Merci à Shinory, SuryKat, Blondie81, Julia Lutecia, Wado21, Abby013, Lijovanchan, Elowlie et Turtwig pour vos reviews.

Bonne lecture.

Réponses aux reviews anonymes:

Turtwig: Quel personnage ce Luffy, je l'adore moi aussi ^^


Chapitre 96

Feu intérieur

Sanji se détourna du corps inanimé à ses pieds pour porter son attention vers le sabreur qui arrivait vers lui. Ce faisant, il porta sa cigarette à ses lèvres.

"Il faut qu'on aille voir comment ils s'en sortent au village. Ca me fait chier de le reconnaître mais ces deux connards étaient forts…"

Désormais face à lui, Zoro jeta un regard à l'homme assommé derrière le blond.

"C'était qui ce type ?"

Sanji haussa les épaules tout en tirant sur son mégot.

"Un crétin qui s'est amusé à insulter Amy peu après l'ouverture du resto. Je l'ai foutu dehors et il l'a pas digéré. C'est lui qui m'a attaqué sur Basterl il y a quelques mois."

Le cuisinier examina ensuite le visage égratigné de l'escrimeur qui observait encore celui que son compagnon venait de terrasser.

"Ce gars, c'est celui qui nous est tombé dessus sur Vorgo il y a deux ans, non ?" lui demanda-t-il en avisant l'autre pirate assommé au fond de la salle.

Zoro reporta son attention vers lui.

"Ouais. Il a pas mal évolué depuis ce temps.

- C'est ce que j'ai cru voir. Mais c'est quand même toi qui l'as emporté au final", lui fit remarquer le blond avec un sourire appréciateur.

Le sabreur hocha la tête, jetant un regard instinctif à ses épées à sa hanche.

"Je les ai senties, elles étaient prêtes. Elles m'ont fait confiance."

Amusé, Sanji fourra sa cigarette entre ses lèvres pour essuyer une perle de sang au coin de la joue de l'escrimeur.

"Tu l'as mérité."

A ces mots, Zoro riva son regard au sien et le blond s'immobilisa devant son intensité. Laissant lentement retomber sa main, il sentit ensuite les yeux du bretteur le détailler une fois de plus et une douce chaleur l'envahit. Finalement cependant, le sabreur détourna le regard pour observer leur environnement.

"Ton resto en a pris un coup, cuistot…"

Ramené à la réalité du moment, Sanji jeta un coup d'œil à la pièce avant de grimacer : sa salle était belle et bien dévastée. La plupart des chaises et des tables étaient endommagées et les banquettes étaient brûlées ou abîmées. Le comptoir avait été renversé et la vaisselle était en miettes. Sans compter la baie vitrée totalement brisée.

Le blond soupira.

"Et t'as pas vu l'état de la cuisine... Le All Blue va être inutilisable au moins pendant deux ou trois jours le temps que Franky puisse le retaper, sans compter que tout va dépendre si l'équipe de Tori a réussi à protéger nos réserves de nourriture. La plupart des bénéfices que j'ai faits jusqu'ici vont y passer..."

Pensif, Sanji se baissa ensuite machinalement pour redresser une chaise et lorsqu'il se redressa, il constata que le bretteur observait maintenant sa blessure à la cuisse. Il secoua alors la tête avant de souffler sa fumée au loin.

"La plaie est superficielle, ça ne m'empêche pas vraiment de bouger, lui expliqua-t-il tandis qu'il vérifiait l'état d'une autre chaise. J'en parlerai à Chopper quand on retrouvera l'équipage mais d'abord, je veux dégager leurs sales carcasses de mon resto, ajouta-t-il en lançant un regard mauvais aux deux hommes qui gisaient toujours par terre.

- Tu as utilisé tes mains."

Les doigts du cuisinier abandonnèrent doucement le dossier de la chaise qu'il venait de redresser. Au moment même où il s'était élancé, Sanji s'était douté que son geste ne passerait pas inaperçu aux yeux de son compagnon. Après tout, il s'agissait de l'un de ses principes les plus élémentaires et il était naturel que Zoro lui fasse la réflexion. Mais il n'avait pas envie de s'étendre sur ce sujet, un malaise diffus l'envahissant instantanément à cette pensée. Un jour peut-être, décida-t-il en reprenant son examen de la chaise pour se donner une contenance.

Il haussa ensuite les épaules avec désinvolture tout en récupérant un cendrier pour y écraser son mégot.

"C'était des ustensiles de cuisine et je voulais arrêter de perdre du temps, je ne sais pas comment le vieux s'en sort avec les habitants."

Zoro ne répondit pas et alors qu'il déposait le cendrier sur une table en équilibre précaire à quelques pas, le blond sentit à nouveau le poids de son regard sur lui. Décidant de tenir la ligne qu'il s'était imposé, il fit mine de poursuivre son rangement.

"Quoi ?"

- Je savais pas que tu pouvais manier des lames, cuistot…"

Sanji se figea avant de se retourner vers le sabreur, parfaitement surpris. Zoro le dévorait littéralement des yeux cette fois et le cuisinier avala sa salive, la gorge sèche. En une fraction de seconde, la température était montée de plusieurs dizaines de degrés entre eux et le blond se sentit irrémédiablement attiré vers son amant.

Sanji frissonna. Il n'aurait jamais imaginé que Zoro réagisse de cette manière en le voyant manier des couteaux mais étant lui-même un spécialiste des lames, il aurait dû s'en douter. Son regard enfiévré ne lui laissait ainsi aucun doute sur ses intentions et il s'efforça de garder la tête froide. Dehors, la bataille n'était peut-être pas finie pour tout le monde et ils devaient s'assurer que les habitants et l'équipage étaient sains et saufs avant tout.

"Pas maintenant, tête d'algue. Je sais que… que c'est tentant mais je ne serai pas tranquille tant que je ne serai pas certain que tout le monde va bien."

Le regard de Zoro s'adoucit à ces mots et il hocha la tête, libérant ainsi le blond de son emprise. Ce dernier en profita aussitôt afin d'attraper le corps inconscient de son ancien client et une minute plus tard, Zoro avait chargé l'autre pirate sur son dos pour se diriger vers le Sunny.


Malgré la déception de ne pas trouver leur équipage sur la plage, Sanji fut rassuré en constatant que le Sunny était intact au milieu des autres navires inconnus qui avaient abordé la côte. Un peu partout, des corps de pirates jonchaient le sable et cet aspect laissait deviner que la bataille avait tourné à l'avantage des chapeaux de paille. S'empressant de jeter leurs deux adversaires parmi les leurs, le bretteur et le blond s'orientèrent ensuite d'un pas rapide vers la salle des fêtes du village. En effet, Sanji imaginait aisément qu'une fois leurs attaquants mis hors d'état de nuire, leurs amis avaient donné la priorité à l'aide des habitants. Luffy savait pertinemment que son second et son cuisinier étaient suffisamment forts pour se défendre de leur côté et il était donc logique qu'ils ne les aient pas croisés en empruntant le chemin pour venir jusqu'ici.

Leur hypothèse se confirma une minute plus tard lorsqu'ils arrivèrent en vue de leur destination et le soulagement les gagna définitivement tandis qu'ils notaient le calme des lieux. La victoire venait visiblement d'être acquise s'ils en jugeaient par les corps gémissants ou assommés de pirates le long de leur chemin et les deux compagnons ne purent que s'en réjouir : malgré leur nombre, les envahisseurs avaient essuyé une défaite cuisante, que ce soit au All Blue, sur la plage ou au cœur du village.

Alors qu'il apercevait Ussop, Tori, Elio et Sam devant l'entrée de la salle, Sanji se précipita donc vers eux.

"Est-ce que tout le monde va bien ici?"

Les quatre hommes se tournèrent instantanément vers lui et le visage du sniper se fendit d'un large sourire en l'apercevant.

"Oh, Sanji, tu es là ! Luffy n'était pas inquiet mais j'avoue que je suis rassuré de te voir ! Et ne t'inquiète pas pour nous, on s'en sort plutôt bien. Chopper soigne les habitants blessés dans la salle mais la plupart d'entre eux sont sains et saufs, Zeff et Liam ont assuré ! Au fait, Zoro est avec toi ? s'enquit-il en cherchant le sabreur du regard.

- Oui, on est passé par la plage avant de venir. Comme il n'y avait personne, on a pensé que vous seriez dans le coin.

- On est arrivé il y a une vingtaine de minutes et on a fait le ménage ! lui apprit son ami avec satisfaction. Mais tu es blessé ? remarqua-t-il ensuite en fronçant les sourcils devant le sang qui maculait ses vêtements déchirés.

- C'est rien, juste une petite blessure à la jambe, éluda le blond.

- Ca fait plaisir de vous voir en seul morceau, chef, intervint alors Elio à ses côtés.

- Ces gars étaient plutôt balèzes, approuva Tori d'un air préoccupé. Heureusement que nous n'étions pas seuls, on n'aurait pas pu faire face.

- Ils avaient un discours très agressif en parlant de vous, renchérit Sam en fixant son patron avec inquiétude. On aurait dit une revanche personnelle…

- Leur capitaine nous en a parlé aussi, soupira Ussop.

- Ca y ressemblait, admit le cuisinier. Avec la tête d'algue, on a croisé deux anciennes connaissances qui nous ont donné du fil à retordre au All Blue et le resto a souffert.

- Souffert comment ? voulut aussitôt savoir Elio, soucieux.

- Il n'y a plus une seule table qui tient debout et la moitié des banquettes ont cramé. Quant à la cuisine, elle a presque explosé et il lui manque un mur, leur expliqua Sanji en allumant une cigarette.

- Il sera impossible de rouvrir avant des jours ! réalisa Sam, horrifié.

- On y arrivera, affirma calmement son chef en rangeant son briquet dans sa poche. Le All Blue a accumulé des fonds et on pourra se débrouiller le temps des réparations.

- Vraiment ? s'enquit son marmiton avec espoir.

- Sans problème. De cette manière, Vorgo et tous les autres verront que nous ne sommes pas les faibles proies dont ils pensaient pouvoir se débarrasser si facilement.

- Bien dit, chef ! s'enthousiasma Elio. On a déjà botté le cul de ceux qu'ils nous ont envoyés, ce n'est pas pour baisser la tête maintenant !

- Tu as raison !"

Les deux amis échangèrent un regard brillant de détermination et, laissant ses deux cuisiniers à leur énergie retrouvée, Sanji se tourna vers Tori.

"Comment vont les vergers ? lui demanda-t-il en tirant sur son mégot, plus attentif qu'il ne voulait l'admettre.

- Plutôt bien, les arbres n'ont pas été touchés, répondit son ami. On a juste perdu une partie des vignes à laquelle ils ont mis le feu mais on a réussi à éteindre l'incendie avant qu'il ne se propage. Grâce aux plans que Liam nous a apportés, on a pu se positionner pour les protéger aux endroits stratégiques.

- J'avais peur que vous ne puissiez pas vous rendre sur place, avoua le blond tandis qu'il rejetait sa fumée sur le côté. J'avais dit à Liam que la priorité devait être de protéger les habitants.

- C'est pour ça qu'il est resté avec Zeff une fois que tout le monde a été regroupé dans la salle. Ensuite, c'était plus simple pour nous organiser.

- Au fait, où sont Amy et Lily ? Vous les avez vues ? s'étonna soudain Sanji, les sourcils froncés.

- Elles sont restées avec les villageois dans la salle pour soigner les blessés. Quand on est arrivé, Chopper, Nami, Liam et Malek sont allés les rejoindre, répondit l'agriculteur.

- Et les autres ? voulut savoir le cuisinier en se tournant vers le sniper.

- Ils se sont divisés en deux groupes. L'un pour ramasser les corps des pirates et les remettre sur leurs bateaux avec Luffy, Robin et Zeff. L'autre avec Franky et Brook pour évaluer les dégâts et reconstruire au plus vite. Apparemment, certains pirates possédaient des explosifs et ils s'en sont servis contre les bâtiments…

- Je te le confirme, maugréa le blond en écrasant son mégot sous sa chaussure. Je vais faire un tour pour vérifier que personne n'a besoin de rien, ajouta-t-il ensuite en s'éloignant pour faire le tour de la salle par l'extérieur. Si vous pouviez commencer l'état des lieux de nos réserves, ça m'arrangerait.

- Sans problème, Sanji, compte sur nous !" lui assura le sniper.

Comme il se dirigeait du côté de l'arrière cour vers laquelle il lui semblait entendre des voix, le cuisinier découvrit effectivement Luffy, Robin et Zeff que Zoro venait de rejoindre, tous occupés à rassembler les pirates précédemment assommés aux alentours.

"Sanji, de la bouffe !"

Le blond se décala au passage d'un corps propulsé à toute allure par les bras élastiques de son capitaine qui retomba comme une marionnette sur le tas à ses pieds. Le garçon au chapeau de paille releva ensuite la tête pour adresser un énorme sourire à son cuisinier.

"J'ai faim et il nous faut un banquet pour faire la fête tous ensemble !

- Je ne suis pas contre mais je me dois de te dire que j'ai plus de resto, Capitaine, soupira le concerné tandis qu'il sentait les yeux du vieux cuisinier se poser sur lui. Il va falloir qu'on fasse ça sur le Sunny.

- Oh. D'accord !"

Luffy se remit à empiler joyeusement les corps pendant qu'à quelques pas, Robin activait ses multiples bras pour dégager un pirate pris dans les branches d'un arbre.

"Les dommages sont-ils si importants ? s'informa-t-elle en déposant élégamment l'homme sur le tas prévu à cet effet.

- Hélas oui, Robin d'amour, se désola son ami. Nos ennemis avaient dans l'idée de détruire totalement le All Blue et il n'a pas été facile de le défendre...

- Même le mobilier est foutu", ajouta Zoro en balançant deux pirates devant lui.

La voix grave de l'escrimeur fit sursauter malgré lui le blond qui tenta de n'en rien laisser paraître. Malgré sa résolution, il avait dû faire un réel effort pour rester concentré tout le long du chemin qui les avait menés ici et c'est avec soulagement qu'il s'était dirigé vers Ussop à son arrivée. Sanji ne s'expliquait pas vraiment l'embrasement de ses sens dans un moment aussi critique mais il savait que Zoro était dans le même état que lui et maintenant qu'ils savaient que leurs amis étaient tous sains et saufs, il devenait encore plus difficile de résister à cette attraction.

Tentant de se reprendre, le cuisinier se donc racla la gorge, cherchant l'inspiration. Heureusement, son vieux mentor vint à son secours.

"Au moins, ces crétins ont compris qu'on ne s'attaque pas impunément à nos restos, que ce soit le All Blue ou le Baratie", grogna-t-il non loin de lui en repoussant un autre corps avec sa jambe de bois.

Son ancien protégé hocha la tête d'un air résolu.

"A ce sujet, prépare-toi à rendre une visite à Vorgo. Cette fois, il faut qu'on mette les points sur les i avec eux."

Zeff approuva d'un autre grognement et au même moment, Nami et Chopper sortirent de la salle, visiblement fatigués. En constatant la présence du sabreur et du cuisinier cependant, le petit renne bondit vers eux.

"Sanji ! Zoro ! Vous êtes blessés !"

Le bretteur chancela lorsque le médecin se jeta dans ses bras en voyant son visage égratigné, les yeux plein de larmes.

"J'ai eu v-vraiment peur, ils étaient si nomb-nombreux et f-forts...

- Ce n'est pas trop grave, Chopper, tenta de le rassurer l'épéiste d'un air maladroit. Quelques coupures, rien d'autre. Par contre, le cuistot est blessé à la cuisse...

- C'est vrai ?!"

Le concerné fusilla son compagnon du regard comme le renne sautait des bras de l'escrimeur pour foncer vers lui. En retour, ce dernier haussa simplement les épaules et avant que le cuisinier n'ait eu le temps de protester, le médecin était sur lui.

"Sanji, il faut que je t'examine ! exigea-t-il avec fermeté.

- D'accord mais ce n'est qu'une simple blessure, lui assura-t-il.

- Vraiment ? intervint la navigatrice. On dirait plutôt que tu as perdu beaucoup de sang, ajouta-t-elle en désignant son pantalon rougi.

- Assieds-toi, je vais regarder", conclut Chopper.

Incapable de s'opposer au regard perçant de sa déesse rousse, Sanji capitula et finit par s'asseoir sur les marches menant à la porte arrière de la salle. Le renne ouvrit alors son petit sac et en sortit une paire de ciseaux pour découper son pantalon. Le blond s'en effraya d'abord avant de soupirer en réalisant que de toute façon, ce dernier était fichu. Définitivement dépité, il laissa donc le médecin le mettre totalement en pièces.

"La plaie n'est pas profonde mais elle est assez large, nota-t-il après quelques instants. Je vais la désinfecter et ensuite, je verrais s'il te faut des points de suture.

- C'est toi le doc, Chopper."

Pendant que le petit renne s'affairait, Luffy balança bientôt trois nouveaux corps de pirates qu'il avait ramassés avec son second un peu plus loin.

"On va faire la fête sur le Sunny ! lança-t-il en direction de ses deux nouveaux compagnons.

- Pourquoi pas. Les villageois sont en train de rentrer chez eux et seuls quatre d'entre eux sont blessés plus sérieusement, approuva la navigatrice.

- Il faut prévenir Malek ! s'enthousiasma le garçon au chapeau de paille.

- Il a raccompagné certains habitants avec Lily et Nami, répondit Chopper qui nettoyait consciencieusement la blessure du cuisinier.

- Franky et Brook ont commencé à noter les réparations les plus urgentes mais ils n'ont pas encore fini, ajouta Nami.

- Cela devrait nous laisser le temps de remettre ces individus sur leurs bateaux, nota Robin qui tirait derrière elle les jambes d'un énième pirate inconscient.

- Je crois qu'on a fini, approuva Zoro.

- Je vais prendre Elio et Sam et préparer un repas pour les habitants, intervint Zeff. Dans l'état actuel des choses, le All Blue est inutilisable mais on peut toujours servir un repas chaud dans la cuisine de la salle des fêtes. Certains villageois n'ont plus d'équipement.

- T'es super sympa, papi !" le remercia Luffy avec un grand sourire.

Ce dernier leva les yeux au ciel et contempla le blond qui faisait désormais doucement bouger sa jambe bandée alors que Chopper se dirigeait vers le sabreur qui accepta de se faire examiner à son tour.

"Je vais regarder ce qui peut être sauvé au resto, lui lança-t-il.

- J'espère avoir pu protéger la plupart des aliments stockés dans la réserve mais pour le reste, j'ai de sérieux doutes, admit son ancien élève. Tu pourras pas non plus dormir là-bas tant que Franky n'aura pas donné son feu vert. Le resto peut s'écrouler à tout moment, l'un des murs est tombé.

- Y a de la place sur le Sunny ! proposa aussitôt Luffy.

- Tu ne vas pas le faire dormir dans le quartier des garçons, cet endroit est abominable !" s'indigna Nami.

Celui-ci se gratta la tête par-dessus son chapeau, embêté.

"Oh, je sais ! Y a la chambre de Zoro et Sanji ! Ils l'utilisent pas en ce moment alors tu peux la prendre, ils préfèrent aller dans leur maison pour être tranquilles !" offrit-t-il au vieux cuisinier.

Bouche bée, le blond se sentit rougir jusqu'à la racine de ses cheveux devant les paroles de son capitaine mais heureusement pour lui, Zeff balaya sa proposition d'un revers de la main.

"Et puis quoi encore. Un capitaine pirate, même ancien, ne dort pas sur un bateau ennemi. J'irai chez Elio et Sam, décida-t-il en avisant les deux marmitons qui s'apprêtaient à partir un peu plus loin. De toute façon, ce sera plus facile pour s'organiser.

- D'accord comme tu veux. Mais vous pouvez venir faire la fête avec nous ce soir après le repas, ce sera génial !"

Le vieux cuisinier ne répondit pas et Sanji soupira de soulagement en voyant son mentor s'éloigner. Comme Luffy s'étonnait ensuite devant la hauteur de la pile des corps amassés et que Nami fronçait les sourcils de dégoût, il remarqua que Chopper soignait les estafilades sanglantes que Zoro avait reçues au niveau de son torse et de ses bras. A cet instant et malgré sa préoccupation sincère, le cuisinier constata que son propre corps se rappelait à lui et son impression redoubla lorsque le sabreur intercepta son observation pour le fixer intensément. La chaleur envahit instantanément le cuisinier qui sentit sa respiration s'alourdir en dépit de lui-même. Incapable de détourner les yeux du regard de braise de son amant, Sanji songea avec angoisse qu'à ce rythme-là, il aurait du mal à se concentrer sur quoi que ce soit d'ici ce soir malgré la perspective du banquet qu'il devait préparer.

Finalement, Chopper autorisa le bretteur à remettre son tee-shirt à moitié déchiré et son geste délivra le cuisinier de son supplice. Nami donna alors le signal du départ et Luffy se mit aussitôt à trépigner de joie.

"Je vais prévenir Liam pour qu'il puisse avertir Malek de nous retrouver au Sunny, décida-t-elle. Robin, est-ce que tu peux trouver Brook et Franky ?

- Aucun problème, lui assura son amie.

- Je vais chercher Ussop ! lui offrit immédiatement le blond, ravi de pouvoir s'occuper.

- Non, Luffy et Chopper s'en chargeront, intervint-elle. Toi et Zoro êtes dans un état déplorable, vous avez besoin d'une douche avant toute autre chose."

Comme le cuisinier prenait un air déconfit, la navigatrice se détourna pour se diriger vers la salle.

"Ah, j'oubliais. Je n'ai pas envie d'être témoin de vos regards indécents toute la soirée alors profitez-en pour prendre toutes les mesures nécessaires et revenez uniquement quand ce sera fait", ajouta-t-elle avant de disparaître.

La porte se referma derrière la navigatrice et pour la deuxième fois en quelques minutes, Sanji sentit le rouge lui brûler les joues tandis que le léger rire de Robin ne faisait qu'accentuer son malaise. Pour sa part, Chopper tapota la jambe de Zoro qui se contenta de le dévisager d'un air impassible avant qu'il ne rejoigne Luffy qui courait déjà en direction du sniper, totalement inconscient de l'état de son cuisinier.


"Bordel, j'en peux plus…"

Zoro pressa un peu plus violemment le corps du cuisinier contre le sien, déjà largement essoufflé. Les deux hommes n'avaient pas encore passé le pas de la maison qu'ils s'étaient déjà jetés l'un sur l'autre, avides de pouvoir enfin se laisser consumer par ce désir ardent qui les dévorait depuis un bon moment.

"Une minute de plus et je t'aurais pris contre le mur devant tout le monde, cuistot. Quand Chopper a découpé ton pantalon, j'ai cru que j'allais exploser…

- Tais-toi, espèce d'algue dépravée, grogna le blond en s'agrippant aux muscles des bras de son amant tandis que son dos heurtait la porte d'entrée. T'es ingérable et tu m'as ridiculisé devant les filles !

- Qu'est-ce que j'en ai à foutre, j'arrête pas de t'imaginer avec tes putains de lames et ton Haki depuis tout à l'heure, tu crois que j'aurais pu tenir indéfiniment ?"

Ce faisant, Zoro déboutonna son pantalon d'une main tout en plantant ses dents dans le cou de son compagnon. Sanji étouffa un gémissement de plaisir contre lui et resserra instinctivement sa propre prise sur sa nuque avant de rouvrir brutalement les yeux, le souffle court.

"Bon sang, face de gazon, on est encore dehors ! A-Attends une minute…"

Tâtonnant à l'aveugle pour pénétrer dans la maison, la porte finit enfin par s'ouvrir derrière lui et les deux hommes franchir le seuil en titubant, incapables de s'arracher l'un de l'autre. Sanji atterrit ainsi immédiatement contre la table de son petit salon qui leur faisait face tandis que Zoro le dépossédait violemment de sa veste en même temps que la porte se refermait derrière eux. Tout aussi impatient, le blond arracha le tee-shirt en lambeaux de son compagnon qui le jeta négligemment par terre tout en s'attaquant à la ceinture de son amant, la respiration hachée.

"On… On est vraiment dans un sale état, réalisa le cuisinier en passant sa main dans les cheveux de l'escrimeur parsemés de minuscules éclats de verre. Peut-être qu'on... devrait vraiment prendre une douche avant…"

Pour toute réponse, Zoro souleva son compagnon pour le déposer sur la table et ainsi le contraindre à ne pas bouger.

Une seconde plus tard, il avait déposé ses trois épées sur la surface non loin d'eux.

"Tu rêves si tu crois que je te laisserais t'échapper maintenant que je te tiens enfin", lui souffla-t-il d'une voix rauque à l'oreille.

Sanji eut un hoquet de stupeur autant que de plaisir lorsqu'il sentit le membre dur de son amant rencontrer le sien et il riva son regard à celui de l'épéiste en déposant une main derrière sa nuque tandis que l'autre tentait de le maintenir en équilibre sur la table.

"Putain, Zoro, dépêche-toi…"

Le bretteur se jeta à nouveau sur ses lèvres et, emportés par leur passion, les deux hommes se mirent à haleter au rythme de leurs baisers entrechoqués et de leurs virilités dressées qui frottaient l'une contre l'autre. Sanji sentit ainsi rapidement qu'il perdait la bataille contre ses sens et cette idée lui fut suffisamment insupportable pour qu'il tente de repousser le corps déjà luisant de l'escrimeur contre le sien. Les deux mains en appui contre le bois de la table pour mieux se soutenir, Zoro lui renvoya un regard embrasé et le blond se mordit les lèvres tout en laissant tomber sa tête contre son épaule pour ne pas jouir immédiatement.

"Je veux pas… finir comme ça, tête d'algue. Je veux… en profiter."

A ces mots, le sabreur tenta de reprendre son souffle à son tour et il bougea la tête pour rencontrer le regard chargé de désir du cuisinier qui haletait contre lui.

"Merde…"

L'épéiste se dégagea brutalement de la table et Sanji faillit basculer en avant, surpris par son geste. Sans lui laisser le temps de réfléchir, Zoro l'empoigna ensuite par le bras et le força à monter quatre à quatre les marches de l'escalier menant à l'étage.

Une fois à destination, Sanji crut que l'escrimeur avait changé d'avis et souhaitait utiliser la douche mais avant qu'il n'ait pu s'engager vers la salle de bains, Zoro l'attira brutalement contre lui et le torse de l'escrimeur se retrouva en contact avec son dos. Sanji se mordit les lèvres en sentant le corps brûlant de son amant à travers le tissu de sa chemise à moitié déboutonnée et il fit glisser sa main gauche derrière lui pour tenter de dégager le pantalon du bretteur qui lui pendait toujours aux hanches pendant que celui-ci attaquait violemment son épaule de ses dents.

"Le lit. Z-Zoro, le lit."

L'escrimeur entraina son amant vers l'endroit désigné sans pour autant le relâcher et arrivés devant le matelas, Sanji n'en pouvait plus. Zoro dégagea brièvement son pantalon d'une main tandis que l'autre maintenait le corps du cuisinier qui cherchait également à se débarrasser du sien. Dans la foulée, ils repoussèrent leurs chaussures et Sanji s'avança au milieu du lit pour se saisir du tube de lubrifiant qu'il se souvenait être resté sous l'oreiller. A peine avait-il mis la main dessus cependant qu'il sentit le membre du sabreur dans son dosi et il se redressa brutalement pour s'appuyer contre son amant à genoux derrière lui.

"Fais… Fais-vite..."

Le voix hachée du blond envoya une décharge d'excitation supplémentaire à l'épéiste qui se saisit dans un grognement suave du tube dans sa main pour l'ouvrir d'un geste avant de le presser directement sur son sexe dressé. En un tour de main, il jugea qu'il était suffisamment prêt et dirigea son membre vers l'intimité du cuisinier dont la respiration affolée le rendait fou. Alors qu'il s'approchait doucement, son autre main encercla le ventre de son compagnon pour rejoindre son propre membre et Sanji reposa entièrement sa tête contre son épaule. Incapable de résister plus longtemps, Zoro s'enfonça lentement en lui.

La main de Sanji se referma aussitôt sur l'avant-bras du sabreur qui tentait de le distraire et le blond sentit l'escrimeur ralentir sa progression en lui. La sueur collant ses mèches à son front, le cuisinier prit ensuite de longues inspirations tandis que son amant haletait à son oreille. Finalement, la douleur inévitable reflua et Sanji reprit son souffle, les yeux rivés au plafond.

Cette sensation du corps de Zoro en lui était indescriptible. Cette présence rassurante autant qu'électrisante autour de lui était inimitable. Il avait ainsi fini par mettre un mot sur ce qu'il ressentait. Ou plutôt, une image. En réalité, le blond avait l'impression de se consumer entre ses bras, comme l'essence flambait au contact du feu qui l'embrasait. Chacune de leurs inspirations apportait un peu plus de combustible et chacune de leurs expirations les enflammait davantage. Et ils allaient brûler ensemble jusqu'à ce que tout l'oxygène de ce feu ait été consommé, jusqu'à la jouissance.

A cet instant, Zoro se mit à bouger contre lui et Sanji referma les yeux. Il se laissa ensuite porter par les coups de hanche de l'escrimeur et par ses caresses sur son propre membre qui précipitaient déjà son orgasme.

Le temps lui échappa.

"S-Sanji…"

Le blond se tendit instantanément et sentit son plaisir éclater de toutes parts, incapable de lui résister. Derrière lui, Zoro trembla avant de resserrer son bras autour de sa taille puis de s'immobiliser quelques secondes plus tard. Relâchant enfin leurs muscles, le cuisinier se rendit alors compte qu'il avait enfoncé ses ongles dans le bras de l'escrimeur et il fit bouger ses doigts contre sa peau avant de tourner légèrement la tête vers la droite pour observer la respiration encore rapide de son amant.

"J'ai comme l'impression… qu'on en avait besoin..."

Zoro approuva doucement, dégageant ses mèches blondes d'un geste lent.

"Tant que j'aurais cette image de toi dansant avec tes couteaux, j'en aurais jamais assez, cuistot," lui souffla-t-il ensuite, les yeux fermés.

Sanji sentit sa respiration lui échapper à ces mots. Zoro profitait encore des bribes de son orgasme mais sa tendresse était perceptible à son bras encore solidement attaché autour de son ventre et son air à la fois relaxé et satisfait.

"C'est ma famille qui m'a enseigné le maniement des lames. Mon père biologique pour être tout à fait exact."

Zoro rouvrit brutalement les yeux, visiblement surpris, et Sanji détourna les siens. Il ne savait pas vraiment pourquoi il se confiait ainsi mais la confiance que Zoro lui témoignait à chaque instant depuis son retour y était sûrement pour quelque chose. Sa réserve quant à sa révélation était également le reflet de son respect et le blond décida de reporter son attention vers lui.

"Je n'aime pas… vraiment parler d'eux. Pour moi, Zeff est mon véritable père."

Sa voix n'avait pas tremblé mais le sabreur sembla comprendre son trouble puisqu'il hocha doucement la tête, déposant cette fois un baiser sur son front.

"Ton passé n'a aucune importance, cuistot. Que ce soit avec l'équipage ou ce vieux cuisinier, tant que tu le voudras, ce sera nous ta famille."


Inspiration musicale pour la scène enflammée entre Zoro et Sanji : Fire meet gasoline de Sia.

Quelle aventure pour poster ce chapitre ! La nouvelle organisation que nous oblige tous à prendre ce virus m'a largement déconcentrée…

Préparez-vous de bonnes lectures pour passer ces prochaines semaines ! Et pourquoi pas profiter de l'occasion pour faire vivre ce fandom que nous aimons tant ? Affutez vos stylos et vos claviers, l'écriture vous tend les bras !

Pour ma part, je vous donne rendez-vous dans une semaine et demie.
Prenez soin de vous.