Chapitre 30 – L'Ordre du Phénix (Partie 3)
Après le rendez-vous avec Charlie, qui lui avait mis du baume au cœur, Laureen fit de son mieux pour tenir sa promesse et se tenir loin des retenues avec Ombrage, mais la professeure semblait s'acharner particulièrement sur elle dans la classe de septième année. Toujours pour des problèmes de « décence », au moins elle connaissait la phrase à copier par cœur ! Malgré les compresses à l'essence de dictame préparées par Hermione pour toute la maison Gryffondor, les bandages imbibées de potions et sorts en tous genres pour calmer la douleur, la phrase commençait à s'incruster dans sa peau.
Ombrage avait été nommée Grande Inquisitrice par le Ministre de la Magie, et avait pris Poudlard dans sa poigne de fer. Les filles n'avaient plus le droit de se tenir trop près des garçons, ce qui posa beaucoup de problèmes à Laureen et aux jumeaux notamment. Les uniformes devaient toujours être impeccables, ce qui posa encore des problèmes à Laureen, car même si son uniforme restait impeccable notamment grâce à des sorts, Ombrage trouvait toujours un problème.
Un jour, les jumeaux étaient en train de faire une démonstration de leur balle d'artifice, un genre de balle de tennis à se passer, qui lançait des étincelles inoffensives pour la peau, qu'ils avaient mis des semaines à développer. Leur seule balle expérimentale fut confisquée. Sans parler des retenues dont ils écopaient à chaque fois. Bientôt, Halloween arriva, et les Gryffondor organisèrent une petite fête dans la salle commune décorée en noir et orange pour l'occasion. Les jumeaux, aidés de Lee Jordan, avaient réussis à amener de la bièraubeurre, et la fête fut très sympathique, jusqu'à ce que McGonagall fasse irruption et leur annonce qu'Ombrage avait prévu de patrouiller dans cette partie du château d'ici cinq minutes.
Après Halloween, Laureen alla un weekend à Pré-au-Lard pour voir Charlie, qui comme la fois précédente avait réservé une chambre pour la journée afin qu'ils puissent passer du temps tranquille ensemble. Après un bon déjeuner et une courte sieste dans les bras de son petit ami, Laureen s'étira et alla se servir un verre de jus de citrouille.
-Mon ange ? l'appela Charlie depuis le lit.
-Oui mon dragon ?
-Qu'est-ce que tu dirais de venir en Roumanie quelques jours après Noël ? On pourrait partir le 26 décembre, et je te ramènerais à King's Cross le dernier jour des vacances.
Laureen se figea, et se tourna lentement vers lui.
-Tu… Tu es sérieux ?
-Bien sûr que oui.
Elle sauta sur le lit et l'embrassa en riant.
-Bien sûr que je veux aller avec toi en Roumanie ! Tant que tu me ramènes à Poudlard et que tu ne me gardes pas là-bas, ajouta-t-elle avec un regard scrutateur.
-Promis, sourit Charlie.
Laureen rentra très heureuse au château ce soir-là, et écrivit immédiatement à Remus et Sirius pour leur annoncer qu'elle allait faire un détour par la Roumanie pendant les vacances.
C'est quelques semaines après qu'Ombrage renvoya Sybille Trelawney, la professeure de divination, et que Dumbledore dut intervenir.
De la neige se mit à tomber dans les jours qui suivirent, et au début du mois de novembre, les jumeaux et Laureen se retrouvèrent à la Tête de Sanglier, l'autre bar de Pré-au-Lard, pour écouter la proposition de Harry, Ron et Hermione. Une bonne quinzaine d'élèves les rejoignirent, et s'installèrent en attendant dans un silence pesant que quelqu'un prenne la parole.
-Salut, dit Hermione, mal-à-l'aise. Alors, vous savez tous pourquoi on est là, il nous faut un professeur. Un bon professeur. Quelqu'un qui a déjà eu à se défendre contre les forces du mal.
-Pourquoi ? intervint un Poufsouffle de quatrième année, Zacharias Smith.
-Pourquoi ? répéta Ron. Parce que Tu-sais-qui est revenu, pauvre crétin !
-Mais c'est lui qui le dit, insista Zacharias en pointant Harry du doigt.
-C'est Dumbledore qui le dit, contra Hermione.
-Dumbledore le dit parce qu'il le dit ! J'aimerais bien savoir où est la preuve.
-Si Potter pouvait nous expliquer comment Diggory a été tué… suggéra Michael Corner, l'actuel petit-ami de Ginny.
-Je ne veux pas parler de Cédric, ceux qui sont venus pour ça peuvent partir tout de suite, lança Harry en se levant.
Il s'entretint à voix basse avec Hermione, jusqu'à ce que la voix de Luna Lovegood se fasse entendre.
-C'est vrai que tu peux faire apparaître un patronus ?
Le silence s'étira après la question.
-Oui, répondit alors Hermione. Je l'ai vu.
-Waaah, j'ignorais que tu arrivais à le faire ! s'exclama Dean.
-Et il a tué un Basilique, avec l'épée qui est chez Dumbledore, ajouta Neville.
-C'est vrai, approuva Ginny.
-En troisième année il a repoussé une centaine de détraqueurs, intervint Ron.
-Et l'an dernier il s'est battu contre Vous-Savez-Qui en personne, conclut Hermione.
-Une seconde, les coupa Harry qui se sentait terriblement mal-à-l'aise. Écoutez, tout ça semble génial quand on le raconte comme ça mais en fait ça a souvent été un coup de chance. Je ne savais pas ce que je faisais les trois-quarts du temps, j'ai toujours reçu de l'aide.
-Harry est trop modeste, fit Hermione.
-Non, Hermione, je ne le suis pas ! Utiliser ces sortilèges face au danger ce n'est pas la même chose qu'à l'école. A l'école, si on fait une erreur on peut réessayer le lendemain, mais dehors, quand vous êtes sur le point de vous faire tuer ou de voir un ami mourir juste sous vos yeux… Vous ne savez pas ce que c'est.
Sa tirade jeta un froid.
-C'est vrai, on ne le sait pas, admit Hermione après un temps. C'est pourquoi on a besoin de toi. Si on veut avoir une chance de vaincre… Voldemort.
Laureen regarda la jeune sorcière avec surprise. Jusque-là, elle ne connaissait que Harry et quelques membres de l'Ordre du Phénix qui osait prononcer le nom du mage noir.
-Il est de retour, comprit Nigel, un Gryffondor de première année.
Hermione sortit un parchemin, dont l'en-tête indiquait « Armée de Dumbledore ». Chacun des élèves présents y mit son nom et le signa, les jumeaux et Laureen en tête. Après que chacun eut signé le parchemin, Hermione l'enchanta et le rangea, et ils revinrent au château par le pont couvert d'arcades, alors que la neige tombait paresseusement autour d'eux.
-Il nous faut un lieu pour s'entraîner qu'Ombrage ne trouvera pas, disait Harry.
-La cabane hurlante, proposa Ginny.
-C'est trop petit, refusa Harry.
-La forêt interdite ? suggéra Hermione.
-Ça ne va pas la tête ?! répliqua aussitôt Ron.
-Harry ? appela Ginny. Qu'est-ce qui se passera si Ombrage nous découvre ?
-On s'en fiche ! s'exclama Hermione. C'est vrai, c'est excitant de ne pas respecter… le règlement.
Laureen hoqueta de surprise et jeta un coup d'œil à Fred, qui avait l'air tellement amoureux à ce moment qu'il semblait prêt à demander à Hermione de l'épouser sur le champ.
-Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait à Hermione Granger ? rit Ron.
-Au moins, il y aura eu une chose positive aujourd'hui, lança Hermione.
-Laquelle ? demanda Harry.
-Cho ne t'a pas lâché de yeux, sourit-elle.
Laureen remarqua le froncement de sourcils de Ginny à ces mots mais ne dit rien alors que Harry s'empourprait.
C'est Neville, quelques jours après la réunion, qui les emmena au septième étage, devant la tapisserie représentant la tentative de Barnabas le Follet d'apprendre la danse classique à des trolls. Une porte se dévoila magiquement à eux, et Hermione leur apprit qu'ils avaient trouvé la Salle sur Demande. A peine leur avait-elle révélé les propriétés de cette salle que les jumeaux et Laureen eurent exactement la même idée et se regardèrent avec le sourire. Voilà une pièce qui pourrait servir de laboratoire expérimental aux jumeaux, et de pièce pour stocker leurs produits !
Hermione mit ensuite le système des pièces en place pour avoir un moyen de prévenir tout le monde des réunions de l'Armée de Dumbledore. C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent, trois jours plus tard après le dîner, à s'entraîner au sortilège Expelliarmus sur des mannequins que la salle avait fait apparaître. Fred, George, Laureen et Lee Jordan avaient pris un mannequin pour eux et s'acharnaient dessus. A chaque fois que Harry passait près d'eux, il les félicitait ou les corrigeait, les encourageants encore et encore inlassablement.
Neville et Dean, qui s'entraînait sur le mannequin à côté, rencontraient plus de difficultés, surtout Neville dont la baguette était celle de son père, et donc ne lui obéissait pas bien.
Quelques jours plus tard, Harry passa au sortilège Stupéfix.
-La stupéfixion est l'un des sorts les plus utiles qui soient, c'est le passe-partout du sorcier, leur expliqua-t-il alors qu'il se plaçait face à Nigel. Bien, Nigel, éblouis-nous !
Le première année serra bien fort sa baguette dans sa main, et cria « Stupéfix ! » avec conviction en la pointant vers Harry, qui vola quatre mètres en arrière, alors que Nigel tombait à la renverse sous le coup. Angelina se précipita pour l'aider à se relever, tandis que Harry le félicitait chaudement pour sa belle prestation. Ron et Hermione vinrent au centre ensuite.
-Rassure-toi, fit Ron. Je vais y aller mollo.
-Merci Ronald, grinça Hermione.
De leurs côtés les jumeaux parièrent une mornille chacun sur l'issue du duel.
-Il n'a aucune chance, leur souffla Laureen avec amusement.
Et effectivement, le pauvre n'avait même pas eu le temps d'ouvrir la bouche que Hermione l'avait stupéfixé.
-Merci, souffla Fred quand son jumeau lui tendit une mornille.
-Tu la fermes, grogna George.
Ron s'approcha d'eux, l'air dépité.
-Je l'ai laissée faire, leur dit-il en feignant l'assurance. C'était par galanterie. C'était vraiment… intentionnel.
-Oui, oui, se moqua Fred.
Pendant les séances suivantes, ils s'entraînèrent également au Levicorpus, et au sortilège de Reducto. Harry commença aussi à enseigner le Protego à ceux qui avançaient vite.
Aujourd'hui, ils avaient formé un cercle et un mannequin roulait au centre, et ils étaient censés se l'envoyer comme une balle avec les sortilèges qu'ils avaient appris.
-Reducto !
-Stupéfix !
-Stupéfix !
-Reducto !
-Stupéfix !
Après quelques minutes, le mannequin fut lancé vers Ginny, qui se trouvait entre Fred et George. Cette dernière ne se démonta pas et lança un Reducto si fort que le mannequin fut réduit en un tas de poussière. Les jumeaux échangèrent un regard légèrement apeuré après la prestation de leur petite sœur.
Pour leur dernière séance avant les vacances de Noël, la salle s'était décorée de sapins et de guirlandes, et ils s'entraînaient en face à face. Alors que les jumeaux tentaient de s'assommer l'un l'autre, Laureen faisait équipe avec Neville, l'encourageant du mieux qu'elle le pouvait à la désarmer.
-Expelliarmus ! tenta Neville pour la dixième fois.
La baguette vola des mains de Laureen et atterrit dans celles de Neville qui en resta stupéfait. Aussitôt tout le monde le félicita, ses efforts avaient enfin été récompensés. Une heure après, ils se rassemblèrent pour reprendre leurs affaires et sortir de la salle.
-Bien, c'est la fin du cours, le prochain aura lieu après les vacances, annonça Harry. Alors, entraînez-vous tous seuls du mieux que vous pouvez, et bravo à tout le monde, bravo, bon travail !
Ils commencèrent à sortir un par un. Neville remercia encore Harry au passage, Ron et Hermione s'éclipsèrent, tandis que les jumeaux s'approchaient de Harry malgré l'insistance de Laureen d'aller à la Salle Commune. Toute la salle s'était vidée, ne restait que Cho Chang qui évidemment souhaitait parler seule à seule avec Harry.
-On a pensé à un truc, sourit Fred.
-On pourrait mettre des pastilles de gerbe dans le thé d'Ombrage, expliqua George.
-Ou un berlingot à fièvre, tu as de gros furoncles pleins de pus sur tout le…
-C'est une très bonne idée, les coupa Harry. Vous voulez bien m'excuser ?
Et il les contourna pour aller voir Cho, tandis que Laureen tirait ses deux meilleurs amis hors de la salle pour pouvoir enfin envoyer une lettre à Charlie, la dernière avant les vacances, avant de le revoir. Elle ne lui avait pas parlé des leçons de Harry, de peur que la lettre soit interceptée par des mangemorts ou Ombrage.
Quatre jours avant les vacances, Laureen et les jumeaux étaient restés très tard dans la Salle Commune de Gryffondor, travaillant sur des nouvelles farces et attrapes, et s'étaient endormis sur le canapé. Ils furent réveillés par Ron qui aidait un Harry hagard et en sueur à descendre les marches.
-Venez ! dit Ron sans préambule. Harry doit aller voir McGonagall, c'est urgent.
Sans poser de questions ils le suivirent en bâillant, et n'hésitèrent pas à réveiller McGonagall, qui, dès qu'elle entendit Harry lui expliquer ce qu'il s'était passé, les emmena chez Dumbledore. Tous les enfants Weasley, ainsi que Harry, Laureen et Hermione, étaient rassemblés dans le bureau du directeur. Laureen, encore très endormie, ne comprit pas vraiment ce qu'il se passait mais suivit ses amis sans hésiter dans le feu vert allumé par la poudre de cheminette. Quelle ne fut pas sa surprise de se retrouver dans la cuisine de la maison du Square Grimmauld, alors que Sirius arrivait en trombe dans la pièce.
-Laureen ! s'exclama-t-il en se précipitant pour serrer sa fille dans ses bras. Ma chérie, tu n'as rien ?
-Non, papa, je vais bien. Que… Qu'est-ce qu'il se passe ?
-Venez, leur dit Sirius. Allons nous installer dans le salon.
Il alla ensuite chercher du thé pour tout le monde et quand ils furent tous assis avec une tasse chaude dans les mains, Sirius leur dit qu'Arthur avait été trouvé et emmené à Ste Mangouste, l'hôpital sorcier de Londres, et que Molly s'était rendue sur place pour être avec lui.
-Son état est critique mais il n'est pas en danger de mort, leur répéta Sirius pour calmer leurs esprits. Bill et Charlie ne devraient pas tarder à arriver. Il est très tard, vous devriez aller dormir.
Les jumeaux ne réagirent même pas, Ginny secoua frénétiquement la tête, au bord des larmes, et Ron se précipita pour la prendre dans ses bras, renvoyant un regard farouche au père de Laureen. Il leva les mains pour signifier qu'il ne les forcerait pas à se mettre au lit, et s'approcha de sa fille.
-Tu veux bien m'accompagner à la cuisine, refaire du thé et trouver quelque chose à grignoter ? lui demanda-t-il.
Comprenant qu'il voulait lui parler seul à seule, elle le suivit immédiatement.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Comment avez-vous su qu'Arthur était en danger ?
-C'est Harry, je crois qu'il fait des cauchemars liés à Voldemort, répondit Laureen. Fred, George et moi nous étions endormis tard dans la salle commune sans faire exprès et Ron nous a réveillés en emmenant Harry chez McGonagall. Nous sommes allés dans le bureau de Dumbledore, et je t'avoue que je n'ai pas tout suivi…
Ses mains tremblantes laissèrent tomber une tasse qui se brisa en mille morceaux sur le carrelage de la cuisine. Elle poussa faiblement un juron et se pencha pour ramasser mais son père répara la tasse d'un coup de baguette avant de prendre les mains de sa fille.
-Tout va bien ma puce, vous êtes tous en sécurité maintenant, lui dit-il doucement avant de la prendre dans ses bras. Tout va bien.
Laureen laissa couler quelques larmes de fatigue et d'émotion, mais réussit à se calmer assez vite et amena le plateau avec des tasses et une théière bien pleine et chaude dans le salon. Elle servit tout le monde avant de se remplir une tasse avec du sucre et de s'asseoir entre les jumeaux, qui se resserrèrent autour d'elle comme par réflexe, cherchant à la fois à la protéger, et à la fois à se rassurer. Elle but sa tasse avant de prendre les mains des jumeaux dans les siennes, leur transmettant tout le courage qu'elle pouvait.
Rapidement, Ginny s'endormit dans les bras de Ron serrés protectivement autour d'elle, tandis que ce dernier ronflait doucement. Harry ne tarda pas à s'endormir non plus, et quand une heure plus tard, Bill et Charlie apparurent en même temps dans la cheminée, ils trouvèrent Hermione endormie dans un canapé, un livre ouvert dans sa main, l'autre dans les cheveux de Fred qui dormait la tête appuyée sur les genoux de la sorcière de son cœur. Ginny, Ron et Harry n'avaient pas bougé, Sirius était parti s'occuper de Buck, et Laureen et George discutaient à voix basse assis devant la cheminée, enroulés dans la même couverture, une tasse de thé dans les mains.
Sirius réapparut pour voir qui était arrivé, et partit avec Bill dans la cuisine pour discuter de ce qu'ils allaient devoir faire, rejoints par Remus quelques instants plus tard, ce dernier étant arrivé par la cheminée après avoir reçu un message de Dumbledore.
Charlie s'approcha des deux réveillés, et serra d'abord très fort son frère dans ses bras pour lui transmettre encore un peu de courage. Il se tourna ensuite vers sa petite amie et l'embrassa chastement avant de la serrer contre lui, heureux qu'elle soit saine et sauve.
Il alla ensuite chercher une pile de livres, qu'il transforma en un immense matelas, en coussins et en couvertures, et aidé de son frère il coucha toute la fratrie, Harry et Hermione comme il le pouvait sur le matelas. George s'allongea entre sa sœur et son jumeau, et Laureen se blottit contre Charlie sur un autre matelas. Ce dernier éteignit les lumières et diminua la puissance du feu dans la petite cheminée d'un coup de baguette, avant de fermer les yeux, serrant le corps chaud de sa petite amie contre lui.
