Troisième année d'étude

- Elle m'a toujours offert de supers beaux cadeaux, même quand nous n'étions pas ensemble, geignit Louis.

- C'est vrai, constata Molly. Quand nous étions en sixième année, elle t'a offert ce super livre sur les créatures magiques, celui avec des illustrations trop géniales !

- En septième année, elle m'a emprunté mon livre de contes français.

- Celui que tu tiens de ta grand-mère française ? demanda Molly.

Louis hocha la tête pour confirmer :

- Et elle a entièrement réparé la reliure.

- Tellement mignon, murmura sa cousine. Sans oublier le mobile qu'elle t'a fabriqué en origamis quand tu as emménagé en Roumanie.

Louis jeta un œil aux animaux de papiers qui vivaient au-dessus d'eux. Allénore, au fil du temps, en avait rajouté quelques-uns. Il y avait un Boutefeu chinois par exemple, ainsi que des strangulots, et un bébé sombral.

- Comment je peux rivaliser avec ça ? grimaça Louis.

- Tu peux pas.

- Merci pour ton soutien, fit ironiquement le blond.

- Personne peut rivaliser avec Allénore Rameux ! Elle offre les meilleurs cadeaux !

- C'est vrai…

C'était sa réputation... Molly commença à compter sur ses doigts :

- Albus a chialé toutes les larmes de son corps quand elle lui a donné un bout de cailloux venant d'un lieu de bataille entre certaines tributs de Trolls dont j'ai même pas retenu les noms. J'ai entendu Rose la remercier encore une fois pour le roman dédicacé qu'elle lui a offert à Noël dernier. Même Scorpius adore cette espèce de guirlandes avec toutes ses photos qu'il a prises…, tu sais celle qui est accrochée dans leur salon ? Il y ajoute des photos tout le temps !

Louis opina, se remémorant en effet, Scorpius, en train de mettre une nouvelle photo.

- Et moi…, continua Molly en soupirant. C'est Allénore qui m'a offert une plume enchantée pour que j'écrive mes articles plus vite. Elle est géniale cette plume, je m'en sépare jamais ! Elle corrige toutes mes fautes et écrit toute seule !

Elle le regarda, un sourire moqueur :

- T'es vraiment dans la merde !

Il grogna et Molly compatissante, proposa une idée :

- Offre-lui un bouquet.

- Un bouquet de fleur ça se fane, répondit machinalement Louis.

Puis il se redressa subitement. Il avait trouvé son cadeau parfait pour la saint-valentin ! Il avait hâte d'être la semaine prochaine…

oOo

- Tremblote doit avoir bien grandie ! s'enthousiasma Allénore en slalomant entre les racines des arbres.

- Oui, c'est même une sacrée chipie !

- J'ai hâte de la revoir !

Elle tourna vers la gauche, et Louis lui saisit les épaules en s'esclaffant :

- C'est à droite !

- Comment peux-tu te repérer dans cette forêt ? s'esclaffa Allénore.

- Je ne suis pas une petite tête comme toi !

Elle se retourna vivement, pour lui tirer la langue, en manquant de trébucher sur une racine. Il leva les yeux au ciel, et la rattrapa en plaçant ses mains sur ses hanches. Ils retrouvèrent la clairière assez facilement, et les sombrals les accueillirent, comme s'ils attendaient leur venue. Tremblote s'approcha immédiatement d'eux, les saluant en leur donnant de petits coups de becs affectueux, avant de tourner autour d'Allénore, pour humer la nourriture qui se trouvait à l'intérieur :

- Ce n'est pas pour toi ! lui apprit-elle tout doucement, en parlant au sombral comme un parent parlait à son enfant. C'est pour mon amoureux et moi.

- « Ton amoureux » ? souleva Louis en haussant un sourcil.

Allénore rougit :

- Oui, l'adjectif possessif est peut-être un peu fort, bredouilla-t-elle. Après tout, tu ne m'appartiens pas, je veux dire, tu es à toi, tu fais ce que tu veux de toi, tu es libre de disposer de toi… S'il-te-plaît, empêche-moi de parler plus !

Il explosa de rire, face à sa gêne, et il l'embrassa, sous les cris joyeux des sombrals qui piaffaient, attendant leur nourriture. Louis exauça leur souhait, et leur jeta plusieurs morceaux de viandes et de crudités.

- J'aime bien venir ici ! murmura Allénore.

- Ton visage est bleu, s'inquiéta Louis.

- Ne lance pas de sort pour me réchauffer, se précipita de dire Allénore en se moquant un peu.

Il la bouscula légèrement, sous son rire, alors qu'elle lançait un sort, pour éviter que la neige ne tombe sur eux. Éclairés par le soleil, les flocons semblaient presque être des gouttes de cristal. C'était magnifique…

- J'ai quelque chose pour toi, annonça le blond.

Il sortit de son sac un rosier de roses rouges, dans un pot d'argile bleu. Allénore écarquilla les yeux :

- Tu le planteras où tu veux, l'informa Louis. C'est comme un gros bouquet qui ne fanera jamais !

Allénore lui sourit tendrement, serrant son rosier contre elle :

- T'es un grand romantique dans le fond, souffla-t-elle.

- C'est mon père qui m'a soufflé l'idée. Je devais avoir six ou sept ans…

- C'est adorable.

Elle colla son front au sien.

- Moi aussi j'ai un cadeau pour toi.

Elle sortit à son tour quelque chose de son sac. Une petite liste, un parchemin long comme le bras, qu'elle déplia, et Louis fronça les sourcils. Elle lui tendit, et il l'attrapa :

Liste des raisons pour lesquelles je serai,s oui ou non amoureuse de Louis Weasley et pour lesquelles je devrais me déclarer ou non.

Il la parcourut.

« Numéro 1 « Amoureuse » : il est toujours là quand j'ai besoin de lui.

Numéro 2 « Contre lui dire » : il me voit que comme la meilleure-amie de Rose et d'Albus.

Numéro 3 « Amoureuse » : il se préoccupe toujours de savoir si j'ai réussi, si je vais bien…

Numéro 4 « Amoureuse » : Son sourire

Numéro 5 « Pas amoureuse » : Son sourire. Il est énervant quand il est persuadé d'avoir raison et qu'il a ce petit sourire taquin au coin des lèvres. Ca me donne envie de crier !

Numéro 5 « Amoureuse » : Il m'a offert sa première danse.

Numéro 6 « Pas amoureuse : je ne suis pas son genre »

Numéro 7 « Amoureuse» : quand il joue au Quidditch, j'ai l'impression d'avoir mille papillons dans le ventre.

- J'avais seize ans quand j'ai commencé à écrire cette liste…

- Seize ans ? s'étonna Louis. Et dire que j'étais persuadé que tu ne pensais qu'à Edward…

- J'aurais bien aimé. Ça m'aurait facilité les choses…

Il continua de lire, observant les changements d'écritures, de couleur.

« Numéro 26 « Amoureuse » : il arrive toujours à m'apaiser ». Numéro 32 "Amoureuse" : quand il n'a pas son t-shirt, je me sens bizarre et je déteste ça parce que j'ai l'impression d'être toujours une ado de quinze ans shootée aux hormones. « Numéro 43 « Amoureuse » : Gribouille l'aime beaucoup ». « Numéro 52 « Amoureuse » : il me manque ». « Numéro 64 « Pas amoureuse » : parfois il me ment, et pense que je ne m'en rends pas compte ». « Numéro 75 « Pas amoureuse/ Amoureuse» : il m'a fait monter en haut de la Tour Eiffel alors que j'ai le vertige. »

Il lut, jusqu'à la centième raison.

« Numéro 100 « Amoureuse » : C'est comme ça, je n'y peux rien. »

Et la liste continuait.

- Allénore, je pensais que…

- Que tu avais été le seul à attendre ? Pas vraiment, sourit-elle. On avait sûrement besoin de temps, l'un comme l'autre !

Louis n'avait jamais beaucoup aimé la saint-valentin. Il ne l'avait jamais fêté en fait, parce qu'il n'avait jamais trouvé la personne qui le lui avait donné, cette envie. Il l'embrassa amoureusement, langoureusement. Il replia le parchemin et le serra délicatement contre lui, avant de soupirer, dépité :

- Tu saoules Allénore.

- Pardon ?

Il regretta aussitôt ses paroles. Allénore manquait curieusement de second degré parfois…

- Tu m'offres toujours de super cadeaux et moi je me sens… nul à côté de toi ! Avoua-t-il.

- Tu te fiches de moi ? Rit-elle. J'adore ton cadeau ! J'adore tout ce que tu m'offres !

- Ah oui ?

Allénore sourit doucement. Louis lui avait offert tant de choses... Son aide, pour commencer. Non seulement pour les cours de défense contre les forces du mal, mais aussi dès qu'elle avait besoin, pour tout et n'importe quoi. Il lui avait offert sa première danse, un endroit où elle se sentait en sécurité, des crises de fou rire, des émotions par millier, des sorties, l'opportunité de faire des choses dont elle ne se sentait même pas capable...

- Et puis ce ne sont que des objets. T'es toujours là quand j'ai besoin de toi. Ca vaut plus que n'importe quoi…

Louis soupira encore une fois, en riant :

- Tu saoules vraiment Allénore, à être aussi adorable.

- Je sais, sourit-elle malicieusement.

Il leva les yeux au ciel encore une fois, et quand elle se blottie entre ses bras, qu'elle se mit à réfléchir à voix haute à l'endroit où elle allait planter le rosier, il se dit qu'il en avait de la chance, de l'avoir dans sa vie.