Un merci tout particulier à Destrange pour ses reviews, et qui je répondrai dès que possible.

Bonne lecture !


Chapitre 6

Jeanne l'Hérétique


« Jeanne, croyez-vous être en état de grâce ?
— Si je n'y suis, Dieu veuille m'y mettre ; si j'y suis, Dieu veuille m'y tenir. »
(Rouen, procès de Jeanne d'Arc, 24 février 1431)


Voilà qu'à l'été 1430 Jeanne avait été faite prisonnière aux côtés de son frère, de son écuyer, et de son aumônier. Bien entendu, elle tenta à plusieurs reprises de s'évader en tentant de fausser compagnie à ses geôliers, mais elle était sans doute à ce moment-là la femme la plus surveillée de France. D'abord emmenée au château de Beaulieu, elle fut encore une fois déplacée plus loin des combats quelques jours plus tard, là où aucun de ses alliés ne pourrait plus l'aider dans son entreprise.

Voilà qu'à l'été 1430 Jeanne était aux mains des Bourguignons, et que ceux-ci brûlaient d'envie de se débarrasser de la « catin des Armagnacs ». Fort heureusement — ou fort malheureusement — pour elle, la jeune femme était plus utile vivante que morte. En effet, Jean Poton l'avait prévenue : un prisonnier pouvait servir de monnaie d'échange, pas une dépouille. Philippe le Bon, duc de Bourgogne, choisit finalement de la livrer à Jean de Lancastre, duc de Bedford, régent de France et d'Angleterre. Politiquement, c'était un coup de maître. Pour la coquette somme de dix-mille livres, voilà que la Pucelle d'Orléans passait des mains bourguignonnes aux mains anglaises.

Lorsqu'elle fut vendue aux Anglais, elle fut bien incapable de fomenter le moindre plan sous la surveillance de Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, et proche allié des Anglais. « Vous devrez répondre de vos crimes non devant moi mais devant Dieu », avait-il sifflé à leur première rencontre, sans qu'elle comprenne véritablement ce dont il était question. Celui-ci la transféra très vite plus au Nord, par-delà les terres reconquises et au-delà des champs de bataille. Il finit par la faire enfermer à Rouen, où se trouvait la plus grande base anglaise continentale.

Voilà que des mois durant, la captive ne quitta sa tour que pour répondre aux assauts de questions dans le cadre de la préparation de son procès. Si elle échappa à la torture, les mots qu'on lui adressait désormais étaient d'une rare dureté et parfois même d'une incroyable cruauté. Bien entendu, elle ne doutait pas que même parmi l'armée française certains avaient été réticents à l'idée d'accueillir une femme dans leurs rangs, et sans doute certains la méprisaient-ils autant pour son statut de femme que son statut de paysanne. Sans doute certains avaient-ils été suspicieux quant aux rumeurs de ses dons et s'étaient-ils méfiés de la toute jeune combattante. Pourtant, si des torrents de cruauté auraient pu se déverser sur ses frêles épaules d'adolescente, elle en avait toujours été préservée par les hommes qui l'avaient entourée : Bertrand de Poulengy ainsi que Jean II d'Alençon l'avaient immédiatement prise sous leurs ailes et avaient été d'indéfectibles alliés, le Roi lui avait prêté son oreille puis sa confiance en faisant fi de tous ses préjugés, elle avait trouvé un ami sincère en la personne d'Étienne de Vignoles et, où qu'elle aille, Thibaut d'Armagnac semblait également veiller sur elle… Voilà maintenant qu'elle était abandonnée de tous, et que même Pierre et Jean d'Aulon n'étaient plus là pour partager sa peine. Voilà qu'elle s'étonnait de ne pas trouver Minguet collé à ses basques lorsqu'elle se retournait soudain. Voilà qu'elle était maintenant seule, à même le sol d'un lugubre cachot, transie de froid et d'appréhension quant à ce qu'il adviendrait d'elle dans les mois à venir.

Elle fixait parfois intensément ses liens et plissait les yeux, se concentrant sur la magie qui circulait toujours dans son corps : « Diffindo ». Les liens restaient toujours intacts. C'était le début de la fin.

Voilà qu'en février 1431 le procès du siècle débutait.


20 février 1431

Ce fut l'évêque de Beauvais qui ordonna les séances, entouré d'une bonne centaine de personnes : des chanoines, des docteurs, et même des universitaires… car ce serait la Sorbonne qui rendrait le verdict final. Pierre Cauchon était suivi de tout un cortège judiciaire. Jeanne n'avait, dans sa courte vie, jamais assisté à un procès, mais elle se doutait que l'assemblée réunie tout au long de son audience était extraordinaire. L'affaire avait pris de l'ampleur. A ce moment-là, Jeanne comprit qu'il n'était pas prévu qu'elle s'en sorte, et que si elle avait encore de la valeur vivante, c'était pour mieux mettre en scène sa mise à mort. Autrement, on l'aurait directement conduite à Londres au lieu de l'exhiber sur la place publique, n'est-ce pas ?

« Savez-vous pourquoi vous vous retrouvez aujourd'hui devant le tribunal ecclésiastique que je préside ?
— Non.
— Vous ignorez quelles accusations nous portons à votre encontre ?
— Si c'est celle d'être votre ennemie, je plaide coupable.
— Cessez de vouloir faire preuve d'esprit, une petite gueuse dans votre genre n'impressionne personne. »

Ainsi, songea amèrement Jeanne, son procès serait totalement impartial.

« Vous êtes accusée d'apostasie, de blasphème, de divination, de mensonge, et d'hérésie. Entre autres choses. »

Jeanne éclata d'un rire franc.

« Quel est votre problème, folingue ? intervint l'un des abbés de l'assemblée.
— Vous n'êtes pas ici pour juger mes crimes de guerre, vous êtes ici pour juger ma foi. Et vous n'en avez pas le droit. C'en est risible, car je me suis depuis les toutes premières secondes de mon existence toujours dédiée à corps et âme à Dieu et à Son royaume »

L'évêque et les personnes qui l'assistaient la toisèrent avec mépris.

« Votre accent est absolument épouvantable, pauvre fille.
— Je sais, sourit-elle en songeant à sa première entrevue avec Robert de Baudricourt où il avait lui aussi tourné en dérision sa manière de s'exprimer.
— Cela vous fait rire ?
— Cela m'évoque simplement des souvenirs. »

Elle continua lentement, détachant chacun de ses mots afin d'être aisément comprise par ses interlocuteurs, et afin qu'on ne puisse plus lui reprocher son élocution :

« Comprenez que de l'amour ou haine que Dieu a pour les Anglais, je n'en sais rien. En ce qui me concerne en revanche, j'ai choisi de me dédier corps et âme à Son royaume et à mon Roi. »


22 février 1431

« Quel âge avez-vous ?
— Dix-neuf ans, environ, je pense.
— Vous pensez ?
— Ne jouez pas sur les mots, vous savez à quel point les registres paroissiaux sont parfois approximatifs.
— C'est vous qui jouez sur les mots.
— Non.
— Non ?
— Je réponds le plus honnêtement possible à vos questions, voilà tout.
— On dit de vous beaucoup de choses…
— Je ne sais pas.
— Vous ne savez pas ?
— Je n'écoute pas les rumeurs, j'agis. Je suis une femme d'action. »


27 février 1431

« Je n'ai pas de Pucelle que le surnom. La pureté est maîtresse de chacune de mes intentions.
— Vous vous êtes travestie pour mener bataille parmi les hommes.
— C'est le Ciel qui m'a guidée sur ce chemin. Oseriez-vous remettre en cause les injonctions divines ?
— Comprenez que votre proximité avec des hommes soulève bien des interrogations.
— Je ne le comprends pas. Seul un esprit pervers pourrait voir là une perversion. »

Pierre Cauchon fit claquer sa langue contre son palais.


1er mars 1431

« Voici l'un de ceux qui fut votre compagnon de route »

Derrière lui s'avança un homme rond et gras, vêtu très simplement, tentant de dissimuler les tremblements de son corps. Jeanne le reconnut immédiatement à sa moustache épaisse et à ses yeux minuscules. Jean de Metz intervint d'une petite voix :

« Tout au long de l'escorte qui nous mena en mars 1929 à Chinon, Bertrand de Poulengy et moi-même nous reposions chaque nuit auprès elle. C'était essentiellement pour une raison sécuritaire, Monseigneur, précisa-t-il devant l'air réjoui de l'homme de foi.
— J'entends, admit à contrecœur l'évêque. A-t-elle dévoilé un jour une intention charnelle et mauvaise à votre égard ? S'est-elle jouée de la situation ?
— Jamais Monseigneur. Elle imposait tellement le respect que jamais l'un d'entre nous n'eût pensé à la solliciter à mal.
— Et après ? s'impatienta l'autre. Après Chinon, au cœur des combats, s'est-elle rapprochée d'hommes ?
— Certainement. Jeanne a eu de nombreux compagnons de route, et je lui fais assez confiance pour assurer sous serment qu'elle a agi avec eux comme avec moi.
— En êtes-vous bien certain ?
— Eh bien… hésita Jean de Metz. Je sais aussi qu'elle fut fort proche de quelques-uns, et ce serait mentir de dire que je n'ai pas entendu les rumeurs.
— Quelle était la teneur de ces rumeurs ? »

L'assistance retint son souffle.

« Dites-le, insista Pierre Cauchon.
— Impie. »

Quelques insultes fusèrent, et les hommes d'Église qui l'entouraient affichèrent un air victorieux. Un sourire satisfait s'étira sur le visage de l'évêque. Il était parvenu à lui faire dire ce qu'il souhaitait.

« Bien… »

Jeanne ne voyait pas ce qu'il y avait de bien dans cette conclusion. Elle ne comprenait pas ce que l'ancien écuyer de Robert de Baudricourt faisait là. Quoi qu'il puisse dire dans son témoignage, ses opposants feraient en sorte de tourner son récit en sa défaveur.

« Cependant, reprit Jean de Metz dont le front était maintenant barré d'un air soucieux, cela me paraît un peu précipité de se baser sur de telles spéculations. La jeune fille que j'ai connue a toujours eu avec ses compagnons un comportement des plus irréprochables, et elle inspirait davantage le respect et la crainte que le désir. »

Jeanne hocha la tête de contentement. Pierre Cauchon affichait quant à lui une moue indéchiffrable. La conclusion à laquelle était arrivé Jean de Metz ne sembla pas lui plaire. Pas du tout.


3 mars 1431

« On dit aussi que vous étiez fort proche de celui qui se fait appeler La Hire, insinua l'un des vieux hommes de l'assistance. Au point qu'il vous coure après en tout lieu.
— C'est faux. La seule chose que je lui ai accordée est ma confiance. Cessez de me prêter des liaisons et des intentions impures. Vous n'êtes par exemple pas sans savoir que le seigneur Étienne de Vignoles ne m'a guère suivie à Compiègne, sinon vous l'auriez pris avec moi.
— Certes, admit à contre cœur son interlocuteur. Cela n'arrange pourtant pas vos affaires. Le bandit de Vignoles s'est approché de Rouen le mois passé pour tenter de vous libérer… »

Les yeux de Jeanne s'arrondirent sous le choc. Elle ne savait rien de l'épisode, personne ne l'avait tenue au courant d'une telle tentative de libération.

« …Il a bien entendu été fait prisonnier, mais il a fini par nous glisser entre les doigts. »

Jeanne songea qu'un homme de son envergure ne pouvait glisser entre les doigts de quiconque. Étienne n'était pas réputé pour sa délicatesse et sa discrétion. Sans doute avait-il fui en fanfare, emportant avec lui quelques misérables. Voilà une bien maigre consolation.


28 mars 1431

« Vous entendez des voix, vous êtes donc l'interlocutrice du Diable.
— Vous semblez m'avoir déjà condamnée.
— Vous êtes accusée de sorcellerie. On dit que vous êtes inspirée par le démon.
— Vous m'en voyez étonnée.
— Vous dites entendre des voix.
— J'entends les Saints, je ne suis pas une illuminée.
— Vous auriez été choisie par Dieu ?
— Les Saints m'ont parlé, pour ce que j'en sais. Ils m'ont confié une mission qui ne regarde qu'eux, Dieu, et moi. Ce que vous en pensez ne m'intéresse pas.
— Vous voyez ! s'exclama-t-il en se tournant vers les chanoines. Elle s'en remet toujours prétendument à Dieu plutôt qu'aux hommes d'Église !
— Quel est donc le problème ? Je pensais à vous écouter être une mauvaise croyante, une Sorceresse, et voilà que l'on me reproche maintenant mon inébranlable foi.
— Nous sommes son autorité ici-bas, vous avez à répondre de vos crimes devant nous.
— Je n'écoute que le Ciel, ceux qui foulent la terre manquent souvent d'humilité.
— Vous osez aujourd'hui nous insulter ?
— J'en appelle au Pape, répliqua-t-elle d'une voix claire, car il est seul tenant de l'autorité divine ici-bas. »

L'évêque secoua le bras, comme pour balayer sa demande d'un revers de manche. Si elle avait décidé d'être schismatique, cela ne ferait que rallonger la liste de ses chefs d'accusation.


6 avril 1431

« Non contente d'être une mauvaise chrétienne, vous êtes aussi une mauvaise fille.
— Qu'entendez-vous par là ? gronda la Lorraine.
— Vous avez quitté vos parents sans qu'ils vous donnent congé. »

Le cœur de la fille d'Arc se serra douloureusement.

« Mon père m'a donné l'autorisation de me rendre à Vaucouleurs en compagnie de mon cousin », expliqua-t-elle en articulant difficilement.

Elle ne mentait pas vraiment, après tout Jacques d'Arc avait bien prononcé ces mots. Et puis… c'était Jean qui avait lancé le sortilège.


24 avril 1431

« Vous avez fait acte de magie.
— La seule forme de magie que je connais, c'est l'amour du Royaume.
— On vous a vue lancer des sortilèges sur le champ de bataille !
— M'avez-vous retrouvée avec une arme de Sorcière, une b... un bâton magique, lorsque vous m'avez arrêtée ? »

L'évêque sembla songeur.

« Peut-être n'avez-vous pas besoin de tels artefacts pour exercer vos maléfices. Sans doute existe-t-il une magie élémentaire que vous pouvez manier facilement à votre guise ! »

Jeanne aurait tant aimé qu'il dise vrai. Mais elle manquait déjà assez de volonté et d'énergie pour les Informulés, alors pour canaliser ses pouvoirs sans baguette…

« On dit aussi que votre épée avait des allures de relique… »

Jeanne déglutit, mais ne détourna pas le regard.

« C'est vrai. C'était l'épée de Sainte Catherine, car celle-ci m'accompagnait dans les combats.
— Où est-elle désormais ? Ce n'est pas celle que nous avons saisie sur vous lors de l'inventaire.
— Elle a été brisée après la tentative manquée contre Paris, répondit Jeanne d'une voix grave.
— Où reposent ses morceaux ? Est-il possible de l'examiner ? »

Jeanne haussa les épaules.

« Auriez-vous seulement la politesse de répondre avec des mots ? s'impatienta Pierre Cauchon. Comment voulez-vous que l'on retranscrive vos réponses si vous vous refusez à les verbaliser ?»

L'accusée jeta un coup d'œil au greffier qui grattait à toute allure un parchemin déjà noirci d'encre.

« Je ne sais pas, répondit-elle honnêtement. En temps de guerre, les armes et les équipements se cassent, se perdent, réapparaissent parfois. Croyez bien que je ne me serais jamais séparée volontairement de mon épée. »


8 mai 1431

« Que prévoyaient de faire les troupes françaises ? »

Sans ciller, elle fixa l'homme qui menait l'interrogatoire. Que croyait-il ? Qu'elle comptait rompre ici et maintenant son serment ? Et puis, quoi qu'il arrive, si le moindre mot pouvant porter préjudice à Charles VII ou au Royaume sortait de sa bouche, elle en mourrait sur le champ. Elle avait fait un serment avec le capitaine de Baudricourt. Un serment inviolable.

« Je réitère : quels sont les plans des Armagnacs et de Charles VII ?
— Je ne dirai rien. »

L'évêque de Beauvais roula des yeux, semblant se retenir de lui donner une gifle.


23 mai 1431

La jeune femme souriait, se remémorant la douce chaleur qui s'était répandue dans tout son corps lorsque la chaîne rougeoyante avait enserré son poignet et celui du capitaine de Vaucouleurs. Garderaient-ils secrète la découverte respective de leurs pouvoirs ? Jureraient-ils toujours fidélité au Dauphin ? Acceptaient-ils de ne jamais céder, face aux Anglais ou même face aux Bourguignons ? S'engageaient-ils à tout faire pour jeter les Anglais hors de France et restaurer la grandeur d'antan du Royaume ? « Oui », avaient-ils répondu cérémonieusement tour à tour. « Nous le jurons sur ce que nous avons de plus précieux : notre vie ».

« Quelle chance espérez-vous avoir ? siffla l'évêque en dévoilant ses dents jaunes. La Normandie est tombée aux mains de feu le roi Henri V en l'espace de deux ans.
— Et le roi Charles vous la reprendra en moins de temps encore, rétorqua l'accusée.
— Votre seule chance de salut est maintenant d'éclairer les Anglais.
— Qu'ils demeurent dans les ténèbres, cela leur va si bien. J'ai mené à terme ma mission, et puisse maintenant mon bon Roi vous anéantir jusqu'au dernier.
— N'avez-vous pas compris que vous alliez mourir, pauvre sotte ?
— Je mourrais de vous parler, avoua-t-elle d'un ton pince-sans-rire que son interlocuteur ne sembla pas percevoir.
— Ce sont donc vos derniers mots ?
— Vive le Royaume de France. Vive le Roi. Si j'ai parcouru tout ce chemin, ne vous en déplaise, c'est parce que Dieu l'a voulu. »

Voilà qu'en mai 1431 le procès du siècle touchait à sa fin. L'Université de Paris rendit son avis. Voilà que Jeanne était inculpée de soixante-dix chefs d'accusation. Nombre d'entre eux n'étaient motivés par aucune preuve, sinon par la conviction profonde qu'ils avaient là affaire à une hérétique qui prétendait être l'objet d'apparitions et de révélations divines. Voilà qu'on suggéra de la brûler vive sur la place publique en figure d'exemple.


Plusieurs remarques pour les féru.e.s d'Histoire

*Pierre d'Arc a payé une caution pour être libéré. Jean d'Aulon, l'écuyer, reste prisonnier à Clairoix puis se retrouve enfermé à Londres, avant d'être libéré contre rançon deux ans plus tard.
*Le procès s'étend du 21 février au 23 mai 1431. J'aurais bien voulu m'attarder sur le contenu précis des différents interrogatoires mais il est possible de retrouver presque au mot près ce qu'il s'est dit. J'avais envie de romancer un peu et de me laisser porter plutôt que d'être très rigoureuse historiquement (ou même sur la procédure).
*La guerre de Cent Ans est aussi le théâtre du grand schisme d'Occident. J'ai volontairement peu abordé le sujet jusque-là, mais la question est assez prégnante dans les débats qui vont mener Jeanne à sa condamnation. Pour simplifier, le catholicisme est à ce moment-là divisé en deux tendances principales : l'ultramontanisme et le gallicanisme. Les ultramontains considèrent que seule l'autorité du pape à Rome prévaut tandis que les gallicans affirment des particularismes nationaux (avec l'émergence « d'antipapes » à Avignon, ou encore en Savoie, et avec une importante grandissante de l'autorité du personnel ecclésiastique).


Notes de fin: Voilà pour un avant-dernier chapitre un peu plus décousu que les autres, je voulais présenter le procès sous la forme d'un immense patchwork : quand l'évêque se rend compte que Jeanne n'en démord pas, il va à la recherche d'autres accusations, et j'ai bien aimé explorer les différents reproches qui ont pu lui être faits.

Rendez-vous très vite sur la place du Vieux-Marché de Rouen pour un barbecue géant. La semaine prochaine... c'est l'épilogue !