleu Ciel qui voit son être s'apaiser de seconde en seconde. Tu es très bon comédien, tu sais ça ? Est-ce que tu es sûr de ta décision ?
_ Oui. Ici, j'ai appris à te connaître et puis, mon frère ne se trompe jamais. Ensemble, nous allons réussir à faire gagner notre Déesse, non ?!
_ Ouais…, évidemment. Soupire le Phénix en agitant sa tête, mais ne me fait plus jamais ça ! J'ai cru que tu n'allais plus jamais me parler, que c'était notre dernière conversation et-
_ …Je t'aime Ikki, tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça, même si tu t'entichais de mon pire ennemi. Clame fièrement Shun en bombant légèrement le torse.
_ Abruti, moi aussi je t'aime p'tit frère. Marmonne le Bleu gêné de ses propres mots tandis qu'il touche son amant et le rend un peu plus amoureux de lui.
_ Et moi je suis tout simplement chanceux d'avoir votre pardon. Shun, tu restes ici ce soir n'est-ce pas ? Suppose ou demande Aphrodite qui invite l'adolescent à leur table.
_ C'est que, j'a-
_ Ne t'en fait pas, j'avais dit à Saga que tu resterais probablement ici pour la nuit. Assure maintenant Ikki qui a fait le contour de la table pour prendre dans ses bras son cadet qu'il veut toujours protéger de tout.
_ …D'accord.
Un dernier « merci » est entendu de la bouche d'un Bleuté et finalement, les trois hommes dînent autour d'une table et d'un repas préparé par les soins d'un oiseau de feu. La discussion a plusieurs sujets mais celui qui revient souvent est sûrement leur condition à chacun et les autres Chevaliers ou Dieux coincés ici-bas.
Du bout des lèvres, ils demandent des informations sur Hyoga et si Shun affirme que leur relation n'a pas changée, cela fait grincer des dents le Bleu mais l'a aussi très largement rassuré sur le fait que ce Blond est bel et bien fait pour son frère.
Ensuite, une chambre est préparée et si Aphrodite passe la nuit seul ce soir-là, c'est parce que deux frères ont besoin de se raconter quelques petits secrets et de se retrouver seuls et protégés par l'autre. Rien de plus, rien de moins. …De s'entourer un peu dans leur bulle protectrice pour la nuit.
Ça fait près de cinq jours qu'ils ne se parlent pas ou ne s'approchent pas. Ou non, ça fait cinq jours que son aîné l'évite soigneusement et sans aucune gêne.
Il ne répond à aucun de ses mails ou de ses appels. Il n'a pas non plus dénié le regarder quand il a posé des questions en rapport avec le travail alors, Rin se dit, que le message est clair.
Il s'est lassé de lui. C'est l'évidence même mais Hadès n'a pas assez de courage pour le lui dire. Il l'abandonne sans même se retourner et sans même prévenir. Il se sait ennuyeux et sûrement embêtant mais, il a au moins le droit à une explication. Ou alors une rupture dans les règles. Même par mail, ça aurait été suffisant mais rien… alors c'est sûrement pour ça qu'il est assis sur ce muret à attendre un Ebène plus âgé que lui et qui habite à proximité –pour ne pas dire, l'immeuble derrière lui-.
Ça fait près d'une heure qu'il est là à attendre dans le froid qui ne déserte pas les terres nipponnes et il n'est pas encore assez résigné pour abandonner et quitter les lieux.
Soufflant dans ses mains pour les réchauffer à minimum, son souffle chaud fait des nuages brumeux autour de lui et réajustant son épaisse écharpe, il s'emmitoufle avec ardeur pour ne pas attraper froid.
La nuit est là depuis longtemps et les vingt et une heures pointent le bout de leur nez et toujours suspendu à ce muret, comme un enfant sage, il scrute les passages inexistants et les quelques résidents -trois au total- le dévisagent durement, en le jugeant très certainement. …Enfin, cela lui importe peu et s'il vérifie souvent l'heure sur son GSM, une idée parmi tant d'autres lui traverse l'esprit. Hadès est peut-être chez Rhadamanthe. Invité ou occupé de dîner. Avec ou sans les enfants. Alors, il attend peut-être là pour rien.
Le cœur de plus en plus fissuré et les pensées bien plus présentes à l'instant, il réfléchit aux multiples possibilités qui s'offrent à lui et griffant à plusieurs reprises ses lèvres mordues par le froid, son regard n'a pas tout de suite accroché la silhouette qu'il attend depuis longtemps. N'a pas entendu les pas qui se dirigent vers lui. Et est saisi de cette voix rauque à son oreille.
_ Que fais-tu ici Gamin ? Grogne la voix froide et puissante d'Hadès à l'encontre de son cadet qu'il remarque immédiatement après être sorti de sa voiture.
_ Si ce n'est pas évident, je ne peux rien faire pour toi. Souffle le Noiraud avec aigreur.
_ Tu devrais rentrer chez toi. Suggère à présent le Publicitaire qui n'est pas encore prêt à lui faire face. Qui se dit qu'il doit tout de suite l'oublier.
Les nerfs à fleur de peau et les lèvres pincées par les mots entendus et le ton employé, Rin se lève de son siège improvisé et si ces jambes sont engourdies, il n'y fait pas attention. Ce n'est pas son souci premier.
Les poings serrés le long de son corps et les sourcils froncés, on pourrait croire que le Miel de ses yeux se change en quelque chose de beaucoup plus sombre. Beaucoup moins lumineux et éclatant. Et là, sur ses deux jambes et la tête relevée, il parle de nouveau.
_ Je pensais que j'aurais au moins eu le droit à une explication Hadès-san ! S'exclame le plus jeune sans lâcher du regard son interlocuteur et sûrement, ex-amant. J'ai bien compris le message que tu essaies de faire passer depuis quelques jours et maintenant ici, il n'y a plus aucun doute possible, mais je pense…, que ça n'aurait pas été difficile de le dire en réponse dans l'un des nombreux mails que je t'ai envoyé ! Continue-t-il sur le même ton strict et blessé. Je pense que je mérite au moins ça.
_ Et quel est donc le message ? Soupire ou siffle cet Ebène qui châtie chacun des mots entendus.
_ Hm, évidemment…, soupire pour lui-même le jeune Tomura dans un fin rictus caché. Tu n'as jamais quitté personne n'est-ce pas ? Je suppose que ça a toujours été l'inverse, non… . Alors pour que tu comprennes bien Hadès-san, quand tu veux qu'une relation se finisse, il faut prévenir l'autre personne. Et…je…- je vais le faire pour toi, d'accord !? Assure-t-il en reprenant une profonde respiration. Ça le rend malade de devoir dire une chose comme celle-là mais, il se sait inapte à garder un homme pareil à ses côtés alors au lieu de lutter, il abandonne et lui rend sa vie. Hadès-san, je crois que nous devrions arrêter de nous voir en dehors du travail à partir de ce soir. Dit ce Noiraud sans prendre de pause ou de « petites routes » pour faire traîner les choses plus longtemps et en scrutant son aîné qui le dévisage également. Tu vois, c'est une façon parmi tant d'autres de mettre fin à une relation et j'aurais aimé que tu le fasses ainsi au lieu de m'ignorer et de m'éviter. Avoue-t-il alors que son visage se découvre un peu plus et que ce fin sourire triste sur ses lèvres se révèle au grand jour –ou ici à la nuit-. Maintenant que c'est dit, je vais rentrer chez moi. Je suis désolé de t'avoir attendu devant ton immeuble et je te promets que- …je vous promets que, dorénavant j'oublierais cette adresse et l'effacerait de mon répertoire.
Il est occupé de le perdre. Le Dieu des Enfers s'en rend compte petit à petit et s'il décide de ne rien faire puisqu'il ne trouve encore aucune réponse, ça devient de plus en plus difficile. Ça lui retourne le cœur de le voir disparaître. Et puis…, tout ce qu'il peut bien penser, est pour se protéger lui-même de ses propres sentiments. Oui, il a déjà aimé une fois, Perséphone a été son premier amour, il l'a aimé de tout son cœur pense-t-il mais, voir ce Noiraud partir le rend malade. Il est le seul à être aussi persistant et à vouloir l'approcher, le connaître malgré son caractère et à le poursuivre. Alors oui, c'est peut-être sous les instructions de Zeus ou pas mais… mais il aime tout ça et perdre cet Ebène…, perdre cet Ebène…- le voir l'abandonner… . Peut-il au moins profiter de lui jusqu'à la dernière échéance ? Trouver ce qu'il cherche à ses côtés peut-être ?
A cet instant, il s'accorde ce droit puisque déjà ses pas s'avancent vers son Cadet et que sa main attrape ce poignet trop fin pour ne pas le voir disparaître. Attrape une peau frigorifié pareil à de la glace.
_ J'ai besoin de toi…, murmure Hadès en serrant un peu plus sa prise et sans même avoir été entendu. Ce n'est pas ce que je veux. Dit-il maladroitement et en forçant le plus jeune à faire un pas en avant.
_ Pourquoi vous mentez ? Si vous me lâchez maintenant, tout pourrait être fini alors s'il vous plaît, lâchez-moi Hadès-san.
_ Non. Je…- cherche l'aîné des Elision sans réussir à trouver ses mots. Cette semaine a été compliquée pour moi et si je ne t'ai pas répondu c'est parce que j'avais besoin d'être seul.
_ Si ça avait été ça, vous auriez pu le dire, non ! Reprend la voix plus forte de Rin qui tente de retirer son poignet aux mains de son aîné.
_ …C'est de ta faute…, souffle le Publicitaire comme une vérité –en tout cas pour lui-. Suis-moi, ne restons pas ici. Ordonne-t-il maintenant en trainant son cadet derrière. Depuis quelques minutes, il remarque les joues rougies de l'autre et les légers tremblements de son corps mais là, quand il lui touche la peau il se demande simplement depuis quand ce gamin l'attend dehors.
_ Je ne veux pas vous suivre ! Grogne à présent Rin qui s'évertue à ralentir la course de l'autre.
_ Tu vas m'écouter maintenant Rin. Tonne la voix vibrante du Dieu des Enfers. Il est hors de question pour moi de te laisser partir. Je ne saurais pas faire si tu n'es pas là alors je te le demande, suis-moi et laisse-moi m'expliquer. …Ne pars pas.
Le cœur troublé des mots entendus et par le ton pris, le jeune Tomura a un moment de faiblesse et son corps réagit avant ses pensées.
Là, marchant dans les pas de son aîné, il a la tête remplie de questions et de sentiments différents. Il ne se trompe pas et tous les signes sont là. Il est même prêt à accepter le fait de le voir partir alors pourquoi le retient-il maintenant ? Il ne comprend pas.
Dans l'ascenseur et le contraste de chaud et de froid avec son corps l'a fait frissonner mais n'y faisant pas attention, il continue de laisser son cerveau cogiter alors qu'à ses côtés, l'Ebène ne fait que l'observer et voir cette peau rougie par le froid reprendre une couleur normale. Claire, pâle et sans imperfection.
Puis, le tintement reconnaissable de l'appareil les ramène tous deux à la réalité et très vite à l'intérieur de l'appartement, ils n'ont pris le temps que d'enlever leurs chaussures.
_ J'ai dû, Rhadamanthe et moi avons dû- devons faire face à plusieurs problèmes familiaux. Claque la voix de l'Elision en attirant toujours derrière lui son cadet pour le faire entrer dans l'appartement et le mettre près d'un chauffage. Il ne ment pas, pas directement, c'est même la vérité quelque part alors…, il peut bien lui dire. A aucun moment il n'a pensé le blesser en l'éloignant de lui. Crois-moi, je n'ai aucune intention de te céder à quelqu'un d'autre.
_ Le dire était trop difficile ? Et puis, vous n'avez même pas de preuve, pas vrai !? Pourquoi je devrais vous croire Hadès-san ? Grogne Rin en continuant d'éloigner ses mains qui reviennent sans cesse pour lui retirer ses vêtements d'hivers –autrement dit manteau et écharpe-. Vous m'avez ignoré alors forcément je me suis imaginé des choses parce que vous ne dites jamais rien ! Vous ne faites confiance à personne et ne parlez à personne de vos problèmes. Je sais comment vous êtes et que parler n'est pas votre fort mais, rien qu'un mot aurait été suffisant ! Vous êtes un abruti Hadès-san ! Un égoïste qui ne pense à personne d'autre que lui-même et un-
_ Je t'aime, vient d'avouer l'appelé tandis qu'il agrippe le visage de son Cadet pour le mettre face à lui et pour apercevoir ces deux prunelles Dorées qu'il adore contempler. Franc et honnête, il prend aussi un baiser de droit et ne veut pas lâcher les lèvres douces et sucrées de son Noiraud. Il devient accro à ce goût et à cette peau qui frissonne sous ses doigts –et à la chaleur présentement- alors non, il ne peut pas l'abandonner. Pas maintenant alors qu'il a encore un peu de temps pour en profiter et pour le marquer un peu plus. Ce petit humain est une perfection pour lui. Une perfection qu'il ne veut pas briser à cause de ses mots ou de ses actes. Dont il prendra soin jusqu'à la fin. Jusqu'à devoir rentrer chez lui. …Seul. Alors même qu'il ne le souhaite pas. …Je t'aime Rin.
Muet par cette révélation et battant des paupières, l'appelé est comme figé. Son aîné ne lui dit jamais rien de tel. Ne répond jamais à ses mots et griffant sa bouche rougie par le baiser, il est certain de ne plus avoir les pensées droites.
Le silence règne maintenant dans cet appartement et si Hadès attend un geste ou une réaction, cela ne tarde pas à se montrer. Lui-même se surprend de sa déclaration mais de voir ce petit bout d'homme s'énerver contre lui et le traiter de tous les noms le rend courageux. Ou non, le rend sincère.
_ Pourquoi dire ça maintenant ? Vous trichez. Souffle peu de temps après un Noiraud qui doute de plus en plus de ce qu'il a pu lui-même croire.
_ Peut-être mais… pour toi, ça ne me dérange pas.
Un claquement de langue est entendu après cette réponse encore plus mesquine et égaré entre toutes ses pensées et les mots entendus, Rin est un peu à la dérive même s'il essaie de se reprendre. Doit-il de nouveau le croire ou au contraire, en terminer avec cette relation qui lui fait plus de mal que de bien la plupart du temps.
_ Même moi j'ai remarqué que je ne faisais que te poursuivre ces derniers temps Rin et l'avoir vu m'agace bien plus que tu ne peux le croire. Affirme l'Ebène non sans froncer les sourcils et en gardant un visage entre ses mains. Mais te poursuive me va. Laisse-moi continuer. Parce que c'est un fait, depuis qu'il lui a laissé une chance, ce Dieu a l'impression de toujours rattraper cette main pour le garder avec lui et si ça l'a stressé plus d'une fois, il n'a jamais songé à arrêter.
_ J'en ai marre d'avoir mal au ventre à cause de vous. Marre de douter et d'être indécis. Et j'en ai marre d'être pris pour un imbécile. Ça m'fait tellement mal à la tête que parfois je ne sais pas quoi faire… mais quand je sens votre main sur ma tête Hadès-san, tout s'apaise toujours. Se confie le jeune Tomura en attrapant de lui-même cette fois, cette main plus grande que la sienne pour l'entourer de ses doigts et la resserrer.
_ Arrête de me vouvoyer. Je ne veux plus t'entendre faire ce genre de chose quand nous sommes seuls. …Arrête Rin…, s'il te plaît. Demande de nouveau le Publicitaire qui comprend bien que cette chose reprend à cause d'un malentendu et d'une supposée rupture.
_ Ne me laisse plus jamais seul, finit par soupirer le Noiraud en laissant ses deux orbes Or scruter avec intensité les iris Bleus de son aîné.
_ Très bien, je prends aussi cette responsabilité. Confie Hadès qui se voit maintenant beaucoup plus serein et qui sent ses problèmes le fuir durant des minutes entières. Dis-moi, tu es resté combien de temps dehors ?
_ Je ne sais pas…, peut-être deux heures. Je voulais juste des réponses alors je n'ai pas vu l'heure passer. Marmonne-t-il comme pris en faute alors qu'il n'a rien fait de mal.
_ Je reviens, ne pars pas. Dit l'Ebène en caressant une dernière fois les mèches sombres de son cadet avant de se diriger vers sa salle d'eau à l'étage.
A l'intérieur de la pièce, il fait couler un bain bouillant à la bonne odeur sucrée, prépare des serviettes également et une fois celui-ci prêt, il redescend pour amener avec lui cet autre Noiraud qui n'a pas bougé de ce radiateur et si des questions se posent, aucune n'a de réponse, …sauf une fois dans la salle de bain.
Un peu surpris, Rin regarde autour de lui et si de la fumée s'échappe du bain, il est aussi saisi de son aîné qui l'approche et commence à le déshabiller.
_ Hadès-san, qu'est-ce que tu fais ? Interroge le plus petit en essayant d'arrêter son supérieur qui dégrafe son pantalon et qui agrippe les bords de sa chemise.
_ Il faut que tu te réchauffes avant que tu ne tombes malade. Laisse-moi faire. Assure-t-il alors que la chemise tombe et qu'un t-shirt se soulève.
_ Je peux le faire moi-même, d'accord. Dit Rin qui ne veut pas contredire son aîné mais qui est embarrassé par le tout. Par les gestes affectifs de celui-ci et par sa sollicitude. Ce n'est pas habituel donc ça gêne. Et alors que son pantalon tombe à ses pieds et qu'il l'éloigne lui-même de son corps, autre chose l'étonne. Hadès-san, pourquoi tu- ?!
L'appelé ne répond pas et continue simplement de lui-même à se déshabiller. Après cela il traîne son cadet en tenu d'Adam –ainsi que lui-même- sous la douche pour un lavage rapide et une fois fait, les deux s'installent dans la baignoire spacieuse du plus âgé.
Dos au Publicitaire, Rin ne sait pas quel geste employer tant il se fait choyer et s'il adore cette chose, il ne sait pas comment remercier celui-ci. Son dos vient à se faire tremper de mousse, autant que ses épaules qui lentement se font masser et si son corps se réchauffe de seconde en seconde, ce Dieu des Enfers s'attelle maintenant à faire mousser la tignasse Corbeau du jeunot. Il a cette envie de prendre soin de lui, peut-être de s'excuser sans en avoir conscience et de ne pas le quitter des yeux. Et une fois trempé jusqu'à l'os, il fait se retourner le jeune Tomura.
L'un en face de l'autre et des jambes par-dessus d'autres sous cette eau parfumée, de grandes mains redessinent un corps ridiculement fin mais parfait. A cela, le Noiraud décide de réagir et laissant ses mains se lever jusqu'au visage de l'Elision, il entoure celui-ci, met de côté quelques mèches Charbons pour mieux scruter cette tête qui lui fait perdre tous ses moyens et du bout des lèvres, il se décide à l'embrasser. A lui pardonner. Et ces cajoleries durent une éternité.
_ Je veux que tu sois heureux Hadès-san, susurre-t-il tout contre ces lèvres qu'il aime embrasser. Et…, j'aimerais que ce soit un peu grâce à moi. Insinue-t-il avec un peu d'égoïsme et de vanité.
_ … …, un étrange sourire se marque sur les lèvres en otage d'Hadès et si cela ne lui arrive pas souvent, c'est étrangement envoûtant et beau. Et moi je veux que tu te réchauffes, soupire-t-il comme réponse parce qu'honnêtement, il ne peut pas assumer qu'un humain peut lui donner autant de bonheur. Surtout un aussi ridiculement petit que lui. …Ne change pas, Gamin…, murmure-t-il en prenant à son tour un baiser alors que cette dénomination fait étrangement plaisir à son amant qui a sûrement senti tous les sentiments derrière ce mot.
Jouant avec les mèches détrempées de Rin, le plus âgé des deux entreprend de prendre de nouveaux baisers et collant le corps de son amant au sien, il le fait se cambrer à l'aide de ses doigts trouvant le creux de ses reins et si un soupir se fait entendre, il est le premier d'une longue série.
Peu après, des bras fins entourent une nuque ferme et si les baisers sont de plus en plus entreprenants, les mains du plus vieux sont, elles, de plus en plus baladeuses et aventureuses. Le cuir-chevelu sensible autant que les fossettes sur le haut de son fessier, Rin griffe et inscrit son passage sur les omoplates d'Hadès.
La température grimpe progressivement entre les deux amants et des marques de plus en plus présentes voient le jour sur leurs peaux. Des gémissements apparaissent ici et là, notamment à cause des doigts agité du Noiraud aux yeux Bleus et si l'eau l'aide dans ses actions, il réussit sans problème à détendre son Cadet et le faire se sentir bien.
_ C'est bon je…, j'ai assez chaud mh~ …je, pas plus~, bredouille Rin entre deux soupirs cueillis sans trop de problème par son compagnon.
_ Vraiment ? Soupire à son tour l'Elision qui fixe avec tendresse son adorable amant.
_ Hm… oui, Hadès-san…, Hadès-san, gémit un peu plus fort ce Noiraud qui accueille en lui trois doigts résolument doués.
Souriant des mots entendus, Hadès continue son petit jeu et sentant leurs deux sexes en érections l'un contre l'autre, se frottant au rythme des ondulations du bassin de Tomura, il se griffe lui-même les lèvres pour ne pas faire entendre sa voix conquise.
Pendant un long moment, les deux jouent de la sorte, se provoquent sans le faire, se cherchent et s'embrassent jusqu'au moment où, devenu impatient, Rin prend appui sur les épaules de son aîné et guide le sexe de celui-ci tout contre son intimité pour s'y asseoir dessus après avoir répondu à l'affirmative à la dernière question du Publicitaire.
A savoir s'il est certain de vouloir le faire sans protection.
C'est une toute nouvelle sensation pour les deux mais en aucun cas désagréable. Au contraire, ils ont l'impression que les émotions sont décuplées ou alors, cela est dû aux mots dits ou non, un peu plus tôt dans la soirée.
Quoique cela n'a pas grande importance puisque les deux profitent de leurs « retrouvailles » pour s'appartenir une nouvelle fois. Les lèvres retrouvées et les mouvements rythmés des deux se font dans une harmonie quasi-parfaite et si les soupirs envahissent la pièce, cela ne dérange absolument personne. Les cœurs battants et les peaux frissonnantes de toute part, des doigts continuent de cramponner, de s'attacher.
_ Hadès-san…, plus vite, grogne Rin qui monte et descend sur cette verge pulsante et de plus en plus grosse.
Un visage est attrapé à cet instant et s'il est épié durant de nombreuses secondes ou minutes, le plus jeune est récompensé par un sourire et par une étreinte.
L'eau pour témoin de leur ébat, le bruit des vagues réinventent leur cadence et donnent de nouvelles idées au Dieu des Enfers qui, ce soir et cette nuit, n'a aucune intention de relâcher sa proie.
La mousse disparaît en même temps que leur capacité à se retenir et s'ils finissent par jouir, pour aucun des deux cela n'est suffisant. En cet instant, en reprenant son souffle, Hadès décide de continuer leur tête-à-tête dans la chambre, de prêter quelques vêtements à ce Noiraud quand le moment se montrera et de sécher une journée de travail avec son cadet pour distraction. Après tout, il est le patron et son amant, son employé personnel auquel il a déjà une excuse toute trouvée.
