Hello !Voici la suite, attention chapitre pas corrigé !
Chapitre 106 : Le calme avant la tempête
Tiana et Théa laissèrent les jumelles se retrouver et Théa serra sa cousine contre elle de toutes ses forces. Tiana ferma les yeux et profita de l'étreinte. Un peu plus loin, Regulus et George discutaient entre eux.
- On aurait dû s'en douter. Viktor avait clairement montré son désaccord à la laisser derrière.
Regulus eut un gros soupir, mais ne put s'empêcher de sourire en voyant les retrouvailles des deux cousines.
- Je suis désolée d'avoir douté de toi, murmura Tiana. Quand j'ai appris pour Théodore… J'étais perdue et…
Théa se détacha un peu et la regarda avec un sourire, posant la main sur la joue de sa cousine avec tendresse pour essuyer une larme perdue.
- Je comprends, Tiana, crois-moi, je le comprends.
Théa ferma un bref instant les yeux pour chasser Rabastan. Elle ne voulait pas en parler. Pas maintenant ou elle s'effondrerait et les combats n'étaient pas finis. Quand elle rouvrit les yeux, Tiana sembla comprendre mais respecta son silence, lui jetant seulement un regard profond. Regulus interrompit leur connexion en venant serrer Théa contre lui.
- Peux-tu seulement me pardonner tout le mal que j'ai pu te faire ? Murmura-t-il.
- Bien sûr que je le peux, oncle Reg. Tu ne savais rien.
Regulus la serra un peu plus fort contre lui.
- Tiana a fini par me le montrer.
- Je sais. Je comptais là-dessus. Je n'aurais pas réussi à continuer de t'affronter.
- Ton père a trop déteint sur toi, tu es aussi calculatrice que lui. Et c'est un compliment que je te fais.
- Sauf que lui a tenu son rôle jusqu'au bout alors que moi…
- Tu as sauvé l'espoir du monde sorcier.
- Regulus. Promets-moi… Promets-moi que si cette guerre s'arrête… Si on gagne… Je pourrais enfin lui dire la vérité. A Harry. Je… je ne supporte plus de lui mentir.
Théa éclata en sanglots et Regulus se rendit compte à quel point le fardeau qu'ils lui avaient tous mis sur les épaules était dur à porter. Depuis toute petite, elle avait toujours dû ignorer ce lien qui les unissait et c'était trop.
- Je te le promets, Théa. Je ferai tout pour que tu puisses le lui dire.
Aucun des deux ne se doutait que Harry était déjà au courant.
George prit Tiana dans ses bras sans rien dire. Pas de reproches, pas de remontrances.
- Excuse-moi, finit-il par lâcher. J'aurais dû t'écouter. J'aurais dû savoir que… Tu aurais besoin de venir.
Tiana eut un sourire et se serra contre lui.
- Le plus important c'est qu'on est ensemble.
George posa la tête sur la sienne et la berça un petit peu. Il se sentait revigoré par l'arrivée des Serpendaigle, tous ensemble. Comme tout le monde dans la pièce.
Minerva les regardait tous avec émotion, au bord des larmes. Enfin, après presque un an, ils étaient enfin tous réunis. Ses enfants. C'était ainsi qu'elle les voyait, même Silver. Ils s'étaient égarés, s'étaient détournés du chemin, mais ils étaient là, avec eux. Ils combattraient avec eux et ils étaient une force à ne pas négliger.
Tiana sursauta quand Ginny sauta sur elle pour la serrer dans ses bras. Choquée, elle eut un regard surpris alors que le reste des Weasley regardait la scène avec tendresse en souriant.
- Ginny ?
- Je suis contente que tu sois en vie. Et tu es de notre côté. Je ne comprends pas tout, mais… Tu es avec nous. Tu n'aurais pas vu Harry ?
- Je l'ai croisé, mais… il est reparti.
Ginny eut un soupir déçu et alla saluer les gens qu'elle connaissait et aida Pomfresh.
Regulus s'assit à côté de Severus et regarda tout le monde se retrouver, soigner les blessés, se préparer aux prochains combats.
- Tu m'en as fait, mon ami. Je ne t'en veux pas, je comprends que tu aies tout endossé seul. Te connaissant, je sais que tu t'en veux pour les filles, bien que je ne sache pas tout ce qu'il s'est passé. Si tu les voyais, Sev…
Regulus essuya une larme qui roulait sur sa joue.
- Ils sont tous réunis, enfin… Alors tu as intérêt à revenir. Parce que si tu abandonnes, je ne sais pas comment je ferai pour tous les remonter.
Il prit brièvement la main de son ami dans la sienne et la serra légèrement.
- Repose-toi. Tu en as assez fait. On s'occupe du reste.
Regulus se releva et alla apporter son soutien à Tonks. Drago était à part, un peu perdu dans tout ça. Il eut un bref sourire en apercevant au loin Astoria Greengrass, la sœur de Daphné. C'était à elle qu'il pensait à chaque torture, à chaque mort, mais il ne fit pas un pas vers elle. Elle l'aperçut et lui fit un bref sourire de son visage marqué. Il sourit en retour, un peu gêné.
Le blond se leva en voyant que Théa et Tiana étaient ensemble. Il les serra contre lui en s'excusant.
- Je suis désolé de n'avoir rien fait pour vous deux.
Cela confirma ce que Tiana pensait concernant Théa, mais elle n'en dit rien. Elle savait combien c'était dur d'en parler et ne la forcerait pas.
- Tu m'as aidée à fuir, dit Théa. Je sais que c'est toi qui as convaincu tes parents.
- Je n'ai pas eu à insister longtemps. Je ne les ai pas retrouvés dans la bataille…
- IL doit les garder auprès de lui comme il l'a fait pour Severus et Ariana.
Drago acquiesça, la gorge nouée, et les serra encore un peu contre lui. Ca lui faisait un bien fou. Être du bon côté, du côté du bien, auprès de ses amies.
George et Percy regardaient l'échange de loin. George était loin d'être jaloux. Tiana lui avait confié que Drago était l'un de ceux qui l'avaient le plus aidée. Percy était un peu surpris mais savait que Théa était proche de Drago au manoir.
Les deux Weasley s'approchèrent du trio de Serpentard et posèrent les mains sur les épaules de Drago qui se sentit menacé un bref instant.
- Merci, vieux, finit par dire George.
Percy lui sourit.
- Avec tout ce que j'ai fait à tout le monde, pourquoi vous êtes tous si gentils avec moi ?
- Tu as grandi dans la croyance de ton père. Comment aurais-tu pu faire autrement ? Dit Percy.
- Silver l'a fait, contra Drago.
George sourit.
- Silver fait partie des Serpendaigle. C'est ce qui change la donne. Alors que toi, tu étais ami avec les pro sang-pur.
Drago n'eut rien à opposer à ça. Astoria et Daphné lui faisaient signe plus loin.
- Va les rejoindre, glissa Théa. Ca te donnera l'occasion de parler à Astoria.
Tout leur petit groupe eut un rire quand Drago rougit, chose qu'ils n'avaient jamais pu voir. Il s'installa avec les deux sœurs Greengrass et Adrian et ils parlèrent longuement, Astoria lui souriant régulièrement. Il était très inquiet pour ses parents mais ne pouvait pas faire grand-chose pour le moment. A part attendre que l'heure accordée par Voldemort se finisse. L'avoir trahi lui faisait un énorme bien, mais en même temps une peur intense lui dévorait les entrailles.
Hermione et Ron étaient auprès de Tonks avec Regulus quand la brunette sentit qu'on lui tapotait sur l'épaule. Elle se tourna et eut un énorme sourire en tombant dans les yeux noisette de Viktor. Celui-ci la serra contre lui à lui en casser les os. Hermione ferma les yeux entre les bras du bulgare. Il lui avait tellement manqué !
- Je t'aime, Herrrmione.
Elle le serra plus fort tout en lui répondant qu'elle aussi et Viktor la lâcha pour l'embrasser, se fichant du monde qui les observait.
- Théa, j'ai vu que tu as changé, finit par dire Percy alors qu'ils s'asseyaient tous les deux sur un banc abandonné. Je ne te demanderai pas ce qui s'est passé. Mais qui t'a fait ça ? Demanda-t-il en désignant la cicatrice sur son visage.
- Lestrange. Je t'expliquerai tout quand tout sera terminé. Je sais que je l'ai répété beaucoup de fois les mois derniers, mais c'est une promesse.
Elle leva le bras pour remettre une mèche de cheveu derrière son oreille et la manche de sa cape glissa.
Percy attrapa son bras et fronça les sourcils face à ce qu'il venait de voir.
- Théa…
Elle releva la manche sans rien dire. Percy écarquilla les yeux face au mot Traîtresse écrit en rouge sang sur son bras.
- Qui ? Demanda-t-il, une rage sourde lui dévorant les entrailles.
- Bellatrix.
- Donc mes deux cibles seront les Lestrange.
Il s'était levé et une aura vengeresse semblait émaner de lui. Jamais Théa ne l'avait vu ainsi et elle en fut touchée. Que dire quand elle serait prête à lui dire ce que Rabastan avait commis ? Non, Rabastan était pour Tiana et elle. Toutes les deux l'avaient bien compris. C'était elles qui se devaient d'en finir avec lui. Théa enlaça Percy par derrière et il desserra les poings.
- Percy, c'est gentil de faire ça pour moi. Je t'aime tellement…
Percy se retourna et la fixa d'un regard un peu mouillé. Il posa la main sur sa joue et Théa ferma un peu les yeux.
- Je ne supporte pas qu'on te fasse du mal. Tu as déjà tellement souffert durant cette guerre. Je te promets que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que personne ne te fasse plus jamais de mal.
Théa sourit, rouvrit les yeux et l'embrassa du bout des lèvres. Elle le regarda avec amour.
Jetant ensuite un œil à la salle, Théa se rendit compte que Pomfresh était débordée, d'autant plus qu'on lui amenait des blessés à la pelle.
- Percy…
- Va. Soigne. C'est ta vocation, non ?
Il sourit alors qu'elle l'embrassait une nouvelle fois et suivait Ginny à l'extérieur.
Percy tourna la tête et vit ses deux parents qui venaient vers lui.
- Nous sommes si fiers de toi, lui dit Molly. Adrian nous as dit. Tu as mené un petit groupe de résistants.
Percy regarda vers Adrian qui leva le pouce vers lui. Il eut un sourire en coin et ferma les yeux quand sa mère le serra dans ses bras, Arthur pressant son épaule.
- Je suis désolé. Pour tout, murmura Percy d'une voix emplie de sanglots.
Arthur ébouriffa ses cheveux.
- Tu pensais bien faire. Mais c'est fini tout ça.
Percy referma les yeux et profita de l'étreinte de Molly et Arthur, sa mère pleurant dans son torse.
Fred et Angelina rejoignirent Tiana et George. Fred prit Tiana par les épaules.
- Je suis tellement content de vous compter de nouveau parmi mes belles-sœurs. Ca m'évite d'entendre ce crétin geindre à longueur de journée.
George donna un coup sur la tête de son frère et Tiana éclata de rire. George eut presque envie de pleurer en l'entendant. Ça lui avait tellement manqué ! C'était comme si retrouver les Serpendaigle effaçait tout. Elle le lui avait dit. Il fallait tous les réunir pour qu'elle aille mieux. Elle avait entièrement raison.
- Tu ne sais pas où est allé Harry ? Demanda Ginny à Théa alors qu'elles arrivaient dans le parc.
- Je n'en ai pas la moindre idée, je suis désolée.
Ginny ne répondit pas et les deux filles se décomposèrent en voyant tous les corps qui parsemaient le parc. Tous ces élèves et ces défenseurs du bien morts pour protéger le château…
- On a dit qu'on aiderait Pomfresh à repérer les blessés… Commença Théa.
- Et à rendre les corps aux familles. On leur doit bien ça.
Théa acquiesça et les deux filles se retroussèrent les manches, se préparant à leur lourde tâche.
- Au fait… Bienvenue, à nouveau dans la famille.
Théa eut un sourire pour remercier Ginny. Un coup de vent la fit brièvement se retourner avant de se concentrer à nouveau sur ce qu'elles effectuaient.
Ce coup de vent, c'était Harry qui venait de passer. Il s'arrêta un peu plus loin. Il regarda sa demi-sœur et celle qu'il aimait avec émotion. La tentation était si forte de se révéler, de voler un baiser à Ginny, d'enlacer sa demi-sœur et de la remercier. Mais s'il le faisait… il n'aurait plus la force d'accomplir ce qu'il devait faire. Il les regarda encore un peu, comprenant le fardeau que Théa avait porté sur ses épaules toute sa vie.
- Je vais mettre un terme à tout ça, grande sœur. Murmura-t-il avant de se détourner des deux filles et de continuer sa route vers la forêt interdite.
Dans la Grande Salle, tous se retrouvaient. Profitant du temps qui leur restait avant la reprise des combats. Tiana était entre Regulus et George. Son père n'avait rien dit lui non plus, bien qu'il n'était vraiment pas heureux de la voir parmi eux. George et lui, d'un regard tacite, se promirent de ne pas la quitter d'une semelle et de l'épauler dans ses combats. Tous deux savaient parfaitement quel combat elle allait et voulait mener. Ils ne l'en empêcheraient pas. Mais ils ne la laisseraient pas seule pour l'affronter.
Les blessés avaient cessé d'affluer. Ginny, Théa, Minerva et Pomfresh ne ramenaient que des corps sans vie. Le nombre était conséquent et instaurait la peur pour ce qui les attendait. Les quatre femmes ne purent vider le parc, mais comme l'heure arrivait bientôt à son terme, elles s'arrêtèrent pour se ressourcer auprès de leurs proches. Se ressourcer et se préparer mentalement à la suite des événements.
Théa rejoignit Regulus, Tiana et George.
- C'est la baguette de Sirius ? Demanda Regulus.
- La mienne est restée chez les Malefoy.
- Comme la mienne chez les Weasley, dit Tiana. J'ai celle de maman.
Regulus eut un sourire teinté de tristesse.
- C'est comme s'ils allaient combattre avec nous, murmura-t-il.
- Ils sont avec nous, dit Tiana. Ils ne nous ont jamais quitté.
Regulus sourit à sa fille et retint les larmes qu'il voulait verser.
Silver Bright s'isola lorsque ses amies s'éloignèrent. Il en avait besoin pour faire le point. L'agitation lui faisait tourner la tête et il avait envie de se reposer un peu après tout ça. L'argenté suivit donc discrètement les jumelles du regard depuis une fenêtre à l'étage avant de les perdre de vue. D'un soupir presque soulagé il fit le tour du château. Les dégâts étaient innombrables. Le château ressemblait à un champ de ruines. Une partie était leur faute, de surcroit. Avec Gellert et Ariane, ils avaient déjà bien abîmé la demeure même si c'était maintenant cent fois pire. Il s'en voulait.
Poudlard était leur maison à tous… Et cette maison était un vrai gruyère. Mais il savait qu'ils pourraient tout reconstruire. Que ce soit leur vie ou le château. Rien n'était définitif. Rien n'était noir ou blanc. Il avait eu du mal à le comprendre sérieusement l'année passée mais maintenant tout semblait couler de source. Et malgré ses regrets qu'il porterait toute sa vie, il sentait qu'une nouvelle ère pourrait les accueillir et leur apporter ce qu'il cherchait. Le bonheur de vivre libre et ensemble. De construire leur propre vie. Il s'y acharnerait jusqu'à la fin, tel le digne Serpentard qu'il était.
D'un maigre sourire il se posa sur un banc encore en état et se coucha. Pensant à sa famille qu'il devrait récupérer. Il ne put s'endormir tant le stress lui tenaillait les entrailles mais il ne cessait de sourire en biais, écoutant le calme du vent chaud qu'il sentait lui lécher le visage. Il se promit de tout faire pour que ses amis et sa famille survivent à tout ça !
Oui, ils se retrouveraient tous et pourraient se coucher dans l'herbe sous le soleil d'été pour rire et somnoler joyeusement en écoutant le chant des oiseaux. Les Serpendaigle à ses côtés avec une Ariane heureuse et joyeuse comme avant. Ariana, Tiana et Théa qui riraient sans soucis. Iris qui lui offrirait un vrai premier sourire ! Et ses parents qui le regarderaient sans plus aucun jugement.
Il se sentit bien à l'imaginer. C'était sa grande motivation.
- Dumbledore !
La gargouille s'ouvrit et laissa passer les blondinettes à l'air nostalgique sur le visage. Elles montèrent lentement et se tinrent devant la porte en chêne massif. La dernière fois qu'Ariane l'avait franchi, c'était pour quitter sa vie d'avant. Elle y retournait en ayant à nouveau changé et prit une nouvelle voie. Ce serait sûrement la dernière mais elle était satisfaite car elle s'était trouvée. Comme son père le lui avait dit en lettre, l'adolescence était un monde compliqué où on se cherchait et l'on cherchait une raison à tout. Maintenant qu'elle avait ses réponses, elle put pousser la porte sans regret. La nouvelle Ariane allait arriver sous peu. Une Ariane sûre d'elle et qui se battrait pour offrir la joie aux autres et non la peine qu'elle avait vu à la presque mort de Rogue. Elle ne vivrait plus dans ses regrets et son passé ! Elle allait avancer le torse bombé, assumant toutes ses erreurs et se rachetant aux yeux des autres.
Ariana lui sourit sans lâcher sa main. Elles regardèrent leur père les saluer dans son cadre avec Ariana et Elena. Ils semblaient avoir beaucoup discuté. D'un petit sourire, les deux filles s'assirent au sol, contre le bureau emblématique d'Albus et de leur enfance. Elles jouaient avec leur pendentif d'un regard mélancolique.
- Ahhhhhh, je crois qu'il est temps que tu me dises tout ce qu'il s'est passé de ton côté, commença Ariane. Je veux savoir la vérité. Toute la vérité. Je n'aurais même plus l'ombre d'un doute. Tout s'est envolé dans mon esprit, j'y vois plus clair et je commence à tout comprendre. Ce que tu m'as dit pendant le rendez-vous est limpide. Je veux tout savoir maintenant. TOUT.
- C'était ce que je comptais faire ! Mais d'abord, tu vas toi aussi me raconter tout ce que tu as vécu et ressenti cette année. Je veux savoir. Je veux qu'on refasse cette année en commun de nos points de vue. Et qu'on devienne inséparable à nouveau.
Ariane approuva et soupira avant d'entamer son récit de l'année. Une histoire horrible à entendre et si douloureuse à imaginer. Ariana compatit sincèrement, tenant sa main tout le long. Ombrage, Mandy, leurs combats, leur haine, leurs attaques, leurs hécatombes, leur ressenti, leurs blessures, leur folie… Tout y passa.
- J'ai du mal à imaginer la douleur que j'ai pu produire à d'autres en tuant autant de monde… C'est horrible. Même si c'étaient des Mangemorts ou des ennemis… J'aurais dû m'y prendre autrement. C'était une vraie boucherie avec le Tabou. Ils n'avaient aucune chance…
- C'est vrai que tuer quelqu'un c'est un lourd poids à porter. Ton premier meurtre t'a traumatisée à l'époque. J'en suis persuadée. Même si au fond ce n'était pas vraiment ta faute.
- Tu parles d'Alan ?
- Oui.
Ariane ferma les yeux.
- C'est vrai. J'étais encore jeune et cela m'a marquée à jamais… Mais ce qui m'a le plus marquée, c'est quand j'ai tué mon premier Mangemort intentionnellement. C'était Stan Rocade, le contrôleur du Magicobus. Celui-là même qui nous avait accueilli à bras ouverts dans le monde de la magie lorsqu'on avait onze ans pour se rendre au chemin de traverse… Je m'en veux tellement… Depuis, son visage me hante même si je n'en parle à personne. J'ai honte et j'ai sombré dans la folie pour étouffer ce sentiment en plus des autres. Et puis, une fois que tu as commencé, tu ne peux plus t'arrêter. Il n'y a plus de retour en arrière. Je suis souillée à jamais… Pourtant… Je désire toujours vivre et trouver le bonheur… C'est si égoïste !
Sa sœur acquiesça et contempla les étoiles à travers la fenêtre brisée. Un silence apaisant leur fit du bien.
- Je comprends ce que tu veux dire mais je pense qu'il faut être un peu égoïste parfois. Je l'ai été en suivant Severus. Je le regrette vis-à-vis de toi et Silver mais je sais que je le referais si c'était à refaire. J'ai fait un choix et c'était purement égoïste. Je voulais aider l'homme que j'aime à ne pas sombrer…
- Tu as été fidèle à tes idéaux. Même si je t'en voudrais toujours un peu de ne pas m'avoir choisie, je comprends. Et je respecte ton choix.
Ariana lui sourit tendrement.
- Merci. Merci pour ton pardon. Il vaut tout l'or du monde.
- Tu le mérites plus que quiconque. Et puis j'ai fait tellement pire ! Ah, ah.
- Ce n'est pas faux ! Mais je ne t'en veux pas du tout. Je comprends aussi. C'est ce sentiment de symbiose qui nous manquait tant. Quant à tes meurtres, à Stan… Dis-toi que tu vivras pour eux. Tu devras en faire deux fois plus et porter leur mémoire. En sommes tu dois l'accepter et aller de l'avant avec nous tous. On a tous tué, voulu ou non, et ce soir je compte bien assassiner des Mangemorts dont Zack. Alors tu sais au point où on en est…
Ariane rit un peu.
- Merci sœurette. Il n'y a que toi qui peut me consoler ainsi. On va tous s'en sortir et vivre en portant notre passé à bout de bras. C'est ce qu'ils voudraient tous. Que ce soient nos victimes ou nos familles. On ne doit plus glisser.
- On est assez forte maintenant pour mordre quiconque nous dérangerait sur le chemin de notre bonheur mutuel et de la paix. Et même si on finit notre vie en prison, je ne changerais plus d'avis, déclara Ariana avec ferveur. On vivra intensément jusqu'au bout !
- OUI ! En espérant survivre à ce matin…
- Certes…
Les deux filles acquiescèrent d'un même ensemble. Ariana décida qu'il était l'heure de lui avouer toute la vérité et elle s'attaqua à son propre récit. Son calvaire était palpable où ce fut au tour d'Ariane de la consoler. Les tortures, les meurtres, les viols, Voldemort et son jumeau, Zack, Les Inferis, Rabastan, la famille Bright, Nagini, ses créations de potions, ses motivations et surtout… LES DEUX SECRETS.
La vérité derrière le meurtre d'Albus par Severus et la mort prochaine de Harry qui était un Horcruxe non désiré.
Ariane resta interdite même après la fin du monologue de sa sœur, ponctué par ses cris de surprise, de honte et d'effroi.
- Alors c'était ça… dit la blonde au Yin les yeux écarquillés. Albus nous a menti à ce point-là ! Il a osé tout faire porter à Severus ! Il comptait même à ce qu'il soit seul sans vous trois. Mais… c'est horrible ! C'est… un monstre ! Comment il a pu ! C'était impensable ! Inimaginable… !
Elle fixa le portrait dont le vieil homme pleurait, l'air coupable. Ariana approuva un peu.
- Albus n'est pas que lumière, il a aussi des ténèbres en lui. Il est surprotecteur et manipulateur. Il garde ses secrets pensant bien faire. Ca a toujours été lui. Personne n'est totalement blanc ou noir. Tout du moins hormis Voldemort, Zack, Rabastan, Ombrage et quelques Mangemorts cinglés, je n'ai vu aucune autre exception.
- J'idolâtrais tellement papa que j'ai perdu de vue qui il était. Je voulais, depuis ma plus tendre enfance, avoir une figure paternelle parfaite. Je me suis créé cette image sans voir la vérité derrière. Quelle aveugle je faisais… Je suis contente d'avoir ouvert les yeux avant qu'il ne soit trop tard. Je dois regarder nos pères entièrement. Sans cacher ce qui ne me plait pas. C'est encore une partie de mon enfance qui ne voulait pas s'envoler.
- Il faut dire qu'on a brusquement été confronté au monde adulte sans avoir la chance d'évoluer lentement. On a été meurtrie, torturée et traumatisée. C'est normal selon moi ! Puis Albus était un grand homme. Peu importe ce qu'il a raté, l'erreur est humaine. Il était comme tout le monde. Voilà tout.
Les deux filles furent songeuses.
- Oui. Il était le Yin. Il portait une part terrifiante de ténèbres au fond de lui. Une petite part, mais assez forte pour faire beaucoup de mal. Tout comme moi.
- Exactement ! Et Gellert c'est le Yang. Je sais qu'il porte une énorme partie de bonté lumineuse en lui. Il sait aimer et se dévoue à nous, les Dumbledore, depuis des lustres, dit Ariana avec un sourire. Nous sommes une famille à l'équilibre fragile. Le Yin et le Yang doivent se compléter pour vivre heureux. C'est ce que je me dis.
- Nous sommes les dignes héritières de nos parents.
- Sans l'ombre d'un doute !
Les jumelles se lovèrent l'une contre l'autre. Leurs idées étant aussi claires qu'un ciel d'été. Ce fut comme si un voile gris et terne venait de se lever pour laisser entrevoir les palettes de couleurs que pouvait leur offrir la vie.
- Terminons-en ce soir avec tout ça et acceptons nos sentences, reprit Ariane. Je suis plus que prête à vivre comme Albus et Elena le désiraient. Sans plus de regret, toujours un pas en avant, fixant les autres pour ce qu'ils sont et acceptant leur part d'ombre pour les aider.
- Je n'aurais pas dit mieux. Ensemble à jamais ?
- Ensemble à jamais.
Les deux jeunes femmes se relevèrent après leur conversation. S'étirant, elles étaient enfin elles-mêmes. Elles étaient entières. Ariane et Ariana fixèrent alors Cassiopée ensemble un long moment dans le silence de la nuit et des grillons. Le soleil se levait légèrement. Le ciel était rose-orangé, une couleur magnifique à regarder. Elles comprirent que la beauté et le bonheur se trouvaient partout autour d'elles. Même en cet instant.
Elles décidèrent alors sur un coup de tête de regarder les souvenirs laissés par Albus lors de son testament. Il voulait sûrement leur montrer quelque chose d'important et elles sentaient que c'était le bon moment. La pensine étant absente car Harry l'avait prise. Ariane sortit donc celle d'Abelforth de son sac. Puis elles se plongèrent dans le passé.
« Elles se retrouvèrent au bord d'un lac. Albus était assis à côté de Gellert qui faisait de la magie. Ils étaient jeunes. Dumbledore regardait son ami avec admiration et amour.
- Dis-moi Albus, pourquoi tu ne me dirais pas ce qui te tourmente depuis si longtemps ?
- Hein ? Comment ? Rien ne me tourmente.
- Allons, je le vois dans tes yeux. Tu rumines toute la journée. Cela ne vas pas aider nos projets d'avenir et notre quête pour les reliques.
- Je… Je n'ai rien à dire !
Gellert se pencha vers Albus et le tira sur lui. Le jeune brun vénitien se mit à rougir furieusement tandis qu'il le colla contre lui.
- Menteur ! Je vois quelque chose au fond de tes yeux !
Gellert s'amusa à regarder le visage tomate de son ami. Puis il l'embrassa. Surpris, Albus crut bien mourir de joie. Une magie crépita dans l'air. Lorsqu'ils se détachèrent, il n'arrivait plus à parler.
- Tu as ressenti ce truc ?! C'était puissant ! J'en veux plus ! Commenta Gellert qui le retourna sur le sol.
- A…. Attends ! Qu'est-ce que tu fais ?! Je … Je suis un homme !
- Et ? Je ne suis pas difficile, tu sais. Homme ou femme, cela m'importe peu. Je suis… comment on dit déjà ? Bisexuel ? Enfin je ne m'intéresse pas du tout au genre mais plus à ce qui se cache derrière la personne !
- Mais… Mais … Mais … !
Gellert posa un doigt sur la bouche de son partenaire.
- Je vois ton regard sur moi, Albus. Je vois comme tu me dévores des yeux. Et je suis persuadé que tu aimes les hommes. Tes regards ne trompent pas.
Albus était si honteux qu'il crut bien mourir. Lui qui avait toujours voulu cacher cette partie de lui le plus profondément possible… Gellert arrivait toujours à le pousser plus loin. A le libérer.
- Alors, toujours rien à me dire ?
- Je… Balbutia Albus.
Rougissant, le jeune homme attrapa la veste de Gellert et l'embrassa à son tour. Il tremblait tellement que cela faisait sourire Gellert. Celui-ci s'amusait beaucoup mais au fond il ressentait une passion dévorante. Depuis un long moment, il désirait le faire sien. Albus crut renaitre. Il était enfin accepté pour qui il était vraiment. Il en lâcha une larme discrète avant de se relever, assis à cheval sur Gellert.
- Je t'aime énormément, Gellert… Plus qu'un ami… Et j'aimerais beaucoup passer plus de temps avec toi. Mais du temps différent d'avant. Plus… intime.
Grindelwald sourit.
- Tu veux de l'intime, tu en auras, Dumbledore ! Car sache que je déborde de passion et de désir pour toi. Notre union pourrait être électrique !
Nouveau décor, les jumelles étaient dans la maison des Dumbledore. Albus et Gellert étaient nus dans leur lit. Ils étaient très proches et intimes. Le brun vénitien s'était crispé lorsque leur valse venait de se terminer. Ils se posèrent sur l'oreiller et Gellert sentit qu'Albus était distant.
- Pourquoi tu ne me regardes plus comme avant ? Qu'est-ce que j'ai fait à la fin?
- C'est Abelforth… Il n'arrête pas de me dire que tu es une mauvaise fréquentation et que je délaisse Ariana. Il n'a pas totalement tord pour ma sœur…
- Mais tu m'aimes non ?!
- Oui ! Tu es… mon grand amour, avoua-t-il. Mais j'ai peur que ma famille ne t'accepte jamais malgré Elena qui arrive à tempérer mon frère… Peut-être devrions faire une pause pour…
Gellert se releva et tira Albus contre lui.
- Je refuse !
- Pourquoi ?! Toi tu t'amuses avec moi, non ? Je le sais, je te connais.
- C'est vrai que tu me connais bien mais… pas tant que ça.
- C'est-à-dire ?
Le blond grommela un peu puis il prit la tête de son partenaire en coupe avant de l'embrasser tendrement.
- Je ne nierais pas ce que tu viens de dire mais les choses ont évolué. Je ne peux plus me passer de toi maintenant. Je t'aime. Je t'aime comme un fou. A en perdre la raison.
Albus se bloqua. C'était la première fois qu'il l'entendait de la part Gellert. Il ressentit sa sincérité. Il crut bien que son cœur avait explosé et se serra contre lui.
- Alors restons à jamais ensemble !
- Il y a intérêt ! Je t'aime bien trop pour te laisser partir et te faire du mal, Albus !
Les deux reprirent leurs caresses et retournèrent sous les draps pour une nuit endiablée.
Ariane et sa sœur tombèrent ensuite sur un combat acharné entre Abelforth, jeune, et les deux autres. Les noms d'oiseaux volaient. La haine se ressentait dans toute la pièce. Ariana et Elena étaient au milieu. Elles pleuraient.
- Arrêtez ! Bon sang, arrêtez ! Hurlait Elena avec peine.
Elle leur jetait des sortilèges à tous les trois qui se querellaient pour un rien. Abelforth en ayant assez des manigances de Gellert et que son frère ne s'occupe pas de leur jeune sœur malade.
- Stop ! Sanglota Ariana. Je ne désire pas ça ! Ne vous battez pas pour moi ! Je vous aime tous !
Elle se fit repousser par Albus et sa tête cogna contre le mur. Elena la prit contre elle et hurla en lançant des sortilèges. Mais Gellert et Abelforth continuaient leur joute dont Albus essayait aussi de les arrêter. L'un comme l'autre désirait en finir !
Ariana perdait la tête.
- C'est ma faute… C'est de la faute de ma magie… Je n'en veux plus ! JE N'EN VEUX PLUS !
Gellert, Albus , Abelforth et Elena lancèrent un sortilège en même temps. La jeune Dumbledore décida de se jeter sur eux pour les arrêter et les charmes éclatèrent sur elle. La blonde s'envola et retomba par terre, couverte de plaies, avant de hurler de désespoir et d'exploser. Tout le monde se mit à couvert tandis qu'un nuage noir de poussière s'attaquait à tout ce qui bougeait.
L'Obscurial refoulant sa magie et le monde était né.
Les hommes tentèrent de la maitriser sans succès. Elena écarta alors les bras pour la résonner.
- Ariana ! Ma chérie ! C'est moi ! Ta presque sœur ! Ecoute ! Ta magie n'y est pour rien et ils vont arrêter de se battre ! C'est promis !
La créature se mit à hurler et fonça sur Elena pour la dévorer. La blonde hurla de douleur quand la chose la brisa de l'intérieur. Elle la dévorait de haine et de rejet.
- Elena ! Hurlèrent les trois hommes.
La jeune Grindelwald retomba comme une poupée sur le sol, meurtrie et fumante. Ariana finit par essayer de s'enfuir, terrorisée par ses actes. Les garçons tentèrent de la maitriser mais n'arrivaient toujours pas à s'entendre. La créature ravagea la maison et les blessa en pleurant. On entendait ses gémissements de désespoir à travers la fumée noire. Les deux frères étaient déchirés de la voir comme ça. Ils tentèrent de la sauver de son mal tandis que Gellert la parsemait aussi de sortilèges. Mais ils finirent par la tuer dans leur tentative vaine de la ramener. Ariana se laissa mourir avec un certain soulagement tandis que la poudre noire disparut.
C'était terminé.
Gellert fut chassé par Albus, celui qu'il aimait le plus que tout. Celui-ci se disputa violemment avec son frère avant d'être exilé, laissant Abelforth avec une Elena gravement blessée et le corps mort d'Ariana.
Ils ne se revirent qu'à l'enterrement où Abelforth brisa le nez de son frère qui avait osé s'y pointer. Au loin Gellert les regardait, invisible, avec un profond regret. Il dit adieu à Albus avant de transplaner et de l'abandonner. Albus resta quant à lui jusqu'au bout de la cérémonie et repartit en coupant totalement les ponts avec son frère. Seule Elena le suivit en lui tenant sa robe de sorcier.
- Laisse-moi venir avec toi… Je ne te laisserais pas seul après tout ça… Ni mon frère…
- … Merci Elena… Tu es une sorcière d'une grande bonté.
Nouvelle scène. Un champ de ruines fumant.
- Te revoilà encore… Commenta Gellert. Tu essayes toujours de m'arrêter mais tu n'y arriveras pas. Je refuse que mon monde parfait périsse ! Les sorciers comme Ariana doivent être libres de faire de la magie sans en avoir peur ! C'est pour elle que je fais tout ça ! Pour son souvenir qui me hante ! Je leur offrirais à tous un monde libéré de la pression Moldue ! C'est pour le plus grand bien !
Albus se trouvait en face de lui, avec une longue barbe aux couleurs de ses cheveux. Ils avaient beaucoup vieilli. La douleur marquant leur visage de profonds sillons.
- Je comprends tes idéaux mais ce n'est pas ce qu'elle désirerait. Pas comme cela en tout cas ! Je serais toujours là pour te remettre sur le droit chemin. Et ta sœur aussi. Tu dois nous écouter et stopper cette folie, Gellert ! Ca nous as pris du temps avant de nous décider à te combattre mais maintenant il est hors de question qu'on te laisse continuer sur cette voie ! Il y a d'autres moyens que la haine et la violence ! Abandonne ton combat !
- Jamais ! Je ferais de ce monde un paradis pour les sorciers ! Tu es naïf si tu crois que tu pourras changer le monde avec la parole et ce ministère pourri !
- On peut y arriver ! Répliqua Elena. Je t'en prie, réfléchis un peu. On t'aime mon frère. Et on ne veut pas que tu commettes toutes ces atrocités !
La bataille fit rage. Puis il y en eut d'autres toujours plus virulentes. Et enfin…la dernière. En 1945. Elena était trop souffrante pour continuer la bataille. Elle se réfugia dans un coin, du sang coulant de sa bouche pâle. Gellert et Albus se battirent comme jamais ils ne l'avaient fait dans leur vie sans pour autant ne jamais essayer de se tuer. Gellert avait changé avec toute leurs rencontres. Il faiblissait. Son cœur s'effritait.
Affublé de la baguette de sureau qui lui avait permis d'atteindre un grand pouvoir, il n'en pouvait plus. Albus non plus. Haletant, le blond finit par perdre sa motivation. Il regarda sa baguette s'envoler après que son ancien amant ne le désarme. Puis il tomba à genoux, incapable de se battre plus longtemps contre celui qu'il aimait de tout son cœur, qu'il pensait pourtant intouchable.
- Je ne voulais pas tout ça… Je ne voulais pas la mort de ta sœur. Je ne voulais pas te faire souffrir ! C'était la dernière chose que je voulais ! Tout ce que je désirais c'était un monde libre pour les sorciers.
Albus baissa sa baguette et rangea la sureau dans sa poche. Puis il lui tendit la main.
- Je sais. J'en suis responsable tout autant que toi. Mais j'ai décidé de ne pas t'abandonner. Car je t'aime bien trop pour ça. Tu es mon grand amour. Mais tu ne dois plus faire autant de mal. Ta sœur et moi ne pouvons le supporter. Nous voulons juste te sauver.
Gellert releva un peu la tête. Il fixa les yeux bleu brillant des Dumbledore. Un bleu magnifique et empli de sagesse.
- Je ne peux pas m'arrêter. Je n'y arriverais pas.
- Alors je t'y aiderais, laisse-toi faire.
Gellert rendit les armes sans broncher et se fit priver de sa magie.
A Nurmengard, dans sa propre prison, Gellert prit ses quartiers après son long jugement. Il commençait à avoir beaucoup de barbe et Albus le rasa. Le blond proposa d'en faire de même mais Dumbledore préféra la garder. Il l'aimait bien, sa longue barbe. Et cela sembla plaire au blond lui aussi. Albus expliqua qu'il ne l'avait jamais taillée depuis la mort d'Ariana. C'était un signe de son passé et de ses regrets qu'il comptait porter sur lui jusqu'à sa mort en signe de pénitence.
Les premiers jours furent difficiles pour Grindelwald, comme en cure désintoxication il devenait complétement fou. Mais Albus et Elena veillèrent sur lui. Lui apportant l'amour qui lui manquait. Et le blond changea en quelques mois. Il devint doux, affectueux et oublia ses ambitions. Il préféra son cocon à tout ça.
- Moi aussi tu es mon grand amour, Albus Dumbledore. Merci d'aimer un homme comme moi.
Gellert se sentit bien à l'avouer et ils partagèrent de longs moments ensemble quand Elena ne pouvait pas venir pour cause de santé.
Puis un soir, des années plus tard, sous la lumière des étoiles, une idée germa en eux.
- J'aimerais beaucoup avoir un enfant… Dit Gellert sous la consternation de son compagnon.
- Quoi ?! Mais… on est trop vieux pour ça. Et je ne suis pas sûr que l'on serait de bons parents. Tu as vu notre passé ?
- Pourtant on est heureux maintenant non ? Et on pourrait tout transmettre à nos enfants. Vieux ou pas, ça change quoi ? Moi je rêve d'avoir un héritier. Tu t'imagines, un bébé avec une part de toi et une part de moi. Pour sceller à jamais notre amour véritable. Cela pourrait faire des étincelles ! Tant sur sa puissance que sa future vision de la vie !
Albus hésita longuement. Puis il se mit à rêver à son tour et sourit, se blottissant contre son amant.
- Si seulement, déclara-t-il enfin. Mais… on est deux hommes. C'est impossible.
- Rien n'est impossible avec un peu de magie. Il suffirait d'essayer. Non ?
- Je… J'en ai envie aussi !
- Alors c'est décidé ! On va avoir des enfants.
- Mon dieu ! J'ai du mal à l'imaginer !
- Ce sera un produit d'amour.
Les yeux dans les yeux, ils se mirent à se sauter dessus. Il allait leur falloir par mal de matière pour tenter leur expérience, mais ils ne doutaient pas un seul instant d'y arriver.
Elena leur sourit, le ventre rond, les traits tirés de fatigue. Elle prenait le thé sur la terrasse de Nurmengard. Elle se mit alors à tousser.
- Sœurette… Tu ne devrais pas sortir de la maison.
- Je sais mais je voudrais prendre un peu le soleil. On est déjà en novembre et l'hiver arrive à grand pas. Je vais déprimer enfermée, moi !
- C'est mieux pour toi et nos petites princesses !
Grindelwald toucha son ventre avec amour et sourit allégrement en pensant à ses jumelles. Albus en fit de même de l'autre côté. Ils étaient complétement gaga. Et parlaient aux fœtus avec tendresse.
- Ahhhh, dire qu'on a enfin réussi à en arriver là… Je n'ai presque plus aucun regret maintenant que je vais être tata de deux poupettes !
Elle souriait. Gellert lui caressa les cheveux.
- Tu as raison, on en aura mis du temps à former une vraie famille. Mais elle est plus belle que n'importe laquelle. Les ténèbres ont perdu face à notre amour ! Je ne regrette pas d'avoir céde ce jour-là. Je suis bien ici, avec vous. Et avec Ariana.
Ils regardèrent le portrait de la jeune enfant qui souriait au loin. Leur seul grand regret était dans ce tableau. Surtout qu'Abelforth avait disparu et coupé tous les ponts, bien que son frère l'eût vu à Pré-Au-Lard sans aller le voir.
- Tu crois qu'un jour tu reverras ton frère ? Demanda la blondinette avec espoir. Qu'il te pardonnera.
- La vie peut nous réserver des surprises, je garde espoir, dit Albus. Car l'amour et les liens sont plus forts que tout. C'est ce que j'ai compris quand j'ai perdu et retrouvé Gellert. Il y a des forces qui nous dépassent. Et celle du cœur, c'est la plus puissante.
Les jumelles revinrent sur le sol en pierre quand les rires de la famille Grindeldore s'évanouirent et qu'elles se revirent bébés dans les bras d'Albus qui leur souriait. L'espoir. L'amour. Les liens. C'est ce qu'Albus avait voulu leur montrer. Elles auraient dû le voir plus tôt et s'en voulurent. Mais Ariane finit par sourire.
- Nos histoires se ressemblent énormément. J'ai l'impression que c'était notre destin !
- Peut-être mais on a l'occasion de casser la boucle. Tout comme Silver. Tu ne crois pas ?
- Oh si ! En tant qu'Héritières nous porterons toujours leur mémoire et leurs idéaux.
- Et nous changerons l'avenir.
- Pour une prophétie qui se révélera positive.
Les deux sœurs se firent une grande accolade pour se remettre de toutes ces images qu'elles venaient de voir sur l'histoire de l'amour des Grindeldore. Elles chériraient leurs souvenirs et les montreraient, peut-être un jour, à leurs enfants. Leur voie était maintenant toute tracée et totalement dégagée de doute.
Elles contemplèrent ainsi à nouveaux les étoiles pendant quelques minutes, le regard serein, leur cœur calmé.
Elles ne se lâchèrent la main que lorsque Severus entra dans la pièce sur son brancard avec Pomfresh et d'autres sorciers. Ariane se pencha au-dessus de lui pour le contempler et lui sourire tristement avant de laisser sa sœur avec lui quelques minutes. Ariane comprit autre chose à ce moment-là. Les jumelles étaient liées et vivraient toujours l'une et l'autre ensemble comme deux siamois. Mais, elles avaient aussi leur propre identité. Leurs propres visions du monde, leurs propres liens, leurs propres forces… Ainsi Ariane y vit plus clair. Si Ariana avait choisi Severus, c'était parce qu'elle ne vivait pas qu'à travers leur lien ! Elle vivait aussi pour elle-même. Chose qu'Ariane avait eu du mal à faire dans son enfance. Mais elle comptait bien reprendre elle aussi ce rôle. Avec Silver, Lisa et les autres. Elle serait plus indépendante malgré le lien doré qui les lieraient pour toujours.
Elle aurait sa propre vie !
Sa sœur embrassa Severus sur la joue et l'installa dans la chambre du directeur, intouchable. Il dormait comme un bienheureux. Elle l'enviait un peu. Elle mourrait d'envie de s'endormir pour des semaines entières avec Ariane ! Avec tendresse, elle lui caressa les cheveux et lui tint un peu la main.
- J'ai hâte de te revoir, chuchota-t-elle doucement. Même si cela doit prendre des mois… Je t'attendrais toujours. Et je te montrerais un monde nouveau ! Un monde merveilleux où nous serons tous heureux. Tu verras mon ange. Tu seras fier de nous !
D'un dernier baiser sur le front, Ariana laissa son petit ami en scellant la pièce. Puis elle retrouva sa jumelle et elles prirent la route du parc pour s'aérer avant la bataille qui allait bientôt commencer. Ariane fut pensive sur le chemin et se stoppa prêt d'un bosquet rempli de fées affolées.
- J'ai mal au cœur pour Harry, avoua-t-elle les yeux humides.
- Moi aussi… Je n'arrête pas d'y penser… Ce sacrifice est horrible ! C'est injuste pour lui ! Alors qu'il nous sauve tous…
- On pourrait peut-être l'accompagner jusqu'à la fin, non ?
Ariana resta pantoise. Cela ne lui avait pas traversé l'esprit. Elle eut un maigre sourire. Sa sœur avait toujours été la plus logique des deux et elle la retrouvait enfin sur ce point-là.
- Tu as raison ! Cherchons-le et accompagnons-le. C'est tout ce que l'on peut faire mais… Je ne veux pas le laisser seul ! Pas après avoir compris qu'il n'a jamais douté de nous et qu'il nous considérait toujours comme ses amis !
Ariane approuva et toutes deux reprirent solennellement leur véritable baguette magique avec un puissant sentiment de nostalgie. Celles-ci s'illuminèrent avec vigueur sous le regard fort des jumelles. Elles étaient enfin de retour et transpiraient la puissance. Ariana en profita pour briser la baguette emplie de mauvais sortilèges de Karkaroff avant de la brûler. Elle n'en avait plus besoin et ne voulait plus la voir. C'était du passé. Un passé révolu. Ariane, elle, garda celle d'Elena dans son sac pour la remettre dans la tombe lorsque tout serait terminé.
Par la suite, elles se changèrent en Lynx pour renifler le trace de Harry. Leur odorat étant extrêmement plus puissant sous cette forme de même que leur vue qui était extraordinaire. Ce fut tout de même une tâche ardue car des milliers d'odeurs se mélangeaient à celle du sang et de la sueur qui couvraient tout Poudlard. Elles se rendirent alors à la cabane d'Hagrid pour fixer au loin le moindre signe de sa venue.
Harry Potter était justement en route pour la forêt. Il avait pris la pensine de Dumbledore pour regarder les souvenirs dans la tour de Gryffondor, en paix, et avait mis sa cape d'invisibilité pour fuir tout le monde. Il marchait, résigné, en direction de la forêt. Une fois hors de vue, il retira sa cape. Les Lynx le virent immédiatement et coururent vers lui. Quand elles arrivèrent, il fut surpris et se stoppa. Elles reprirent leur apparence pour montrer qui elles étaient avant de redevenir des animaux pour ne pas l'empêcher d'accomplir son but.
- Ariana et Ariane...Je dois y aller… Vous ne pouvez pas me retenir, Dit-il la gorge nouée. D'ailleurs, vous pourrez passer mes adieux à Théa. Je… Je n'ai pas pu le faire en sachant pourtant le lien qui nous unit… En fait, je n'ai dit au revoir à personne.
Il semblait au bord de la dépression.
- Bonne chance, mes amies. Je sais que vous arriverez à en finir avec tout ça. Votre père serait fier de vous. Moi je le suis en tout cas.
Les lynx hochèrent de la tête avec émotion et il entra dans la forêt. Elles le suivirent et il se retourna. Il pensait qu'il ferait mieux d'y aller seul mais finalement, il apprécia la présence discrète des Lynx. Il se retint de pleurer puis leur sourit.
- Merci, dit-il simplement.
Bouleversées, les deux filles le suivaient en trottinant pour l'accompagner vers son destin, tel qu'Albus le leur avait demandé à l'époque. C'était tard mais elles accompliraient sa demande. Elles le soutiendraient jusqu'à la fin. Harry sembla assez calme en se sentant accompagné. Mourir c'était rapide et cela ne semblait pas être douloureux. Même si c'était horrible de se dire qu'il ne pourrait plus profiter de la vie… Que tout allait se finir comme ça, à un âge si jeune.
S'enfonçant dans la forêt, Harry sortit un vif d'or et le roula dans ses doigts avec tristesse. Il revoyait une partie de sa vie dans son esprit. La joie à Poudlard… Ses amis… Son quotidien magique… Puis comme un éclair de lumière, il comprit quelque chose et embrassa la boule dorée.
- Je suis sur le point de mourir.
Les lynx se stoppèrent avec surprise avant de voir la pierre de résurrection tomber dans la paume de la main d'Harry.
- Elle était là ! Dire que je l'ai cherchée partout pour te la montrer ! S'écria Ariana surprise.
- M'en parle pas ! J'ai passé des heures à fouiller Poudlard l'année dernière !
- Une relique de la mort… Notre héritage…
- Notre héritage ?
- Ah oui, j'ai oublié de te dire pour les Peverell. Et pour ma passion des reliques tout comme toi.
- OH ! DIS-MOI TOUT !
Ariana lui parla d'Antioche qui était leur lointain parent. Ce qui faisait d'elles des héritières légitimes à la baguette et aux reliques. Aussi choquée que puisse être Ariane, elle ouvrit sa bouche poilue sans ne plus pouvoir plus bouger. Elle comprit un peu plus l'origine de son obsession et de celle de ses pères ! Elle fut heureuse de partager cela avec Ariana qui avait l'air, auparavant, de s'en ficher. Alors que maintenant c'est elle qui lui apprenait des choses et qu'elle avait fait des recherches. Les deux lynx sentirent à nouveau leur lien magique vibrer dans l'air avant que la pierre ne soit activée.
Les êtres sans chair de James et Lily Potter arrivèrent avec Sirius et Remus. Les maraudeurs en « fantômes solides » devant eux -Sans Peter Pettigrow qui était mort au manoir par sa propre main d'argent mais qui ne méritait pas d'être là. Les deux lynx se reculèrent, laissant de l'intimité à Harry qui en avait besoin. Elle contemplèrent le pouvoir de la pierre avec ravissement. La dernière des reliques. Si belle et si puissante. Les maraudeurs n'étaient pas transparents, ni fantomatiques comme elles s'y attendaient. Ils étaient présents, leur âme était bien là comme le souvenir de Jedusor dans la chambre des secrets.
La conversation dura quelques minutes tandis que l'heure allait bientôt se terminer. Harry se sentit mieux. Il s'assura qu'ils resteraient avec lui jusqu'au bout avant de lâcher la pierre et sa cape dans la forêt. Les fantômes disparurent mais restèrent dans le cœur de Harry qui se retourna vers les lynx larmoyants.
- Au revoir, mes amies. Et, merci. Merci aux Serpendaigle.
Celles-ci reprirent leur forme humaine devant lui, bouleversées.
- Au revoir, Harry… Passe le bonjour à Papa, dirent-elles d'un sourire humide.
Le jeune homme hocha de la tête et s'enfonça dans la nuit. Disparaissant vers son destin.
Elles ne le suivirent pas plus loin, c'était bien trop dangereux et il semblait vouloir continuer avec ses proches. Prenant de grandes respirations, Ariane et Ariane se regardèrent. Elles n'eurent aucun besoin de mots pour se comprendre. Chacune prit la relique qui trainait sur le sol en la chérissant contre leur cœur. Ariane avait la pierre fendue en son centre et Ariana la longue cape. Ne manquait plus que la dernière.
- Je lui reprendrais la baguette, susurra Ariana sur le chemin du retour. C'est mon devoir après ce que j'ai fait à la tombe de Papa…
Ariane posa une main sur sa sœur.
- Ne t'inquiète pas, on la reprendra. Tu n'avais pas le choix de toute façon, tu as bien fait.
- Je n'imaginais pas un jour pouvoir les posséder… Pas de cette manière en tout cas.
- Et moi donc, j'étais persuadée qu'il me faudrait les voler ou me battre mais Harry nous en as fait cadeau… C'est un geste qui restera à jamais gravé dans mon cœur.
- A moi aussi, répliqua Ariana avec force. Comme quoi le destin est bien taquin…
- Et bien sadique aussi.
D'un maigre rictus amer, les deux filles reprirent leur apparence animale et se dirigèrent vers Poudlard pour le grand final.
Drago se sentait à sa place avec Astoria, Silver, Daphné et Adrian. Il aurait dû choisir ce chemin il y a bien longtemps. Alors qu'il ne restait que quelques minutes avant que l'heure ne s'achève, la tension était à son comble. Il était content que l'argenté soit venu profiter un peu de son temps avec lui avant le glas. Ils profitaient tous, autant qu'ils le pouvaient, de leurs proches.
Les jumelles, qui avaient disparu un long moment réapparurent dans la salle, en se tenant la main. Elles jetèrent un regard empli de compassion et de tristesse sur Théa, qui ne comprit de nouveau pas. Hormis que quelque chose de bouleversant s'était passé et qu'elle y était liée, de près ou de loin. Silver vint les rejoindre rapidement pour s'enquérir de leur état. Ariane se blottit contre lui avec chaleur et amour comme cela faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas fait. Il se sentit toute chose, comme s'ils étaient à leur début de relation, ou que celle-ci recommençait à zéro sur de meilleures bases.
Le jeune homme cacha ses quelques larmes dans le cou de sa petite amie avant qu'ils ne partagent un baiser langoureux et passionné qui leur manquait tant depuis un an. Un vrai et beau baiser. Ariana se posa avec Tiana qui fut rejointe par Théa. Leur famille vint à leur tour en voyant que l'heure était passée depuis dix minutes mais que rien ne se passait. Ils étaient ensemble et parlaient peu. Juste le fait de se tenir par la main ou les épaules leur faisait du bien.
Ariane et Ariana câlinèrent un peu Tiana avant de se blottir contre leur père et leur oncle qui ne se battaient plus. Cela leur fit repenser aux souvenirs de la pensine. Tout avait tellement changé et Albus avait eu raison d'y croire. Même Gellert et Abelforth avaient fait la paix. Rien n'était écrit à l'avance et avec un peu de conviction et de temps, on pouvait tout changer. Elles leur en parlèrent à tous les deux et ils s'en sentirent apaisés. Elles avaient raison et ils finirent par échanger un regard de regret et de pardon qui enchanta les jumelles.
Silver parlait avec Théa qui semblait plus soucieuse que les autres. Comme si son instinct lui dictait qu'une chose horrible était arrivée. Une sorte de présentiment morbide. Silver la prit contre lui pour la rassurer, tel le grand frère qu'il était pour elles. Théa s'en sentit soulagée un instant. Les Serpendaigle profitaient de leurs liens si longtemps perdus par la guerre.
Ils sursautèrent tous soudainement quand la voix de Voldemort, magiquement amplifiée, retentit :
« Harry Potter est mort.
Il a été tué alors qu'il prenait la fuite, essayant de se sauver alors que vous donniez vos vies pour lui. Nous vous apportons son cadavre comme preuve que votre héros n'est plus. »
C'était un mensonge. Les poings serrés à sen faire saigner, Théa fronçait les sourcils, refusant d'y croire. Tiana la serra contre elle avec l'argenté alors que les jumelles se sentaient outrées du mensonge de l'ennemi. Comment pouvait-il ternir la noblesse du sacrifice de leur ami ?! Silver espérait de toutes ses forces que l'allégation de Voldemort soit fausse mais en regardant Ariane il sentit qu'elles leur cachaient quelque chose en rapport avec ce fait. Il déglutit.
« La bataille est gagnée. Vous avez perdu la moitié de vos combattants. Mes Mangemorts sont plus nombreux que vous et le Survivant est fini à tout jamais. Il ne doit plus y avoir de guerre. Quiconque continuera à résister, homme, femme, enfant, sera éliminé ainsi que tous les membres de sa famille. Vos parents, vos enfants, vos frères et vos sœurs vivront, de même que les traitres, ils seront tous pardonnés si vous abdiquez, et vous vous joindrez à moi pour que nous reconstruisions ensemble un monde nouveau. »
La colère et la tristesse grondaient alors que tous les sorciers et les sorcières présentes dans la Grande Salle se relevaient et allaient vers les portes du château d'un même ensemble. Personne ne croyait les paroles caressantes de Voldemort. Et surtout pas les Serpendaigle. IL ne pardonnerait jamais leur traîtrise et les condamnerait à un sort pire que la mort. Théa savait à quoi s'attendre avec ce qu'il avait menacé de faire en l'enfermant. Ariana le savait également et Ariane aussi par extension. Il n'épargnerait pas leur famille, au contraire, il prendrait plaisir à les tuer devant elles avant de leur faire connaître un destin horrible.
Les Serpendaigle se prirent la main, le cœur battant. Ils y étaient, à la toute fin. Théa refusait toujours de croire que Voldemort avait tué Harry. C'était impossible à ses yeux. Elle ne voulait pas le croire, refusant de perdre son frère avant même qu'il ne sache qui elle était pour lui. Les jumelles avaient leur gorge nouées en sachant pertinemment le spectacle qui allait arriver avec Théa mais… elles ne diraient rien. La jeune fille devait le voir ! Sinon elle n'y croirait pas. Tout comme la vérité qu'Ariane refusait avant.
Silver commença à comprendre la vérité. Il était malin et y voyait plus clair que jamais. Il prit la main des deux jumelles et assura son soutien. Elles le remercièrent d'un geste de la tête et suivirent Théa et Tiana qui se précipitaient dehors. Derrière eux, les adultes étaient alarmés.
Tout leur groupe parvint enfin aux portes du château. L'armée ennemie arrivait en face d'eux. Le regard flamboyant de Voldemort passa sur les Serpendaigle et il eut un sourire carnassier en voyant Ariana parmi eux tandis qu'elle le lui rendait. Il en fit de même avec les autres dont Ariane et Silver ne détournaient pas le regard. Il posa même ses yeux froncés sur Grindelwald qui semblait prêt à en découdre. Son éternel rival en magie noire !
Son regard fut beaucoup plus surpris en voyant Drago. Narcissa et Lucius se tendirent à ses côtés et la blonde prit la main de son mari, la serrant avec force. Il acquiesça en silence. Dès que ce serait possible, ils se rendraient auprès de leur fils. Peu importe le camp, ils devaient lui apporter leur soutien sans condition. Il avait trop enduré pour eux.
Voldemort pour sa part était plus que surpris. Il n'aurait jamais imaginé le Malefoy le trahir. La peur aurait dû le maintenir auprès de lui et non pas l'éloigner comme c'était le cas à cet instant. Drago soutint son regard sans ciller et il détesta cela.
Non loin du couple, se tenaient les Bright. Edmond, Eleanor et Iris. Silver leur sourit un peu et montra fièrement qu'il était désormais sûr de ses choix et de ce qu'il allait faire. Eleanor se blottit contre son mari pour une étreinte fugace.
- Je t'aime Ed'… Pas forcément comme une femme mais plus comme une sœur. Alors, j'espère que tu me suivras quoique je fasse. Pour notre famille !
- Ely'…
Iris prit la main d'Edmond.
- Merci de m'avoir toujours soutenue, Edmond, tu es… * elle rougit furieusement * Tu es comme un père pour moi. Et Eleanor comme une mère que je rêvais d'avoir…Alors… ne me laisse pas tomber… Je n'ai personne sur qui me reposer.
- Tu…
Ils ne purent en dire plus car les autres arrivèrent à leur niveau. Rabastan, Bellatrix et Zack se postèrent aux côtés de Voldemort. Rabastan fit un sourire éblouissant à Regulus et dévora Tiana et Théa du regard. Elles étaient à lui, il allait les lui reprendre et accomplir les desseins du maître, leur faisant plein d'enfants. Zack ne lâcha pas ses trois proies du regard. Il allait enfin les avoir tous les trois. Et ca serait un vrai festival !
Les deux groupes se firent face, Hagrid bien visible, le corps inanimé de Harry dans ses bras.
Cela confirmait ce que Voldemort avait dit.
Harry Potter était mort.
A samedi prochain pour les derniers combats :)
