Bonjour,

Aujourd'hui on vous propose deux scènes de vie une avec les trois professeurs et les adolescents et l'autre c'est le repas chez Rhadamanthe ou Hadès a convié à demi-mots Kanon. Je sais que beaucoup l'attendent. Bonne lecture à bientôt Biz Craft.

Prochain rendez-vous : Lundi 9 mars.


Dimanche 8 mars

Tout avait commencé par une discussion stupide entre des pères et un fils. Arthur avait alors dit n'avoir jamais skié. Les trois adultes s'étaient fustigés de n'avoir pas pensé à l'amener plus tôt. Tout avait été si vite depuis leur réveil. Déjà deux mois. Ils avaient alors proposé une sortie ski. Camus avait rajouté qu'ils pourraient en profiter pour y aller avec tous les adolescents.

Le Week-End avait donc été mouvementé mais très bon. Après avoir eu l'accord de tous les parents et d'Ikki pour Shun, ils étaient partis le vendredi soir en train et étaient arrivés tard dans la nuit. Tous avaient séjourné dans un chalet au pied des pistes. Le séjour avait duré jusqu'au dimanche après-midi.

Et là en ce dimanche soir, Arthur un sourire aux lèvres crée son premier album photo. Ses trois pères l'y aident. Ils ont acheté un cahier où l'adolescent peut écrire ses souvenir à côté de ses photos.

Il colle en premier une image de tout le monde dans le train. Celles qui suivent ont été prises au chalet. On voit l'édifice de bois en extérieur et intérieur. Mais aussi la source chaude privée de celui-ci. Arthur écrit que celle-ci est un vrai havre de paix le soir après le ski. Qu'il se serait cru au paradis.

Ensuite Camus lui passe une image le représentant en train de faire ses premiers pas dans la neige avec les skis aux pieds. Cela lui a été difficile mais après quelques grosses minutes, il s'y est vite fait. Sur les pistes deux ou trois groupes s'étaient créés.

Le samedi matin Camus avait gardé Arthur et Shun qui n'avaient jamais - ou très peu pour le Vert – skié. Saori l'avait aidé à leur apprendre voulant s'entraîner un peu avant les grosses pistes. Saga lui était partit avec Seiya et Hyoga qui étaient de très bons skieurs. Pendant que Shion faisait des pistes plus simples avec Marine et Shaina qui ne se débrouillait pas trop mal quand même.

Tous s'étaient rejoints vers treize heures pour manger au restaurant. Pendant une heure, ils avaient mangé légèrement voulant ne pas trop peser sur leurs skis. Camus leur promettant que le soir ils feraient une raclette, tous avaient sauté de joie. L'après-midi ils avaient pris des photos en haut des pistes.

Arthur regarde le paysage sur l'image avec mélancolie.

- Merci à vous trois pour ce Week-End. Je n'aurais jamais cru monter si haut sur les pistes en une journée. Papa tu es vraiment un bon skieur et un bon prof.

Les trois rigolent et Camus sourit de la phrase. En tant que Verseau et ayant vécu en Sibérie pendant des années, skier était pour lui une nécessité à sa survie et c'était pareil pour Hyoga. Cela c'était ressenti, les deux bougeaient avec aisance sur les pistes. Mais aucun des trois ne pouvaient l'expliquer ainsi à l'adolescent.

Effectivement, le samedi après-midi Camus était parti skier avec les autres sur les grandes pistes. Lui et Saga avaient pris tous les adolescents sauf Arthur qui était resté avec Shion sur les pistes plus simples. Celles qu'il avait fait le matin avec les deux filles. Mais tous avaient été bluffé qu'Arthur ne soit déjà plus sur les pistes pour débutants.

Vers dix-sept heures ils s'étaient retrouvés pour un goûter crêpes, glaces et boissons chaudes. Les adolescents et les adultes dévorèrent, la journée avait été sportive.

Arthur rigole devant le portrait de Seiya le visage plein de chocolat liquide qui se trouvait dans sa crêpe. Sur d'autres photos on aperçoit les buveurs de chocolat chaud avec une moustache marron. Il se souvient que cela les a tous bien fait rire.

Après ils avaient rejoint le chalet. Pendant un long moment ils s'étaient détendus dans la source chaude. Puis, en attendant d'aller manger la raclette au restaurant, tous avaient fait leurs propres activités. Les trois adultes s'étaient installés sur le canapé avec un bon livre chacun. Les trois filles s'étaient mises dans leur chambre et discutaient tranquillement allongées sur leurs lits tout en écoutant de la musique. Pendant que les quatre garçons faisaient un jeu de société sur la table du salon non loin des adultes et ceux-là jouaient parfois le joker pour les gamins qui ne trouvaient pas la réponse à la question.

Vers vingt et une heure ils se retrouvèrent au restaurant et le repas tant attendu débuta. Ils rentrèrent deux ou trois bonnes heures plus tard. La soirée avait été superbe. Arthur s'était cru à un repas de famille.

En cet instant, il est en train de verser une larme devant les quelques photos prises. Mais ses pères ne disent rien, comprenant. Surtout Camus qui ressent la même chose n'ayant jamais eu de vraie famille dans ce monde -ou dans l'autre-.

Arthur attrape une nouvelle photo d'un Seiya rayonnant de joie. Il la montre à ses pères.

- Je l'ai prise samedi soir avant de me coucher. Après le repas vous êtes partis vous coucher tout de suite, mais nous on est resté un peu dans le salon pour discuter. Shun et Hyoga sont les premiers à être allé se coucher dans leur chambre. Marine et Shaina ont fait de même un quart d'heure après. Saori leur a laissé un peu d'intimité en restant avec Seiya et moi et j'ai fait de même pour eux en allant me coucher en premier. Quand Seiya est rentré dans notre chambre, je ne dormais pas. Et lui, il était aux anges. Alors je l'ai questionné et il m'a avoué que lui et Saori se sont dit « je t'aime ». Ils ne se l'était pas vraiment dit.

Les trois adultes ne disent rien mais leur sourire fait comprendre à Arthur qu'ils en sont ravis.

Les derniers clichés représentaient le dimanche matin, tous avaient fait une grasse matinée et étaient courbaturés du jour d'avant. Ils avaient donc décidé de rester au lit, de déjeuner tranquillement et de se reposer. Ils en avaient profité pour se prélasser dans la source chaude et faire une grosse bataille de neige. Pas très équilibrée pour les adultes étant seul face à tous les adolescents. Après ils avaient nettoyé le chalet, repris leurs affaires et étaient repartis vers la gare. Ils avaient mangé un sandwich sur le pouce et était enfin arrivé chez eux vers dix- huit heure.

Arthur colle la dernière photo et écrit sa dernière pensée.

- Bien, au lit maintenant, sinon tu ne vas pas pouvoir te lever demain matin, fait Camus.

- Et… il hésite avant de sourire. Être le fils du directeur ne peut pas me donner un passe-droit je suppose ?

- Tu supposes bien, mon fils, sourit à son tour Shion.

- Mais tu es un futé, rigole Saga. Tu as eu raison d'essayer.

- Je vois… Donc tu étais comme ça Saga, rigole aussi Camus.

- Pas toi peut-être ? S'insurge pour la forme le Bleu Foncé qui voit bien l'air moqueur de son homme.

Les quatre se mettent à rires et partent se coucher. Arthur sourit d'entendre Saga et Camus s'envoyer des piques et Shion les traiter de gamins.


Devant la porte de Rhadamanthe se tient deux Noirauds sur le point de passer cette planche de bois pour pouvoir profiter d'un repas mais au moment de frapper, le plus âgé des deux est retenu par une main agrippant son poignet et le tirant vers l'arrière.

Un peu étonné et aussi contrarié, Hadès fait un quart de tour pour apercevoir son Cadet et si celui-ci cherche ses mots, rapidement, il s'exprime.

_ Tu es sûr que je peux venir ici ? C'est chez ton frère et y'a sûrement une sorte de repas de famille derrière cette porte… Je devrais sûrement te laisser y aller seul, non !? J'ai l'impression de m'imposer par ta faute Hadès-san et sûrement que Rhadamanthe-san va me voir comme si j'étais un travail supplémentaire pour lui, rouspète plus ou moins Rin qui ne se sent pas à l'aise et surtout pas réellement à sa place. Pourquoi est-ce que tu finis toujours par me persuader de faire une chose que je ne veux pas ? Tu n'en fais toujours qu'à ta tête et j-

_ C'est toi qui m'as pourchassé il me semble, tu ne récoltes que ce que tu mérites, c'est-à-dire, voir Rhad' en dehors des heures de travail et dîner avec lui. Gronde pourtant calmement le Dieu en se faisant lâcher de cette prise faiblarde. Tu es à moi il me semble, alors tu es à ta place ici. Dit-il en attrapant le menton de cet Ebène pour lui voler un baiser légèrement capricieux. Maintenant souris et fais-moi plaisir, ne mets pas ça dans mon champ de vision. Critique peu de temps après cet ébène en voyant de nouvelles bretelles dépassant du manteau porté et très certainement occupés de se complaire sur un fessier.

_ Je les ai mises parce que je sais que tu les aimes, Hadès-san, raille le jeune Tomura tout en souriant de tout ce qu'il a pu entendre. J'vais faire en sorte que Rhadamanthe-san ne se plaigne pas de moi, continue-t-il à dire tout en laissant la main de son amant cajoler ses mèches de jais.

_ Je me disais bien que j'avais entendu des voix, entrez ne restez pas là, soupire Rhadamanthe qui ouvre la porte et qui tombe nez à nez avec son Dieu et l'amant de celui-ci.

_ On mettait seulement une chose au clair, répond semblant de rien Hadès qui suit le conseil du Blond en entrant dans l'appartement et en voyant déjà Kanon à l'intérieur de celui-ci.

Après les salutations faites et la demande de Rhadamanthe à Rin de ne l'appeler que par son prénom, l'apéritif est offert et bien qu'aucun d'entre eux –pour la majorité- ne soient des grands parleurs, la conversation est tout de même présente.

Tout est assez cordial, sans entrer dans les détails et on peut également voir qu'Hadès prend soin de ne pas trop adresser la parole à Kanon, préférant l'observer et voir ce que ce Blond fait à son égard. Cependant, il est nettement moins méfiant qu'avec un autre chevalier d'Athéna et tout ça pourquoi ? Parce que d'une certaine façon, qu'il le veuille ou non, il a une certaine confiance au jugement de Rhadamanthe.

Le repas est servi à table et s'il est copieux, il reçoit aussi beaucoup de compliments. Le plus souvent et étrangement, c'est celui qui rechignait à venir –Rin- qui trouve un nouveau sujet de discussion pour les trois hommes qui sont souvent tendus ou non, il ne saurait pas expliquer cette situation mais lui-même ressent les non-dits et la tension qui s'installe parfois.

_ Vois-là une faveur que je t'accorde, soupire Hadès malgré-lui et en parlant à Kanon de la relation qu'il entretient avec son Spectre.

_ Hadès-san, pourquoi ça serait une faveur ? Je sais bien que je ne connais pas tout mais si Rhadamanthe a confiance en Kanon-san alors tu pourrais simplement te baser sur la confiance que tu portes à ton frère. Suppose Tomura qui ne peut faire autrement que d'intervenir à cette énième pique. Pour lui, Hadès veut simplement protéger son frère d'une éventuelle déception même si parfois aussi, il faut faire ses propres erreurs.

_ Je pourrais…, grogne de mauvaise grâce l'Ebène en laissant son regard posé sur ce Bleuté face à lui. Et je lui laisse le bénéfice du doute, ce qui est déjà une bonne chose pour lui, assure-t-il en se rappelant que celui-ci est venu en aide à Hatsuharu sans rien demander et sans se forcer à quoique ce soit.

_ J'ai l'impression de devoir le remercier, grince des dents Kanon non loin de l'oreille de son amant et sans vouloir être entendu du Dieu mais en étant rassuré d'une main sur la sienne sous la table et d'un fin sourire.

_ Il n'est pas comme les autres Hadès tu peux me croire. Et savoir que tu me soutiens, clame Rhadamanthe qui a dû mal à tutoyer son aîné tant il est reconnaissant et heureux des mots prononcés ou pensés. …Merci. Dit ce Doré alors même que son regard parle pour lui.

« Ne me le fait pas regretter » pense fortement Hadès en s'arrêtant un instant sur Kanon qui, lui, est certain que le dieu a entendu sa dernière phrase même s'il n'a pas relevé.

Puis suite à ça, Kanon a la bonne idée de reparler du petit incident avec Hatsuharu, chose qu'il n'aurait pas dû faire.

Pourquoi ? Tout simplement parce que les esprits s'échauffent de nouveau en repensant aux faits mais surtout aux personnes présentes ce jour-là. Le Gémini ne dit rien de mal seulement ses paroles gênent, à louer le Chevalier du Verseau qui n'a pourtant rien fait de spécial autant que la Vierge qui lui par contre, a pu se montrer un minimum utile, même si c'est tout aussi contrariant.

Rhadamanthe aussi entend bien les propos annoncés et puisqu'il connaît son Dieu et aîné, il sait qu'il doit à tout prix changer la tournure de la discussion pour éviter qu'une « guerre de tranchée » se fasse.

Et ce Blond n'y arrive pas réellement puisqu'Hadès dans son élan, retient tout et répond à certains moments de façon froide et nerveuse. Une fois de plus, les mots volent entre un Ebène et un Bleu et même si le ton ne monte pas, on peut facilement savoir que rien n'est poli et que tout est retenu et dit avec des mots cachés.

Et là, à cette table, il y a deux spectateurs qui se fixent de temps à autre et qui essaient de trouver une solution pour l'instant silencieuse avant de l'exposer. Rhadamanthe, connaissant tous les non-dits et les nombreuses histoires entre les deux qui les touchent directement ou indirectement, essaie de trouver un moyen de calmer le jeu. Tandis que Rin, qui ne voit que les caractères contraires et des personnalités opposées auxquels il ne connaît de leur histoire que celles dont il a entendu parler, aimerait voir cet après-midi se passer en douceur et non pas se terminer en nouvelles querelles et tensions.

Et si les deux pensent ainsi, Kanon –lui- réplique une nouvelle fois en défendant son beau-frère alors que le Dieu des Morts resserre ses mains sur son pantalon et peste silencieusement des mots à double-tranchant alors qu'il constate le caractère horripilant de tous ces chevaliers d'Athéna qui sont constamment contre lui.

_ Je ne dis pas qu'il a toujours raison mais reconnaît au moins que Camus essaie de faire au mieux et de penser aux autres, s'acharne à dire le Bleuté non sans garder les sourcils froncés et les lèvres pincées. Pour lui, c'est devenu un devoir de le défendre auprès de ce Dieu face à lui.

_ Tu m'excuseras si je ne pense pas pareil, sourit sûrement méchamment l'aîné des Elision. Ce n'est qu'un égoïste qui profite des autres pour ses propres profits et convictions. Rajoute-t-il sans pour autant amener le nom d'Athéna sur la table mais qui le sous-entend en annonçant « les profits » du Verseau.

_ Je crois que ça suffit maintenant. Kanon je préférerais que tu ne répondes pas et Hadès, s'il v- te plaît, n'envenime pas plus la situation. Intervient le Doré en coupant la réponse du Bleu qui se montre déjà. Nous ne sommes pas là pour ça et puis, tout le monde ne peut pas s'entendre. On n'est pas tous fait pour s'apprécier mais si au moins on se supporte, je crois que les choses pourraient finir différemment. Dit-il en pensant aux différents choix auxquels ils devront bientôt faire face.

_ Je vais faire un tour dehors, gronde le Bleuté qui se lève déjà de sa chaise pour se rendre sur la petite terrasse extérieure.

Regardant la suite des événements et d'un signe à ce Doré, Rin suit le chemin de l'Éditeur pour l'accompagner et à présent seul dans cet appartement, les deux Frères Elision se jaugent et parlent silencieusement.

Hadès ne décolère pas alors que Rhadamanthe recherche la suite de ses mots pour convaincre son Dieu de ne pas plus saboter la journée. Ou non, sans s'en prendre plus aux chevaliers d'Athéna. Pas qu'il est leur porte-parole, ça, il en est hors de question mais, il veut tout de même un peu protéger « son chevalier » aux yeux de cet Ebène.

_ Hadès-sama, Kanon ne voulait rien dire de mal ou de déplacé. Il a seulement protégé un ami, rétorque le Blond en se mettant face à son aîné.

_ De moi n'est-ce pas ? Mais ça ne fonctionnera pas, les actions de ce Chevalier paraissent tellement téléphonées. Comment peut-il toujours être là au bon moment et au bon endroit ? Demande le Noiraud qui attend une réponse.

_ Je ne sais pas mais sans lui et sans Arthur, l'histoire aurait pu être bien plus grave, reconnaît Rhadamanthe sans mal. Je sais bien que vous ne voulez pas entendre parler de famille avec ceux qui servent Athéna mais-

_ Mais quoi ? Veux-tu les rejoindre ? Vas-y ne te dérange pas et-

_ JAMAIS ! Je vous l'ai dit et j'ai prêté serment, jamais je ne vous trahirais et ce n'est pas ce que j'allais dire. Hadès-sama, c'est vous que je sers et personne d'autre. Gronde la voix forte du Doré qui s'élève plus que prévu. A aucun moment, il ne pense à le laisser seul. Comme je disais, je pense qu'Hatsuharu et Inoué voient les choses différemment.

_ … ? C'est-à-dire ? Soupire le Dieu des Enfers qui croyait, il est vrai, voir son juge s'éloigner.

_ En dehors des chevaliers d'Athéna, ils voient surtout des adultes et des adolescents avec lesquels ils peuvent apprendre des choses et sûrement être aimé par eux.

_ Pourquoi faire ? Ils n'apprendront que des choses sans importance, quant à l'amour, ils ont bien assez de leurs parents pour ça, non ! Assure le Publicitaire d'un ton ferme et tranchant, ce qui rassure son interlocuteur mais le fait sourire également. Eux-mêmes, dans leur monde, ne sont pas un modèle de famille à suivre alors c'est sûrement pour ça que son Dieu a un modèle erroné de celle-ci en tête.

_ Les humains sont différents sûrement…, suppose semblant de rien Rhadamanthe qui comprend ses enfants et pourquoi son amant défend si ardemment le Verseau.

_ Alors ils sont stupides. Grince des dents Hadès en voyant par la porte vitrée « son » humain discuter avec le Gémeau. Je ne peux pas croire aux mots du Verseau, il y a beaucoup trop d'enjeux pour que tout soit sincère ou pensé.

_ Il m'a l'air pourtant assez convainquant, se résigne à dire le Doré qui n'éprouve aucune haine pour le Verseau depuis qu'il a pris le temps –ou l'obligation- de discuter avec lui. Et là, il se dit que c'est sûrement son culot et son arrogance qui déplaît à son Dieu. Je veux dire, son insolence est énervante mais si Apollon et Poséidon le croient alors peut-être qu'on pourrait faire pareil.

Hadès ne répond rien à cela, bien trop occupé de réfléchir aux paroles de son juge et à l'utilité que cela apporte à Poséidon et Apollon de croire au Chevalier du Verseau.

Il n'arrive pas à se décider, à faire son choix sur le futur et en même temps, quand il lève les yeux, ce qu'il aperçoit l'empêche de faire un geste. Il ne veut pas voir Rhadamanthe écœuré de perdre sa progéniture et il ne veut pas lui-même perdre ce Noiraud non loin de là qui est peut-être occupé de se battre au vu de ses expressions faciales… même si cela, ne tient qu'à un caprice de Zeus. Un putain de caprice que personne ne pouvait prévoir. Il y a une chance sur trois que celui qui se proclame Dieu des Dieux écoute leur requête. Une chance sur trois de tout perdre définitivement.

Alors détruire de ses propres mains est peut-être mieux. …Ou alors garder en souvenir…, en souvenir douloureux….

Sur la terrasse, la conversation est aussi animée que celle à l'intérieur et si Rin pense apaiser le Bleu poursuivi, il a peur du résultat.

_ Je ne doute pas de sa gentillesse mais je crois que pour Hadès-san, Camus à cet air arrogant et supérieur qui peut répugner et dissuader. Moqueur aussi je dirais et c'est sûrement ce qui fait qu'il aura toujours cette hostilité envers lui. Après, sûrement qu'il lui reproche d'autres choses mais il n'est pas du genre à se confier à part peut-être à son frère. Tente de dire Rin qui aimerait désamorcer les tensions et expliquer les différents points de vue.

_ C'est cet abruti qui t'a dit de venir me parler ? Il pense que je serais plus indulgent avec son copain parce qu'il e-

_ Il ne m'a rien demandé et est sûrement occupé de me maudire là. Assure Rin qui entend encore raisonner le mot « copain » dans sa tête auquel il s'habitue petit à petit. Mais j'aime beaucoup défendre ceux qui sont pris pour les « méchants » de l'histoire. Soupire-t-il non sans sourire.

_ Alors tu sais qu'il a tort, c'est déjà ça.

_ Je n'ai pas dit ça. Et sûrement que quelque part il a raison de se méfier…, il veut juste protéger Hatsuharu et Inoué-chan de tout et de rien et de ce fait Rhadamanthe.

_ Les protéger de Camus alors qu'il serait sûrement le premier à les aider et à aider n'importe qui d'ailleurs, c'est n'importe quoi ! Crache Kanon qui ne comprend pas cette logique et qui sait pertinemment tout ce qu'a déjà traversé le Verseau en dehors de cette année qui ne lui a rien épargné non plus.

_ Entre la gentillesse et le devoir comme le pense Hadès-san, il n'y a parfois qu'un pas. Dit le Noiraud sans réussir à retenir ses mots. Lui, il ressent bien le malaise de son aîné et sa méfiance vis-à-vis de l'Aquarius et si lui-même ne comprend pas tous les différends qui les anime, il ne peut qu'être du côté d'Hadès aujourd'hui. Personne n'a le droit de le blesser, même si lui ne se gêne jamais pour faire quelque chose du même genre.

_ Tu es…, je vois. Souffle lourdement le Bleuté qui n'a plus envie de discuter ou de débattre sur le sujet. A croire que tout le monde ici a un sale caractère ou du moins, des pensées impossibles à changer.

_ Pour ma part, Camus m'a toujours laissé une bonne impression et a l'air d'avoir la tête sur les épaules mais je vois bien qu'il y a quelque chose en plus. Avoue le jeune Publicitaire dans une phrase directe. Je veux dire, la colère d'Hadès-san à l'air d'être beaucoup plus ancienne que les quelques problèmes cités… et si c'est justifié, je ne vois pas pourquoi son jugement devrait changer. Argumente-t-il comme pour venir en aide à son amant installé à l'intérieur de l'appartement.

_ Je parie que tu es aussi têtu que lui, mais j'arrête de défendre pour aujourd'hui, insinue le Gémini qui rend les armes et qui voit à ses côtés, un nouveau défenseur du Dieu des Enfers. Comme quoi, il peut avoir de nouveau partisan sans même les menacer. Tu pourrais être un bon avocat tu sais, plaisante-t-il de moitié alors qu'il rassemble les quelques informations utiles qu'on lui a soufflé à l'oreille. Tu crois qu'avec ça, il va encore m'accepter auprès de son frère.

_ Il est obligé puisque Rhadamanthe ne vous quittera pas. Informe le Noiraud dans un fin sourire auquel son interlocuteur répond. …Mais vous savez, Hadès-san n'est pas méchant. Il veut juste préserver ce à quoi il tient, ce n'est pas toujours facile à comprendre ou à voir mais, ses intentions ne sont pas mauvaises.

_ Alors qu'il le laisse l'aider…, murmure Kanon en se tournant pour ne pas être entendu et en serrant les poings de frustration. Je vais te croire pour cette fois, reprend-t-il comme si de rien n'était et en poussant son Cadet vers l'intérieur. On devrait rentrer maintenant avant de geler et en espérant qu'il ne me relance pas sur le sujet.

Une fois à l'intérieur et de nouveau dans la pièce à manger, Kanon est accueilli par Rhadamanthe qui pose une main dans le bas de son dos et souffle un mot ou deux à celui-ci alors que Rin –lui- reprend sa place au côté de son aîné qui le suit du regard tout du long et qui effleure sa joue pour voir à quel point la froideur l'a touché.

Après ça et un « Hadès-sama réfléchit sérieusement » à l'oreille du Bleuté, le dessert se montre et oubliant la dispute, ou dirons-nous plutôt, les avis divergents, une autre conversation se montre et n'évoque ni chevaliers ni famille. La bonne humeur refait surface petit à petit et si parfois Hadès teste encore Kanon, c'est par pur challenge. Pour voir s'il est réellement capable de rendre son Juge heureux. Puis dans les alentours de dix-neuf heures, les deux Noirauds quittent l'appartement du plus jeune des Frères Elision et si un murmure frôle l'oreille de Rin cette fois, c'est simplement pour proposer un « after » dans un autre appartement et sans compagnie extérieure. A ce petit constat aperçu, l'Editeur ne dit rien mais comprend les mots de son amant. Et si Hadès réfléchit sérieusement au devenir de la terre et des humains –plus particulièrement le sien et ceux de son Juge- alors lui-même peut bien réfléchir aux mots entendus plus tôt et donner des idées à Camus pour pouvoir mettre le Dieu des Enfers de leur côté. Mais avant ça, Kanon veut profiter de son Dimanche en compagnie de son compagnon à ses côtés et pourquoi pas, se câliner et ne penser à rien d'autre qu'à eux-mêmes.

_ Rhad' je veux rester avec toi, soupire le Gémini en volant un baiser à ce Blondinet qui fait battre son cœur et qui le voit fermer la porte. Et maintenant, je vais prendre la récompense que tu m'as promise plus tôt si je survivais à Hadès.