Salut à tous! J'espère que vous allez toujours bien et que vous tenez le coup!

Ca y est, nous voilà (déjà damned) à l'épilogue! :') Je suis heureuse d'avoir réussi à aller au bout de ce projet qui me tenait vraiment à coeur ^^ J'espère que ce petit épilogue vous plaira! :)

Enjoy!


Deux mois plus tard…

Sanctuaire, Grèce

La douce chaleur du soleil caressait le visage de Kiki, encore allongé sur son lit d'infirmerie. Lovée contre lui, Raki somnolait encore, refusant de le quitter ne fut-ce qu'une seconde. Un doux sourire sur les lèvres, le Bélier passait une main douce dans ses cheveux, comme pour la bercer, la rassurer, lui montrer qu'il était bien là et qu'il ne la laisserait plus seule.

Il avait déposé son livre sur ses genoux, incapable de se concentrer plus longtemps sur le texte. Il continuait de penser à leur combat final, à cette victoire durement remportée. Il repensait à ce qu'ils avaient sacrifié, à ce qu'ils avaient perdu, et il dut lutter pour s'empêcher d'effleurer sa joue gauche, de caresser du bout des doigts cette longue cicatrice qui courait jusque son front. De constater une nouvelle fois l'absence de lumière du côté gauche de son monde.

Il s'était bien vite fait une raison, et ce avant le diagnostic du médecin: cet œil serait aveugle jusqu'à la fin de ses jours. Mais c'était un maigre prix à payer. Kiki savait qu'il pouvait vivre avec ce léger dérangement. Il savait que cette jambe droite qui boiterait toujours un peu pourrait le porter jusqu'au bout du monde. Les blessures physiques n'étaient rien: la souffrance dans son âme s'était enfin calmée, il pouvait enfin aller de l'avant sans que cette peine et cette colère ne noircisse son cœur.

Son combat contre Rhadamante l'avait brisé mais l'avait aussi libéré, et ses blessures lui rappelaient sans cesse que son âme en paix valait tous les combats. Il savait désormais que son maître était apaisé, qu'il vivait en lui et continuait de le soutenir. Il n'avait plus à chercher à le venger. N'en avait jamais eu besoin, au fond.

La vie au Sanctuaire avait repris son cours. Les bataillons des Chevaliers d'Argent et de Bronzes étaient occupés, quelques nouveaux apprentis avaient déjà rejoint les arènes d'entrainement, et une impression de paix générale baignait dans chaque temple, dans chaque recoin de ce havre de paix. Kiki inspira longuement: oui, maintenant, il était de retour chez lui.

Un léger bruit le fit se tourner vers la porte quand elle s'ouvrit avec un doux chuintement, et quand il reconnut l'homme aux longs cheveux noirs qui entrait dans l'infirmerie, il sentit son cœur se serrer. Un doux sourire ému sur les lèvres, Shyriû souffla, comme pour éviter de réveiller la petite fille endormie:

-Je venais prendre de tes nouvelles.

-Je vais mieux, merci.

Le Chevalier du Dragon hocha la tête, soulagé et il se rapprocha calmement. Depuis qu'ils avaient été libérés de leur sommeil infini, les heures passant, de légers signes de vieillissement marquaient désormais les visages des Bronzes, les laissant dans un harmonieux entre-deux, entre adolescence et âge adulte.

Shyriû venait le voir tous les jours depuis qu'ils étaient revenus des Enfers, et alors qu'ils avaient tous les deux craint un étrange malaise, c'était comme si rien n'avait changé. Ils parlaient peu, n'en avaient pas besoin pour exprimer leur émotion. Souvent, quand son ami le rejoignait, ils lisaient silencieusement, dans un calme parfait. Si bien que quand la porte s'ouvrit une nouvelle fois, ils étaient simplement plongés dans un silence paisible et confortable, très rapidement brisé par l'exclamation que poussa Marius en entrant en fanfare:

-La star apparait!* (Puis, remarquant non pas Raki endormie mais le Dragon dans la pièce, il continua) Oh désolé, on dérange?

-Pas le moins du monde.

Le rassura Kiki. Pas qu'il fut réellement inquiet pour un sou, le sourire de Marius s'élargit encore et il fit un simple pas en arrière pour se saisir de quelque chose, ou de quelqu'un:

-Ca va on peut entrer. Tu vois je t'avais dit qu'il dormait pas.

-Tu l'aurais réveillé avec une telle entrée de toute façon.

-Exactement!

Doucement entraîné à l'intérieur, Jørgen remarqua alors la petite fille endormie et hésita:

-Pardon, on ne savait pas.

Mais Kiki se contenta de rire doucement:

-Ne t'en fais pas, Raki dort comme un loir: il faudra que ça soit la fin du monde pour qu'elle se réveille.

Soulagé, le Verseau suivit donc son compagnon jusqu'au bord du lit, sans que leurs mains ne se quittent. Les côtes de Marius allaient bien mieux, étaient presque comme neuves, et malgré son bras en écharpe, Jørgen savait qu'il en serait bientôt débarrassé. Leur cosmos, uni à celui de leur Déesse, avait ressoudé les os et apaisé les plaies: dans quelques jours, il pourrait enlever son attelle. Mais ce n'était pas de ça qu'ils étaient venus parler. Toujours souriant, le Scorpion annonça:

-Nos valises sont prêtes donc on venait te dire au revoir.

-Déjà? Décidément le temps passe à une vitesse folle.

Jørgen hocha la tête, un doux sourire sur les lèvres:

-L'avion décolle dans trois jours depuis Athènes, je préférerais éviter de faire attendre mes tantes. Elles se sont fait un sang d'encre. Et puis, je dois vraiment leur présenter Marius.

Termina-t-il en échangeant un regard d'une douceur infinie avec son compagnon tandis que leurs mains semblaient se serrer un peu plus. Alors, touché qu'ils aient choisi de venir le saluer personnellement avant leurs brèves vacances plus que méritées, Kiki hocha la tête:

-Vous avez raison. Profitez bien de votre voyage surtout.

-Promis! Et on te ramènera un souvenir!

Rajouta Marius avec un enthousiasme sincère qui impressionna le Bélier. Ils savaient tous que la mort d'Oleg avait particulièrement chagriné le Scorpion. Il avait toujours insisté pour donner le change, mais tous avaient remarqué que son sourire d'habitude si franc s'était légèrement terni, juste ce qu'il fallait pour qu'ils le remarquent. Heureusement, il avait pu compter sur Jørgen qui l'avait accompagné sur ce chemin douloureux. Jamais il n'avait été seul, et, petit à petit, Marius redevenait le jeune homme lumineux qu'il avait toujours été.

C'était étrange, après cette guerre, tous les Chevaliers d'Or avaient quitté le Sanctuaire le temps d'accomplir un devoir de mémoire, de rassurer un membre de la famille,… Ils reviendraient, c'était sûr, mais Kiki était tout de même marqué par cette ultime différence entre eux: malgré tout ce qu'ils avaient vécu, le Sanctuaire n'était pas encore leur "chez eux". Ils avaient encore des attaches dans le monde extérieur, et il en était en fait heureux, bien plus qu'il ne l'avait été au début de l'aventure.

C'était une nouvelle génération, ils avaient le droit de prendre le temps de créer des attaches au Sanctuaire. Ils étaient encore si jeunes, ils avaient désormais la vie devant eux. Ils auraient le temps de se sentir chez eux.

Un sourire sincèrement ému sur les lèvres, Kiki souffla:

-Prenez soin de vous, et profitez de votre séjour.

Les deux plus jeunes hochèrent la tête, et comme des hirondelles prenaient leur envol à grands cris, ils se tournèrent vers la fenêtre et détaillèrent un instant le ciel bleu:

-Je me demande où en sont les autres.

$s$s$s$

Bayeux, France

Le cœur battant et la gorge serrée, Victor déglutit péniblement, leva le poing… Mais il s'immobilisa et se tourna vers la droite, l'air hésitant. Appuyé contre un mur à quelques mètres de là, David lui adressa un mouvement encourageant de la tête, son bras plâtré serré contre sa poitrine. Et même s'il ne parla pas, se contentant de sourire doucement, le Sagittaire pouvait presque deviner ce qu'il pensait:

-Vas-y. Tu as fait tellement pire.

Alors, malgré le nœud qui lui nouait le ventre, malgré ses jambes qui semblaient sur le point de l'abandonner, il inspira profondément et frappa à la porte avant de se reculer de quelques pas. Il chipota nerveusement au col de sa chemise, s'assura que son bandage n'était pas trop visible,… Puis il sentit qu'il n'y arriverait pas. Il ne pouvait pas simplement lui, leur faire face maintenant. Pas après toutes ces années.

Mais, pile comme il imaginait fuir, comme il jetait un coup d'œil paniqué vers la droite, David leva le pouce.

Et la porte s'ouvrit.

-Oui, c'est pour quoi?

Victor sentit son souffle se couper comme il tombait nez à nez avec une femme aux longs cheveux sombres. Et quand elle releva les yeux et comprit qui il était, elle écarquilla les yeux, laissa échapper un bref soupir surpris et porta une main à ses lèvres. Le Sagittaire déglutit difficilement mais il sut qu'il n'en avait rien laissé paraître. Alors, glissant les mains dans les poches de son jean, il souffla:

-Bonjour, Soraya. (Il hésita, prit son courage à deux mains) Je suis désolé de vous déranger. Est-ce que mon père est là?

-O-oui bien sûr, attends je vais le chercher, ne bouge pas.

Elle semblait réellement paniquée à l'idée que, quand elle reviendrait avec son compagnon, il serait parti. Quand elle eut disparu, Victor souffla, inspira longuement, cherchant ses mots. Mais il savait qu'il n'avait plus le choix: il devait être prêt, ne pouvait plus repousser l'échéance. Alors, quand sa belle-mère reparut, accompagnée de son père, il se força à soutenir leurs regards. Son père avait l'air vieilli, mais il avait l'air d'être en bonne santé. Des cernes s'étiraient sous ses yeux soudain alertes, et Victor remarqua avec un mélange de culpabilité et de soulagement qu'il avait repris le poids qu'il avait perdu tant d'années auparavant:

-Victor…

-Salut, papa.

Il avait la voix plus rauque qu'il ne l'aurait voulu, mais il ne parvenait pas à éclaircir sa voix. Il savait qu'il devait faire vite avant que l'émotion le submerge à nouveau. Il devait reprendre pied, reprendre le contrôle:

-Je suis allé voir maman, et je me suis dit que je pouvais passer te voir.

Du coin de l'œil, il vit que David secouait la tête et portait sa main libre à son visage, et pendant une folle seconde, il crut qu'il allait se ruer sur lui et lui asséner un coup vengeur sur le crâne. Mais il se contrôla, se tourna de nouveau vers son père qui venait de prendre la parole:

-Je suis si heureux de te re-…

-Attends. (L'interrompit immédiatement le Sagittaire) Laisse-moi parler, après tu feras ce que tu veux. Vous ferez ce que vous voulez. Mais j'aimerais parler d'abord.

Son père sembla hésiter mais, d'une main douce posée sur son bras, Soraya le convainquit. Plongeant son regard brun dans le sien, elle hocha la tête et Victor commença:

-Je suis désolé de m'être comporté ainsi avec vous. Je suis désolé d'avoir été si désagréable avec les filles et avec toi. (Il vit clairement des larmes émues noyer le regard de sa belle-mère mais il s'en détourna) Et je suis désolé d'avoir été aussi infect avec toi.

Il se tut un instant, essaya de se souvenir des sensations qui l'avaient envahi quand l'esprit de sa mère l'avait encouragé en Enfer, quand il avait affronté la Mort elle-même et lui avait tenu tête, lui avait fait regretter de lui avoir pris sa mère:

-Je crois que nos manières de faire notre deuil étaient très différente. Et j'étais trop jeune et trop en colère pour accepter ton silence. Mais ce n'était pas correct de ma part d'être autant en colère contre toi. Je n'avais pas le droit de t'en vouloir de parvenir à avancer alors que je m'accrochais au passé. (Il sentit sa gorge se serrer) Je suis venu m'excuser d'avoir été aussi arrogant, aussi désagréable, mais rien ne vous oblige à accepter. Je voulais juste que vous le sachiez et que vous ne-…

Sa voix se tut en un soupir choqué: son père le serrait contre lui. Et quand Victor sentit la douleur dans sa voix, il comprit qu'il pleurait. Son père qui n'avait montré aucune émotion pendant toutes ces années, qui avait refusé d'écouter sa souffrance… Son père pleurait.

-Pardonne-moi, pardonne-moi de ne pas avoir été assez fort. De ne pas avoir été là pour toi.

Victor ne savait pas comment réagir, à aucun moment il n'avait imaginé ce genre de situation, ce genre de contact ou d'effusion d'émotions. Il jeta un regard perdu et hésitant vers David, aperçut son sourire ravi mais aussi la lueur triste et envieuse dans son regard comme il l'encourageait d'un mouvement de la tête.

-J'aurais dû parler avec toi. J'aurais dû t'expliquer ce qui s'était passé. J'aurais dû te dire que je ne cesserais jamais d'aimer ta mère, ni toi. J'aurais dû t'expliquer que je ne cherchais pas à la remplacer. J'aurais pu faire tellement mieux.

Il ne comprenait pas ce changement, ne parvenait pas à comprendre pourquoi, d'un coup, les rôles étaient inversés. Ce ne fut que quand Victor croisa le regard embué de Soraya qu'il comprit: c'était grâce à elle. C'était elle qui l'avait aidé à mettre des mots sur ses émotions, c'était elle qui l'avait aidé à guérir, à laisser parler son cœur, à quitter cette carapace dont il s'était entouré pendant toutes ces années. Et quand elle lui sourit tendrement et les rejoignit, il sentit son cœur se fendre:

-J'aurais dû te parler aussi, t'expliquer que personne ne pouvait remplacer ta mère, t'expliquer que tu n'étais pas obligé de me considérer en tant que telle.

-C'était mon souhait, tu as toujours su que c'était une mauvaise idée de forcer les choses. (Intervint son père sans le lâcher pour autant. Et sans se détacher de son fils, de son garçon, il continua) J'espère que tu sauras me pardonner. Que nous pourrons guérir et continuer d'avancer.

Victor sentit que ses lèvres se mettaient à trembler, et il eut presque l'impression d'entendre la voix de son armure se mêler à celle de sa mère:

-Je suis si heureux que tu sois revenu.

Alors, il referma lentement les bras sur le dos de son père et ferma les yeux:

-Merci de m'avoir attendu.

Ils restèrent enlacés ainsi de longues minutes, ce ne fut que quand deux jeunes filles apparurent à la porte et hésitèrent une seconde avant de se rapprocher avec curiosité, se souvenant vaguement de celui qui semblait vouloir masquer ses larmes émues à tout prix. Et quand elles le reconnurent, elles hésitèrent un instant, comme si elles ne gardaient pas d'assez bons souvenirs, puis, elles sourirent et la plus jeune l'agrippa par le bras pour l'attirer à l'intérieur. Alors, le bras de son père passé autour des épaules et la main de Soraya doucement posée sur son bras, Victor rentra enfin chez lui.

Plus loin, caché dans l'ombre, David les observa en souriant, les yeux brillants et le cœur serré malgré lui: quels progrès son ami avait fait en si peu de temps. Et quelle chance il avait d'avoir une telle famille qui l'attendait, une famille prête à réfléchir et à se remettre en question pour pouvoir avancer ensemble. Il poussa un soupir rieur et se détourna:

-Bon, où aller?

A vrai dire, il n'avait aucune envie de retourner chez lui. Contrairement au père de Victor, le sien ne serait jamais prêt à réfléchir, à se remettre en question: hors de question, donc, de retourner se jeter dans la gueule du loup. Il avait maintenant une chance d'échapper à tout ça, peut-être pouvait-il déjà rentrer au Sanctuaire maintenant que son rôle ici était termin-…

-Où t'as cru aller?

Un violent choc le fit sursauter, et quand il comprit que quelqu'un venait de se jeter sur lui et de passer un bras autour de ses épaules, il croisa le regard améthyste de Victor, il écarquilla les yeux:

-Mais putain, mon bras! T'es un grand malade toi!

Les yeux légèrement rougis, Victor se contenta de hausser les épaules:

-N'exagère pas, tu es presque réparé. (Puis, avant que leur fameuse joute verbale ne prenne trop d'ampleur, il l'interrompit) Tu dois faire quelque chose?

-Bah d'abord à l'hôtel chercher ma valise puis je vais rentrer et…

-Bien, donc pas grand-chose.

-Pardon?

Un sourire apaisé et sincère sur les lèvres, Victor se recula et le saisit par l'épaule pour le pousser dans la direction inverse) Viens. Je vais te présenter.

Ce ne fut que quand ils se retrouvèrent dans le hall d'entrée et que les quatre membres de la famille lui tendirent la main et le remercièrent que David comprit: le Sagittaire venait de lui offrir une place dans sa famille. Il lui permettait de devenir son frère et de partager une vie familiale qui ne lui serait pas néfaste.

Le cœur du Lion se serra dans sa poitrine, et il jeta un regard ému et hésitant à son frère d'armes qui se contenta de hausser les épaules:

-N'hésite surtout pas à verser une larme, j'enverrai la vidéo aux autres.

David laissa échapper un rire étranglé, mais ils ne chamaillèrent pas.

Pas en présence de la famille retrouvée de Victor.

Plus tard, mais pas tout de suite.

-Merci.

-Non, merci à toi.

$s$s$s$

Bonn, Allemagne

Aliénor vérifia l'adresse notée sur le bout de papier que le Pope lui avait confié au moment du départ, et quand elle se fut assurée qu'elle était au bon endroit, elle soupira légèrement et se retourna:

-C'est ici.

Lentement, d'un pas à la fois lourd et discret, la silhouette aux cheveux sombres se rapprocha, serrant contre lui une feuille pliée en quatre. Comme il s'apprêtait à sonner, le Gémeau souffla:

-Ca ira?

Tarek hocha lentement la tête et sonna, sans manifester une seule hésitation:

-C'est à moi de le faire.

Deux mois auparavant, quand Athéna avait été libérée de son sommeil éternel aux Enfers, la lumière que l'ultime attaque du Bien avait dégagé avait brisé le cercueil de glace qui le retenait au Cocyte. Et quand le cosmos de la Déesse avait englobé son cœur, lui avait ouvert les yeux avec une rare douceur, il avait senti une violente nausée le secouer.

Il avait vu son combat éternel contre le Mal, ses affrontements avec le Dieu des Enfers, avait vu les horreurs causées par celui qu'il avait choisi de suivre, la foi et l'espoir que dégageait cette jeune femme aux cheveux mauves,… Et il avait compris qu'Hadès s'était joué de lui et qu'il avait été manipulé. Qu'il avait tué Sigmund, Oleg et Pablo de ses propres mains et que leur sang était en fait pur. C'était lui le monstre, c'était lui qui n'avait rien compris, lui qui avait choisi une voie facile, lui qui avait choisi de trahir ses frères,…

Il s'était mis à trembler violemment et il avait plaqué les mains sur sa tête, enfonçant ses ongles dans son cuir chevelu jusqu'à en saigner, mais il n'avait pas réussi à entendre la voix de son armure. Mais quand, accompagnée de cinq Chevaliers de Bronze et de ses huit frères d'armes, Athéna était arrivée devant lui, droite et digne dans son armure divine, il était tombé à genoux, la tête basse, incapable de soutenir son regard. Marius avait fait un pas en avant, le poing levé, mais, d'un simple mouvement de la main, Saori l'avait arrêté. La voix de Tarek avait tremblé quand il l'avait supplié de le tuer:

-Athéna, je ne peux pas vivre en portant de tels péchés, une telle honte. Je suis un monstre et je ne mérite pas de vivre, pas plus que je ne mérite votre clémence. J'ai tué trois de vos meilleurs guerriers, j'ai causé la mort de nombres d'innocents, j'ai été faible face au mal. Pitié, mettez fin à mes jours. Tuez-moi.

Il avait baissé la tête, avait attendu sa sentence, la seule qu'il méritât. Mais quand la Déesse aux yeux pers s'était avancée, Aliénor s'était interposée:

-Athéna, puis-je intervenir?

Tous s'étaient attendus à ce qu'elle explique à sa Déesse pourquoi il fallait accéder à sa requête, pourquoi il fallait venger ceux qui étaient tombés et punir le traitre. Mais ils s'étaient trompés. Aliénor avait défendu Tarek. Avait raconté la trahison de son maître, l'horreur de son enfance, montré qu'Hadès avait compris qu'il pourrait manipuler un enfant brisé qui avait tant besoin d'un guide dans ce monde si cruel. Après tout, l'armure du Taureau ne l'avait jamais quitté, comme pour le soutenir, prouver qu'il pensait vraiment protéger la Terre et l'Humanité.

Elle était même allée jusqu'à se placer devant lui et à s'incliner à son tour vers Athéna:

-Alors, je vous en prie, épargnez-le. Laissez-le apprendre de son erreur, laissez-le vous prouver sa valeur. S'il vous plaît.

-Non, non je ne mérite pas de vivre, pitié, tuez-moi.

Sans les quitter des yeux, Athéna avait posé la main sur l'épaule d'Aliénor pour la faire se décaler. Elle s'était alors dressée devant Tarek, avait serré son Sceptre dans sa main…

Puis s'était agenouillée face à lui et avait posé sa main sur sa joue pour redresser son visage:

-Tu as énormément souffert, Chevalier… (Son sourire était si doux, si doux) Je m'excuse de ne pas avoir été là pour toi…

Tarek avait senti son cœur se serrer dans sa poitrine, et une larme, la première depuis des années, avait glissé sur sa joue, roulé sur la main si tendre de la Déesse qui avait alors soufflé:

-Tout est pardonné. Tes yeux sont ouverts, maintenant. Et je ne vous abandonnerai plus.

Il avait fondu en larmes, purement et simplement.

Et même si les autres n'avaient pas pu lui tendre la main, pas tout de suite, Aliénor l'avait fait. Elle était à ses côtés, soutenait les regards sombres et hésitants des autres.

Tarek savait qu'il ne méritait pas cette deuxième chance, qu'il ne méritait pas d'être traité comme un frère par les autres. Il savait que Marius était en colère, qu'Hiroki et Keith étaient blessés… Et pourtant… Pourtant, ils avaient tous fini par accepter de le regarder en face. Le Scorpion l'avait gratifié d'un violent coup de poing avant de le serrer contre lui, et tous les autres, plus posés, avaient demandé à lui parler, à écouter son histoire en détails. Alors, ils avaient soufflé et avaient accepté de pardonner. La séance avait été pénible, brisée par David qui avait quitté le deuxième temple le temps d'aller se calmer dehors et d'être ramené par Victor, mais elle avait permis de crever l'abcès. Il faudrait encore du temps, mais le pire était fait. C'était là que Tarek avait compris qu'il avait gagné de véritables frères dans cette guerre.

Mais il ne pouvait pas se pardonner d'avoir été aussi aveugle, de les avoir trahis. D'avoir été du mauvais côté. Il ne pouvait plus dormir, ne pouvait soutenir le regard des autres, même s'il s'était adouci. Il ne pouvait pas vivre avec un tel poids sur ses épaules. Il ne parvenait pas à accepter le regard si doux d'Athéna malgré tout ce qu'il avait fait.

Alors, il avait décidé d'aller prévenir la famille de Sigmund.

C'était sa responsabilité.

Le prix à payer.

Il n'avait pas pensé qu'Aliénor l'aurait accompagné, mais elle était simplement là quand il avait quitté son temple:

-Je veux m'assurer que tu ne désertes pas.

Il savait que rester en vie était une épreuve, mais il savait qu'elle voulait le voir la surmonter. Prouver qu'il pouvait se faire pardonner. Alors il avait accepté qu'elle le suive. Et ils étaient là tous les deux, face à cette porte qui s'ouvrit enfin, laissant voir une femme aux yeux cernés et au visage épuisé:

-Je peux vous aider?

Tarek inspira brièvement et se lança, avec autant de tact que possible:

-Excusez-moi de vous déranger, vous êtes bien Lydia Kahnwald?

Elle hocha la tête, et ses jointures blanchirent quand elle serra la porte de ses mains:

-Oui, que puis-je pour vous?

Il entendit des rires d'enfants résonner dans la maison, et sa gorge se serra:

-Madame, je suis un… (Comment osait-il penser employer le terme "ami"?!) Je suis une connaissance de votre mari.

Une lueur d'espoir éclaira le regard gris de Lydia:

-Vous connaissez Sigmund?

-Oui, nous avons travaillé ensemble.

Ils ne pouvaient pas parler d'Athéna, ne pouvaient pas parler de la Guerre Sainte, ne pouvaient que trouver une couverture crédible:

-Je suis désolé mais je n'ai plus de nouvelles depuis plusieurs mois, je ne peux pas vous dire où le trouver.

Il prit le temps de respirer, aussi calmement que possible, le temps d'essayer de trouver les bons mots, ceux qui n'existaient pas:

-Je sais. C'est pour ça que je suis là, pour vous parler de… De ce qui est arrivé.

Il eut presque l'impression de pouvoir voir son cœur se briser, avec une telle netteté qu'il sentit qu'au fond d'elle, elle savait:

-Il y a eu… Un accident, un accident grave. Un accident dont je suis responsable et que j'aurais pu éviter.

Les lèvres de Lydia se mirent à trembler et ses ongles griffèrent le bois de la porte:

-Votre… Sigmund s'est… Il s'est sacrifié pour nous protéger.

Ses genoux flageolèrent mais elle resta debout. Un premier hoquet lui échappa uniquement quand il lui tendit l'urne:

-Je suis tellement désolé.

Elle déglutit péniblement et se saisit de l'urne funéraire avec des mains tremblantes. Mais quand sa voix s'éleva, elle était étrangement posée:

-Je m'en doutais… Il y a quelques mois déjà, j'ai senti qu'il était parti. Les enfants l'ont senti aussi, ils sont encore plus sensibles que moi. (Elle inspira longuement, un soupir tremblant) Je vous remercie d'avoir fait le déplacement pour nous donner ses-…

Sa voix se brisa et elle se mit à trembler, si violemment qu'Aliénor hésita à intervenir. Mais Lydia se reprit et elle serra l'urne contre son cœur:

-…ses cendres… Bonne journée à vous deux.

-Attendez.

Elle déposa l'urne avec un respect immense sur un meuble dans l'entrée et lui jeta un regard empli de reproches, comme si elle ne pouvait pas accepter d'être retenue alors qu'elle risquait de fondre en larmes à chaque seconde. Mais quand Tarek lui tendit la feuille de papier, elle ne put retenir un hoquet tremblant:

-Un autre de nos collègues a fait ceci avant… Avant l'accident. Je pense qu'il vous revient.

Lydia s'empara d'une main tremblante du papier, et quand les traits au crayon apparurent clairement dans la lumière du couchant, quand elle observa le visage de son époux, le sourire de son âme-sœur et cette lueur si douce dans son regard, elle sut qu'elle ne parviendrait pas à rester digne. Elle plaqua sa main libre sur ses lèvres et fondit en larmes irrépressibles. Elle glissa à genoux sur le sol, les épaules secouées de tremblements, et ses pleurs déchirants noyèrent les bruits de la rue.

Les lèvres livides, Tarek souffla d'une voix faible:

-Je suis si désolé… Tellement désolé. J'aurais pu empêcher ça, j'aurais pu le sauver. Tout est de ma faute. Je ne saurai jamais me le pardonner. (Il ne savait pas quoi faire de plus, ne se sentait pas digne de l'aider à se redresser, alors, il se détourna en répétant encore une fois) Je suis désolé…

Il hésita à tendre la main vers elle, s'en empêcha au dernier moment. Il ne méritait pas de pardon. Il n'avait pas le droit de la toucher avec des mains si sales, si pleines du sang de son propre époux. Alors, Tarek sut qu'il ne pouvait rien faire de plus. Il se recula lentement:

-Je suis désolé…

Aliénor le laissa s'éloigner de quelques pas, s'approcha de Lydia et lui tendit un papier sur lequel elle trouverait le numéro de compte que Sigmund avait laissé pour les enfants et elle s'il lui arrivait quelque chose. Inutile de dire qu'Athéna et le Sanctuaire s'occuperaient désormais de leurs dépenses : ils ne comprendraient pas, la prendraient pour une folle. Lydia sanglotait lourdement, incapable de s'arrêter, d'accepter,…

Mais quand ils se furent éloignés tous les deux d'un pas lourd, sa voix brisée les rappela:

-Merci…

Ils se retournèrent et quand il croisa son regard trempé de larmes et le léger sourire au coin de ses lèvres malgré la souffrance, Tarek sentit son coeur se serrer dans sa poitrine:

-Merci de nous l'avoir rendu… De l'avoir ramené à la maison…

Il déglutit péniblement, chercha les bons mots.

Sut qu'il n'y en avait pas.

S'inclina une dernière fois, une main sur le cœur.

-Tu as été courageux.

Lui dit Aliénor plusieurs minutes plus tard, quand ils se furent éloignés. Le centre-ville était magnifique, mais Tarek ne parvenait pas à profiter de l'endroit, à peine parvint-il à répondre:

-C'était mon devoir.

Le Chevalier des Gémeaux se tut un instant avant de continuer:

-Accepter la décision d'Athéna et rester en vie et à nos côtés était aussi très courageux.

-Je n'avais pas le choix. Et puis, je dois purger ma peine…

Elle sembla hésiter, mais le mouvement de son bras s'arrêta, la laissant simplement continuer sur un ton neutre qu'il savait empli d'encouragements et de soutien discret:

-Tu sais, tu n'es pas tout seul dans cette épreuve. Il faudra peut-être du temps pour que les autres pardonnent, mais nous sommes tous là pour te soutenir.

Il y eut un bref silence entre eux, sans pour autant qu'ils se sentent mal à l'aise. Au contraire, c'était un silence qu'ils avaient appris à maitriser, à comprendre.

-Merci. Merci d'avoir cru en moi.

-Tu as été le premier à me faire confiance, je ne pouvais pas te laisser te perdre comme ça. (Elle esquissa un semblant de sourire, un peu plus apaisé depuis leur retour, comme si la haine avait disparu de son regard devenu plus doux) Nous sommes quittes maintenant.

Il l'arrêta d'un mouvement à la fois déterminé et doux, et quand il soutint son regard, ce fut avec une grande sincérité:

-Non. Non nous ne sommes pas quittes. Je crois que je ne pourrai jamais assez te remercier. Je te dois la vie et bien plus encore. Je te dois ma chance de pardon et de salut : pour cela, je te serai éternellement reconnaissant, Aliénor des Gémeaux.

Elle soutint son regard un long moment puis hocha la tête elle se saisit calmement mais fermement de son bras, mimant une accolade dont elle gardait des souvenirs qui n'étaient pas les siens:

-Je sais que tu ne me décevras pas, Tarek du Taureau.

Quand ils se remirent en route dans les rues pavées de Bonn, ils se rendirent compte qu'ils marchaient un peu plus près l'un de l'autre. Mais surtout que leurs cœurs et leurs épaules étaient plus légers.

Ils pouvaient compter l'un sur l'autre.

$s$s$s$

Wanaka, Nouvelle-Zélande

Des larmes étaient aussi versées ici, sur le pas de la porte d'une maison entourée de verdure. Mais ce n'étaient pas des larmes de douleur, comme en Allemagne. Bien au contraire. Il s'agissait de larmes choquées, surprises et émues. Les larmes de parents qui retrouvaient le fils qu'ils croyaient mort depuis des années.

La mère de Calum avait laissé échapper un cri étouffé, et son père l'avait serré si fort contre lui qu'ils crurent un instant qu'il allait le briser en deux. Les deux adultes adressèrent des remerciements noyés de larmes à celui qu'ils avaient si injustement accusé, sans jamais lâcher leur garçon retrouvé. Calum pleurait d'émotion, lui aussi, mais malgré le bonheur évident que cette famille retrouvée dégageait, Keith refusa poliment quand ils l'invitèrent à entrer. Il avait autre chose à faire.

Il rejoignit donc Hiroki qui l'attendait un peu plus loin pour ne pas déranger. Et quand il vit revenir son ami, le Chevalier de la Vierge se redressa:

-Alors?

Keith sourit doucement et hocha la tête:

-Tout s'est bien passé. Ils sont réunis maintenant et je ne voulais pas m'imposer.

-Je suis sûr qu'ils auraient été ravis de t'accueillir.

-Je ne sais pas. De toute façon, ils ont tellement de choses à se dire, tant d'années à rattraper: je préfère les laisser. C'est mieux comme ça.

Hiroki laissa échapper un « hm »** compréhensif et posa une main rassurante sur son bras:

-Je suis heureux que tout se termine bien pour eux.

-Moi aussi.

Keith hésita une seconde, puis sa main effleura celle de son frère d'armes:

-Merci d'être venu avec moi.

Un doux sourire se dessina sur les lèvres d'Hiroki:

-Avec grand plaisir.

Le chemin jusqu'à l'établissement où se trouvait sa mère se fit dans un silence complice quoique teinté de nervosité. Après tout, Keith ne savait pas dans quel état elle serait, ne savait même pas s'il le reconnaitrait. Il était inquiet, mais la présence d'Hiroki à ses côtés le rassurait considérablement, comme si l'aura tranquille qu'il dégageait parvenait à apaiser son compagnon d'armes.

Les infirmières le reconnurent tout de suite, et au moment de pousser la porte de la chambre, il dut inspirer longuement pour prendre son courage à deux mains. Sa mère était assise dans sa chaise en osier et se balançait doucement, tournée vers la fenêtre et observant le soleil couchant qui teintait la pièce de couleurs rouges ardentes:

-Maman, je suis revenu.

Comme il le craignait, sa mère ne se retourna pas, n'esquissa pas un mouvement qui laissait croire qu'elle l'avait entendu. Hiroki vit clairement son ami baisser les épaules et cela lui serra le cœur. Pourtant, il ne savait pas quoi faire de plus pour lui montrer son soutien. Ils échangèrent un regard, blessé et déçu pour l'un et encourageant mais touché de l'autre, puis Keith s'avança. Il s'accroupit et posa les mains sur les genoux de sa mère pour tenter d'attirer son attention comme il soufflait:

-Je suis désolé d'avoir mis autant de temps, j'ai beaucoup voyagé. Et je suis venu avec un ami.

Hiroki s'avança à son tour et inclina le buste:

-Bonjour madame.

Lentement, elle se tourna vers eux, un sourire permanent sur les lèvres. Puis, elle se détourna de nouveau, perdue dans sa contemplation du soleil et des nuages teintés de mille couleurs. Nouveau silence, brisé par un soupir à la fois déçu et presque amusé de Keith: il savait que sa mère ne réagirait pas, mais il était heureux de voir qu'elle allait bien et qu'elle continuait de sourire.

Pile comme il allait proposer à Hiroki d'aller chercher un café ou un thé, une main effleura son visage, caressa sa joue et repoussa doucement ses cheveux derrière son oreille. Keith se figea et la Vierge écarquilla les yeux quand une voix rauque d'être si peu utilisée s'éleva:

-Je suis heureuse que tu sois sorti de l'Enfer. (Elle souriait doucement, et son regard, bien qu'encore absent, était clairement plongé dans celui de son fils) Ton père et un ami vêtu d'or étaient avec vous.

Les deux Ors en restèrent bouche-bée, et Keith se saisit de la main dans sa mère:

-Tu… Quoi tu sais?! Tu as vu Pablo?!

Elle ne les entendait pas eux, ça se voyait à son visage, mais elle semblait écouter quelqu'un et elle répondit doucement:

-Ils sont juste ici, et ils disent qu'ils veilleront sur vous. (Puis, après avoir souri tendrement dans le vide, elle lui caressa de nouveau la joue) Ton père va rester avec moi. Mais votre ami va vous accompagner. Il sait que vous prendrez soin l'un de l'autre, mais il veut veiller sur vous de là où il est.

La même émotion les prit tous les deux à la gorge et les lèvres de Keith se mirent à trembler comme Hiroki semblait chercher dans la chambre, espérant croiser le regard de leur ami perdu. Mais rien ne leur vint, rien ne leur permettait de croire les paroles de la mère du Poisson. Pourtant, quand un coup de vent caressa leurs visages, ils purent presque sentir une once de cosmos les effleurer.

Alors, Hiroki tomba à genoux, lui aussi, retenant bravement des larmes qu'il refusait de laisser couler. La main de Keith trouva la sienne, posée en poing sur sa cuisse, et leurs doigts s'entremêlèrent comme ils tentaient de retenir leur émotion grandissante, comme ils essayaient de s'accrocher à l'autre comme une bouée. Une larme glissa sur la joue du Poisson, roula le long de la main de sa mère, mais il sourit, serrant la main d'Hiroki dans la sienne et soutenant le regard doux de sa mère:

-Merci.

Le soleil couchant les engloba de sa lumière, projetant sur le mur les ombres évanescentes de deux hommes.

Ils ne seraient jamais seuls. Pablo vivrait toujours dans leurs cœurs.

Ils étaient réunis, ensemble jusqu'à la fin.

$s$s$s$

-Où sont les Chevaliers d'Or alors?

Demanda Julian Solo. Lukas porta la tasse à ses lèvres et prit le temps d'avaler une gorgée de son thé avant de répondre:

-Je pense qu'on peut parler de vacances. Ils sont encore si jeunes et ont vécu de telles horreurs, Athéna a l'air de leur laisser un peu de temps pour revenir d'eux-mêmes au Sanctuaire.

-Parce qu'elle pense qu'ils reviendront?

Intervint Sorrento, assis aux côtés de son compagnon. Le Marina hocha la tête:

-Je le pense aussi. L'endroit dégage une telle force, une telle vague d'émotion… Je crois qu'ils finiront par revenir. C'est réellement devenu leur chez-eux.

Julian hocha la tête et il ferma les yeux un instant, le temps de pousser un bref soupir soulagé, imperceptible, remarqué uniquement par Sorrento. Le visage du Dieu des Océans sembla se détendre et il adressa un sourire apaisé à leur garçon:

-Je suis heureux que cette histoire soit enfin terminée et que tu sois sain et sauf.

-Moi aussi. J'espère vous avoir fait honneur à tous les deux.

-N'en doutes pas. (Le rassura Julian en portant sa propre tasse à ses lèvres) Les autres seront ravis de ton retour, ils avaient hâte de reprendre les entraînements avec leur frère d'armes.

Un long silence suivit sa déclaration, un silence empli de non-dits. Intrigué, Sorrento se tourna vers le Dragon des Mers et Julian leva les yeux de sa tasse. Les mains posées sur les genoux, les yeux baissés, Lukas semblait en proie à un véritable conflit intérieur. Et voir leur garçon tracassé lueur serrait toujours le cœur. Pourtant, l'homme aux cheveux bleus ne laissa rien paraître:

-Y a-t-il quelque chose d'autre dont tu voudrais nous parler? Ta mère, peut-être?

Gagné.

Les épaules du jeune homme tressaillirent et Sorrento tiqua avant d'ouvrir la bouche, comme pour l'interrompre. Mais, d'un simple mouvement de la main, Julian lui demanda d'attendre. Lukas pinça les lèvres, hésita quelques longues secondes puis souffla:

-Je ne… Je ne pensais pas que mes sentiments changeraient. Je n'étais que quelque peu curieux en arrivant en Irlande. Je voulais apprendre quelques informations puis accomplir ma mission et rentrer à la maison. Mais… (Il chercha ses mots, chose extrêmement rare) Mais il s'est passé quelque chose.

C'était comme si le fait d'avoir baigné dans le cosmos d'Athéna, celui qui entourait le Sanctuaire, il avait pris le temps de travailler sur lui-même. Il avait repensé au combat mené au château, en Irlande, au regard de sa mère, à sa force et à sa détermination,… Sa colère et son incompréhension s'étaient tues petit à petit, surtout depuis qu'il s'était assis la première fois devant la tombe de celui qu'on disait son père. Quand le vent soufflait sur le cimetière et qu'il était assis face à la stèle, il avait presque l'impression d'entendre une voix qui le rassurait jusqu'au plus profond de son âme. Et quand le Pope lui en avait dit plus, quand elle avait ouvert son cœur…

Il avait été incroyablement soulagé. S'était enfin senti complet, réparé.

Et ce sentiment avait encore grandi dans sa poitrine quand, alors que les Ors luttaient en Enfer, un souffle avait effleuré ses oreilles tandis qu'une silhouette vague lui apparaissait le temps d'un clin d'œil:

-Quel homme tu es déjà. Veille bien sur ta mère et ta sœur pour moi.

Un grand frisson l'avait secoué, et il avait jeté un regard perdu vers la gauche, vers Hélène qui restait appuyée contre une colonne et vers le Pope dont le sourire s'était adouci.

Il avait réellement été secoué par cette voix, par la tendresse qui avait émané de son cosmos furtif. Le sentiment d'être complet, d'être enfin chez lui avait continué d'enfler, tant et si bien que quand il avait quitté le Sanctuaire, il avait hésité. Il ne savait pas si Ariane l'avait remarqué ou non, mais après lui avoir demandé de transmettre ses salutations à Poseidon, elle avait souri avec tendresse:

-Tu seras toujours à ta place ici. Alors n'hésite pas à passer nous saluer, si tu le souhaites.

Une autre voix s'était mêlée à la sienne, un chant qui émanait du septième temple. Un chant qui l'avait accompagné tout le long du trajet. Un chant qui s'était mêlé à celui de sa Squale. Lukas posa la main sur la boite qui contenait son armure, inspira et souffla:

-Je crois que… Je crois que je ne peux plus porter la Squale du Dragon des Mers. Elle-même me dit que le mieux à faire est de vous la rendre et de… De retourner au Sanctuaire.

Il ne parvenait pas à relever la tête, ne parvenait pas à soutenir le regard de ses parents, un regard qu'il pensait mortifié et trahi, empli de colères et d'un océan prêt à se déchaîner. Il était honteux de se comporter ainsi devant les deux hommes qui l'avaient élevé, devant les deux hommes qu'il admirait le plus au monde, mais il savait, sentait, que son cœur le poussait à retourner au Sanctuaire:

-Je sens que ma place est là-bas, maintenant.

Et ce silence qui n'en finissait pas.

-Je crois que je l'ai toujours su, au fond de moi. Mais… Mais j'avais peur. Peur de vous décevoir, peur de décevoir ce père que je ne connais pas,… Peur de ne pas être assez bien pour une mère qui avait choisi de m'abandonner… Mais je sens que fuir n'est pas la solution. Je sens que je dois y retourner.

Derrière une mèche de cheveux sombre, il pouvait voir que Sorrento serrait les poings, il pouvait voir que la main de Julian sur celle de son compagnon s'était immobilisée. Lukas baissa un peu plus la tête, terriblement honteux:

-Je suis vraiment désolé de-…

-Nous pensions que tu ne te déciderais jamais.

Il redressa la tête, les lèvres entrouvertes sur une exclamation muette. Et quand il croisa le regard ému de Julian et aperçu le doux sourire de Sorrento, il sentit son cœur se serrer dans sa poitrine:

-Ta place est là-bas, et ce depuis que tu es né.

-Que… Comment ça?

-Ta mère, les Polaris et nous pensions qu'en vous éloignant du Sanctuaire, ta sœur et toi seriez épargnés, mais le destin vous y a mené. Il vous a poussé vers des rôles détournés, un Mémorial et une Squale, mais vous êtes retournés là-bas et, sans le savoir, vous êtes rentrés chez vous. C'est pour ça que tu sembles si apaisé, n'est-ce pas?

Sorrento prit la parole à son tour:

-Nous avons toujours su que ce jour risquait de venir, et nous sommes très heureux d'avoir pu passer toutes ces belles années à tes côtés. (Il échangea un regard tendre et ému avec son compagnon) Nous voulons ton bonheur avant tout, et s'il est au Sanctuaire, sache que nous sommes heureux de te laisser y aller.

Lukas ouvrit la bouche, la ferma, la rouvrit, la referma: il ne savait pas quoi dire, n'arrivait pas à comprendre les émotions qui lui nouaient la gorge:

-Je… Je ne pensais pas que…

Les deux hommes hochèrent la tête, comme pour le rassurer, et Julian souffla:

-Quoi que tu choisisses, tu seras toujours notre garçon. Et nous t'aimerons toujours et serons toujours fiers de toi.

Ses yeux le brulaient, et même s'il aurait voulu maintenir une façade comme s'il s'adressait au Dieu qu'il servait et à son bras droit, Lukas quitta son fauteuil et alla s'agenouiller face à eux pour les enlacer et les serrer contre lui. Leurs bras se refermèrent immédiatement sur son dos, et comme il sentait le léger rire de Sorrento lui chatouiller la nuque, il enfouit son visage dans leurs gorges et souffla, la voix étouffée par l'émotion:

-Et vous serez toujours mes parents.

Une larme émue glissa sur sa joue comme il les serrait contre lui, touché par leur dévouement et leur amour sans failles. D'une même voix, un unique « merci » franchit leurs lèvres au même moment.

-Merci…

$s$s$s$

Un léger coup de vent souleva les cheveux d'Ariane dans son dos comme ses pas la menaient une fois de plus vers le cimetière du Sanctuaire: elle tenait à remercier encore une fois les trois Ors tombés au combat, à honorer leur mémoire. Son cœur se serra dans sa poitrine comme une petite voix lui soufflait qu'elle avait envoyé ces trois hommes à la mort, qu'elle les avait sacrifié pour un bien commun. Décidément, le poids de son titre de Pope pesait de plus en plus lourd sur ses épaules…

Quand Athéna était rentrée au Sanctuaire, Ariane avait immédiatement remis sa démission (si tant était qu'on pouvait démissionner de son rôle de Pope). Elle s'était agenouillée, avait tendu le lourd casque rouge à sa Déesse et avait attendu. Mais Athéna n'avait pas saisi le casque. Elle s'était agenouillée face à elle et l'avait serrée dans ses bras, des larmes de reconnaissance dans les yeux tandis qu'elle soufflait:

-Je ne saurai jamais assez te remercier, Ariane de l'Aurore. Merci d'avoir guidé mes Chevaliers pendant mon absence, merci d'avoir gardé espoir et d'avoir continué la lutte.

Athéna s'était redressée et, avec un regard brillant et incroyablement mature, un sourire ému sur les lèvres, elle avait doucement tendu le casque à Ariane, un casque qui paraissait étrangement plus léger:

-Personne ne mérite plus ce rôle de Pope que toi.

L'esprit envahi de ces souvenirs, Ariane contempla les trois pierres commémoratives, ferma les yeux et leur adressa excuses et remerciements, une fois de plus. Elle savait qu'ils étaient tous au courant des risques, mais le Pope ne pouvait s'empêcher de se sentir mal de les avoir envoyés à la mort… Et de ne pas avoir compris tout de suite qui était le traître.

Ariane secoua la tête: non, elle ne devait pas penser ainsi. D'après ce qu'Aliénor et Athéna avaient expliqué, Tarek avait été manipulé par Hadès qui avait profité de la lâcheté de son maître et de son désir de paix. Elle avait évidemment ressenti de la colère, de la véritable colère pure, quand elle avait appris, mais bien vite, une fois les yeux posés sur le visage défait du Taureau, elle avait décidé de laisser la rancœur de côté. Le poids de la trahison et des erreurs suffisait déjà, Tarek n'avait pas besoin de ses reproches en plus. Il avait compris la leçon et avait promis de se racheter.

Elle-même savait à quel point la culpabilité pouvait handicaper quelqu'un, elle n'en était pas encore tout à fait libérée, et ce malgré le regard apaisé de Lukas et l'attitude plus calme d'Hélène. Instinctivement, ses pas la menèrent donc vers sa tombe. Vers lui.

Ariane sourit doucement et posa une main complice sur la pierre: pendant que les Ors luttaient aux Enfers, les esprits des anciens Chevaliers tombés au combat leur étaient venus en aide. Et après avoir aidé à vaincre les Dieux Jumeaux, certains avaient rapidement traversé les prisons infernales pour rejoindre les vivants le temps d'un instant. Le temps pour elle de ressentir sa main sur son épaule et son sourire illuminer son cœur:

-Tu as fait du si bon travail, Ari'.

Le contact avait été bref, il n'avait pas beaucoup de temps et il avait plusieurs personnes à saluer.

Ariane avait clairement vu sa fille sursauter violemment avant de s'appuyer contre une colonne, les yeux écarquillés et les lèvres ouvertes sur une exclamation muette quand un coup de vent l'avait effleurée. Puis le vent avait circulé, avait secoué les cheveux de Lukas qui avait tressaillit et avait pâli. Puis, les cosmos des morts avaient disparu.

Elle ne savait pas ce qu'il avait dit à leurs enfants, et elle n'avait pas à le savoir. Mais elle était heureuse qu'il ait pu leur adresser la parole: ils avaient l'air si apaisés maintenant.

Perdue dans ses pensées, elle faillit ne pas sentir la présence qui se rapprochait d'elle. Mais elle n'aurait pas pu la manquer, pas avec un tel cosmos:

-Je pensais bien te trouver ici.

Ariane se retourna et, portant la main à son cœur, elle s'inclina:

-Athéna.

Le soleil se reflétant sur son Sceptre doré, la jeune femme aux longs cheveux mauves se rapprocha d'un pas calme. Ariane devait avouer qu'elle avait été surprise de retrouver face à elle non pas la jeune guerrière qu'ils avaient perdue, mais bien une Déesse désormais pleine de maturité et de force tranquille. C'était comme si elle avait continué d'évoluer malgré ce long sommeil et malgré son apparence si jeune. Un doux sourire sur les lèvres, Saori arriva à ses côtés, posa les yeux sur la stèle:

-Il serait fier de toi.

Ariane savait que leur Déesse avait reconnu en Lukas et Hélène les enfants d'un de ces précédents guerriers. Elle l'avait certainement su dès que leurs cosmos avaient effleurés le sien. Alors, le Pope esquissa un sourire et laissa échapper un soupir rieur mais sans joie:

-Je crois qu'il serait furieux… J'ai échoué en tant que mère… J'ai sacrifié le bonheur de nos enfants pour préserver mon rôle de Pope… Ils me détestent et ils ont raison…

Athéna posa une main douce sur son épaule:

-Laisse-leur un peu de temps. Le mieux est de les laisser choisir. Je suis sûre que s'ils font un pas vers toi, votre relation ne pourra que s'améliorer. (Bref silence) Et au vu de leurs cosmos, je pense que vous êtes sur la bonne voie, tous les trois.

Elle sembla sur le point d'ajouter quelque chose, mais elle renonça et se contenta de sourire en désignant quelqu'un chose d'un mouvement de la tête. Ariane se détourna et son cœur se serra quand elle aperçut la silhouette si reconnaissable d'Helène, non loin de là, adossée à un arbre et les regardant du coin de l'œil.

-Je crois que ta fille voudrait aussi que tu entendes ce qu'elle a à te dire. (Dit doucement la Déesse) Je vais vous laisser.

Ariane aurait voulu la retenir, lui parler un peu plus, mais Athéna s'éloigna, continuant de rendre hommage aux guerriers tombés pour elle. Et quand elle passa devant Hélène, elle lui indiqua sa mère d'un léger mouvement de la tête.

Quelques instants plus tard, Hélène était à ses côtés, les mains dans les poches de son pantalon. Elles restèrent ainsi, en silence, pendant plusieurs secondes, puis, la jeune femme commença:

-Alors, comment ça s'annonce?

-Le Sanctuaire reprend vie, les apprentis sont encadrés et le monde est en sécurité avec le retour d'Athéna. Je crois pouvoir dire sans me tromper que ça s'annonce plutôt bien.

-Hm.**

Bref silence, le temps qu'Hélène inspire profondément:

-Je t'ai haïe, tu sais.

Le coup était direct, faisait mal, mais Ariane savait qu'elle l'avait mérité. Et elle savait aussi qu'elle n'avait pas le droit de l'interrompre, pas alors qu'elle avait tant à dire:

-Je sais ce qu'a vécu Lukas, je sais qu'il était un enfant sage et facile, qu'il a clairement accepté son sort. Pas moi. J'étais turbulente, je désobéissais, je provoquais Hilda et Freya, je hurlais, je leur en ai fait voir de toutes les couleurs, et tu sais pourquoi? Parce que j'étais en colère et parce que je me sentais abandonnée. J'étais en colère et je ne comprenais pas pourquoi ma propre mère n'avait pas voulu de moi, n'avait pas voulu me garder.

Ariane sentait sa gorge se serrer, si fort qu'elle ne parvenait plus à respirer:

-Je n'ai pas demandé à naître, je ne méritais pas d'être rejetée ainsi alors que je n'avais pas eu le choix. Je te détestais de m'avoir abandonnée et j'étais brisée par ton choix. J'ai pensé que je n'étais pas assez bien, que tu avais trouvé mieux, que je ne méritais pas l'attention que les autres enfants recevaient. Et même si Hilda et Freya ont toujours tout fait pour me rendre heureuse, ça ne suffisait jamais à combler le vide dans mon cœur.

Hélène parlait de ses failles sans trembler, sans hésiter, avec une force étonnante:

-Je les aime et je suis incroyablement reconnaissante. Elles en ont tant fait pour moi, ont géré ma colère d'une manière irréprochable, mais si Lukas a pu considérer sa famille d'adoption comme sa vraie famille, je n'y suis jamais arrivée. Je ne méritais pas de famille, pas même une d'adoption. Et si je ne pouvais pas être élevée par ma propre mère, je ne voulais être élevée par personne d'autre.

Son regard apaisé se noircit un instant:

-Je t'en voulais. Je t'en voulais de m'avoir brisée, de m'avoir laissée. J'étais en colère, et c'est ma colère qui m'a fait tenir debout, qui m'a donné la force et la détermination d'obtenir cette armure. Je sais qu'Hilda et Freya étaient mortifiées de ne pas pouvoir m'en empêcher, de ne pas pouvoir me tenir éloignée des conflits, mais je devais venir. Je devais te voir et te confronter. Te dire tout ce que j'avais sur le cœur. Te dire que je te haïssais. Te dire que malgré toute cette colère, j'ai continué d'espérer un signe de ta part. La preuve que j'étais voulue. Que tu t'en voulais. Que tu m'aimais.

Un long silence ému s'ensuivit, un silence pendant lequel Ariane s'empêcha d'agir, lutta contre son envie de serrer sa fille dans ses bras. Mais Hélène ne parvenait pas à en expliquer plus, ne parvenait pas à parler de cette paix étrange qui avait commencé à l'envahir depuis qu'elle était arrivée au Sanctuaire, le sentiment de compréhension qui lui avait ouvert les yeux. Elle ne parvenait pas à parler de la main de lumière posée sur le haut de sa tête tandis qu'une voix laissait échapper un sourire:

-Ne doute pas de ta valeur. Tu peux être fière de toi.

Elle ne pouvait pas le dire. Elle voulait garder les mots de son père pour elle seule. Garder pour elle le sentiment d'émotion qui l'avait envahie et les larmes soulagées qui avaient noyé ses yeux. Alors, Hélène avait eu l'impression qu'un baume avait été posé sur son cœur brisé et blessé. Alors, elle avait senti qu'elle était à sa place et qu'elle était prête à tenter de pardonner.

Un premier dialogue avait été lancé, la première pierre sur le long chemin du pardon et de la réconciliation. Ariane aurait voulu en dire tellement plus, expliquer à sa fille qu'elle était voulue, que ses parents l'avaient désirée, qu'elle s'en voulait tellement de les avoir abandonnés, qu'elle avait voulu les protéger parce qu'elle les aimait de tout son cœur. Mais elle avait déjà exprimé ses sentiments, et elle avait laissé son cosmos émettre ces pensées à ses enfants. Elle parlerait plus tard, sentait qu'Hélène avait déjà fait un effort énorme. Alors, Ariane se contenta de lui adresser un sourire tendre:

-Je te remercie d'avoir partagé tout ça avec moi.

Hélène hocha la tête, sembla sur le point de lui prendre la main, de faire un pas vers cette mère qu'elle avait toujours cherché, mais elle renonça. Elle n'était pas prête, pas encore. Mais elle le serait bientôt. Alors, elle se contenta de souffler:

-Je crois que je vais rester ici un moment.

Un léger coup de vent leur caressa les joues, comme pour féliciter cette décision. Et comme le Sanctuaire baignait dans la lumière du soleil et dans le cosmos d'Athéna, Ariane ferma les yeux, offrant son visage à la douce chaleur de midi.

La paix était enfin revenue.

Ils avaient la vie devant eux.

Fin


*Je ne me lasserai jamais des références aux grands classiques svp

** Pour toi Héléonora 3


Et voilà :)

Rien à faire, ça me fait toujours un petit quelque chose d'écrire ces trois petites lettres :') Je tiens vraiment à vous remercier pour votre soutien et vos retours. Merci à kxxyul, FuryFury, Alakyosuro et sokato pour les faves et follow! Remerciements particuliers à Heleonora, à Aquarius no Camus, à Khazemya et à StiffUpperLip98 sur Twitter, et à vous tous qui ont suivi cette histoire jusqu'au bout :)

On se retrouve bientôt pour de nouvelles aventures! ;)

Et que le cosmos soit avec vous tous! 3