Rose se réveilla en sursaut, en entendant des tambourinements sur sa porte d'entrée. Dès qu'elle était rentrée, elle s'était réfugiée dans sa chambre, les yeux rougis, et fatiguée. Elle s'était endormie en lisant un gros livre, bien assez pour qu'il lui serve d'oreiller. Elle avait mal à la nuque et dans le cou. Elle ouvrit et découvrir Scorpius, qui s'engouffra aussitôt dans son appartement. Par réflexe, elle sortit sa baguette et la pointa sur lui :

- Dégage de là Malfoy.

- Non.

- J'ai toujours était plus doué que toi en sortilèges et enchantements.

- Et alors ?

- Et alors si tu veux pas devenir chauve, je te jure que…

- On parlera de ton obsession pour mes cheveux plus tard, tu veux ? La nargua-t-il.

- Tu veux que je prévienne les aurors pour violation de propriété privée ?

- De un, les aurors s'occupent des mages noirs, pas des chicaneries que tu t'amuses à semer Weasley. Et de deux, essaies, ce sont mes collègues ! La défia-t-il.

- Tous des pourris, soupira-t-elle. Des crétins d'incompétents et …

Elle fit quelques pas sans terminer sa phrase, et il se mit à se balancer sur ses pieds, mal-à-l'aise, nerveux.

- Qu'est-ce que tu fiches ici Malfoy ?

- J'en ai marre de te courir après, tu sais ?

Rose leva les yeux au ciel.

- Tu ne me coures pas après.

- Bien sûr que si.

- Bien sûr que non.

« C'est repartit pour un tour ! » songea Scorpius. En temps normal, ça l'amusait.

- Pourquoi tu fuis toujours ? Lui demanda-t-il.

- Je ne fuis pas.

- C'est toujours toi, qui me quittes la première, lui reprocha-t-il à voix basse.

Rose voulu lui répondre que c'était parce que ça faisait moins mal comme ça, et qu'elle, elle ne supporterait pas de le voir partir en premier.

- Ça ne veut pas rien dire.

Rose pâlit.

- Nous deux, continua Scorpius. Ça ne veut pas rien dire.

- Arrête.

- Et tu ne me détestes pas.

- Si je te déteste.

- Pourquoi ?

- Parce que c'est comme ça ! Hurla-t-elle presque, à bout de nerf.

Il s'approcha un peu plus et caressa le dos de sa main, avec la sienne. Il sentit ses doigts chercher les siens, et s'y emmêler.

- Le problème, tu vois, c'est que je ne te déteste pas autant que je le voudrais, murmura-t-elle.

Scorpius sourit de toutes ses dents et posa ses lèvres sur son front. Il ne sut exactement à quel moment elle se blottit dans ses bras, la tête vissée à sa poitrine. Elle était juste dans ses bras, et c'était tout ce qui comptait pour lui. C'était fou, ce besoin de la tenir prés de lui. Il n'y résistait jamais et elle, elle n'avait plus envie de s'y essayer.

- C'est pas juste du sexe, reprit Scorpius. Et je suis un idiot d'avoir pu te faire penser le contraire.

Rose se détacha légèrement, juste assez pour pouvoir le regarder dans les yeux. Elle aurait pu lui dire que le lendemain de leur première nuit il lui avait fait immensément mal. Mais elle se retint.

- Ne dis plus jamais que tu me détestes.

- Ça me protège.

- Ça me fait mal, argua Scorpius sur le même ton.

- Je suis désolée.

Elle était sincère.

- J'ai beau savoir que c'est faux, j'en crève chaque fois que tu me le dis.

Elle écarquilla les yeux. Jamais elle n'aurait pensé que ça lui faisait mal. Il était si froid, si arrogant, qu'elle n'avait même pas vu, que ça le blessait.

- Je suis désolée, s'excusa-t-elle encore.

- Ne fuis pas.

- On est dans mon appartement sombre crétin, grogna-t-elle. Où est-ce que je pourrais fuir ?

- Ne me fuis pas, répéta-t-il.

- Pourtant c'est ce qu'on fait, pour éviter le danger.

- Mais je ne suis pas un danger.

Elle secoua la tête.

- Scorpius …

- Je vais te dire ce que j'aurais du avoir le courage de te dire dès le premier soir.

- « Casse toi de là et oublie pas ton soutien-gorge dans le salon » ?

Il se retint de rire. Normalement, d'eux deux, c'était lui, le plus sarcastique.

- Je t'aime, Rose. Et j'ai merdé, parce que j'avais peur de merder justement.

Elle se pétrifia.

- Je t'aime, répéta-t-il. Depuis … je ne sais pas.

- Tu ne peux pas dire ça.

- Pourquoi ?

- Parce que je pensais que ça ne voulait rien dire.

- Mais c'était tellement plus facile pour moi de le croire ! Comme c'est plus facile pour toi de te marteler l'esprit sans arrêt en te répétant que tu me détestes ! Si on est ensemble, vraiment ensemble, ça changera tout...

- Arrête.

- On déteste ce qui est compliqué, toi et moi. C'est cocasse, si tu veux mon avis, étant donné qu'on a passé notre temps à se compliquer mutuellement les choses. Je t'aime, Rose. J'ai pas envie de passer à côté de nous, à côté de ça, parce que t'es une grosse trouillarde et moi un sombre crétin.

Cette nuit-là, elle s'était entièrement donnée à lui, heureuse, pleinement heureuse. Parce qu'au final, il n'y avait jamais eu que Scorpius, malgré tous les autres hommes avec qui elle avait été.

- Et je sais que tu m'aimes aussi, Rose.

- Je t'ai dis plus de mille fois que je te détestais.

- Et je t'ai toujours répondu, toujours emmerdée, parce que c'était le meilleur moyen pour que tu continues de me parler ! La première fois que tu m'as dit que tu me détestais, j'ai cru que c'était terminé, et ça m'a fait tellement de mal… Je sais pourquoi tu l'as fait. T'avais peur. Plus que moi. Mais c'est normal, au risque d'appuyer là où ça fait pique, t'es une froussarde de première Weasley, même si tu te lances tête baissée dans des tombeaux vieux de millions d'années. Quand il s'agit d'affronter ce que tu ressens, t'as autant de courage qu'un manche à balais.

Elle étouffa un rire dans sa gorge.

- Tu sais comment séduire une femme, toi.

-Je sais que tu m'aimes, l'ignora-t-il.

- T'es vraiment un petit con de prétentieux d'affirmer à ma place ce que je peux ressen…

- Arrête de mentir, la coupa-t-il.

Elle inspira.

- D'accord, avoua-t-elle. Je ne te déteste pas.

- Alors pourquoi me mentir ?

Il le savait déjà. Mais il avait besoin de l'entendre.

- Parce que c'était plus facile d'essayer de me convaincre que c'était vraiment le cas. Parce que j'ai peur que ce soit toi, qui trouves mieux que moi, que je pensais que ça signifiait rien pour toi ! Je ne suis pas devin ! Comment j'aurais pu savoir ce qui se passait dans ta petite tête de Malfoy ? Comment j'aurais pu deviner que tu avais aussi peur que moi ?

- Je trouverais jamais mieux que toi.

- Tu ne le sais pas.

- Embrasse-moi Rose.

Elle secoua la tête.

- Si tu le veux vraiment, embrasse-moi.

- Et toi, qu'est-ce que tu veux ? Couina-t-elle d'une voix désespérée.

- Je veux tout. Je te veux toi, entièrement. Pas juste ton corps. Pas juste tes railleries. Je veux tout. Je m'en fiche que ça complique tout. Je m'en fiche de nos familles, de la presse, de tout ceux qui trouveront quelque chose à en dire...

Rose aussi, s'en moquait parfaitement. Maintenant plus que jamais.

- Pourquoi toi, tu ne m'embrasses pas ?

- La dernière fois que je l'ai fait, tu as disparu cinq minutes après.

Il la suppliait presque du regard.

- Si on fait ça, on se lance dans l'inconnu, bredouilla Rose.

- Et alors ? J'ai jamais aimé quelqu'un comme toi, jamais été avec quelqu'un comme toi. L'inconnu, je flirte avec depuis que je suis avec toi, depuis plus de six mois.

- Je veux tout, moi aussi, murmura-t-elle.

- Pour de vrai ?

Elle hocha la tête. Elle s'était tellement de fois imaginer passer ses dimanches avec lui, en pyjamas, à lire dans ses bras, à l'écouter se plaindre de ses collègues incompétents, à jouer aux échecs et à rire jusqu'à en avoir mal aux côtes.

- Il faut qu'on établisse des règles.

- Arrête avec tes règles, Rose ! Embras…

La fin de sa phrase de perdit sur leurs lèvres. Rose l'embrassait, goûtait ses lèvres et prenait pleinement conscience d'à quel point, elles lui avaient manqué, ses lèvres. Scorpius l'embrassait doucement, tendrement et il la sentait fondre, malgré sa colère. Il la sentit sourire, sous sa bouche, et il l'embrassa encore, à son tour, alors que les mains de la rousse remontait le long de son cou.

- N'empêche que j'avais raison.

- De quoi ?

- Tu m'aimes aussi.

Son sourire mangeait son visage et Rose leva les yeux au ciel, en le guidant jusqu' à sa chambre. Ce n'était pas que du sexe. Ça ne voulait pas rien dire. Elle ne le détestait pas.

- Je trouverai jamais mieux que toi, avoua-t-elle, les joues rougissantes.

- As-tu seulement cherché ?

Elle sourit et ferma les yeux.

- Non, je n'ai même pas cherché.