Bonjour,
J'espère que les deux chapitres d'hier vous ont plus.
Aujourd'hui encore un long chapitre très attendu j'en suis sûre. Oui on va voir les réactions à froid de tous. La nuit est passé par là.
Bonne lecture et n'hésitez pas à nous laisser un com pour nous dire ce que vous en pensez.
Biz Craft.
Olivier88 : Oui on a été gentille avec eux tous lol. Même si on a laissé Zeus jouer avec leurs nerfs. La suite maintenant à bientôt biz Craft.
Prochain chapitre : vendredi 3 avril.
Jeudi 2 Avril.
Face au miroir, elle fixe tantôt son profil, tantôt sa face et non sans sourire étrangement à chaque fois. Elle s'étudie pour être plus précis.
Les lèvres tirées vers le haut, une aura de bonne humeur et de gaieté émane de la Brune et sûrement que rien ne pourra entacher ce bonheur aujourd'hui. Ça fait peut-être une éternité qu'elle est occupée de s'épier ou alors seulement une demi-heure mais peu importe le temps passe et elle est finalement rejointe par celui qu'elle appelle à présent et depuis peu « époux ».
Au loin et les bras croisés, l'homme aux cheveux Bleus contemple sa femme resplendissante, et s'il ne veut pas casser ce moment, c'est bien parce que lui aussi en profite. Il sait très bien ce qu'elle épie avec autant d'allégresse et de joie puisque lui-même a cette obsession à présent et… ça ne peut qu'être le signe d'un nouveau départ. D'une nouvelle vie.
_ Jamais je n'aurais pensé avoir un enfant aussi vite. Soupire à présent Himiko face à elle-même. Déjà que je n'envisageais pas de me marier dans l'année alors imagine un enfant. Je trouve ça fabuleux. Termine-t-elle avec ce même sourire guilleret collé à son visage.
_ Moi-même je n'aurais jamais cru pouvoir être aussi heureux, tu sais. Et tout ça, c'est grâce à toi Himiko. Affirme maintenant le Dieu des Mers qui s'avance jusqu'à pouvoir toucher les épaules de sa compagne de ses mains.
_ Tu as sans doute provoqué ce bonheur, je te rassure. J'aurais quand même aimé profiter de notre mariage un peu plus longtemps…, je veux dire de notre lune de miel. Clame la Brunette en laissant les mains de son homme descendre sur son ventre encore bien plat.
_ Nous en avons encore le temps.
Les deux échangent un regard complice et le silence revient.
Leurs cœurs battent à l'unisson et si on pourrait entendre chacun de leurs battements, les oiseaux à l'extérieur se permettent d'assourdir ce bruit à l'aide de leurs chants. Les secondes défilent ainsi à une vitesse folle puis d'autres pensées dites à voix haute apparaissent. Au départ, ça n'est que des mots sans phrases puis petit à petit, tout s'étoffe et la jeune femme s'exprime clairement tandis que Poséidon écoute avec attention et rassure.
_ Savoir qu'un enfant est occupé de grandir en moi est simplement merveilleux seulement, je ne sais pas si je saurais m'en occuper. S'inquiète déjà Himiko en resserrant les mains de son mari.
_ Tu t'occupais d'enfants toute la journée et tu ne saurais pas faire ? Je n'y crois pas. Scande le Bleuté d'une voix claire, presque stricte.
_ Ce n'est pas la même chose voyons ! Tous ces enfants ne sont pas les miens et puis, ils savent déjà marcher et parler tandis que celui-ci…, je ne sais pas si je pourrais tout faire correctement. J'aurais besoin de livres, de conseils et d-
_ Himiko, je serais avec toi. Tu ne seras pas seule et je suis certain qu'on y arrivera. Réconforte le Dieu en postant sa femme face à lui. Nous serons de bons parents pour elle.
_ « Elle » ? Tu sais déjà qu'il s'agit d'une fille ? Demande la Brune un peu surprise par le pronom utilisé.
_ Non mais j'aimerais. Elle sera facile à éduquer, curieuse et souriante. Intelligente aussi et elle fera toutes ses nuits. Énonce petit à petit ce Dieu qui devient doucement mais sûrement, un « papa gâteau ». Elle sera aussi belle que sa mère, gentille et débrouillarde. Elle volera de tes vêtements pour faire comme les grandes personnes alors que je lui apprendrais tout ce qu'il y aura à savoir sur la vie sous-marine. Continue-t-il sans pouvoir s'arrêter. Et si cela le gêne, son épouse –elle- en est ravie.
_ J'ai l'impression que tu la connais déjà mieux que moi. Mais tu sais, elle sera aussi bagarreuse, peut-être un peu pleurnicharde parce que je l'étais étant enfant et très têtue. Elle nous contredira et nous insultera de « vieux » à son adolescence, mais elle sera l'aînée alors, elle finira par se calmer pour montrer l'exemple à ses frères et sœurs. Termine la jeune femme non sans un sourire légèrement espiègle.
_ Des frères et sœurs ? Combien ? Je n'étais pas au courant de cela. S'étonne l'homme qui est plutôt heureux d'en apprendre plus sur leur avenir fictif pour l'instant.
_ Au moins deux frères et une sœur. J'aime les grandes familles et je ne veux pas qu'elle soit seule comme j'ai pu l'être durant mon enfance. Est-ce que ça te convient ? Ose demander Himiko non sans laisser ses espoirs s'échapper de tout son être.
_ Tu ne pourrais pas me rendre plus heureux. Et je te promets que je serais un bon père pour eux. Se confesse le Bleuté sans autre forme de procédé. Je ferais ça bien pour nous.
_ Je te fais confiance Poséidon. Maintenant, il nous reste encore neuf mois pour décider de son prénom. S'amuse la jeune femme en volant un baiser à son mari avant de s'éloigner de ces bras.
_ Il sera parfait, tout comme elle. Où vas-tu ? Interroge le Dieu des Mers qui voit son épouse enfiler un gilet et se diriger vers la sortie.
_ A la rencontre de sa tante, j'aimerais discuter avec Sheera de certains sujets. Explique-t-elle en voyant son homme la suivre. Tu veux m'accompagner ?
_ Non, je vous laisse entre vous. J'ai quelques petites choses à faire donc…, soupire le Bleu en marchant lentement dans le couloir qu'ils traversent tous les deux. On se voit tout à l'heure d'accord ?
_ Oui, évidemment ! A tout à l'heure mon cher époux, marmonne Himiko pour ne pas être entendue d'oreilles indiscrètes et parce qu'elle aime être la seule à pouvoir l'appeler ainsi.
_ A tout à l'heure ma tendre épouse, s'entend dire Poséidon par réflexe et par envie.
Ils partent tous les deux dans des directions opposées, l'une sur la droite tandis que l'autre prend la gauche avec conviction.
Tous deux dans des pensées différentes, ils n'en sont pas moins ravis de la tournure que les événements prennent et s'ils ne parlent en rien de la veille, cela ne les chagrine pas tant que cela non plus. Après tout, ils ont toute la vie maintenant pour le faire et puis avec l'annonce de sa grossesse, Himiko a tout oublié.
Avec cette annonce, Poséidon semble être le plus heureux des hommes ou plutôt des Dieux et rien ne pourra entacher ce tableau.
Il a passé une petite nuit. Pourquoi ? Parce que le sommeil est difficilement venu à lui, même si à ses côtés, il y avait eu Hadès. Les deux bras de celui-ci l'ont jalousement gardé et pourtant, il n'a pu faire autrement que de se réveiller sans le vouloir. Avec des questions plein la tête et des inquiétudes silencieuses.
Et là, ce matin alors qu'Hadès le laisse pour des obligations –de ce qu'il a compris-, Rin décide d'arpenter les lieux et de se repérer au mieux dans ce qui semble être un château, même si son aîné lui a dit qu'ils ne resteraient pas.
A l'intérieur de ces couloirs, tout est assez silencieux et ses bruits de pas résonnent de temps à autre sur ce sol brillant et lustré. Son regard se pose un peu partout et là où il le peut. Il est curieux c'est un fait et observe les statues de pierres qui sont de réelles œuvres d'art pour quiconque les aperçoit, ce Noiraud continue son petit bonhomme de chemin.
Il ouvre plusieurs portes toujours après avoir toqué –au cas où- et si aucunes des pièces ne se ressemblent, pour certaines il essaie encore de trouver leur utilité.
_ Tiens, tiens, qu'est-ce que tu fais ici toi ? Tonne une voix grave dans le dos de cet Ebène qui est face à une bibliothèque.
_ J'pense qu'il s'est perdu, frérot. Répond le deuxième alors qu'ils approchent tous deux de leur cible. Ou alors, il cherche un moyen de partir. Tu veux qu'on te montre comment sortir d'ici ?
_ Je ne voulais pas vous déranger, je suis désolé. Je m'en vais. Clame immédiatement Rin qui se recule pour se diriger vers la porte dans les plus brefs délais.
_ Attend, attend ne t'en va pas comme ça, sourit maintenant Hypnos alors que l'une de ses mains se pose sur la porte pour que celle-ci reste fermée.
_ On aimerait un peu discuter avec toi si ça ne te dérange pas, ajoute Thanatos tout en imitant le geste de son frère pour ne laisser aucune issue possible à leur cible.
_ Me parler ? Marmonne-t-il avec de l'hésitation dans la voix. De quoi ? Je ne sais même pas qui vous êtes.
_ C'est vrai, on ne s'est pas présentés. Je suis Thanatos et lui, c'est mon jumeau Hypnos. On est au service d'Hadès-sama et toi, on ne t'aime pas. Déclare à présent l'Argenté d'un ton assuré, presque mauvais… ou totalement… .
_...D'accord…, marmonne Rin qui ne sait pas quoi répondre d'autre. Si c'est tout ce que vous aviez à me dire, je vais m'en aller.
_ On n'a pas terminé. On veut savoir ce que tu as fait au Seigneur Hadès, grogne à son tour ce Blond alors que son visage n'a rien d'amical –comme celui de son frère-.
_ Je n'ai rien fait à Hadès-san ! Gronde cependant le plus petit des trois d'un ton ferme cette fois.
_ C'est Hadès-sama ! Ne l'appelle pas si familièrement ! Tonne sombrement Thanatos. Et si, tu as dû lui faire quelque chose pour qu'il ne veuille pas t'abandonner. L'ensorceler ou lui jeter un sort. A qui as-tu demandé de l'aide pour ça !? Interroge-t-il durement. En essayant de faire peur au maximum.
_ Je n'ai rien fait et j'aimerais que vous vous éloigniez de moi maintenant. Claque la voix de Rin qui ne se laisse pas faire.
_ Tu es frêle, petit, tu ne sais pas te battre, tes qualités se résument à rien alors il y a forcément quelque chose, reprend Hypnos qui veut comprendre les pensées du Dieu des Morts.
_ Il n'y a rien ! Se met à tonner le jeune Tomura tout en repoussant son premier assaillant qui n'est autre que ce Blondin bien trop près selon lui. Je ne sais pas pourquoi Hadès-san a f-
_ C'est « Hadès-sama » ! Crie à présent Thanatos qui pourrait faire sursauter les murs.
_ Hadès-sama… …soupire Rin dans une sorte de sourire étrange. Vous pouvez bien penser ce que vous voulez tous les deux, moi je n'ai rien demandé. Je suis simplement tombé amoureux d'Hadès-san… sama, se reprend-t-il en voyant le regard furieux des jumeaux. Alors maintenant éloignez-vous parce que même si je ne suis pas très fort, je sais me défendre.
La phrase terminée, il retire cette main qui s'est posée sur son torse et qui l'a poussé un peu plus tôt contre cette planche de bois et se faisant de la place, il réussit à sortir des griffes des jumeaux et accessoirement de la pièce dans laquelle on l'avait fait prisonnier.
Aucun des deux ne le poursuit et si un soupir se montre à cela, Rin ne fait pas attention à ce qui se trouve juste devant lui et qui, une nouvelle fois, l'arrête dans sa course. Une jeune femme avec un léger sourire aux lèvres, ayant enfin terminé tous les préparatifs pour le retour de son frère, elle s'avance joyeusement dans l'unique but de saluer celui qu'elle recherche depuis pas mal de temps à présent.
_ Rin, je te trouve enfin ! Désolée de t'interpeller de la sorte, je suis Pandore, la sœur du Seigneur Hadès et je me faisais une joie de te rencontrer. Sourit-elle avec ravissement alors que le regard Doré qui se lève vers elle est encore empli de rancœur de son ancienne conversation.
_ Hadès-san n'a pas de sœur…, marmonne finalement ce Noiraud qui reprend déjà sa marche pour pouvoir ainsi s'enfermer dans cette chambre qu'il a habité la nuit dernière.
Les nerfs à fleur de peau, Rin s'enferme finalement quelques longues minutes plus tard, qui se compte en dizaine de minutes, dans la pièce recherchée et essayant de calmer ses battements paniqués autant que ses pensées, ses poings se serrent et son cœur également. Rien ne va ici. Tout est différent, trop différent et personne n'est assez clément pour lui expliquer ou donner des réponses à ses interrogations. Même si pour l'instant, il est seulement épuisé de comprendre qu'il ne connaît absolument pas son amant et que tout ce qu'il a pu emmagasiner comme information sur lui est fausse. Voilà pourquoi son ventre se resserre autant, parce qu'il a l'impression de perdre Hadès et de le voir s'éloigner à chaque seconde qui passe.
Attrapant un pan de la couette alors qu'il est assis sur le bord de ce lit fait, il s'en recouvre et se laisse tomber sur le lit dans l'espoir de trouver un peu de paix. Par la suite, il s'endort peut-être ou perdu dans un autre monde mais une fois les paupières rouvertes, il est étonné de tomber nez à nez avec son aîné. Cependant, il ne sursaute ni n'émet la moindre réaction, il se contente simplement d'attendre.
_ Je te cherchais, avoue Hadès sans autre forme de procédé et en retirant quelque peu cette couette sur la tête du plus jeune tandis qu'il reste accroupi près de ce lit. …Si tu veux, je peux répondre à tes questions maintenant.
_ … . Scrutant cet Ebène aux yeux bleus qui ne fait que l'épier, Rin cherche longuement ses mots avant de prononcer un mot. Des questions… …, tu as une sœur ?
_ Oui… plusieurs. Celle que tu as dû rencontrer s'appelle Pandore. Répond le Dieu tandis qu'il ne trouve pas utile de dire qu'il a eu vent de leur petite entrevue écourtée par ses soins en voyant la lèvre de son Cadet se pincer.
_ Mh. Tu es le Dieu des Morts Hadès-san ? Demande alors Rin sans même bouger de position puisque toutes ses forces l'ont quitté.
_ Exact, je règne sur les Enfers. Ça peut paraître étrange, voire insensé, mais c'est la vérité. Souffle tranquillement Hadès qui attend la suite et ne veut surtout pas presser.
_ Est-ce que je vais pouvoir retourner chez moi ?
_Je… ne crois pas non. Le monde dans lequel nous étions n'était pas vraiment réel. Zeus l'avait créé de toute pièce. Explique le Dieu qui attend les autres questions et qui se sent légèrement désemparé par la situation et par le comportement de son petit amant.
_ Je ne vais plus pouvoir parler à mes parents …? Demande le Noiraud alors que son regard paraît de plus en plus éteint.
_ Rin…, murmure cet Ebène alors que l'une de ses mains se tend vers la joue du plus jeune mais qui est également refusée l'instant d''après. Je suis désolé, tes parents... ne sont plus parmi nous. Ils n'étaient qu'une création de Zeus.
Rin emmagasine cette information même si celle-ci fait mal et la gorge nouée, il serre les poings pour ne rien répondre. Puis, son regard Doré revient se poser sur son aîné. Il a tant de choses sur le cœur et en même temps, il est si reconnaissant d'avoir été sauvé par cet homme. A l'instant, il sait que son égoïsme parle mais il en est obligé…, d'une certaine façon, il y est poussé.
_ Dis-moi les autres choses qui te tracassent.
_ J'ai l'impression de ne plus te connaître Hadès-san, confie alors le jeunot de sa voix toujours aussi basse. Tout ce que je croyais connaître est faux n'est-ce pas ?
_ Ce que tu connais de moi… Comme ? Demande le Dieu, qui pour une fois, prend patience et attend.
_ Ta couleur préférée ou ton plat. Tes hobbies ou encore ton parcours. Tout ça… Tout ça est faux, non… . Soupire Tomura en se couvrant un peu plus de cette couette.
_ Dis-moi les réponses à tout et je te confirmerais. Je t'écoute.
Les lèvres pincées, Rin hésite à débuter. Il a encore en tête la conversation avec les jumeaux rencontrés plus tôt et il a cette étrange impression de n'être pas assez bien pour Hadès. …Enfin, c'est plus qu'une impression parce qu'au début de leur relation, il en avait le goût mais être ainsi jugé en mal et se sentir incapable et inférieur à tout le monde, lui met la boule au ventre.
On peut voir ses doigts se resserrer un peu plus sur le drap qu'il tient mais les yeux rivés sur le Dieu, il a cette impression qu'il peut tout dire, même se tromper et pour une fois, dans ce regard Bleuté, il n'y a pas une seule once de réticence. Seulement…, quelque chose qui lui donne confiance en lui.
_ Le gris, le porc sauté, regarder par la fenêtre la vie s'écouler à la recherche d'inspiration et après le lycée, tu as fait une université d'art tout en faisant quelques voyages à l'étranger pour t'améliorer et t'inspirer de cultures différentes. Énumère le Noiraud en fixant ses doigts qui comptent chaque petite chose dite.
_ Ma couleur est le Doré depuis peu et certes je n'ai jamais étudié l'art mais à cause de cette année passée, pas mal de chose me sont restées en tête. Pour le reste, c'est à peu près correct. Assure Hadès en soulevant le drap et en attrapant de nouveau une mèche de cheveux foncés et qui ne voit pas de main le repousser. Je ne crois pas changer de ce que tu connais, je suis tel que j'étais sur terre.
_ Vraiment ? Questionne encore et encore Rin qui n'a de cesse de poser des questions. Pourquoi le Doré ?
_ Parce que c'est la tienne, sourit l'Ebène en toute discrétion et en soulignant de son doigt les yeux de son cadet.
_ Hadès-san… …sama ? Comment est-ce que je dois t'appeler ? Interroge Tomura alors que sa main gauche vient se poser sur celle de son aîné.
_ Comme d'habitude. Tu n'as rien à changer. Oublie tout ce qu'on a pu te dire, autant que les menaces que tu as reçues. Parle maintenant Hadès de sa voix rauque. Je sais que Thanatos et Hypnos t'ont parlé et tu ne dois pas avoir peur d'eux.
_ Ils ne me font pas réellement peur et je comprends qu'ils veulent te protéger tu sais. Après tout tu es…, comment dire, cherche Rin alors que son nez se retrousse légèrement. C'est craquant.
_ Ils me sont fidèles c'est vrai mais s'ils essaient de t'éloigner de moi, ils en paieront le prix. Gamin, regarde-moi, je te veux à mes côtés mais je ne veux pas te contraindre à ça. Explique le plus âgé de façon honnête et trop franche.
_ Tu es stupide Hadès-san, grogne Rin en laissant la couette s'échapper de sa tête. Je ne me sens pas obligé d'être là et encore moins emprisonné ou autre. Je suis juste un peu chamboulé… . Tout ça, c'est nouveau pour moi mais je ne veux pas te perdre Hadès-san. Confesse le Noiraud en se relevant petit à petit et en laissant ses mains se déposer de part et d'autre du visage de son vis-à-vis. Même si, tout ce que je sais sur toi depuis des années n'est pas vrai, je suis tombé amoureux de toi et de ta façon d'être. Froid ou asocial, horrible ou trop franc, je ne veux pas que tu donnes ça à quelqu'un d'autre. Souffle-t-il avec ces sortes de papillons dans le ventre. Je veux être à tes côtés et … …avoir tes mains sur moi, marmonne-t-il sans vouloir être entendu et en rougissant des mots qu'il prononce.
_ Je veux garder mes mains sur toi …avoir ta bouche et ne te laisser à personne. Annonce Hadès alors qu'il se relève doucement et fait basculer Rin sur le lit pour le surplomber. Tu es à moi Gamin. Je te l'ai déjà dit non ?
_ Mh. Alors je veux que tu sois à moi aussi. Demande Rin alors que tout son corps se décontracte et que son visage s'apaise.
_ …Tu es téméraire Gamin. Je t'accorde ça. Répond avec un léger rictus un Hadès qu'on peut voir méconnaissable tant il semble heureux de pouvoir discuter, toucher et regarder son amant.
Un baiser vient sceller ces belles paroles ainsi que d'autres biens plus appuyés. Enfermés dans cette pièce, Hadès fait le choix de s'isoler avec son amant après les multiples conversations qu'il a pu avoir ou plutôt nombreux sujets abordés avec Héra qui l'a arrêté et ennuyé.
L'épouse de son frère lui a rapporté la conversation qu'avaient eue les jumeaux avec Rin, l'échange non-abouti de ce même Noiraud avec Pandore puis, elle-même a émis quelques petits changements qu'ils pourraient apporter à leur relation –à elle et Hadès-. Comme, repartir sur de nouvelles bases, se parler de temps à autre…, se voir pourquoi pas et si le Dieu des Morts n'a rien répondu aux différentes suggestions, il n'a pas non plus repoussé l'effort de sa sœur.
Puis, le dernier sujet était le travail de ce Noiraud, qui lui-même a émis la possibilité de reprendre si cela était possible au dîner de la veille.
_ Hadès-san… j'irais m'excuser tout à l'heure auprès de ta sœur d'accord ? Marmonne alors Rin entre deux baisers impatients et deux caresses bienveillantes.
_ …Je t'accompagnerais.
Au matin elle est déboussolée de ne pas se retrouver dans son appartement ou celui de son amant. Pendant de longues minutes, elle lutte pour se repérer et reprendre ses esprits et une fois cela fait, elle épie son Brun encore endormi à ses côtés.
Elle ne le touche pas, ni même ne l'effleure et attrapant le drap pour le traîner à sa suite et se diriger vers la salle d'eau, elle s'étonne d'apercevoir des vêtements à sa taille et à son goût.
Sous la douche, Sheera fait le tri dans ses pensées, dans ses souvenirs et soupire pour évacuer ses angoisses et ses interrogations. Puis, les vêtements enfilés et son compagnon encore endormi, elle a dans l'idée de sortir de cette chambre pour apercevoir d'autres visages même si sa quête n'est pas très fructueuse.
Pendant près d'une heure et le silence l'ayant accompagnée pour la plupart du temps, elle revient vers Dionysos et si celui-ci est tout à fait éveillé, habillé et sur le qui-vive, il n'a jamais été aussi soulagé de revoir cette Blonde que présentement. Oh, il ne lui saute pas dessus et ne la questionne encore moins, cependant, on voit ce sentiment de soulagement sur son visage.
_ Désolé d'avoir dormi aussi longtemps. S'excuse le Brun en voyant sa Dulcinée entrer véritablement dans la chambre, fermer la porte et s'asseoir sur la chaise que le bureau abrite.
_ …Ce n'est rien et puis je t'ai laissé dormir. Sourit gentiment la Dorée alors que son regard dérive lentement.
_ J'aimerais savoir si tu… il serait possible de discuter un peu, maintenant qu'on est seul et reposés. Demande le Dieu qui appréhende un peu même si durant la veille, cette femme au visage d'ange a plutôt bien pris la « nouvelle ».
_ De ton statut, je présume ? Ou alors de ce « monde » ? Se renseigne Sheera qui regarde véritablement son Amant.
_ Oui. Cette année est passé très vite et comme je te l'ai dit, je ne me suis souvenu de tout ça qu'un peu avant notre séparation. S'exclame le Brunet pour prendre confiance en lui. C'est ici que j'habite, pas dans cette chambre mais au domaine des Dieux et pour la plupart d'entre eux, je ne suis qu'un idiot incapable et alcoolique. En même temps, être le Dieu des vignes est un bon prétexte pour boire n'est-ce pas ? Soupire-t-il alors qu'il voit sa justification faire de lui quelqu'un d'inutile et de bon à rien.
_ Dionysos, j'aimerais que tu évites de parler de toi en ces termes. Coupe la Blonde d'un ton ferme. Tu es l'un des hommes des plus soucieux et des plus courtois que je connaisse et ton statut de Dieu ne change en rien tes qualités.
_ Je suis désolé…, je voulais juste… …, débute l'ex-barman en cherchant ses mots. Te préparer à ce que tu pourrais entendre de moi à l'avenir. Confesse-t-il sans autre mot.
_ Peu importe qui te dénigreras, je te défendrai. Personne n'a le droit de juger l'homme que j'aime de cette façon. Grogne Sheera non sans froncer les sourcils et en pestant silencieusement de toutes les mauvaises langues dissimulées.
La mâchoire serrée, Dionysos n'arrive plus à répondre. Il est touché par les mots entendus et qui traversent son cœur sans préparation.
En une fraction de seconde, cette femme l'a fait l'aimer plus fort et si ses mains veulent l'enlacer et la toucher, il n'en fait rien. Il préfère attendre encore un peu, attendre que tout soit dit alors oubliant un instant les mots d'amour qu'il aimerait crier à sa Blonde, il reprend la parole non sans la remercier de le défendre si ardemment.
_ Merci. Sourit finement le Dieu en relâchant légèrement ses épaules. Il faut que tu saches aussi que le monde dans lequel nous étions… était en fait fabriqué de toute pièce pour cette année et qu'il n'est plus à présent. Apprend-t-il et sous-entend pas mal de choses avec cette seule phrase.
_ Ce qui veut dire que… mes amis et mes parents… …très bien. Marmonne la Dorée dans un regard légèrement perdu. Je n'ai donc plus de travail c'est ça ?
_ Désolé.
_ Arrête de t'excuser, tu n'y es pour rien Dionysos et puis ce n'est pas comme si j'aimais mon patron ou quoique ce soit d'autre…, souligne-t-elle comme un trait d'humour plus pour rire d'elle-même qu'autre chose mais cela ne fonctionne pas réellement. …En réalité j'adorais mon travail.
_ Je sais, tu en parlais toujours avec passion, avoue le Brun qui amorce un pas vers son amante. Je ne sais pas si c'est faisable pour l'instant mais tu pourrais peut-être… retrouver un travail plus tard qui sait.
_ J'aimerais beaucoup. Dionysos est-ce que le fait que tu sois un Dieu change beaucoup de choses ? Interroge-t-elle en tombant nez à nez avec son Compagnon qu'elle ne veut pas perdre. Elle a déjà perdu un mari alors perdre son second amour serait pour elle... une torture, rien de plus.
_ Je ne crois pas. A part le fait que je ne vis pas avec eux et que récemment encore, je voulais voir les humains périr.
_ Vraiment ? Tu voulais nous tuer ? Pourquoi ?
_ Pour diverses raisons... Mais c'est du passé puisque j'ai pu les côtoyer dans ce bar que je tenais, apprendre à les connaître et je t'ai rencontré alors…, je n'ai plus aucunes raisons de vouloir leur extermination. Se confesse l'homme en plongeant son regard dans celui de la jeune femme.
_ Penser que j'ai pu changer un Dieu m'emplit de joie. Sourit-elle tandis que de sa main elle attrape la mâchoire de son homme pour lui voler un baiser. Très bien alors aujourd'hui, commençons une nouvelle vie ou plutôt, reprenons là où nous nous étions arrêtés, Dionysos. Assure la Dorée qui se voit être recoiffée par les soins de son Amant.
_ Je suis tellement heureux d'avoir pu te rencontrer Sheera. Jamais je n'aurais cru pouvoir connaître l'amour un jour…, tu fais de moi l'homme le plus heureux. Avoue la Divinité en prenant les mains de la Blonde entre les siennes.
_ J'espère pouvoir continuer dans ce cas.
Des sourires complices se montrent ainsi que quelques baisers amoureux puis, cachés à l'intérieur de cette chambre, ils continuent de se cajoler jusqu'à être dérangés par des frappes à la porte. Des coups insistants et coriaces qui font interrompre les deux Amants.
C'est l'ex-Barman qui ouvre et s'il est surpris de voir Himiko devant lui, il l'est encore plus en la voyant seule et sans Poséidon à ses côtés. Puis, la Brune s'excuse avec une phrase assez étrange « Désolée de vous déranger mais j'aurais besoin de Sheera. Ensuite, je vous laisserais me faire un petit garçon pour tenir compagnie à mon enfant. »
La phrase fait évidemment rougir le Blonde qui gronde son amie mais ce qui est le plus marquant c'est sans doute les rougeurs sur le visage d'un Dionysos qui voit cette Brunette brûler les étapes de leur couple.
_ Je te retrouve après Dionysos, dit Sheera le plus simplement du monde et en se rapprochant de l'oreille de celui-ci alors même que le volume de sa voix baisse encore. Tu es adorable quand tu rougis, je t'aime.
_ … A tout à l'heure.
Toute la matinée, ils profitent de ce lit et de ce calme à l'extérieur.
Toute la matinée, ils profitent du corps de l'autre dans l'unique but de se sentir bien mais aussi, de s'assurer de quelque chose.
Toute la matinée, ils sont ensemble et personne ne les emmerdes.
Deathmask marque de bien des façons le corps de son amant, se pince lui-même à plusieurs reprises pour « être sûr que » et de même, il fixe souvent ce Vert à ses côtés quand celui-ci n'y fait pas attention.
Ce Bleuté a réussi à avoir ce qu'il voulait. A obtenir une simple chose pour n'importe qui « la vie » et peut s'en rendre compte ce matin même. Et s'il sent son cœur être rempli d'une chose dont il en ignore le nom, il n'en n'est pas moins ravi.
Allongé en croix sur ce lit et habillé, il attend sagement Shura encore dans la salle d'eau et sous la douche d'après le bruit de chute d'eau entendu. Ce Capricorne l'a éjecté de la pièce avec une excuse chiante – « Laisse-moi me reposer », avait-il dit-, voilà pourquoi il se retrouve seul et dans l'attente.
Le Cancer épie le plafond à défaut d'autre chose et si des coups à la porte se font entendre, il rechigne et crie un mot pour que celle-ci s'ouvre d'elle-même.
La tête partant sur le côté, le Bleuté fronce déjà les sourcils mais s'étonne de voir son invité et se relève même pour l'accueillir. Un sourire aux lèvres à présent, il retrouve de son énergie et attrapant le bras du nouveau venu, il attend un temps avant de prendre la parole.
Pas qu'il est coincé ou autre, seulement il apprécie le moment.
_ J'ai quelque chose sur le visage ? Marmonne alors Aphrodite en scrutant son vis-à-vis.
_ Non…, laisse tomber. Se renfrogne déjà le Bleu en soupirant.
_ Je t'ai déjà vexé, désolé d'accord. Maintenant dis-moi, pourquoi tu me regardes de cette façon ? Je ne me moquerais pas tu sais.
_ Je sais… . J'me disais seulement que… que ça faisait du bien de nous voir en vie. Confesse Deathmask d'une voix extrêmement sincère mais droite.
_ Moi aussi ! Tu n'imagines pas à quel point je suis ravi de pouvoir respirer et de pouvoir te parler ! Sourit Aphrodite de plus en plus heureux des paroles entendues et du fait de réaliser ce cadeau offert. Et puis en plus de vous, j'ai Ikki maintenant et je suis véritablement heureux. Alors tu sais Death'…, …merci d'avoir pris la parole devant Zeus pour nous.
_ C'était rien…, c'était même facile. Assure le Bleuté de façon fière et presque hautaine –à son habitude-.
_ Arrête de te la jouer abruti ! Soupire l'ex-Fleuriste non sans repousser sans mal l'un de ses meilleurs amis.
Les deux amis continuent de se chamailler et très vite les rires ou les disputes sont entendus de l'autre côté de la chambre et terminant d'enfiler une chemise et de la boutonner Shura fait une entrée timide.
Par timide, il veut simplement dire qu'il observe avant d'entrer avec fracas puis voyant les deux Bleutés dans ce salon, il les rejoints et chiffonne les mèches du Poisson pour le saluer. Le trio réuni de nouveau, ils se retrouvent comme si l'année écoulée n'avait jamais existé et parlant de tout et de rien, ils restent ainsi durant de nombreuses heures ou dirons-nous plutôt, sans voir les heures passer.
Quoiqu'il en soit, leur « nouvelle vie » est des plus appréciées et des plus joyeuses qu'ils ont eu et même si quelques points sont encore à régler, l'histoire principale, elle, est parfaite.
_ T'es sûr que le Phoenix ne va pas nous haïr ? Suppose Shura qui s'accuse volontiers d'avoir accaparé ce Poisson l'après-midi entière.
_ Sûr…, pas vraiment mais il essaiera peut-être d'être compréhensif s'il s'agit de vous deux, au pire, il vous prendra en combat singulier et vous battra. Scande Aphrodite plus sur le ton de plaisanterie qu'autre chose.
_ C'est quand il veut ! Au moins, j'pourrais voir de quoi il est capable, s'amuse Deathmask qui n'est pas contre un petit combat pour se remettre d'aplomb et en forme également même si de cela, il n'en n'a pas réellement besoin.
_ Je ne pense pas qu'il disait cela très sérieusement Death', marmonne le Vert à son acolyte non loin de lui.
_ J'm'en fous, j'veux me battre contre lui ! J'vais pas laisser Aph' à n'importe qui ! Grogne maintenant l'ancien mécanicien très sérieusement. D'ailleurs, il est où celui-là ? Tu sais ? Demande-t-il à son ami.
_ Il devrait être avec son frère… . Réfléchit le Chevalier du Poisson qui se souvient de sa dernière conversation avec son amant.
_ Super alors j'vais le chercher ! Salut.
C'est la dernière phrase du Cancer avant de disparaître derrière la porte et de laisser son ami et son amant en tête-en-tête. Un questionnement est fait puis Shura assure qu'il doit laisser faire ce Bleu qui n'écoute jamais personne.
Seuls, leur discussion est moins agitée mais pas moins intéressante pour autant. Les deux sont ravis de leur situation actuelle et s'ils réfléchissent encore au « qui habitera où » cela ne les stresse pas pour autant. Aujourd'hui, tout va bien et peu importe qui ils sont, personne ne peut être triste de ce dénouement assez inattendu et pourtant bienfaiteur.
Toute la matinée durant, Rhadamanthe et Kanon se retrouvent seuls. Pourquoi ? Parce que les enfants de celui-ci ne se réveillent que dans les alentours de midi, là où, ils ne prononcent aucuns mots et se contentent de déjeuner en silence.
Mais avant que cela n'arrive, le Doré a l'occasion de parler avec ce Bleuté et s'ils abordent de nombreux sujets, l'un d'entre eux reste encore indécis. Incertain, cela rend le Blond soucieux, ce qui est dans sa nature. Il n'arrive tout simplement pas à aller à l'encontre de ses pensées pessimistes et cela se voit bien. Pendant un certain temps même, le Chevalier du Gémeau ne dit et ne fait rien jusqu'à ce que le visage de son amant ne se ferme complètement.
Là, il intervient et répond aux questions muettes que le plus âgé se pose.
_ Ils ne vont pas te détester ! Rhad' regarde-moi, nous avons obtenus ce que nous voulions et même si je sais que tu es heureux de cela, je sais aussi que tu as peur de la réaction de tes enfants et c'est bien normal seulement…, ils ne t'en voudront pas. Assure Kanon d'une voix claire et remplie d'espoir.
_ Je sais, du moins je l'espère mais…, je ne veux pas les voir triste… même un peu. Je sais que ce n'est pas réaliste de ma part mais c'est ce que je ressens. Se confie le Doré en levant les yeux au ciel alors qu'il est dans le jardin que personne ne fréquente à cette heure-ci.
_ Effectivement, quoique tu fasses, à un moment donné, ils seront tristes. Amitié, amour, famille, bêtise, chute… ils auront des tas d'occasions de pleurer et tu ne pourras rien empêcher. Constate le Bleuté sans se moquer mais en analysant les faits.
_ C'est assez bien résumé. Je leur dirais s'ils me le demandent, soupire finalement Rhadamanthe qui n'a pas l'intention de cacher quoique ce soit à ses enfants.
_ Sinon Rhad', je peux te poser une autre question ? Demande cette fois le Chevalier légèrement intimidé par ses futurs propos.
_ Je t'écoute.
_ Où allons-nous habiter ? Interroge très sérieusement le Bleu et en reprenant sa phrase pour s'expliquer plus en détails. Je veux dire, je veux vivre avec toi, être tous les jours à tes côtés et près de tes enfants et aux vues de ce qu'on est…, ce n'est pas vraiment compatible alors… …où allons-nous habiter ?
_ Je travaille pour Hadès-sama et toi, pour Athéna alors, je me dis que…, peut-être tu devrais me suivre…, s'imagine déjà le Spectre qui aime cette idée. Je sais bien que ta vie est au sanctuaire mais si c'est possible, j'aimerais que tu me suives. J'y ai réfléchi cette nuit et j'avais trouvé l'idée assez bonne.
_ Pourquoi ce n'est pas toi qui viendrais habiter au sanctuaire ? Se renfrogne le Bleu par automatisme.
_ Je ne peux pas faire ça ou plutôt…
_ Tu ne veux pas, c'est ça ?
_ Oui, je ne me sentirais pas bien et comme une sorte d'étranger et quand j'y pense, j'ai été égoïste de te demander de me suivre. Rhadamanthe ne se sent pas capable de quitter les Enfers ainsi que son Dieu, c'est au-dessus de tous ses moyens. Un trop gros sacrifice en quelque sorte. …Peut-être, qu'on devrait revenir une prochaine fois sur ce sujet et faire comme on faisait sur terre, vivre dans nos appartements respectifs encore un moment.
_ Oui, sinon je crois qu'on pourrait se disputer. Confie sans mal le Chevalier dans un sourire simple mais compris. …Un jour pourtant, on vivra ensemble Rhadamanthe, promis ?!
_ Je te le promets Kanon. Dit le Blondin dans un mot sincère et en attrapant furtivement la main de son amant.
Le sujet clos, ils décident de regagner la chambre qu'ils ont empruntée cette nuit et de là, ils sont accueillis par deux bambins encore ensommeillés et qui réclament un déjeuner digne de ce nom.
La demande est acceptée avec plaisir et si le repas se déroule dans un petit salon à huis clos, tout est très calme. Les bouches pleines ainsi que les estomacs, les deux enfants se réveillent à leur rythme et les deux adultes profitent de ce silence Olympien parce qu'une demi-heure après ce déjeuner presque terminé, les deux plus jeunes se mettent à parler encore et encore. Des rires et des disputes voient le jour mais il n'y a aucune gravité là-dedans, seulement de la joie de vivre et de la bonne humeur.
_ Papa, après on pourra visiter tout ça ? Interroge et montre Hatsuharu curieux de l'endroit et de tout ce dont il se souvient la veille.
_ Oui, on vous montrera tout. Inoué, tu seras de la partie ? Suppose le Père qui connaît déjà la réponse.
_ Oui ! Sourit avec joie la petite dernière qui finit son croissant rempli de chocolat.
_ Vous ne travaillez pas aujourd'hui ? Demande ensuite le petit garçon qui s'étonne de voir encore son père et son compagnon à cette heure-ci. Et …on ne va pas à l'école ?
_ Pas aujourd'hui et les autres jours…, disons que ça sera un peu différent à partir d'aujourd'hui, mais je vous expliquerais tout en détail. Assure Rhadamanthe en tapotant le crâne de son fils. Vous vous souvenez d'hier ? De ce qu'il y a eu ?
_ Du méchant monsieur, marmonne la petite Blonde qui a sans doute été traumatisée par celui-ci.
_ Oui, entre autre…, débute le Spectre en alternant son regard sur sa progéniture et qui n'ose même pas leur dire que cet homme est leur « grand-père ».
_ Du fait que vous étiez invisible ? Suppose à présent Kanon pour venir en aide à son Compagnon. Que cet endroit n'était pas comme les autres ?
_ Mh, acquiesce les deux petits d'un même mouvement de tête.
_ Eh bien, disons que … …que… …nous avons déménagé. Improvise le Doré pour que ses mots soient compris des plus jeunes.
_ Vraiment ? Où on est ? Pourquoi ? Et maman ? Demande par vague Hatsuharu et Inoué, en se partageant la tâche plus précisément.
_ Où… c'est encore à déterminer. Commence le Juge qui appréhende. Pourquoi ? Parce que j'en ai été obligé et Kanon également. Quant à votre mère… j'ai besoin de vous dire quelque chose les enfants. Finit-il par dire et même s'il ne le veut pas, il en est obligé. Il ne peut pas les laisser dans le mensonge ou du moins, dans la croyance. Votre maman… votre maman n'est plus là. Il y a eu un accident et elle est montée au ciel. Vous ne pourrez plus la voir. Pour lui, c'est la meilleure façon d'annoncer la chose. Pas que ce soit délicat ou mensonger seulement, dire à des enfants que leur mère n'a jamais réellement existé est inconcevable à cet instant.
_ Comme… …comme Popy ? Bégaie de moitié Hatsuharu non sans laisser sa lèvre trembler de tristesse.
_ Oui, comme Popy. Qui est ce « Popy » ?Un poisson rouge que le petit garçon a eu comme animal de compagnie pendant près d'un an. Je suis désolé les enfants. Je suis tellement désolé.
Rhadamanthe quitte sa chaise pour faire le tour de la table et s'il enlace ses deux enfants le plus fortement possibles, c'est pour récupérer leurs pleurs et leur tristesse. Lui qui, tout à l'heure encore, hésitait sur la façon de dire les choses, face à eux, il ne sait pas leur mentir et il est désolé de devoir annoncer cette nouvelle.
Les cœurs lourds, Kanon les rejoints pour soutenir cette petite famille dont il fait partie à présent et si plus rien de joyeux ne se fait, ça ne compte pas. Peu importe le temps que ça prendra, le Spectre se promet d'être là pour répondre à ses enfants et pour les consoler au mieux, tout comme le Chevalier des Gémeaux.
Le temps est pourtant ensoleillé mais, et si beaucoup de choses bien voient le jour aujourd'hui, tout ne peut pas être parfait.
Reniflements et pleurs, tout cela est pris et récoltés avec soin. Puis dans l'après-midi pour changer les idées de ses enfants, Rhadamanthe prend l'initiative de les faire visiter le domaine des Dieux même si aucun entrain n'est au rendez-vous. La main de Kanon dans la sienne alors qu'il porte Hatsuharu et le Bleuté Inoué, les deux adultes se soutiennent muettement et sans concession. Peu importe les futures épreuves qu'ils affronteront, ils se promettent de rester ensemble et soudés.
_ Je vous aime les enfants, soupire alors par mégarde Rhadamanthe pensif de tout et de rien à la fois. …Toi aussi Kanon…. .
_ On t'aime aussi papa alors reste avec nous, d'accord. Demande le petit garçon en resserrant le vêtement que son père porte.
_ Je ne vous quitterais jamais. Confesse le Juge en fixant son aîné puis en tapotant la tête de sa cadette. Je vous le promets.
Confiants des paroles de leur père, les deux bambins soupirent longuement puis d'un commun accord, ils demandent à être remis à terre pour pouvoir se mouvoir à leur aise. De là, ils marchent devant main dans la main puis, regardant derrière eux, ils sourient –sourire provoqué par Kanon qui répond à la déclaration de son amant un peu plus tôt-, avant de poser une nouvelle question.
Shin est allongé dans son lit il regarde le plafond. A ses côtés se trouve son Soleil qui dort encore profondément. Le soir d'avant ils ont beaucoup parlé et se sont endormis tard. Il sourit en repensant à la joie d'Himiko à la découverte de sa grossesse de quelques semaines. « Un miracle de la nuit de noce » avait lancé à la cantonade la déesse de l'amour. Poséidon et Himiko avaient rougis de gêne.
- Tu penses à quoi mon ange. Apollon vient de se réveiller et est heureux de voir son amant sourire.
- A hier soir. Aphrodite… Ta famille est amusante. Seul ton père fait un peu peur.
- Oui. Il nous fait peur à tous. Et hier… Ma sœur et les autres étaient différents de d'habitude. Ils ne sont pas si amusants et font tous très peur.
- Alors je suis content de ne les connaître que depuis hier. Shin se met à rire surtout quand son Soleil le prend dans ses bras et l'embrasse fougueusement. Quel est le programme d'aujourd'hui ?
- Tu vois ma sœur à quinze heures ?
- Oui.
- Alors restons au lit jusqu'à là. Je veux profiter de toi.
- Idiot on dirait un homme qui me voit pour la dernière fois.
- Tu sais hier…
- C'était hier ! Claque la voix de Shin. Il ne veut pas y repenser. C'est vrai hier il a failli mourir comme le reste de cet univers fictif. Apollon a pris le temps de tout lui raconter avant de dormir. Et au réveil, lui, a pris le temps de tout analyser et accepter. Alors il ne veut plus en parler. Apollon je suis en paix avec ce qui s'est passé. Alors parlons d'avenir.
- Tu m'en voudras si je te dis qu'il me fait peur autant que le passé ? Apollon ne sait pas trop où il en est lui aussi. Je suis heureux d'être ici avec toi mais maintenant j'ai tellement de choses à… Ma famille…
- Je sais, on va faire ça bien, sourit Shin. Je suis sûr que beaucoup sont comme toi.
Plusieurs coups à la porte les font sursauter. Shin va ouvrir et tombe nez à nez avec Dionysos l'homme se gratte la tête.
- Pardon de déranger je ne sais pas si je… Tu vois… Je ne veux pas gêner.
Shin éclate de rire et agrippe le bras du dieu pour le fait entrer de force dans la chambre. Là, il referme la porte derrière eux et le tire jusqu'au lit où Apollon est toujours installé, maintenant assis. Il pousse Dionysos sur le lit et regarde intensément les deux hommes.
- On est tous en vie et on va bien ! Vous nous avez sauvés ainsi que l'humanité et je suis ravi qu'on vous ait fait changer d'avis mais maintenant arrêtez. Je ne sais pas comment était votre vie avant mais aujourd'hui vous êtes liée l'un à l'autre et aussi à d'autres personnes. Camus restera toujours votre ami et vous serez toujours frères. Alors arrêtez d'hésiter de parler, de bouger, d'aller vers les autres. Vous croyez être les plus à plaindre ? Rhadamanthe doit être en train d'expliquer à ses enfants que leur mère est morte. Vous pensez à Inoué et Hatsuharu et ce qu'ils ressentent. Nous on a la chance d'avoir la personne qui compte le plus pour nous pour nous soutenir. Alors cessez d'être si peureux.
- Pardon Shin, tu as raison. Dionysos tourne son regard sur son frère. Apollon tu comptes rester au lit toute la journée ?
- Oui pourquoi ?
- Himiko est venu chercher Sheera et je pense qu'elles en ont pour des heures. On déjeune ensemble ?
- Bonne idée ! S'exclame Shin. Moi j'ai faim.
Le roux se lève en maugréant « si vous vous y mettez à deux » et part dans sa salle d'eau. Shin échange encore quelques mots avec Dionysos avant de le rejoindre.
Une demi-heure après, les trois hommes entrent dans la salle de restauration. Ils y trouvent plein de dieux et déesses et aussi leur ami Camus et ses maris. L'homme leur fait signe de les rejoindre.
- Arthur n'est pas avec vous ? Demande le dieu des vignes.
- Non, il dort encore et avec la journée d'hier et la nuit on a préféré le laisser faire, explique Shion dans un grand sourire.
- Vous avez raison, j'aurais aimé faire pareil, soupire Apollon. Mais on m'a obligé à sortir du lit.
- Dis plutôt qu'on t'a forcé à sortir de ta cachette, rétorque Shin.
- C'est vrai que je dirais plutôt ça aussi, rigole Dionysos.
- Oh ! Tu n'es pas plus à l'aise que moi ? Grogne Apollon mécontent.
- Au moins toi on ne te regarde pas comme un alcoolique inutile, crache Dionysos en montrant certains regards curieux et insistants vers lui.
- Mais non, ils voient juste qu'ils ont été idiots de te juger à ton statut sans apprendre à te connaître. Car ils ont vu que tu étais une superbe personne et que tu as su ravir le cœur d'une belle jeune femme intelligente.
Camus et Shin ont parlé d'une seule voix, sans se consulter. Non, ils ont juste dit ce qu'ils ont sur le cœur et assez fort pour gêner les idiots. « La voix de la raison » pensent tous les autres hommes du groupe avant de rire de bon cœur.
- Merci, je vois que comme Sheera vous êtes prêts à me défendre.
- Les amis sont faits pour ça ! Déclare Camus.
- Vous voyez ! Je vous l'ai dit ! Vous n'avez rien perdu et tout gagné, alors souriez et parlons d'avenir.
- Himiko nous a dit qu'elle voulait que Sheera et moi ont fasse un garçon pour tenir compagnie à son -enfant.
- Oui pour notre « fille », ne me demandez pas pourquoi mais j'aimerais avoir une fille. Poséidon vient de s'asseoir en face d'eux à la table et s'installe pour déjeuner avec eux.
- Oncle Poséidon, murmure Dionysos un peu troublé par son arrivée.
- Poséidon suffira. Nos femmes sont amies et je pense qu'elles vont passer beaucoup de temps ensemble donc on va se croiser souvent alors faisons fi de certaines règles. On l'a bien fait cette année. Ma femme nous l'a demandé à l'anniversaire de Camus. Et puis ta femme sera sûrement la marraine de notre « fille ».
- Et si c'est un garçon, hasarde Shin.
- Je compte sur toi pour lui apprendre plein de choses, car tu seras sûrement son parrain. Poséidon s'amuse des rougeurs de l'humain et reprend. Ou peut-être Camus. Au fait Himiko te considèrent comme un faiseur de miracle. Alors s'il te plaît fait que j'ai une fille.
- Ça je ne peux pas…
- Je sais, ne t'inquiète pas.
Poséidon éclate de rire ce qui entraîne le regard d'autre dieux. Mais lui s'en fout.
A un moment Shin agrippe la main de son amant et déclare.
- Nous, on veut deux ou trois enfants. On va se marier et adopter comme vous, dit-il en regardant les trois chevaliers d'Athéna. Vous nous avez inspirés.
- Un vrai faiseur de miracle, rigole encore Poséidon. Je vous félicite et je suis heureux pour vous.
Tous disent la même chose. Le reste du petit déjeuner continue ainsi entre piques, rigolades et espoirs pour l'avenir.
Assis depuis une heure près de la fontaine Arthur soupire. Une main dans l'eau il joue avec celle-ci. Il s'imagine en train de la transformer en glace comme son père. Hier soir il a appris bien des choses sur ses pères et sur ses nouveaux amis. Cela ne l'a pas dérangé, non ce qui le dérange c'est…
- Tu es seul ?
- Oui. Il observe la jeune femme devant lui. Brune aux yeux bleus, dans une robe bleu pâle. Son sourire est magnifique. Tu es Ilithye la déesse des enfantements.
- C'est bien ça. Tu as déjà retenu mon nom ?
- Oui, tu as annoncé une bonne nouvelle à une dame bien alors j'ai retenu. Arthur la regarde, celle-ci attend quelque chose. Tu veux t'asseoir avec moi ?
- Oui et j'aimerais savoir à quoi tu penses ? Tu as l'air si triste, tu as perdu quelqu'un ?
- Non je n'avais rien là-bas. C'est compliqué. Je…
- Tu sais parfois parler à un inconnu aide.
- Je suis heureux tu n'as pas idée à quel point. Dans l'autre monde j'étais un môme rejeté par tous. Et celle qui m'a aidé venait de mourir. Seuls mes pères et mes amis ici présents, les chevaliers d'Athéna m'ont tendus la main. Alors vivre et savoir que je peux rester avec eux me rend si heureux. Je n'ai perdu personne et je n'ai aucun regret mais…
- Oui. Ilithye prend sa main dans la sienne avec délicatesse, elle a retenu qu'il n'aime pas être touché. En faisant ainsi elle l'incite à parler car elle veut le connaître plus. Le soir d'avant elle l'a vu heureux et triste à la fois et surtout curieux de tout. Il a même fait l'effort de se souvenir de son prénom. Elle le trouve intriguant.
- Par rapport aux autres ai-je le droit d'être si heureux ? Même s'ils paraissent heureux ils doivent pleurer quelqu'un et Inoué et Hatsuharu. Je ne peux qu'imaginer leur perte.
- Moi aussi. Nous les dieux, nous n'avons pas ce genre de perte. Je comprends ce que tu ressens. Mais je pense qu'ils ne te jugeront pas mal si tu montres ton bonheur. Ils savent que ta vie n'a pas été facile et que tu as droit au bonheur. Alors, soit toi-même.
- Je les ai écoutés me raconter leur vie et j'aimerais moi aussi être utile.
- Tu as peur du sang ?
- Non.
- Alors aide moi. Je cherche un assistant. Ilithye voit le visage de son vis-à-vis se figer. Euh pardon je…
- Aider les femmes à accoucher ? Arthur fait un signe de main disant à la jeune femme qu'il réfléchit. Alors après un long moment de réflexion il répond. Pourquoi pas ? Et apprend moi aussi tout ce que tu sais sur la médecine.
- Tu veux devenir médecin ?
- Oui. Ils sont tous soldats mais j'en ai entendu aucun parler de médecin ou soigneur. S'ils doivent repartir en guerre je veux être à leurs côtés et pouvoir leur donner les premiers soins. Ils devraient ne pas mettre autant leur vie en danger. Même si j'aime Saori... Athéna et les humains, leur vie aussi est importante. Je me dois de les sauver comme ils m'ont sauvé.
Deux bras viennent enlacer le jeune homme qui se raidit de la chose. L'homme souffle quelques mots à son oreille et il se détend.
- Papa ?
- Je le pense Arthur. Je suis fier de toi. Je serais ravi d'avoir un fils médecin mais tu peux devenir qui tu veux. Même si tu vis avec nous au sanctuaire, tu n'es pas obligé de devenir chevalier ou de travailler pour Athéna.
- C'est ce que je veux faire, déclare haut et fort Arthur.
- Alors je t'aiderais, s'empresse de dire Ilithye dont la main serre encore celle du jeune homme.
- Moi aussi, sourit Apollon. Mon fils Asclépios était le dieu de la médecine et je suis aussi un peu le médecin des dieux, maintenant qu'il nous a quitté. Alors je t'apprendrais aussi tout ce que je sais.
- Merci Apollon-san.
- Les amis sont faits pour ça, sourit le dieu Solaire en se souvenant des mots de Camus moins d'une heure auparavant.
Tous les adultes rient. Et Arthur s'aperçoit que Camus est accompagné de ses deux autres pères et d'Apollon, Shin, Dionysos et Poséidon.
L'adolescent sourit et prend Camus dans ses bras. Il se tourne ensuite vers la jeune déesse et sourit de toute ses dents.
- Ilithye je suis l'homme le plus heureux au monde. Ma vie est comblée, alors, faisons du bon travail ensemble.
La jeune femme lui rend son sourire en le prenant dans ses bras.
