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157 – Bella

Forks… vendredi 15 octobre 2010 à 7 : 13

Je descendis doucement l'escalier évitant la quatrième dernière marche – elle craquait aussi loin que je puisse m'en souvenir, peu importe que Charlie ait essayé de la réparer. Je pouvais dire que mon père dormait encore. Ses ronflements étaient assez forts pour être entendus à travers sa porte fermée. Quant à Edward il avait l'habitude de se lever tôt, avant moi, en principe.

Quand je fus en bas je ne le vis pas assis alors je m'approchai doucement du canapé. Mon cœur bondit quand je réalisais qu'il dormait encore, couché sur le ventre. La couverture fine enroulée autour de ses cuisses et il avait une main sous l'oreiller et l'autre contre sa joue. Il y avait juste un peu de lumière qui passait par le rideau de la fenêtre me permettant de voir son visage. Je remontai sa couverture doucement en l'arrangeant sur lui. Il faisait froid dans la maison et je voulais m'assurer qu'il soit bien.

Je lui donnai un dernier regard et fis le tour de la table pour aller dans la cuisine et commencer le petit-déjeuner. J'avais prévu de faire des pancakes – beaucoup parce que je savais que les autres arriveraient dès que les filles se seraient levées... ça n'était pas très bruyant comme activité alors je pensais pouvoir me servir du mixer et commencer le reste du petit-déjeuner sans réveiller personne.

J'avais fait deux grands saladiers de pâte et m'apprêtai à ajouter des pépites de chocolat dans l'un quand j'entendis du bruit derrière moi. Avant d'avoir pu me retourner je sentis des bras forts et chauds me tirer contre un torse bien dur.

"Bonjour Sergent," murmurai-je. "C'est moi qui t'ai réveillé ?"

Sa tête tomba contre la mienne, sa joue caressant mes cheveux et il secoua la tête. "Non, il y a longtemps que tu es levée ?"

Je finis de verser le chocolat puis me tournai vers lui, passant mes bras autour de sa taille. Quand je le regardai je ne pus m'empêcher de rigoler. Le pauvre semblait tout ensommeillé, il était presque trop mignon. Ses cheveux qui avaient commencé à pousser, suffisamment à mon goût, il avait une barbe d'un jour, ce qui le rendait encore plus sexy à mes yeux. Mais le mieux était encore les lignes et les plis sur sa joue, à l'endroit où sa tête reposait sur son oreiller. Il avait l'air endormi mais heureux et ses yeux étaient brillants alors qu'il me regardait le regarder.

Je tendis ma main et suivis légèrement avec mon doigt les lignes sur sa joue. "Il n'y a pas longtemps que je suis levée. Comment as-tu dormi ? Tu semblais bien à l'aise quand j'ai jeté un œil sur toi il y a quelques minutes."

Il hocha la tête, se penchant pour caresser ses lèvres sur les miennes. "C'était très bien," dit-il avec un haussement d'épaule. "Seul." Il ferma les yeux quand je ris et m'embrassa de nouveau. "Et toi chérie ? Je t'ai manqué ?"

J'enroulai mes deux bras autour de son cou et hochai la tête, en le tirant vers le bas pour répondre à ses lèvres qui avaient besoin de plus d'un ou deux doux baisers.

Edward reçut le message et caressa ma bouche lentement en me tirant plus fermement contre lui. Quand je soupirai de contentement, sa langue glissa entre mes lèvres entrouvertes maintenant et il câlina et taquina jusqu'à ce que je devienne toute molle entre ses mains qui se déplacèrent jusque dans mes cheveux. Inclinant la tête, il ravagea ma bouche en pinçant et léchant avec des pauses pour reprendre son souffle.

Quand nous nous séparâmes enfin, ma tête tournait et je pouvais sentir chaque centimètre de sa dureté s'appuyer contre moi fermement, de nos hanches à nos cuisses. Je ronronnai en roulant des hanches une fois mais le ronronnement se transforma en rire quand Edward grogna.

"Oh Isabella," souffla-t-il, en se reculant et en me dévisageant avec un regard torride. "Bien que j'aimerai continuer cette activité… je ne peux pas prendre le risque que ton père arrive…. quand nous faisons… ça."

Je ris en hochant la tête. "Oui… il a déjà été gentil de t'offrir le canapé. Je ne suis pas sûre qu'il serait très content d'arriver et de me voir penchée sur la table de la cuisine – bien que ça paraisse très agréable."

Il grogna à nouveau, passant sa main entre nous pour s'ajuster avant de s'éloigner un peu. "Alors qu'est-ce que prépares ? Et as-tu besoin d'aide ?"

Je me retournai vers le comptoir, je pris une spatule et commençai à mélanger les pépites de chocolat au reste. "Pancakes, bacon, saucisses et œufs brouillés, ça te parait bien ?"

"Parfait. Que puis-je faire ? Je suis à tes ordres."

Je lui dis de sortir la saucisse et le bacon du frigo ainsi nous pourrions commencer à les faire cuire. Je supposai que les autres allaient bientôt arriver. Les pancakes pouvaient être gardés au chaud au four, ainsi que les viandes mais les œufs devaient être faits à la dernière minute. Il prit une tasse de café et remplit la mienne à nouveau en y mettant la quantité juste nécessaire de lait et de sucre avant de se me mettre à m'aider.

Nous avions trouvé une rapide routine. A côté de moi Edward s'occupait de la poêle avec la viande alors que je laissai tomber des louches de pâte à crêpes aux pépites de chocolat dans la poêle sur la plaque chauffante. La pâte avec les bleuets suivrait et ensuite nature pour Charlie qui était un puriste.

Je venais juste de les recouvrir de papier d'aluminium pour la mettre dans le four chaud quand Charlie entra dans la cuisine. Il était habillé d'un jeans et d'une chemise en flanelle rouge et à manches longues. "Bonjour," marmonna-t-il en se dirigeant directement vers la cafetière pour s'en verser dans une tasse.

"Bonjour papa," dis-je en lui souriant par-dessus mon épaule. "Le petit-déjeuner sera bientôt prêt."

"Ça sent bon," grogna-t-il, en prenant une chaise à la petite table de la cuisine. "Les autres viennent manger ?"

Je haussai les épaules, "Je pense que oui, ils devraient arriver d'un moment à l'autre."

"Toc toc !" La salutation d'Alice était trop gaie si tôt dans la matinée.

"Yo Bellsy qu'y a-t-il pour déjeuner ?" La forte voix tonitruante d'Emmett était aussi guillerette que celle d'Alice.

Je secouai la tête avec un sourire en me tournant vers la poêle pour en enlever les deux dernières crêpes. "Comme d'habitude Emmett. Bonjour les gars."

Il y eut des salutations, des baisers d'Alice et de Rose sur la tête de Charlie, des tapes dans le dos de la part des gars et des coups de poings pour Edward. Sue frappa à la porte avant d'entrer, en disant bonjour à tout le monde et en embrassant Charlie pour le saluer.

Pendant quelques minutes ce fut le chaos. La cuisine était toujours aussi petite mais bourrée avec huit adultes – dont l'un était Emmett, elle paraissait minuscule à présent. Je dirigeai les choses du mieux que je pus, ordonnant finalement aux garçons de s'installer dans le salon en emportant la table où nous pourrions nous asseoir pour parler avec les autres qui pourraient toujours s'asseoir sur le canapé et manger.

Au moment où nous nous installâmes au salon j'étais à nouveau épuisée. Charlie était à l'extrémité de la table avec Sue à sa droite. J'étais à côté d'elle avec Edward près de moi. Alice et Rose étaient coincées entre mon père et Edward ne laissant à Jasper et Emmett que les accoudoirs du canapé avec leurs assiettes pleines de nourriture.

La pièce se calma quand il s'agit de manger. Edward gémit, heureux, en prenant trois crêpes aux pépites de chocolat dans son assiette et en les arrosant de sirop. Il prit une grosse bouchée avant même de se servir son œuf, du bacon et des saucisses. Je lui pris le plat de viande, ajoutai deux tranches de bacon et des saucisses dans mon assiette puis des crêpes, une de chaque puis passai le tout à Sue qui me sourit.

"C'est parfait Bella. J'avais prévu de venir tôt pour t'aider mais ma voiture n'a pas voulu démarrer. Il a fallu que j'appelle Jake pour qu'il y jette un coup d'œil."

Edward se figea à la mention du nom de Jake et je fis glisser ma main sur sa cuisse en le caressant gentiment.

"Qu'est-ce qu'il y a avec la voiture ?" demanda Charlie sans se rendre compte de la tension d'Edward.

Pendant que Sue lui expliquait la panne, je me penchai et embrassai Edward sur la joue puis lui chuchotai à l'oreille. "Arrête de frémir," le taquinai-je. "Tu auras tout le temps de l'intimider ce week-end, je te le promets."

Edward sourit comme s'il avait gagné à la loterie et je rigolai et me rassis en reprenant ma fourchette. Je laissai ma main posée sur sa cuisse comme pour lui rappeler que j'étais là et que j'étais à lui, lui souriant en retour quand il tourna légèrement la tête pour me faire un clin d'œil.

"Alors Sue," commença Alice quelques minutes plus tard. "Le mariage est dimanche après-midi pas vrai ? Comment ça va ?"

J'écoutai Sue lui répondre, lui expliquant que le mariage aurait lieu à la réserve près de l'océan.

"S'il pleut nous avons prévu de pouvoir nous abriter dans la salle de la communauté là-bas. La liste des invités est courte donc tout le monde devrait savoir où aller en cas de besoin," expliqua Sue. "D'ailleurs Alice j'ai reçu un mot de ta mère. J'étais tellement triste de savoir que tes parents ne viendraient pas au mariage."

"Oh c'est vrai ! " déclara Charlie, en frottant les miettes de sa moustache. "Tes parents sont à Haïti ?"

Alice hocha la tête. "Maman a dit que c'était la pagaille là-bas. Elle a le cœur brisé de voir tout ce qui est détruit et combien de personnes et de familles ont été déracinées, leur vie a changé de façon radicale. Je pense qu'elle a été très touchée même si ça ne fait pas longtemps qu'ils sont là-bas."

"Tu leur donneras le bonjour et les remerciera pour la couverture et pour les billets pour aller voir les Seahawks."

Je pus seulement imaginer la réaction qu'avaient provoquée ces cadeaux puisqu'ils étaient tous les deux fans de l'équipe de Seattle.

"Bien sûr ! Je leur dirai sans faute la prochaine fois que nous parlerons. Ils ont dit qu'ils me rappelleraient dans une quinzaine de jours, si ce n'est pas plus tôt."

Une fois que tout le monde eut fini de manger, Rose et Alice ainsi que leurs maris furent volontaires pour tout débarrasser et ramener la table à la cuisine.

"Nous allons ranger pendant qu'ils font la vaisselle, Bella," dit Alice en se levant et en reprenant son assiette et celle d'Edward. "Vous avez cuisiné vous pouvez vous reposer maintenant."

Je regardai Edward et haussai les épaules puis nous nous levâmes et échangeâmes nos places avec les gars en nous installant au bout du canapé. Edward passa son bras autour de mes épaules et je me penchai vers lui en regardant mon père et Sue aider les filles à débarrasser la table pour qu'Emmett et Jasper puissent la remettre à sa place.

Quand mon père et Sue revinrent au salon, elle s'assit à l'autre bout du canapé et lui sur son fauteuil. Après un moment il regarda Edward et dit :

"Alors Bells m'a dit que tu avais décidé de retourner aux études ?"

Edward opina. "Oui monsieur. Techniquement… pas y retourner. Puisque j'ai rejoint l'armée juste après mes études secondaires."

Charlie acquiesça en brossant sa moustache. "Tu n'as pas choisi la police de Seattle alors ? Je sais qu'ils cherchent quelques hommes."

En serrant son bras plus fort autour de moi il secoua la tête. "J'y ai bien pensé mais j'ai décidé que ce n'était pas bien pour moi, pour nous." En souriant il dit : "Aller à l'université est la bonne option. J'ai toujours aimé la musique. J'aime bien travailler avec les enfants alors devenir professeur de musique est le meilleur choix pour moi."

"L'action et l'excitation ne vont pas te manquer ?"

J'allai protester mais je ne le fis pas parce que l'étreinte d'Edward se resserra et il caressa mon bras avec sa main.

"Ça va Bella. Ton père veut juste s'assurer que tu es heureuse et si je n'étais pas content de mon choix ça te rendrait malheureuse."

Charlie soupira et hocha la tête.

En se tournant à nouveau vers mon père Edward dit : "Non." Il secoua la tête et soupira. "J'ai vu suffisamment d'action et d'excitation de cette nature pour le reste de ma vie. Ce que je veux le plus à présent c'est la tranquillité, une maison et une famille et passer le reste de ma vie à rendre Bella aussi heureuse qu'elle le fait déjà pour moi."

Avec les larmes aux yeux, je m'approchai et embrassai sa joue, sa barbe grattant mes lèvres. Je me remis en place et je n'écoutai plus qu'à moitié leur conversation sur le football. Sue lisait un livre qu'elle avait trouvé au bout de la table alors je laissai mon esprit vagabonder, heureuse et contente d'être ici en ce moment.

ooo

J'étais en train de faire ma queue de cheval quand Edward rentra dans la chambre en jeans et avec un t-shirt à manches longues retroussées jusqu'à ses coudes.

"Ton père et les gars sont prêts à y aller."

"D'accord," dis-je en me levant du bout du lit où j'étais assise. "Rose et Alice sont parties pendant que tu étais sous la douche. Elles vont faire un tour à la maison de ses parents. Sue est repartie à la réserve pour s'occuper des derniers détails pour le mariage."

"C'est bien. Prête à me montrer ma douce ?"

Je le suivis et passai mes mains sur ses bras, serrant ses biceps avec mes doigts. "Hummm ! Tu as les armes…" plaisantai-je, "… mais je vais te botter le cul Sergent."

Les yeux d'Edward scintillèrent alors qu'il riait en secouant la tête. "Nous verrons bien Isabella. Rappelle-toi que je me suis entraîné pendant ces sept dernières années."

Je me mis sur la pointe des pieds, l'embrassai puis me tournai rapidement et partis en courant dans l'escalier en l'appelant par-dessus mon épaule. "Oui mais je dois avoir un talent naturel !"

Je l'entendis rire alors que ses pas résonnaient dans l'escalier derrière moi.