Bonjour,
Aujourd'hui une sorte de réunion de famille qui fait sûrement réfléchir. Merci à l'innocence des enfants. Bonne lecture et n'hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez cela nous fera plaisir et nous aidera pour de prochain texte.
Biz Craft.
Prochain chapitre : vendredi 6 mars.
Mercredi 4 Mars.
Arthur est sorti en ville pour l'après-midi. En ce début de Mars, la nuit tombe plus tard et même s'il fait encore froid, la neige a disparue. Il arpente les rues et les magasins en écoutant de la musique. Son MP3 tourne à fond dans ses oreilles depuis des heures mais il ne se lasse pas. Il a des messages de ses amis et de ses pères et répond à tous qu'il est occupé. Aujourd'hui, il a envie d'être seul. Demain, il accompagnera Camus sur la tombe de sa famille et fera livrer un bouquet pour sœur Angèle. Il est un peu triste et a besoin de marcher pour se changer les idées.
Il doit être un peu plus de dix-huit heures quand une chose le tracasse, les gens autour de lui le regarde bizarrement. Certains lui font signe de regarder derrière lui. Il accentue le pas, quand un homme l'arrête et le fait se retourner. Là, il découvre un garçonnet de sept ans courir après lui. Il retire ses écouteurs et l'entend crier son nom.
- Arthur, Arthur…
L'adolescent ouvre ses bras et l'enfant vient s'y loger dedans. Le petit explose en larmes. Arthur lève la tête vers l'homme afin de le remercier.
- Merci, c'est mon cousin. Il a dû se perdre et avec la musique je ne l'entendais pas. Merci Monsieur.
- Tu devrais appeler ses parents et écoute ta musique moins fort.
- Oui, je le ferais Monsieur.
L'homme les quitte. Arthur n'a pas apprécié la remarque mais n'a rien répondu pour autant. Cet étranger a raison, Camus lui en a déjà fait plusieurs fois la remarque aussi. Chassant ses pensées, il reporte son attention sur l'enfant dans ses bras. Le petit continue à pleurer à grosses larmes, alors, Arthur le soulève et va l'asseoir sur un muret non loin d'eux. Il le câline afin qu'il se calme, mais c'est difficile. Malgré tout il se décide à l'interroger il doit savoir ce qui s'est passé.
- Hatsuharu tu es tout seul ? Où est Rhadamanthe, ou ta maman ?
- Sniff, sniff… Pardon je… Sniff…
- Ok, calme-toi ! J'appelle Papa Camus, on va te ramener.
L'adolescent appelle son père, il lui explique la situation et lui donne leurs coordonnées. Ensuite, il essaie de rassurer le petit. Il fait très froid alors il resserre sa prise sur le corps du garçonnet afin de réchauffer un peu plus. Celui-ci en profite pour se blottir contre lui et enfouir son visage gelé dans son cou, cherchant la chaleur de son écharpe. Arthur sourit de cela et le laisse faire. Si cela peut l'aider à se calmer un peu.
De son côté Camus qui est encore au Lycée - ne voulant pas ramener de travail à la maison - se dépêche de grimper dans son véhicule et appelle Rhadamanthe. Il tombe sur son répondeur, il y laisse un message avant de composer un nouveau numéro, celui de Kanon. Là aussi, la messagerie se déclenche. Il se souvient alors avoir pris le téléphone du travail de Rhadamanthe. C'est Rin qui lui répond, cela le soulage, il aura plus facilement des réponses.
- Agence de Publicité Elision j'écoute ?
- Rin ? Un « oui » lui répond. C'est Camus Aquarius, je…
- Oui je me souviens, vous allez bien ?
- Oui merci. J'espère que toi aussi ? Mais j'aimerais parler à Rhadamanthe c'est très urgent.
- Il n'est pas là. Il est en rendez-vous en extérieur.
- Et Hadès-san ?
- Je vous le passe, s'empresse de répondre le jeune homme en entendant la voix stressée de l'homme qui lui a, à chaque fois, paru très calme.
- Merci. Un long silence se fait. Puis, il entend une respiration. Ne raccrochez pas c'est à propos d'Hatsuharu.
Hadès ne dit rien et écoute, il raccroche et Camus soupire car il sait que le dieu arrive.
Arthur est assis avec le petit dans les bras, il est ravi de voir son père. Hatsuharu saute dans les bras de l'adulte quand il le voit. Il se remet à pleurer un long moment. Camus le laisse faire, il vaut mieux le laisser se calmer avant de parler avec lui. De toute façon il ne tirera rien de lui tant qu'il pleurera autant.
Un quart d'heure passe et un grand homme aux cheveux noirs s'arrête net devant eux. L'adolescent le regarde, il a l'air furieux. L'homme s'empresse de retirer le petit des mains de Camus qu'il dépose à terre à ses côtés, tout en foudroyant le Marine du regard. Les deux commencent à parler et plus la discussion continue et plus les voix s'élèvent. Tous ceux dans la rue se retournent sur eux. Arthur est outré de leur attitude. Ils en oublient jusqu'à la présence d'Hatsuharu qui lui recommence à pleurer et s'éloigne des deux adultes qui lui font peur.
- Bordel fermez là ! Hurle Arthur faisant sursauter et se retourner sur lui les deux hommes. Hatsuharu est mort de peur et vous au lieu de vous inquiéter de lui vous vous comportez comme des enfants. Puisque c'est ça je l'amène voir un vrai adulte.
Arthur prend le petit dans les bras et part. Les deux autres restent bouche-bée un instant et suivent en silence l'adolescent qui les conduit dans un salon de thé. Cela prend une dizaine de minutes où personne n'ose faire entendre sa voix.
En entrant Arthur est accueilli par un Blond au sourire chaleureux. Cela le rassure un peu. En plus il fait chaud et l'odeur donne une bonne sensation. C'est le meilleur endroit pour pouvoir parler avec Hatsuharu. Il aurait dû y penser dès le début.
- Bonjour tous les deux… Shaka se tait en voyant derrière eux le Marine et le Brun qui ont un air grave sur leur visage. Ce n'est pas le bon moment pour s'éterniser sur la politesse.
- Papa et Oncle Hadès sont stupide, déclare fort Arthur. Tu peux nous aider toi. On a besoin d'un adulte.
- Allez-vous asseoir à la table là-bas, désigne-t-il d'un doigt. Je vous amène un chocolat chaud.
Arthur s'exécute avec plaisir. Il a besoin de se calmer. Il dépose en douceur sur la banquette d'une table en retrait le petit Hatsuharu frigorifié. Il l'aide à se dévêtir de son manteau et le frictionne pour le réchauffer. Au comptoir, il entend Shaka demander à son employé à mi-temps d'aller chercher quelques choses dans son appartement. Le Blond les rejoint rapidement avec le chocolat et des parts de gâteaux. Le propriétaire s'assoit à côté du petit et Camus vient s'asseoir près de son fils. Hadès s'installe non loin du Marine, les deux hommes se font face avec froideur. Le Chevalier du Verseau profite d'être à l'abri pour envoyer un SMS à Rhadamanthe et Kanon afin de dire où ils sont et de les rassurer sur l'état d'Hatsuharu.
- Hatsuharu que s'est-il passé ? Se renseigne Shaka voyant que l'enfant est plus calme.
- Demain c'est l'anniversaire de maman. Je voulais lui offrir un cadeau. Alors, j'ai dit que j'allais chez un ami et je suis sorti en ville, mais j'ai plus retrouvé le chemin pour prendre le bus et rentrer… Sniff… Puis j'ai vu au loin Arthur j'ai couru vers lui en l'appelant mais il marchait trop vite et il ne m'entendait pas. Sniff… J'ai eu si peur.
- Un homme m'a arrêté et m'a montré Hatsuharu, confesse Arthur. Papa pardon je… Pour la musique.
- On réglera ça plus tard, claque la voix mécontente de Camus. Puis il regarde son fils et le toise. Imagine juste qu'on te prévienne qu'une voiture te fonce dessus ou juste qu'elle te fonce dessus et que tu ne l'entendes pas.
- Pardon… J'ai compris cette fois, promis.
Un bruit sourd ramène la table vers le Dieu des morts. Il vient de frapper la table faisant sursauter tout le monde.
- C'est stupide ! Pourquoi n'as-tu pas demandé à un adulte de venir avec toi ? Hadès élève la voix. Il ne comprend pas cet humain si petit et d'habitude si intelligent.
- Papa était occupé et toi aussi, bégaie le petit en se mordant la lèvre, son oncle lui fait peur.
- Tu aurais pu demander à ton beau-père ou j'aurais demandé à Rin, renchérit Hadès qui veut comprendre, il y avait tellement de possibilité.
- Toya avait aussi un rendez-vous de travail et vous êtes tous occupé et pour Rin… Dois-je le considérer comme mon oncle ?
Un silence se fait autour de la table. Effectivement les deux autres adultes aimeraient avoir la réponse.
- Tu aurais dû m'en parler, fait la voix d'un homme qui s'assoit auprès d'Hadès et pose sa main sur la sienne en voyant que celle-ci va re-claquer sur la table. Shaka et Camus ont le même réflexe. Hadès les regarde de façon mauvaise, mais l'homme reprend. Tu as dit que j'étais comme ton deuxième papa alors si Rhad' ne peux pas venir, moi je suis là.
- Kanon, hoquète le petit content de le voir.
Le Bleu regarde Hadès et lui sourit.
- Rhadamanthe arrive il passe prendre la maman d'Hatsuharu et m'a demandé de venir.
Hadès ne répond rien et retire sa main de celle des chevaliers d'Athéna. Il regarde le petit humain boire son chocolat et déguster son gâteau. L'employé de Shaka ramène des pulls chauds qui vont servir à réchauffer les deux enfants. Arthur parle avec Hatsuharu et essaie de lui remonter le moral. Le Dieu des morts se tourne vers Camus et le foudroie du regard avant de déclarer dans un murmure :
- Dites à votre fils que je ne suis pas son oncle.
Camus va répondre quand Hatsuharu prend la parole un peu plus joyeusement.
- Oncle Camus, merci d'avoir appelé tout le monde.
- De rien, tu as eu de la chance de tomber sur Arthur.
- Oui, je suis content qu'il soit mon cousin, rigole Hatsuharu.
- Comment peux-tu…
- Oui oncle Hadès ? L'enfant penche sa tête sur le côté, il est curieux de connaître la pensée de son oncle.
- Non rien, je ne comprends vraiment rien aux gamins. Et oui, tu peux considérer Rin comme ton oncle. Plus que Camus.
Un froid passe mais disparaît sous le rire du petit et la remarque d'Arthur qui défend comme il peut son père. Effectivement, il a maugréé une phrase qui n'a pas plus au Noir.
- Mon père a des défauts mais niveau sociabilité il vous vaut. Avec lui Hatsuharu s'en sortira mieux dans la société qu'avec vous.
- Tu es bien le fils de ton père, souffle Hadès.
- Et j'en suis fier, rétorque tout aussi sec l'adolescent en foudroyant le Noir du regard. Je ne sais pas ce que vous avez contre lui mais ne mêlez pas Hatsuharu à ça. Il passe une main dans les cheveux du gamin et sourit. Que vous le vouliez ou non maintenant on est tous une famille. Un peu bancale et pas très « normale » mais une famille. Et je suis heureux d'avoir Hatsuharu comme petit cousin.
Hadès reste figé de la déclaration, tout comme les chevaliers d'Athéna qui ont peur de la réaction du dieu. Réaction qui ne se fait pas car arrêté par des éclats de voix. Rhadamanthe et son ex-femme viennent d'arriver et courent vers eux en appelant le petit. Celui-ci se jette dans les bras de sa mère qui le serre fort avant de lui mettre une gifle et de le reprendre dans ses bras. Hadès à ce geste va se lever mais trois mains l'en empêchent, encore ces maudits chevaliers.
- Réaction typiquement humaine d'une mère angoissée. Tout comme vous avec la table. Hadès le regarde outré. Mais, le chevalier de la Vierge ne se démonte pas et explique mieux ses dires. Quand un humain est angoissé il peut parfois être violent pour faire passer son sentiment. C'est une façon d'aimer si on peut dire.
- Là, ç'en est, fait Arthur. J'ai été assez frappé sans raison ou juste pour le plaisir, pour savoir quand une mère aime son enfant. Et elle, elle était morte de peur. Mais n'en veuillez pas à Hatsuharu, ce n'est qu'un enfant qui aime sa maman et qui voulait lui faire une surprise, lui faire plaisir. Cela ne vous est jamais arrivé ?
Hadès ne répond rien et regarde le jeune homme de dix-sept ans qui se permet de lui faire la leçon à lui le Dieu des morts. Puis, il regarde le Chevalier de la Vierge qui se permet de faire de même. Il se lève sans un mot et va vers le petit et ses parents. Rhadamanthe est si… Il ne peut pas le laisser perdre ce petit être ni l'autre Bleu de la table. Kanon est important pour Rhadamanthe et il a accouru pour l'aider tout comme les Chevaliers d'Athéna. Même ce Marine qu'il a plus ou moins étranglé. Il se penche vers le petit et caresse ses cheveux en souriant. En se relevant il regarde le Blond qui lui sert de frère dans cette vie.
- Rhadamanthe, ça tient toujours pour Dimanche ?
- Oui bien sûr, répond Rhad' sans comprendre la question.
- Bien, je viendrais avec Rin. A demain et Kanon j'espère vous voir pour le repas de Dimanche chez mon frère.
- Oui ce sera avec plaisir ! S'exclame heureux le Gémeau. Hadès change-t-il d'idée ? Au moins il lui laisse une chance. Il voit son Blond sourire aussi de cette invitation à demi-mot.
Le Dieu des morts se retourne une dernière fois vers Shaka.
- Une fois… Il cherche ses mots. Ma mère m'a giflé une fois. Je n'avais pas compris son geste, merci. Le Dieu des Enfers sourit et part comme ça, sans attendre de réponse.
Hatsuharu se met à rire et son père le regarde.
- Oncle Hadès m'aime. Devant le regard incrédule de son père le petit reprend. Il m'a caressé les cheveux. Il ne le fait qu'a Rin, Inoué ou moi, c'est sa façon de dire je t'aime.
- Oui sûrement, sourit le Blond heureux de la l'a lui-même remarqué. Alors cela doit être vrai si même son fils s'en aperçoit. On rentre maintenant, je vous raccompagne avec ta maman. Kanon tu viens avec nous ?
- Cela me ferait plaisir, sourit la mère de Hatsuharu.
Kanon accepte mais présente avant à la dame, son ami Shaka, son beau-frère et son neveu. Le petit Hatsuharu l'appelle « cousin » et sa mère sourit en faisant « oui » de la tête. Dans la voiture Rhadamanthe lui a expliqué de nombreuses choses. Elle a été surprise, voire choquée mais en arrivant elle a vu une famille unie, même Hadès a esquissé des sourires et a dit un « merci ». Alors pourquoi pas ? Cela a l'air de faire plaisir à son fils. Même Inoué a l'air bien mieux en revenant de chez son père. Les deux enfants ont déjà parlé de Kanon et parlent de plus en plus de leur oncle Hadès d'habitude si absent. Des larmes coulent sur ses joues et pendant que Rhad' rhabille leur fils elle ne peut s'empêcher de dire :
- Merci de faire autant de bien à ma famille, puis elle sourit à Kanon et murmure, bon courage avec Hadès. Moi je ne me suis jamais faite accepter. J'espère que vous réussirez, cela sera bien pour Rhadamanthe.
Les deux se sourient. Puis le Blond leur fait signe qu'ils peuvent y aller, les quatre partent.
Autour de la table ne reste que Camus, Shaka et Arthur. Ce dernier s'approche de son père et pose une main à côté de la sienne. De son petit doigt il agrippe celui du Marine.
- Je vis avec vous et si je ne comprends pas tout ce n'est pas grave. Je vais vous aider. On est une famille et je vais vous aider à lui faire comprendre, même si ça va être dur.
Les deux chevaliers ne répondent pas. Arthur n'attend pas spécialement de réponse non plus. Il a juste eu besoin de le dire à haute voix. Il se lève à la suite de son père et prennent des parts de gâteaux à Shaka avant de rentrer tranquillement chez eux.
