Troisième année d'étude

Ils n'avaient jamais parlé de sexe. Louis savait qu'Allénore évitait le sujet, par gène, et ça le faisait rire autant que ça l'intriguait. Pourtant, leurs câlins étaient toujours plus longs, plus sensuels… Ils y allaient étapes par étapes. Il l'aimait. Et il l'aurait attendue mille ans.

Ou presque.

Parce qu'il l'aimait et qu'il mourrait d'envie, de désir pour elle. Mais chaque fois qu'il frôlait ses cicatrices, Allénore se refermait comme une huître et devenait maussade. Mais aujourd'hui, elle mordillait ses lèvres et le regardait comme s'il était la plus belle chose au monde, la personne la plus importante à ses yeux.

Et il l'était.

- Tu as froid ?

Louis s'approcha d'Allénore, tremblante, tout doucement et s'empara de ses lèvres, de ses joues, de son menton pour remonter jusqu'à ses pommettes, ses paupières et son front. Il n'avait plus de souffle et les mains d'Allénore, ses mains qui le serraient fort contre elle, comme pour l'empêcher de partir, de fuir, lui donnaient le tournis. Ils se précipitaient l'un et l'autre, comme si le temps leur était compté, cherchant à rattraper les secondes, les minutes, les mois et les années qu'ils avaient perdus. La brune cala sa tête contre le cou du blond qui sentit ses lèvres chaudes et mouillées de ses baisers, effleurer sa peau, du coin de sa bouche jusqu'à son oreille.

- J'ai envie de toi moi aussi, murmura-t-elle, le souffle court.

Ses mots, ces cinq petits mots, il avait rêvé des centaines et des milliers de fois qu'elle les prononce. Son cœur s'emballa dans sa poitrine, il n'arrivait plus à garder la tête froide. Alors il se laissa aller et l'embrassa de tout son saoul, la poussant presque violemment, impatiemment contre le mur. Louis retira le top d'Allénore qui frissonna.

Il n'y avait que Louis. Ça avait toujours été Louis de toute façon.

C'était comme un aimant, comme un centre de gravité. Ils se connaissaient depuis toujours et pourtant, ils avaient passé toute leur adolescence à se chercher, à se taquiner.

Pour Allénore, c'était important, c'était presque palpable dans l'air autour d'elle. Elle ne voulait rien gâcher. Tout était si décuplé avec lui, si réel… Et s'il regrettait plus tard ? Louis sentit l'hésitation d'Allénore et stoppa ses baisers brûlants.

- Qu'est-ce que tu as ?

Il plongea ses yeux dans le velouté des siens, inquiets. Il la connaissait par cœur. Il savait ce que cette expression sur son visage signifiait :

- T'as peur de quoi Allénore ?

- J'attends ça depuis si longtemps…

Il repoussa une mèche de ses cheveux qui gisait sur son épaule nue. Il comprenait ce sentiment. Il était amoureux d'Allénore depuis… une éternité ! Il s'était longtemps voilé la face, pensant qu'une fille comme elle, ne s'intéresserait jamais à un garçon comme lui. Parce qu'Allénore elle aimait la littérature, les poèmes, les musées, le calme, et que lui, il ne tenait jamais en place, adorait le Quidditch, n'aimait pas lire plus que ça, et ne savait même pas qui était Jane Austen avant qu'Allénore ne lui fasse l'éloge de "Northanger Abbey".

Il avait presque réussi à se convaincre qu'il était destiné à n'être que le cousin de ses amis, son tuteur, son ami... Et puis, il avait compris.

Allénore, à travers les cris, les conseils, les petites piques et les sourires qu'elle lui adressait, tout ce qu'elle lui confiait, ressentait la même chose. Elle avait toujours été fascinée par les yeux bleus de Louis, ses sourires en coin, son amour des créatures magiques et tout le reste, tout ce qu'il était. Parce qu'au final, elle adorait le Quidditch elle aussi, surtout quand il regardait les matchs avec elle. Et même quand il jouait, elle l'adorait. Elle avait toujours pris à cœur la moindre de ses remarques, écouté ses observations, ses conseils…

- Tu veux qu'on arrête ? demanda Louis.

Allénore secoua vivement la tête et l'embrassa à son tour, écrasant sa bouche contre la sienne, comme pour essayer de se fondre en lui.

- Et toi ?

- Comment ça « moi » ? sourit-il.

- Tu veux arrêter ?

- Jamais de la vie.

Ils se mirent à rire tous les deux et la tension redescendit. Il posa ses lèvres dans son cou et elle caressa ses cheveux blonds, le sourire aux lèvres. Elle aurait voulu ne former qu'un seul corps avec Louis. Juste pour lui montrer, dans quel état il la mettait depuis toutes ces années. Elle passa ses mains sous son t-shirt, effleurant du bout de ses doigts ses abdos. Il soupira, en déboutonnant le jean de la brune qui se tortilla pour l'enlever. Il l'aida, s'agenouillant face à elle pour remonter le fil de ses jambes. Il s'attarda sur des grains de beauté, juste à l'intérieur de ses cuisses, qu'il frôla du bout des lèvres.

- Désolé pour les cicatrices. Ce n'est pas très beau…, murmura-t-elle.

Il ne les avait même pas vraiment remarquées...

Généralement, c'était le moment où elle se refermait sur elle-même. C'était précisément quand elle disait ce genre de chose, que Louis la serrait dans ses bras, et qu'il la câlinait jusqu'à ce qu'ils s'endorment tous les deux.

Il s'en fichait de ses cicatrices. Elle était belle, désirable, magnifique. Elle était tout ce qu'il voulait. Un nœud se forma dans l'estomac de la jeune femme. Un nœud qui se mit à grandir en elle, quand les mains de Louis s'occupèrent de son ventre qui se contracta. Yeux dans les yeux, ils se dévoraient, dans tous les sens que l'on pouvait donner à cette expression.

Elle rougissait furieusement. Louis ne put s'empêcher de sourire face à cette réaction. Il embrassa ses pommettes et descendit le long de sa gorge. La brune qui retenait au fond de son cœur, tous les gémissements que Louis pouvait susciter en elle ; Il comprit son petit jeu, sa retenue et intensifia ses caresses, ses baisers. Il la regarda fermer paresseusement les yeux et sentit ses ongles s'enfoncer légèrement dans son dos, auquel elle s'agrippait, pour ne pas perdre totalement pieds. Elle se redressa vivement, le surprenant. Louis releva son visage et elle l'embrassa langoureusement, en mettant dans son baiser toute la déferlante d'émotions qu'il lui inspirait. Elle plaça ses jambes entre les siennes, à califourchon sur son corps retenu par les bras de son amant qui l'enfermèrent, la rendant prisonnière de leur étreinte. Ils se mouvèrent ensemble dans une danse qui n'appartenait qu'à eux, sous la symphonie de leur désir. Il l'embrassa pour capturer ce son entre ses lèvres.. Et sous lui, Allénore se tortillait, allant à la rencontre de sa main, avide de son contact, impatiente et insatiable. Il retira leurs derniers vêtements et fondit sur elle. Leurs doigts se mêlèrent. Ils se cramponnaient l'un à l'autre. Allénore n'avait jamais été aussi belle… Et elle était toute à lui, étendue dans son lit, sous lui, nue. Allénore… Son Allénore.

- Je t'aime.

La brune ne lui répondit pas, guidant leurs mains encore entrelacés juste au-dessus de sa poitrine, où battait son cœur à toute allure. Ses yeux chocolat brillaient d'une lueur qui n'appartenait qu'à lui seul. Il était le détenteur de ce feu. Ils s'embrassèrent, chuchotèrent ces mots qu'ils pensaient, qui les unissaient. Ils prirent le temps de se cajoler, de découvrir le corps de l'autre.

La pluie battait fort dehors, et les gouttes d'eau mourraient bruyamment contre les carreaux. Allénore n'entendait que leurs « ploc ». Elle devait se concentrer sur quelque chose, pour ne pas oublier où elle était, pour rester dans ce monde, avec Louis. Ce dernier restait silencieux. Seul le son de sa respiration haletante se faisait entendre. Il contrôlait tous ses gestes. Ses doigts traçaient les routes invisibles de son corps. Il parcourait ses cuisses, ses bras, soulevant ses reins pour être à chaque fois un plus près d'elle. Une tension montait en eux, Allénore et Louis le sentaient. C'était sur le point d'imploser en eux. Les hanches de la jeune femme provocante, donnaient le tournis à Louis. Tout ce qu'elle faisait, les sons, les gestes, étaient un véritable appel à la luxure pour lui. Il était perplexe. Perplexe car personne ne lui avait jamais fait ressentir ça. Ni Helen, ni Oriana, ni Mina, ni Alza. Personne.

Mais il était avant tout heureux, comblé. Il passa une main sous la nuque d'Allénore, rapprocha son visage et l'embrassa avidement. De son autre main, il attrapa ses hanches pour les bloquer. Les mèches de ses cheveux, tombaient sur son front, la chatouillant. Ils partageaient le même souffle.

Leur plaisir, leurs soupirs ne firent qu'un. La cohésion entre toutes leurs cellules ne tenait qu'à cette union charnelle. Ils s'aimèrent cette nuit-là. Ils s'aimèrent comme ils n'avaient jamais aimé personne, avec cette impression d'avoir trouvé la pièce d'un puzzle qui leur manquait à l'un et à l'autre. Ils s'aimèrent si fort, si tendrement que la nuit cueillit avec délice leurs sentiments. Dans les bras de Louis, Allénore se sentit vraiment entière, comme si elle avait enfin le contrôle de son corps, pour la première fois de sa vie. Dans les murmures d'Allénore, Louis se sentit aimé pour qui il était pour la première fois de sa vie. Ils embrassèrent leurs sourires mutuellement, acceptant enfin entièrement ce qui avait été une évidence pour le monde entier.