Bonjour à tous,
Non vous ne rêvez pas, c'est un nouveau chapitre que voilà !
J'ai avancé dans l'histoire et confinement oblige je me suis dit que j'allais vous en faire profiter.
J'espère que vous aimerez !
Bonne lecture.
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Disclaimer : l'histoire d'origine appartient à Tolkien.
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Chapitre 29 : Querelles et trahison
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I amar prestar aen... han mathon ne nen, han mathon ne chae, a han nostan ned gwilith. (Le monde a changé... je le vois dans l'eau, je le sens dans la terre, je le sens dans l'air), murmura la dame Blanche de Lorien tout en regardant au travers de l'eau qui remplissait son bassin. Elle s'adressait à elle-même mais aussi à l'homme aux cheveux argentés et à celui dont la chevelure était d'un noir de geai, qui l'écoutait prophétiser. Le pouvoir de l'ennemi grandit. Sauron va se servir de son pantin, Saroumane, pour détruire le peuple du Rohan. L'Isengard s'est déchaîné. L'Œil de Sauron est à présent tourné vers le Gondor, dernier royaume libre des Hommes. Sa guerre dans cette contrée viendra promptement. Il sent que l'Anneau est proche. La force du porteur de l'anneau faiblit. Dans son cœur, Frodon commence à s'apercevoir que la quête lui coûtera la vie. Vous le savez. Vous l'avez pressenti. C'est le risque que nous avons tous pris. Dans les ténèbres grandissantes, la volonté de l'Anneau se renforce. Dorénavant il s'emploie à retrouver le chemin de la main des Hommes. Hommes si aisément séduits par son pouvoir. Le jeune Capitaine du Gondor n'a qu'à tendre la main, s'emparer de l'Anneau et le monde s'effondrera. Aujourd'hui il est si près, si près d'atteindre son but. Car Sauron dominera toute vie sur cette Terre, même si cela conduit à la fin du monde. Le temps des Elfes est révolu. Devons-nous abandonner la Terre du Milieu à son destin ? Laisserons-nous ces peuples se défendre seuls ?
La belle dame releva les yeux et son regard plongea dans celui plus doux et moins torturé de son époux. Il n'avait pas de réponse à lui donner, car qu'importe ce qu'elle déciderait, il la suivrait.
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-Il est vivant !, cria quelqu'un en entrant dans la pièce sombre, réveillant Isleen en sursaut.
-Qu'est-ce que… ?
-Il est vivant !, Répéta l'homme qui devait être un soldat – enfin qui en avait l'apparence. Le seigneur Aragorn !
Legolas et Gimli se regardèrent en entendant la nouvelle. Isleen avait eu raison. Ils n'arrivaient pas à y croire, cela semblait impossible, il était tombé, aussi, la joie de revoir Aragorn fut intense pour les deux hommes. Leur ami était en vie. Sans perdre de temps, ils se levèrent comme un seul homme, ayant hâte de le voir de leurs propres yeux. Isleen se frotta les yeux et se leva peu après eux. Leurs pas se dirigea vers une petite court qui grouillait de monde. C'est là qu'ils virent Aragorn, légèrement amoché mais vivant.
-Vous êtes l'Homme le plus chanceux, le plus malin et le plus imprudent que j'ai connu !, tonna Gimli en serrant Aragorn brièvement. Soyez béni, l'ami !
-Gimli., lui dit Aragorn serrant son ami lui aussi rapidement, un air soucieux et sombre sur le visage.. Où est le roi ?
-Le abdomen (Vous arrivez tard)., lui dit Legolas un air rieur au visage. Vous avez une tête affreuse.
-Merci., lui lança Aragorn un peu amusé mais clairement pressé. Je dois voir le roi, c'est urgent.
Isleen lui sourit et Aragorn fut soulagé de la voir entière et en forme. Il ne voulait pas qu'il lui arrive quoique ce soit. Arwen le tuerait. Les quatre compagnons se rendirent dans la pièce pour trouver le roi. Le Dunedin lui fit part de ce qu'il avait vu en venant vers le gouffre. L'armée de Saroumane. Cent mille Uruk-aï prêts à massacrer le peuple du Rohan et les hommes qui le constituent.
-C'est une armée constituée en un seul but : détruire le monde des Hommes., lui apprit Aragorn. Ils seront là à la tombée de la nuit.
-Votre amie nous a prévenue plus tôt, bien que je ne sache pas comment elle aurait pu le savoir., lui apprit le roi surprenant Aragorn qui se tourna vers la rouquine. Que vous le confirmiez en nous rapportant ce que vous avez vu est encore plus inquiétant.
Le roi ne dit rien pendant un temps puis son regard se porta sur ses hommes qui, en entendant l'homme du Gondor se regardaient clairement effrayé.
-Et bien, qu'ils viennent !, gronda Théoden ne voulant pas montré sa peur à son peuple et voulant qu'ils se ragaillardissent de nouveau. J'exige que chaque homme ou jeune garçon capable de tenir une arme se tienne prêt à se battre au crépuscule.
Gamelin, à qui le roi venait de donner l'ordre, le salua et parti à la rencontre des hommes et jeunes hommes du Rohan pour qu'ils se battent auprès des soldats. Isleen, bien qu'au courant, ne pu s'empêcher d'avoir la gorge nouée en pensant aux enfants qui seront sur la ligne de mire des bêtes qui venaient à leur rencontre. Elle vit que la nouvelle ne plaisait pas non plus à Legolas ni à Gimli.
-On pourra couvrir la chaussée et la porte d'en haut., indiqua Théoden en montrant plusieurs points sur une carte présentant les galeries et portes du For. Aucune armée n'a pu franchir le mur du Gouffre et pénétrer dans Fort le Cor.
-Il ne s'agit pas de ces abrutis d'Orques., intervient Gimli d'une voix gutturale. Il s'agit d'Uruk-haï. Leur armure est épaisse, et large est leur bouclier.
Le roi soupira et se tourna vers eux. Il sembla à Isleen que Théoden avait pris dix ans en l'espace de quelques heures.
-J'ai déjà connu maintes guerres, Maître Nain. Je sais comment défendre ma citadelle. répondit Théoden, peu enclin à céder à la peur et voulant montrer à tous qu'il savait ce qu'il faisait. Ils se briseront contre cette forteresse comme l'eau sur les rochers. Les hordes de Saroumane vont piller et brûler, mais cela nous l'avons déjà vu. Les récoltes peuvent être ressemées ; les maisons reconstruites. A l'intérieur de ces murs, nous leur survivrons.
-Ils ne viennent pas anéantir les récoltes et les villages du Rohan !, lui dit Aragorn exaspéré par l'attitude du roi devant lui. Ils viennent anéantir son peuple ! Jusqu'au dernier enfant.
-Que voulez-vous que je fasse ?, souffla Théoden à voix basse ne voulant pas que ses hommes l'entendent. Regardez mes Hommes. Leur courage ne tient qu'à un fil. Si telle doit être notre fin, alors je ferais ce qui est en mon pouvoir pour qu'elle reste gravée dans les mémoires.
Isleen eut pitié de Théoden à ce moment-là. Il avait peur, cela elle le voyait mais il essayait de tenir bon, pour ses hommes. Elle ne put s'empêcher de trouver ça admirable de sa part. Ce roi était obtu pour de nombreuses choses, mais le bien de son peuple primait sur sa peur. Au final, il était un bon roi.
-Vous avez besoin d'aide, mon Seigneur., supplia presque Aragorn. Envoyez des cavaliers en quérir.
L'idée était bonne, pensa Isleen, mais elle savait et Aragorn aussi, elle en était sûre, qu'il était déjà trop tard. L'armée de Saroumane serait là avant qu'un quelconque émissaire n'arrive à trouver de l'aide. Heureusement pour le roi et son peuple, que Gandalf et la Lorièn travaillait déjà en ce sens.
-Et qui viendra ? Les Elfes ? Les Nains ? Nous n'avons pas la chance d'avoir autant d'amis que vous. Rappela Théoden, contrarié qu'il discute de cela devant ses hommes. Les anciennes alliances sont mortes.
-Le Gondor répondra.
Bon, sur ce point, Isleen savait qu'il n'en serait rien, pas avec l'intendant Denethor à sa tête. Cet homme était trop aveuglé par sa haine et sa folie pour venir en aide à qui que soit. Il était même capable de sacrifier son dernier fils, alors…
-Le Gondor ? Où était le Gondor lorsque l'Ouestfolde est tombé ? lui rappela Théoden, voulant mettre un terme à la discussion, il avait mieux à faire. Où était le Gondor lorsque nos ennemis nous ont encerclés ? Où était le Gon... Non, mon Seigneur Aragorn, nous sommes seuls.
Aragorn ouvrit la bouche pour répliquer mais ne trouva rien à dire pour faire changer d'avis Théoden. Le Gondor avait failli et le Dunedin avec, aux yeux du roi du Rohan. De cela Aragorn ne pouvait le réfuter. Isleen leva les yeux au ciel, elle avait l'impression, à chaque fois que ces deux-là se parlait, d'assister à un combat de coq.
-Emmenez les femmes et les enfants dans les cavernes., ordonna Théoden à deux soldats. Vous devriez les suivre ma dame. Vous serez plus en sécurité.
Isleen regarda interdite le roi et senti sur elle les regards compatissant de Gimli, soucieux d'Aragorn et satisfait de Legolas.
-C'est gentil de votre part de vous préoccuper de ma sécurité., lui dit Isleen légèrement revêche. Mais je ne compte pas me cacher dans une caverne, pendant que les Uruk-haï arrivent.
-Pardon ?, soufflèrent Legolas et Aragorn d'une même voix.
Le roi et Isleen les regardèrent à l'unisson. Théoden conclut alors que ce n'était pas ses histoires. Si la jeune femme ne voulait pas s'abriter, libre à elle, elle n'était pas du Rohan. Grand bien lui fasse et il partit voir Eowyn qui serait, il en était sûr, de la même trempe que cette rouquine.
-Isleen, ce n'est pas raisonnable !, lui dit Aragorn d'un ton grave en l'entrainant dans un coin à l'abri des regards, suivi de l'elfe et du nain. Nous sommes des guerriers entrainés mais vous vous êtes…
-Une femme ?, lui répondit Isleen courroucée. Oui je sais, merci et je me suis également entrainé pour cela.
-Mais pendant moins de lune que nous., rappela Gimli ne voulant pas mettre de l'huile sur le feu. Comprenez que nous agissons comme cela seulement car nous sommes soucieux de votre sort.
La jeune femme le toisa du regard mais le maître nain ne se laissa pas impressionner. Il attendait que Legolas dise quelque chose pour calmer la jeune femme mais il ne dit rien pour leur venir en aide.
-Isleen je vous en prie, soyez raisonnable., continua Aragorn qui sentait poindre un mal de tête. Nous nous en ferons moins pour vous, si nous vous savons en sécurité.
-Aragorn. Ma décision est prise., conclut la jeune femme, butée. Je me battrais à vos côtés. Aucun de vos arguments de me fera changer d'avis. Et je vous rappelle que des jeune garçons, des enfants vont se battre avec vous…c'est hypocrite de laisser les femmes dans les cavernes mais d'envoyer leurs fils se faire tuer. Demander à chacune de ses femmes, elles préféreraient prendre la place de leur enfant que de le voir sacrifié.
Le Dunedin soupira longuement. Cette femme lui causait des soucis et il allait se faire des cheveux blancs avant l'heure avec toute cette histoire. Mais elle n'avait pas tort. Il était cruel de faire combattre des enfants et de laisser leur mère à l'abri, mais c'était la guerre, et il n'y pouvait rien, car ils avaient besoin de bras.
Il fut surtout étonné de l'attitude du prince elfique. Il ne disait rien, seul son regard était sombre. Qu'attendait-il pour faire entendre raison à sa compagne !?
-Bien, puisque nous ne pouvons vous faire changer d'avis., conclut Aragorn en grommelant, son regard appuyant celui de Legolas qui ne disait toujours rien. Allons voir comment sauver ce peuple.
Isleen sourit, heureuse qu'on lui laisse son libre arbitre, bien qu'elle fût étonnée de la simplicité de cet échange, surtout au niveau de l'elfe, qui n'avait rien dit. Elle regarda Legolas mais il ne tourna pas la tête vers elle et celle-ci conclut qu'il devait bouder son choix.
-Legolas ?, appela doucement la jeune femme ne voulant pas qu'il parte fâché.
L'elfe s'arrêta de suivre Aragorn et se retourna lentement vers la jeune femme. La chaleur qui caractérisait les yeux de l'elfe quand il la regardait avait disparu et seuls deux lames de glace la transperçaient dorénavant. Il ne dit mot attendant qu'elle parle, ce qui la mis mal à l'aise.
-Vous m'en voulez, je le vois dans vos yeux., lui dit la jeune femme en se rapprochant de lui.
La belle rouquine s'approcha encore du prince, emplissant son espace, bien heureuse qu'on ne puisse les voir. Elle plaça sa main sur son bras et sentit celui-ci se tendre.
-Ne m'en voulez pas, je vous en prie., murmura doucement la jeune femme, jouant de ses charmes sur lui.
-Je dois m'entretenir avec les archers.,lui répondit Legolas. Je vous laisse.
Legolas lui fit un sourire bref et quitta la jeune femme, la laissant toute seule. Elle resta sur place, un peu soufflée d'avoir été plantée là, le bras toujours en l'air. Il était clair que l'homme lui en voulait.
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Aragorn longeait les murailles, bien décidé à aider tant qu'il pouvait le peuple du Rohan et sauver des vies. Gimli suivait ses pas, et plusieurs soldats se retournèrent vers eux quand ils passèrent. Deux soldats proches du roi écoutaient le Dunedin, conscients de la capacité tactique de l'homme.
-Nous placerons nos troupes de réserve le long du mur., désigna le gondorien en se tournant vers les deux hommes. Il leur montra les lignes qui consolideront leur maigre défense. S'ils devaient mourir ce soir par les sbires de Saroumane, il préférait leur donner du fil à retordre. Ils viendront en appui aux archers par-dessus la porte.
Les deux hommes regardèrent plusieurs hommes en contrebas qui s'entrainaient sous les conseils du prince Legolas. Ils virent l'elfe leur donner plusieurs conseils sur leurs positions, ce qui permit aux hommes d'ajuster leurs tir.
-Aragorn, intervint Gimli qui s'était avancé vers la muraille. Vous devriez aller vous reposer. Vous ne servirez à rien à moitié en vie.
Le Gondorien, conscient de sa fatigue, aussi bien physique qu'émotionnelle, acquiesça, mais n'eut pas le temps de répliquer qu'une tornade blonde entra dans son champ de vision.
-Mon seigneur !, s'exclama la jeune Eowyn en arrivant les joues rouge, preuve qu'elle venait de courir pour les rejoindre. Aragorn.
-Eowyn doucement !, s'exclama essoufflée Isleen qui la suivait.
-On m'envoie dans les cavernes avec les femmes., continua la châtelaine faisant fi de la rouquine.
-C'est une honorable mission., lui répondit Aragorn en regardant la rouquine, pourquoi est-ce que ça devait – encore – tomber sur lui.
Isleen et Gimli échangèrent un regard amusé, le Dunedin n'était pas très à l'aise face à la jeune femme et ce combat perdu d'avance.
-S'occuper des enfants, trouver de la nourriture pour nourrir les hommes à leur retour., grogna Eowyn énervée. Quelle gloire y-a-t-il à cela ?
-Gente Dame., souffla Aragorn après un court instant. Un jour viendra pour le courage sans gloire. Vers qui se tournera votre peuple en dernier recours ?
Eowyn fronça les sourcils devant les paroles de l'homme. Elle était pourtant sûre qu'elle pouvait trouver une oreille attentive auprès de l'homme et un appui contre son oncle. Elle souhaitait faire ses preuves, mais on l'enchainait encore une fois.
-Laissez-moi être à vos côtés !, s'exclama Eowyn avant de se tourner vers la rouquine. Vous laissez bien Isleen être auprès de vous.
-euh…commença la jeune étoile.
-Je n'ai pas le pouvoir d'en décider., conclut Aragorn. Et croyez-moi que je préférerai qu'Isleen vous suive dans les cavernes, mais cette femme est plus têtue que la plus butée des mules.
-Hey !, grogna la dite mule.
-Ne décidez-vous pas de faire rester les autres., tenta tout de même la châtelaine en désignant Gimli et Legolas qui les avait rejoint en entendant leurs éclats de voix. Et ils se battent à vos côtés parce qu'ils ne veulent pas être séparés de vous. Parce qu'ils vous aiment.
Aragorn ouvrit la bouche tandis qu'Eowyn se rendait compte de ce qu'elle venait de dire, rougissant.
-Je suis désolée.
-Eowyn, que fais-tu là !, s'exclama la voix du roi Théoden au loin, attirant sur eux les regards –nombreux - des soldats et des villageois. Je t'ai ordonné d'aller te mettre à l'abri.
-Cet abri sera notre tombeau si l'ennemi franchit le For., murmura la châtelaine assez bas pour que seul Aragorn l'entende.
-Alors il est de notre devoir de les en empêcher., lui dit le gondorien en posant une main sur son bras.
Ce geste fit relever la tête de la jeune femme, qui offrit un regard triste à l'homme. La belle du Rohan soupira, vaincue, et s'éloigna pour rejoindre son oncle. Isleen ne put s'empêcher de penser que c'était un gâchis de ne pas laisser les femmes prouver qu'elles pouvaient aussi défendre leur peuple. Heureusement qu'Eowyn allait bientôt leur montrer de quoi elle était capable.
-Je réitère ma demande, Isleen., lui dit Aragorn en se tournant vers elle. Rejoignez les femmes et les enfants à l'abri.
-Comme l'a dit Eowyn, les cavernes peuvent devenir notre tombeau., releva la jeune femme en le regardant de nouveau. Je vous serai plus utile sur le front qu'en étant cachée.
Aragorn ne dit rien mais son regard était sombre, tout comme celui de Legolas. Seul Gimli acceptait le choix d'Isleen. La jeune femme savait très bien que sa décision de rester auprès d'eux ne leur plaisait pas, mais son libre arbitre était très important, et cela, ils devaient le comprendre. Homme comme elfe.
-Avez-vous fini avec les archers, Legolas ?, demanda Aragorn en marchant de nouveau pour rejoindre les salles du For.
-J'ai pu corriger leur postures, mais je n'ai guère d'espoir., lui apprit Legolas sombrement.
Isleen regarda les deux hommes marcher plusieurs mètres devant elle, peinée de l'attitude de l'elfe envers elle. Gimli, sentant que sa jeune amie n'était pas au mieux, chercha à la réconforter.
-Il ne faut pas vous laisser distraire par son attitude., lui conseilla Gimli à voix basse. Votre esprit ne doit penser qu'au combat qui s'annonce, au risque de perdre la vie.
Isleen tourna son regard du dos de l'elfe pour le poser sur Gimli. Il avait raison bien sûr, si elle continuait à penser au comportement de Legolas, elle mettrait sa vie en danger. Elle devait se focaliser sur l'armée qui arrivait et le combat qui était inéluctable, mais le comportement de l'elfe la blessait.
Ils pénétrèrent rapidement dans le For. Les ouvertures avaient été bouchées par des planches de bois – maigre rempart face à ce qui arrivait sur eux – aussi les nouveaux arrivant plissèrent les yeux, sauf Legolas qui n'en eu pas besoin, car l'espace était devenu très sombre, rendant les lieux inquiétants et oppressants. Ils s'arrêtèrent près du roi et de Gamelin, qui discutait des derniers détails.
-J'ai l'impression de retourner dans la Moria., murmura Isleen en se frottant les bras.
-Et encore…, lui répondit Gimli qui, malgré son amour de la pierre, ne pouvait que donner raison à la jeune femme. Quand viendra la nuit et que le cri guttural des orques et Uruk-haï transperceront ses murs, là viendra la vraie peur dans le cœur des hommes.
-Vous n'aurez pas peur ?, demanda pince sans rire la jeune femme.
-En plein combat nous n'avons pas le temps pour la peur., lui expliqua Gimli le visage très sérieux et soucieux pour son amie. Car cette peur qui vous paralyse peut sonner le glas de votre vie.
Isleen le regarda gravement elle aussi, puis se tourna vers Aragorn qui la regardait tout comme Legolas. Leurs regard étaient sombres, tout comme le sien, mais ils ne dirent pas un mot. La jeune femme accrocha le regard de l'elfe mais celui-ci détourna le sien rapidement, la blessant d'avantage.
-J'exige que chaque homme en état de se battre soit prêt au crépuscule., dit Théoden qui parlait toujours à Gamelin. Le temps presse.
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L'air autour d'eux était lourd et le vent amenait la clameur mortelle de milliers d'Uruk-haï qui venait vers eux. Les hommes avaient tous le front soucieux et la peur faisait trembler leurs mains. Certains jeunes hommes tremblaient tant qu'ils en devenaient maladroits. Isleen, assise sur des marches, regardait les hommes de Théoden s'affairer et, de ce fait, récoltait quelques regards surpris de la voir ici et non dans les cavernes.
Aragorn essayait de mettre de la discipline dans le désordre ambiant et, très vite, les hommes firent ce qu'il demandait, voyant en lui le chef dont ils avaient besoin. Plusieurs hommes ressortaient du For armés d'épée, de masse ou de marteau.
La jeune femme se leva et entra rejoindre l'armurerie, où elle avait vu une côte de maille qui pourrait lui aller et qui ne serait pas du luxe face à la peau épaisse des Uruk. Beaucoup de monde se trouvait dans la pièce, et elle eut du mal à se faufiler entre les hommes, certains la dévisageant.
-Qu'est-ce qu'elle fait ici ?, chuchota un homme dont la barbe blanche aurait eu bien besoin d'un coup de peigne. Voit pas qu'elle dérange ?
-Laissez, elle accompagne le seigneur Aragorn., murmura un garçon plus jeune, blond comme le blé mûr.
-Autoriser une femme à combattre…Pffff, grogna un autre homme en la regardant de travers. Faut'être fou.
Isleen fit semblant de ne pas entendre ce qu'ils disaient, bien que plusieurs hommes la montrait du doigt, l'accusant de prendre des protections qui pourrait servir à un soldat, légitime de se battre. La jeune femme soupira mais préféra ne pas leur rentrer dedans, ce n'était pas le moment…
-Fermiers, forgerons, garçons d'écuries., Soupira Aragorn qui s'était placé près d'elle et qui regardait la masse d'homme sortir avec des armes, protégé par de maigres protections. Aucun n'est un soldat.
La jeune femme qui n'arrivait pas à mettre la main sur la côte de maille qu'elle avait repérée plus tôt releva la tête vers le gondorien. Elle vit Gimli se placer près d'eux et soupira en regardant les hommes.
-Ils ont peur., constata la jeune femme en voyant un jeune garçon qui n'avait pas 15 ans accuser la lourdeur d'une masse qu'on lui plaçait en main.
-La plupart ont déjà vu passer trop d'hivers., confirma Gimli.
-Ou trop peu., souffla Legolas qui les avait rejoint dans la pièce.
La jeune femme regarda le nouvel arrivant mais celui-ci s'obligea à ne pas tourner la tête vers elle, faisant grogner la rouquine. Qu'il était pénible !
-Regardez-les., désigna Legolas d'une voix froide. Ils sont terrifiés. Ça se voit dans leurs yeux. Boe a hûn...neled herain dan caer menig (Il y a de quoi... A 300 contre 10 000).
-Si beriathar hýn. Amar nâ ned Edoras. (Ils se défendront mieux ici qu'à Edoras), lui dit doucement Aragorn sentant chez l'elfe un énervement contenu.
-Aragorn, men indagor. Hýn ú ortheri. Natha daged aen ! (Aragorn, C'est une bataille qu'ils ne peuvent gagner. Ils mourront tous !), s'énerva Legolas, ce qui étonna Isleen et Gimli car ce n'était pas dans ses habitudes.
-Alors je mourrais comme l'un d'entre eux !, s'écria Aragorn, énervé lui aussi, avant de quitter précipitamment la pièce.
Aragorn savait qu'ils n'avaient qu'une maigre chance de s'en sortir cette nuit, pas la peine de confirmer la peur qui était tapissée au fond de lui. Oh, bien sûr il savait que l'elfe était à fleur de peau du fait qu'Isleen ne veuille pas se mettre à l'abri, il savait qu'il angoissait de son sort, mais s'il était intervenu lors de leur échange plus tôt, peut-être que la jeune femme aurait accepté que de rester dans les cavernes n'était pas une honte.
Le regard de Legolas, qui était tout sauf chaleureux, se posa sur la jeune femme, qui entre-temps avait trouvé sa côte de maille, souffla, énervé.
-Que faites-vous avec ça ?, demanda l'elfe d'un ton féroce.
-Euh…c'est pour me protéger
-Vous croyez vraiment qu'elle vous servira avec ce qui nous arrive dessus., souffla si bas l'elfe qu'Isleen eut du mal à l'entendre. Vous serez morte dès la première vague.
-Hey ! Je ne vous permets pas !, s'écria Isleen, mécontente.
-Legolas !, Supplia Gimli d'une voix bourru, voyant l'elfe perdre son sang-froid légendaire, bien qu'il savait que dès que ça concernait la jeune femme, il perdait toute mesure.
-N'ai-je pas raison ?, demanda le prince, son regard toujours planté dans celui de la femme. Toujours à vous mettre en danger sans penser aux conséquences ! Inconsciente que vous êtes.
-Allez-vous faire foutre !
Isleen, énervée, partit de la salle, sans oublier de bousculer le prince au passage. Celui-ci sembla revenir à lui et chercha à la rattraper.
-Laissez, mon ami., lui intima Gimli empêchant l'elfe d'aggraver sa situation. Laissez.
Legolas souffla en se pinçant l'arête du nez. Il n'aurait pas dû s'emporter mais il était inquiet. La peur de la perdre le rongeait depuis qu'elle avait décidé de participer à ce combat perdu d'avance. Il devait lui faire entendre raison au risque de finir fou.
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Isleen sortit d'un pas rageur du For, bousculant plusieurs soldats au passage, ce qui lui valut plusieurs remontrances qu'elle n'écouta guère, trop énervée. Mais pour qui, il se prenait celui-là ! Déjà, il ne lui adressait pas la parole, et ensuite il l'engueulait à moitié…En plus avec tout ça, la jeune femme se rendit compte qu'elle avait laissé la côte de maille dans la salle, lui arrachant un soupire. Tant pis, elle irait la récupérer quand l'elfe aura quitté la pièce.
Elle vit Aragorn qui était auprès d'un jeune homme aux longs cheveux blonds. Le gondorien tenait une épée et, après quelques mouvements fluides, la donna au garçon qui s'éloigna peu après. Il vit Isleen et lui fit signe de venir vers lui, ce qu'elle fit bien volontiers.
-Tout va bien ?, demanda l'homme soucieux qui voyait l'air contrarié de la jeune femme.
-Un elfe mal luné s'en est pris à moi., lui répondit Isleen en soupirant.
-Oh, je vois., lui dit Aragorn compréhensif. Ne prenait pas ombrage de ce qu'il a pu vous dire, je pense qu'il a peur pour vous.
-Est-ce une raison pour me jeter au visage que je ne suis qu'une idiote de vouloir me battre à vos côtés?!
-La peur peut obscurcir notre façon de voir et nous faire dire des choses qu'on ne pense pas., tenta de justifier Aragorn.
-Oh, quelque chose me dit qu'il le pensait vraiment…
Aragorn ne dit rien de plus, plaçant seulement sa main sur l'épaule de la jeune femme en guise de soutien moral. Il savait très bien que l'elfe avait peur pour ses amis et encore plus pour elle, mais il s'y prenait de la mauvaise façon avec la jeune femme.
-Vous devriez aller vous reposer., lui intima le gondorien après un court moment. Le soleil laissera bientôt place au crépuscule et il vous faudra être prête.
-Vous aussi vous devriez., lui répondit Isleen d'un air rieur. Vous faites peur.
-Merci !, lui dit Aragorn riant légèrement car elle ne devait pas avoir tort !
La jeune femme lui sourit et retourna dans le For pour chercher un endroit où se reposer, sans croiser l'elfe blond et sans gêner les fins de préparatif, bien que les lieux fussent calmes pour l'instant.
Elle ne sut comment, mais Isleen réussit à dénicher une petite pièce vide de tout occupant. La jeune femme détacha sa cape qu'elle avait gardée sur elle jusque-là, et après en avoir fait un boudin pour sa tête, elle s'allongea pour se reposer contre un mur, plaçant son épée près d'elle, au cas où. Une fois bien installée – ou aussi bien qu'elle put l'être – la jeune femme ne put s'empêcher de repenser aux paroles de Legolas et à son comportement avec elle. Il était loin, le moment de leur baiser dans les écuries royales… ! La douceur des lèvres de l'elfe contre les siennes, la chaleur qu'elles dégageaient et l'émotion qu'elle avait ressentie… Si elle devait vivre ses derniers instants, elle aurait préféré être dans les bras de l'elfe que seule à ruminer comme elle le faisait. C'est sur ces pensées moroses que la jeune femme s'endormit, la fatigue l'emportant.
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Aragorn était retourné dans la salle d'armes, le soleil avait quasiment finit sa descente et le crépuscule allait bientôt poindre, tout comme l'armée de l'Isengard. Il devait se préparer. Accompagné de Gimli, l'homme mit une cuirasse de cuir souple sur sa cotte de maille, suffisamment épaisse pour le protéger de certains coups, mais assez légère pour qu'il garde sa liberté de mouvement. Le gondorien hésita un court instant avant de mettre des protège-cuisses – en cuir également – mais jugea préférable de s'en passer. Dans ce genre de combat, la rapidité de son corps était sa meilleure chance de rester en vie.
Gimli farfouilla dans ce qu'il restait d'équipement, une côte de maille attira son regard, aussi s'empressa-t-il de l'enfiler. Avec un peu de chance, elle lui irait.
Un mouvement sur sa droite lui fit tourner la tête. Legolas se tenait au pied de l'escalier, son regard porté vers le gondorien. Le seigneur nain ne dit rien, il savait que l'elfe allait s'excuser, il espérait surtout qu'il en avait fait de même avec leur jeune amie, car il craignait que les pensées de la jeune femme soient parasitées par le comportement de l'elfe envers elle. Ce prince avait le don de passer du chaud au froid et il comprenait que ce fusse déroutant pour elle.
L'elfe qui s'avançait vers le centre de la pièce – et d'Aragorn, qui finissait de nouer les lacets de sa cuirasse – était prêt au combat. Il avait vêtu des spallières de cuir épaisses, protégeant ses épaules, et des manchettes pour protéger ses avant-bras. La tenue était pratique pour le protéger et suffisamment légère pour qu'il puisse tirer à l'arc sans être gêné. Tout comme Aragorn, il n'avait pas de protection aux jambes.
-Nous avons eu raison de vous faire confiance jusqu'ici., s'excusa Legolas en se tenant prêt d'Aragorn, qui releva la tête en entendant son ami. Pardonnez-moi. J'ai eu tort de désespérer.
Aragorn le regarda profondément et, après un court instant, il mit sa main sur l'épaule de l'elfe.
-Ú-moe edhored, Legolas.(il n'y a rien à pardonner), lui répondit Aragorn. Je comprends votre inquiétude, surtout concernant notre amie.
-J'aurais préféré qu'elle reste dans les cavernes., confirma le prince d'une voix douloureuse. Il m'aurait été moins pénible de me battre la sachant en sécurité.
-Pourquoi n'avoir rien dit ?, lui demanda, Aragorn. J'aurai pensé que vous interviendriez plus tôt.
-Comme vous l'avez dit, elle est têtue., lui répondit Legolas en soupirant, l'esprit préoccupé. Quand elle a une idée en tête, il ne sert à rien d'essayer de la raisonner.
-Elle vous aurait peut-être écouté., lui dit Aragorn en désespoir de cause. Votre parole aurait eu plus de poids que la nôtre.
-Je n'en suis pas si sûr…, marmonna Legolas lasse. Elle…
-De quoi vous parlez ?, demanda la voix clair de la jeune femme qui descendait l'escalier, venant à eux.
Isleen avait fini de dormir et heureusement qu'elle s'était réveillé, car elle avait bien l'impression qu'on ne serait pas venue la chercher…Elle voyait bien qu'Aragorn et Legolas avait une conversation sérieuse, en témoigne leurs airs fermés quand elle était apparue dans la pièce. La jeune femme se frotta les yeux, chassant les dernières traces de son petit somme et sourit aux deux hommes, sourire que lui rendit seulement Aragorn. Legolas se ferma de nouveau comme une huitre, faisant froncer les sourcils de l'étoile.
-Vous savez que si je meure cette nuit, répliqua la jeune femme narquoise à l'adresse du prince, votre dernier geste envers moi aura été de bouder comme un enfant ?!
-Isleen !, s'exclama Aragorn
L'elfe ouvrit la bouche mais la jeune femme ne lui laissa pas le temps de répliquer qu'elle repartit gravir les marches d'un pas rageur.
-Elle n'a pas tort, vous savez ?, lança Gimli en enfilant la fameuse cotte de maille qu'il avait déniché. Au lieu d'agir comme un enfant, vous devriez profiter de sa présence pour rouler ensemble dans le foin, tant que vous le pouvez encore.
-Gimli…, souffla Aragorn en voyant le prince rougir aux allusions du nain. Ce n'est pas vraiment le moment pour ça…
-Il n'y a pas vraiment de meilleur moment que celui-là., répliqua pince sans rire Gimli, ravi de son effet sur Legolas. Rhaa, si on avait plus de temps je ferais ajuster cette cotte…elle est un peu serrée à la poitrine.
Le seigneur nain lâcha le bout de métal ouvragé et Legolas, tout comme Aragorn, virent la cotte de maille s'étaler au pied du nain telle une traine de mariée. Aragorn rit légèrement tandis que l'elfe restait silencieux, réfléchissant aux paroles de Gimli.
Le son d'un cor clair et aigu retentit soudainement à l'extérieur du gouffre de Helm, faisant sursauter les trois compagnons.
-Ce n'est pas un cor d'orque !, s'exclama Legolas reconnaissant le son clair des cors de son peuple.
-les elfes !, s'écria ravi Gimli en cherchant à enlever rapidement la cotte qu'il avait eu le malheur d'enfiler. Notre jeune amie avait raison. Ils sont venus !
Aragorn regarda Legolas et tous deux sortirent précipitamment de la pièce pour accueillir les nouveaux venue.
-Allez-y., cria Gimli en rouspétant contre son infortune. Je me débrouillerais, je n'ai pas besoin d'aide…
-Je crois bien que si., répondit Isleen qui redescendait.
-Oh vous étiez là !, s'exclama Gimli en rougissant légèrement.
-Oui, et j'ai bien entendu votre proposition de me rouler dans le foin…, répliqua rieuse la jeune femme. Je devrais peut-être vous laisser dans votre panade pour vos paroles…
-Avouez que vous ne seriez pas contre qu'il se détende un peu…
Isleen ria de l'analyse fort juste du seigneur nain et l'aida à enlever l'habit. Ils sortirent ensuite de la pièce et rejoignirent le reste des troupes qui accueillait les nouveaux venues.
La jeune femme s'arrêta un instant en regardant la centaine d'archers elfiques remonter vers le haut du bastion, portant avec eux deux étendards représentant la Lorièn et Fondcombe. Elle ne put s'empêcher de frissonner tant l'instant était solennel : les elfes venaient se battre auprès des hommes. Isleen détourna le regard et s'empressa de rejoindre les autres, qui étaient arrivés face aux elfes menés pas Haldir. Aragorn ne put s'empêcher de donner une accolade au capitaine de Lorièn tant il était soulagé de le voir arriver.
-Mae govannen, Haldir. (Bienvenu, Haldir), le salua le gondorien ravi de sa présence. Vous êtes plus que les bienvenus.
Legolas lui aussi s'avança vers le Galadhrim en empoignant son épaule, heureux que le présage d'Isleen fut juste. Au même moment, les rangs des elfes se tournèrent vers le prince et ils se mirent au garde à vous, lui rendant hommage.
Gimli arriva également, soufflant légèrement de sa course, ravi malgré lui que les elfes soient bien arrivés. Isleen suivit rapidement, entrainant la troupe des elfes, qui frappèrent en un même mouvement leurs torses de leurs arcs en la voyant arriver. Un hommage à l'étoile de Varda.
-Comment est-ce possible ?, demanda Théoden, choqué de leurs présences, mais ravi.
Haldir se tourna vers le roi du Rohan après avoir pris la jeune femme dans ses bras – faisant outre du regard noir que leur lança Legolas, et ceux éberlués des hommes du Rohan.
-J'apporte la parole d'Elrond de Fondcombe., lui répondit Haldir de façon posé. Autrefois, une Alliance existait entre les Hommes et les Elfes. A cette époque nous avons combattu et péri ensemble. Nous sommes venus honorer cette allégeance.
Le roi Théoden fut soulagé que les elfes soient là. Peut-être qu'avec un peu de chance ils survivraient à cette nuit de cauchemar.
-Bien. Bien, lui dit le roi se remettant doucement. Comme l'a dit le seigneur Aragorn, vous êtes plus que les bienvenus parmi nous.
-Nous sommes fiers de nous battre à nouveau aux côtés des Hommes., affirma Haldir en s'inclinant légèrement devant le roi.
Théoden répondit à ce geste et se retourna pour finir de placer ses troupes, sans oublier de demander à Aragorn de s'occuper de mettre en place les archers elfiques le long des murailles.
Isleen était partagée entre la joie de voir Haldir et la peur de la mort qui s'avançait inexorablement. Le capitaine se tourna vers elle, tandis qu'Aragorn montrait aux elfes leurs places. Legolas, qui allait le suivre, s'attarda quelques instants, ne voulant pas laisser la jeune femme avec l'elfe blond.
-Pourquoi n'êtes-vous pas avec le reste des femmes ?, demanda justement Haldir, curieux que la jeune femme soit en première ligne.
-Oh, tu ne vas pas t'y mettre, toi aussi !, s'exclama Isleen, à croire qu'ils s'étaient donné le mot. J'ai mes raisons de vouloir rester.
-Peut-être devrais-tu penser à ce que ressent un certain elfe en te sachant autant en danger…, lui glissa Haldir dans l'oreille, remarquant que Legolas ne les lâchait pas des yeux.
Isleen leva les yeux au ciel avant de voir elle aussi le prince qui la transperçait du regard.
-Oh, je sais très bien ce qu'il pense…grogna la voix de la jeune femme, juste assez fort pour que le concerné l'entende. Il me prend pour une incapable, juste bonne à se faire tuer dès le début…
-Je ne pense pas que ce soit le cas., conclut le capitaine en voyant le prince froncé les sourcils avant de partir rejoindre l'armée des Eldar, l'air tendu. Je crois bien que tu l'as blessé.
-Grand bien lui fasse…, bouda la jeune femme, vexée qu'il prenne la défense de l'elfe et pas la sienne. Bon, je vais enfin finir de me préparer.
Isleen partit rapidement, mais sans oublier de déposer un baiser sur les joues du capitaine, s'attirant les regards outrés des soldats présent. La jeune femme dépassa la grande salle où quelques soldats patientaient encore et descendit vers la salle d'arme déserte. Elle retrouva la cotte de maille qu'elle s'était mise de côté – bien cachée dans un panier d'osier et recouverte de chemises plus ou moins sales – et réussi également à dénicher des spallières, qui devraient lui aller si elle les serrait assez fort.
La jeune femme, chargée de ses trouvailles, se plaça dans une petite salle aveugle, attenante à la salle d'armes, vide à l'exception de sac de sable. Ça serait parfait pour se changer à l'abri des regards, si quelques soldats avaient l'idée de venir fureter dans les environs. Elle entreprit de tout poser avant de retourner dans la salle d'arme chercher son épée, qu'elle avait laissée de côté pour transporter ses habits. En y entrant elle fut surprise de voir que la pièce n'était plus vide mais que Legolas était présent. Isleen s'arrêta, surprise de le voir, lui qui n'avait pas arrêté de la fuir.
-Que faites-vous ici ?, demanda la jeune femme sur la réserve. Vous ne devriez pas vous occuper des Eldar ?
-Aragorn s'en occupe., lui répondit l'elfe en la regardant. J'aurais aimé vous parler.
-De quoi ?, demanda Isleen, méfiante.
-De votre présence durant la bataille., lui dit l'elfe continuant à la regarder gravement. Et de mon comportement envers vous également.
La jeune femme ne dit rien mais invita le prince à parler, d'un mouvement de tête. Legolas se rendit compte qu'elle n'allait pas lui rendre la tâche facile, aussi laissa-t-il un soupir s'échapper de sa bouche. Mais il ferait tout pour qu'elle ne prenne pas part à ce qui allait se passer.
-Je n'aurais pas du vous parler de la sorte., commença Legolas. Ce n'était pas courtois de ma part et je suis désolé que nos derniers instants, en espérant que ce ne soit pas le cas, aient été tintés de rancœur de votre part et d'obstination à vouloir absolument vous battre.
-Vous êtes sûr que vous êtes en train de vous excuser ?, lui demanda Isleen pince sans rire. Je trouve que vos paroles sonnent plus comme des accusations. Si c'est le cas, ce n'est pas nécessaire de vous donner cette peine.
-Voilà ! J'essaye de faire un pas vers vous et vous, vous me repoussez !, s'emporta le prince sous les yeux choqués de la rouquine.
-Pardon ?!, s'écria la jeune femme en s'avançant vers Legolas et lui tapant le torse d'un doigt menaçant. Vous vous excusez pour m'accuser ensuite d'être têtue et d'avoir de la rancœur envers vous!
-Vous êtes compliquée., s'écria le prince devant le comportement d'Isleen.
-Vous êtes sérieux, là ?, lui demanda Isleen, abasourdie par ses paroles. Et vous, vous avez mauvais caractère.
Legolas souffla un grand coup et ses yeux lançaient des éclairs quand il regarda Isleen. Regard qu'elle lui lança également. La jeune femme ne put cependant s'empêcher de penser qu'il était à tomber, énervé comme il était. Une pensée que le prince partageait sans le savoir, son regard tombant toujours sur les lèvres de la jeune femme. Lèvres qu'elle mordait d'énervement.
-Je vous ai déjà demandé de ne pas faire ça !, lui intima Legolas en s'approchant d'elle.
-Mais de quoi vous parlez cette fois ?, lui demanda Isleen perdue par le comportement de l'elfe, dont le regard était plus ardent que meurtrier.
-Vos lèvres, je vous ai déjà demandé de ne pas les torturer de la sorte., expliqua chaudement le prince fixant l'objet de ses dires.
-Oh !, s'exclama la jeune femme, se figeant.
L'elfe approcha alors la rouquine vers lui et d'un mouvement rapide ses lèvres touchèrent celles de la jeune femme, qui laissa échapper un gémissement, renforçant plus encore la prise qu'il avait sur ses lèvres. Ce baiser n'avait rien de doux, il était impérieux et passionné, comme si par celui-ci, ils voulaient que leur volonté vienne supplanter celle de l'autre.
Les lèvres du prince quittèrent les lèvres de la jeune femme pour s'aventurer dans son cou, arrachant à Isleen de nombreux frissons. Elle ne savait s'il avait connue d'autres femmes avant elle, mais il savait y faire avec ses lèvres, c'était indéniable. La belle n'était pas en reste, elle entreprit de détacher la boucle du carquois de l'elfe qui tomba sur le sol, pour atteindre la protection de cuire de l'elfe dont elle souhaitait faire subir le même sort que le carquois. Legolas détacha la cape que la jeune femme avait gardée, la faisant tomber sur le sol rejouant de nouveau avec ses lèvres.
-Attendez ! On ne peut pas faire ça, ici., l'interrompit Isleen. Quelqu'un pourrait nous voir.
Legolas éloigna quelque peu sa tête pour contempler la jeune femme, dont le souffle court faisait monter et descendre sa poitrine. Il ne put s'empêcher de détailler les lèvres de la belle, qui était rouge et gonflée à force de l'embrasser, et ses yeux qui brillaient plus que d'ordinaire. Cette vision lui arracha le cœur, il ne pouvait la perdre, il sombrerait si cela arrivait.
-Venez, allons dans cette pièce., continua Isleen qui n'avait pas remarquer le changement de regard et de comportement de son compagnon. Nous serons plus tranquilles.
La jeune femme prit la main de Legolas et l'entraina derrière elle vers la pièce aux sacs de sable. Elle y entra, suivie du prince qui contempla les lieux avant que son regard ne revienne vers la jeune femme qui regardait partout sauf lui, un peu effrayée de son audace. Allaient-ils faire l'amour ici, alors que les Uruk-haï était quasiment aux portes du Gouffre ? N'y avait-il pas vraiment mieux comme moment et comme lieu ? Mais s'ils devaient mourir ce soir, au moins Isleen aurait partagé ça avec Legolas.
La jeune femme releva la tête et sourit à l'elfe qui s'était rapproché d'elle. D'un mouvement très doux, il plaça sa main contre la nuque de la jeune femme et se pencha de nouveau vers ses lèvres, faisant battre à la chamade le cœur de la belle. Le baiser qu'ils échangèrent fut tout aussi passionné que les précédent mais moins violent, laissant la jeune femme pantoise. Elle referma les yeux, se laissant complètement aller dans les bras de Legolas, le baiser lui faisant perdre la tête.
-j'espère que vous me pardonnerez., lui dit Legolas au creux de l'oreille, d'une voix douloureuse. Mais vous ne me laissez pas le choix.
La belle frissonna en sentant le souffle chaud du prince contre son cou, ce n'est que quelques secondes plus tard quand le froid qu'avait laissé le corps de l'elfe en s'éloignant, qu'elle ouvrit les yeux pour voir, avec horreur, Legolas pousser la porte de la pièce où elle se trouvait encore. Isleen n'eut que le temps de s'avancer vers la porte que celle-ci se referma devant son nez.
-LEGOLAS !, hurla Isleen en tapant férocement contre le bois solide de la porte. LEGOLAS ! OUVREZ !
Mais seul le silence lui répondit. Elle tenta d'ouvrir la porte mais la poignée était barrée de l'extérieur, empêchant la jeune femme de sortir. Cela n'empêcha pas Isleen de taper contre le battant avec force, ce qui lui valut des échardes dans la main.
-Ouvrez ! LEGOLAS !, s'écria Isleen des larmes coulant sur ses joues. Je vous en prie…Ouvrez-moi ! Haldir…Je dois le sauver…
La jeune femme s'écroula contre le battant, la main posée sur le bois. Un cri déchirant écorcha sa gorge face à l'horrible trahison venant de l'homme qu'elle aimait, et c'est avec horreur qu'elle entendit au loin, les tambours guerrier de l'armée de Saroumane arrivait au Gouffre.
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Legolas barra la porte avec une lourde planche de bois, empêchant la jeune femme d'ouvrir la porte. Il l'entendit hurler de lui ouvrir mais il fit semblant de ne pas l'entendre, et une fois sûr qu'elle ne pourrait pas sortir, il remit son carquois qui était tombé au sol, et remonta l'escalier menant à l'extérieur du For.
Une pointe de culpabilité lui enserrait le cœur, il l'avait trahi et de la pire manière qui soit, elle s'était laissée aller à lui, confiante, et lui avait piétiné cela. Mais elle comprendrait, n'est-ce pas ? Il devait la sauver et cela, même si c'était d'elle-même. Elle lui pardonnerait quand elle comprendrait qu'il avait fait cela pour elle.
Lorsqu'il arriva au dehors, l'air ambiant se fit plus lourd, et des tambours guerriers de l'armée d'Uruks et d'orques s'avançait vers eux. Leurs torches, dont la lueur orangée dansait au vent, montraient à tous le nombre affolant qui venait vers eux. Legolas ne put s'empêcher de déglutir et fut soulagé de savoir qu'Isleen était malgré elle en sécurité.
Il retrouva rapidement Aragorn qui donnait de derniers conseils aux hommes et elfes en place, avec l'aide d'Haldir. Les deux hommes se tournèrent vers lui quand le prince arriva à leur hauteur. Gimli, qui était près d'Aragorn, fronça les sourcils en le voyant arrivait seul. Il lui avait pourtant dit qu'il allait chercher la jeune femme – quitte à ce qu'elle prenne part à cette boucherie, autant qu'ils soient là pour la protéger au mieux – mais il ne la vit pas.
-Savez-vous où se trouve Isleen ?, demanda Aragorn regardant derrière l'elfe s'attendant à voir la jeune femme. Je ne la vois pas.
-Vous ne deviez pas nous la ramener ?, questionna Gimli en même temps que le gondorien.
-Je… J'ai réussi à lui faire entendre raison., expliqua Legolas en regardant Aragorn droit dans les yeux. Elle a rejoint les femmes dans les cavernes.
Aragorn ne dit rien mais hocha la tête, peu sûr des paroles de son ami.
-C'est étrange., renchéri le seigneur nain, suspicieux. Elle avait pourtant l'air décidé à participer…
-Il semblerait que le seigneur Aragorn avait raison., lui répondit Legolas sur la défensive. Ma parole avait plus de poids que les vôtres.
-Alors c'est pour le mieux., lui dit Haldir, intervenant en faveur de l'elfe, bien que son attitude lui sembla étrange. Au moins elle est en sécurité.
-En effet., conclut Aragorn malgré le regard toujours suspicieux du nain. En place, mes amis.
Au même instant, le tonnerre se fit entendre et un éclair aveuglant éclaira la lande, dévoilant la multitude d'orque venant détruire le monde des hommes.
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Review !
