Erik regarde Charles, un peu pris au dépourvu. Est-ce là encore un test ? Va-t-il encore le torturer avec ses dons ?
« Je ... Je … »
« Une simple réponse, Erik … »
Charles se rapproche de lui et ce dernier recule se retrouvant le dos contre le mur.
« Char-Charles attends, t-tu me tortures et après t-tu me demandes si je … »
« Oui-oui … Alors ? C'est pour savoir si je dois m'attendre à te voir flirter avec d'autres mecs ou pas … »
« Char-Charles ... T-Tu me fais flipper par ta question … J'ai p-peur de répondre à côté de la plaque ... »
« Répond-moi. Erik, c'était juste une mise en garde tu sais ? »
« Tes dons sont nettement supérieurs aux miens alors … »
« Tu te trompes … mon ami … »
Erik rit nerveusement en entendant Charles insister sur les deux derniers mots. Ce dernier se rapproche davantage de sorte que leurs souffles se mélangent.
« Charles … Evidemment que je m'intéresse encore à toi mais tu m'ignorais constamment alors je ne venais plus te parler … »
« C'est dommage … On aurait pu faire plus ample connaissance … »
« C'est ce qu'on a fait il y a quelques jours non ... ? »
« Pas faux. Mais tu étais soumis à moi … Ce n'était pas très drôle pour toi … »
« Hum c'est vrai … »
« A moins que tu aies aimé ... ? » demande Charles amusé.
« Mais tu es fou toi ! J'ai été soumis pendant x années, tu crois vraiment que je vais apprécier que quelqu'un recommence ? J'en ai fait des cauchemars Charles ! »
« Je t'ai hanté ? »
Erik sent son pouls accélérer. Charles sourit.
« Arrête d'avoir peur de moi. Si tu stoppes tes petits jeux avec mes camarades tout va bien. »
L'allemand ne comprend pas : il a l'impression de rêver.
« Charles je … »
Charles soupire face à l'incompréhension de l'allemand et se hisse sur la pointe des pieds afin de l'embrasser. Ce dernier laisse Charles faire avant de le repousser.
« Non. » dit froidement Erik.
« Erik ... ? »
« Charles, arrête de jouer avec moi. Tu dis que tu n'aimes pas brûler les étapes … »
« Cela fait maintenant bientôt presque deux mois qu'on se connaît ! »
Erik regarde Charles : il est si jeune et encore innocent de part son apparence. Il ne veut pas le briser.
« Non Charles. Trop tôt … »
« Attends tu te fous de ma gueule ? C'est toi qui m'as baisé il y a deux mois ! Pas moi ! »
« C'était une erreur d'accord ? »
Charles n'en revient pas.
« Erik, tu es complexe … »
Erik prend Charles violemment par le bras et le tire dans un couloir isolé.
« Ecoute-moi, Charles, j'ai vécu des choses indescriptibles et j'ai pris la mauvaise habitude de reproduire ce que j'ai vu là-bas. Charles, je ne veux pas te faire de mal … C'est une volonté forte et une promesse que je me suis faite … »
« Erik, si tu me fais mal, je pourrais m'en sortir. Je te l'assure. »
Erik pose ses mains de part et d'autre de Charles puis soupire en baissant la tête.
« Erik … Embrasse-moi … »
Il le regarde, pas sûr de lui. Charles le force à pencher la tête et Erik finit par l'embrasser tendrement. Le plus jeune y répond, se surprenant à aimer la sensation des lèvres de l'allemand sur les siennes. Ses mains caressent sa nuque et il gémit légèrement lorsque Erik mord sa lèvre avant de stopper le baiser.
« Erik, nous en restons là. Des simples baisers comme ça, cela me suffit amplement … »
« D'accord. Faisons cela alors … »
« En revanche … Erik, ne va pas embrasser d'autre garçons … »
« Cela te dérange en quoi ? »
« Bah … Tes lèvres n'auront plus le même goût … »
Erik sourit avant de l'embrasser de nouveau tendrement. Il se recule.
« De toute façon, je suis encore terrorisé à l'idée que tu puisses encore me torturer si je recommence … »
Charles sourit et l'embrasse sur la joue. Jordan les voit et s'approche d'eux.
« Wow. Je savais que le nouveau était gay mais toi Xavier je l'ignorais … »
Erik prend Charles dans ses bras protecteur : hors de question que ce gros tas de muscle ne touche ne serait-ce qu'un seul cheveu de SON Charles.
« Dégage … » dit-il les dents serrées.
Jordan ricane avant de tirer Erik, qui lâche Charles du coup. Il tombe au sol et Jordan le frappe violemment dans les côtes.
« On ne t'avait pas prévenu, le nouveau ? »
« Erik. Il s'appelle Erik ! » s'exclame Charles.
Un des potes de Jordan s'approche de Charles et le frappe violemment au visage. Le jeune garçon tombe à genoux à côté de Erik qui gémit de douleur les larmes aux yeux.
Jordan se régale du spectacle frappant de plus en plus violemment Erik. Charles hurle de le laisser tranquille mais la brute ne s'arrête pas. Erik finit par cracher du sang au sol, un peu sonné.
« Allez, les gars. On se tire. »
Jordan et sa bande s'éloigne en ricanant. Charles rampe jusqu'à Erik.
« Erik ! Erik ! C'est bon. Il est parti. C'est fini … »
Erik pleure, ne voulant pas se relever.
« C'est tout Erik … Il est parti … »
Charles se relève, frottant son pantalon recouvert de poussière. Il aide Erik à se relever et se blottit contre lui.
« C'est fini, Erik. Il a arrêté. »
Erik serre Charles contre lui mais le relâche en émettant un petit gémissement de douleur. Charles regarde Erik et voit une tache rougeâtre apparaître sur le tee-shirt de Erik.
« Erik … Tu … Tu saignes ! »
Charles sent Erik vaciller alors il essaie de le retenir. Il crie à l'aide et une bande de troisième vienne l'aider et transportent Erik à l'infirmerie.
Charles reste dans la salle attenante à l'infirmerie. Les troisièmes restent avec lui.
« Tu es Charles Xavier toi non ? »
« Oui … »
« Le souffre-douleur de Jordan ? »
« … Oui c'est moi … »
Ils soupirent en lui disant qu'avant ils étaient potes avec Jordan mais qu'ils en avaient marre de frapper les plus jeunes. Ils laissent Charles patienter.
C'est alors que là l'infirmière sort de sa pièce paniquée demandant expressément d'appeler une ambulance.
« Il se passe quoi ? » s'inquiète Charles.
« Il a été frappé de nombreuses fois dans les côtes. Il avait des blessures anciennes sur tout le torse et il y en a une qui s'est rouverte … Il est tombé inconscient ayant perdu trop de sang. »
« Non ! Erik ! »
Charles se lève et rentre en trombe dans l'infirmerie et lui prend la main. Les ambulanciers arrivent rapidement emmenant Erik en urgence. Dans l'ambulance, Charles, qui a été autorisé à l'accompagner, tient toujours sa main.
« Erik, je t'aime. Ne me lâche pas. Notre relation ne fait que commencer. Ne me laisse tomber … »
