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160 – Edward
Crescent Lake ... 16 Octobre 2010 à 10 h 12
"Tu dois la remettre à l'eau, Em !" soupira Jasper, roulant des yeux.
"Que veux-tu dire ?" demanda Emmett perdu comme un enfant.
"Emmett," dis-je sèchement. "Tu as entendu le gars sur le quai. Il faut remettre la truite dans l'eau. Leur population est trop faible. Rejette-la à l'eau."
"C'est une belle truite arc-en-ciel, fils," lui dit Charlie avec un petit rire, "Mais tu ne peux pas la garder."
"Ouais, mais je ne vais pas avoir la preuve que j'ai pris quelque chose ..." Il fit une pause mais tout d'un coup il sourit. "Jazz, mec ... prends une photo avec mon téléphone."
Charlie et moi, nous tournâmes vers le lac. Nous étions à l'avant et Billy Black était à la poupe avec Jasper et Emmett. C'était plus facile de verrouiller le fauteuil de Billy là-bas. De plus, la glacière avec les collations, sodas et bières était là, donc les garçons étaient aussi près que possible.
Les gars étaient encore en train de se chamailler après que les photos aient été prises, alors j'en eus marre. "Emmett, enlève-la de la ligne et remets-la à l'eau... avant qu'elle ne soit morte… "
"Je l'ai, sergent." Jasper sourit puis sortit l'hameçon de la bouche du poisson et la remit doucement dans le lac. Il frappa Emmett dans la poitrine avec son doigt, en disant : "Tu vas en attraper un autre. Allons, parions que je peux te battre ..."
Charlie grogna un petit rire en secouant la tête. "Etait-il comme ça à l'étranger ?" demanda-t-il.
"Oui," Je ris, en ajoutant un peu plus. "Mais pas au combat. Je les avais toujours sur le dos," soupirai-je, secouant la tête à certains souvenirs. "Si vous le connaissez, alors vous savez qu'il a ce je ne sais quoi... ce quelque chose. Il peut l'allumer et l'éteindre. Il est comme cela quatre-vingt-dix-neuf pour cent du temps mais ensuite quand il en a besoin, il change juste... Il a un esprit de tactique incroyable."
"Le football," Charlie dit doucement. "Il a joué toute sa vie. Je suppose que c'est comme cela qu'Emmett le voit."
"Ouais, je le crois aussi."
Le bateau redevint calme un petit moment, les seuls bruits étaient le vent sur l'eau, le petit clapotis des vagues contre la coque et le bruit occasionnel d'une ligne. C'était apaisant, paisible. Et le paysage était à couper le souffle. Je pensai que je voudrai revenir ici avec Bella. Crescent Lake était niché dans l'Olympic National Park. Il était entouré de montagnes et l'eau était claire et bleue. On pouvait y faire autre chose que pêcher, on pouvait voir des nageurs, des plongeurs et des voiliers.
Après que Billy ait pris une belle truite et que les gars l'aient prise en photos, ils firent une pause, se passant des bières. Leur conversation tournait autour du sport, des filles, d'être de retour et enfin, de l'Afghanistan.
Charlie et moi étions des créatures semblables. Nous étions tranquilles, profitant simplement du moment et parlant seulement quand c'était nécessaire. Principalement, écoutant juste parler les autres.
"Quelle était la partie la plus difficile là-bas ?" demanda Billy, en prenant une gorgée de bière et en changeant le leurre de sa ligne.
"Kandahar," déclara Emmett."Nous y sommes allés deux fois, les deux fois pour deux semaines. Aucune communication, patrouilles constantes et l'endroit était un véritable piège."
"Ouais, il a raison. Bombes dans les voitures, civils en danger et une cellule terroriste. En fait, ils n'étaient pas sûrs mais ils pensent que peut-être c'était la même cellule qui a attaqué les routes vers la base," ajouta Jasper avec un hochement de tête.
"Il n'y a rien de plus effrayant que de ne pas pouvoir faire confiance à quelqu'un. Même les femmes et les enfants étaient considérés comme une menace," dit Emmett dit. "Ils les envoient vers un groupe de soldats américains puis la bombe explose."
Je grimaçai mais c'était vrai. C'était des choses que nous ne pouvions pas dire aux filles. Pas parce qu'on pensait qu'elles ne pourraient pas le supporter mais parce que qui a besoin d'entendre cette merde ? Les filles savaient que nous avions vu des choses laides et terribles et elles représentaient le contraire. Je pense que nous voulions que cela reste ainsi.
"Trouver les insurgés qui attaquaient nos camions de transport a été une véritable merde," déclara Emmett après quelques minutes.
"Nous avons presque perdu Eddie ce jour-là."
Je sentais le regard de Charlie sur moi avant qu'il demande : "Que s'est-il passé ?" conscients du changement de sujet derrière nous, les autres s'apprêtaient déjà à lancer leurs lignes à nouveau.
"Shrapnel," lui dis-je avec un profond soupir. "Il m'a touché dans la poitrine quelques mois avant notre départ. En fait, je ne suis pas si sûr que cela n'ait pas mis en branle notre transfert à MacDill. Mon Lieutenant était un bon gars, il pensait que nous avions vu assez d'action, et nous avions déjà perdu quelques très bons hommes." Je le regardai. "Je pense qu'il a vu que j'en avais juste ... assez. C'était au début de ma relation avec Bella mais ..." Je secouai la tête, tournant mon regard vers l'eau." Tout ce que je pouvais penser était de sortir de là et d'aller vers elle. Mes projets pour me réengager étaient bel et bien terminés."
"Elle le sait ?"
"Hmm ? Oh, ouais," dis-je avec un hochement de tête. "Je lui ai parlé sur sKyPe ce jour-là. Elle m'a engueulé parce que j'avais baissé ma garde." Je souris à son doux rire. "J'ai tout de suite su qu'elle était pour moi."
Charlie sourit, regardant vers l'eau. "Tu me demandes la permission, Edward ? Elle est adulte et elle peut certainement te garder sur le droit chemin... "
Je ris. "Elle peut. Ça c'est sûr," ris-je nerveusement. "Je ne sais pas quand mais ... oui, je souhaite avoir votre bénédiction."
Il sourit, secoua la tête et croisa mon regard. "Je vais te surveiller avec elle, tu sais," dit-il doucement et je vis le sourire triste qui ornait son visage. "On dirait que tu veux la protéger de tout. "
"Je voudrai le faire. Elle est tout pour moi."
Il hocha la tête puis plissa un peu le front. "Je veux juste qu'elle soit heureuse, Edward. Tu sembles la rendre heureuse. Tant que cela continue, alors nous sommes bien. Tu m'as compris ?"
"Oui monsieur."
"Elle a dû grandir rapidement avec sa mère," Charlie soupira, haussant une épaule. "Bella était celle qui était responsable. Toujours très sérieuse. Maintenant, c'est comme... comme si… enfin… elle avait été libérée. C'est quelqu'un qui a laissé un peu trop la vie passer qui te le dit... N'attends pas trop longtemps. Le bonheur est fragile."
Je lui souris. "J'ai compris, monsieur. Je vous remercie."
Il me regarda un instant puis releva sa ligne. "Allons prendre une bière, fils. Et puis, nous déjeunerons et verrons si nous ne pouvons pas battre ces garçons. Sûrement les poissons vont mordre quand nous reviendrons. Nous jetterons l'ancre dans un autre endroit."
Souriant, je hochai la tête, remontant ma propre ligne. "Ça m'a l'air bien."
ooo
"Tenez-le, Charlie." Je ris, en essayant de centrer l'image sur lui, le gros poisson et Billy.
Billy et lui avait attrapé cette fichue chose. Il avait tant lutté que la proue du bateau avait plongé. J'étais à peu près sûr que le poisson avait essayé de se faufiler sous les rochers. Jasper et moi avions peur que la ligne casse avant d'avoir pu remonter cet énorme poisson dans le bateau.
"Envoie-moi la photo lorsque nous serons de retour," dit Charlie, regardant par-dessus mon épaule.
"Les filles ont demandé l'une de nous tous," me rappela Jasper. "N'oublie pas de demander au mec sur le quai de prendre une photo de nous tous."
"Ouais, c'est pour l'album de mariage", ajouta Emmett, en rangeant notre équipement.
J'essuyai la sueur de mon front avec la manche de mon tee-shirt, réalisant que je puais. Beaucoup. C'était la sueur, les poissons et la bière, grâce à Emmett, il m'en avait lancé une qui avait explosé.
"Il est temps d'y aller, je pense," déclara Billy, en regardant sa montre. "J'ai promis à Sue que nous serions dans les temps, pour nous laver et préparer avant la répétition."
Charlie grimaça et nous avons rîmes tous.
"Nerveux, Charlie ?" demanda Jasper, en serrant son épaule.
"Non, juste prêt pour que tout ce tralala...soit fini," soupira-t-il.
"Le tralala est dans la lune de miel," lui dit Emmett avec un rire, en frétillant ses sourcils.
Je ris au rouge qui fleurit sur le visage de Charlie. Il ressemblait beaucoup à sa fille ainsi. Il leva dangereusement un sourcil, parce que la lune de miel était un cadeau de nous six pour Sue et lui. Nous les envoyons à Las Vegas pour une semaine. Nous avions pensé que cela leur plairait, les jeux, faire du tourisme dans la ville et voir un spectacle. Nous leur avions dit juste la veille après la séance de tir. Bella et les filles avaient tout organisé et elle avait conspiré avec Leah pour que Charlie et Sue aient des vacances. Leah avait annulé la réservation qu'elle avait faite pour une cabane près de Forks et de La Push. Dire qu'aussi bien lui que Sue étaient surpris serait un euphémisme.
Une fois que Charlie réalisa qu'aucun de nous n'était intimidé, il sourit tristement en secouant tête.
"Allons-y," lui dit Billy, tournant sa chaise et bloquant les roues quand Emmett fit démarrer le moteur. "Plus rapidement nous faisons cela, plus vite tout sera terminé."
ooo
"Voilà, tes vêtements sont ici. Je descends."
Je tirai le rideau de douche, souriant à Bella. "Merci. Dis à ton père que je serai prêt sous peu."
Bella ferma la porte derrière elle et je secouai la tête pensant comme tout se passait facilement et en douceur entre nous. Elle sentait trop propre pour que je la touche lorsque je l'avais rejointe dans la salle de bains mais maintenant, je ne pouvais penser qu'à ça.
Parler avec Charlie avait été effrayant mais c'était une bonne chose. Je n'avais pas vraiment l'intention de demander son autorisation parce que je n'étais pas prêt à demander à Bella de m'épouser tout de suite. Il me fallait du temps pour m'installer, voir comment les choses allaient se passer à l'université. Mais Charlie avait facilement offert sa bénédiction et il me semblait qu'un poids était parti de mes épaules.
Je m'habillai rapidement et je marchai dans le couloir vers la chambre de Bella après avoir passé une serviette sur ma tête humide. Assis sur le bord du lit, je mis mes chaussures, levant les yeux quand Bella se pencha à la porte.
"Prêt ?" demanda-t-elle.
"Presque," soupirai-je, courbant le petit doigt vers elle. "Viens ici."
Elle traversa la pièce et se mit entre mes jambes. Elle avait l'air tout simplement exquise, vêtue d'une jupe en jeans qui moulait son cul et montrait ses belles jambes et une jolie chemise bleue qui rendait ses seins incroyables.
"Tes cheveux sont encore humides," murmura-t-elle, passant ses doigts doucement à travers.
"Pas pour longtemps si tu continues à faire cela," lui dis-je en souriant à son doux rire tandis que mes mains caressaient l'extérieur de ses cuisses et autour de ses fesses.
Tout ce que je voulais était l'embrasser. Durement. Techniquement, cela n'était pas vraiment vrai. Ce que je voulais c'était la prendre furieusement sur son lit d'enfance, sur le sol... contre la porte du placard. Elle était belle et sexy, me souriant avec ses dents sur sa lèvre inférieure. Je voulais lui faire des choses qui auraient fait que Charlie reprendrait sa bénédiction et tout ce que nous avions construit entre nous ces deux derniers jours.
Prenant ses fesses entre mes mains, je la tirai sur mes genoux, du coup elle était à cheval sur mes cuisses, sa petite jupe remontant un peu.
"Ils vont venir nous chercher, chéri," dit-elle en riant, berçant mon visage entre ses mains.
"Tu m'as manqué aujourd'hui," lui dis-je, comme si cela expliquait pourquoi j'étais probablement en train de briser des règles de Charlie. "Juste un baiser ? "
"Nous allons être débusqué, Edward," m'avertit-elle, mais elle se pencha en même temps.
"Je vais tenter ma chance !" Je respirai contre ses lèvres, ayant enfin ce que je voulais.
Putain, je manquai de me perdre en elle. Et nous n'étions à Forks que depuis deux jours. C'était super d'y être avec nos amis et le père de Bella mais ça me manquait d'être complètement seul avec elle.
La langue de Bella toucha ma lèvre inférieure et je glissai mes doigts dans ses cheveux, en tournant la tête. Nos respirations devinrent lourdes quand nos bouches s'ouvrirent. Je la goûtai, possessif, mes mains crispées sur ses hanches. Je gémis quand elle appuya sa poitrine contre la mienne et en même temps roula des hanches lentement. Je ne pus pas me retenir et l'appuyai encore plus fort contre moi, le regrettant presque tout de suite car sa chaleur, ses gémissements et son goût de menthe me firent bander.
Nous rompîmes notre baiser mais nos fronts restèrent l'un contre l'autre, mon regard perdu dans les yeux chocolat pleins de désir.
"C'était quoi ça ?" haleta-t-elle, déposant un baiser léger sur mes lèvres.
Je haussai une épaule, poussant son nez avec le mien. "Cela m'a manqué de pouvoir le faire chaque fois que je le voulais," lui dis-je, en souriant à son rire.
"Hum, je vois," dit-elle théâtralement. "Eh bien, sergent ... peux-tu survivre un jour de plus ?"
"J'en doute," ris-je. Je passai mes bras autour d'elle, me penchant et mettant ma bouche sur la peau de son cou. "Je suis un homme gâté, Isabella. Et j'aime bien cela ..."
Elle rit dans mon cou, en chuchotant, "Je vais essayer de te gâter plus tard, Sergent. Ok ?"
Je voulais l'embrasser à nouveau juste parce qu'elle avait employé ce surnom mais tandis que je me penchais pour faire exactement cela, une voix de commandant, tonitruante se répercuta dans l'escalier.
"Les enfants ! Allons-y !" nous appela Charlie. "Nous devons être au centre de loisirs dans vingt minutes."
Sa voix nous fit sursauter puis nous rîmes. J'aidai Bella à se mettre debout et me levai en vérifiant que nous étions présentables. En utilisant le miroir de Bella, je passai mes mains dans mes cheveux puis je pris sa main.
Je l'arrêtai juste à la porte. "Tu es très belle, chérie," lui dis-je, en pensant combien elle était incroyable dans cette jupe, la robe qu'elle devait porter demain allait juste me rendre fou.
Elle m'embrassa sur la joue, en disant: "Merci, Edward."
"Mais de rien," dis-je en la guidant dans le couloir. J'embrassai sa tempe. "Et tu m'as vraiment manqué aujourd'hui."
