Bonjour,

Aujourd'hui, dernier jour dans ce monde. Demain, Zeus les rappelle pour décider du sort de l'humanité. Alors tout le monde le passe à sa façon. On s'excuse nous n'avons pas mis Marine et Shaina car on n'avait rien d'intéressant à écrire avec elles. Et on ne voulait pas faire un truc basique ou fade alors on ne les verra pas aujourd'hui. Sinon tout le monde est là. J'espère que cela vous plaira. Bonne longue lecture et demain une surprise. Biz à bientôt Craft.

Prochain chapitre : mercredi 1er avril.


Mardi 31 Mars.

C'est son dernier jour. Leur dernier jour, ils en ont bien conscience et c'est bien pour cela qu'il décide avec Rhadamanthe, de fermer les bureaux plus tôt. De s'accorder ce dernier jour pour…, sûrement et certainement dire « au revoir ».

Il ne demande pas, il ordonne à Rin de le suivre jusqu'à chez lui. Hadès est toujours du genre à prendre les décisions et aujourd'hui ne fait pas exception. Il laisse le plus jeune faire la cuisine, parce que sa nourriture contente son estomac et a tendance à réchauffer. Il apprécie et savoure ce plat, il complimente même pour une fois et cela fait sourire.

Après ça, les deux Noirauds font des choses banales et quotidiennes comme la vaisselle ou ranger les ustensiles. Discutent de tout et de rien mais surtout du passé du jeune Tomura. Et après avoir pris un bain, après s'être habillé de vêtements plus confortables et plus ou moins chauds, ils retrouvent le moelleux d'un canapé.

La télévision est là pour faire du bruit mais honnêtement…, en toute franchise, Hadès n'en a que faire et son but est bien de s'imprégner une dernière fois de l'odeur de son amant ridiculement petit mais en tout point unique.

_ Hadès-san, pourquoi tu nous as menti quand tu as dit qu'on avait peu de travail ? Demande Rin alors qu'il est sur les cuisses de son aîné et que celui-ci même le déshabille et fait frissonner sa peau.

_ Mh…, aucune importance. Grogne doucement Hadès qui croque maintenant le cou de son Cadet dans le but d'y laisser une trace profonde alors que ses mains baladeuses malaxent scrupuleusement un fessier profiteur. Tu veux que je te prenne ici ? Soupire-t-il alors qu'il insère deux de ses doigts dans l'intimité décontractée du Noiraud.

_ Tu es un peu étrange aujourd'hui Hadès-san mais… mh…, attend~ …, j'aime bien. Confesse Rin alors que ses mains déboutonnent un pantalon pour en sortir une verge déjà bien dure et pulsante. Si c'est ce que tu veux alo-

L'acceptation faite sans même être terminée, Rin se retrouve dos à son employeur et si pantalon et boxer continuent de descendre sur ses cuisses, il sent également l'érection de l'Elision se frotter à son fessier et y prendre du plaisir.

Dénudant un peu plus son Cadet de cette chemise qu'il porte sur le dos, il prend en otage une nuque de ses dents, redessine de ses mains les fines hanches du Noiraud et tranquillement, il le pénètre de son membre et soupire d'aise. C'est la seconde fois qu'il n'utilise pas de préservatif pour lui faire l'amour et il y prend goût.

Son premier coup de reins se fait et laissant l'une de ses mains monter jusqu'au visage de son amant, il lui fait ouvrir la bouche à l'aide de ses doigts dans le seul but de l'entendre gémir encore et encore.

Voir ses hanches remuer, son dos se cambrer, ses épaules être découverte de ses vêtements et l'entendre geindre…, Hadès ne veut que ça ce soir. Il le veut lui, c'est une certitude et le lâcher est impossible.

_ T'aime être pris comme ça…, gronde la voix rauque du Dieu des Morts en donnant un à-coup précis et langoureux. En tirant quelque peu les mèches charbons de son amant dans le seul but de pouvoir récupérer ses lèvres sur les siennes. Gémis plus fort…

_ Oui j'aime… …touche-moi plus~ hm… …Hadès…~, grogne de plaisir Rin en se trémoussant de lui-même sur le sexe de son aîné.

_ Reste à m'appeler comme ça…, ordonne une nouvelle fois l'Elision qui finit par mettre à terre le pantalon et boxer du plus jeune, pour pouvoir venir caresser les fines jambes de celui-ci jusqu'à remonter à son sexe palpitant d'envie. Ton visage est très érotique Rin…, hn, j'suis sûr que beaucoup aimerait le voir~ mais non…, avoue-t-il égoïstement et en reprenant un baiser. Il devient possessif, tant et si bien qu'il a envie de cacher son cadet quelque part. A l'abri de tout et de tout le monde. Un endroit qui n'existe pas.

_ Hadès… plus vite…~, demande Tomura les joues rougies et maintenant dos à un canapé et surplombé de son amant entre ses jambes.

Le Dieu accepte la requête et sa cadence s'accélère. Autant à l'intérieur de son Cadet que sur ce membre trempé et dressé au plus haut.

Accrochant les épaules de l'Ebène, Rin suit chacun des mouvements de celui-ci et lui volant des baisers de plus en plus longs et graveleux, les deux hommes finissent par jouir et par salir ce sofa qui les soutient. A bout de souffle mais toujours dans les bras l'un de l'autre, les mots ne sont plus et l'un des corps est loin d'être rassasié.

Se retirant du fessier du Noiraud, Hadès se relève en emportant avec lui le plus jeune et si les pensées de celui-ci sont encore brouillonnes, il est aussi un pêché pour l'autre.

_ Allons à la chambre. Dit le Publicitaire en se levant et en réajustant son pantalon pour pouvoir marcher correctement.

_ Je…, j'aimerais passer par la salle d'eau avant et-

_ Pas la peine, Déclare Hadès de sa voix impériale et en attrapant le poignet de son Cadet pour être suivi.

Le jeune Tomura ne réplique rien de plus et là, en simple chemise et suivant son aîné, torse nu, jusqu'à l'étage, il sourit. Il a imaginé sa relation avec son supérieur de bien des façons mais jamais il n'aurait cru être aussi heureux et chanceux.

Le cœur gonflé d'amour pour cet homme taciturne et asocial, Rin a mine de rien, réenfilé un boxer et légèrement boutonné sa chemise avant de revenir sur les cuisses de son aîné.

De là, ils n'ont plus parlé. Le silence les a simplement entourés et à cause de ça, le Dieu des Enfers s'est remis à cogiter et à se perdre dans son esprit. A fixer avec intensité le regard Miel qu'il adore et à prendre peur, c'est le mot et cela semble tellement ironique. Il sent bien son ventre se nouer alors que ses doigts cramponnent la taille maigrelette du plus jeune et ressent sans mal les pics que son cœur lui donne mais…, il ne peut rien y faire.

_ Hadès-san ? Murmure Rin face à son aîné alors qu'il enveloppe délicatement de ses mains le visage de celui-ci qui le regarde gravement de ses prunelles claires.

L'appelé pense à des tas de choses et notamment au fait qu'il perde dès le lendemain ce Noiraud présentement assis sur ses cuisses. Ce petit humain ne va plus se retrouver à ses côtés et lui parler. L'emmerder beaucoup et lui sourire.

Il ne va plus pouvoir lui parler, le toucher, l'embrasser. Et finalement se dit-il, il a perdu trop de temps à se décider pour quelque chose de factice. Parce que tout ça n'est pas réel. Ce n'est qu'un monde qui va disparaître et il se retrouvera de nouveau seul tandis que ce Noiraud…, son Noiraud mourra.

Le regard inquiet plus que grave et les sourcils froncés, il dépose ses lèvres sur celles de Tomura et se laisse enlacer par ce gamin. Son visage posé contre le torse de celui-ci, il écoute les battements réguliers du Noiraud. …Il ne veut pas le perdre. Sa prise se resserre au fil des secondes et s'il inquiète son cadet, Rin ne peut que répondre avec plus d'énergie à cette étreinte pour le soutenir et lui prouver qu'il est à ses côtés peu importe les problèmes qu'il rencontrera.

_ Si je…, murmure le Dieu sans pouvoir continuer pour ne pas inquiéter ou tâcher ce dernier moment. …Oublie… .

_ …Je t'aime Hadès-san, et …je te soutiendrais toujours, souffle dans un murmure caché le plus jeune tout en frôlant la chevelure de l'Elision et en laissant traîner un sourire sur son visage.

Il n'y a pas de réponse mais les mains qui lui enserrent le dos le font. C'est fort et puissant. Sans hésitation et constant.

Le Dieu des enfers en est sûr, il n'aurait pas dû hésiter et se jeter sur ce petit effronté qui lui avait avoué ces sentiments sans penser aux conséquences. Il aurait dû les accepter et profiter de lui. Il ne veut pas le perdre mais en est obligé. Ce jeu est cruel. …Son frère lui paiera. Frère qui doit bien s'amuser, il en est certain.


_ Ils dorment, murmure Rhadamanthe en rejoignant son compagnon dans le salon.

Il est un peu plus de vingt-deux heures trente quand ils se retrouvent tous les deux seuls et étrangement, le silence est le plus entendu. Pas que les sujets de conversation manquent –c'est même le contraire- seulement, aucuns n'est assez léger pour être abordé un soir comme celui-là.

Se posant dans le canapé au côté d'un Bleuté, le Propriétaire des lieux continue de jouer les muets jusqu'à ce que des pensées obscures ne viennent le hanter une nouvelle fois. Il se déteste pour cela parce qu'il y songe de plus en plus au fils des jours qui disparaissent et s'il n'a jamais rien dit, ce soir est le soir de trop.

_ Tu sais, j'ai demandé à mon ex-femme si je pouvais les garder ce soir et…, débute le Doré qui cherche à présent ses mots et ses pensées. Et je ne sais pas. Je n'ai aucune idée de ce que je vais devoir faire.

_ Comment ça ? Explique-toi. Dit le Gémeau qui ne comprend pas bien les dires de son amant.

_ Si je demande à garder mes enfants, ils n'auront plus de mère mais, … Si je ne fais rien pour les sauver, je ne me le pardonnerais jamais. Je n'arriverais jamais à surmonter leur perte et en même temps, je ne veux pas les voir triste par ma faute. Essaie de dire le Spectre en se chiffonnant les cheveux en guise d'intense réflexion. J'me dis que je ferais mieux de supplier Zeus d'envoyer mes enfants et mon ex-femme sur terre. Me faire passer pour mort serait peut-être bien mieux que de les priver d-

_ Qu'est-ce que tu dis comme bêtise Rhadamanthe ! Est-ce que tu t'écoutes ? S'énerve ou se rebelle légèrement Kanon en attrapant les épaules de son Blond. Tu serais prêt à te sacrifier et à ne plus jamais les revoir ? Je ne te crois pas. Pas après tout ce que tu as dit pour pouvoir les épargner. Gronde-t-il presque en essayant d'avoir au mieux le visage de son aîné face à lui. Rhad', je ne peux pas te croire.

_ J'ai peur qu'ils m'en veuillent. De les perdre mais surtout de les voir malheureux.

_ Comme tout bon parent, non ? Insinue le Bleuté dans un fin sourire compatissant. Je suppose que les enfants provoquent bien des tracas à leurs parents mais je crois aussi que si tu les aimes, ils comprendront. Les enfants ont une capacité incroyable à comprendre et à s'endurcir de tout, crois-moi, j'en sais quelque chose là-dessus alors promets-moi Rhadamanthe, demande-t-il à présent et sans autre réponse possible. Promets-moi que tu ne te sacrifieras pas et que tu feras tout pour les garder avec toi.

Épiant longuement les iris déterminées et le visage sérieux de son amant, le Spectre ne sait quoi répondre. Il est impressionné par la maîtrise de son Gémeau et par sa solidité à supporter les problèmes des autres et à cet instant, il se trouve incroyablement chanceux d'avoir accepté ses sentiments. De les avoir tenus auprès de son Dieu et de les avoir gardés tout ce temps auprès de lui.

Les épaules un peu moins crispées et le visage un peu moins grave, Rhadamanthe finit par laisser sa tête tomber sur l'épaule de son compagnon et par soupirer.

_ Heureusement que tu es là Kanon, murmure à demi-mot le Doré qui relève lentement sa tête. Je te le promets, Hatsu' et Inoué resteront avec nous. Alors n'envisage pas d'aller voir ailleurs une fois qu-

_ Hé, une fois que j'ai ce que je veux je le garde d'accord alors, … Ne me prend pas pour quelqu'un de volage ou de-

_ C'est pas ça, sourit maintenant Rhadmanthe en volant un baiser à ce Gémeau. Juste, reste comme tu es.

_ Ça, je peux le faire. Affirme Kanon dans un large sourire représentatif de sa personne. A quoi penses-tu maintenant ?

_ … …Hadès-sama…, il doit sûrement être-

_ Tu sais, coupe le Bleu avant que la phrase ne se termine. Tu lui ressembles beaucoup. Je ne veux pas me mêler de vos histoires de famille seulement, tu es aussi pessimiste que lui quelque part et, c'est étrangement attachant. Dit-il sans pouvoir se retenir. Vous n'arrivez pas à voir le bien, même si au vu de la situation il n'y a pas grand-chose à voir mais avec toi, je ne trouve pas ça pesant. Tu comprends, j'ai toujours envie de te soutenir et de te cajoler et crois-moi, quelqu'un fait exactement la même chose pour lui en ce moment-même, j'en mettrais ma main au feu. Rassuré ou non, une fois de plus ce Bleuté qui joue les durs et les optimistes alors qu'il s'inquiète lui-même pour son couple.

_ Vraiment ?

_ Cet humain ne lâchera pas ton Dieu comme ça, je peux te l'assurer. La première fois où on a eu une réelle discussion et où il me faisait plus ou moins la morale, j'ai bien compris qu'il le soutiendrait toujours donc ne pense pas à lui pour l'instant. …S'il te plaît, se sent obligé de dire Kanon sur la fin.

_ Tu penses vraiment qu'on se ressemble Hadès-sama et moi ? S'étonne et interroge le Blondin qui aime la réponse à ses questions.

_ Oh oui, je le crois.

Rhadamanthe ne dit rien mais se sent flatté. Ressembler, même rien qu'un peu, à son Seigneur, le rend fier. Et cette chose se voit certainement sur son visage mais il s'en fiche.

Puis comme demandé, il s'abstient de penser à son Dieu et remercie une nouvelle fois ce Gémeau d'être à ses côtés. Le cœur rongé par le doute mais soutenu par son amant, il n'espère pas grand-chose, seulement être à la hauteur, pouvoir être utile et avoir une chance de garder ses enfants à ses côtés.

_ Kanon, je peux une dernière fois profiter de toi avant qu'on ne retrouve nos places respectives ? Demande finalement le Sceptre en se mettant debout et en gardant la main de son amant dans la sienne.

_ Je n'y vois aucuns inconvénients. …Dis Rhad', tu crois que nos deux Seigneurs accepteront notre relation ? Dévoile maintenant le Gémeau sans pour autant l'avoir fait exprès. En ayant lui-même senti la peur le gagner.

_ Etrangement, ça ne m'inquiète pas, soupire sans faux-semblant le Doré avec un léger sourire aux lèvres ce qui énerve son interlocuteur.

_ Comment ça ? Tu te moques qu'on soit obligé de se séparer ? Gronde-t-il d'une seule voix. Ha mais j'oubliais que tu ne faisais qu'obéir à-

_ Juste que nous sommes déjà acceptés et que personne n'est contre. Y'a que le travail qui nous empêchera de nous voir quand bon nous semble. Explique cette fois le Juge de façon calme et honnête. Comme si cette question ne lui avait jamais traversé l'esprit.

_ Tu le penses vraiment ? …D'accord, alors je vais faire pareil. Je t'aime Rhad'.

_ Moi aussi Kanon.


Comme convenu à dix-huit heures les trois hommes sont là dans le bar de Dionysos. Un peu plus loin il y a Camus, Saga et Shion, en les voyant discuter avec le maître de maison, ils comprennent que le Dieu est réveillé et cela les soulage. Mais ils ne sont pas là pour ça.

Aphrodite a les yeux rivés sur Saga qui tient la main de Shion, les deux ont l'air heureux.

- On comprendra si tu ne lui pardonne pas, murmure Shura.

- Ouais ce que dit Shu' c'est que si tu veux qu'on lui casse la gueule on peut le faire avant de partir ou en arrivant au sanctuaire.

- Haha ! Non je n'ai pas voulu que vous le fassiez à l'époque ce n'est pas pour vous dire « oui » maintenant. Ne me regardez pas comme ça ! Ce n'est plus de la peur ou de la protection. Il s'est excusé à mon anniversaire et aussi à plusieurs autres reprises. Il regrette vraiment tout et si Camus et Shion l'aime je pense…

- Ouais Mû dit pareil, grogne Death'. Mais il a eu du mal à l'accepter malgré ses dires. Moi aussi j'ai confiance en Camus mais on parle de Saga…

- Si Aph' veut lui donner une chance faisons-le, coupe Shura. Bonjour Dionysos-sama j'aurais pensé que vous auriez fermé ce soir.

- Dionysos suffira, sourit le Dieu. Je compte fermer tôt mais je voulais dire aurevoir, vous comprenez… Cette année… Sur l'Olympe je ne suis pas vraiment apprécié et ici… Disons que tous ces gens me respectent et je les respecte aussi alors je me devais d'ouvrir encore une fois même si demain matin ils n'existeront plus, mais ils sont une sorte de famille pour moi.

- On comprend, on a tous changé cette année. Aphrodite regarde Saga et sourit. On a tous grandit en bien. On a créé de nouveaux liens sans détruire les anciens. On a fondé des familles. On est devenu amis avec des ennemis et on s'en est fait des nouveaux. Ikki et Poséidon ne seront jamais amis, rigole le Chevalier du Poisson.

- Tout comme Camus et oncle Hadès, sourit Dionysos.

- Tout à fait et merci de ne pas lui avoir fait de mal, déclare Aphrodite qui sait que les autres dieux ont plus ou moins attenté à sa vie.

- Pas de problème, je l'adore toujours.

- Camus est formidable, sourit Death'. Moi qui pensais qu'il était méprisant et avait un balai dans le cul.

- Toi ! Grondent Shura et Aphrodite, amis de longue date du Marine. Tu penses qu'à ça.

- Ok, ok je suis d'accord avec vous, il est de bons conseils. Maintenant je vais faire aussi de lui mon confident.

Tous se mettent à rire. Leur groupe d'amis va s'agrandir. Kanon, Mû et Camus sont devenus des personnes importantes pour l'ancien trio qu'ils étaient. Et par extension Ikki, Saga, Shion et Rhadamanthe et c'est pour le mieux.

- Dites-moi, vous croyez qu'Athéna nous laissera Apollon et moi venir leur rendre visite ? A elle et Camus, se sent-il obligé de rajouter.

- Bien sûr et Sheera et Shin seront aussi les bienvenus, sourit Aphrodite. Et j'espère que je pourrais aussi revoir Himiko. J'ai adoré parler avec elle et j'aurais aimé qu'on travaille ensemble.

Dionysos sourit et prend la commande avant de les laisser seuls. Le trio en profite pour parler du passé et de l'avenir. Vers vingt heures, ils font un signe d'au revoir au trio, futurs maîtres du sanctuaire qui rentrent chez eux. Mais, eux restent encore deux heures, jusqu'à la fermeture du bar. Là, ils disent au revoir au Dieu et lui souhaitent une bonne dernière nuit. Aphrodite lui serre la main en promettant de l'aider à garder Sheera le lendemain. Dionysos le remercie ainsi que les deux autres qui hochent la tête de façon à signifier leur aide aussi, avant de partir retrouver sa moitié. Le Chevalier du Poisson prend aussi congé de ses deux plus vieux amis. Il force le pas pour retrouver au plus vite Ikki. Death' et Shura repartent ensemble chez Shura.


Il ne ferme pas son bar. Il ne rejette pas ces clients. Il offre même des boissons gratuites à qui le souhaite et il rentre chez lui dans les alentours de vingt-deux heures trente. Parce que dans ces environs-là, une jeune femme doit frapper à sa porte, lui sourire et lui raconter sa journée. Parce qu'elle attend toujours ce passage entre le jour et la nuit pour retrouver celui qui réussit l'impossible. La faire aimer de nouveau. Pour elle, c'était un pari impossible il y a de cela encore quelques mois puis…, son cœur s'est épris autant que sa tête et elle a succombé.

Elle est de nouveau heureuse et elle espère tous les jours qu'elle amène avec elle un peu de joie dans la vie de cet homme au regard doux et aux expressions toujours retenues pour ne pas inquiéter ou être questionné. Elle aime ce côté-là de sa personne, celui qui ne veut rien dire ou montrer mais elle aime aussi quand il lui sourit doucement et se montre aussi attentionné qu'il le peut. Qu'il veut bien le montrer. Elle aime aussi ses défauts. Celui du matin quand son regard soutien trop ou quand ses mots trop brusques ou vrais dévoilent quelque chose d'impossible. Ses insinuations parfois douteuses mais vraies et piquantes.

Voilà pourquoi elle essaie de le retrouver tous les soirs quand elle le peut. Avec un sourire à son visage et une pointe de stress dans son cœur qu'elle apprécie tant.

Lui, vient de rentrer dans son appartement et de retirer sa veste de travail. Il décoiffe ses cheveux souvent coiffés vers l'arrière quand il est derrière le bar et s'il sort ses verres à whisky, il entend sans mal ce coup significatif à sa porte. Léger et pourtant rempli d'entrain.

A leur rencontre déjà, il la trouvait magnifique et inaccessible, voilà pourquoi il n'a été qu'une oreille attentive. Il l'a soutenue du mieux possible et malgré-lui, il a fini par succomber à ce charme qu'elle ne pensait pas avoir –ne plus avoir-. Mais il n'a rien dit, l'a même encouragée à voir d'autres hommes pour qu'elle tombe de nouveau amoureuse et grâce à une chance inespérée, ses sentiments se sont vus retournés. Et la première fois où elle lui a souri réellement, il n'a fait que penser à cette Blonde. Elle est sublime avec ces sourires timides ou tristes, trop heureux ou démesurés. Et il a eu l'occasion de goûter à cette cuisine qu'elle ne fait qu'occasionnellement et si ce n'est pas une grande artiste, elle se débrouille et fait de bonnes choses. Mais ce qu'il préfère chez elle, c'est certainement le fait qu'elle s'apprête toujours et en toutes circonstances. Et il adore ses cheveux d'ors, longs ou attachés, volages et chahutants dans son dos. Il aime la regarder, pour lui, elle ressemble un peu à un ange.

_ Je t'attendais, soupire Dionysos dans un fin rictus alors que sa porte s'ouvre sur cette femme splendide.

_ Tu fermes plus tôt qu'à l'ordinaire… Je ne vais pas m'en plaindre, reproche ou pas cette Blonde en se laissant emporter à l'intérieur jusqu'à rejoindre le salon où un verre l'attend. Tu as eu beaucoup de monde ce soir ?

_ Assez, beaucoup d'habitués comme toujours. Renseigne le Brun en prenant place près de sa chère et tendre qui vient de lui voler un baiser sourire. Pourrais-je te demander de rester ce soir ?

_ J'en serais ravie, sourit un peu plus Sheera qui vient de lier sa main à celle de cet homme soulagé par la réponse, elle en est certaine. Dis-moi, je ne voudrais pas te déranger mais pourrais-tu me réserver ta soirée de samedi soir ? Demande-t-elle à présent avec une idée derrière la tête. Je sais que tu travailles mais, à cause de mon amie que tu as déjà rencontrée dans ton bar, mon patron aimerait te rencontrer à la soirée organisée par le cabinet. Se justifie-t-elle légèrement embarrassée par cette invitation qui montrera à tous leur lien.

Mais à cette demande faite, Dionysos ne répond rien durant de longues minutes. Il ne réfléchit pas, n'appréhende pas…, il est tout simplement désolé. Désolé que cette soirée ne se fasse jamais. Parce qu'il ne sera plus là, parce que ce monde n'existera plus et parce que ce samedi, il n'est même pas réellement sûr de pouvoir revoir son amante.

Le cœur serré et le ventre noué, instinctivement il réprime ses émotions pour ne rien montrer de ses contrariétés sur son visage puis, le regard prévenant et doux à l'encontre de son vis-à-vis, il acquiesce.

_ Je me ferais un plaisir de t'accompagner Sheera et j'essaierai de ne pas faire trop de bourdes. Accepte-t-il faussement et en jouant à ce jeu stupide. Lui, ce qu'il veut à l'instant, c'est encore être capable de la voir demain. De la toucher, …la frôler un instant.

_ Vraiment ? J'avais peur que tu refuses, ce que j'aurais compris bien évidemment mais-. Merci et en retour, j'accepterais n'importe laquelle de tes demandes.

_ Si possible…, j'aimerais que tu restes à mes côtés. Articule ce Barman sans même y avoir réfléchi auparavant. En parlant avec ses émotions.

_ C'est une demande des plus acceptables Dionysos, acquiesce la Blonde en laissant sa main passer dans les mèches foncées de son amant. …Je trouve ça adorable, souffle-t-elle de tout son cœur.

Le Dieu ne répond rien mais y pense beaucoup. Aujourd'hui, il lui ment ouvertement alors que, jusqu'à ce jour, il a tout fait pour être honnête avec elle. Jusqu'à aujourd'hui, il est certain de toujours lui avoir dit toute la vérité et voilà qu'un vilain tour lui est joué par nulle autre que Zeus et que son bonheur semble s'effriter.

Pour tout dire, il a peur que Sheera découvre ses mensonges qui ne le sont pas –pas avant de retrouver la mémoire en tout cas-. Peur qu'elle ne veuille plus de lui. Peur de ce qu'elle peut croire, d'avoir été manipulée par lui dans l'unique but de la mettre dans son lit. Il a peur… …de la perdre tout simplement, à cause de ce qu'il vient d'apprendre sur lui-même. Il a vécu toute une année dans la peau d'un humain ordinaire et si cela lui a plu, il a aussi eu la chance de rencontrer cette femme aux charmes certains et à l'allure fragile. Il se sent piégé par le Dieu des Dieux. Ridicule, comme une sorte de pantin mais il ne veut pas la perdre, elle. Il se l'interdit même si au final, Zeus et elle seront les seuls à décider de la laisser vivre. Un peu plus tôt dans la journée, il s'est promis de ne pas la forcer et de ne l'influencer en rien.

Certes, il n'a jamais eu une très grande opinion des humains, mais cette année a été différentes et s'il connaît à présent un peu plus de leurs complexités et de leurs dilemmes, c'est en partie pour cela qu'il veut la laisser choisir. De rester avec lui ou non. …Parce qu'il en est tombé amoureux.

_ Dionysos ?! …ça va, tu avais l'air un peu perdu ? S'inquiète la faible voix de cette Blonde légèrement penchée en-dessous du visage de l'homme.

_ Désolé, tout va bien. Ma tête à juste tournée un instant. Marmonne comme excuse ce Dieu en relevant la tête et en prenant en coupe ce visage fin et angélique. Tu es très jolie ce soir Sheera.

_ Si tu veux me faire rougir c'est réussi…, dit-elle gênée par le compliment et par sa tête prise en otage. Dionysos, tu sais que tu peux tout me dire n'est-ce pas ?!

_ Je sais, je viens de m'en rendre compte et… je me dis que j'ai tout simplement eu de la chance de te rencontrer et de t'avoir prêté mon oreille ce soir-là. Avoue-t-il sans plus de retenue et avec son cœur légèrement troué de devoir la perdre. Je suis tombé amoureux de la plus merveilleuse des femmes, j'en suis sûr.

_ Dio-… . Je me sens tellement heureuse avec toi, confie Sheera les larmes aux bords des yeux et le sourire aux lèvres. Je n'avais pas ressenti ça depuis des années et- préviens-moi la prochaine fois que tu as décidé de me dire des choses pareilles, je me préparais la prochaine fois, idiot ! …Rah, tu m'as fait pleurer.

_ Désolé…, je ne voulais pas. Assure-t-il en essuyant de ses pouces ces larmes de bonheur.

_ Ne t'excuse pas, sourit la Blonde en embrassant son cher et tendre et en l'enlaçant avec douceur. Je veux que tu me fasses l'amour ce soir aussi, Dionysos, murmure-t-elle peu de temps après à l'oreille de son amant qui resserre sa taille.

_ Je t'aime Sheera, dit le Barman en encrant ses yeux dans ceux de sa compagne avant de l'amener vers la chambre.

Heureuse et de nouveau épanouie au bras de cet homme, la Dorée annonce un « moi aussi » des plus enthousiastes et des plus pensé de tous les temps. Verres et lumière sont laissés à l'abandon dans ce salon, lentement les vêtements tombent au sol et si les cheveux se décoiffent un peu plus et que les corps se redécouvrent une fois encore, cette nuit, Dionysos se donne pour mission de chérir au maximum ce dernier moment passé en compagnie de son amante. De celle que son cœur a choisie depuis toujours lui semble-t-il.


Dans l'appartement au-dessus de cette boutique de fleurs, les lumières sont éteintes et pas un bruit ne se fait à l'intérieur de celui-ci et pour cause, personne n'y est.

La boutique est également plongée dans les ténèbres et cette chose fait froncer les sourcils au propriétaire des lieux qui vient de revenir de sa petite sauterie avec ses vieux amis. Il revient avec plus ou moins de souffle et s'il se débarrasse de sa veste et de ses chaussures, il visite chacun des recoins de son appartement avant de se dire qu'il est définitivement seul. Il sort alors son cellulaire de sa poche, voir si aucun message ne l'attend sagement et s'il est déçu de voir son écran vide, quelque chose finit par attirer son attention à l'extérieur. Une lumière plus précisément.

Il renfile donc ses chaussures et redescend l'escalier pour se rendre à cette serre qu'il a lui-même créé sur un coup de tête. Et là, il sourit enfin et laisse échapper son inquiétude grandissante quand aperçoit Ikki avec de la terre sur les mains et des cheveux en pagaille.

_ Pourquoi es-tu ici ? J'pensais que tu serais en haut. Affirme Aphrodite en s'approchant de son amant qui est encore avec un pot en terre à la main.

_ J'm'ennuyais et y'avait encore du travail à faire. Répond Ikki non sans terminer de rempoter une jeune pousse. Ta soirée s'est bien passée ?

_ Oui, très bien. Pouvoir reparler comme avant avec Death et Shura était quelque chose dont j'avais besoin. Et Dionysos à retrouvé la mémoire lui aussi, apparemment c'était le dernier. Informe le Bleuté en faisant un nouveau pas dans sa direction. Tu peux arrêter pour ce soir, tu ne crois pas Ikki ?! De toute façon demain nous ne serons plus là. Finit par dire le plus âgé en déposant ses mains sur les hanches.

_ Ouais seulement j'pensais que… …tu n'aurais pas voulu qu'on abandonne des fleurs pour une raison aussi banale. Soupire le plus jeune alors qu'il tique à cette dernière phrase. Qui termine aussi sa plantation et se retourne pour voir son amant. Tu ne les aimes plus ?

_ Non, ce n'est pas ça. …Absolument pas. J'pense que j'ai juste eu peur en ne te voyant nulle part et du coup j'étais peut-être un peu furieux de te voir tranquillement ici comme si mon absence n'avait aucune importance. …Désolé, je crois que pendant un moment, mes propres fleurs m'ont rendu jaloux. Se confesse Aphrodite en baissant la tête et en n'osant plus fixer son petit-ami.

_ Jaloux ? J'vois pas pourquoi. J''avais rien à faire alors j'ai trouvé un truc pour m'occuper. On devrait retourner à l'appartement, tu ne crois pas ? Dit Ikki non sans lâcher ses gants et en amenant avec lui ce Bleu Ciel par la main.

De là, les deux jeunes hommes rentrent chez eux et l'un derrière l'autre, Aphrodite demande quelques renseignements. Par exemple, s'il a dîné, parlé à son frère, s'il est sorti et il ne reçoit que des réponses courtes et précises. Des réponses en accord avec le personnage qu'est Ikki.

Et alors que le Bleu Foncé se rend on ne sait où après s'être lavé les mains à la cuisine, il est attiré dans le canapé, surplombé par son aîné et enlacé « de force » par celui-ci. Caché, emmitouflé et sans aucune envie de se dénicher de là, Aphrodite resserre sa prise et parce qu'il se sent incertain de tout, il se donne pour mission de se confesser à son amant qui, d'une manière ou d'une autre, réussit toujours à le rassurer. Un peu comme Deathmask et Shura mais d'une autre manière. …A sa manière… .

_ J'aimerais pouvoir rester ici pour toujours. Dans cet appartement, dans cette boutique, dans cette ville, …avec toi. Ici, j'ai pu faire ce que j'aimais et j'ai pu te rencontrer, te parler sans que les préjugés ne viennent nous narguer. Se confie dans un murmure le Fleuriste qui sent son cœur battre de façon décousue. Je ne sais pas ce qui va se passer demain mais, nous serons tous de retour au sanctuaire et même si tous autant que nous sommes ici avons pu apprendre à nous connaître plus ou moins bien, les missions vont recommencer et les méfiances aussi. On aura beau dire, dans cette ville tout est plus facile que là-bas.

_ Tu y as beaucoup réfléchi je vois, murmure Ikki en caressant lentement les longs cheveux de son aîné.

_ …Pas vraiment seulement, je m'inquiète. Autant pour la relation qu'a Camus avec les deux autres que la sentence d'Athéna-sama. Elle seule a le pouvoir d'approuver ou non, nos relations et si-

_ J'ai confiance en elle, moi. Assure le Chevalier du Phoenix en scrutant l'horizon de leur appartement. Mais si elle refuse, tu seras bien obligé de me voir en cachette. Dit-il de façon moqueuse dans l'unique but d'apaiser l'atmosphère ambiante.

_ Imbécile, sourit Aphrodite toujours caché dans le cou de son petit-ami. On ne pourra plus jamais passer de moment comme celui-là. …Il n'y aura plus de chez nous…, soupire-t-il avec regrets et mélancolie.

_ Alors on s'arrangera pour que nos missions coïncident et on se réservera une chambre d'hôtel-

_ Pour faire semblant…, termine le Poisson d'un léger regard triste alors que ses lèvres prennent en otage celles de son cadet une fois la phrase terminée.

_ Aph', oublie demain. Rien ne changera, j'te le promets. Tu seras toujours toi et j'serais toujours aussi mauvais parleur. La seule chose qui changera c'est qu'on portera de nouveaux nos amures et que tu me laisseras plus souvent tomber pour rejoindre Death' et Shura. J'ai pas raison !? Affirme maintenant le Bleu Foncé dans un sourire certain et rassurant.

_ Hm, sans doute, finit par soupirer le Bleu Ciel comme une plaisanterie qui lui va bien. Mais après avoir réglé les questions importantes.

_ Evidemment. Demain, je serais toujours là et toi aussi et je crois…, que c'est tout ce qui m'importe. Nous sommes chanceux par rapport aux Dieux pour qui tout est incertain. J'suis sûrement égoïste mais c'est ce que je pense. Si tu es là, alors j'irai bien. Termine de dire Ikki avec détermination et en volant un baiser à son amant toujours installé sur lui.

_ Tu peux être quelqu'un de vraiment romantique…, je ne savais pas. Marmonne un Aphrodite gêné et quelque peu rougi.

_ Bien sûr, j'irais parfaitement bien si mon frère se trouve là aussi. Ne peut s'empêcher de rajouter le plus jeune pour effacer cette image que l'autre peut avoir de lui.

_ Idiot. …Je t'aime Ikki, ne change pas d'accord.

_ Je te prends au mot.

Après cette petite mise au point, Ikki se permet d'emporter Aphrodite jusqu'à la chambre là où, il se promet de l'aimer comme l'autre le mérite.

Il inscrit chaque détail de ce visage à l'intérieur de son esprit et au bout de ses doigts. Embrasse cette bouche chaleureuse encore et encore et jusqu'à plus souffle. Écrit son nom sur la peau clair de ce Poisson qui lui donne son autorisation et l'enserre le plus fortement possible.

Lui, ce soir-là, se trouve chanceux parce que dans l'histoire, il n'est pas celui qui risque de perdre le plus. Il n'est pas celui « le plus en danger » et égoïstement, il se félicite pour ça et savoure un peu plus cette chance qu'il a de pouvoir passer chaque jour avec Aphrodite, parce qu'il sait qu'une fois le soleil de nouveau levé, il pourra revoir le visage de son amant et l'un de ses nombreux sourires qu'il lui offre toujours.


Après avoir quitté le bar de Dionysos, Shura et Death' rentrent tranquillement. Le chevalier du Capricorne veut prendre le métro mais pas celui du Cancer. Lui, veut rentrer à pied, alors, il prend la main de son amant et l'entraîne à sa suite.

- On a toute la nuit devant nous et je veux profiter de chaque seconde avec toi.

- Death'…

Un baiser coupe Shura, leurs doigts s'entrelacent.

- Ne me lâche pas de la nuit.

Shura fait « oui » de la tête en resserrant sa prise sur la main et en suivant son amant. Cette nuit il fait bon alors marcher un peu ne sera pas si mauvais.

Les deux discutent de tout et de rien et arrivent au dojo en moins d'une heure. Shura fait entrer le Bleu qui pour une fois ne dit plus rien et ne fait rien de déplacé. L'homme n'attend pas que le Vert Foncé allume et le tire à sa suite. Il le mène jusqu'à la chambre et le balance sur le lit. Il le surplombe et le contemple un long moment le visage grave. L'une de ses mains vient jouer avec les mèches Vertes, pendant que l'autre vient entrelacer à nouveau ses doigts à ceux du Capricorne. Du bout du nez il va toucher celui sous lui et l'embrasse avec tendresse.

- Death' tu me fais peur. Tu as un problème ?

- Je t'aime. Shura demain… Tout le monde parle de l'avenir et de ce qui se passera à notre retour au sanctuaire mais… Et si Zeus… On a été ressuscité pour une mission et quand on l'aura finie, qui nous dit que le roi des Dieux ne nous renverra pas chez les morts.

- Death'…

- Non laisse-moi finir, s'il te plaît. Demain on va aider Athéna et voter pour la sauvegarde de l'humanité. Après on aidera les autres Dieux à garder leurs amants ou enfants pour Rhadamanthe. Mais nous si on doit mourir après, c'est que c'est notre destinée et je l'accepterais même si personnellement je demanderais à Zeus de te laisser vivre. Tu es si pur et si… Shura tu mérites de vivre et de rester auprès de notre Déesse. Je te la confie. Le Vert va encore parler, alors le Cancer pose ses doigts sur sa bouche. Tu me rends meilleur et je t'en remercie mais je ne suis pas quelqu'un de bien ou de fidèle ou de stable.

- Je t'aime et je veux rester à tes côtés où que tu sois, alors ne demande rien à Zeus s'il te plaît. Tu me rends aussi meilleur. Grâce à toi j'ai passé la meilleure année de ma vie. Tu peux être un connard et tu peux être comme maintenant, doux et parfait. Avoir les mots qui touchent et ravissent le cœur.

Death' l'embrasse et resserre sa prise sur sa main. La main dans les cheveux Verts glisse lentement et en douceur sur son cou et déboutonne sa chemise. Ses doigts glissent avec légèreté sur le torse mis à nu.

- Shu' pour notre dernière nuit ici et peut-être de notre vie, ne me lâche surtout pas et comment veux-tu le faire ?

- Jamais je ne te lâcherais, et pour accentuer ses dires il agrippe de ses jambes le bassin d'un Bleu qui est surpris mais ravi. Pour le reste je te laisse faire, jusqu'à aujourd'hui tu ne m'as jamais déçu.

Death' sourit et va mordre le cou de son Vert. Cette nuit-là, le Cancer est doux puis il rivalise d'ingéniosité pour satisfaire son homme qui le suit heureux de chaque nouvelle idée. A la fin, leur corps et leurs cœurs ne font plus qu'un, seul le désir de l'autre compte et surtout celui de le satisfaire. C'est donc après plusieurs jouissances qu'ils tombent épuisés et s'endorment quelques heures avant le grand départ.


En ce Mardi soir Apollon débarque chez son petit ami sans s'annoncer. Shin est surpris mais heureux. Ils passent une soirée en amoureux, Apollon acceptant de cuisiner avec Shin. Le Blanc se moque souvent de son commis, qui privilégie toujours les restaurants à la cuisine maison. Le repas fait ils s'installent au salon et Shin dresse la table de façon à faire un dîner aux chandelles. Après ils font la vaisselle, Apollon râle, mais Shin se rattrape en lui donnant un baiser osé.

- Si tu m'aides je te récompenserais.

Cela donne tout un tas d'idées au Dieu solaire, qui les exploitera plus tard, car après, il montre à Shin un film parlant de Mythologie Grecques. Il est ravi d'en avoir trouvé un. En ce dernier soir dans cette réalité il veut connaître le ressentis du Blanc sur sa famille. C'est dur de le faire ainsi, mais il n'a pas le droit de se révéler réellement à son amant. Alors avant de lui imposer tout cela il veut connaître ses sentiments.

- Je suis heureux, dit spontanément Shin à la fin du film.

- Pourquoi ?

- Tu n'as rien avoir avec Apollon, même si au début je te voyais ainsi.

- Comment ? Apollon est surpris, le Blanc lance la discussion qu'il désire. Cela l'arrange.

- Superficiel et imbu de sa personne. Mais tu es doux et généreux. Tu fais attention au tiens. Tu sais être protecteur.

- Tu me l'as peut-être appris, confesse le Roux qui au fond se souvient qu'il est tout à fait comme les humains le décrivent : méprisant, superficiel, imbu de sa personne et assez frivole. Seule sa jumelle a toujours un peu compté à ses yeux. Et Artémis comment la décrirais-tu ? Il veut son point de vue.

- Une personne cruelle mais juste. Qui a un tempérament affirmé. Une femme forte, intelligente et réfléchie. Qui peut être douce mais qui suit un code d'honneur et qui quand elle le pense nécessaire n'a pas peur de tuer de sang-froid. Un peu trop parfois mais cela à l'air d'être chez tous les dieux. C'est ce que j'en ai retiré de mes lectures et de ce film. J'aime le fait que ces deux faux jumeaux soient si opposés par leurs caractères, leurs attributions, leurs physiques et pourtant si proches. Ils sont liés par un lien indestructible. Ils paraissent invincibles ensemble. Apollon se croit parfait mais il ne l'ait que quand Artémis est à ses côtés…. Shin se stoppe, son Roux a l'air ailleurs mais surtout inquiet et triste. Apollon ça va ?

- Oui, pardon.

Le Dieu solaire aime ce qu'il entend, même s'il en a peur. En entendant son petit-amis parler, il est devenu triste en pensant que pendant un an il a oublié sa sœur, cela lui est même horrible maintenant qu'il en a conscience. Il espère qu'elle ne s'est pas sentie trop seule. C'est vrai qu'ils sont presque inséparables et qu'ils ont de cette façon oubliée de se faire d'autres liens avec le reste de leur famille.

Cette année, il s'est rapproché de Dionysos et cela a été bon. Il espère que son frère acceptera de toujours lui parler quand ils reviendront sur l'Olympe. Dans un autre registre il a aussi eu quelque contact avec Poséidon et Hadès. Maintenant, il a une nouvelle vision d'eux deux : plus positive, et il veut continuer à leur parler. Peut-être qu'Artémis ressentira aussi ce désir quand il lui aura parlé de cette année et de Shin. De cet humain, de ces humains qu'il a côtoyé. Et de ce Verseau faiseur de miracles comme dit Himiko ou plutôt maintenant « Tante Himiko ». Il sourit, sa famille a changé et ces humains…

- Apollon ?

- Je t'aime. Shin je suis sûr que si Apollon trouvait un homme comme toi sur sa route il changerait pour toi, sans en oublier sa sœur de façon volontaire. Je veux dire, j'étais comme cet Apollon mais tu m'as changé pour le mieux. Merci.

- Apollon… Tu m'as aussi changé, j'avais… J'avais renoncé à l'amour et au bonheur tout simplement. J'étais si triste d'avoir survécu et je pensais que je n'avais plus d'intérêt à vivre. Mais quand tu m'as fait la cour si ardemment, quand tu… Merci à toi aussi et je t'aime tellement que je n'ai pas de mots pour le décrire. Tu es vraiment mon Soleil et tu m'as sorti de mes ténèbres.

Le Roux prend un baiser à son Blanc avant de lui demander s'il a lu sur d'autres Dieux. Le Blanc se fait un plaisir de parler des Dieux des Mers, des Morts et de Rhadamanthe le juge. De Dionysos aussi, mais une Déesse l'intrigue, Athéna. Apollon rigole et laisse son amant lui dire pourquoi elle est intrigante. Apollon sourit et se promet qu'un jour il pourra répondre à toutes ses questions. Il est peut-être temps qu'il apprenne aussi à parler avec cette sœur.

- Merci pour toutes ces réflexions. Apollon trouve cela assez encourageant malgré quelques petits détails normaux dans la réflexion d'un humain qui ne croit pas en ces Dieux. Alors le Dieu ne s'en offusque pas. De plus, le Blanc a l'air de s'y être intéressé et de s'être documenté. Il trouvera sûrement bientôt dans le travail de Shin des œuvres inspirées d'eux.

- Je n'ai pas fini, ce qui m'a le plus intrigué c'est pourquoi les humains ont dit que Zeus avait partagé la guerre en deux. Athéna pour les guerres justes et Arès pour les guerres cruelles et violentes.

- Car les humains ont plusieurs visages et plusieurs émotions. Faire la guerre pour protéger quelqu'un ou récupérer quelqu'un et la faire par plaisir de tuer et de prendre aux autres sont deux choses différentes.

- Je comprends, mais pourquoi il a donné le mauvais rôle à son fils légitime et héritier. Tu ne trouves pas Zeus cruel ? Il laisse sa femme jeter leur premier fils par la fenêtre car il est difforme et ne le récupère que parce qu'il est bon forgeron d'arme et de bijoux et le second il lui donne le rôle du méchant et le laisse se faire insulter et humilier. Alors que les autres, il leur donne à tous le beau rôle. Ils doivent prendre sa place un jour non ?

- Zeus à peut-être peur qu'ils le fassent et en poussant ses enfants à se détester il se donne une chance de rester le plus longtemps possible sur le trône. Apollon n'y a jamais pensé mais c'est vrai que son père fait tout pour que les enfants d'Héra, son épouse légitime, soient toujours mal vus. Il donne toujours la priorité à Athéna voire à lui et Artémis et les autres rien. Dionysos doit peut-être le détester malgré qu'il n'ait pas changé de comportement avec lui et l'ait même appelé frère ce qui est en fait la première fois.

- Je n'aimerais pas l'avoir pour père. J'espère que les humains se sont trompés sur leurs dieux. Tout le monde devrait avoir des parents aimants et qui protègent leurs enfants. Quand on sera parent on fera ça bien ?

- Shin… Tu veux qu'on ait des enfants ? Apollon croit avoir mal entendu, il n'en revient pas. Le Blanc les voit parents et fonder une famille ?

- Oui… Si tu en veux… Camus, Saga et Shion ont l'air tellement heureux et Arthur aussi. Il y a temps d'enfants qui attendent un foyer et qui méritent de l'avoir. On fera mieux que le dieu Apollon aussi.

- Comment ça ? Là, Apollon est perdu. Pourquoi il dit vouloir faire mieux que lui ?

- Je parle d'Asclépios le Dieu de la Médicine. Son fils que Zeus a tué pour avoir ressuscité quelqu'un. Apollon a peut-être tué les constructeurs de foudre mais c'est Zeus qui l'a lancé et qui l'a voulu. Il aurait pu au moins défendre son fils. Je sais que Zeus est son père et son roi mais Asclépios était son fils. Shin se tait un instant et regarde le Roux. Apollon tu pleures ?

- Je n'avais jamais pris conscience de ça, murmure le Dieu. Shin le regarde bizarrement. Je veux dire j'avais pris en compte la colère d'Apollon d'avoir perdu un fils et qu'il ne pouvait pas se venger sur son père. Mais jamais qu'au fond si au tout début il avait parlé avec son père, qu'il avait essayé de le raisonner ou de lui expliquer les choses. De trouver une autre solution de punir Asclépios, sans avoir à le tuer. Il n'a pas réfléchi et agit impulsivement.

- Comme beaucoup de parents. C'est pour cela qu'élever un enfant est difficile et qu'il faut partir avec déjà une idée de base même si elle va évoluer.

- Tu y as beaucoup réfléchi ?

- Oui… Apollon je sais que cela ne fait pas longtemps qu'on est ensemble, mais j'aimerais qu'on se marie un jour et qu'on fonde notre famille.

- Oui ! S'écrie Apollon. Pardon je veux dire j'en serais ravi. Et on va le faire. On fera du mieux qu'on peut et on va être heureux avec nos futurs enfants. Avec toi je suis sûr que je peux tout réussir. Tu es ma fleur de lune.

- Merci mon Soleil.

Apollon le regarde un long moment, cet humain lui a dit une chose si simple mais qui à l'époque n'a même pas touché son esprit. Pour dire la vérité, cette fois-là il n'a rien dit à Zeus. Car ce qui l'ennuyait le plus était la perte d'un héritier, et non d'un fils et que des êtres inférieurs puissent tuer un Dieu ou un Demi-Dieu. Il a été surtout blessé dans sa fierté de Dieu et non triste de la perte d'un enfant. Car il n'a jamais vu Asclépios ainsi jusqu'à aujourd'hui. Son amant le lui reproche et il le comprend.

- Si j'étais cet Apollon est-ce que tu pourrais me pardonner et me faire confiance pour fonder une famille avec toi ?

- Bien sûr car tu n'es plus cet homme. Et là tu pleures un enfant que tu n'as pas connu. Tu viens de comprendre l'importance de la famille.

- Oui, merci mon amour. Je viens de comprendre ça et autre chose, il faut toujours protéger les siens et ceux qu'on aime quoi qu'il en coûte. Shin je te protégerai et on fondera cette famille. Je veux vivre éternellement à tes côtés. Je te promets de toujours t'aimer et de rester à tes côtés quoi qu'il arrive.

Les deux hommes se fixent avant de s'embrasser allègrement. Apollon soulève Shin et les mène rapidement dans la chambre du Blanc, là ils s'aiment toute la nuit. Le Dieu ne se retient pas et montre son affection au Blanc. Non il ne le perdra pas au petit matin, il se battra pour lui et pour sa future famille. Il a mal fait avec Asclépios et ses autres frères et sœurs mais maintenant c'est fini. Il a Shin et il l'aidera à changer les choses à évoluer. Il l'aidera à devenir un homme bien et un bon parent.


_ Si je te dis que je dois partir demain, tu m'en voudrais ? Demande clairement Poséidon alors qu'il est confortablement installé dans son canapé avec sa femme dans ses bras.

_ Partir ? …Un voyage d'affaire je présume. Insinue semblant de rien la jeune femme tout en continuant de jouer avec cette large main qu'elle emprisonne et en regardant le film qu'elle a elle-même choisi.

_ Plus ou moins, oui. Ne sait que répondre le Bleuté en se détestant de lui mentir.

_ Encore un animal à sauver. A peine marié et voilà que tu me quittes déjà, ça n'aura pas duré longtemps, plaisante-t-elle à présent en levant son regard vers celui qu'elle peut maintenant appeler « mari ». Poséidon ? Qu'est-ce qui se passe ? Soupire-t-elle surprise de voir le visage grave de son homme.

_ Je ne le fais pas par plaisir.

_ Je le sais idiot, je te taquinais seulement. Assure la jeune mariée dans un doux sourire réconfortant.

_ Ne crois pas qu'il y ait plus important que toi, surenchérit pourtant le Dieu des Mers qui n'arrive plus bien à contrôler ses émotions et cela se ressent fortement sur la météo extérieure.

_ Je le sais bien voyons, tu ne m'aurais pas demandé de t'épouser autrement. Poséidon, regarde-moi, murmure gentiment Himiko qui change de position pour pouvoir entourer de ses mains le visage de son amant. A ton retour, on partira en lune de miel et à ce moment-là, tu pourras me montrer à quel point je suis importante pour toi, ça te va ?!

Pendant un long moment, Poséidon ne dit rien. Il se contente simplement de graver ce visage dans sa mémoire parce que qui sait s'il pourra la revoir et cette seule pensée... le fige. Aujourd'hui plus qu'un autre jour, il voit le risque bien réel de la perdre et comprend parfaitement les paroles de son frère dans la même situation que lui. Il doute à présent de tous ses faits et gestes, de toutes ces décisions et du fait que même son mariage ne comptera sûrement pas pour Zeus. …Il y a beaucoup plus de chance qu'ils soient perdant malgré les promesses faites et entendues. Et à bien y regarder, seuls les Dieux perdront. Le constat fait, ses sourcils se froncent et dans un geste souple, il enlace fortement sa moitié en se promettant qu'il gagnera contre son frère et ses jeux égoïstes. Il se promet de récupérer coûte que coûte Himiko Hatsuki à ses côtés.

_ C'est promis, à mon retour nous partirons rien que tous les deux, très loin de tout. Assure Poséidon d'une nouvelle voix beaucoup plus confiante et déterminée malgré sa tristesse de dire « au revoir ».

_ Tu me fais un peu peur là, tu n'arrêtes pas de changer d'humeur. Tu es sûr que tout va bien ? Questionne de nouveau la Brune en inspectant son époux.

_ C'est juste que…, j'ai un peu peur que tu me détestes.

_ le Grand Directeur de l'Aquarium de Tokyo, avoir peur ?! Soupire sarcastiquement la jeune femme dans l'intention de changer l'ambiance lourde et l'air mélancolique de son conjoint. Je pense te connaître de mieux en mieux et si à notre première rencontre je te pensais hautain et imbu de ta personne, aujourd'hui je te vois comme quelqu'un d'acharné, déterminé et fort. Alors non, il n'y a aucune chance pour que je déteste. Comment je pourrais en sachant que tu as été le seul homme capable de me sortir de ma petite tour dorée ? Dit-elle en cajolant les mèches Bleus de son vis-à-vis et l'embrassant de temps à autre. Fait ton voyage, reviens-moi et ensuite continuons de notre mieux ensemble.

Souriant en retour à sa femme, Poséidon la reprend dans ses bras et la resserre avec amour. Cette humaine, non cette femme, non SA femme, il ne veut l'échanger sous aucun prétexte et la remplacer encore moins.

C'est elle qu'il veut et dès demain, il s'attellera à voir son désir se réaliser. Mais pour l'heure, il doit lui répondre et les yeux dans les yeux, il sent son cœur se calmer même si à l'extérieur, un déluge sans nom tombe au sol.

_ Je t'aime Himiko, tu es faite pour moi. Dit le Roi des Mers en regardant cette main à laquelle une bague trône fièrement.

_ Je t'aime aussi. Conclue-t-elle en reprenant sa place initiale dans les bras du Dieu. Bien alors maintenant, dis-moi combien de temps tu seras absent. Une semaine ? Plus ?

_ Peut-être plus, je ne sais pas comment tout va se dérouler, ne ment pas Poséidon puisqu'il n'a aucune idée des prochaines actions de Zeus.

_ Dans ce cas, tu m'appelleras tous les soirs si ça ne te dérange pas.

_ Je le ferais, souffle le Bleuté d'un regard triste qui n'est pas vu.

_ Et tu me rapporteras un souvenir aussi. Exige-t-elle comme une sorte de cadeau.

_ Bien sûr.

_ Et si jamais tu croise des espèces rares tu pourrais les prendre en photo ? Comme ça ma classe en profitera aussi. Continue-t-elle avec engouement.

_ J'écrirais leurs caractéristiques alors.

_ Merci, sourit Himiko comblée de bonheur par sa décision d'avoir épousée cet homme et d'avoir été choisie comme elle est. Avec ses défauts et ses qualités.

D'autres exigences sont ensuite énumérées tout au long de la soirée et si très vite le sujet dérive, Poséidon profite au maximum de sa dernière soirée avec sa femme.

Le cœur lourd autant que ses pensées, il apprécie tout même et si toute la nuit il la resserre à lui, c'est dans l'unique but de se convaincre qu'elle sera avec lui au matin.


Pour cette dernière nuit Shaka et Mû ne veulent pas faire dans le faste. Ni restaurant, ni cinéma, ni bar… juste un film en amoureux à la maison. Un plateau télé sur les genoux et deux corps l'un contre l'autre.

Ils optent pour une comédie romantique qui leur donnent envie de se câliner. Après avoir déposé le plateau repas leurs mains se lient naturellement et les premiers baisers s'échangent. Le film finit ils vont dans leur chambre. Depuis quelques temps, Mû a plus ou moins emménagé chez Shaka.

Dans la pièce, le Blond entraîne le Parme vers le lit entre deux baisers et mots doux. Mû se laisse bercer par l'amour que lui témoigne son amant. Pour l'en remercier Shaka l'amène doucement vers les affres du plaisir.

Le Blond surplombe d'abord son homme puis change de place. Il adore voir Mû se déhancher sur son sexe. Le Parme a à ce moment-là des expressions faciales des plus jouissives. Les joues rougies, les yeux larmoyants, la lèvre inférieure mordue - si ce n'est ses doigts – afin de s'empêcher de hurler de plaisir. Dans ces moments-là Shaka aime donner un coup de rein libérateur d'un cri de plaisir chez son petit-ami.

Les deux aiment jouer avec les émotions de l'autre et découvrir à chaque fois une nouvelle façon de faire jouir son aimé. La nuit passe ainsi changeant de position et de rôle. Se cajolant et s'aimant comme si c'était la dernière fois ou la première, ils ne savent pas trop sauf qu'ils s'aiment tout naturellement.


Parce que c'est leur dernière soirée ensemble. Parce qu'après cette nuit tout va redevenir comme avant. Parce que beaucoup de choses vont changer après cette année alors pour l'occasion, Saori demande à ses parents si Seiya peux passer la nuit chez eux et ils acceptent sans poser trop de questions.

Mais le problème est là, depuis que la demande a été faite, le dîner fini et le futon préparé pour l'occasion les deux adolescents n'ont plus dit un mot. Ils se regardent de temps à autre, se sourient également mais les mots ne sont plus.

Là, dans la chambre de la jeune fille l'un à même le sol sur son lit d'appoint et l'autre sur son lit ouvert, on pourrait entendre les mouches voler. Pas qu'il y ait du stress qui les mange seulement, les pensées sont bien trop présentes pour faire quoique ce soit d'autre. La preuve c'est que Seiya n'entend pas la voix de son amoureuse l'appeler.

_ 'Ya…, 'Eiya- …Seiya ! S'évertue à appeler la jeune fille qui s'apprête à tendre la main pour attraper l'épaule de celui qu'elle aime appeler petit-ami.

_ Désolé, tu me parlais ? Se reprend le Brun en posant son regard sur l'adolescente.

_ Est-ce que ça va ? Tu n'as pas dit grand-chose ce soir alors que d'habitude tu es une vraie pile électrique. Clame la Violette qui veut comprendre.

_ Je réfléchissais désolé… . Pour demain, je sais qu'on en a déjà parlé mais je suis quand même inquiet, admet-il en détournant le regard. Saori-chan, demain tu seras de nouveau ma Déesse, notre Déesse et-

_ Je sais, moi aussi ça me fait un peu peur rien que d'y penser mais crois-moi, mes sentiments pour toi son réels. Et je ne veux pas nous négliger une fois de retour… …à la maison. Avoue-t-elle alors que son regard semble crier un « je t'aime » incroyablement pensé.

_ Je ne veux pas recevoir de traitement de faveur…, marmonne Seiya en baissant le regard. Ou être vu comme…-

_ Tu ne recevras aucun traitement de faveur, tous mes chevaliers sont égaux. Je serais seulement plus inquiète pour toi comme…, je l'ai toujours été, marmonne à son tour la Violette qui se sent embarrassée de ce secret.

Les lèvres scellées, les deux adolescents finissent par se terrer dans un silence sans nom et trop gênés pour regarder l'autre, l'ambiance lourde se fait ressentir. Ils ne savent pas non plus comment se sortir de là mais et parce que le Brun ne veut pas rester silencieux avec toutes les autres choses qu'il a à dire, il se reprend. Au même instant, Saori a eu la même idée et d'une même voix, les deux se retournent.

_ Je ne voulais pas te couper, reprend la jeune fille, vas-y je t'écoute.

_ Ce n'était rien d'important mais je voulais que tu saches que tu es la plus belle chose que je n'ai jamais eue et aussi…, je t'aime Saori-chan. Je t'aime vraiment alors je te soutiendrais quoi qu'il en coûte. Dit ce Brunet de tout son cœur et avec le sourire. Un large sourire qui ne sait pas mentir.

_ …Tu es… vraiment quelqu'un d'extraordinaire et je t'aime moi aussi. Dit la Violette les joues rougies et les yeux brillants. …Tu es mon âme sœur, souffle-t-elle comme un aveu qu'elle s'est déjà fait à elle-même depuis longtemps.

Le sourire aux lèvres et les bras appuyés sur le lit de sa Dulcinée, Seiya n'émet aucun autre geste. La Déesse se penche pour embrasser son petit-ami, comme pour lui affirmer ses mots.

Les cœurs légers à présent, le lendemain ne leurs fait plus peur et durant encore une heure, ils parlent d'eux. De leur couple, de leur petite envie inavouée comme le fait de pouvoir se tenir la main au sanctuaire ou juste déjeuner ensemble de temps à autre. Puis, tranquillement ils s'endorment. Main dans la main au début et l'un à côté de l'autre par la suite puisque Saori prend l'initiative de se coucher auprès de son amoureux. La tête sur sa poitrine pour écouter les battements de son cœur régulier et chantant.


_ Tu penses que ça sera comment demain ? Marmonne Shun alors qu'il est sous les draps avec Hyoga et dans la maison du Blond.

_ J'en sais rien mais ça sera sûrement tendu et puis… on va entendre tellement de choses, songe le Doré en resserrant de temps à autre les mains de son petit-ami entre les siennes.

_ Personne ne sera d'accord sur rien, soupire le Vert.

_ Et tous voudront avoir raison, continue le Blondin dans un fin sourire. J'espère qu'Athéna-sama gagnera même si la façon dont Zeus-sama à tout fait et quelque peu cruelle. Continue-t-il sur sa lancée et en marmonnant à voix haute ce qu'il pense tout bas.

_ Je pense aussi qu'il n'aurait pas dû nous effacer la mémoire. Qu'on aurait très bien pu s'en sortir sans ça et changer le regard des plus réticents.

_ Il aurait simplement pu annuler nos pouvoirs, on est d'accord ! Plaide Hyoga comme si les deux se comprenaient et c'est sûrement le cas.

_ Exact, mais nous n'avons rien le droit de dire puisque nous sommes que des Bronzes, pas vrai. Et même si on s'est bien débrouillés, notre avis ne sera que survolé.

_ Oui ou non, on sait qu'Athéna-sama tient toujours compte de ses chevaliers et puis, elle est restée toute une année avec nous. Assure le Doré dans un fin sourire.

_ …Tu as raison, j'ai été médisant. Avoue pour de vrai Shun en regrettant un peu ses mots… . Hyoga, comment ça va se passer là-bas…, pour nous je veux dire ? Athéna-sama a dit qu'on en parlerait une fois rentrés mais je m'inquiète quand même et si…, et si on nous enlevait notre statut de chevalier ? Mon frère serait tellement déçu.

_ Tu penses à Ikki ? T'es bien le seul qui ne le décevra jamais et tu le sais. Pis il serait le premier à te protéger contre le reste du monde. Il serait même près à défier Athéna-sama si jamais elle s'en prenait à toi alors je crois que pour l'instant, tu peux être confiant. Rit de moitié le Doré en laissant sa tête cogner celle de son petit-ami.

Le sourire aux lèvres des mots entendus et le regard lumineux, Shun se resserre un peu à son compagnon et chiffonnant le chandail qu'il tient entre sa main libre, il se permet de prendre un baiser aux lèvres douces du Blond.

A ce contact, son cœur se réchauffe d'une douce chaleur apaisante et picorant plusieurs fois ces lèvres à sa portée, le Vert se calme et se vide l'esprit de tout ce qu'il peut imaginer pour les jours à venir. Le pire qui puisse lui arriver serait qu'il soit séparé de son Blond et destitué de son titre. Eloigné de son frère aussi mais là, il prend confiance qu'un meilleur futur s'ouvre à lui.

_ Quand on rentrera, je te ferais une place à côté de moi. Informe maintenant Shun qui ne se fait plus d'idées noires et qui espère.

_ Je prendrais cette place avec plaisir même si je suis persuadé que ton frère va essayer de t'en dissuader. En nous grognant qu'on est trop jeune et immature pour réellement savoir ce que l'on veut. Rouspète Hyoga dans un grognement bien à lui et en faisant sourire son interlocuteur.

_ Tu le connais vraiment bien mais bon, s'il ne veut vraiment pas, on le fera en cachette ! Soupire le Vert comme un secret.

_ ça me va…, ton idée me plaît bien. Confie le Blondin en laissant son pouce toucher la joue de son petit-ami. Tu sais que t'es mignon quand tu manigances quelque chose toi.

_ Ne dit pas des choses comme ça, soupire Shun en rougissant.

_ J'adore te gêner, tu le sais.

_ …Oui. Hyoga-

_ Shun maintenant on se tait et on profite une dernière fois d'être ici et rien que tous les deux, soupire le Doré dans un sourire avant de capturer les lèvres de son adorable petit-ami qu'il tripote déjà avec son consentement.

Sa main glisse sous le chandail du Vert et s'il fait frissonner cette peau blanche sous ses doigts, il en est ravi. Tous les deux, profitent de leur dernière nuit ensemble et s'ils étouffent pas mal de leurs gémissements pour ne pas alerter les parents dans la chambre opposée, ils ne font que se caresser et s'ils ne se sentent pas encore tout à fait prêts pour aller jusqu'au bout, aucun des deux ne va forcer l'autre. Au contraire, ils sont à l'écoute de l'autre et sûrement que prochainement, une nouvelle étape sera franchie pour eux.