— C'est une très mauvaise idée.

— Sans aucun doute, mais cette comédie a assez duré, Malefoy, il est grand temps d'y mettre un terme.

Le Serpentard haussa les sourcils.

— Tu ne m'avais pas appelé par mon nom depuis des mois, nota-t-il.

— Désolée, mais je suis remontée contre ce qui te sert de père.

Le blond grimaça.

— J'avais remarqué... Mais je maintiens que c'est une très mauvaise idée que tu viennes avec moi boire le thé au manoir.

— Oh, je t'en prie, je sais me défendre...

— Excuse-moi ? Ce n'est pas toi qui disais il y a quelques mois que tu avais peur de mon père et que tu n'étais pas assez forte pour l'affronter ?

Hermione serra les lèvres.

— J'ai changé d'avis, répondit-elle. Je t'aime, Drago, j'ai fait d'énormes sacrifices pour te garder, donc je n'ai aucune envie que tout ce que j'ai fait tombe à l'eau à cause d'un sorcier borné et stupide qui vit encore au temps des cavernes !

La Gryffondor tourna les talons et le blond resta sur place. Zabini s'approcha alors de lui, presque timidement.

— Tu vas faire quoi ? demanda-t-il.

— À quel propos ? demanda Malefoy. Celui où mon meilleur ami me « trahis », si on peut dire ça comme ça, en donnant une lettre de mon père à ma petite-amie, ou bien l'autre option ?

Le ton était grinçant et Blaise baissa le nez.

— Je suis désolé, dit-il. Mais elle a raison, ça a assez duré. Ton père ne te laissera jamais tranquille jusqu'à ce que tu la jettes, et de préférence en lui brisant le cœur.

— Je ne ferais jamais ça. On a fait trop de concessions tous les deux pour en arriver là.

— Alors fais ce qu'elle te propose. Tu t'amènes avec elle au manoir et tu vois comment ça se passe.

— Mon père va la trucider et moi dans la foulée...

— C'est Hermione Granger, mec... C'est la sorcière la plus puissante du collège ! Tu crois vraiment qu'elle se laissera faire face à ton père ?

— Non, sans doute pas, mais...

Malefoy soupira bruyamment et secoua la tête.

— Très bien, dit-il. Je pense pouvoir encore compter sur ma mère, donc elle empêchera mon père d'attaquer Hermione. Je pense.

— Tu as confiance en elle, à ce que je vois ! ironisa aussitôt Zabini.

— En vrai, je ne sais plus trop où j'en suis, soupira le Serpentard en haussant les épaules. Je suis partagé entre la femme que j'aime et mes parents que j'aime aussi, comment tu veux que je choisisse ?

Blaise haussa les épaules. Il n'en avait aucune idée. Célibataire et bien décidé à le rester le plus longtemps possible, il n'avait aucun problème de ce côté-là.

Comprenant qu'il n'allait pas pouvoir faire changer d'avis Hermione, Malefoy accepta finalement qu'elle l'accompagne au manoir, le dimanche suivant, pour boire le thé avec ses parents. L'événement en lui-même était exceptionnel et Malefoy savait pertinemment que son père allait encore l'ensevelir sous les critiques, les insultes, sous le regard de Narcissa qui n'allait pas intervenir. C'était courant dans cette famille.

Cependant, avec la présence surprise d'Hermione, Lucius allait sans aucun doute réagir très violemment, et Drago espérait vraiment que sa mère intervienne et empêche son mari de faire une chose regrettable.

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Le dimanche matin, et après une semaine plutôt angoissante pour le Serpentard, il retrouva Hermione à la bibliothèque, pour passer la matinée ensemble. C'était devenu leur petit rituel et si Malefoy n'avait jamais vraiment apprécié cette pièce du château, aujourd'hui il y venait volontiers, ne serait-ce que pour le calmer qui y régnait en permanence.

— Tu veux toujours venir ?

Hermione hocha la tête.

— Si ton père s'en prend à moi, je me défendrai, répondit-elle. Et tant pis si ta mère me déteste après ça, mais comme je te l'ai dit, je t'aime et je ne renoncerai pas à toi maintenant.

Le blond hocha la tête. Il n'était pas serein. Il avait très mal dormi toute la semaine, faisant des rêves sans queue ni tête dans lesquels le rendez-vous se passait soit parfaitement bien avec un Lucius Malefoy mielleux et presque dégoulinant de bienveillance : ou alors c'était une catastrophe, Lucius devenait enragé en voyant Hermione dans sa demeure, il la tuait, tuait sa femme, puis son fils, avant de faire brûler le manoir et de se suicider.

Sortant de ses pensées, Malefoy regarda sa montre. Elle indiquait onze heures. Dans six heures, ils seraient au manoir et feraient face à Lucius et Narcissa.

— Arrête.

Le blond regarda sa compagne.

— Arrête de cogiter, j'entends tes rouages de là, soupira Hermione. Tu n'as pas à t'en faire, tout se passera bien, je suis quasiment sûre que ta mère est de ton côté.

Malefoy secoua la tête.

— Je n'ai jamais réussi à savoir ça, dit-il. Elle est d'une impassibilité hors compétition...

— Elle ne s'énerve jamais ?

— D'aussi loin que je me souvienne, c'est très rare. La majeure partie du temps, ce sont des colères sourdes, froides, celles que tu lis dans les yeux...

Hermione opina. Certaines personnes se protégeaient en contenant leurs émotions, mais parfois, il suffisait de les regarder droit dans les yeux pour connaître le fond de leur pensée. La Gryffondor décida donc de sonder Narcissa et de tenter de lui passer des informations via le regard.

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L'heure fatidique fut là bien tôt vite au goût de Malefoy. Ils avaient assisté tous les deux à un entraînement de Quidditch pour les premières années, afin qu'ils sachent s'ils allaient aimer ou pas, dans le but de recruter des membres des équipes pour remplacer les septièmes années qui allaient partir à la fin de l'année.

Le couple se retrouva devant le bureau du Directeur quand dix-sept heures sonnèrent à la cloche du collège. Malefoy était tendu, il remuait tout le temps tandis qu'Hermione, elle, était concentrée, prête à user de Magie Vive pour se défendre, même si cela lui avait été formellement interdit par Dumbledore.

Lorsque la statue devant l'entrée du bureau se décala sans un bruit, dévoila un grand escalier, Malefoy saisit la main d'Hermione et ils gravirent les marches en colimaçon. La porte du bureau était ouverte et Dumbledore, McGonagall et Rogue attendaient les deux jeunes sorciers.

— Sachez que si je vous laisse vous rendre là-bas alors que normalement c'est interdit, c'est uniquement pour que vous régliez une bonne fois pour toutes vos problèmes avec votre père, Drago, dit le Directeur.

— C'est une faveur, j'en suis conscient, répondit le blond. Et j'espère vraiment que je pourrais, sinon régler les choses, au moins les faire aller dans mon sens.

— Quant à vous, Hermione, ne prenez aucuns risques inconsidérés, intervint McGonagall. Lucius est un puissant Mangemort et la colère décuple nos pouvoirs, vous le savez aussi bien que moi.

— Oui, Madame, ne vous ne faites pas. Je compte sur Madame Malefoy pour intervenir si son mari commence à devenir... méchant.

— Narcissa est une bonne personne, dit alors Rogue, les bras croisés sous sa cape. Je la connais depuis longtemps et je sais qu'elle contrôle plus ou moins bien Lucius, mais vous allez au-devant d'ennuis, tous les deux.

— Nous en sommes conscients, répondit Malefoy. Mais, et vous en êtes témoins, depuis le bal de Noël, depuis un an entier, nous avons fait d'énormes sacrifices, surtout Hermione, et mon père n'a pas le droit de m'empêcher d'être avec la femme que j'aime.

Hermione baissa le nez en rougissant légèrement. Elle n'oubliait pas la demande en mariage qu'il lui avait fait l'été dernier ; elle gardait d'ailleurs toujours l'alliance sur elle, montée sur un bracelet enchanté pour ne jamais se briser.

— Allez, dit soudain Dumbledore. Il est temps, ne faites pas attendre vos parents plus longtemps, Drago.

Le blond serra les lèvres. McGonagall s'approcha de la cheminée et jeta de la Poudre de Cheminette dans les flammes ronflantes qui devinrent aussi vertes. Sans lâcher la main d'Hermione, Malefoy s'engouffra au milieu, prenant la brunette dans ses bras.

— Manoir Malefoy, Wiltshire ! s'exclama-t-il alors.

Hermione se cramponna aussitôt à lui en cachant son visage dans son épaule, et le couple fut alors englobé dans une gerbe de flammes couleur d'émeraude avant de disparaître.

— Que Merlin les garde, souffla Dumbledore.

Le couple arriva au Manoir Malefoy quelques secondes plus tard et fut recraché sur le tapis devant la cheminée, dans le grand salon. Ils s'éloignèrent aussitôt l'un de l'autre pour reprendre leurs esprits et s'épousseter, puis Hermione regarda autour d'elle et haussa les sourcils.

— Ah oui, quand même, dit-elle. Il y a du niveau...

Malefoy regarda autour de lui, observant un décor qu'il connaissait par cœur et qui était normal pour lui, mais il nota immédiatement qu'il n'y avait personne pour l'accueillir, ce qui était étrange. Il n'eut cependant par le temps de tergiverser plus longtemps que l'une des deux grandes portes de la pièce s'ouvrit à la volée.

Hermione se rapprocha aussitôt de Malefoy, prête à se défendre, et lorsque le couple Malefoy la découvrit devant la cheminée, se servant de leur fils comme d'un bouclier, Lucius vit aussitôt rouge.

— Qu'est-ce qu'elle fait là ?! hurla-t-il en tendant le bras. Cette... chose chez moi !

— Père, c'est ma femme, dit alors Malefoy, étrangement calme.

Lucius s'étrangla aussitôt et devint rouge brique. Il poussa un hurlement de rage et se jeta sur le couple, mais il n'avait pas fait un pas qu'il trébuchait et s'écrasait lourdement sur le sol de marbre.

— On se calme, dit alors Narcissa, sa baguette en avant.

— Relâche-moi, femme ! gronda Lucius, plaqué au sol par une main invisible.

— Je t'avais prévenu, répondit la mère de Drago.

— Vous saviez que j'allais venir avec elle, Mère ? demanda alors ce dernier.

— Oh, je suis ta mère, je t'en prie...

Elle enjamba son époux et alla serrer son fils dans ses bras. Soulagée, Hermione s'écarta du blond et Narcissa l'observa de haut en bas.

— Hm, dit-elle, lèvres serrées. Pour une enfant de Moldus, tu es plutôt jolie...

— Merci, Madame...

Narcissa sourit puis pivota et leva soudain sa baguette. Lucius grogna et se releva sur les genoux puis se remit debout en soufflant comme un bœuf. Il pivota vers les trois autres, furieux, et quand il fit un pas en avant, Narcissa leva sa baguette.

— Non, chéri, dit-elle. Tu m'as promis de te contenir.

— Cette chose souille ma maison de son sang impur ! gronda alors l'homme blond.

Hermione serra les poings. Malefoy lui prit le poignet en secouant la tête, mais la brunette se libéra de sa prise et s'avança alors.

— Cette « chose », dit-elle. Est une sorcière de sang pur, comme vous !

Lucius s'étrangla.

— Tu oses m'adresser la parole ?! siffla-t-il, outré.

— Et quoi ? demanda Hermione. Vous n'êtes qu'un homme, un simple homme mortel, borné et stupide avec ça !

— Oh, Miss Granger, allons, sourit Narcissa. Moi seule ai le droit de dire cela à mon époux.

— Navrée, Madame, mais il fallait que je le dise.

— Bon, soit, passe pour cette fois...

Regardant sa mère et sa compagne, Malefoy ne comprenait plus rien, et Lucius non plus visiblement. Elles se fichaient complètement de la tête de l'homme blond et cela le mettait dans une rage folle.

— Bon, dit soudain Drago. Quand vous aurez fini de jouer les méchants de service, Père, peut-être pourrions-nous aller prendre le thé ?

Lucius hoqueta. Il resta planté au milieu de la pièce quand sa femme et les deux adolescents rejoignirent le petit salon sans un mot. Il ne comprenait plus rien et il lui fallut quelques secondes pour se reprendre puis, décidant de faire comme si rien ne s'était passé, il se redressa, ramena ses cheveux blonds dans son dos, tira sur son veston puis se redonna une contenance et rejoignit le petit salon à son tour.

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Durant toute l'heure qui suivit, Lucius Malefoy se desserra les dents que pour boire son thé et grignoter des scones. Narcissa fit toute la conversation, réellement contente de la présence d'Hermione sous son toit, mieux encore, dans la vie de son fils.

— Que font vos parents, Miss Granger ? demanda Narcissa en se resservant du thé.

— Ils sont dentistes, ils... soignent les dents des gens ? répondit la brunette. Il y a des dentistes chez les sorciers ? demanda-t-elle ensuite.

— Oui, nous en avons, répondit Drago. Mais la plupart travaillent avec les Moldus, et les sorciers vont se faire soigner à St-Mangouste.

— Je vois...

— Ils le sont tous les deux ? demanda Narcissa.

— Oui, ils ont chacun leur cabinet et nous vivons plutôt bien grâce à cela. Je n'ai jamais manqué de rien et si je n'avais pas reçu ma lettre pour Poudlard, je serais allée dans une grande école en France. Ils ont mis de l'argent de côté pour cela depuis ma naissance. C'est courant chez les Moldus.

— Je vois, c'est très intéressant, tu ne trouves pas, Lucius ?

Le concerné marmonna dans sa tasse et Hermione lui jeta un regard. La seule fois où elle avait vu Lucius Malefoy dans toute sa magnificence de sorcier fier de son héritage, c'était à Poudlard, quand il avait accompagné le Ministre Fudge le jour de l'exécution de Buck l'Hippogriffe. Alors certes, il était impressionnant, altier et plutôt bel homme, mais avec le caractère de merde qu'il se payait, toute la fresque était gâchée !

— Parlez-moi un de vous deux, dit alors Narcissa. Mon fils n'est pas un modèle de bonté et de gentillesse, j'en suis consciente, mais il est comme il est et je suis extrêmement surprise de voir ce que vous en avez fait, Miss Granger...

Malefoy se gratta la tête, un peu gêné, et Hermione posa sa main sur la sienne et esquissa un sourire.

— Ça n'a pas été facile, dit-elle. Nous nous sommes disputés de nombreuses fois, mais je n'ai plus réussi à le détester comme je le détestais avant le bal de Noël de l'année dernière. J'ai appris à le voir d'un autre œil, j'ai appris à connaître ses limites, et les miennes... et j'espère que vous apprendrez à voir au-delà de vos propres limites, Monsieur Malefoy, ajouta la Gryffondor.

Lucius grogna.

— Et cessez de grogner comme ça, on dirait un cochon grincheux, marmonna la jeune femme.

Narcissa pouffa aussitôt et porta ses mains à sa bouche pour ne pas recracher le morceau de scone qu'elle venait de prendre. Elle déglutit difficilement et se mit ensuite à rire.

— Arrête ! siffla soudain Lucius. Arrête de te moquer de moi, femme !

— Oh, chéri, je suis désolée, mais si tu savais à quel point je suis contente qu'une autre femme te fasse des remontrances ! répliqua Narcissa. Je t'aime comme tu es, mais des fois tu m'exaspères et malheureusement, tu n'entends que ce que tu veux... Tu es imbu de ta personne et fier de toi, mais tu n'es qu'un sorcier, tu n'es pas le Roi d'Angleterre, tu n'es pas le Ministre, et tu ne le seras jamais.

— Arrête, tu entends ?!

Lucius bondit soudain de sa chaise et leva le bras pour frapper Narcissa qui poussa un cri, surprise, et se protégea de ses bras. Quand elle rouvrit les yeux, elle découvrit son mari figé au-dessus d'elle, le regard fou, et elle tourna la tête vers les deux adolescents. Hermione avait sa baguette à la main et s'était levée en renversant sa chaise.

— Je fais quoi ? demanda-t-elle.

— Levez-vous, Mère, dit alors Drago.

Narcissa s'extirpa de sa chaise et se réfugia derrière son fils, pâle. Hermione relâcha alors son sort et Lucius partit en avant, trébucha et se rattrapa à la chaise.

— Vous allez finir par vous blesser, Monsieur Malefoy, dit alors Hermione. Et eu égard à Drago, je ne le désire en rien. Pourquoi êtes-vous ainsi ? C'est de la fierté mal placée ? Ou c'est parce que vous pensez devoir prouver que vous êtes le plus beau et le plus fort de la basse-cour ? Demande un peu à votre fils ce que je lui ai fait quand il a dépassé les limites...

Drago serra les lèvres. Il se souvenait parfaitement de ce moment dans la salle de classe de McGonagall, quand ils s'étaient si violemment disputés que la jeune femme était partie en trombe en lui hurlant d'aller au diable. Il s'était senti si mal après cela qu'il en avait pleuré de rage.

— Père, cela suffit, dit-il alors. Vous n'avez rien à prouver à personne ici, nous sommes en famille, nous sommes censés prendre le thé, comme tous les Anglais, et passer un bon moment, mais vous pourrissez la journée. J'ai accepté de venir parce que les choses ont assez duré, mais vous ne faites aucun effort. Hermione a raison, vous êtes borné et stupide, vous avez des œillères larges comme la Tamise et vous refusez de comprendre qu'Hermione est la femme que j'aime et que même pour vous, je ne l'abandonnerai pas.

Lucius était pâle. Les cheveux en bataille, il regardait les trois sorciers devant lui d'un regard bleu écarquillé. Soudain, il tourna les talons et disparut dans un violent craquement qui fit voler la chaise et une partie de la table en éclats.

La surprise passée, Narcissa répara la table et la chaise et ils se rassirent dans un silence pesant.

— Maman, que lui arrive-t-il ? demanda alors Drago sur un ton soudain moins ampoulé.

— Je ne sais pas, chéri, répondit la femme blonde. Depuis le retour du Lord, il est comme ça, il est furieux un instant, il casse tout, puis il disparaît un moment avant de revenir et de se répandre en excuses...

— Madame, est-ce qu'il vous a déjà frappée ? demanda alors Hermione.

— Non, Miss Granger, répondit Narcissa. Il ne l'aurait pas fait tout à l'heure, il s'arrête au dernier moment. Quelque chose en lui doit lui rappeler que je suis sa femme et que nous sommes censés nous aimer.

Hermione et Drago échangèrent un regard.

— Sensés ? demanda Hermione un peu timidement.

Narcissa serra les lèvres en fermant les yeux, resservit du thé à la ronde et demanda à un Elfe d'aller en refaire, pressentant que la discussion allait être très longue.