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129 – Bella

Vendredi… 20 août 2010 à 14 h 33

Je fis signe à Madame Jackson en descendant de la voiture, souriant à la petite grand-mère aimable qui était sur sa pelouse.

"Bonjour Mlle Mary," lui dis-je en acceptant son étreinte.

Elle recula, ses mains osseuses encore fortes pour ses quatre-vingt-trois ans, prirent mon visage en coupe. "Isabella !" dit-elle vivement. "Comment vas-tu ma chère ? Tu as l'air en forme et lui comment va-t-il ?"

"Je vais très bien !" Je ne pus empêcher le sourire qui j'en étais sûre allait d'une oreille à l'autre. "Edward va très bien. Il m'a dit de vous donner le bonjour la prochaine fois que je vous verrai…" Je me penchai et déposai un baiser sur sa joue.

Mlle Mary sembla nerveuse un instant, ses yeux brillaient. "Bon ce cher garçon. Dis-lui que je m'attends à ce que ce soit encore mieux quand il rentrera à la maison," taquina-t-elle en me faisant un clin d'œil. "Dans pas longtemps maintenant ?"

En hochant la tête je soupirai. "Un peu plus d'un mois encore. Six semaines. Toujours trop longtemps."

"Bah," dit-elle fermement. "Ce n'est rien. Tu peux le faire. Tu es forte Isabella Swan. Je suis venue jusqu'ici pour te voir. Ton jeune homme a envoyé un colis et comme tu n'étais pas là le livreur l'a laissé chez moi, j'ai signé et j'ai dit que je te le ferai passer quand tu rentrerais. Mais c'est un peu lourd pour moi sinon je l'aurai amené."

"Merci beaucoup, Mlle Mary." Je souris en faisant signe vers ma voiture. "J'ai des courses sur le siège arrière. Je vais aller les ranger et ensuite je viendrai prendre le colis, ça ira ?"

"Ce sera parfait Isabella. Viens quand tu seras prête." Elle sourit en tapotant ma joue avant de se retourner et de repartir vers chez elle en me laissant à ma voiture.

ooo

Vingt minutes plus tard je revins avec un carton assez lourd que je posai sur le plancher près du canapé. D'abord je pris l'enveloppe avec mon nom écrit par Edward, je l'ouvris et y trouvai un petit mot.

Ma douce Bella,

Comme je ne peux pas être là en personne j'ai voulu t'envoyer des choses qui t'aideront - avec un peu de chance - pour ton démarrage dans ta nouvelle année scolaire. J'ai envoyé un mail à Alice pour savoir de quoi tu pouvais avoir besoin et elle m'a fait une liste de ce que tu achètes normalement pour ta classe. Je sais que tu en as déjà achetées certaines mais elle m'a assurée que tu aurais besoin de plus donc avec un peu de chance ce que j'ai acheté pourra t'aider en cours d'année.

A toi pour toujours,

Edward

Mes yeux s'embuèrent avant d'avoir même regardé le contenu du colis. Edward était l'homme le plus doux que j'aie jamais rencontré.

Je posai la lettre sur la table basse et tournai mon attention vers la boite face à moi. La première chose que je remarquais un tas de carnets et des boites de crayons, stylos, crayons de couleur et gommes. Il y en avait là, je peux le dire, pour le reste de l'année scolaire même si deux ou trois enfants venaient sans rien en raison de difficultés financières à la maison.

A l'intérieur de la boite il y en avait deux plus petites – une de la grandeur d'une boite à chaussure emballée dans du papier drôle et une plus petite sous la première. Je sortis les deux boites et sur les papiers drôles, écrit de la main d'Edward au marqueur noir il était indiqué "ouvre en dernier !" Je haussai un sourcil, la mis de côté et attrapai l'autre boite.

Je ne pus m'empêcher de rire quand je vis que c'était une plaque avec le mot "professeur" en capitales rouges, jaunes et bleues. Sur la plaque six silhouettes en bois en couleur ressemblant à des crayons étaient suspendues et pouvaient être utilisées comme laisser-passer scolaire. J'ouvris soigneusement le couvercle et retirai les laisser-passer, il y en avait un pour le hall, le bureau, les garçons, les filles, l'infirmerie et la bibliothèque. Comme je l'avais supposé chacune avait un petit trou pour pouvoir être suspendue. Ce serait parfait sur le mur à côté de mon bureau.

Je refermai la boite et la mis de côté et en vins à la grande boite qui ne contenait qu'une seule chose, un fourre-tout. Je me rendis compte que je l'avais déjà vu à Tampa et que je l'avais dit à Edward. Il était assez grand pour contenir mon ordinateur, mes papiers et toutes les affaires que je devais transporter de la maison à l'école et inversement avec en plus quelques poches zippées pour les petites choses et un endroit pour la bouteille d'eau sur le côté. Et il était marqué à mes initiales aussi.

C'était déjà trop et je n'avais encore ouvert le dernier paquet. J'essuyai la larme qui s'échappa de mon œil, posai le sac à côté de moi et attrapai la boite recouverte de BD.

Quand je déchirai l'emballage je me mis à rire très fort, toutes larmes oubliées. Liées par un gros ruban rouge il y avait - je les comptai - dix paires de shorties. Et quand je vis ce qui était écrit dans le dos, je me dis que j'allais vraiment les apprécier.

Je défis le ruban et commençai à les regarder en commençant par les quatre de dessus qui était roses et sur lesquels on pouvait lire : Peace, Love, Third grade, Warning, je corrige silencieusement ta grammaire, Sexy comme une prof et une adorable spiderweb avec un professeur, comme le cochon sur le web de Charlotte.

Il y en avait quatre autres blancs avec un liseré rouge : prof pour la vie… quel est ton superpouvoir, vilain prof ? Avec une pomme, trois élèves et un enseignant couvrant leurs oreilles et disant 'tu n'es pas mon patron', et 'ne me fais pas me servir de mon autorité d'enseignante'.

Au fond de la pile il y en a deux rouges : Tu ne peux pas me faire peur… je suis un prof. Et danger : prof de mauvaise humeur.

En rigolant je les posai et sortis mon téléphone de ma poche et appelai Edward.

Il répondit à la deuxième sonnerie. "Hey ma douce ! Comment se passe ton dernier vendredi de liberté ?"

Je souris. "Calme mais bien. Beaucoup mieux depuis que je suis arrivée à la maison et que j'ai trouvé Mme Jackson qui m'attendait."

Edward rigola. "Tu l'as embrassée pour moi ?"

"Oui, soufflai-je. "Cette femme est assez âgée pour être ta grand-mère et elle a dit qu'elle attendait le meilleur quand tu seras à la maison."

Le rire se transforma en fou rire. Je pouvais imaginer ses yeux verts s'illuminer d'amusement et un grand sourire s'étirer sur son visage.

"Je suis sûr que je pourrai faire ça," plaisanta-t-il. "Alors tu as eu le colis ? Comment Mlle Marie l'a-t-elle eu ?"

Je lui expliquais que j'étais partie faire des courses quand le livreur était passé. "Quand j'ai eu déchargé mes courses je suis allée chez elle pour le récupérer," soupirai-je, en regardant toutes les affaires qu'il m'avait envoyées. "Edward des culottes, c'est vraiment trop…"

"C'est utile non ?"

"Bien sûr ! Mais le sac est beaucoup trop ch…"

"Isabella, tu t'en serviras ?" m'interrompit-il.

En soupirant doucement je dis d'une petite voix "Tous les jours."

"Alors ça vaut chaque centime." Il rigola gravement. " Si ça te plait tu peux me payer en posant avec quelques-uns de ces nouveaux sous-vêtements…"

Je ris. "D'accord, nous avons un accord, Sergent."

"Bien," ronronna-t-il et le mot envoya des frissons dans mon dos. "Maintenant parle-moi, amour. Es-tu prête à recommencer l'école lundi ?"

Je me débarrassai de mes chaussures et m'allongeai sur le canapé, m'installant pour bavarder. "Oui je pense que je le suis. Je vais te raconter ce que j'ai fait aujourd'hui, les affiches et tout ça…"