Bonsoir à toutes et à tous.
Voici le vingt-deuxième texte. Avec la publication de Ailleurs, j'ai mis un peu plus de temps à écrire l'Inktober suivant.
Strano, je te remercie une nouvelle fois pour tes lectures et tes gentilles reviews. Je suis heureuse que tu aies aimé les deux textes précédents, notamment Shun parce que je l'adore ce petit chaton.
Disclaimer: Tous les personnages présents et cités appartiennent à Masami Kurumada.
Jour 22: Fantôme. (Ghost)
Rating: K+.
443 mots.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture, et merci pour votre soutien.
Jour 22 : Ghost. (Fantôme)
Les bras croisés derrière la tête, appuyé contre un rocher, Angelo observait les morts tomber inlassablement dans le mont Yomotsu. Sa jambe se balançait doucement, son regard détaillant les formes passant devant ses yeux. Hommes, femmes, enfants, vieillards… La mort n'épargnait personne, et la finalité était toujours la même. Il y avait une certaine poésie à voir ces âmes aspirées par le vide, sans que rien ne puisse les retenir.
Il salua avec l'insolence de son statut la forme ailée, perchée en hauteur, dont le regard d'or le transperçait de toute sa rancœur. Le spectre d'Hadès était là en permanence, veillant sur le flot des âmes, et rageant de colère noire chaque fois que le Chevalier d'Athéna avait arraché aux Enfers une âme qui aurait dû s'y trouver. Ne pouvant pour autant agir, de peur d'ouvrir un conflit ouvert entre leurs Sanctuaires respectifs.
Angelo avait toujours trouvé cela absolument hilarant.
Il reporta son regard sur le défilé devant ses yeux. Il n'avait jamais été perturbé parce ce qu'il voyait. Depuis sa formation, le Puits des Enfers avait été son univers familier. Jusqu'au jour où le corps d'Aioros était tombé. Deathmask avait croisé, un bref instant, les yeux trop doux le regarder avec pitié avant de disparaître. Le Chevalier du Sagittaire souriait encore alors qu'il s'éteignait. Et Angelo avait couru, couru jusqu'au dixième temple, pour trouver Shura déjà effondré entre les bras d'Aphrodite. Shura couvert de sang. Shura au bord des larmes.
Comme l'Italien l'avait été, cette unique soirée.
Depuis, le flot continuel des défunts n'avait rien été d'autre qu'un spectacle fascinant dont il ne se lassait jamais, et qu'il n'interrompait sous aucun prétexte, si ce n'était pour arracher les âmes de ceux qu'il avait lui-même tué.
Il ne se souvenait plus très bien comment cela avait commencé, il se rappelait juste avoir voulu « saisir » cette vie qu'il était en train de prendre. L'instant d'après, entre ses doigts ensanglantés, une forme froide et vide, mais pourtant palpable, avait demeuré. Une âme. Hurlante, effrayée, endolorie. Qu'il avait regardé avec un effroi fasciné. Et à laquelle il avait redonné un visage terrifié, pour mieux pouvoir la garder en souvenir. Ce meurtre était sien. Et les suivants aussi. Fruit d'ordres donnés, mais auxquels il avait choisi d'obtempérer, suivant une logique devenue tellement simple à justifier : seul les plus forts méritent de vivre.
Deathmask n'oublierait jamais ceux qu'il avait tué.
Et l'ombre en hauteur, déversant des torrents de haine continus envers sa personne, non plus. Tel un fantôme mortel, il se chargerait de lui rappeler ses péchés, lorsque l'heure serait venue. De cela, le Chevalier du Cancer était absolument convaincu.
