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INTERLUDE
Les personnages qu'on ne verra pas, mais qui sont bien là.
Severus Rogue
La porte se referma doucement, presque sans un bruit, allumant une douce lumière en guise d'alarme. On ne faisait pas sursauter un préparateur de potions, les résultats auraient été désastreux. Severus jeta un œil vers son visiteur avant de se reconcentrer sur son chaudron. Il lui fallait terminer les phases critiques de sa préparation avant toutes choses, ceux qui passaient sa porte le savaient. Et l'homme qui avait osé pénétrer dans son antre se contenta effectivement d'attendre patiemment, un petit sourire aux lèvres.
« Black, déclara finalement le maitre des potions en faisant craquer son dos. Que puis-je pour toi ?
« Oh, Severus, tu me blesses. Depuis le temps que nous nous connaissons, tu persistes à ne jamais utiliser mon prénom. J'en suis fort marri.
« Regulus.
« Oui ! C'est moi !
Severus Rogue se pinça l'arrête du nez en soupirant profondément. Il lui fallait de la patience, beaucoup de patience. Il se força à respirer calmement.
« Pourquoi est-ce toujours toi qui viens ? Où est Lily ?
« En vadrouille, marmonna Regulus, comme toujours. Elle se réjouit de m'abandonner avec Grincheux -ses mots, pas les miens, et une référence moldue, elle a dit que tu comprendrais. Ton fils n'est pas là ?
Seul un regard agacé répondit à la dernière question et Severus parti farfouiller dans ses recherches pour donner ses conclusions à Regulus. Œuvrer en lien avec le département des Mystères le passionnait, mais ceux qui y travaillaient étaient tous un peu… exubérants. Pour être poli. Même Lily était devenue carrément extravertie avec les années, mais peut-être était-ce seulement l'influence de son mari et de son collègue.
« Lawrence est en cours.
« Toujours à Durmstrang ?
« Tu pensais que j'allais le laisser aller dans la même école que les enfants de ton frère ?
Regulus haussa les épaules. Un air plus doux passa sur son visage et Severus sut que la question suivante n'allait pas lui plaire.
« Et Agneshka ?
« Black. Elle est partie en hurlant que son fils était une créature diabolique il y a treize ans. Je ne m'attends pas à la revoir un jour.
« Je suis désolé.
Rogue eut un mouvement qui pouvait passer autant pour de la nonchalance que pour du dépit. Il aimait son fils pour deux, puisque sa mère ne voulait pas en entendre parler, et il se trouvait très bien comme ça. Lily aimait beaucoup l'adolescent et l'avait gardé plusieurs fois lorsqu'il était plus jeune, Regulus adorait l'entendre parler de ses cours et le père et le fils avaient une relation très fusionnelle malgré la distance qui les séparait neuf mois par an. Ils s'aimaient, c'était bien tout ce qui comptait. Il trouva les documents qu'il cherchait, les fourra dans les mains de Regulus et lui fit signe de déguerpir. Ses potions l'attendaient.
Rubeus Hagrid
La lourde chaine claqua sur le sol lorsque la bête tomba enfin endormie. Les hommes poussèrent un soupir de soulagement en s'épongeant le visage, épuisés par l'effort et la montée d'adrénaline. Un dragon en bonne santé était déjà un spécimen délicat à manipuler, alors un dragon malade… le plus grand dragonnier assena une tape sur le dos du plus jeune qui lui fit plier les genoux.
« Bravo Charlie, pour un premier, c'était très bien géré.
« Merci, Hagrid, répondit le jeune homme en s'éloignant prudemment du géant.
Ce dernier n'en fit pas cas. Il était apprécié de tout le monde pour sa gentillesse et son caractère joyeux, aussi bien que pour son amour des monstres dont ils s'occupaient tous les jours. Hagrid, bien que le plus grand et le plus fort d'entre eux, était la personne la plus gentille que Charlie Weasley ait jamais rencontré et c'était lui qui s'occupait de le former à son nouveau métier. Les dragons étaient une réelle passion chez l'un comme chez l'autre et les deux hommes s'entendaient comme larrons en foire.
Hagrid sourit et caressa le museau du dragon endormi. Un norvégien à crête. Une femelle, avaient-ils découvert un peu tard, mais le demi-géant n'en était que plus heureux. Cela signifiait qu'avec un peu de chance, ils allaient pouvoir sauver l'espèce. Il adressa un dernier regard à sa protégée avant de retourner vers les maisonnettes qui abritaient les dragonniers au loin, laissant son apprenti avec les autres. Il était parfaitement heureux dans cette vie. Il n'avait pas hésité une seconde sur son choix de carrière à la sortie de Poudlard et les longues années passées dans la plus ancienne réserve de dragons, en Roumanie, n'avaient fait que renforcer ses convictions. Les dragons étaient toute sa vie, et former de jeunes gens prometteurs comme Charlie Weasley à prendre sa relève lui laissait toujours un sentiment d'accomplissement profond. Il était heureux.
Peter Pettigrew
Peter posa sa plume et se frotta les yeux en retenant un bâillement. Il avait l'impression que toute la population magique avait décidé de vouloir devenir animagus en même temps. Certains dossiers étaient solides, mais d'autres… qui pouvait sérieusement vouloir se transformer en chouette pour aller déféquer sur la propriété de son voisin ? Ces dossiers-là étaient systématiquement refusés. Non seulement parce que les raisons invoquées étaient inacceptables (même si parfois drôles), mais aussi parce que cela prouvait que le candidat n'avait pas pris la peine de se renseigner sur le processus. On ne pouvait pas choisir son animal, sinon, ils se seraient retrouvés avec un certain nombre de lions ou de dragons. Lui-même n'avait pas choisi le rat mais, passé la première déception, cette forme s'était révélée utile plus d'une fois. Surtout pour faire les quatre-cents coups avec James, Sirius et Remus. Bien sûr, il s'était fait enregistrer en bonne et due forme lorsqu'il était arrivé au Ministère, mais c'était infiniment plus facile puisqu'il tenait lui-même les registres. Et il ne traquait pas vraiment les fraudeurs, cela aurait été un peu hypocrite de sa part. S'il ne dénonçait pas ses vieux amis du collège, il ne pouvait pas non plus dénoncer Skeeter. Même si, concernant cette dernière, il n'avait pas de preuve formelle, il était sûr qu'elle était un animagus illégal.
Peter soupira une nouvelle fois et se leva pour se rendre à la cafétéria du Ministère. La grande pièce était toujours bondée mais c'était l'endroit qu'il préférait. Il aimait voir tous ces gens papillonner d'une place à l'autre, échanger des potins, vivre. Il observait les êtres humains avec intérêt, tout comme il étudiait les papillons qu'il avait dans une petite serre dans son jardin.
Nymphadora Tonks (Alastor Maugrey)
Les cheveux vert pomme n'étaient pas chose courante au Ministère de la Magie. Pas plus que le rose fuchsia ou le violet fluo, mais c'était une chose que Nymphadora Tonks ignorait volontairement avec beaucoup d'application. La seule chose qui dérangeait vraiment la jeune femme, c'était que son uniforme d'Auror était rouge grenat et que cette couleur ne s'associait correctement avec aucune autre, sauf le noir. Et arborer des cheveux noirs était déprimant. À vrai dire, il y avait bien une deuxième chose qui posait problème à la jeune auror, et cette chose se nommait Remus Lupin.
« Nymphadora Andromeda Tonks ! Tu as vingt secondes pour m'expliquer pourquoi la moitié des pièces à conviction de ta dernière affaire ressemble à un biscuit écrasé !
Ah. Il y avait bien son instructeur, Alastor Maugrey, mais Nymphadora n'était pas certaine de pouvoir le considérer comme un problème. Il était une sorte de mal nécessaire. Elle l'appréciait énormément, sauf quand il se mêlait de ses affaires de cœur ou qu'il l'appelait par son prénom.
« Bonjouuuur patron !
« Ton sourire ne te sauvera pas, gamine. Explication !
« Il se peut que je sois… par accident, bien sûr… tombé dessus.
Alastor regarda son apprentie sans parler pendant un moment. Il appréciait la jeune femme, vraiment. Elle était joyeuse, enthousiaste et efficace… quand elle ne bousillait pas les preuves d'une enquête.
« J'espère pour toi que tu n'as pas essayé un reparo dessus.
« Chef ! quand même ! je connais les procédures !
Nymphadora était outrée. Elle tourna dignement les talons, se cogna dans un guéridon, et s'éloigna en maugréant et en se frottant discrètement la hanche. Pour la peine, elle allait harceler Lupin jusqu'à ce qu'il accepte de prendre un verre avec elle, et elle ne le laisserait pas se cacher derrière l'excuse de ses copies à corriger ou de sa lycanthropie. Après tout, elle était Black par sa mère et une Black obtenait toujours ce qu'elle voulait.
Myrtille Warren
Myrtille parcourut les couloirs du Ministère d'un pas aussi rapide que possible sans courir. Elle évita soigneusement le bureau de Dolorès Ombrage -Dieu qu'elle détestait cette bonne femme- et pris un raccourci seulement connu des employés de bureau pour rejoindre le département de la Justice. Elle salua courtoisement la directrice, qui ne poussa qu'un léger soupir en lui rendant son salut, et toqua finalement à la porte de la secrétaire de cette dernière, une grande amie depuis Poudlard.
« Olive ! tu ne devineras jamais !
Ladite Olive releva la tête de son travail, intriguée. Elle n'avait pas toujours apprécié Myrtille. Jusqu'à leur cinquième année, elles ne s'entendaient même pas du tout mais des goûts communs les avaient rapprochées, et des études similaires avaient fini de cimenter leur amitié.
« Salut, Mimi. Si c'est à propos de Black, je suis déjà au courant, déclara-t-elle.
« Black ? lequel ? non, ce n'est pas à propos d'un Black. Qu'est-ce qui se passe ?
« Oh ! je pensais que tu savais, s'exclama Olive en poussant son dossier sur le côté. Sirius Black est venu en costume moldu pour la séance du Magenmagot, aujourd'hui. Il parait que Malfoy a essayé de le faire sortir mais aucune loi n'empêche de venir habillé en moldu, donc Black lui a ri au nez.
Myrtille écouta son amie, les yeux brillants.
« Cet homme est mon héros, murmura-t-elle, quel dommage qu'il soit marié…
Les deux femmes poussèrent un soupir de regret simultané et restèrent silencieuse un moment, les yeux dans le vague.
« Alors, repris Olive, que voulais-tu me dire ?
« Ah ! c'est vrai. J'ai entendu deux employés des archives discuter tout à l'heure, apparemment Pettigrew et Skeeter sont ensemble !
« Quoi ? impossible.
« Mais si ! ils les ont vu rentrer ensemble…
La discussion se poursuivit jusqu'à l'heure du déjeuner et les deux femmes se firent un plaisir de colporter la rumeur à la cafétéria.
