Et c'est ensuite au thème "Je suis là" d'être à l'honneur.

La limite des mille mots à été une contrainte forte pour cet OS, qui a été le terrain d'une expérience au niveau de l'écriture, mais qui n'a as été très concluante à mes yeux. Ce n'est pas grave, et je le publie quand même puisqu'il est écrit, mais je pense peut-être le retravailler un jour pour me rapprocher de ce que j'imaginais. J'espère néanmoins qu'il vous plaira !

Bonne lecture


Escarmouche

La bataille faisait rage depuis déjà plusieurs heures mais sans qu'aucun camp ne parvienne à réellement prendre le dessus. Des renforts étaient arrivés, mais n'étaient pas parvenus à faire pencher la balance.

Les sorts sifflaient tout autour d'elle. Il fallait avoir des yeux partout pour ne pas se laisser surprendre par une attaque traitresse. Tonks se battait avec acharnement, ne voulant pas céder un pouce de terrain à ses ennemis.

Pour une fois qu'il y avait un réel affrontement, elle voulait porter le coup le plus rude possible au Seigneur des Ténèbres. Cette guerre qui durait depuis des mois l'épuisait. Devoir toujours être aux aguets, intervenir aux quatre coins du pays et souvent arriver trop tard pour se battre, cela la rendait folle. Il n'y avait que de simples escarmouches qui se finissaient sans réel vainqueur, mais seulement des victimes. Lorsqu'elle avait été appelée dans la soirée, elle avait cru que c'était la même chose. Elle se trompait lourdement.

L'attaque de mangemorts était d'envergure et leur objectif clair, s'en prendre aux plus hautes instances du ministère qui leur résistaient encore : la famille d'Amélia Bones. La chef du département de la justice magique résistait, de toutes ses forces, à l'irrésistible ascension du mage noir. Il avait décidé de la punir en assassinant ses proches. Malheureusement pour lui, la protection rapprochée avait été particulièrement efficace et s'était brillamment défendue. L'attaque avait dégénéré et ils étaient maintenant une cinquantaine à s'affronter.

La maison n'était plus qu'un tas de ruines fumantes, où chaque centimètre carré semblait avoir été ravagé par des sorts. Tonks ne savait pas exactement si la famille Bones avait pu être exfiltrée, mais elle ne pouvait pas s'informer. Il lui fallait se battre, esquiver, riposter, pour sauver sa peau.

Un rire sardonique attira son attention. Il la fit frissonner à l'instant où elle le reconnu. Bellatrix ! Sa tante était dans les rangs ennemis et il ne lui fallut que quelques secondes pour la repérer. Elle lançait des sortilèges impardonnables à la chaine, comme s'ils étaient aussi naturels pour elle, que des sorts de première année. Elle agitait sa baguette comme une escrimeuse, elle fendait l'air avec une fluidité impressionnante. Mais un nouveau sort qui passa à côté de son oreille lui fit retrouver sa concentration immédiatement. Elle ignorait contre qui elle se battait, mais elle allait devoir trouver une faille rapidement, sinon…

Une douleur indicible au niveau de la cuisse la fit se plier en deux. Jamais elle n'avait ressenti cela, comme si une épée chauffée à blanc venait de lui être appliquée au-dessus du genou. Une seconde plus tard, quand elle réalisa l'erreur qu'elle venait de commettre, une seconde douleur la frappa à l'épaule droite.

C'était insupportable, elle sentit sa vision se brouiller et sa conscience sombrer. Elle était perdue.

C'est l'odeur de la terre fraiche qui lui fit reprendre conscience. Les brins d'herbe lui chatouillaient le visage et il lui fallut un peu de temps pour comprendre ce qu'elle faisait là. Couchée au sol en position fœtale, elle sentait une vive douleur irradier de sa jambe et de son épaule. Elle cligna des paupières lorsque les premières lueurs de l'aube caressèrent son visage. Elle était vivante, par un miracle insensé, et avait sûrement été laissée pour morte au milieu des autres victimes. Combien de temps était-elle restée là ? Alors qu'elle se demandait si ses blessures étaient aussi graves qu'elle ne l'avait supposé, elle entendit à quelques mètres derrières elle des bruits de pas.

Elle referma les yeux, priant de toutes ses forces pour ne pas attirer l'attention. La personne marchait, sans avoir l'air de se presser, entre les corps allongés là. Soudain, il s'arrêta, ses pieds à quelques centimètres de sa tête. S'efforçant de ne pas bouger, de ne pas trembler, Tonks serra les dents. Elle devait faire la morte ! Elle faillit se redresser en hurlant lorsqu'elle sentit une main se poser légèrement sur son épaule blessée.

"Arrêtez de faire semblant. Je sais que vous êtes vivante."

Cette voix grave… Non ! Impossible !

"Je suis là, à coté de vous et si vous ne vous redressez pas, je ne vais pas pouvoir vous soigner correctement."

Elle ignorait si elle devait lui faire confiance. Le professeur Dumbledore disait qu'il était fidèle à leur camp, mais sa loyauté était toujours si floue…