N/A : Pas mal d'entre vous m'ont demandé si Izar pouvait se suicider en étouffant sa créature ou en faisant quelque chose comme... sauter d'une falaise. Sans son noyau de créature, il serait simplement privé de ses capacités 'surnaturelles'. Et pour ce qui est de sauter d'une falaise, il survivrait malgré la douleur indescriptible. Étant donné qu'il n'a pas besoin de respirer ni que son cœur batte, Izar ne mourra pas. Cependant, il croit qu'étouffer complètement son noyau de créature le tuera. Ce n'est pas prouvé, ce n'est qu'une spéculation de sa part basée sur la croyance que les créatures ont besoin de leur magie pour survivre. J'espère que ç'a du sens.
Chapitre 30
Journée atypique au Ministère.
L'Auror poursuivit son chemin, plissant les yeux à cause du manque d'éclairage dans le couloir. Il était en pause et on lui avait ordonné d'aller se reposer dans le salon des Aurors. Habituellement, les halls étaient très animés sauf qu'aujourd'hui, un détenu sous haute sécurité exigeait une surveillance accrue, notamment autour de l'entrée du Ministère. Apparemment, Shacklebolt, Maugrey et Scrimgeour croyaient qu'une menace planait sur eux ce soir… ou plutôt… ce matin.
Aaron était souvent félicité pour sa discrétion mais en cet instant, ses pas paraissaient assourdissants à ses oreilles. En outre, il put apercevoir devant lui une forme immobile sur le sol. Il sortit avec prudence sa baguette et la tint en l'air. Aux aguets, il s'approcha à pas mesurés de la chose noire non identifiée puis balaya du regard la zone vide baignée par la pénombre, dos au mur pour protéger ses arrières.
Il n'y avait rien en vue. De la sueur perla sur son front alors qu'il gardait sa baguette levée, attentif au moindre bruit. Il posa ensuite le regard sur l'objet de son attention, essayant en vain de l'identifier. Était-ce une personne ?
"Hé," appela-t-il doucement. "Tu te réveilles ?"
Le son de quelque chose fendant l'air perça le silence. Il pivota sur lui-même, ses yeux scannant le couloir. Rien. Aaron fit alors un pas en avant. Ses bottes entrèrent en contact avec quelque chose d'humide et mou.
"Merde," grogna-t-il en essayant de s'éloigner de ce qui semblait être de la nourriture renversée. Peut-être qu'un de ses collègues avait trop bu pour célébrer la capture d'Izar Black. C'était courant chez les Aurors en congé malgré la désapprobation de leur supérieur.
"Lumos," entonna-t-il avec réticence. Aaron sentit aussitôt des yeux sur lui. La dernière chose dont il avait besoin était que la lumière attire l'ennemi.
Aaron souffla moqueusement et secoua la tête. Ses camarades le charriaient constamment à propos de sa paranoïa, il n'y avait probablement aucun ennemi mais il ne pouvait s'en empêcher. Ses parents avaient été tués par des Mangemorts. Sa sœur et son beau-frère également. Il avait lui-même été attaqué par des Mangemorts de façon complètement inattendue. Cela paraissait normal que quelqu'un comme lui devienne excessivement méfiant.
Aaron pointa sa baguette vers le bas et plissa des yeux, incrédule. "Qu'est-ce que... putain ?!" Sa main trembla alors qu'il fixait la masse rouge et mauve. Il lui fallut un long moment pour réaliser qu'il était en train de regarder un corps en lambeaux. Des morceaux d'intestins se trouvaient à des endroits où ils n'auraient pas dû être alors que les os et muscles étaient répandus sur le sol.
"Merde !" cria Aaron en trébuchant lorsqu'il se rendit compte qu'il ne marchait pas sur de la nourriture mais un… un… putain d'organe ? Ses yeux remontèrent vers ce qu'il pensait être le haut du corps, seulement pour constater que la tête et le visage du cadavre étaient intacts.
De grands yeux bleus lui rendirent son regard. C'était le visage de James Schrill… le tortionnaire du Ministère qui était en charge des interrogatoires. Son plus récent supplicié ? Izar Black.
Aaron appuya son dos contre le mur avant de se détourner rapidement pour vider son estomac. Son vomi atterrit avec un splash dans une flaque de sang.
"J'imagine que ça peut faire un choc."
L'Auror glapit à l'entente de ces mots chuchotés sur sa gauche. Il se tourna précipitamment, sa baguette pointée droit sur… rien. Encore. Rien… il devenait fou. Il l'était vraiment. La voix n'avait été qu'un murmure, il aurait facilement pu l'imaginer à cause du choc… peut-être que sa raison l'avait quitté le jour où il avait retrouvé sa sœur enceinte assassinée.
"Mais je croyais que les Aurors comme toi avaient des estomacs d'acier."
Aaron se tourna vers sa droite, là où il entendit de nouveau la voix. Sa respiration était bruyante et ses main tremblaient frénétiquement. Il n'y avait rien d'autre qu'un couloir vacant. Il n'avait pas été formé suffisamment longtemps pour faire face à ça… il… il… il était trop jeune ! Trop inexpérimenté !
"Arrête de jouer !" beugla-t-il, des postillons volant de ses lèvres tremblantes. "Putain de connard ! Tu es complètement fou !"
"Peut-être que c'est toi le fou," prononça la voix rauque avec suffisance. "Bien que, même si je suppose que je suis un connard, il n'y a qu'une seule personne qui peut m'appeler ainsi et continuer à vivre." Elle se tut, semblant considérer quelque chose. "Et il m'appelle comme ça très souvent."
La voix venait de toutes les directions. Ses jambes le démangeaient de courir vers l'escalier et son instinct lui criait de s'enfuir mais sa logique lui soufflait que courir ne ferait qu'empirer les choses. Baguette toujours brandie, Aaron fouilla sa poche et appuya sur son badge de secours. C'était un petit dispositif qui était remis à chaque Auror en cas d'urgence. Il pouvait suivre la piste de chaque membre de l'équipe et leur envoyer un signal quand quelqu'un avait besoin d'aide.
"J'espérais que tu fasses ça," reconnut la voix. "J'ai bien peur que votre cher ami M. Schrill n'ait pas été assez rapide pour donner l'alerte."
Dans l'espoir de se montrer plus rusé que son ennemi, Aaron lança un incarcerem par-dessus son épaule, en provenance de la voix. Il n'avait pas bougé d'un cil lorsqu'il avait jeté son sort afin de ne pas l'alerter d'une attaque imminente. Un bruit sourd se fit entendre et il écarquilla les yeux, incapable de croire que ç'avait été aussi simple. Aaron se retourna, un autre maléfice sur le bout des lèvres jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il n'y avait absolument personne.
"J'étais derrière toi depuis tout ce temps, Aaron."
Le dénommé fit volte-face, se demandant quand il s'était éloigné du mur. Levant plus haut sa baguette allumée, il chancela en arrière, son souffle se bloquant dans sa gorge quand des crocs et des yeux carmins aux pupilles fendues furent éclairés par son lumos.
Il eut juste le temps de pousser un cri avant que son assaillant ne fonde sur lui.
{Death of Today}
"Il dort comme un putain de bébé," grogna quelqu'un à l'extérieur de sa cellule. "Il doit être habitué aux chaînes." Le groupe ricana sombrement et Izar esquissa un rictus, la tête baissée. "Quelles sont les chances qu'il aime ce genre de choses ?"
Vraiment, tout allait si bien jusqu'à ce dernier commentaire. Izar trouvait les fétiches sexuels sans intérêt. Au moins, cet avis n'engageait que lui. D'autres prenaient leur pied grâce à ça, de toute évidence. Quoique… s'il y réfléchissait, Voldemort semblait être le type d'homme à se lancer dans ce genre de pratique. Mais là encore, peut-être pas. Il était plus dans la domination et les jeux d'esprit avant le sexe, tout comme lui. Il songea à tout ça pendant un moment avant d'écarquiller les yeux. Avec une lucidité surprenante, le jeune sorcier prit conscience que ceci était aussi un maudit fétiche. Répugnant. Il prenait son pied par le biais de jeux psychologiques et de domination physique… il n'était pas mieux que les personnes se tenant à l'extérieur de sa cellule.
Pourquoi pensait-il même à ça ? Ces saletés d'humains avec leurs cerveaux atrophiés. Plus Izar restait à proximité d'eux, plus ils déteignaient sur lui. Il avait une tâche sur laquelle se concentrer. Écouter leurs tentatives d'humour ne le menait nulle part.
Petit à petit, Izar débrida son noyau de créature. Il put sentir son énergie commencer à croître et ses blessures se refermer. La pulsation douloureuse à travers tout son corps devint lentement inexistante tandis que son esprit embrumé s'aiguisait, tout comme ses sens. Cette maudite lampe qui projetait sa lumière sur lui devint une encore plus grande nuisance.
Heureusement, son corps maculé de sang donnait l'impression qu'il était toujours blessé. Les Aurors ne penseraient rien de particulier concernant son état. Izar avait localisé où ils se situaient au cours des dernières minutes. Ils avaient bougé à quatre sur le côté de sa cellule. En dehors de la pièce, il avait réussi à percevoir deux gardes pour le moins furtifs, probablement des Aurors aguerris. Cet étage du Ministère ne lui était pas bien familier, cependant, il savait que cela ressemblait presque à un labyrinthe. Izar allait devoir faire preuve d'une grande discrétion s'il souhaitait ne pas se faire détecter. Les Aurors patrouillaient les couloirs proches des cellules ainsi que très probablement les sorties.
Izar tira sur ses chaînes, testant le crochet planté dans le mur. Il n'était heureusement pas renforcé par de la magie. Au moment où il s'apprêtait à mettre son plan à exécution, un cinquième garde entra dans la salle de détention.
"Avez-vous entendu ?" Sa voix sonnait étrangement pressante et excitée. "Une équipe de recrues a été retrouvée dans les couloirs. Complètement décimée. L'auteur n'a pas été identifié ni capturé."
Izar se figea et plissa immédiatement les yeux. Ses cheveux ondulés tombèrent devant son visage alors qu'il fixait le mur en face de lui.
"Le Ministre exige des renforts."
Il y eut des murmures perplexes parmi les Aurors. La plupart d'entre eux ne partageaient pas l'enthousiasme de leur partenaire sur le sujet. "Où le Ministre nous veut-il ?" demanda l'un des vigiles assignés au poste.
"Juste là où vous êtes," informa le nouveau venu. "Le Ministre Scrimgeour veut plus de gardes autour de Black. Il estime que c'est une diversion pour nous éloigner de lui. Une vraie boucherie, si tu veux mon avis. J'ai entendu dire que l'équipe entière a été salement massacrée."
"Tous morts ? Il doit y avoir plus d'un coupable."
"Je parie qu'ils se cachent à l'intérieur du Ministère. Scrimgeour va boucler le bâtiment sous peu. Personne ne sera autorisé à sortir jusqu'à ce que Maugrey et Shacklebolt déclarent la situation sous contrôle."
Izar bouillonnait intérieurement. Est-ce que Voldemort était à ce point un salaud ou Scrimgeour devenait-il juste plus intelligent ? C'était probablement une combinaison des deux. Voldemort voulait à tout prix mettre la main sur son bourreau tandis que Scrimgeour devenait meilleur pour ce qui était de prédire les actions de ses adversaires. Voldemort aurait également pu faire ça juste pour compliquer sa fuite. Quoi qu'il en soit, Izar devait agir. Maintenant.
Il tira violemment sur les chaînes du plafond et s'écroula avec elles au sol. Izar roula ensuite dramatiquement à terre et gémit de douleur. Son pied avait intentionnellement fauché l'intense lumière pointant dans sa direction.
"Mon bras," siffla-t-il en désespoir de cause. "La Marque !" Il se mit à genoux et agrippa maladroitement son avant-bras gauche avec ses mains menottées. Izar serra les dents et leva les yeux vers les hommes qui s'étaient tournés vers sa cellule avec surprise et perplexité. "S'il vous plaît, je suis en train de mourir ! Le Seigneur des Ténèbres est en train de me tuer !"
L'un des Aurors recula d'un pas. "Scrimgeour a mentionné que quelque chose comme ça pourrait arriver. Je pars l'avertir."
Juste au moment où il se dirigea vers la porte, Izar geint. Il ne pouvait pas alerter les deux gardes surveillant la porte de ce qui se passait. S'ils apprenaient d'une manière ou d'une autre qu'il y avait un problème, ils alerteraient les autres Aurors à proximité qui préviendraient à leur tour encore plus de gardes. "Nous n'avons pas le temps," marmonna-t-il, recroquevillé sur lui-même. "Vous devez amputer mon bras. S'il vous plaît." Comme si c'était aussi simple que ça, comme si Voldemort était aussi stupide. La Marque était profondément enracinée dans le corps de son détenteur. Couper un bras ne changerait rien mais ils n'avaient pas à savoir ça.
Un seul Auror l'étudia suspicieusement. Les quatre autres n'étaient que de parfaits idiots qui commencèrent aussitôt à déverrouiller la porte de sa cellule.
Izar siffla et baissa le front. Il avait positionné son corps de façon à faciliter sa fuite, ne décomptant plus que les secondes jusqu'à ce que les Aurors se placent comme il se l'était représenté. L'un s'accroupirait devant lui, un autre assisterait celui accroupi et le reste du groupe se tiendrait debout devant la porte ouverte.
"Laisse ce bâtard mourir," chuchota l'un d'eux, interrompant l'ouverture de la cellule. "Après ce qu'il a fait, il mérite de mourir. Ainsi, il verra à quel point son Maître est miséricordieux."
"Je suis d'accord avec ça. Mais Scrimgeour a besoin de lui vivant pour l'instant."
Tremblant exagérément, Izar sourit à pleines dents, ce qui resta inaperçu. À travers ses mèches de cheveux barrant sa vision, il regarda un Auror s'approcher de lui avec sa baguette levée, prêt à lui couper le bras gauche. Dès que la première syllabe d'un sortilège sortit de sa bouche, Izar bondit.
Son poing frappa le dessous de son poignet, faisant voltiger sa baguette dans les airs. Le jeune sorcier la saisit au vol avec adresse et lança un silencio autour d'eux avant de la jeter au fond de la cellule. Il glissa dans le dos de l'Auror sidéré, enroula les chaînes autour de sa gorge puis tira d'un coup sec sur les deux extrémités, sa nuque cédant immédiatement. Izar se servit ensuite du cadavre comme bouclier pour parer les maléfices qu'on lui envoyait et le projeta sur le groupe de sorciers.
Ils étaient rapides, il pouvait au moins leur accorder ça. Cependant, il l'était davantage, avec ou sans ses réflexes de créature.
Izar tordit le bras du deuxième Auror jusqu'à ce qu'il se casse, écrasa le visage du troisième avec son pied et causa une commotion cérébrale au quatrième qui gisait désormais au sol avant de pouvoir faire face à son dernier adversaire. Celui-ci se tenait à bonne distance, trop loin pour qu'Izar puisse l'atteindre. Bien que sa créature était pleinement de retour, il souhaitait éviter que les autres soient au courant de son immortalité. Par contre, sa magico-sensibilité ne sera probablement plus un secret après son évasion.
Izar tendit le bras au moment où un maléfice quitta la baguette de l'Auror. Il esquiva le jet de magie vert et pinça le vide avec son index et son pouce. Il s'était promis qu'il n'étoufferait jamais le noyau magique de quelqu'un comme avait pu le faire Cygnus. C'était lâche et vraiment bas. Néanmoins pour le moment, il ne disposait que de peu de temps et n'avait pas sa baguette pour se défendre correctement.
Dès qu'il empoigna le noyau de son opposant, celui-ci tomba à genoux, les yeux écarquillés et la bouche déformée. Aucun son ne s'échappa de ses lèvres tremblotantes mais Izar put goûter à son cri silencieux. Gardant son attention sur l'homme à ses pieds, le jeune Black rabattit son coude gauche vers l'arrière et percuta le nez de l'Auror qui avait essayé de le prendre par surprise. Un rictus naquit sur ses lèvres lorsqu'il l'entendit s'effondrer au sol. Quel était le problème s'il mettait un peu de sa force de créature dans ses coups ?
"Oh Merlin," souffla-t-il en jetant un coup d'œil à son apparence. "Je ne peux pas me pavaner en sous-vêtements, n'est-ce pas ? Peu importe si ça paraît attrayant aux yeux des autres…"
Izar examina les cinq corps étendus au sol; un mort, un toujours inconscient, un trop terrifié à l'idée de perdre sa magie pour oser faire quoi que ce soit, un couvrant son nez ensanglanté. Le dernier serrait contre son torse son bras cassé – l'air dérouté et effrayé. Les pauvres.
Le bruit d'une baguette râpant le sol captura son attention. Avec des réflexes trop rapides pour être discernés par un humain, Izar se retourna et rompit la baguette avec son talon.
Ce dernier relâcha un soupir moqueur et haussa les sourcils en direction du garde. Il était le plus ancien Auror du groupe et Izar devait reconnaître le mérite là où il était. Même avec un nez cassé et ensanglanté, son adversaire n'en démordait pas et jugeait qu'il pouvait toujours se battre. Malheureusement, avec sa baguette désormais inutilisable, sa résolution sembla flancher.
"Toi." Izar désigna le plus jeune et plus petit homme au bras cassé. "Déshabille-toi."
Le concerné lui décocha un regard dédaigneux et refusa de s'exécuter.
"Je n'ai pas le temps pour ça," grogna-t-il. Izar fit un pas vers lui, restant attentif aux autres sorciers puis leva la main et ignora le cri d'avertissement de l'Auror à sa gauche avant de pincer sans hésitation le noyau de sa cible. Ses yeux s'agrandirent démesurément et il hurla. "Je peux t'enlever ta magie ou te la rendre en échange de ta coopération. Fais ton choix."
"R-rends-là moi !" beugla-t-il. "S'il te plaît ! Rends-là moi !"
Izar soupira et relâcha sa prise sur sa magie pour le moins alléchante. L'Auror haleta, ses membres secoués de spasmes.
"Tes vêtements… déshabille-toi."
{Death of Today}
Rufus se dirigea vers le bloc cellulaire le plus éloigné et fit un bref signe de tête vers les deux sorciers montant la garde devant la cellule de Black. Il était escorté de trois Aurors à l'affût du moindre signe inhabituel.
"Rapport," aboya-t-il.
"Rien de suspect, monsieur." Les deux gardes se redressèrent, bras croisés sur leur poitrine, adoptant une posture intimidante. Leurs baguettes étaient apparentes, prêtes à l'emploi si quelqu'un voulait entrer ou sortir de force.
Le Ministre grogna, l'esprit ailleurs. Il ressortait d'une entrevue avec Shacklebolt et Maugrey. Ces deux derniers avaient reçu l'ordre de rester à proximité des sorties du Ministère. Bien que Rufus avait intentionnellement fait en sorte que Black entende un Auror dire que la sécurité serait renforcée autour de sa cellule, cela n'avait été rien de plus qu'une ruse. En vérité, c'était tout le contraire et leur mission était de patrouiller les couloirs les plus proches des cages d'escalier et des ascenseurs. Après les visions d'horreur sur lesquelles il était tombé, Rufus ne prendrait aucun risque. Dix hommes - dépecés comme des cochons moldus – représentaient tout ce qu'il pouvait se permettre de perdre.
Le fait que James Schrill se trouvait parmi les morts (dont parmi ceux qui avaient été les plus brutalement mutilés) l'avait averti que Jedusor se trouvait derrière tout ça. Il avait finalement appris il y a quelques semaines que celui-ci était Lord Voldemort et il lui avait fallu des jours pour l'accepter. Il n'y avait aucune preuve, sauf la parole d'Albus Dumbledore qui signifiait très peu pour lui. Seigneurs de la Lumière, Seigneurs des Ténèbres... ils étaient tous pareils au bout du compte. Seul le Ministère avait à l'esprit le bien-être des citoyens.
Il serait plus facile de tout simplement bannir Tom Jedusor du Ministère, mais Rufus était retenu par son manque de preuves. Parfois, il avait même du mal à croire que ce politicien acerbe était un meurtrier sociopathe.
Le Ministre jeta un regard d'ensemble sur la pièce et s'arrêta net quand il aperçut une cellule vide. Il y entra en boitant rapidement, ses yeux perçants scrutant chaque recoin.
"Par les dieux…" siffla-t-il d'une voix affectée.
Quatre de ses Aurors avaient été attachés de la même manière qu'Izar Black un peu plus tôt. L'un avait été déshabillé tandis que les autres étaient pieds nus. Du sang coulait de la plante de leurs pieds et formait une flaque au bout de leurs orteils mutilés. Ils étaient tous inconscients… ou morts, la lumière du projecteur mettant en évidence les corps exposés sous ses yeux.
Les hommes accompagnant Rufus ouvrirent prestement la porte de la cellule et vérifièrent la santé de leurs camarades. Le Ministre ne pouvait que rester coi, avec le savoir que le Seigneur des Ténèbres était parvenu à s'introduire jusqu'ici. Malgré les Aurors, malgré les sorts de sécurité qu'il avait placés autour de la cellule, celui-ci avait trouvé le moyen de contourner tout obstacle. La pratique de magie noire à l'intérieur de cette pièce était censée déclencher l'alarme. Il n'avait sûrement pas usé de magie blanche ou neutre pour faire ça…
"Tous sont vivants, monsieur, excepté Collins."
Il se refocalisa aussitôt sur Black. Ce devait être lui qui avait dû s'échapper. Si c'était le Seigneur des Ténèbres qui l'avait secouru, il n'aurait laissé aucun survivant.
Rufus sortit de la cellule et attrapa l'Auror le plus proche. "Qui a récemment quitté la cellule de Black ?"
Le concerné parut désorienté, fixant la main qui agrippait son épaule. "Marlens, Monsieur le Ministre. Marlens... et Barnes était avec lui."
Marlens était l'Auror qu'il avait spécifiquement envoyé vers la cellule de Black afin de lui faire croire que la sécurité deviendrait plus stricte autour de sa zone de détention. Barnes, d'autre part, était actuellement enfermé dans la cellule de Black tandis que Marlens était étrangement absent. "Avez-vous vu le visage de Barnes ?" s'enquit Scrimgeour, ses doigts burinés se resserrant. "Ou portait-il une capuche ?"
L'Auror grimaça. "Il portait l'uniforme officiel, monsieur..." sa voix s'éteignit piteusement. "Marlens avait le visage dégagé, je l'ai donc vu escorter un Barnes malade jusqu'à l'infirmerie. Il avait l'air assez inquiet pour lui et a dit que c'était urgent, une gastro-entérite." Il leva ensuite les mains en signe de défense face au regard acéré de Rufus. "C'était il y a seulement quelques minutes, monsieur !"
Ce dernier laissa sa main glisser de son épaule et contrôla à peine le rugissement qui sortit de sa poitrine. "Je vous ai demandé de me faire un rapport, soldat. Vous avez dit qu'il n'y avait rien de suspect. Souhaitez-vous reconsidérer vos propos ?" Sans attendre de réponse, Rufus tourna les talons et claudiqua jusqu'au couloir, l'esprit brumeux.
Comment Black s'était-il échappé ? Passant une main dans ses cheveux lisses et gras, Rufus grogna et s'enfonça dans les profondeurs des cellules de détention. Réfléchir et spéculer sur sa fuite ne le mènerait nulle part. Il pourra s'émerveiller de son génie plus tard, de préférence quand il l'aura de nouveau fait prisonnier. Ce qui importait était que Black se faisait actuellement passer pour un Auror et déambulait dans le bâtiment.
Aussi intelligent qu'il puisse être, Rufus contrôlait l'entièreté du Ministère et savait comment l'esprit du jeune prodige fonctionnait.
Qui aurait le dessus ?
{Death of Today}
"Trente minutes, mon enfant... il ne te reste plus beaucoup de temps." La voix sifflante talonnant Izar éructa d'un rire bas.
"Je peux y arriver en vingt minutes," se vanta le jeune sorcier, un rictus sournois étirant ses lèvres. Il s'assura que sa capuche recouvrait toujours son visage. À côté de lui, l'Auror qu'il tenait en joue le regarda étrangement. Izar s'en fichait un peu. Il était son ticket de sortie du Ministère. Laissons-le croire qu'il était fou, ce n'était pas trop loin de la vérité.
Il était plus que conscient du fait que Voldemort le suivait, l'observait. Comment il parvenait à faire ça, Izar n'en savait rien. Ce n'était pas un simple sortilège de désillusion. Il savait qu'il existait un sort de magie noire permettant à son lanceur de se fondre dans l'obscurité et ainsi voyager facilement d'une ombre à une autre sans être vu. C'était de la magie avancée et quelque chose sur quoi il n'avait jamais vraiment eu le temps de se pencher.
Quand diable aurait-il pu avoir le temps ? Depuis le début de la guerre, Izar avait du mal à faire ce qu'il voulait. Sa vie actuelle consistait à créer des Horcruxes, participer aux raids, se quereller avec Voldemort…
À la fin de la guerre, il espérait avoir quelques mois pour lui, voire quelques années avant qu'il ne débute sa prochaine phase d'immortalité avec Voldemort. Il y avait toutes sortes de choses qu'il souhaitait apprendre, étudier et inventer. Izar perdait un peu la main en sortilèges depuis qu'il avait quitté Poudlard et avait désespérément besoin d'étendre sa liste de maléfices. Les sorts enseignés à l'école étaient tellement ennuyeux.
Maintenant qu'il était considéré comme un 'adulte', il supposait qu'il n'avait plus autant de temps libre qu'auparavant. C'était plutôt décevant.
"Tu ne t'en sortiras pas," murmura son prisonnier avec une joie non dissimulée.
Izar cligna des yeux en entendant son ton et inclina la tête sur le côté afin de mieux étudier l'homme grand et costaud. C'était celui sur lequel il avait utilisé sa magico-sensibilité. On aurait dit qu'il s'était remis de l'effroi de sentir sa magie le quitter. "Quel est ton nom ?" souffla-t-il par simple curiosité.
"Comme si j'allais te le dire. Tu n'es qu'une sombre petite merde."
"Oh," dit Izar en reniflant. "C'est une remarque plutôt crasse et inutile." Il tendit soudainement la main et l'enroula autour de la nuque de l'Auror. Ses doigts s'enfoncèrent dans sa peau et exercèrent une pression contre les zones sensibles de sa gorge. "Surtout quand je suis celui qui tient littéralement ta vie entre mes mains."
Le concerné se moqua bruyamment. "Comme si un minable comme toi pouvait faire quoi que ce soit. Je sais que tu as besoin de moi vivant pour sortir ton cul d'ici. Continue de babiller. J'ai connu des hommes comme toi. Tu n'es pas sûr de toi, alors tu sur-compenses en essayant de contrôler les autres."
Izar s'arrêta net. Il se trouvait au niveau deux, un niveau de plus et il serait au premier et dernier étage du Ministère. Il resserra sa main autour de son cou. "De un, tu parles beaucoup trop." Le jeune Black fit un pas en avant et scruta attentivement ses yeux gris foncés. "De deux ? Ne me défie pas car je serai toujours obligé d'y répondre. Je n'ai pas... besoin de toi."
Juste au moment où l'Auror amorça un geste pour le frapper, Izar referma sa main autour de sa gorge jusqu'à ce que son cou se rompt. Il enjamba ensuite le corps et poursuivit son chemin dans le couloir. Alors qu'il était en train de prévoir un nouveau plan pour quitter le Ministère, un faible bip tinta derrière lui. Izar se retourna brusquement et sonda le couloir même s'il savait qu'il n'y avait personne à part un Seigneur des Ténèbres silencieux et un cadavre.
Ses yeux s'aiguisèrent en voyant une lumière rouge clignoter à travers la poche de l'Auror mort. Izar fit demi-tour, y plongea sa main et en sortit un petit hexagone en argent, pas plus large que le bout de son pouce. Il put y distinguer le logo du Ministère ainsi qu'un minuscule bouton. La lumière rouge s'éteignit avant de laisser place à la couleur argent d'un badge ordinaire.
"Bordel de merde," siffla-t-il. Comment pouvait-il être aussi idiot ? Bien sûr que les Aurors posséderaient un dispositif de pistage servant d'alarme durant les situations d'urgence. Izar fouilla dans sa propre poche, à la recherche du même insigne. Il tira d'un coup sec sur l'objet métallique cousu à la robe de l'Auror à qui il avait pris les vêtements et l'examina.
Il bondit de sa position accroupie et fit les cent pas tout en réfléchissant. Son premier instinct était de le détruire. Ce ne serait que logique. Mais…
Izar se frotta le visage tandis qu'il entendait des pas et sentait des auras se rapprocher de sa position. Ses doigts se mirent à tapoter légèrement sa peau avant de la caresser, la répétition de ce geste lui permettant de soulager son anxiété. S'il ne pouvait pas s'échapper dans le délai fixé par Voldemort, Izar allait devoir admettre sa défaite et c'est le Seigneur des Ténèbres qui prendrait les choses en main. La défaite n'était donc pas une option.
Le jeune Black ouvrit brusquement les yeux, remit dans sa poche le badge et tira le cadavre le long du couloir en direction de l'ascenseur ouvert. Il l'adossa contre la paroi et se redressa juste au moment où les Aurors tournaient au coin du couloir. Izar les gratifia d'un sourire insolent et leur fit un signe d'au revoir avant que la porte ne se referme. Il tira ensuite sur le levier et l'ascenseur descendit jusqu'au niveau le plus bas du Ministère.
Cependant, à l'instant où ils atteignirent le niveau cinq, l'ascenseur grinça et s'arrêta brusquement. Les lumières s'éteignirent et une sirène tonitruante retentit à travers tout le Ministère. Izar s'appuya contre le mur de l'ascenseur et fixa le Seigneur des Ténèbres désormais visible. Ce dernier souriait jusqu'aux oreilles, observant la montre à gousset qu'il lui avait offerte. Ses longs doigts agrippant le bijou tapotaient le cadran au rythme des secondes qui s'égrainaient.
"C'est votre Ministre de la Magie qui s'adresse à vous," résonna une voix à travers l'interphone. C'était un message préenregistré du Ministre Fudge. "Une mise en quarantaine programmée entre en vigueur dès à présent pour tous les Départements du Ministère. Les salles et les couloirs seront évacués et les employés seront invités à rester dans leurs bureaux jusqu'à ce que la quarantaine soit effectuée. Les ascenseurs sortants et entrants seront désactivés tout comme le réseau de poudre de cheminette. Les Aurors passeront dans les couloirs pour aider et escorter tout visiteur vers les zones de sécurité assignées. Toute personne ne se conformant pas à la mise en place de cette quarantaine devra faire face à une éventuelle mise en arrestation. Nous vous remercions pour votre coopération tandis que nous nous efforçons de rendre le Ministère plus sécurisé."
Izar sourit légèrement. Scrimgeour consignait le Ministère ? Certes, il était tard, ou tôt le matin, et il n'y avait presque pas d'employés de bureau à cette heure. Mais les sorties seraient verrouillées. Ceci ne représentait qu'un léger inconvénient.
"J'espère que ta présence n'attirera pas l'attention sur mon emplacement," déclara-t-il sombrement. "Si ça—"
"Mon enfant, ils savent déjà où tu es," commenta Voldemort d'un ton flegmatique. Ses yeux cramoisis le dévisagèrent obsessionnellement avant de regarder vers le haut. "En fait, si je ne me trompe pas, une équipe d'Aurors afflue dans ta direction."
"C'est bien ce que j'espérais." Le jeune sorcier s'agenouilla au sol. "Combien de minutes me reste-t-il ?" Il sortit son badge d'Auror ainsi que celui du mort.
"Quatorze."
Izar se figea alors qu'il resserrait sa prise sur sa baguette d'emprunt. "Arrête tes conneries. Tu retires des minutes. Tu viens de dire qu'il m'en restait trente il y a quelques minutes seulement."
Voldemort haussa les sourcils face à son langage grossier. "Tu as affirmé pouvoir sortir d'ici en vingt. C'était il y a six minutes. J'ai tout naturellement soustrait la durée nécessaire afin de pouvoir contrebalancer ton excès de confiance concernant ta capacité d'estimation."
Izar coupa la main du cadavre et la métamorphosa en rat. Il l'attrapa à temps avant qu'il ne puisse aller ronger quoi que ce soit dans l'ascenseur. "Tu sais quoi... Je sortirai d'ici en quatorze minutes. Mieux encore, si je sors d'ici dans dix minutes… tu me laisses être au dessus la prochaine fois…"
Le Seigneur des Ténèbres resta silencieux alors qu'il considérait sa proposition. Izar ne put prendre le temps d'étudier son visage car il était déjà très pressé. Il devait transfigurer le rat de sorte que son seul but soit de courir et aller se cacher. Le rongeur se tortilla dans sa main tandis qu'il peaufinait ses propriétés magiques. Sa tête brilla d'une lueur bleutée avant qu'il ne prenne son insigne d'Auror et n'ouvre la bouche de l'animal.
"Marché conclu," consentit Voldemort de façon surprenante. "Tu pourras être au dessus mais je serai celui qui te pénétrera. Et si tu dépasses les dix minutes, tu seras dans mon lit pour le reste de la semaine, ouvrant de bon cœur les cuisses dès que je le souhaite." Son ton était rauque et possessif, faisant se dresser les poils sur la nuque d'Izar.
Celui-ci l'ignora et enfonça son badge dans la gorge du rat. "Absolument hors de question." Puis il le relâcha et le regarda s'enfuir le plus loin possible d'eux. Izar s'assura ensuite que le cadavre possédait toujours bien son propre insigne avant de se tourner vers la porte de l'ascenseur et surveiller le plafond.
"Tu refuses un défi ? Eh bien, on dirait que tu ne penses pas pouvoir y arriver en dix minutes."
Izar renforça la porte de l'ascenseur ainsi que le plafond avec des sorts de protection. Il conjura plusieurs barrières que lui seul pouvait voir et les superposa. Les Aurors essayaient déjà de pénétrer à l'intérieur mais il tint bon. Ses protections étaient trop puissantes. Izar connaissait la magie. De toute évidence, il voulait que les Aurors traversent les barrières d'ici quelques minutes, c'est pourquoi il avait implanté des failles dans celles-ci. Avec un sourire narquois, il apposa une dernière couche de protections autour de l'ascenseur, la cachant habilement derrière d'autres. Les Aurors risquaient d'avoir une mauvaise surprise lorsqu'ils atteindront leur objectif.
Une attaque venue d'en haut s'abattit sur l'ascenseur et le fit vibrer. Ils étaient tellement prévisibles. C'était si facile.
Izar se saisit ensuite du rat et se mit à percer un trou en bas. Il savait qu'il y avait une possibilité qu'ils s'attendent à ce qu'il grimpe sur l'ascenseur. Mais ils ne s'attendraient probablement pas à ce qu'il en descende, surtout s'il y avait quatre étages sous lui. Izar jeta un sort sur ses mains et ses pieds pour qu'ils puissent coller facilement au mur et se lança un sortilège informulé de désillusion d'un tapotement de baguette sur la tête. La sensation d'avoir un liquide froid coulant dans son dos le fit frissonner.
"Si tu me prépares le petit-déjeuner, alors nous avons un accord," lui annonça Izar par-dessus son épaule. Après ça, il jeta le sortilège poids-plume sur le rat et le lâcha au dessus du trou. "Mais tu ferais mieux de me suivre. Je ne reviendrai pas pour sauver ton cul."
Et sur ce, il sauta.
Izar retint un rire ravi pendant qu'il tombait. Une part de lui était tentée de se laisser tomber jusqu'en bas. Après tout, il ne mourrait pas. Mais il avait maintenant un temps imparti raccourci et atterrir au sol lui porterait sûrement un coup. Au lieu de ça, il tendit la main et se raccrocha au mur. Ses pieds touchèrent ensuite la paroi et il commença à remonter la pente verticale en courant. Il n'y avait qu'un espace restreint entre le mur et l'ascenseur suspendu mais Izar réussit à se faufiler dans l'interstice.
Son regard s'attarda sur les Aurors penchés sur l'ascenseur qu'ils attaquaient depuis l'étage du dessus. Les imbéciles ne bronchèrent même pas quand il les frôla. Il aurait facilement pu les décapiter sur son chemin mais se ravisa.
"Le moniteur indique qu'il s'est échappé de l'ascenseur et a sauté dans le vide..."
Izar soupira d'amusement alors qu'il escaladait rapidement le mur et dépassait le niveau deux. Les Aurors se trouvaient derrière lui désormais mais il put tout de même entendre la moitié du groupe dévaler les escaliers jusqu'à l'endroit où le rat les menait. Il savait qu'ils se sépareraient. Un groupe serait à l'étage quatre et attaquerait l'ascenseur par le haut. Un deuxième groupe serait à l'étage cinq et essayerait de l'ouvrir par l'entrée. Et puis un troisième tenterait de suivre le rat qui avait avalé le badge d'urgence. Cependant, il n'était pas naïf. Rufus non plus. Ce dernier devait être quelque part ici car il ne faisait pas partie de sa foule de soldats.
Izar leva le sortilège de désillusion enveloppant son corps et sauta hors de la cage d'ascenseur, ayant remonté le plus qu'il pouvait. Il venait d'atteindre le porte-à-faux, au dessus du hall du Ministère. Il s'accroupit, s'approcha du rebord et jeta un coup d'œil vers la sortie. Les cheminées de transplanage étaient barrées, ce qui ne lui permettait pas de s'enfuir. Non seulement ça, mais il y avait aussi une armée d'Aurors en ordre serré qui montait la garde.
Rufus Scrimgeour se trouvait en tête, sa posture en disant long sur sa détermination à attraper Izar Black.
Celui-ci tendit le bras là où il put sentir et déceler Voldemort. "Suis chacun de mes mouvements. Il y a une ridicule quantité de pièges ici. Si seulement tu pouvais les voir… c'est si beau," énonça-t-il tout en joignant ses mains devant son sourire avec un émerveillement enfantin.
Il y avait des charmes du Cridurut, des maléfices de Flagrance, le Hominum Revelio, des sortilèges d'intrusion et le Protego Totalum. Il y avait tout ici et ces sorts attendaient patiemment que quelqu'un les actionne. Ils formaient une vue magnifique pour un magico-sensible. Du rose au violet, du gris, du jaune… du vert fluo… toutes ces couleurs étincelaient de mille feux au sein du Ministère plongé dans la pénombre.
Ils étaient également de formes et de tailles différentes. Certains charmes et maléfices survolaient le sol en une fine ligne tandis que d'autres ressemblaient à des filets. C'était splendide. Izar observa de plus près la vue en dessous de lui. Bien qu'il y avait des pièges extrêmement proches de l'endroit où il était actuellement accroupi, il y en avait encore plus en dessous. Les Aurors se tenaient bien droit, leurs épaules frôlant presque les charmes à côté d'eux. Ces derniers détecteraient la présence d'un humain, si de la magie noire ou des illusions étaient utilisées…
Un plan brillant de la part de Rufus. Celui-ci ne s'était pas attendu à ce qu'Izar se glisse dans les profondeurs du Ministère contrairement aux autres Aurors. À la place, Scrimgeour avait rassemblé une armée de sorciers servant de leurre afin de bercer Izar dans un faux sentiment de sécurité. Il ne percevrait les Aurors que comme la seule menace, inconscient des pièges disséminés dans tout le hall.
Malheureusement, Izar était sensible à la magie et Rufus l'ignorait.
Aucune cage ne pouvait le garder prisonnier.
Soudain, derrière lui ainsi que quelques étages en dessous, une explosion retentit avant que tout le Ministère ne se mette à trembler.
Le jeune Black resta accroupi, un sourire forcené étirant ses traits quand il vit du coin de l'œil des flammes s'élever de l'ascenseur. Il semblerait que les Aurors aient finalement détruit sa barrière. Tous ne s'en sortiraient pas vivants.
"Oublie ça," chuchota-t-il à destination de Voldemort, en tripotant sa baguette. "Va où bon te semble."
Izar avait une autre idée. Son plan initial prendrait trop de temps. Esquiver et sauter par-dessus les pièges le ferait dépasser sa limite de temps et il ne pouvait pas être trop confiant. Après tout, Voldemort voulait qu'il dépasse ses dix minutes, ce qui arriverait probablement dans...
"Quatre minutes," siffla le mage noir.
Izar émit un bruit d'assentiment distrait tandis que Scrimgeour et les Aurors se tournaient vers lui, en direction de l'ascenseur. L'armée avait pris soin de ne tourner que la tête, conscient que tout mouvement soudain activerait probablement les capteurs. Avec tous ces pièges aux alentours, Izar allait devoir faire quelque chose d'un peu extrême et tape-à-l'œil. Mais c'était définitivement plus son style que de sautiller comme un idiot par-dessus les pièges.
Se lançant un autre sortilège de désillusion, le jeune sorcier se mit au bord de la plate-forme, prenant soin d'éviter tout capteur avant de lever sa baguette. "Adveloare, obticeoere," murmura-t-il et une substance semblable à de la fumée flotta autour de sa baguette. C'était censé rendre son maléfice silencieux et invisible pour des yeux humains.
Izar se leva et déchira le bas de sa robe afin de pouvoir bouger les jambes plus aisément puis pointa sa baguette vers le haut. "Ingenero erraticus," il sauta d'où il était perché dès que la dernière syllabe eut quitté ses lèvres. Son sort parcourut le hall du Ministère et déclencha tous les charmes et maléfices qu'il put trouver. La magie devenue chaotique, se mit à crépiter et déclencha à son tour les alarmes.
Il atterrit au sol en s'accroupissant afin d'amortir sa chute et sprinta vers les cheminées de transplanage. Alors qu'il s'approchait des Aurors, Izar retira son sortilège de désillusion et se fondit dans le groupe. À cause de l'effervescence générale et des détecteurs qui continuaient de s'actionner, ils ne remarquèrent pas sa présence. Izar arbora un large sourire et se fraya un chemin à travers les rangs d'Aurors désormais dispersés. Ils se rassemblèrent, leurs baguettes sorties et prêtes à l'emploi mais n'ayant rien à viser. Leurs supérieurs leur criaient de garder leur sang-froid.
"Que visons-nous ?" s'enquit-il doucement auprès d'une Auror.
"Rien pour l'instant," répondit-elle en lui jetant un bref coup d'œil. "Nous ne voulons pas causer encore plus de bouleversement. Reste simplement alerte. Il doit se trouver quelque part ici."
"Hmm..." Il la dépassa afin de se rapprocher subtilement des sorties. "J'ai entendu dire que le Ministre était en fait Izar Black sous polynectar. Qu'en dis-tu ?" demanda-t-il devant lui à un homme de grande taille aux cheveux gris. "Je ne serais même pas surpris si l'un de nous était Black."
L'Auror grogna juste, trouvant ses paroles peu drôles alors qu'il se concentrait sur le porte-à-faux. Izar sourit, se pencha et serpenta entre quelques Aurors qui esquivèrent habilement l'un des maléfices qui avaient été déclenchés en raison de son sortilège. Il s'extirpa de la foule de sorciers et se dirigea vers l'une des cheminées. Il fit ensuite glisser sa baguette de sa manche et élimina les barreaux de la grille, mais conjura rapidement une illusion qui donnerait l'impression qu'ils étaient toujours là.
Izar anéantit tout aussi furtivement le maléfice anti-transplanage avec sa magico-sensibilité.
C'était trop facile.
"Restez sur vos gardes !" rugit Rufus à quelques mètres de sa position actuelle. "Méfiez-vous de votre voisin. Il est parmi nous, vêtu comme l'un d'entre nous."
L'Auror à côté d'Izar examina ce dernier à travers ses lunettes aux verres épais. Ses yeux s'écarquillèrent, mais il ne put ni lever sa baguette et encore moins prononcer un sort car le jeune Black fondait déjà sur lui. "Animus Lapis," chuchota-t-il avant de reprendre rapidement ses distances.
"Il est là !" s'écria l'Auror avant d'émettre un beuglement horrifié lorsque ses jambes se changèrent en pierre.
Il captura l'attention de tout le monde juste au moment où Izar se glissait dans la direction opposée. Celui-ci se rapprocha de nouveau des cheminées de transplanage tout en observant l'Auror se transformer progressivement. Quand il fut complètement devenu pierre, la gravité prit la relève et son corps se brisa en morceaux lorsqu'il se fracassa au sol.
Izar franchit à reculons les barreaux imaginaires de la cheminée qui le séparèrent des Aurors. Il ne fut pas surpris quand Rufus l'aperçut en premier. Ses yeux jaunes s'écarquillèrent d'incrédulité. Curieusement, il ne tenta pas de l'attaquer. Sa bouche s'affaissa et les coins de ses lèvres se soulevèrent.
Dommage que ç'ait été si facile. Maintenant que Scrimgeour comprendrait qu'il était magico-sensible, peut-être que les choses deviendraient plus difficiles.
"Je crains que nous devions reporter notre duel, Monsieur le Ministre." Un Seigneur des Ténèbres doit me préparer le petit-déjeuner. "D'ici la prochaine fois."
Il le salua avant de transplaner.
Alors que son corps voyageait à travers le temps et l'espace, Izar se rendit compte qu'on ne l'avait toujours pas pris en photo pour les avis de recherche…
Bon sang.
{Death of Today}
"J'ai dit que je voulais du bacon, pas de saucisse," murmura distraitement Izar en repoussant son assiette.
"Gamin insolent," siffla Voldemort. En face de la petite salle à manger, Nagini était installé dans un fauteuil devant la cheminée et les observait avec intérêt. "Nous n'avions plus de bacon. Tu peux soit faire ta crise, soit te taire et avaler ta saucisse avec un putain de sourire."
"Hmm," Izar feuilletait la Gazette du sorcier. "Tu es un sorcier, n'est-ce pas ? Mettre la main sur du bacon ne devrait pas te prendre trop de temps." Il tourna une page et haussa les sourcils devant le manque de description concernant les événements de ce matin. C'était très concis. Le nombre de décès avait même été sous-évalué. Mais là encore, ils venaient de rentrer à la base. Les médias tentaient probablement de grappiller le moindre détail malgré le manque de loquacité du Ministère. Ce serait une bonne occasion pour Tom Jedusor de montrer à nouveau son visage en public. La réputation de Rufus Scrimgeour ne chuterait que davantage.
"Tu peux demander de l'aide à un elfe de maison." Izar jeta un coup d'œil à Nagini. "Ou tu peux l'écorcher et la faire frire. Je suis sûr que quelques kilos en moins ne lui ferait pas de mal vu son incroyable corpulence."
La concernée se cabra et siffla dans sa direction. Sa collerette gonfla de colère défensive et sa queue s'enroula en un crochet pointu.
Il détourna son attention d'elle pour se focaliser sur Voldemort qui restait muet avant de soupirer et d'inspecter son assiette. Certes, ç'avait l'air délicieux. Izar se souvint du jour où il s'était réveillé de sa transformation. Voldemort avait préparé le dîner pour eux deux, démontrant de surprenantes compétences en art culinaire.
Trois pancakes étaient empilés à côté d'œufs brouillés et de quatre maillons de saucisse. Il y avait dans un bol séparé du porridge à la cannelle accompagné de deux scones à la framboise. La meilleure entrée ? Le verre rempli d'un liquide rouge épais reposant devant lui. Du sang qui lui permettrait de retrouver l'énergie perdue lors de l'interrogatoire.
"Je vais laisser passer ta bévue pour cette fois," railla Izar. Avant qu'il ne puisse saisir son verre, une main agrippa son menton.
"Tu étais impressionnant aujourd'hui," souffla Voldemort tout en se penchant. Sa main opposée caressa durement sa joue avant de remonter vers le haut et d'empoigner la racine de ses cheveux. "Et c'est pourquoi je vais tolérer ton impudence."
Izar eut un sourire effronté puis le mage noir écrasa ses lèvres contre les siennes. Il avait été conscient de son excitation lors de leur évasion. Comment Izar aurait-il pu manquer ça alors qu'il avait senti son aura flamboyer d'enthousiasme chaque fois qu'il tuait quelqu'un ? Il fallait s'y attendre. Même lui s'était senti électrisé par la simple proximité de Voldemort.
Il serait si facile de réclamer mon prix maintenant, pensa-t-il en agrippant sa robe. Cependant, aussi attrayant qu'être au dessus pendant le sexe puisse paraître, Izar n'était pas d'humeur. Il avait grandement besoin de se sustenter et prendre une douche.
Ce dernier s'éloigna et ancra ses yeux dans ceux cramoisis. "Avant d'être capturé, j'ai pu trouver le point faible des défenses de Poudlard." Il dut se détourner de son regard fiévreux. Ce n'était pas parce qu'il n'était pas d'humeur maintenant que Voldemort ne l'était pas non plus. Dévier la conversation et son attention sur un autre sujet refroidirait l'atmosphère jusqu'à ce qu'il se calme.
"Est-ce vrai ?" s'enquit le Seigneur des Ténèbres. "Tes camarades m'ont laissé croire que non." Il se rassit en face de lui.
"C'est parce que j'ai fait mine de rien lorsque je l'ai découvert." Izar prit son verre et but le liquide épais qui le fit tout de suite se sentir mieux. "Je ne fais confiance à personne. Qui sait ce qu'ils pourraient faire s'ils connaissent l'emplacement du point faible ?"
Voldemort émit un bruit satisfait. "Très malin," complimenta-t-il d'une voix soyeuse. "Tu t'améliores de jour en jour."
Ses mots avaient un double sens. Il était à la fois fier et prudent. C'était cohérent. Voldemort lui enseignait progressivement comment devenir une personne puissante. Cela l'impressionnait quand Izar faisait des progrès notables, mais il devait aussi faire attention. Il viendrait un jour où son pupille atteindrait son niveau et Voldemort allait devoir ajuster sa pensée tout aussi rapidement. La pire chose qu'il pouvait faire était de le sous-estimer et croire qu'il serait toujours son étudiant. Parce que ce ne serait pas le cas et ce dernier pourrait facilement en jouer.
"Dumbledore n'a pas parlé à Scrimgeour de mon immortalité. Je peux seulement supposer qu'ils sont en désaccord." Izar poignarda un morceau d'œuf.
Voldemort se pencha en arrière sur sa chaise. "Le Ministère ne s'allie presque jamais avec un Seigneur. Ils veulent le monopole du contrôle car ils ont du mal à accepter qu'ils ne sont pas de taille face aux pouvoirs d'un Seigneur. Ainsi, ils ont besoin de ça pour se rassurer sur leurs propres compétences et se dire qu'ils ne sont pas les simples serviteurs d'un Seigneur. Rufus Scrimgeour n'est pas différent. Il a toujours été un leader indépendant. Accepter l'aide de Dumbledore le ferait se sentir inférieur."
"C'est logique," répondit-il la bouche pleine de pancake. Ignorant le regard dédaigneux de son interlocuteur, Izar agita sa fourchette en l'air. "Je suis curieux de savoir si Rufus dira à Dumbledore que nous étions devant Poudlard. Et même s'il lui dit, cela n'aurait pas beaucoup d'importance pour nous."
"Oh ?" Voldemort se pencha et le gratifia d'un regard pénétrant. "Et comment cela ?"
Izar déposa sa fourchette sur la table et appuya son menton contre sa main. "Même si Dumbledore sait que je suis magico-sensible et que je recherchais le point faible des protections, il ne peut rien faire. Au fil des années, un nœud s'est formé au sein des barrières. Peu importe combien il est puissant, Dumbledore ne peut pas le faire disparaître. S'il renforce les protections, il peut être plus difficile à démêler, mais le nœud ne fera que grossir. Nous serons donc en mesure de les démanteler."
"Et s'il abat les précédentes protections et n'en érige qu'une ? Il se débarrasserait du nœud, n'est-ce pas ?"
Izar eut un rictus pincé. "Ce serait une très grosse erreur de sa part. Non seulement cela rendrait Poudlard plus vulnérable, mais je pourrais aussi anéantir cette barrière avec simplicité. Tu sais, il n'y a jamais eu un magico-sensible comme moi auparavant. Cygnus a rendu possible le fait que je dépouille des objets de leur magie et draine le noyau d'un sorcier. D'autres magico-sensibles sont seulement capables de voir et sentir les auras. J'ai du mal à me figurer comment Dumbledore pourrait se servir de quelque chose contre moi. Nous attaquerons Poudlard comme tu l'as prévu."
Voldemort resta assis en silence pendant un bon moment, assimilant sans aucun doute les informations qu'Izar venait de lui faire part. "Tu dois manger plus," le réprimanda-t-il.
Le concerné baissa les yeux sur son assiette. Son corps n'avait pas besoin de nourriture mais s'alimenter lui procurait de l'énergie. Franchement, il n'était pas d'humeur à en engloutir davantage, bien que son petit-déjeuner était succulent. "Tu es une vraie mère poule."
Une lueur vicieuse dansa au fond des yeux de Voldemort et un sourire cruel traversa son visage. Izar fit une pause, s'interrogeant sur sa réaction. Une réponse lui vint à l'esprit lorsqu'un coup retentit contre la porte. Le Seigneur des Ténèbres n'en devint que plus joyeux, preuve qu'il s'était attendu à la venue de l'étranger.
"Je pense que tu devrais aller ouvrir, mon enfant," chuchota-t-il sombrement. Son regard carmin brilla alors qu'il observait Izar. "J'ai bien peur que notre invité... ne partira pas de sitôt."
Peur et appréhension se logèrent dans son estomac. Il lui fallut plusieurs secondes pour se lever de sa chaise et se déplacer jusqu'à la porte. L'individu de l'autre côté possédait une aura puissante et familière. Ça ne pouvait pas être… non… ça ne se pouvait pas. Il ne pouvait pas être aussi stupide.
Izar ouvrit la porte et détailla stupidement la longue silhouette encapuchonnée, son apparence le perturbant encore plus.
"Izar," souffla l'homme qui tendit la main et toucha sa joue.
Le dénommé ne connaissait qu'une seule personne dont les doigts étaient décorés d'autant de bagues. Le métal froid entra en contact avec sa peau et le fit sortir de son hébétude.
"Regulus ?"
Pfiou j'ai eu du mal à le pondre celui-là, il a été assez complexe à traduire ! En plus, j'avais complètement zappé que le Ministère était sous-terrain donc je me suis dit "what y'aurait pas comme un problème avec la configuration des étages là ? (¬‿¬)'" J'espère qu'il vous aura plu malgré le manque de véritable avancée dans l'histoire. Ce kidnapping aura au moins permis à Rufus d'apprendre qu'Izar est magico-sensible, et savoir = pouvoir comme on dit. Avez-vous des attentes particulières concernant la suite ?
