Bonjour à tous,
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Non, vous ne rêvez pas, Isleen is back !
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Je tiens à m'excuser pour cette très longue pause (11 mois quand même, outch !), mais j'ai la meilleure excuse qui soit, je suis devenue maman…alors entre ma grossesse (j'étais tout le temps fatiguée donc pour écrire c'était moyen) et depuis la naissance, je n'ai pas eu le temps de me consacrer à l'histoire (mon fils ne fait que des siestes de 30 minutes… et 2 par jours), bien que j'y pense souvent !
Malgré tout et contre mauvaise fortune, bon cœur, je profite du confinement et de la présence de mon mari pour écrire pendant qu'il s'occupe de notre trésor.
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J'espère que ce chapitre vous plaira ! Je suis déjà en train d'écrire le suivant et j'espère le finir rapidement !
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N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Courage à vous durant ces jours de confinement.
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Plein de bisous,
Roselben
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Disclaimer : l'histoire d'origine appartient à Tolkien.
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Chapitre 28 : Le Gouffre de Helm
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Au sommet d'une haute tour noire, un vieil homme aux cheveux blancs parsemés de fils argentés regardait au travers d'une large ouverture, l'armée d'orques et d'Uruk-haï qui se préparait à combattre. Un autre homme était présent dans la pièce, installé dans un coin, le regard noir et vicieux, braqué sur la silhouette du vieillard. Il ne bougeait pas mais tremblait légèrement de fatigue, ayant traversé toute la plaine pour rejoindre son maître.
-Gandalf le blanc ! Gandalf le fou !, gronda Saroumane en se détournant de l'armée et s'installant derrière son bureau. Le magicien n'avait toujours pas digéré la perte du contrôle qu'il exerçait alors sur le roi Théoden, cela l'enrageait et contrecarrait ses plans et ceux du Grand Seigneur. A-t-il l'intention de m'humilier avec ses platitudes ?
-Je l'ignore, maître, répondit Grima.
Le magicien lui jeta un regard agacé. La question étant rhétorique, il n'attendait pas de réponse, et si réponse était attendue il aurait voulu autre chose que l'ignorance qui dégoulinait de la bouche de son serviteur.
-Quoi d'autre ?, interrogea le magicien, qui se devait de le garder vivant, car il pouvait toujours servir.
-Ils étaient quatre à suivre le magicien. Un Elfe, un Nain, une Femme et…
-Une femme ?!…Serait-ce celle que nous recherchons., dit Saroumane pour lui-même. Oui, je pense que c'est celle que veut notre Maître. Comment était-elle ?
-Euh…Belle ?
-Je me moque de son physique !, s'écria Saroumane en usant de son pouvoir pour plaquer son serviteur au sol et l'étouffer. Le Grand Seigneur la veut, c'est qu'elle doit être spéciale !
-Je…Je n'ai rien remarqué…mon seigneur., implora Grima, suffoquant.
Saroumane ne répondit rien et, après un temps qui lui sembla une éternité, Grima senti le poids sur sa gorge se dégager, et il put de nouveau respirer correctement.
-Il…Il y avait un Homme aussi., finit par dire le serviteur craignant une nouvelle attaque sur sa personne.
-L'homme venait-il du…Gondor ?, demanda Saroumane en se rapprochant du l'homme en noir.
-Il venait du Nord. Un des Rôdeurs Dunedin, enfin c'est ce que je croyais, vêtu pauvrement., déclara Grima, se rappelant de l'homme aux cheveux noir. Et pourtant… Il portait une étrange bague : deux serpents aux yeux d'émeraude, l'un dévorant l'autre. Ce dernier couronné de fleurs d'or.
À ses paroles le magicien s'arrêta et regarda sans le voir la silhouette de Grima toujours au sol. Le serviteur eu peur d'avoir dit une autre bêtise mais cette fois il n'avait pas parlé du physique et il se souvenait bien de cette bague, elle l'avait attiré quand cet homme l'avait aidé à ce relever, bien qu'il n'en avait pas eu besoin.
-La bague de Barahir. Alors Gandalf Maisongrise croit avoir trouvé l'héritier d'Isildur. Le Roi perdu du Gondor, dit Saroumane d'une voix grave, en s'approchant de l'ouverture où son armée se préparait. Pauvre fou ! La lignée a été brisée il y a longtemps. Aucune importance. Le monde des Hommes s'effondrera. Cela commencera à Edoras.
Grima trembla face aux paroles du magicien, lourdes de sens pour l'avenir du Rohan. Il eut brièvement une pensée pour sa belle Eowyn et sa chevelure d'or, mais très vite le poison du pouvoir et de la victoire effaça le souvenir de la beauté de la belle, et un sourire tout aussi cruel que celui de Saroumane prit place sur son hideux visage.
-Théoden ne restera pas à Edoras. C'est dangereux, il le sait. Il s'attendrait à une attaque de la cité, apprit Grima au magicien blanc. Ils vont fuir au Gouffre de Helm, la grande forteresse du Rohan. La route est dangereuse car il faut traverser les montagnes. Ils avanceront lentement. Leurs femmes et leurs enfants les accompagneront.
Une lueur meurtrière s'alluma alors dans les yeux du magicien.
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Aragorn avait depuis bien longtemps finit de rassembler ses maigres possessions, aussi s'était-il dirigé vers la grande salle, quand l'aube vint poindre à l'Est. Il regardait les serviteurs du château et plusieurs chevaliers s'afféraient à empaqueter leurs biens. Assis sur un simple tabouret de bois, le gondorien attendait que ses compagnons viennent le rejoindre. Son regard fut attiré par la silhouette féminine d'Eowyn, qui s'empressait elle aussi d'aider au regroupement des vivres et autres biens qui leur serviraient durant le voyage.
L'homme regardait la belle du Rohan et ses pensées s'égarèrent vers une elleth aux cheveux d'ébène, Arwen. Où était-elle à présent ? Était-elle en chemin pour les terres immortelles ? Pensait-elle à lui ? Son cœur, à lui, pleurait son absence.
Il sortit de ses pensées et vit Eowyn remplir plusieurs malles de linges divers. Son regard la suivit quand elle s'avança vers un coffre de bois sombre. Elle souleva le couvercle et en tira une épée, installée dans son fourreau. Sans hésitation, la jeune femme sortit la lame de sa protection de cuir et aligna l'épée devant son visage.
Aragorn fut troublé de voir la jeune femme l'épée à la main. Il se leva de son tabouret et s'avança vers elle. Eowyn ne l'avait pas vu, elle effectua quelques moulinets de bras, le visage concentré, se rappelant des leçons que son frère lui avait enseigné. Elle retourna la lame et, d'un mouvement souple, entreprit de pivoter vers l'arrière. La lame claqua contre une autre lame et ses yeux s'arrondirent de surprise en voyant qui tenait la garde : le seigneur Aragorn. Elle fut plus que troublée par le regard qu'il lui adressa, son cœur battait à tout rompre et fut ravi qu'il ne soit pas un elfe et qu'il ne l'entende pas.
-Vous êtes adroite avec une lame., lui dit-il, ses yeux clairs plongeant dans les siens.
Eowyn dégagea la lame du gondorien d'un mouvement souple du poignet et tint en garde l'homme en face d'elle. Aragorn ne put s'empêcher d'être admiratif de la force de la jeune femme et du sang-froid qui transperçait des traits de son visage. La jeune femme se détourna de l'homme, les joues un peu rouges, et entreprit de ranger l'épée dans son fourreau, puis de la replacer dans le coffre.
-Les femmes de ce pays ont appris à les manier, celles qui n'en ont pas meurent par elles, lui répondit la jeune femme, le regardant de nouveau. Je ne crains ni la douleur ni la mort.
-Que craignez-vous gentes dame ? demanda Aragorn ,soufflé par les paroles d'Eowyn.
-Une cage., répondit honnêtement la belle du Rohan. Il ne pouvait être accompagné d'une femme comme Isleen et ne pas comprendre ce besoin de liberté, n'est-ce pas ? Rester derrière des barreaux jusqu'à ce que l'usure et l'âge les acceptent, et que toute forme de courage ait disparu irrévocablement.
Aragorn secoua légèrement la tête et entraperçu en elle le courage et le cran qui lui rappelait Isleen. Le cran d'une femme forte.
-Vous êtes une fille de Roi, Demoiselle protectrice du Rohan..., lui dit Aragorn posément. Alors ceci ne sera pas votre destin.
Cette simple phrase parut comme une promesse aux oreilles d'Eowyn. Après un instant, Aragorn fit une courte révérence et sortit de la salle en effervescence. Eowyn sut alors qu'elle était amoureuse du gondorien.
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Isleen rentra dans sa chambre en trombe et referma la porte avant de s'adosser à celle-ci, le cœur battant. Elle toucha délicatement ses lèvres, sentant encore le goût de Legolas sur elle et ferma les yeux. Elle ressentait encore le feu qui l'avait prise au creux du ventre quand leurs lèvres s'étaient scellées et que leurs langues s'étaient rencontrées.
-Oh mon dieu ! s'exclama Isleen en rouvrant les yeux.
La jeune femme ne put s'empêcher de rire, ravie de la tournure que prenait cette histoire. Penser à leur baiser fit revenir le feu qui avait failli la consumer dans cette écurie. Elle était étonnée qu'il embrasse si bien. Vraiment, vraiment très bien, même. Aucun de ses ex-compagnons ne l'avait embrassé avec autant de fougue et de maîtrise, et elle avait dû se faire violence pour ne pas rouler avec lui dans le foin…Heureusement pour elle, le grognement qu'il avait émis, la rassurait sur le plaisir qu'il avait pris à l'embrasser.
La jeune femme s'avança vers son lit, bien décidée à dormir un peu avant leur départ, bien que les événements récents fassent pulser un feu dans ses veines, et qu'elle avait une toute autre envie que celle de dormir…
Deux petits coups rapides sortirent Isleen de se son sommeil, et la jeune femme se redressa sur ses couvertures. Elle ne s'était pas rendu compte qu'elle s'était endormie. Elle se leva pour ouvrir et accueillir son visiteur. Legolas voulait peut-être continuer ce qu'il avait fait dans les écuries? Elle n'était vraiment pas contre, mais cela allait retarder le départ de la cité pour le gouffre de Helm. Isleen sourit et ouvrit la porte. Son sourire vacilla légèrement devant la nouvelle venue, Aliénor, mais Isleen se reprit quasiment instantanément.
-Je suis venue vous aider pour vos bagages, Ma Dame., lui dit-elle. L'aube pointe et nous allons bientôt vider la cité.
-Entrez, je vous prie, lui répondit Isleen en se dégageant de la porte pour la laisser passer.
Aliénor entra rapidement dans la pièce qui avait été rangée le matin même, et entreprit de déposer sur le lit la tenue de voyage de la rouquine. Isleen, qui s'était approchée, toucha du bout des doigts la tenue elfique et sourit.
-J'ai pensé que cette tenue serait plus confortable pour le voyage., lui dit Aliénor en voyant l'intérêt de la jeune femme pour son bien.
-Vous avez bien fait., lui accorda Isleen en lui souriant de plus belle. J'ai hâte de voir la tête de dame Clothilde !
Aliénor pouffa légèrement avant de mettre sa main devant sa bouche, un peu scandalisée par son attitude. Isleen rit de la gaffe de la jeune femme, qui l'accompagna rapidement dans son hilarité. La jeune servante lui passa ensuite un simple sac de toile et Isleen la remercia, bien qu'elle n'en avait pas besoin. Aliénor la quitta peu après et Isleen se changea rapidement, heureuse de troquer sa robe lourde, pour son pantalon et sa tunique de cuir. Elle replaça presque religieusement ses deux dagues dans ses manchettes et remit son épée sur ses hanches. Le sac de toile trouva son utilité quand Isleen voulut ranger sa cape de voyage : elle avait assez chaud pour ne pas s'encombrer durant leur longue marche. Une fois prête, elle regarda sa chambre douillette une dernière fois, puis sortit rapidement.
Isleen longea les couloirs qui l'avait abritée depuis plusieurs jours et regretta presque de devoir se rendre au gouffre…mais il le fallait. Elle rejoignit rapidement la grande salle et vit plusieurs serviteurs s'affairer aux derniers préparatifs. Ne voyant pas ses compagnons, elle se dirigea vers la porte extérieure, espérant les y trouver.
Le soleil commençait son ascension dans le ciel et peignait dans le ciel toutes les nuances de bleus, allant du bleu pâle au bleu nuit. Plusieurs étoiles étaient encore présentes dans le ciel et Isleen sourit devant ce spectacle.
-Isleen, vous voici !, s'exclama une voix à sa droite. Voix appartenant à Gimli.
La jeune femme se dirigea vers le seigneur nain, assis à l'écart des hommes qui s'affairaient encore.
-Quelle effervescence, vous ne trouvez pas ?, demanda Isleen en les regardant faire.
-En effet., lui répondit le nain, regardant lui aussi les hommes. Aragorn ! Legolas ! Venez par ici !
Isleen se retourna et vit le gondorien, suivi du prince elfique, venir à leurs encontre. La jeune femme ne put empêcher ses joues de rougir et remercia le ciel, qui était encore suffisamment foncé pour que cela passe presque inaperçu pour la plupart des hommes.
Legolas s'arrêta près de la rouquine et ses yeux remarquèrent immédiatement le rougissement de la jeune femme.
-Avez-vous bien dormi?, lui demanda-t-il à voix basse, empêchant par cette occasion Gimli et Aragorn de l'entendre.
-Oui très bien, et vous, vous avez dormi ?, demanda Isleen en le regardant sans s'arrêter à ses yeux, car elle savait l'effet qu'ils avaient sur elle.
-Je n'ai pas dormi., lui répondit le prince. J'ai pensé à vous.
-Aaah ?, s'exclama Isleen le rouge plus présent sur ses joues. J'ai aussi pensé à vous.
Legolas sourit devant la réaction de la jeune femme et de ses paroles. La rouquine humidifia ses lèvres devant le regard du prince et remarqua les pupilles dilatées du prince. Le visage de Legolas se figea puis prit un air félin, ce que ne manqua pas de remarquer Gimli.
-Tout va bien, Legolas ?, demanda le nain d'un air moqueur. Vous semblez prêt à vous jeter sur Isleen.
-Gimli…,soupira Aragorn.
Isleen envoya violement son coude dans les côtes du seigneur nain et lui décocha un regard noir.
-Gimli ! Laissez le tranquille., lui intima Isleen.
Le nain la foudroya du regard tout en massant ses côtes douloureuses. C'est qu'elle avait de la force, la petite, quand elle le voulait ! Legolas reprit contenance assez vite et partit vers les écuries pour prendre les chevaux qu'Eomer leur avait donné. Isleen, qui vit Eowyn sortir du palais, partit à sa rencontre et laissa les deux hommes seul.
-Je vous avais prévenu, Gimli…
-Hrmpf, grogna le nain en réponse, bien décidé à bouder. Pour une fois qu'il pouvait taquiner l'elfe, voilà que tout le monde voulait l'en empêcher !
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Les préparatifs se terminèrent rapidement. Le Roi du Rohan sortit du palais accompagné de deux de ses hommes. Il se dirigea vers Aragorn, Gimli et Legolas qui tenait les rênes des deux chevaux : Arod et Hasufel.
-Nous allons prendre la route., leur dit le Roi en s'arrêtant près des trois hommes.
-Très bien, répondit Aragorn en dévisageant le Roi. Vous reviendrez en votre demeure, Théoden.
-Oui…murmura le Roi en regardant son château d'or. Ce n'est pas une défaite. Nous reviendrons.
Après un signe de tête, Théoden partit rejoindre ses hommes et sa monture. Aragorn prit les rênes d'Hazufel et vérifia que les sangles étaient bien serrées.
-Si ça ne vous dérange pas, je préfère rester à Terre…, indiqua Gimli d'une voix bourrue.
-La route est longue jusqu'au Gouffre, Maître nain., lui répondit Aragorn, rieur.
-Je préfère quand même marcher…comme le reste du peuple.
-Comme il vous plaira, Gimli., lui concéda Aragorn en montant sur sa selle.
Legolas vérifia que les sangles de la selle qu'il avait demandée étaient bien mises puis se retourna en entendant le bruit de pas bien connus. Isleen arriva bien vite et se figea, en voyant qu'une selle avait était installé sur Arod.
-Je me suis dit que la route serait plus confortable pour vous., lui indiqua Legolas, qui se souvenait bien de la douleur qu'avait ressenti la jeune femme après avoir chevauché à cru.
Elle sourit à Legolas, sans rien dire, touchée par l'attention du prince, et installa son sac de toile sur la selle double. Peu après, Legolas l'aida à monter avant de s'installer derrière elle.
-Vous ne montez pas, Gimli ?, demanda Isleen, étonnée de voir le nain à terre.
-Non, je préfère la marche.
Isleen pouffa légèrement mais ne dit rien. Les trois cavaliers rejoignirent le convoi, suivis de près par le nain. Un cor sonna près des grandes portes d'Edoras et le convoi se mit en marche. Isleen et ses compagnons virent tout de suite que la route allait être longue, le peuple de Théoden prenait la route à pied pour les plus valides, et en charrette pour les plus âgés ou malade. Isleen trouva qu'ils étaient trop chargés pour un peuple qui devait fuir rapidement une armée. Plusieurs personnes portaient des paniers en osier sur leurs dos, ou poussaient de lourdes charrettes de bois peu stables sur la route cabossée.
Chevauchant en dernière ligne, Isleen et Legolas passèrent les portes de la cité une heure après le départ, accompagné de Gimli. Bien au-delà des tombes aux symbelmynes, sur une colline, Isleen vit Théoden entouré de sa garde chevauchant à l'avant-garde. Il était également accompagné d'Aragorn. Isleen eut beau tendre le cou, elle ne vit pas sa jeune amie, Eowyn.
-Qui cherchez-vous donc ?, demanda Legolas à l'oreille de la jeune femme.
-Eowyn., lui répondit Isleen qui frissonna en sentant le souffle du prince dans son cou. Je ne la vois pas près de son oncle.
Legolas ne dit rien mais regarda lui aussi la foule d'hommes, à la recherche de la belle du Rohan.
-Là, regardez !, lui montra Legolas en tendant un doigt vers la droite du convoi.
Isleen regarda la direction que lui indiquait Legolas et vit en effet Eowyn, qui marchait au milieu de son peuple. La jeune femme grimaça en voyant qu'elle était accompagnée de dame Clothilde et chercha à se faire toute petite en se collant au plus près du prince, qui fut surprit de la réaction.
-Qu'avez-vous ?
-Le vieux dragon est avec elle…
-Le vieux… ? Ah ! Dame Clothilde., s'exclama Legolas
-Mais chut !, intima Isleen en serrant le bras du prince qui la maintenait en place. On va se faire repérer !
-Vous croyez vraiment qu'elle va venir, pour vous enlever à moi ?, demanda rieur le prince.
-Ne la tentez pas !, répondit Isleen, en souriant.
Legolas rit de bon cœur, mais au même instant Dame Clothilde tourna la tête vers leur direction, coupant brusquement le rire du prince.
-Oh non, elle nous a vu ?, demanda Isleen, n'osant pas regarder dans la direction de la gouvernante.
-Je ne suis sûr de rien., avoua le prince à voix basse – on n'était jamais trop prudent. Mais je l'empêcherai de vous capturer. N'ayez crainte, je vous protège.
Isleen rit doucement avant qu'un hoquet de surprise la prenne à la gorge. La brûlure soudaine d'un baiser dans son cou lui fit tourner la tête rapidement vers le prince.
-C'était trop tentant., déclara doucement Legolas l'œil rieur.
Isleen sourit au prince sans rien faire d'autre, trop exposée, malheureusement, pour tenter quoique ce soit elle-même. Elle se remit doucement à sa place en s'appuyant plus encore contre le torse de Legolas.
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Les heures de marche défilèrent lentement, les collines se ressemblaient et le soleil descendait doucement dans le ciel bleu azur. Heureusement pour eux, la température était bonne et la route moins pénible que ce qu'ils avaient craint.
Les cavaliers qui, au début de la marche étaient très disciplinés, chevauchant en début ou en fin du convoi, avaient fini par faire des allers et retours le long de la ligne de marche. Plusieurs d'entre eux avaient mis pied à terre et tenaient la bride de leur cheval tout en avançant, entourés de leurs proches. Même le Roi s'était mélangé à son peuple.
Isleen avait fini par délaisser sa place sur la selle et contre Legolas quand elle avait vu que dame Clothilde avait quitté sa place auprès d'Eowyn. La jeune femme avait rejoint son amie et elles marchaient alors côte à côte, dans un silence réconfortant. Gimli avait fini par capituler après plusieurs heures de marches et chevauchait sur une jument à la robe brune, auprès des deux jeunes femmes, accompagné de Legolas toujours sur Arod, qui ne voulait pas se trouver trop loin de sa rouquine.
-En effet, on ne voit que peu de femme Nains., affirma Gimli après qu'Eowyn lui ait demandé des précisions sur son peuple. Et en vérité, elles sont si proches au niveau de la voix et de l'apparence, qu'on les confond souvent avec des hommes Nains.
Eowyn regarda en arrière, sentant les yeux du gondorien sur elle. Isleen regarda elle aussi à temps pour voir Aragorn mimer une barbe avec ses mains et sa voix.
-Chut, intima doucement Eowyn, riant elle aussi sous cape.
La rouquine rit devant la démonstration du gondorien, et son regard s'attarda sur Legolas qui levait les yeux au ciel. Il est vrai que la beauté nanique n'était pas comparable à celle des elfes…
-Et cet état de fait a donné naissance à une rumeur, qui dit qu'il n'y avait pas de femmes Nains., déclara Gimli qui ne s'était rendu compte de rien. Et que les nains jaillissent des trous qui sont dans le sol !
-Hahaha !, ria Eowyn imaginant bien le processus de naissance des nains.
-Ce qui naturellement est ridicule !
Gimli rit fortement devant l'accès d'hilarité de la jeune femme dont le rire redoubla. Le bruit fit paniquer la jument sur lequel il était assis et Isleen dut pousser la jeune femme du Rohan avant qu'elle ne se fasse piétiner. Le cheval partit au galop et désarçonna Gimli qui tomba sur les fesses, légèrement sonné.
-Gimli !, s'écria Isleen en courant vers son ami, accompagné d'Eowyn.
-Ca va bien, ça va très bien ! Pas de panique !, s'exclama Gimli en s'asseyant correctement, le casque de travers. C'était délibéré ! Je l'ai fait exprès !
Eowyn aida Gimli à se relever tout en riant tandis qu'Isleen partit à la recherche de la hache qu'il avait laissé tomber. Heureusement, l'arme ne fit aucun blessé. Elle ne put louper le regard que lança Aragorn à Eowyn, rayonnante dans le soleil. La jeune femme fronça du nez tout en s'avançant vers le nain.
-Vous avez fait tomber ça., lui dit-elle en lui tendant l'arme, puis rejoignit Le cheval de Legolas sans un regard pour Eowyn.
Celle-ci, surprise, la regarda sans comprendre et Aragorn lança un regard sévère à la rouquine qu'elle ignora royalement. Legolas accueillit la jeune femme de nouveau contre lui, faisant fi des regards qu'on pouvait bien leur adresser. Surtout celui du vieux dragon qui était revenu et qui houspillait Eowyn sur le comportement qu'une dame devrait avoir, tout en dévisageant le seigneur nain.
-Vous êtes en colère., déclara à voix basse le prince après quelques minutes de chevauchée silencieuse.
-Je ne comprends pas son comportement !, avoua Isleen après un moment, en croisant les bras, lui donnant l'air d'une petite fille.
Pour toute réponse, Legolas leva un sourcil, ne comprenant pas où elle voulait en venir.
-Celui d'Aragorn !, lui répondit-elle en réponse. Je ne comprends pas son comportement avec Eowyn.
-Euh…je…, lui dis Legolas peu enclin à décortiquer la vie sentimentale de son ami. Je pense que cela devrait rester une affaire personnelle.
-Elle est en train de tomber amoureuse de lui !, s'énerva Isleen à voix basse, histoire que personne n'entende.
-Qui ça ?
-Mais Eowyn !, répondit Isleen, exaspérée par la lenteur de compréhension de l'elfe.
-Et c'est mal ?
-Assez, quand on pense qu'Arwen lui a donné son immortalité, comme preuve d'amour !
Legolas la regarda d'un air choqué, n'étant pas au courant de l'importance de l'acte d'amour qu'avait donné Arwen à Aragorn. Il tourna la tête et vit Aragorn en train de parler à Eowyn, un bijou entre les mains. Il le reconnu immédiatement, car il était célèbre chez son peuple, le symbole de l'étoile du soir, le symbole de l'immortalité d'Arwen Undomiel.
-Il aime Arwen., continua Isleen, ayant remarqué l'attention de Legolas sur le couple. Mais il est persuadé qu'elle est partie pour Valinor et qu'il est seul. Eowyn va souffrir de cet amour à sens unique.
-L'étoile du soir n'aura pas prêté serment d'amour sans être sûre de ses sentiments pour lui., répondit Legolas après un temps, regardant de nouveau devant lui et serrant plus étroitement la taille de sa compagne. Les elfes …les elfes ne donnent pas leur cœur sans être sûrs qu'il sera reçu en retour.
Isleen ne répondit pas, sentant que ses paroles étaient plus pour elle que pour leur ami. Est-ce qu'il voulait dire par là qu'il l'aimait ? Certes, ils s'étaient embrassés mais cela voulait-il dire plus ? Ils n'avaient eu de cesse de se chercher depuis son enlèvement par les Uruk-haï et Isleen ne put s'empêcher de penser que, peut-être, son statut d'étoile était la cause de ce revirement soudain de comportement envers elle.
Ils continuèrent à chevaucher lentement et Isleen finit par s'endormir contre Legolas. L'elfe repensait à ce que la jeune femme avait avoué sur Aragorn et Arwen, il ne voulait pas s'en mêler, leur histoire n'appartenait qu'à eux, mais il espérait que son ami avait pris la mesure de la promesse de l'elleth, si chère au cœur de sa bien-aimée.
Il serra plus étroitement le corps de la jeune femme endormie, heureux de la sentir contre lui. Son parfum floral et sucré embaumait l'espace auprès de lui et il ne put s'empêcher de tendre le nez vers son cou, là où l'odeur était la plus forte. Il frotta tendrement son nez contre la peau fine de son cou –faisant attention tout de même à ce qu'on ne les surprenne pas – déclenchant un frisson chez la jeune femme. Celle-ci remua sans se réveiller mais laissa échapper de ses lèvres, un léger gémissement. Legolas continuait de s'émerveiller des réactions du corps d'Isleen et sourit tendrement, heureux comme jamais.
Le jour commençait à décliner quand le convoi s'arrêta pour la nuit. Legolas réveilla doucement la rouquine qui papillonna des yeux, embrumée par le sommeil. Son regard accrocha celui du prince et il se pencha doucement pour déposer un léger baiser sur les lèvres d'Isleen avant de se reculer.
-Encore…, murmura Isleen qui trouvait que ce baiser avait un goût de trop peu.
Legolas rit en secouant la tête, lui rappelant qu'ils n'étaient pas seuls. Il descendit d'Arod et aida Isleen à faire de même. La jeune femme s'étira, prit son sac de toile de la selle et partit rejoindre Aragorn et Gimli, accompagné de Legolas.
-Il nous reste encore deux jours de marche., apprit Aragorn aux nouveaux venus.
Isleen ne dit rien, et s'assit près d'eux. Gimli sortit quelques provisions d'un sac et tendit des morceaux de viande à chacun de ses compagnons. La viande fut accompagnée de fruit et de vin. La faim tenaillait les ventres, aussi ce repas fut bien accueillit.
Tous somnolaient après cette journée de marche et de chevauchée, c'est pourquoi ils décidèrent de se coucher tôt et garder le plus de force possible pour le lendemain.
Isleen installa sa cape sur le sol – n'ayant toujours pas froid malgré la baisse de température – et s'apprêta à s'allonger près de ses compagnons quand deux chaussures se plantèrent devant ses yeux.
-Ma dame, il serait plus convenable de venir dormir avec les femmes., la rappela à l'ordre une voix pincée.
-C'est pas vrai ! Elle peut pas me laisser tranquille !, grogna Isleen, si bas que seul Legolas l'entendit.
La jeune femme releva la tête et croisa le regard sévère de dame Clothilde, qui la contemplait de haut. Isleen, ne souhaitant pas se laisser faire, se remit debout pour être à hauteur égale de cette femme.
-Je préfère rester avec mes compagnons de route., déclara Isleen après un instant à la dévisager.
-Cela ne se fait pas, ma dame., répondit la gouvernante d'une voix revêche. Ce n'est pas convenable.
-Si vous êtes capable de me protéger aussi bien que mes trois compagnons, alors je vous suivrais, dame Clothilde, mais à cette seule condition., grogna Isleen, furibonde, qui ne voulait pas se laisser faire.
-Des gardes sont là pour notre protection., déclara victorieusement dame Clothilde.
-Je ne parle pas de garde mais de vous., asséna Isleen, triomphante. Avez-vous la dextérité d'un elfe ? La force d'un nain ? Et la combativité d'un Dunedin ?
-Non mais…
-Alors je resterai près de ceux qui sont plus à même de me protéger., déclara Isleen en se rasseyant. Bonne nuit Dame Clothilde.
La vieille gouvernante regarda Isleen, mouchée, puis partit d'un pas rageur vers les autres femmes, tentant de remettre un peu d'ordre dans ce camp. Gimli et Aragorn rirent doucement, impressionnés par la témérité d'Isleen, et s'allongèrent également.
-Vous ne voulez pas dormir ?, demanda Isleen en voyant Legolas rester assis, le regard fixé sur le camp.
-Je veille sur vous.
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Le lendemain la route fut semblable à la veille. Des collines parsemées d'herbes sèches s'étendaient au-devant du convoi.
Gimli marchait près d'Isleen dans un silence réconfortant, la jeune femme étant occupée à serrer Freda contre elle. La petite fille l'avait trouvé le matin même et, délaissant son frère, elle avait exigé d'Isleen qu'elle soit sa compagne de route. La jeune femme riait encore de la détermination de la petite fille, mais s'inclina sous l'œil rieur de ses trois compagnons. Pour l'instant, l'enfant dormait dans ses bras, aussi le silence était d'or. Legolas avait pendant un temps accompagné la petite troupe mais ses talents de guetteur avaient été demandés par le Roi, car le convoi s'avançait dans une zone plus dangereuse. Aragorn s'était proposé de l'accompagner ainsi les deux hommes avaient quittés Isleen, Freda et Gimli.
Vers la fin de la journée, le convoi fit halte sur une grande plaine. Isleen et Gimli avait rejoints les deux hommes pour déjeuner, après avoir ramené la petite fille à son frère, heureux de la retrouver et reconnaissant à la jeune femme de s'en être occupé.
Isleen s'assit, les muscles endoloris par la marche mais heureuse d'avoir pu tenir compagnie à la petite fille. La jeune femme regarda alors le peuple d'Edoras dispersé dans la plaine, occupé à manger ou à dormir. Aragorn à sa gauche était occupé à effiler son épée Legolas, qui n'était jamais bien loin de la jeune femme, regardait ses têtes de flèches, s'assurant par là même qu'elles étaient opérationnelles. Tout était tranquille quand Legolas releva la tête rapidement, faisant sursauter la jeune femme qui le matait sans discrétion aucune.
-Vous m'avez fait peur !, s'exclama Isleen en portant une main à son cœur. Que vous arrive-t-il ?
La jeune femme se demanda quelle mouche avait bien plus le piquer pour qu'il fronce les sourcils et plisse le nez.
-Ne sentez-vous pas cette odeur ?, lui répondit-il en cherchant la cause de l'infection.
-C'est peut-être moi., répondit nonchalamment Gimli.
Isleen sourit et secoua la tête devant les paroles du nain, mais une chevelure blonde qui s'avançait vers eux, lui rappela quelque chose.
-Aragorn ?, demanda Isleen, un peu affolée face au massacre qui venait à leur encontre.
-Hum ?
-Refusez ! Quoiqu'il arrive, refusez ! Pour le bien de votre estomac.
-De quoi…?, commença Aragorn en regardant Isleen n'y comprenant rien.
La jeune femme regarda Legolas qui fronçait de plus en plus les sourcils, l'odeur devant l'écœurait au plus haut point. Elle lui adressa une grimace mais ne put faire rien d'autre avant qu'Eowyn n'arrive, l'odeur du ragoût se dispersant autour d'eux. L'odeur était horrible et Isleen eut toute les peines du monde à ne pas vomir. Le fumé qui se dégageait de la marmite rappelait la viande faisandée qu'on avait tenté de masquer avec des herbes de toutes sortes.
La jeune femme du Rohan, marmite à la main et écuelle dans l'autre, adressa à Aragorn un doux sourire avant de s'arrêter devant eux.
-J'ai fait du ragoût., expliqua Eowyn en montrant la marmite au bout de son bras. Il y en a peu mais c'est chaud. Vous en voulez ?
-Pouah ! Moi, je ne peux pas !, s'exclama Gimli en humant le contenu de la marmite.
La belle Eowyn se redressa, quelque peu refroidie par la réaction du seigneur nain et le regarda partir tandis qu'une légère couleur rose parsemait ses joues.
-Euh…je…Isleen ?, demanda Eowyn, les yeux suppliant.
-Je…j'aurai bien voulu y goûter mais nous avons déjà mangé avec Legolas., mentit Isleen, ne souhaitant pas s'empoisonner et sauvant la mise de l'elfe par la même occasion.
Aragorn se retourna vers eux et leur adressa un regard sévère avant de se retourner vers Eowyn qui semblait dépitée.
-Je serai ravi de le goûter., déclara posément Aragorn, souhaitant que la belle retrouve son sourire.
Eowyn lui gratifia d'un grand sourire et entreprit de remplir une écuelle et de la tendre à Aragorn avec une cuillère en bois, qu'il prit entre ses deux mains.
-Merci., lui dit Aragorn en lui souriant.
Isleen grimaça quand l'homme huma le parfum qui se dégageait de son écuelle et qu'il se figea. Il tourna la cuillère dans le bouillon et plusieurs morceaux de gras se dégagèrent de la sauce. Le Dunedin ne semblait plus très sûr de vouloir manger ce qu'on lui proposait. Il rassembla néanmoins tout son courage en enfournant la cuillère de gras dans la bouche et en avalant son contenu, sous le regard ravi de la belle. Elle était peut-être rôdée niveau broderie, mais la cuisine n'était vraiment pas son truc.
-Il est bon., lui répondit Aragorn pris d'un léger haut le cœur.
-C'est vrai ?, lui demanda Eowyn.
La jeune femme, ravie, se détourna, prête à empoisonner d'autres malheureux. Aragorn grimaça, cherchant par tous les moyens à effacer le goût infect de la mixture. Il tenta discrètement de renverser le contenu de l'écuelle dans l'herbe mais la jeune femme du Rohan se retourna, faisant pouffer Isleen et sourire Legolas, qui regardèrent Aragorn faire comme-ci de rien était en redressant le bol et laissant le liquide lui brûler la main. Seule une grimace de douleur fut le témoin de son acte.
-Mon oncle m'a dit une chose étrange., lui dit Eowyn en s'avançant de nouveau vers lui, n'ayant pas remarqué le manège de l'homme. Il a dit que vous étiez à la guerre aux cotés de Thengel, mon grand-père ! Il a dû se tromper !
-Le Roi Théoden a une bonne mémoire., confirma Aragorn. Ce n'était qu'un petit garçon, à cette époque.
La jeune femme fut surprise de cette réponse. Elle s'agenouilla près de l'homme, qui sembla mal à l'aise de la proximité de la jeune femme.
-Alors vous avez au moins soixante ans., déclara Eowyn le visage grave déclenchant chez Aragorn un petit rire bref. Soixante-dix ? Vous n'avez pas quatre-vingt ans ?
-Quatre-vingt sept., lui avoua l'homme.
La jeune femme du Rohan se releva, sa bouche formant un o parfait, tant elle était étonnée de l'âge avancé de l'homme. Il ne les faisait clairement pas. Isleen ne put s'empêcher de regarder Legolas qui lui rendit son regard, se demandant quel âge il avait.
-Vous êtes l'un des Dunedains. Un descendant de Numenor, béni d'une longue vie., dit alors Eowyn qui essayait de reprendre contenance face à Aragorn. On m'a dit que votre peuple était entré dans la légende.
-Il ne reste que peu d'entre nous., lui dit Aragorn tout en contemplant son ragoût. Le Royaume du Nord a été détruit il y a longtemps.
-Je suis désolée., lui répondit Eowyn en mettant une main sur la sienne. Allez ! Mangez !
Aragorn releva la tête devant la demande de la dame et Isleen vit le dilemme dans ses yeux. Mais lentement, il porta l'écuelle à sa bouche et vida le contenu sans reprendre sa respiration, sous l'œil attentionné de la belle. Isleen fut prise d'un haut le cœur en le voyant manger cette mixture infâme, aussi Legolas la serra contre lui, souhaitant la soustraire à l'épreuve du malheureux.
-Oh le pauvre…, déclara Isleen riant à moitié et dont la voix était étouffée contre le tissu de l'elfe.
La jeune femme sentit plus qu'elle n'entendit le rire de Legolas.
-Vous m'avez évité de subir le même sort., déclara Legolas une fois qu'Eowyn fut parti et qu'il l'eut relâchée.
-Oui merci, d'ailleurs !, grogna Aragorn cherchant dans sa besace de quoi enlever le goût de sa bouche.
-J'ai essayé de vous prévenir mais vous ne m'écoutez jamais., lui répondit Isleen, pince sans rire. Tenez, ça vous soulagera.
La jeune femme lui tendit des feuilles de menthe qu'elle avait ramassé le long du chemin et qu'elle avait nettoyé avec un peu d'eau. Reconnaissant la plante, Aragorn eu pour la jeune femme un regard reconnaissant et s'empressa de se soulager le palais, se promettant de ne plus jamais accepter la moindre nourriture de la châtelaine.
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Le lendemain à l'aube, le convoi reprit sa route. Le paysage s'étendait loin devant eux et chacun commençait à ressentir la lassitude après tant de kilomètres parcourus. Le convoi était plus dispersé encore et bon nombre de soldats se mêlaient à leurs familles.
Comme la veille, Isleen marchait en compagnie de Freda qui lui tenait la main, l'air étant relativement chaud, la rouquine avait laissé son épée et sa cape sur le cheval d'Eowyn, s'allégeant les épaules. La petite fille avait voulu la présenter à d'autres enfants, aussi Isleen était bien entourée. Aragorn n'était pas loin derrière elle, tout comme Gimli, chevauchant chacun Arod et Hasufel. Legolas était comme depuis la veille à l'avant-garde, ses yeux d'elfes étant utiles pour anticiper les problèmes et l'arrivé d'ennemis. Malgré tout, le prince elfique n'était pas très attentif, plus occupé à guetter une chevelure rousse qu'à surveiller la route, perché qu'il était sur le haut d'une colline. Legolas était plongé dans ses pensées, repensant au baiser qu'il avait échangé avec la jeune femme trois jours plus tôt. Bien que le temps semblait court depuis cet acte, cela semblait être une éternité pour lui et, de ça, il n'en avait pas l'habitude, ayant un rapport au temps plus relatif que les hommes. La douceur des lèvres d'Isleen sur les siennes lui manquait et il brûlait de recommencer, bien que la proximité des hommes l'empêchait de mettre à bien ce besoin.
Deux cavaliers du Rohan passèrent devant lui, le faisant sursauter. Vraiment cette femme le troublait plus qu'il ne devrait en temps de guerre, pour se laisser surprendre par deux chevaux lancés au galop. L'elfe les laissa passer, regardant en contre-bas la chevelure de la jeune femme, reconnaissable entre toute au milieu des têtes brunes et blondes.
Un cri lui fit tourner la tête et le grognement bestial d'un ouargue lui fit dire que le danger était plus proche qu'il ne l'avait pensé. Il courut vers le bruit de l'attaque et sauta souplement sur l'herbe tout en décochant une flèche sur la bête qui tentait de mordre le cavalier et son cheval. Le coup brutal du projectile envoya l'orque s'étaler sur l'herbe, il n'eut que le temps de pousser un cri plaintif avant que Legolas ne l'achève d'un coup de dague…
Le reste du convoi s'était figer devant le bruit de bataille. Aragorn partit rejoindre Legolas et Isleen tenta de faire de même, mais la main d'Eowyn l'arrêta dans son élan. La jeune femme voulut se dégager de sa prise quand elle vit le regard effrayé de la châtelaine. Elle était tiraillée, ne voulant pas laisser ses amis face aux bêtes, mais ne souhaitant pas laisser Eowyn et les enfants seuls.
Le peuple du Rohan qui, jusque-là, n'avait pas émit de son, sembla se réveiller et les gens commencèrent à pousser de nombreux cris affolés, les enfants pleuraient tandis que les soldats tentaient de reprendre leurs places. Isleen assista à l'affolement du peuple sans pouvoir rien faire. Une petite main s'accrocha à elle, lui faisant tourner la tête. Freda la regardait les yeux plein de larmes, serrant le cœur de la jeune femme qui ne put que lui serrer la main. Eowyn, qui sentait son peuple aux abois, avait bien du mal à tenir son cheval. Le roi Théoden passa près d'elle sans la voir, criant aux soldats des ordres de bataille, Aragorn l'ayant rejoint pour le mettre au courant du danger qui se rapprochait.
-Tous les cavaliers en tête de colonne !, hurlait-il tout en mettant son casque doré.
À ce moment-là son regard s'ancra dans celui de sa nièce et il fit ralentir son cheval tandis que plusieurs soldats et des cavaliers passaient entre eux deux. Aragorn qui montait Hasufel se mit à leur hauteur.
-Emmène ces gens au Gouffre de Helm !, demanda le roi à la belle blonde. Sans perdre de temps !
-Je sais me battre !, contredit Eowyn qui ne voulait pas rester en arrière.
-Non !, cria le roi d'une voix forte, ce qui fit taire la jeune femme. Fais ce que je dis… pour moi.
Le regard du roi se fit plus doux mais aussi plus douloureux. Il avait perdu son fils unique, bannit son neveu par la ruse de Saroumane…Il ne voulait pas perdre aussi sa nièce. Eowyn tout comme Isleen le comprirent dans le regard qu'il avait aussi la jeune châtelaine consentit à obéir.
Isleen regarda Aragorn et su, bien qu'il ne lui parla pas, qu'il voulait qu'elle reste là pour aider le peuple du Rohan dans leur fuite. Malgré son envie de se joindre à eux, elle accepta d'un rapide hochement de tête qui arracha un sourire soulagé bien que fatigué à l'homme du Gondor. Le roi et Aragorn partirent peu après, tandis qu'Eowyn mettait Freda sur le cheval qui lui appartenait.
-Nous devons faire vite…, s'écria d'une voix forte Eowyn en se tournant vers le peuple paniqué. Ecoutez-moi ! Le Gouffre de Helm n'est plus très loin, nous pouvons y arriver !
Isleen fut impressionnée par l'aura que dégageait à ce moment-là sa belle amie et elle fut consciente que son rôle était plus important que de faire de la broderie…elle était le phare de son peuple quand vient la nuit et que les hommes sont absent. Eowyn partit rapidement, accompagné de son peuple affolé, tenant toujours en mains le harnais de son cheval. Freda qui était dessus, se détourna et regarda la rouquine qui avait entre-temps sortit ses dagues.
-Isleen ! s'écria la petite fille en désignant un point derrière la jeune femme. Attention !
Eowyn se retourna en entendant la voix de la petite fille et ne put étouffer l'exclamation de terreur qui lui prit les entrailles. Isleen se retourna rapidement et ne dû qu'à une chance folle de ne pas finir dans la gueule du ouargue qui s'était subtilement glissé derrière elle. Elle parvint à se dégager et sa dague vint cogner contre le flanc de l'animal sans le blesser. L'odeur de sang et de mort qu'il dégageait la prit à la gorge et elle ne dut qu'à son instinct de survie de ne pas vomir et de rester opérationnelle devant la bête. Une chance pour elle qu'il n'ait aucun cavalier.
-Partez !, hurla-t-elle à Eowyn. Ne restez pas là, il peut y en avoir d'autres !
Le eouargue ne la laissa pas plus tranquille et se jeta en avant. Bien que moins bien armée, la jeune femme avait l'avantage d'être plus rapide, aussi la bête la manqua de peu. Isleen eut juste le temps de blesser l'animal avant qu'elle ne s'échappe. Elle tenait ses deux dagues d'une poigne ferme et le sang rouge de la bête coulait de l'une d'elle. La bête la regarda d'un air encore plus féroce, sa proie n'était pas facile à tuer. Un étrange ballet commença entre les deux et ils se tournèrent autour, tentant de trouver le point faible de l'autre. Le ouargue avait la force brute mais il se méfiait – à raison – des deux lames argentés que la jeune femme tenait entre ses mains. De son côté, Isleen sentait que son pouvoir effleurait sa conscience, la déstabilisant légèrement, ce qui n'était pas le bon moment, ne le maitrisant pas du tout !
L'animal du sentir le changement car son grondement se fit plus sourd, et ses yeux rétrécirent. D'une puissance inouïe, la bête se jeta en avant et Isleen plongea elle aussi, se couchant dans l'herbe, échappant de justesse aux crocs du ouargue et passant sous les pattes. Un violent frisson la prit au même moment, et une double conscience prit possession de ses sens, ne lui laissant plus le contrôle de son corps. Elle lâcha subitement ses dagues et agrippa à pleines mains la fourrure de la bête. Une chaleur intense se déploya alors dans ses mains, arrachant un couinement à la bête affolée, mais la main d'Isleen ne lâchait pas. Une odeur de viande grillée lui monta aux narines, lui faisant reprendre le contrôle de son corps. Sa surprise fut telle qu'elle lâcha la bête, complétement terrifiée mais toujours dangereuse. Sans perdre de temps et profitant que l'animal reprenne ses esprits, elle s'échappa du dessous du corps de la bête et attrapa sa dague qu'elle planta dans la gorge de l'animal qui secoua la tête, cherchant à se dégager de la lame mais réussissant seulement à se blesser d'avantage. Le ouargue poussa un gargouillement sanglant avant de s'effondrer près d'Isleen qui le regardait rendre son dernier souffle. La jeune femme ne bougeait pas, bien que l'endroit ne se prêtait pas à l'immobilisme. Elle était interdite face à ce qu'elle venait de faire, ou plutôt ce que son corps venait de faire. Elle fut néanmoins soulagée d'être seule, le peuple du Rohan était loin devant, et personne n'avait été témoin de son petit tour de magie.
Elle contourna la bête et ne put que constater l'étendue de ce qu'elle avait fait. La marque de sa poigne marquait encore le pelage de l'animal. L'odeur de brûlé lui agressait les narines et les boursoufflures liées au feu qu'elle avait sentit se propager au travers de sa main étaient nettement visibles, bien qu'il fut impossible de distinguer ses mains, ce qui la soulagea, peu encline à expliquer le pourquoi aux soldats qui ne tarderait pas à dépasser l'animal.
La jeune femme ramassa la dague qui était restée à terre et essuya ses armes avant de les ranger dans ses manchettes. Elle regarda une dernière fois le cadavre de la bête et se détourna, préférant ne pas s'attarder – un autre animal pouvait surgir à tout instant – ne voulant pas faire face à ce qu'il venait de se passer. Elle fut heureuse d'avoir été seule à ce moment, car elle n'imaginait pas la réaction du roi Théoden et de ses compagnons, sachant qu'elle devait déjà faire avec la peur que lui inspirait son propre corps.
Elle partit en direction de la longue colonne noire qu'elle voyait au loin, le peuple du Rohan était arrivé aux portes du gouffre et, avec elle, un semblant de sécurité. Isleen se dépêcha de rejoindre la fin de la colonne et retrouva très vite Eowyn qui vint à sa rencontre une fois qu'elle l'aperçue.
-Ciel ! Isleen, est-ce que tout va bien ?, demanda Eowyn particulièrement inquiète. Vous n'êtes pas blessée ?
-Non, le sang n'est pas le mien., répondit Isleen en souriant doucement à Eowyn, touchée de son inquiétude pour elle.
-Je suis désolée de vous avoir laissé seule avec cette bête.
-Vous aviez à charge votre peuple., répliqua gentiment Isleen.
-Mais…
-Ce fut pour le mieux, croyez-moi !, conclu Isleen d'une voix qui n'admettait aucune réplique.
La jeune châtelaine ne prit pas ombrage du ton de la jeune femme, car elle comprenait qu'après ce combat, elle ne souhaite pas en parler plus, et la jeune femme était vraiment soulagée que son amie soit en vie pour lui en tenir rigueur.
Isleen fut impressionné par l'aspect du gouffre. C'était gigantesque ! Les murs devaient faire pas loin de 10 mètres de haut et il était assez épais pour que quatre hommes puissent marcher de front sur le sommet. Le parapet était si haut que seul un homme de haute taille pouvait voir au-dessus et plusieurs fentes étaient ménagées par endroits pour les tirs. Le dernier rempart n'était accessible que par un escalier qui descendait d'une porte dans la cour extérieure du Fort le Cor.
Eowyn et Isleen passèrent la porte du gouffre ouvragée pour être infranchissable et la rouquine ne put s'empêcher de trembler. Elle seule savait que ce lieu n'était pas une sécurité pour le peuple du Rohan, mais bien un piège.
Les deux jeunes femmes aidèrent les villageois à s'installer comme ils pouvaient le long des murailles, entassant çà et là, paniers, sacs de linge, casseroles – qui pouvait se dire qu'amener des casseroles en tant de guerre était un choix judicieux? – etc. Malheureusement, Isleen et Eowyn constatèrent très vite qu'ils n'avaient pas pris assez de vivre pour tous, et cela contraria la châtelaine qui houspilla un pauvre homme avant de lui dire d'amener le tout aux cavernes.
-Isleen ! Isleen !, interpella une petite voix fluette.
La jeune femme se retourna pour voir Freda avancer vers elle, tirant derrière elle une femme d'âge mûre qui lui ressemblait. Sa mère sans aucun doute.
-Freda ! Salua la jeune étoile à la petite, avant de se tourner vers la femme. Bonjour Madame.
La femme lâcha la main de sa fille et enlaça Isleen sans détour, stupéfiant la jeune femme, peu habituée à ce qu'une inconnue lui fasse des câlins.
-Merci, merci, mademoiselle., remercia la mère les larmes aux yeux. Merci de m'avoir ramené mes enfants.
La dame se retourna vers Eowyn et lui prit la main qu'elle sera très fort, bien qu'Eowyn ne laissa rien paraitre, lui octroyant un doux sourire. Après plusieurs remerciements, la mère et sa fille repartirent ensemble. Isleen et Eowyn se regardèrent, complices et heureuses pour les enfants.
Elles continuèrent d'aider les villageois pendant encore plusieurs minutes, quand l'écho de chevaux lancés au galop leur parvint aux oreilles, les faisant se redresser. Isleen savait qu'ils avaient perdu Aragorn et que le roi le croyait mort. Heureusement pour ses compagnons, il n'en était rien… et peut-être malheureusement pour Théoden.
-Ils arrivent ! s'exclama Isleen en entendant le bruit des sabots sur les pavés du gouffre se reprocher de leur position.
-Laissez passer le roi Théoden ! cria un soldat en armure au villageois qui se tassa encore plus le long des parois. Laissez passer le roi !
Le cheval du roi arriva rapidement au niveau de Fort-le-Cor où se trouvaient les deux jeunes femmes, collé par celui de Legolas et de Gimli en avant-garde, suivi de près par le reste des cavaliers. Eowyn accourut vers son oncle, qui descendait de son cheval.
-Si peu ?, demanda Eowyn semblant chercher quelqu'un du regard. Si peu d'entre vous sont de retour ?
Le roi se retourna vers sa nièce, ne sachant pas comment lui annoncer la perte d'Aragorn. Il ne voulait pas lui briser le cœur - surtout qu'il avait bien vu qu'elle cherchait le gondorien parmi les soldats - aussi préféra-t-il botter en touche.
-Notre peuple est sauf., répondit gravement le roi en aidant un soldat blessé à descendre de sa monture. Nous avons payé ça par de nombreuses vies.
Eowyn fronça des sourcils mais elle n'eut pas le temps de répliquer que Gimli arriva vers elle. Isleen qui était arrivée au moment des paroles du roi resta à couvert et ne dit rien, bien qu'elle sache qu'Aragorn était en vie, cela lui fit de la peine quand Gimli apprit à Eowyn qu'Aragorn était tombé lors de l'attaque. Le choc se lisait clairement sur le visage de la châtelaine et elle put entendre son cœur se briser.
Elle ne vit pas venir vers elle le prince elfe, aussi sursauta-t-elle quand il mit sa main sur son bras. Le regard de Legolas était tout aussi triste que celui de Gimli qui venait vers eux.
-Vous n'avez rien., lui murmura Legolas, soulagé de ne pas l'avoir aussi perdue. Je n'ose imaginer si quelque chose devait vous arriver.
Isleen fut touchée par ses mots, bien qu'elle ressentit une pointe de culpabilité en pensant à ce qu'il se passerait si elle venait à mourir ici. Elle disparaitrait tout simplement.
-Voilà une bien triste situation., déplora Gimli s'arrêtant près d'eux. Aragorn était…
-Il n'est pas mort., leur apprit Isleen.
Legolas et Gimli ouvrirent grand leurs yeux, n'osant pas y croire.
-Vous en êtes sûre ?, demanda Legolas l'espoir clairement perceptible dans la voix.
-Je ne suis jamais sûre de rien., lui répondit Isleen un léger sourire aux lèvres. Mais oui, il reviendra avant la nuit.
-Voilà une nouvelle qui me réjouit !, s'exclama Gimli d'une voix forte attirant, sur eux le regard de plusieurs soldats. Hrmpf, bon, nous devrions voir si personne n'a besoin de notre aide
Le seigneur nain partit en direction de la grande porte où s'établissait les états généraux et où venait de disparaitre le roi Théoden. Isleen et Legolas lui emboitèrent le pas et ils arrivèrent dans une grande salle dont les murs étaient recouverts de lambris. Le roi et plusieurs de ses conseillers étaient penchés sur une longue table de chêne d'où ils dirigeaient les opérations à venir. Eowyn était également dans la pièce, cherchant à se rendre utile bien que son visage était défait, elle souhaitait garder la face. Elle fit un sourire à Isleen - qui ressemblait plus à une grimace - avant de partir vers les cavernes pour la mise en place des vivres. Les nouveaux arrivants rejoignirent le roi et ses conseillers.
-Rassemblez toute nos forces derrière le mur., ordonna Théoden à deux généraux. Barrez la porte et instaurez un tour de garde.
-Que faire de ceux qui ne peuvent pas se battre, Mon Seigneur ?, demanda Gamelin soucieux. Les femmes et les enfants… ?
L'homme ne put s'empêcher de jeter un bref coup d'œil à la rouquine, ce qui fit lever un sourcil de la concernée. L'homme s'empourpra légèrement mais le roi empêcha à Isleen de répondre.
-Emmenez-les dans les cavernes, conclut Théoden en se penchant sur les cartes et plans étalés sur la table. Le bras de Saroumane aurait bien grandit, s'il croit pouvoir nous atteindre ici.
-Pour préparer les provisions et pour tenir un siège, il nous faut plus de temps., se risqua Gamelin.
-Nous n'en avons pas., grogna le roi. Nous sommes en guerre!
-Qu'en est-il du petit caniveau placé à la base du mur d'enceinte., indiqua Isleen, soucieuse de ce petit détail.
-Que voulez-vous que Saroumane fasse contre notre mur., indiqua Gamelin en montrant le mur au travers une ouverture. Son épaisseur nous protégera.
-L'épaisseur de votre mur ne vous protégera pas s'il tombe., répliqua la jeune femme un brin énervée qu'on ne prenne pas la pleine mesure de cette menace. Croyez-vous que Saroumane n'a rien prévu ? Où pensez-vous que Grima a couru une fois qu'on l'a mis dehors…
-Que pensez-vous que Saroumane puisse faire ?, demanda Théoden sous le regard choqué de Gamelin, qui ne pensait pas que son roi prendrait parti pour la jeune femme.
-Votre mur ne tiendra jamais s'il décide de le faire exploser., lui apprit Isleen, surprise que le roi l'écoute. Et s'il y a une brèche, le Gouffre de Helm tombera.
-Même en cas de brèche, il faudrait être un très grand nombre, des milliers, pour prendre d'assaut la forteresse., essaya de la rassurer le Roi.
-Des dizaines de milliers en effet., assura la jeune femme.
-Mais mon roi, il n'existe pas une telle armée !, explosa Gamelin à bout de nerf. Elle cherche seulement à nous faire peur !
-Je ne vous permets pas !
-Retirez vos paroles, Homme., gronda Legolas en s'avançant vers le soldat.
-Calmez-vous !, tonna le roi. Ce n'est pas le moment pour vos querelles, nous sommes en guerre ! Gamelin, assurez-vous que le caniveau soit bouché rapidement.
-Mais avec quoi ?
-Ce que vous trouverez., conclut le roi, conscient du manque de temps qu'ils avaient. Ma dame, ne vous en faites pas, vous êtes en sécurité au gouffre, et encore plus quand vous serez dans les cavernes.
Théoden se retourna de nouveau vers la table, soucieux, et Isleen prit ça pour la fin de son entretien avec le roi. Elle serra les dents mais préféra ne rien dire sur ce qu'elle pensait des cavernes. La jeune femme suivit Gimli et Legolas qui s'éloignèrent.
-Ceci est plus à mon goût., leur dit Gimli tandis qu'ils descendaient dans l'obscurité des couloirs taillés dans la pierre de la montagne. Mon cœur se relève toujours à l'approche des montagnes. Il y a du bon roc ici.
Ils s'arrêtèrent dans une salle où était servi un morceau de pain et du bouillon. Maigre pitance, mais nécessaire pour tenir au combat. Chacun des trois prirent une part et s'assirent dans un coin de la pièce. Isleen ne se fit pas prier et, après avoir avalé rapidement sa part, ferma les yeux, bercée par le bruit ambiant.
-Qu'on me donne un an et une centaine des miens, et je ferais de ceci un endroit sur lequel les armées de Saroumane se briseraient les os., assura Gimli en mâchouillant son morceau de pain.
-Je n'en doute pas., lui dit Legolas en regardant la pièce d'un air sombre. Je n'aime pas cet endroit, mais tu me réconfortes, Gimli, et je suis heureux de t'avoir auprès de moi pour ce combat qui s'annonce. J'aimerais bien qu'une centaine de bons archers de la forêt noire soient aussi parmi nous. Nous en aurions besoin.
-Il va faire trop sombre pour le tir à l'arc., répondit Gimli en haussant les épaules.
-Ce sont des elfes, Gimli., lui rappela Isleen en ouvrant les yeux. Ils n'ont pas besoin de beaucoup de lumière pour être excellent.
-En effet., sourit Legolas en tournant sa tête vers elle. Seule la lumière des étoiles nous suffit.
Isleen sourit, comprenant les paroles de l'elfe. Gimli regarda leur manège et leva les yeux au ciel, rieur.
-Et ne vous en faites pas, les elfes viendront., leur dit Isleen, refermant les yeux. Ils sont déjà en route et devraient arriver à la tombée de la nuit.
-Je bénis vraiment votre savoir., lui répondit Legolas après un échange de regard avec le nain. Nous voilà rassurés de les avoir en renfort.
Isleen sourit sans ouvrir les yeux, fatiguée. Une pointe de panique tenta de naître en elle, à l'idée de ce qu'il devait advenir d'Haldir, mais avec elle au combat, elle s'assurerait que son ami ne meurt pas cette nuit. Elle ne suivit plus la suite de la conversation que l'elfe et le nain eurent ensuite, s'endormant contre le mur.
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à très vite !
