Bonsoir / Bonjour !
J'espère que vous vous portez tous et toutes bien !
Ce chapitre est court mais il annonce la fin de la fic qui devrait se tenir en 4 ou 5 chapitres à partir de celui-ci, et j'espère ce mois-ci.
Comme toujours j'attends vos retours en bas, et je vous souhaite une bonne lecture !
(et je m'excuse pour les fautes qui traînent)
Merci à Nuala Thranduiliel pour sa review absolument adorables. Et merci à starck29 qui a mis la fic dans ses favorites !
Chapitre 21 :
Songes d'un long hiver
Le monde semblait tomber. Chaque jour une peu plus il basculait dans une obscurité crasse et inquiétante. Comme un monde mort, dont l'air vitale se rarifiait en même temps que le froid devenait de plus en plus mordant.
La mort d'Eowyn avait sonnée comme un avertissement pour le groupe de marcheur, et personne désormais n'était à l'abri. Qu'ils fussent issus d'une lignée autrefois bénie d'une longue vie, ou qu'ils fussent immortels, la mort pouvait surgir devant eux à chaque instant, à chaque pas.
Plus les jours passaient, et plus leur fardeau respectif leur semblait peser sur leurs épaules.
Faramir marchait la mine base. L'âme en peine il suivait ses compagnons d'infortune, que la tristesse suivait eux aussi à la trace. Cette souffrance qui vous étreint au plus profond de vous-même, et dont personne ne pourra jamais se faire une idée sans la vivre à son tour.
De même que son chagrin, un songe le poursuivait chaque nuit, étrange et si réel.
Il arpentait sans relâche une pente raide, jonchée de tortueuses racines entrelacées, elle se parait de pierres parfois glissantes çà et là.
Les arbres autour de lui, sur le frêle chemin de terre, paraissaient presque menaçants tant leurs ramures étaient hautes.
Personne n'avait jamais entendue parler de cette étendue boisée si près de Fornost, elle était presque apparue comme par enchantement, comme ça au milieu de sa route à travers la plaine désolée face à lui.
Comme un refuge. Ou un piège.
Ses compagnons de voyage étaient absents mais il ne s'en inquiéta pas. Il devait continuer à mettre un pied devant l'autre, sans s'arrêter, et atteindre le sommet. Son souffle était saccadé, sa gorge douloureuse, et ses jambes lourdes, mais il avançait toujours tant bien que mal, trébuchant par moment, mais se relevant à chaque fois.
Alors que le jour n'était plus, il s'arrêta, la gorge brûlante et la bouche sèche, prendre une gorgée d'eau. Sa respiration se calma petit à petit, et adosser à un arbre, Faramir leva la tête vers les hautes silhouettes sombres des pins devant lui. Les étoiles au-dessus de lui étaient voilées, et leur éclat était terne, comme pour montrer la faiblesse de l'espoir et le moral du monde.
Le cœur du gondorien était alourdit par la lassitude et la douleur après tout ce qu'il avait vécu, la perte de Boromir son frère adoré, le rejet de son père Denethor, mort lui aussi, son dénigrement et son rabaissement sans cesse, la perte d'Osgiliath, sa blessure, le bûché de la folie de son père, son sauvetage grâce à Gandalf et Pippin, sa convalescence, puis sa rencontre avec Eowyn. Un sursaut de bonheur avant que la vague noire ne déferle toute entière, amenant avec elle des créatures hideuses sorties tout droit des tréfonds des enfers, avec pour un seul but la destruction de tout ce qu'il peut y avoir sur leur chemin.
Durant des mois Faramir s'était raccroché à l'espoir que leur périple ne serait pas vint, aux prisonniers de Minas Tirith, mais surtout à Eowyn qui jamais n'avait baissé les bras.
Aujourd'hui elle n'était plus de ce monde et Faramir était brisé.
Une fois au sommet, l'air lui fouetta le visage. Au loin il pouvait voir les reflets d'argent de la bulle de protection de la comté qui étincelait à la lumière des rayons du soleil qui sortaient de cette parenthèse dégagée dans le ciel gris.
Une année passa ainsi, à travers les saisons, comme hors du temps. Plus rien n'avait d'importance. Le cœur un peu moins lourd le gondorien expira à main poumon. Une main pâle vint se glisser dans la sienne sans mot dire. Faramir sourit à ce contact depuis trop longtemps oublié. Son cœur avait tant saigné, mais aujourd'hui la lumière était de retour. Alors qu'il ne s'y attendait pas, et qu'il n'y croyait plus, une étincelle était apparue dans son existence, née de deux intenses souffrances, elle avait pourtant fait sa place dans l'obscurité.
Au mur et à mesure qu'il mettait un pied devant l'autre il paraissait plier sous le poids de la douleur qui le quittait plus désormais. En l'espace d'un an il était devenu orphelin de famille et de cœur, et Faramir se demandait parfois si marcher servait bien à quelque chose.
Eléa pouvait sentir son chagrin, il était seul et désespéré. La dunedain avait même peur parfois qu'il ne s'écroule pour ne plus se relever, mais elle n'en laissait rien paraître.
Plus aucun rire ne venait troubler leur lente progression à travers la plaine qu'ils parcouraient depuis trop de jours. Ils pouvaient être vu de tous, mais eux ne voyait pas grand-chose. Et étonnement, après l'attaque surprise dont ils avaient été les victimes, ils ne virent aucun ennemi en travers de leur chemin.
Le cœur lourd ils marchaient chaque jour. Plus le temps passait et plus l'ombre semblait les rattraper. Tôt ou tard ils le savaient, la grande bataille commencerait, et elle déciderait que l'avenir même du monde tel qu'il existait depuis des millénaires.
L'atmosphère pesante infiltrait l'esprit des êtres encore en vie jusque dans leurs songes.
-/-
Face au Seigneur noir Myrddin se tenait de toute sa hauteur. Ses prunelles bleues le regardaient sans peurs. Il avait attendu cette confrontation durant tout son voyage, et plus encore. Voilà une multitude d'années qu'il entendait parler de cet être qui avait trahi les Valar, et qui avait rejoint Morgoth voilà des millénaires de cela.
Le magicien d'argent n'était pas encore de ce monde quand cela se produisit, mais il ne connaissait que trop bien la peine qui depuis n'avait plus quittée ceux qui lui avait donné la vie.
Sauron le regardait lui aussi. Il ne pouvait s'empêcher de bouillonner tant sa fureur était grande. Car ce nouvel Istari il ne l'avait pas vu venir. Depuis bien des siècles il s'était persuader que les Valar n'en avait que faire de ce qu'il pouvait bien se produire sur leur terre adorée.
-S'il l'adorait vraiment, ils seraient intervenus, se disait-il souvent à lui-même. Si des Dieux ils étaient vraiment, alors ils seraient venus eux-mêmes au lieu d'envoyer des émissaires toujours plus pathétiques les uns que les autres.
-Alors c'est toi que les Valar envoie ? demanda Sauron avec un sourire mauvais. Eux-même n'étaient pas disponibles pour leur Terre du milieu adorée ?
-Ils n'en ont pas besoin puisque je suis là, répliqua sèchement Myrddin.
-Tu crois cela ? ricana Sauron, tu es pathétique.
Myrddin brandit son bâton en face de lui, faisant naître une forte lumière d'argent. Mais le Seigneur des Ténèbres ne bougea pas. Il riait même.
-C'est cela donc la puissance des Valar ?
-Approche serviteur de Morgoth, répliqua Myrddin, dont le pouvoir grandissant étincelait de plus en plus au-dessus de sa tête.
Myrddin paraissait plus grand face à Sauron, dont les yeux rouges lançaient des éclairs de fureur. Les ombres alentours étaient immobiles, et nulle parole ne venait troubler le lourd silence qui s'était installer.
Après un long moment, ils firent de concert un pas l'un vers l'autre, et puis un deuxième. Chacun se toisait du regard. La même détermination transparaissait dans leurs traits.
Soudain, à mesure qu'il avançait sur le sol de poussière noire, la terre trembla tout autour d'eux, et quelque chose au loin gronda comme un puissant tonnerre.
Myrddin tenait son bâton de toutes forces, et resta debout malgré les vibrations qui s'intensifiait au fur et à mesure des minutes qui s'écoulait.
Et puis, à mi-parcours, Myrddin senti une violente force contre lui, comme si quelque chose, ou quelqu'un avait décider qu'il ne ferait pas un pas de plus. Le frisson qui lui parcourra le dos le fait frissonner : avait-il perdu ? Sauron allait-il le détruire sans qu'il ne puisse faire quoi que ce soit ? Il regarda autour de lui, les ombres qui les encerclaient étaient toujours immobiles, comme des fantômes noirs.
Brusquement un crissement métallique lui fit tourner la tête. Le Seigneur des Ténèbres s'était arrêté à même distance, et son pied droit avait glisser derrière lui. A son visage, Myrddin devina qu'il fulminait de l'intérieur. Son beau visage ne pouvait plus faire illusion désormais, et la véritable nature de Sauron ne faisait plus aucun doute : son âme avait basculé et il ne reviendrait pas. Morgoth semblait lui avoir transmis sa haine, et son aversion pour les Valar et pour ceux et celles qui ne se soumette pas.
Depuis longtemps le mage d'argent avait compris pourquoi le Vala avait agi ainsi, contre ceux avec qui il avait pourtant créer le monde du néant : la magie et la puissance avait eu raison de son esprit, et celui-ci s'était persuadé que sa puissance ne devait pas être contenue, mais libérée, pour que sa volonté, et sa volonté seule, soit faite sur la terre comme au ciel. L'avidité avait été la source de ce basculement. L'avidité du pouvoir et du contrôle, deux choses qui révulsaient les autres Valar, pour qui leurs pouvoirs n'étaient là que pour guider ou réconforté les créatures qui en avait besoin.
Les bras et les jambes de Myrddin devirent lourdes. Son bâton d'argent au-dessus de sa tête lui provoquait de douloureuses brûlures sur ses paumes, mais malgré tout il ne baisa pas les bras. Parce qu'il ne pouvait tout simplement pas, il devait tenir coûte que coûte. Pour lui et pour les autres.
Quand Myrddin ouvrit les yeux il ne put empêcher le cri qui sorti entre ses lèvres. Les premières lueurs du jours devant lui le ramener à la réalité : ce n'était qu'un songe, et pourtant son cœur tambourinait avec force dans sa poitrine, et son souffle était saccadé.
-Que vous arrive-t-il Myrddin s'enquit Aragorn
-Rien, rien, répondit simplement le mage d'argent, un mauvais rêve rien de plus.
-Nous en faisons tous, répondit le dunedain en lui tendant une gourde d'eau fraîche.
Était-ce un songe ? Une prémonition ?
Il n'aurait su le dire.
Alors vos avis ?
Prêt pour les derniers chapitres ? Et à votre avis que va-t-il se passé dans la suite ?
A très vite !
Little-road
