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152 – Edward

Seattle ... Lundi 4 Octobre 2010 à 16 h 47

"Chéri, nous devrions commencer à nous préparer," dit Bella, depuis la porte de la bibliothèque. "Nous devons nous retrouver tous au restaurant entre six et six heures et demie pour l'apéro d'abord."

"Ok," répondis-je, jetant le carton vide sur la pile.

J'avais essayé de la laisser seule. Je savais qu'elle avait des devoirs à corriger, un contrôle à préparer pour son travail demain et elle était endolorie, du coup je m'étais contenté de quelques chatouilles et baisers volés. J'avais réarrangé les souvenirs dans le coffre de ma mère pour pouvoir mettre un peu plus de choses, comme une courtepointe et des albums photos. J'avais utilisé l'espace que Bella m'avait laissé sur les étagères de la bibliothèque pour ranger tous mes livres. Tout ce qui restait contenait dans deux cartons.

"Waouh, tu as été très occupé," dit-elle, en regardant autour de la pièce.

Je passai une main dans mes cheveux avec un hochement de tête. "Eh bien, j'ai réfléchi, je pense une fois qu'il n'y aura plus de cartons on pourra bouger le canapé juste un peu et on pourra mettre le bureau de mon père ici." Je regardai dans la pièce, haussant une épaule. "Peut-être il faudra pousser le piano, aussi. Je demanderai aux gars de m'aider dans la semaine."

Bella sourit et hocha la tête. "Ça me parait bien Edward. Que reste-t-il ?" demanda-t-elle, en montrant les trois cartons encore fermés contre le mur.

"Je pense encore quelques livres... et celui de Tanya," dis-je en riant quand Bella plissa les yeux farouchement. "Je suis sûr que ce n'est pas une tête coupée, car elle aurait commencé à sentir mais à part ça je ne suis sûr de rien ..."

Bella rit, une lueur méchante étincela dans ses yeux. "Tu veux voir ?" demanda-t-elle, en posant le carton sur le banc du piano.

Nous nous regardâmes silencieusement en comptant jusqu'à dix, ce qui était très drôle en soit.

"On n'entend pas de tic-tac de bombe," dit-elle en riant, levant les yeux vers moi.

Tirant le couteau de ma poche, je coupai l'adhésif, verrouillant mes yeux aux siens, "A trois ... prête?" demandai-je, et elle hocha la tête. "Un deux ..."

"Trois," dîmes-nous ensemble, jetant furtivement un regard à l'intérieur.

Je ricanai en roulant des yeux. C'était des babioles DVD, CD et quelques photos. "Je suis plutôt déçu, pas de tête coupée," murmurai-je en souriant quand Bella se mit à rire.

Elle sortit les DVD et les CD et les mit de côté, puis un sweat-shirt rouge. "Non, ça ce n'est pas fait exprès au moins," songea-t-elle en se tournant pour me montrer le logo de Harvard.

"Poubelle," grognai-je, en roulant mes yeux et en montrant le sac près de la porte.

"C'est ton écriture," dit-elle, tenant une enveloppe après avoir jeté le sweat-shirt dans le sac poubelle qui débordait. Elle jeta un œil à l'intérieur, haletant, "Ferme ça !"

"Ne me dis pas... Anthrax ?" demandai-je avec un soupir dramatique. "Ne respire pas, ma douce !"

"Non, crétin !" Bella rit, tendant la lettre et je la lui pris, bouche bée.

C'était la dernière lettre que j'avais envoyée à Tanya, y compris les cinquante et quelques photos des épouses et petites-amies de mes camarades.

Je les feuilletai et éclatai de rire.

"Eh bien, elle a récupéré la sienne," dis-je, en jetant le tout. "Laisse tout. Je finirai demain." Je passai mes bras autour de Bella et nous poussai hors de la pièce. "C'est l'heure de la douche ma jolie. Je suis terriblement sale..."

OOO

"Pas possible ! La Méchante Sorcière les a renvoyées ?" Rose eut le souffle coupé et je ne pus m'empêcher de rire parce que le surnom de mon ex était apparemment utilisé par tous.

"Je veux mes cinquante dollars," grogna Emmett, faisant claquer lourdement le bras de Jasper avec le dos de sa main. "J'ai dit qu'elle les renverrait."

"Tu as dit qu'elle les avait brûlées, puis qu'elle les renverrait. Tu as encore perdu," contra Jasper avec un sourire suffisant. "Fais avec."

Emmett fit la moue mais Alice changea de sujet en douceur.

"Alors Edward, as-tu déjà rencontré Miss Mary ?" demanda-t-elle, souriant quand Bella rigola.

"Le premier jour," ris-je. "Elle est vraiment spéciale." Je souris, en secouant la tête. "Tout d'abord, elle m'a foutu la trouille. Elle s'est faufilée derrière moi. J'avais la tête dans le coffre de la voiture pour prendre mon sac et mon ordinateur portable et quand je me suis relevé il y avait cette petite chose minuscule juste là."

"Elle marche sans faire de bruit," Bella réfléchit, haussant une épaule.

"C'est à cause de ces pantoufles qu'elle porte," Rose renifla, secouant la tête.

"Quoi qu'il en soit, elle a su tout de suite qui j'étais... quelque chose en rapport avec des photos. Elle n'a pas pu s'empêcher de dire combien Bella était heureuse ces derniers mois," dis-je, en levant un sourcil vers ma jolie Bella, qui tentait de garder une expression innocente - mais échouait lamentablement. "Elle s'est présentée puis m'a interrogé sur la guerre et m'a dit que son mari était dans l'armée – pendant la Seconde Guerre mondiale - mais il est revenu à la maison pour faire son droit."

"Vraiment ?" demanda Emmett, gesticulant vers notre serveuse pour une autre tournée. "Quelle branche ?"

"Armée de l'air," dis-je avec un clin d'œil de respect. "Il a survécu à Pearl Harbor seulement pour être expédié en Angleterre…"

"A-t-elle posé des questions sur cet arbre dans sa cour avant ?" demanda Bella, enlaçant ses doigts avec les miens. "Je lui ai dit que nous l'aiderions."

"Oui. En fait, elle a plusieurs arbres qui devront être coupés avant l'hiver... comme chez nous, ma douce," lui répondis-je.

"Ne t'en fais pas, Sergent. Lorsque nous viendrons pour déplacer le bureau, nous attaquerons simplement les deux chantiers en même temps," suggéra Jasper avec un haussement d'épaules.

Je hochai la tête, souriant un peu quand les doigts de Bella se serrèrent autour des miens. Les filles commencèrent à discuter à propos du prochain mariage de Charlie, ce qui nous conduisit à discuter de pêche, du champ de tir et des dispositions pour le voyage.

Ensuite il a été question de l'école. Je souris, déposant un baiser sur la tempe de Bella, parce qu'au moment où j'ai su que je venais à Seattle - avec elle - c'était exactement ce que j'avais imaginé. Projets, emploi, corvées et amis. C'était quelque chose que je pensais n'avoir jamais et maintenant j'avais tout ça... à la pelle.

La serveuse déposa nos boissons avec un sourire à notre table joyeuse, nous disant qu'elle serait de retour quand nous serions prêts pour le dîner.

"Un toast !" tonna Emmett. "Pour avoir survécu au désert ..."

"Aux nouveaux commencements," ajouta Jasper.

Je levai ma bouteille de bière, tout le monde levant la sienne pour trinquer. "A la maison, à la famille ... et à l'amour."

Les bouteilles tintèrent les unes contre les autres quand nous criâmes tous ensemble, "A la vôtre !"