Troisième année d'étude

Louis adorait se rendre à la collocation pour y voir Allénore. Il y dormait même très souvent ces derniers temps. Il se réveilla, émergeant doucement. Il inspira calmement. Il régnait toujours un parfum agréable dans sa chambre, qui lui faisait se sentir chez lui. Les oreillers étaient imprégnés de l'odeur de son shampoing ... Il chercha à tâtons le corps de sa petite-amie, mais ses mains se refermèrent sur du vide. Il se rendit compte que sa petite-amie n'était plus dans le lit. C'était étonnant : Allénore était quasiment toujours levée après lui ! Il quitta sa chambre et se rendit dans le séjour. Albus mangeait le contenu de son bol de céréales en regardant Allénore faire les cent pas devant lui :

- Je ne vais pas avoir le temps de déposer ce colis vers l'Australie pour mon frère, et il faut que je termine ça pour demain, Rose va avoir besoin de mon aide pour un truc…

- Allénore, respire, tu me donnes mal au crâne, geignit Albus.

Le brun se tourna vers Louis, en pointant du doigt Allénore :

- Ta petite-amie : ta responsabilité ! Gère son stress avant qu'elle explose ! l'implora-t-il.

Louis haussa les épaules. Allénore était anxieuse de nature. Il avait appris que la meilleure des choses à faire dans ses moments d'angoisse, c'était de l'écouter verbaliser ses inquiétudes.

- Et j'ai un rendez-vous dans moins d'une demi-heure avec quelqu'un… Et je suis en train d'oublier un truc important ! poursuivit la jeune femme.

- Ça te ressemblerait bien ça, petite tête ! se moqua Louis.

Il accepta la tasse de café qu'elle lui tendait et se leva :

- Je peux me charger de ton colis moi, proposa Louis en l'enlaçant.

Elle approcha son visage du sien et l'embrassa, reconnaissante :

- T'es un amour. Et je t'aime !

- Je sais !

Il soupesa le colis en question :

- C'est super lourd !

- J'ai oublié de lancer un sort pour que le poids soit plus léger… Je refuse de payer l'équivalent d'un mois de salaire en timbres pour ça ! Grogna Allénore.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Ce sont tous les albums photos de ma famille. Je les ai copiés à la demande de mon frère !

- Il y a des photos de toi bébé, petite fille et adolescente, là-dedans ? s'extasia Louis en essayant d'ouvrir le carton.

- Super, montre-nous ça ! demanda Albus en sautillant.

- Même pas en rêve ! s'y opposa Allénore. Et si tu ouvres ce colis Louis Raymond Arthur Weasley, je le saurais.

- A tes ordres, Allénore Constance Jolene Rameaux.

- Bien essayé, mais ce ne sont pas mes autres prénoms !

Et il aurait pu s'abstenir de proposer son aide… Il avait emprunté le téléphone portable d'Allénore, pour appeler la douane, on lui avait dit de contacter La Poste. Alors il avait appelé La Poste, on lui avait dit de passer en guichet. Il était passé en guichet, on lui avait dit d'appeler la douane. C'était à s'en arracher les cheveux. Il était finalement rentré chez lui et avait rappeler la douane.

- Il faudrait voir ça avec les douanes australiennes monsieur ! lui déclara le service des douanes en fin de journée.

Il inspira calmement, faisant son plus beau sourire avant de raccrocher. Il décida de rentrer chez lui. Il n'avait pas assez dormi la veille et son examen de fin d'année approchait à grand pas. Louis allait devoir réfléchir à quelle spécialité il allait choisir… Bien sûr, comme son oncle Charlie, la dragonologie l'intéressait, la fascinait. Mais il y avait tant d'autres créatures magiques…

Il essaya de se concentrer sur un rapport, et de finir de rédiger de son mémoire, qu'il allait devoir soutenir à l'oral pour obtenir son diplôme.

- Louis… ? Tu es ici ? demanda une petite voix à travers la porte.

Il se leva, pour ouvrir à Allénore, toute penaude :

- Tu sais le truc important que j'oubliais…

- Oui ?

- C'était que mon frère venait en Grande-Bretagne et que finalement je n'avais plus besoin d'envoyer le colis… marmonna-t-elle à toute vitesse.

Louis écarquilla les yeux :

- Tu sais que j'ai perdu une journée à entière à essayer d'envoyer ce colis ?

- Désolé, grimaça-t-elle.

- Il n'y a que toi pour oublier ce genre de chose !

- Je vais me faire pardonner ! promit-elle en entrant chez lui.

Elle enleva son manteau et ses chaussures, les faisant valser dans l'appartement :

- Je vais te faire réviser.

Elle prit ses parchemins de cours dans ses mains et commença à les parcourir. C'était fou, ce que la vision d'Allénore en train de lire un cours sur les habitats naturels des créatures magiques de classe XXX, lui donnait des idées vraiment toutes, sauf studieuses…

- Et j'ai commandé des pizzas. Et j'ai aussi enfilé de la lingerie que t'as intérêt à apprécier parce qu'elle me gratte, tu peux même pas imaginer à quel point !

Louis s'esclaffa :

- Tu échanges du sexe contre mon pardon ?

- Ça marche pas ? s'inquiéta-t-elle.

Il aurait du dire non. Mais ça aurait été mentir. Elle était sacrément sournoise parfois…

- Je vais me faire un devoir de te libérer de cette lingerie qui gratte ! plaisanta-t-il.

- Oh et j'allais oublier ! ajouta Allénore. Si tu as le temps, et l'envie bien sûr…

- J'ai très très très envie !

Il commençait déjà à soulever les pans de son t-shirt, tout content :

- Laisse-moi finir ! siffla-t-elle en s'installant sur ses genoux alors qu'il avait prit d'assaut sa gorge en la couvrant de baisers. On peut manger avec Christophe demain.

Louis suspendit son geste et la renversa sur le canapé :

- Avec plaisir !

Le lendemain, ils se rendirent dans un petit restaurant, dans lequel Allénore avait donné rendez-vous à Christophe. Louis ne l'avait jamais vu, et il appréhendait un peu. Il le repéra vite. Christophe était un homme assez malingre, contrairement à ses sœurs qui étaient toutes en formes, avec des cheveux mi-longs et bruns. Des ondulations souples, de bronzes, chatoyantes. Il avait les même yeux qu'Allénore, les mêmes cils épais, et les mêmes taches brunes sur le nez. Ils se ressemblaient beaucoup.

- Louis, voici Christophe, Christophe voici Louis, commença Allénore en français. Louis est mon…

Louis et Christophe la regardèrent bafouiller. La premier en souriant, le second en haussant un sourcil, un peu amusé :

- C'est mon petit-ami ! Arriva-t-elle enfin à articuler.

- Enchanté Louis !

Christophe lui broya la main, et Louis grimaça intérieurement. Il observa le frère et la sœur se câliner et cela l'étonna, parce qu'il savait qu'Allénore était loin d'être une personne tactile. Christophe murmura quelque chose à son oreille et elle éclata de rire. Ils se mirent à parler très vite, et même si le français de Louis était parfait, il avait du mal à suivre, tant l'aîné et sa cadette débitaient des mots à toute vitesse. Elle était à l'aise, totalement elle-même, comme si elle était libérée de tous ses secrets. Elle n'était jamais comme ça, même avec Rose, Albus et Scorpius. C'était étrange. Parce que c'était Allénore, sans être tout à fait Allénore…

- Oh j'ai oublié les albums photos ! s'excusa tout à coup Allénore.

- T'es incroyable ! s'écria Louis en les sortant de son sac. Heureusement que j'y ai pensé !

Le regard de Christophe s'adoucit. Il fallait le comprendre… Allénore était sa petite sœur, et elle avait déjà bien assez souffert comme ça. Il était content, qu'elle ait trouvé une personne qui la connaissait assez pour savoir qu'elle était tête-en-l'air à ce point. Christophe, accepta les albums et se mit à les parcourir :

- Tu étais si mignonne enfant ! commenta-t-il en désignant une photo d'Allénore, en danseuse.

- Tu as fait de la danse ? s'étonna Louis.

- Un peu qu'elle en a fait ! se mit à rire Christophe. Maman pensait que ça l'aiderait à coordonner la partie droite de son corps avec la partie gauche.

- Ca n'a pas très bien marché !

- Eh ! s'injuria Allénore. J'étais très douée !

- C'est vrai, approuva Christophe.

- Je n'en doute pas, murmure Louis.

Allénore rougit, et Louis l'observa, les yeux pétillants, devinant ses pensées... Lui aussi, il se remémorait leurs séances de danse anti-stress quand ils étaient à Poudlard...

Le repas se passa bien. Louis eut l'occasion de pratiquer son français et Christophe était de nature assez sympathique. Il lui posa des questions sur les créatures magiques et Louis y répondit avec enthousiasme, sous le visage concentré de Christophe, qui n'en perdait pas une miette. Puis, ils se remirent à commenter certaines photos.

- Dis-moi Christophe… Quels sont les autres prénoms d'Allénore ? demanda finalement Louis.

Christophe s'étouffa avec son morceau de pain :

- Ça, je ne te le dirai pas. Allénore me tuerait !

- Dans d'atroces souffrances, ajouta cette dernière.

- Allez ! insista Louis. Ça ne peut pas être pire que moi !

- Le premier est passable ..., fit Christophe, penseur.

- Et il restera secret ! couina Allénore.

Louis posa son regard sur elle et éclata de rire à cause de sa petite moue boudeuse. Christophe les observa : ils étaient faits l'un pour l'autre… Il se demanda si sa sœur s'était totalement ouverte à Louis, et espéra qu'elle l'ait fait. Les fantômes, ça hantaient quelqu'un pour toujours, et Allénore les avait combattu seule trop longtemps déjà…


NOUVEAU CHAPITRE DE "Nos citations" sur Louis et Allénore o/