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153 – Bella
Mardi… 5 octobre 2010 à 6 : 45
Je me débattis quand l'alarme se fit entendre me sortant du rêve que j'avais fait, impliquant Edward et de la crème glacée. Je sortis une main pour arrêter l'infernale sonnerie et la tendis vers l'homme de mes rêves – au sens propre comme au sens figuré - seulement pour trouver le lit à coté de moi vide et les draps froids au toucher. Depuis que je me réveillais à ses côtés depuis deux matins c'était un peu déconcertant.
Quand je roulais pour voir par moi-même, je réalisai que le lit n'était pas complètement vide. A sa place il y avait une feuille de papier et une fleur rose.
Bella,
Désolé de ne pas être là quand tu te réveilleras. Je me suis levé tôt et j'ai décidé d'aller courir puisque je ne l'ai pas fait ces derniers jours. Je reviens très vite avant que tu ne partes pour aller travailler.
Je t'aime,
Edward.
Je mis la fleur sous mon nez, respirant l'odeur douce et légère et je souris. Edward savait y faire… comme aucun autre.
Réalisant que c'était le moment parfait pour réaliser ce à quoi j'avais pensé la nuit dernière, je m'assis sur mon lit. Je posai la note et la fleur de côté, ouvris la table de chevet et sortis mon bloc et mon stylo. Ça faisait un bon moment que je n'avais pas écrit une vraie lettre à Edward. Maintenant que j'allais repartir au travail j'avais pensé que c'était le moment parfait pour lui dire par lettre combien je l'aimais et combien j'étais heureuse qu'il soit ici, avec moi.
Coucher mes émotions sur papier était assez simple. Une fois que j'eus fini, je pliai la lettre et la mis dans une enveloppe, j'écrivis Edward dessus et me dépêchai d'aller poser ça dans le bureau. Je réfléchis pour savoir où la laisser parce que je voulais que ce soit une surprise. Je savais qu'il avait prévu de déballer les cartons restants aujourd'hui et j'étais sûre qu'il passerait du temps au piano… alors je la laissai sur le piano.
J'éteignis la lumière et me dépêchai de retourner dans la chambre, je ne voulais pas qu'il ait d'indice que j'avais fait autre chose car ça le rendrait curieux. Je traversai la chambre et allai dans la salle de bain pour une douche et me préparer pour l'école.
ooo
Au moment où je sortis de la salle de bain avec une serviette autour de moi et une autre sur la tête, Edward était de retour, installé dans le rocking-chair dans la chambre… et il n'était pas seul.
"Oh…" grognai-je joyeusement en attrapant le gros pot, qui venait de StarBucKs, qu'il me tendait.
Il sourit en mettant sa main hors de ma portée. "Euh euh," dit-il en la secouant. "Un baiser d'abord."
En riant je me penchai et touchai ses lèvres des miennes. "Je suis toute propre, ce qui n'est pas ton cas ! Et c'est tout ce que tu auras de moi, monsieur. Maintenant à moi !"
Il rigola et me tendit le café. "Menthe, chocolat blanc et crème fouettée c'est ça ?"
Je restai face à lui bouche ouverte. J'avais mentionné ça peut-être une ou deux fois et c'était il y a quelques mois.
Il haussa les épaules, ses joues rosissant légèrement. "J'ai pensé qu'aujourd'hui était une journée assez spéciale. C'est en quelque sorte le premier jour du reste de nos vies, tu sais ?
Je me penchai et l'embrassai de nouveau, incapable de m'en empêcher. "Je n'arrive pas à croire que tu te sois souvenu de ça."
"Je me souviens de tout ce que tu m'as dit Bella," dit-il sincèrement. "Maintenant habille-toi ma douce. Il faut que je me douche…" Il se renifla en tirant sur son t-shirt puis fit une grimace. "Oui j'ai vraiment besoin d'une bonne douche."
En riant je reculai, hochant la tête. "Tu veux un petit-déjeuner ? J'allais simplement réchauffer un muffin banane bleuet pour moi mais je peux faire quelque chose pour toi. J'ai du temps."
Il secoua la tête. "Non, je vais prendre des muffins aussi s'il y en a assez." Avec un dernier baiser il me passa à côté pour se diriger vers la salle de bains.
Je pris une grande gorgée de café et soupirai de bonheur. Je le posai sur le dessus de la commode et allai choisir mes vêtements pour la journée.
OOO
En m'installant derrière le bureau je repensai à ces quelques dernières minutes. Edward m'avait accompagnée jusqu'à la voiture, me tenant la main et portant mon sac. Il avait ouvert la portière passager et posé le sac par terre, devant le siège, avant de m'accompagner du côté conducteur où il m'avait embrassée de façon insensée.
En rigolant je me léchai les lèvres avec la langue pendant qu'il reculait. "C'est une bonne chose que j'ai pris mon rouge à lèvres," plaisantai-je, sachant que tout avait disparu après cet au-revoir enthousiaste.
Il haussa les épaules en levant un sourcil. Il essayait d'être gentil mais le sourire qui fendit son visage démentait sa décontraction apparente. "Ça en valait la peine."
"Bonne journée avec les gars," dis-je en me penchant pour un autre baiser rapide. "Je t'appellerai quand j'aurai un peu de temps libre."
"Tu ferais mieux," répondit-il, en claquant la portière.
C'était le meilleur début d'une journée de travail que j'ai jamais eu.
Et je savais que ça allait encore être mieux en déballant mon ordinateur portable et en sortant tous les documents pour ma classe. Coincée entre le clavier et l'écran il y avait une enveloppe, qui je le savais, ne pouvait provenir que d'Edward. Je regardai l'heure et réalisai qu'il me restait quelques minutes avant que les enfants n'arrivent alors je la pris et souris en voyant mon nom écrit de la main d'Edward sur le dessus et je m'installai pour lire.
Ma douce et merveilleuse Bella,
C'est si facile de rester enveloppé dans la satisfaction immédiate. Avec les texto, les mails et les coups de téléphone – sans parler du fait que je te vois face à face maintenant – les lettres ont été oubliées. Mais je veux vraiment y revenir pour ce que je veux te dire.
Tu n'as vraiment aucune idée de ce que ta première lettre a fait pour moi. Honnêtement. Tu étais cette chose fougueuse qui était plus affectée que moi par ce que la Méchante Sorcière m'avait fait et non seulement ça m'a fait rire mais ça m'a intrigué au point que j'ai voulu en savoir plus. Tu étais ce vent frais, un verre d'eau fraiche envoyé vers moi au milieu du désert – littéralement. Tu es devenue tout, tout ce dont je ne savais même pas avoir besoin – quelqu'un qui m'écoute, m'encourage quand j'en ai eu le plus besoin et étais là pour moi… peu importe pour quoi. Je me suis mis à compter sur toi. Ce n'était pas tant les colis bien que j'aie vécu pour eux. C'était la pensée qui entrait en chacun d'eux. Ça me faisait voir les choses les plus affreuses autrement et savoir que j'allais recevoir tes mails me semblait tout faire aller mieux même quand il semblait que rien n'irait bien à nouveau.
Puis j'ai vu ton visage. Ma première pensée a été que tu ne pouvais pas être réelle, que tu n'étais pas cette personne douce et si bien en même temps qui se souciait de moi. Cela semblait impossible. C'est alors que j'ai su que j'étais complètement tombé amoureux de toi et que si nous parlions face à face sur sKyPe je serai fichu, juste … fichu. Et je l'ai été. Cette conversation a changé ma vie pour le meilleur et pour toujours.
Avant toi j'étais seul. Et je me suis rendu compte que j'avais renoncé à l'espoir, que je me poussais chaque jour juste pour passer au suivant. Je ne m'ouvrais à personne parce que dans ma tête personne ne voudrait ou ne pourrait être intéressé par moi alors c'était mieux de ne pas m'autoriser à m'approcher des autres. Jusqu'à toi. D'une certaine façon tu as réussi à te faufiler. Tu t'es installée dans mon cœur, me donnant une raison de vivre, un but.
Tu as été ma lumière au bout du tunnel, tu m'as donné quelque chose pour sourire et quelque chose pour attendre chaque jour avec impatience. Nous avons traversé tout cela ma douce. Avec des hauts, des bas et des entre les deux… et chaque pas a été parfaitement juste.
Une fois que j'ai réalisé les sentiments que j'éprouvais pour toi, je ne pouvais pas te faire de promesse. Je ne savais pas si je sortirais entier de ce désert – ou si j'en sortirais tout court. J'ai trouvé ton amour pour moi stupéfiant et à double tranchant parce que je ne pouvais pas protéger cet amour comme je le voulais.
Maintenant je peux.
Comme tu t'assieds au travail pour la première fois depuis que je suis rentré à la maison, j'ai quelques promesses à te faire. Je promets de t'aimer chaque jour pour le reste de nos vies. Je te promets de te rendre folle et ensuite de passer des heures à essayer d'arranger les choses. Je promets que peu importe… nous arriverons toujours à faire avancer les choses. Je promets de te donner tout ce que tu as demandé. De faire tout ce qui te fera garder le sourire et essayer de te montrer chaque jour ce que tu signifies pour moi. Et Isabella je promets… qu'un jour… je te demanderai de m'épouser.
Mon amour pour toi est impossible à écrire, taper ou 'textoter'. Il est si grand qu'un jour il me coupera le souffle et me laissera submergé. Il n'y aucun moyen que je puisse t'expliquer ce que tu signifies pour moi mais je prévois de te le montrer.
Je t'aime, de tout mon cœur, mon corps et mon âme. Pour toujours.
Edward.
Quand j'en fus arrivée à la fin de la lettre, les larmes coulaient sur mes joues. Il semblerait qu'Edward et moi en soyons au même endroit… nostalgiques et dépassés par l'amour que nous ressentions pour l'autre.
Je fis courir mon doigt sur sa signature, claire, nette sans fioriture – et je regardai l'horloge. Mes élèves allaient arriver imminent sous peu.
En soupirant je pliai la lettre et la rangeai dans mon sac comme ça je ne l'oublierai pas, je sortis le petit miroir que je gardais dans l'une des petites poches du sac. Mon maquillage avait coulé autour de mes yeux, j'arrangeai ça en réalisant que j'avais juste assez de temps pour envoyer un petit message à Edward.
B : Merci pour tes mots doux, chéri. Ils vont tout à la fois rendre ma journée meilleure mais aussi plus difficile. Meilleure parce que je sais que tu m'attends à la maison quand j'aurai fini l'école et plus difficile parce que je veux toujours rester dans tes bras. Je t'aime. Je t'appellerai dès que j'aurai un moment. Xoxo
Je m'assurai de mettre le téléphone sur vibreur et je le rangeai dans le premier tiroir de mon bureau et levai la tête.
Je souris aux enfants qui étaient en train de se débarrasser de leurs cartables et de s'installer sur leurs chaises. Je parlai dans le bruit, "Bonjour les enfants ! Comment a été votre journée avec le remplaçant hier ?"
