WOUHOUHOUUUUUU ME REVOILOU! Avec genre plus d'un mois de retard.

– NON MAIS QUEL SCANDALE, MAIS QUELLE IGNOMINIE SANS NOM, MAIS COMMENT UNE TELLE INFAMIE EST-ELLE POSSIBLE

… Allez, v'là l'autre face de chèvre qui en rajoute une couche, histoire de bien se marrer jusqu'au bout.

– NON MAIS QUELLE HONTE, C'EST UNE HONTE POUR LA FRANCE DU GÉNÉRAL DE GAULLE

Euh, mon p'tit pote, tu sais où tu peux la carrer, ta France du général de Gaulle…?

– MAIS QUE L'ON BRÛLE CETTE FEMME, QU'ON L'ÉCORCHE

… bon, ben on va faire genre on l'entends pas, il fait son intéressant là. Le pauvre, le jugez pas, il s'emmerde sévère.

Bref! Du coup, oui, j'ai plus d'un mois de retard pour ce chapitre, croyez moi, je le sais. Sauf que bon, il se trouve que depuis la dernière fois, il y a du nouveau. Déjà, primo, j'ai trouvé un taff, à temps plein (et d'ailleurs, c'est un taff trop bien, je bosse pour Oxfam, c'est trop coooool j'adORE MON JOB OKAY). Du coup, niveau temps libre, ça a chuté sévère… ça, plus la fatigue, je l'avoue, j'avais à peine le temps pour écrire mes chapitres, même plus de les taper, d'où le retard pris.

Maintenant, avec le confinement, eh bien je suis au chômage technique alors je vais essayer de me rattraper. Mais comme déjà dit à peu près 134 milliards de fois, Feu et Foudre n'est pas mon unique projet ni ma priorité alors ne vous attendez pas à deux chapitres par semaine, hein. Ça serait giga cool mais si jamais ça arrive, ça signifie que j'ai définitivement pété un câble et que je m'enfile la coke direct en intraveineuse.

Pour l'instant, j'ai trois chapitres d'avance mais je n'ai pas encore commencé à taper le suivant, oupsie. Je vais rester à un chapitre toutes les deux semaines je pense, histoire de prendre le plus d'avance possible et de pouvoir continuer à poster régulièrement lorsque mon taff reprendra.

DU COUP, où est-ce qu'on en était? Eh bien… Tora demande à Tôsen de lui apprendre à coller des mandales de manière plus efficace, Beni reprend tout juste conscience après un genre de duel chelou dans sa tête (déjà qu'elle est aussi futée qu'un gratin de bambou, ça va pas aider tout ça) et Shuuhei continue à se faire victimiser par mes soins face à la Comète. Putain nan mais sans déconner, ce truc avec la Comète ça devait faire un seul chapitre. Je sais pas faire court, butez-moi.

*sortant une guillotine de poche, Sa Majesté des Enfers s'approche avant de se bouffer un revers de char d'assaut Panzerkampfenwagen VI Tiger dopé aux stéroïdes et peint en rouge histoire de bien se marrer*

Bref, au niveau de Shuuhei et la Comète, celle-ci venait d'annoncer avoir été attaquée il y a genre super longtemps par une tigresse blanche… et non c'est pas Tora mais PRESQUE OKÉ. Je ne vous en dit pas plus, vous allez voir, ce chapitre apporte pas mal de réponses à la question du KIKEKOICÉ TORA PUTAIN À LA FIN ÇA FAIT 115 CHAPITRES QU'ON ATTENDS DE COMPRENDRE C'EST QUOI LES BAILS BORDEL DE CUL D'AUTEUR SADIQUE.

Oué. Y'a des réponses qui arrivent, là, toutes belles toutes chaudes, rien que pour vos beaux yeux, dans ce chapitre.

Tadadaaaaaaa…

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Allez, un immense merci à Rizalone (ouaaais j'avoue, ça fait du bien d'écrire à nouveau les 46 000 conneries à la minute de mes vikings chéris) (et j'adore tes théories héhéhéhéhééééé… sauf que la Comète n'a pas les cheveux blancs, elle les a toujours couverts par du tissu blanc mais vous ne connaissez pas la couleur de ses cheveux) (n'empêche que t'es pas très loin pour certains éléments), à Prapika (aaaaaah ça fait tellement plaisir à lire, merci, merci, merci! le principal, c'est que mes histoires puissent vous apporter un bon moment et là… moi je suis la plus heureuse qui soit) et à Mirra qui reprend depuis le début, bon courage à toi!

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Discalibur :je continue à m'amuser avec tous les personnages qui me tombent sous la main, que ce soit les miens ou ceux de Bleach, manga de Tite Kubo.


Chapitre 115. Un tigre, une femme, un monstre, faudrait vous décider quand même…


La Comète, tour des Regrets, douzième étage, cellule isolée du flanc est, par un beau début d'après-midi ensoleillé.

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C'est un tigre si tu veux tout savoir. Une belle femelle adulte, dans les 250kg facile… Un sacré monstre à vrai dire, mais très belle, avec un pelage blanc comme neige sous ses rayures noires.

Oui, je m'en souviens parfaitement, c'est vrai que c'était une belle bête. C'était il y a quoi, il y a quelques 200 ans ? Ou peut-être moins que ça… oh, je ne me rappelle pas très bien. Dès qu'il s'agit de mes enfants, de mes si chers et adorés enfants, aucun souci, ma mémoire est infaillible. Il est absolument hors de question que j'oublie quoi que ce soit à propos d'eux. Mais pour le reste de ma vie, tout ce qui n'a pas trait à leur magnifique douleur, ça ne m'importe guère et j'ai souvent tendance à en oublier des détails, quand je ne les efface pas complètement de ma mémoire.

Mais cette grande tigresse blanche qui a manqué de me broyer le bras, oui je m'en souviens. Elle était absolument énorme et j'ai bien cru qu'elle allait m'arracher la tête de ses crocs immenses. Tu m'étonnes qu'elle soit restée dans ma mémoire, tiens. Je n'avais jamais vu de fauve de ma vie et la chose qui se rapprochait alors le plus d'une telle bête pour moi, c'était les chats domestiques. Sacré changement d'échelle. Tu parles d'un choc lorsque j'ai aperçu cette silhouette massive à quelques mètres à peine devant moi, sortant du blizzard épais dans lequel je m'étais perdue, grondante et ouvrant déjà la gueule pour m'attaquer.

– Attendez, attendez… me fait mon Shuuhei, absolument adorable à toujours me vouvoyer – je crois qu'il est tout simplement incapable de faire autrement – et tentant de son mieux de se concentrer sur ce que je dis et pas sur mes mains qui refusent obstinément de quitter son visage. Un tigre des neiges, donc ?

Je hoche distraitement la tête. Tout ce sujet m'intéresse peu désormais. Oh, pas que ces créatures ne m'aient jamais fascinée ou obsédée, au contraire, mais à l'instant présent, rien d'autre ne compte que mon enfant chéri qui m'est enfin revenu.

– Je l'ai vue, fait Shuuhei. Une grande femelle au pelage blanc…

Je rigole doucement, le coupant au milieu de sa phrase.

– Oh non, mon tout beau, c'est impossible. Celle-là, elle est morte.

Il fronce les sourcils, imitant sans le savoir ses adorables expressions de gamin qu'il était. En grandissant, en devenant adulte, il a presque tout perdu de cette beauté, de cette douceur qui avait attiré mon œil il y a tant d'années de ça… Et ces cicatrices ! Et ces tatouages ! Abominations ! Heureusement que j'arrive à retrouver les traits de mon merveilleux enfant là-dessous. Quoi qu'il fasse, qu'importe à quel point il lutte et se débatte, Shuuhei est à moi. Il le sera toujours.

– J'en suis relativement certaine, d'ailleurs… Si tu veux tout savoir, j'ai pu tenir sa tête décapitée entre mes mains, des années et des années plus tard. Alors crois moi mon tout beau, celle-là, tu ne l'as pas vue.

Il retient difficilement une grimace de dégoût.

– C'est plus lourd que ce à quoi on pourrait s'attendre, tu sais…

Je suppose que la tête d'un de mes enfants aurait été plus légère mais pourquoi par tous les cieux aurais-je décapité l'un d'entre eux ? Oh, j'ai bien poussé plusieurs d'entre eux à trancher encore et encore dans la gorge de leurs petits camarades, quelques fois jusqu'aux vertèbres mais jamais jusqu'à la décapitation. Cela n'aurait rien eu de particulièrement intéressant.

– Enfin! je glousse. Cette foutue bestiole a eu ce qu'elle méritait, ne t'inquiètes donc pas.

Face à moi, ses yeux noirs déjà fins se plissent encore un peu plus, les réduisant presque à deux fentes.

– Tu ne me crois pas, mon garçon ?

Doucement, presque tendrement, je passe mon pouce sur l'arrête délicate de son nez, lui arrachant un frisson nerveux. Qu'il aurait été délicieux à briser lorsqu'il m'arrivait encore à la hanche… Aujourd'hui, il faut que je relève mon visage pour l'observer tout mon soûl.

– Oh Shuuhei, Shuuhei…

Que j'aime comme son prénom roule sur ma langue…

– Tu sais pourtant parfaitement que je ne te mens pas. Tu es trop…

– Trop précieux pour ça, bla-bla, je sais. gronde t-il. Vous l'avez déjà dit. Au moins trente-six fois.

Pour toute réponse, je souris, amusée.

– Non, je vous crois. Seulement…

– Dis moi tout, dis tout à la Comète… mon beau.

Il siffle d'exaspération et je me délecte de la moindre seconde qui s'écoule. Kami-sama, si ce moment pouvait ne jamais se terminer…

– Seulement, je doute fort que vous ayez réussi à tuer un fauve de cet acabit. Vous n'êtes pas assez forte pour ça. Vous n'étiez pas seule.

Je glousse.

– Évidemment. Je n'allais pas me salir les mains pour ça.

– Dites plutôt que vous êtes trop faible pour le faire vous même.

Je hausse les épaules. Et qu'est-ce que ça peut faire, hein ?

– Tu as raison, pour ma deuxième rencontre avec cet animal, je n'étais pas seule. Échapper à la mort une première fois m'avait servi de leçon. Mais la toute première fois, oui, j'étais bien seule.

Je le vois, il est en train de cogiter à tout ça. Pour ce que ça m'importe… Tout ce que je veux, c'est lui. Mon pouce remonte vers le haut de son nez puis redescend doucement, en dessinant la forme élégante, avant de passer sur son bout arrondi. Et de glisser sur la fossette entre le nez et les lèvres, son « empreinte de l'ange ». Juste sous mon pouce, ses lèvres. Aaaah…

– Et vous avez survécu à l'attaque d'un fauve de quasi 300kg ? Vous… ? Vous vous doutez bien que là, j'ai du mal à vous croire nan ?

– À toi de voir mon grand. Elle m'a… laissée partir en réalité.

– Ça vous ferait chier d'arrêter cinq secondes d'être la connasse cryptique de merde que vous êtes ?!

Du bout de mon pouce, je peux sentir ses lèvres qui s'agitent lorsqu'il parle. Que c'est… délicieux. Ah, ces lèvres, ces lèvres !

– Tss, tss, Shuuhei… du calme. Là, reste calme…

Et laisse moi donc te savourer.

– Je reprends, d'accord ?

Tais toi donc quelques instants, écoute moi au lieu de me déranger alors que me reviennent avec une exactitude parfaite les souvenirs de ton visage d'enfant. Que j'ai rêvé de toi, que j'ai rêvé de ces lèvres et des cris qui auraient dû les franchir, bien, bien avant que tu grandisses autant…

– Cette tigresse des neiges, cette bestiole idiote, cette créature, appelle-là comme tu veux, est la première que j'ai jamais vue. Et c'était… pfou, c'était il y a longtemps, j'aurais bien du mal à te donner une date. J'étais toute jeune à l'époque, tu imagines !

– Et déjà tarée, je suppose… siffle t-il d'un air mauvais.

Toujours captivée par ces lèvres si fines et tendres malgré quelques cicatrices de gerçures – dont certaines remontent à son enfance, je les reconnais – je n'y prête pas attention. Délicatement, j'appuie mon pouce sur la bordure supérieure de ces lèvres chaudes.

– Je n'avais encore aucun enfant à moi, si c'est ce que tu veux dire. Mais j'en avais déjà touché, ça oui.

Du bout des doigts d'une main, je glisse sur sa bouche et retrace le dessin de ses belles lèvres tandis que l'autre reste crispée sur sa joue droite, mes ongles commençant à s'enfoncer dans sa chair.

– J'étais toute jeune, et c'était un sale hiver. À l'époque, je vivais encore avec mes parents, je ne savais même pas que le Seireitei existait, ah !

Amusée, je rigole légèrement, mon cœur commençant à battre de plus en plus fort au fur et à mesure que je peux toucher, saisir, ces lèvres dont j'ai tant rêvé. Oh, évidemment, j'ai aussi rêvé du reste mais je doute fortement qu'il me laisse un jour y avoir accès alors… je me contente de ce que j'ai, voilà tout.

– Dis moi mon tout beau, je ne t'ai jamais parlé de mes parents, n'est-ce pas ?

– Non. Devaient être bien pétés pour vous avoir comme gosse…

Je rigole un peu plus franchement cette fois-ci.

– Oh seigneur non ! Oh Shuuhei, si tu savais… Non, non, ils étaient doux, aimants, protecteurs… Des gens bien, tu dirais.

Moi, c'est à peine si je me souviens d'eux. Pas moyen de me rappeler leurs visages, tiens. Ils étaient… ennuyeux. Inintéressants. À vrai dire, je n'ai aucune idée de ce qu'ils ont pu devenir depuis que je les ai quittés. Probablement morts. Et je n'en ai strictement rien à foutre.

– On vivait dans les derniers districts, au nord, juste à la lisière des Montagnes noires…

– Vous… vous venez de ces districts ?!

– Eh oui mon tout beau. Comme toi. Sauf que moi, je n'étais pas une vulgaire pouilleuse errante comme vous.

Sous mes doigts, je peux sentir sa mâchoire se crisper brusquement et ses yeux s'emplissent à nouveau d'une rage évidente. Parfait mon tout beau, parfait…

– Non, mon père était à la tête d'une bonne troupe de brigands alors ma mère et moi… nous étions plutôt en sécurité. On n'avait pas grand-chose à nous mettre sous la dent mais au moins, on était protégées.

J'appuie encore un peu plus sur sa lèvre supérieure, la pressant contre ses dents et sachant pertinemment la pointe de douleur et l'inconfort que ça lui procure.

– Enfin bref, trêve de détails, j'étais de corvée de bois ce jour-là lorsque le blizzard est tombé. En quelques secondes, je me suis retrouvée perdue dans ce brouillard blanc, incapable de repérer quoi que ce soit.

Pressant mon ongle sur la pulpe rosée de sa lèvre, j'appuie encore un peu. Du sang, je veux voir du sang… Je le sens, il ne me manque pas grand-chose pour percer la surface délicate de ses lèvres. Laisse toi faire mon tout beau, laisse moi faire…

– Et je me suis très vite perdue. C'est là que je me suis retrouvée face à une de ces bêtes, pour la toute première fois de ma vie.

Je soupire d'un bonheur absolument pas dissimulé, savourant chaque sensation sous mes doigts. Ses lèvres sont chaudes, si chaudes… Je glisse un doigt entre elles, dans sa bouche si crispée, si tendue. Au chaud. Un frisson de plaisir pur descend brusquement le long de ma colonne vertébrale et de nombreuses images de ce que j'ai toujours rêvé de faire à ce magnifique garçon me reviennent en tête avec force. Un profond soupir de contentement m'échappe.

– Normalement, mon grand, elles ne quittent pas leurs montagnes. Elles ne les quittent jamais à vrai dire… sauf si elles cherchent quelque chose. Et cette femelle-là cherchait bien quelque chose, elle cherchait son petit, qui avait dû s'égarer dans ce foutu blizzard lui aussi…

Le bout de mon pouce entre lentement dans sa bouche toujours crispée mais ses dents serrées comme pas possible m'empêchent d'y pénétrer davantage. Moi qui voulais pouvoir sentir sa langue… Mais rien que son expression à l'instant présent, d'un dégoût mal dissimulé et d'une envie de reculer pour se soustraire à mes doigts parfaitement perceptible malgré ses efforts, est d'un délice parfait. Bien sûr, bien sûr que je voudrais plus, que je veux plus, que j'ai besoin de plus mais… Shuuhei n'est plus un enfant, à mon grand désespoir. Il ne me laissera pas faire et… ou plutôt, il sera capable de m'arrêter s'il le veut. Or je n'ai pas la moindre envie que ce moment si précieux s'arrête. Il est hors de question qu'il recule. Reste là Shuuhei, reste là… de toutes façons, tu ne pourras jamais m'échapper. Tu es à moi, tu te rappelles ?

– Il faut bien que tu comprennes cela mon grand, la rencontre de ce jour-là était… exceptionnelle. Elles ne descendent jamais sur la plaine et c'est à peine si elles s'en approchent, vraiment.

– Alors celle-ci, ce jour-là, c'était à cause de son petit… ?

– Bien mon Shuuhei, bien. J'ai toujours dit que tu étais un garçon intelligent.

Il me fusille du regard et je lui souris une nouvelle fois en retour. J'adore le sentir parler alors que mon pouce se trouve dans sa bouche. Il a d'ailleurs fait attention à ne pas me mordre. Bien, très bien… Il sait que je déteste la douleur or il veut que je continue à parler. Si ce n'est pas parfait tout ça…

– Leurs petits sont la seule raison pour laquelle elles peuvent en arriver à quitter leurs Montagnes, oui.

Et ça n'a pas eu lieu que ce jour-là d'ailleurs.

– Je ne pourrais te dire pourquoi exactement elle m'a attaquée et a essayé de me tuer ce jour-là…

– L'aurait bien rendu service à l'humanité, tiens. grogne t-il, dévoilant à nouveau la forme de ses dents à mon pouce et à mon index, qui s'est lui aussi glissé dans sa bouche.

Il se retient difficilement de reculer pour recracher ces deux doigts, je le sais, je le sens. Oh que c'est bon…

– Dommage mon Shuuhei, n'est-ce pas? je lui susurre doucement. Dommage pour tous ces beaux garçons…

Puis j'éclate de rire, de plus en plus grisée par toute cette situation.

– Et donc ? finit-il par me couper, souhaitant visiblement en terminer le plus vite possible.

Oh non, non, non… Je soupire doucement, toujours quelque peu extatique.

– Alors elle m'a vue et elle m'a sauté dessus. J'ai à peine eu le temps de mettre mon avant-bras devant moi pour me protéger… Je ne sais pas, peut-être qu'elle a pensé que je lui avais volé son petit ou quelque chose comme ça. C'est vrai qu'un petit tigrau tout blanc, ça rapporterait une belle somme si on sait où le vendre. Mais non ! Je ne prenais pas encore les enfants avec moi à cette époque. J'ai bien cru qu'elle allait m'arracher le bras puis me dévorer vivante cela-dit…

– Elle aurait mieux fait. grommelle t-il.

– Tss, tss… ! je le réprimande en tapotant de mon index droit le haut de sa joue tatouée. Toujours est-il qu'effectivement, son tigrau était très proche de moi… elle n'a même pas eu le temps de broyer complètement mon bras qu'elle m'a relâchée pour repartir en trombe. Quelques secondes plus tard, elle repassait devant moi, un petit aussi blanc qu'elle dans la gueule, tenu par la peau du cou.

Je hausse les épaules.

– Je suppose qu'elle a entendu son petit couiner ou miauler ou n'importe quel autre son que font ces bêtes. Puis ces deux monstres sont repartis dans leurs Montagnes et voilà tout. C'est donc comme ça que j'ai fait pour la première fois la rencontre de ces créatures.

Je soupire doucement de plaisir, profitant du fait que Shuuhei n'ose pas refermer ses mâchoires pour, relevant sa lèvre supérieure d'un doigt, observer ses dents contre lesquelles je tapote l'ongle de mon pouce. Belles dents certes, mais bien trop grandes… Jamais elles n'égaleront les dents de lait de jeunes garçons, malheureusement.

Ah mes trésors, mes trésors… Toutes ces dents, ces magnifiques dents… Il y en avait partout, chez moi. Je n'avais aucun meuble ou presque, que des boîtes, des boîtes et des boîtes. Et parmi leur multitude, il y avait toutes celles qui contenaient mes trésors. Petites, grandes, arrondies, rectangulaires, de toutes les tailles et de toutes les formes, ce n'était pas ça qui importait. Ces boîtes-là étaient les écrins pour mes précieux trésors. Il m'arrivait souvent de les sortir pour les regarder, les admirer, les contempler.

J'aimais bien les montrer aux enfants que je gardais alors avec moi, dans un premier temps parce que j'adorais l'horreur se peignant sur leurs visages au fur et à mesure qu'ils comprenaient qu'ils n'étaient qu'un minuscule maillon de la chaîne de mes innombrables victimes et qu'une de leurs dents, bientôt, rejoindrait ma collection. Mais j'aurais aussi aimé que l'un d'entre eux soit capable d'en apprécier la beauté. Enfin, je suppose que j'en demandais trop… Ce n'était que de vulgaires gamins des rues, après tout.

Je ne sais pas vraiment d'où me vient cette fascination pour les dents… Bien évidemment, je préfère celles des enfants, les adorables et minuscules dents de lait. Mais même des dents adultes, je ne sais pas, cela me plaît. Shuuhei a grandi, beaucoup trop grandi et ses dents aussi mais elles restent belles, avec leur éclat d'ivoire si doux et pâle au milieu de toutes ces chairs rougeâtres… Elles sont blanches et le reste de sa bouche m'offre que des couleurs chaudes, elles sont dures et coupantes et le reste de sa bouche est tendre et humide, elles sont froides et le reste de sa bouche palpite de vie, je… C'est quelque chose de fascinant. Fascinant, fascinant, fascinant… !

Oh et arracher ces dents, oooooh que c'était bon, que c'était jouissif… ! C'était magnifique, merveilleux, splendide… Je leur coinçais la tête entre mes cuisses, passait mes jambes sur leurs torses pour les immobiliser au sol sans difficultés et de mes deux mains, je pouvais m'amuser comme je le voulais. Généralement, je maintenais leur mâchoire ouverte avec un ustensile métallique. J'aurais préféré faire sans mais certains m'ont déjà mordue, c'est assez douloureux, alors…

Et puis c'était génial de les voir comme ça, à se tortiller et à couiner sous moi tandis que je glissais avec délectation ma main dans leur bouche – voire jusque dans leur gorge, c'était particulièrement agréable de les sentir s'étouffer sur mes doigts. Je tapotais leurs minuscules dents du bout de mes ongles, m'amusait à faire mine d'hésiter alors que dès le moment où je les emmenais avec moi, je savais exactement laquelle de leurs dents rejoindrait ma collection. C'était généralement à ce moment-là qu'ils me suppliaient le plus, avant que je ne me saisisse de ma pince pour arracher la dent tant espérée. C'était là, je pense, qu'ils comprenaient vraiment que je ne les relâcherai jamais, que maintenant que leur dent m'appartenait, ils faisaient d'ores et déjà partie de mes victimes, que plus rien ne les empêcherait de rejoindre les diverses fosses communes que j'ai pu creuser.

Pour Shuuhei, c'était une canine que je comptais lui prendre, celle-là, celle qui se trouve juste au dessus de mon pouce. La canine droite de sa mâchoire supérieure. Heureusement que ses immondes cicatrices ne sont pas venues abîmer ses lèvres ou cette dent. Ah que j'ai rêvé du moment où j'aurais arraché cette dent à ce garçon si précieux… J'en rêve encore, et souvent.

Même si je n'ai pas pu le prendre avec moi, même si je n'ai pu ni le toucher ni le briser, Shuuhei reste à moi. Il est à moi, à moi, à moi. Pour toujours. Cette dent… Cette canine fine et allongée et légèrement pointue… Elle me revient. Cette dent me revient de droit. Mon souffle s'accélère tandis que je glisse mon pouce et mon index autour de cette canine que je veux tant. Elle est là, juste sous mes doigts. J'ai mes mains sur Shuuhei, sur sa peau, sur sa chair, j'ai mes doigts en lui, dans sa bouche qu'il tient si gentiment entrouverte juste pour moi, pour moi, pour moi, pour mon bon plaisir… Je veux… oh, Shuuhei !

– Je vous préviens, gronde brusquement sa voix sourde d'une colère qui me tire soudainement de mon moment d'extase, essayez de m'arracher une dent et je vous brise chaque os de votre putain de corps.

… Shuuhei, non, non, non, tu n'es pas sensé être en colère, tu es sensé avoir peur de moi, tu dois pleurer et laisser tes larmes froides couler sur ma peau, tu dois trembler entre mes jambes et me supplier, me supplier de ne pas te tuer, me supplier d'arrêter, me supplier parce que tu as mal à en crever et c'est moi qui t'inflige cette douleur, tu dois…

– Dégagez vos doigts de ma bouche. gronde t-il, me fusillant du regard sans que je ne comprenne pourquoi il n'a pas l'air perdu et terrifié et abandonné et désespéré comme le si délicieux et si fragile enfant qu'il est…

Il me faut quelques secondes pour revenir à l'instant présent, pour réaliser à nouveau que cette dent entre mes doigts est bien celle d'un adulte et que Shuuhei, mon adorable Shuuhei, mon enfant chéri ne me reviendra jamais. Des lames me montent aux yeux mais je les réprime aussitôt. Je…

– Dégagez vos doigts de ma bouche, répète t-il, ou je vous jure que j'en fais de la charpie.

Le cœur serré et la gorge nouée, je retire mon index et mon pouce de cette canine qui aurait dû rejoindre ma collection, dans la petite boîte noire aux décorations de nacre que j'avais spécialement réservée pour mon beau Shuuhei, et mes doigts se retirent péniblement de cette bouche si tendre et chaude.

– Le deal, c'était vos mains sur ma peau, vous laisser toucher mon visage, rien de plus.

Je soupire douloureusement. J'aurais tant voulu… Oh que j'aurais voulu garder cet enfant pour moi, le prendre tant qu'il était encore temps. Oh Shuuhei, Shuuhei… tu aurais été le plus beau de mes enfants, le plus abîmé, le plus détruit d'entre eux…

– Je vous ai même laissée avoir plus que prévu alors maintenant, ça suffit, videz votre sac bordel.

Les créatures, hein… ? Ah, Shuuhei… Je ferme un instant les yeux, afin de me reprendre. Jamais je ne l'aurais et cette pensée me brise le cœur. Mais il est là, aujourd'hui, il est devant moi. En chair et en os. Et rien que ça, c'est déjà beaucoup. Un sourire doucereux et un peu triste revient sur mes lèvres. Je n'aurais pas sa dent, probablement pas, mais il aura des cauchemars, ça je le sais. Je n'ai qu'à voir son regard pour ça. Parfait. N'oublie pas Shuuhei, n'oublie pas que tu es à moi… Tu peux gronder et serrer les poings tant que tu veux, rien ne pourra changer ce simple fait. Tu as peut-être grandi mais tu resteras toujours mon enfant. Mon enfant. Le mien, à jamais. N'oublie pas qui mène la danse, mon tout beau…

– Elles te fascinent hein, ces créatures ? je susurre doucement, me remettant à caresser tendrement son visage.

Ouh que j'aime sentir sa mâchoire se crisper à mon toucher…

– Je veux savoir, c'est tout. grommelle t-il tout en continuant de fixer obstinément son regard sur moi.

Je lui souris un peu plus en retour.

– C'est quoi ces foutues créatures dont vous nous parliez ?

Je soupire doucement, replongeant avec délectation dans ce moment privilégié avec mon beau garçon.

– Eh bien… J'ai mis des années avant de comprendre ce qu'elles étaient exactement. À vrai dire, cette première rencontre, bien que passablement marquante, n'avait rien de particulièrement… surnaturel.

– C'est vous qui avez ajouté tout cet aspect ? Les métamorphoses et tout ?

– Tss, tss, laisse moi parler.

– Alors videz votre sac, bordel.

– Tant de vulgarité… je soupire. Si j'avais pu te garder pour moi, crois-moi, je t'aurais dressé à ma manière.

Cette fois, il ne dit rien mais je sens que plus cette situation se prolonge, plus il meurt d'envie de reculer et retirer sa tête à ma prise. Fermement, j'enfonce mes ongles dans sa peau. N'essaye même pas.

– Disons, pour faire court, que cette foutue bestiole a provoqué chez moi une terreur que je n'avais jamais connue jusque là et…

– Celle de mourir? fait-il, l'air quelque peu dubitatif.

– Pfff… je soupire. Enfin voyons mon garçon, tu sais très bien que celle-ci, on la connaît par cœur quand on grandit là où nous avons grandi. Non, celle de mourir en hurlant de douleur, d'avoir le cœur qui lâche sous la peur et la souffrance avant que le fauve n'arrache ma gorge ou ne m'éventre pour de bon. Pas la peur de mourir, non, la peur de souffrir. Alors j'ai essayé d'en savoir plus sur ce monstre surgi du blizzard. J'avais besoin d'en savoir plus. Mais tout ce que j'obtenais, c'était des histoires de tigres mangeurs d'hommes, de monstres sanguinaires dans les Montagnes.

– Mais… il n'y a pas de tigres à la Soul Society.

Surprise, je cligne des yeux.

– Toutes les sources du Seireitei s'accordent là-dessus, fait-il, alors…

Incapable de me retenir, j'éclate de rire et sous mes doigts, je le sens qui se crispe encore un peu.

– Mais Shuuhei, voyons… Enfin, mon garçon, je te croyais plus intelligent que ça. Je pensais que tu avais compris, enfin…

Ses lèvres se serrent encore un peu plus et je passe rapidement mon pouce sur leur pulpe.

– Shuuhei… Les Montagnes noires ne font pas partie de la Soul Society.

Un court moment de silence tombe tandis que de mon index et mon annulaire gauche, je retrace le dessin de ses trois cicatrices.

– .. quoi? finit-il par lâcher d'un air complètement perdu.

– Les Montagnes ne font pas partie de la Soul Society, je répète, c'est aussi simple que ça. Tu y es allé, n'est-ce pas ? Alors tu as bien dû te rendre compte qu'elles sont étranges. Qu'elles sont… à part. Surtout en tant que shinigami, tu as dû le ressentir… Je sais qu'elles ont un rapport différent à l'énergie spirituelle qu'ici mais, n'ayant pas fait Shin'Ô ou quoi que ce soit, j'avoue que j'ai eu des difficultés à m'en rendre pleinement compte. Disons que je sentais quelque chose… et que j'ai mis du temps avant de comprendre que c'était tout simplement le lieu lui-même qui me faisait ça. Ces montagnes nous sont étranges, hostiles, parce que nous ne sommes pas supposés y aller, voilà tout.

Il ne dit rien et se contente de me regarder d'un air assez largué.

– Voyons Shuuhei… J'ai mis des années à tout comprendre parce que j'ai dû tout apprendre par moi-même, y compris lire, mais toi, tu as fait Shin'Ô. Tu aurais pu comprendre, mon tout beau… tu aurais dû.

– Je ne…

– Chut, chut… je susurre en caressant cette longue cicatrice que j'aurais tant aimé lui faire moi-même. J'ai longtemps cherché et fouillé avant de comprendre, tu sais. Les « Balancers », ça te dit quelque chose ?

– « Ceux Qui Conservent L'Équilibre » ? Ouais, évidemment que ça me dit quelque chose, ça doit être un des premiers cours qu'on reçoit à Shin'Ô mais que…

– Tu vois que tu es un bon élève. Tu vas comprendre, ne t'en fais pas. Alors dis moi, ces Gardiens de l'Équilibre, qui sont-ils ?

Il cligne rapidement des yeux, l'air de ne pas comprendre du tout où je veux en venir.

– Eh bien, euh dans la théorie, leur rang est plus élevé que celui des shinigamis, ils s'occupent de la balance de l'univers, pour que l'équilibre entre la Soul Society et le monde terrestre ne soit jamais rompu. Le nombre d'âmes, le problème Quincy, tout ça, tout ça… Mais je ne vois pas où vous voulez en venir, je…

Je hoche de la tête. Gentil garçon.

– Bien mon Shuuhei, bien… Et dis moi, ces Balancers, tu les as déjà vus ?

Il fronce les sourcils.

– Bien sûr que non. Ils n'existent pas, tout le monde le sait, c'est juste de la pédagogie pour nous expliquer le rôle des shinigamis. On dit des Balancers qu'ils maintiennent l'équilibre entre le nombre d'âmes ici et sur Terre mais ça, c'est juste notre taff de shinigamis. Ces Gardiens sont complètement bidons, ils n'existent pas.

Amusée, je penche la tête sur le côté avant de la rapprocher un peu plus de son visage, juste de l'autre côté de ces barreaux.

– Faux, mon Shuuhei… tu as tout faux.

Du bout de mes ongles, je griffe légèrement cette peau tatouée, arrachant une fugace grimace douloureuse à son visage qui me regarde d'un air quelque peu perdu.

– Ces Gardiens existent bel et bien et, non, ce ne sont pas les shinigamis.

– Vous n'allez tout de même pas essayer de me faire croire qu'il s'agit de ces foutues créatures ?!

– Eh bien si. je lui réponds avec un grand sourire.

Cette fois, il ne dit rien et il se met à scruter mon visage de plus belle, comme à la recherche d'indices lui permettant de deviner si je lui mens ou pas. Inutile mon grand garçon, je ne mens pas. Le bout de mes lèvres se relève en un sourire moqueur qui vient me faire plisser un peu plus les yeux. Ce regard bleu que je pose sur lui lui et qui est la cause de ce frisson que je peux sentir sous mes mains a hanté ses cauchemars, je le sais, je le sens.

– Notre monde et celui des humains, je reprends, ne se côtoient pas, ne se superposent pas. Ils se trouvent chacun d'un côté de l'existence.

Je caresse lentement l'arrête de sa mâchoire, bien trop prononcée à mon goût. Tu étais si beau enfant… adulte, tu as perdu cette beauté si précieuse. Dommage, oh que c'est dommage.

– Imagine que l'un et l'autre se trouvent chacun sur le côté d'un disque. En haut, la Soul Society, en bas, le monde terrestre… ou l'inverse, on s'en fiche un peu. La question est toute simple : sur la tranche de ce disque, qu'y a t-il ?

– … les Montagnes ?!

– Exactement. Aucun des deux mondes ne peut directement déborder sur l'autre, les Montagnes sont là et font office de tampon entre les deux. Elles absorbent les chocs, empêchent le déséquilibre.

– Vous voulez dire que… si on traversait les Montagnes d'un bout à l'autre, on finirait par arriver dans le monde des humains? Ça n'a aucun sens !

– Eh bien, à vrai dire… si. C'est possible. Une seule personne à ma connaissance a jamais réussi cet exploit. Une belle petite salope, certes, mais je reconnais qu'elle était puissante. Presque aussi monstrueuse que ces foutues Gardiennes, tiens.

Je lâche un rire léger.

– C'est là que les créatures entrent en jeu mon tout beau.

Il fronce les sourcils.

– Tu l'as dit toi-même, les Balancers sont présentés comme des gardiens. Il se trouve que ce sont des gardiennes mais bon… Elles sont là pour ça, pour s'assurer que rien ni personne ne franchira leurs Montagnes. Elles gardent la frontière, si tu veux. Déjà que niveau milieu hostile, ces montagnes sont plutôt balaises… Imagine leurs habitantes.

– Mais… vous… attendez deux secondes !

Tant que je peux poser mes mains sur toi, autant de temps que tu voudras mon garçon. Cet air perdu sur ton visage, même s'il manque toute la terreur et la douleur du monde, est tout bonnement délectable. Ce n'est pas ce que je voulais, mais c'est déjà mieux que rien.

– Vous voulez dire que les fameux Balancers sont des foutues bestioles à rayures et que, en digne tarée que vous êtes, vous les avez transformées en créatures changeant de forme dans vos histoires ?!

– Mais mon Shuuhei, qui te dit que j'ai inventé ça… ?

– Je ne…

– Tss, tss, laisse moi finir. Laisse parler les grandes personnes, je roucoule amusée de cette moue furieuse qu'il m'offre. Je reprends donc… Les Montagnes sont la frontière entre ce monde et l'autre et cette frontière est en réalité une zone, pas juste une ligne. En temps normal, nul ne songerait jamais à s'y aventurer. Je suppose que ça fait partie de leur nature, qu'elles sont capables d'instiller peur et méfiance à quiconque s'en approche. Et de toutes façons, si quelqu'un s'y aventure, il tombera sur elles…

– Des… tigres, donc.

– Non. Enfin… pas exactement. Il y a en fait deux types de Balancers… ou maîtresses de l'équilibre comme je préfère les appeler. Je trouve ça… plus joli.

Je soupire un instant en me souvenant des yeux pleins de rage de ces femmes métamorphes.

– Il y a celles que tu as probablement croisées en t'aventurant dans les sous-bois, les Sentinelles. Puis il y a les autres, celles qui sont vraiment dangereuses, les Gardiennes. Celles-là, elles t'auraient décroché ta jolie tête de ton joli corps, mon tout beau… je susurre.

Du bout des doigts, je passe sur ses paupières légères, le forçant un instant à fermer les yeux à son grand déplaisir.

– Le truc, l'astuce, mon grand, c'est que, tu vois… les deux types ressemblent à des tigres, Sentinelles et Gardiennes. Alors quant tu croises l'un de ces fauves, tu ne sais pas sur laquelle tu tombes… La Sentinelle qui se trouve aux avant-postes, entre le cœur de leur territoire et l'orée des Montagnes, qui ne sont que de simples animaux, particulièrement intelligents et résistants certes mais de simples tigres au final… ou alors la Gardienne, celle qui n'a comme but que celui de t'éventrer vif, qui ressemble à un tigre, qui ressemble à une femme, qui ressemble à un monstre… ? Surprise mon cher, surprise.

Je me tais un instant et l'observe à ce que je viens de lui expliquer, les yeux clos par mes pouces. Il le sait, je ne mens pas. Je suppose que maintenant, il se demande si je ne me trompe pas… Oh mon grand, je ne me trompe pas. Personne dans ce foutu univers n'a davantage côtoyé ces créatures plus que moi.

– Un tigre, une femme, un monstre, faudrait vous décider quand même… finit-il par grogner.

– Shuuhei, voyons. Suis un peu. Ce sont des métamorphes, aussi simple que ça.

– Des métamorphes… bah bien sûr, ça…

– Ça n'existe pas ? Et les Shihoîn ?

– Quoi, les Shihoîn ?

– Shuuhei. Réfléchis.

Tu me fais honte, je te croyais plus intelligent que ça. Réfléchis donc davantage que ça, sert toi de cette jolie petite cervelle que j'aurais eu les plus grands plaisirs à faire sombrer dans les affres de la folie. Tout le monde sait que certains membres de ce clan ont la capacité de prendre l'apparence d'un chat. Ce qui se sait moins cependant, c'est que les Shihoîn sont en fait le fruit d'un ancien mélange de Gardiennes et de shinigamis, il y a quelques 10 000 ans. Je suppose que même eux ont oublié d'où leur venait cette capacité innée.

– … Oh.

Voilà.

– Fais moi confiance, mon tout beau… De toutes façons, pour le coup, tu n'as pas le choix. Écoute moi, écoute la Comète comme tu l'as toujours si bien fait… Si celles que tu as croisées là-bas ne se sont pas métamorphosées, alors ce n'était que des Sentinelles. Jamais des Gardiennes ne vous auraient laisse repartir en vie.

– Mais…

– Quoi donc mon garçon ?

– Vous parliez de monstres… de créatures ni humaines, ni animales mais de quelque chose d'autre, d'horrifique…

– Ce sont des monstres, mon enfant. De vrais monstres. Les Gardiennes ont trois formes… une humaine pour se faire passer pour nos semblables et mieux nous massacrer… une animale pour se fondre parmi les Sentinelles et nous tromper en reprenant leur forme monstrueuse sans crier gare… puis cette troisième forme, la plus monstrueuse d'entre elles. Pour dévorer vivant quiconque entre dans leurs sous-bois.

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Et voilà. Alors ces putains de balancers, ce n'est pas une invention de ma part, non, non, non, c'est Kubo himself qui les mentionne lui même au tome… 6. Chapitre 46, pour être plus précise. Ouais, je le sais pile poil parce que c'est le putain de point de départ de cette fic. Sans déconner, je me rappelle parfaitement du moment où j'ai lu ça au collège, à me demander qui étaient ces balancers, attendant de les revoir. Pis après mon bac, pendant une de mes énièmes relectures de Bleach a.k.a. mon manga préféré sa mère, je me suis rendu compte qu'en fait on n'en reparlait pas.

D'où, eh bien, Tora. Je me suis demandé qui ils pouvaient être, j'me suis dit vas-y, ça va être des nanas parce que j'ai envie, l'idée du disque et de la tranche du disque me plaisaient bien, j'ai pensé à une frontière entre les deux mondes et je me suis dit, il se passerait quoi si une de ces créatures gardiennes, de ces esprits protecteurs se retrouvait perdue loin de chez elle, dans les sombres bas-fond du Rukongai? Ben paf Tora. Pis après paf Beni parce que quand même, la pauvre, je ne pouvais pas non plus la victimiser H24, fallait bien que je lui file un peu de positif dans sa vie – du positif sous la forme d'une fraise surexcitée passant son temps à se bastonner et à insulter des daronnes, si, si.

Bref, Tora c'est une Gardienne et techniquement oui, c'est un genre de déesse mineure, un esprit protecteur. Et si vous saviez à quel point je me suis éclatée à y faire référence depuis le tout début de la fic, c'était trop drôle.

Et la Meute eh bien, c'est tout un paquet de Sentinelles qui a décidé de veiller sur cette Gardienne égarée qui n'a aucune conscience de qui elle est, voili voilou. La raison pour laquelle ni Tora ni Beni n'ont rencontré de Gardiennes alors qu'elles squattent les Montagnes depuis un bon paquet d'années c'est parce qu'elles sont bien trop proches de la plaine : les Sentinelles vivent de l'autre côté du premier rang de montagnes – qu'elles squattent donc – tandis que les Gardiennes elles, ont leur société installée bien plus au cœur des Montagnes et elles n'en bougent que très rarement. Leur rôle, c'est d'empêcher les gens de traverser les Montagnes donc elles n'ont pas vraiment besoin de se déplacer. De toutes façons, la nature des Montagnes repousse les gens au loin et si jamais quelques dingues entrent tout de même sur le territoire, ils risquent de se faire croquer par les Sentinelles aux avant-postes avant de vraiment voir les métamorphes.

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Allez, prochain chapitre le 1er avril (éwoué), 116. Vous vous prenez pour des rois, vous n'êtes que mes jouets