Sources : RDV sur mon blog page 1

Ce qui venait de se passer avait suffi à Cosmo pour l'empêcher de retourner en cours. Elle continua de rester enfermée dans sa chambre, coupée du monde, pendant une bonne semaine. Elle occupait ses journées en pyjama en changeant de place dans sa chambre, tout ça sans accéder à la salle de bain ni à la cuisine. Elle maigrit encore, devenant de plus en plus pâle. Son téléphone resta éteint et ses rideaux tirés. Quand son estomac lui faisait mal, elle sortait de sa chambre au milieu de la nuit prendre un fruit. Elle passait la moitié de ses nuits à songer et le reste à dormir, bien que souvent le sommeil ne venait pas. La faim restait mais était apaisée. Elle cacha son miroir par un drap pour ne pas voir son apparence cadavérique. Sa dépression était désormais bel et bien réelle pour ne plus disparaître. Tout ce qu'elle désirait c'était attendre la mort. Au moins dans l'au-delà elle ne dérangera personne.


Au début de la deuxième semaine peut-être, elle ignorait combien de jours se sont écoulés, elle a perdu le fil du temps. Après que sa famille fut couchée peu avant minuit, elle jeta un regard sur sa tenue de poupée. Pour une raison inconnue, son corps n'en fit alors qu'à sa tête. Elle enleva le tout du mannequin et descendit dans la salle de bain. Elle posa ses affaires sur le bord de baignoire. Son pyjama reposa dans le panier de linge sale. Sa première douche depuis un bon bout de temps lui apporta une divine sensation de propreté. Elle prit soin de se savonner le corps et les cheveux avec ses produits préférés à la fleur de cerisier. Après sa toilette, elle se lava les dents vêtue de son peignoir. Elle descendit à la cave se sécher discrètement les cheveux. Elle remonta et enfila sa tenue. Elle se donna le même coup de maquillage pour sa dernière sortie et brossa ses cheveux ondulés. Son parfum préféré était un pur plaisir de consolation. Elle se contempla dans le miroir avec une tristesse comme elle n'en avait jamais eue. La tête baissée, elle sortit en direction de la forêt. Elle longea d'abord la rivière puis s'enfonça dans le bois. Elle marchait au hasard pour se perdre et ne jamais revenir. Elle ne cessa de penser à Shadow et ce qu'il lui avait fait depuis qu'ils s'étaient rencontrés. Elle l'a toujours aimé depuis ce soir mais elle s'en rendait compte beaucoup trop tard. À cause de ce secret qu'elle a voulu dissimulé, elle ne s'est attirée que des problèmes. Sa relation avec le hérisson avait tout l'air d'un conte de fées mais s'est transformée en un vrai film d'horreur. Tout ça parce qu'elle était une jeune femme normale qui cachait un amour par timidité. Elle finit par s'arrêter de marcher. Sa tête se releva. L'endroit où elle se trouvait était ouvert sur le ciel étoilé. Dans ses étoiles, elle crut presque distinguer le visage souriant de celui qu'elle avait jadis aimé. Elle ferma ses paupières dont des larmes perlèrent. Ses lèvres s'entrouvrirent, laissant échapper un chant mélancolique. Ses yeux fixèrent cette image étoilée. Au fur et à mesure qu'elle chantait, une brise caressait son visage en soulevant ses cheveux et sa jupe. Ce n'est qu'à la fin qu'elle se rendit compte beaucoup trop tard qu'elle n'était pas seule. Une voix masculine rauque surgit dans les ténèbres, secouant la plante de terreur.

"Tiens tiens tiens ! La jolie petite Cosmo, la princesse de la nature, la prunelle de mes yeux, la plus belle des fleurs !"

Un rire faisant resurgir tant de mauvais souvenirs retentit derrière elle.

"- Oui exactement comment mon frère t'appelait ! Pathétique n'est-ce pas ?

- Qui est là ?"

Plusieurs branches craquèrent à la suite. C'est alors qu'apparut dans l'ombre une silhouette familière. Elle pensa d'abord à Shadow, avant que de grands yeux verts brillants dans le noir ne la contredisent. Non ce hérisson était bleu marine et bien plus effrayant. Sur le côté droit, une énorme cicatrice résultant d'un coup de couteau. Le cerveau de Cosmo fut envahi de ses souvenirs de la soirée la plus horrible de sa vie. Sur les deux coins de la bouche jusqu'au milieu des joues, une horrible cicatrice encore saignante formait un sourire. Dans sa main, un couteau ensanglanté lui ayant servi à se mutiler le visage pour rendre le sourire qu'il affichait encore plus effrayant. La plante reconnut le même couteau avec lequel elle a essayé de le tuer. À côté de lui une échidnée orange aux yeux lilas avec deux rayures blanches sur la pointe de ses pics tout aussi effrayante, le même sourire saignant tracé à la main. Elle aussi était armée d'un couteau couvert de sang en plus d'une caméra de poche.

"- Mephiles ?

- Tout juste chérie. Et voici Shade, mon bras droit et mon âme sœur. Et moi je suis ton prince des ténèbres.

- Quoi ?"

Tout sembla s'écrouler autour de la plante. Comment le frère de son amour pouvait s'être fait passer pour le hérisson ? Pour répondre à sa question, il aborda l'apparence de son frère. Cela ne fit cependant pas disparaître ses cicatrices.

"- C'est moi que tu cherches, demanda-t-il en imitant la voix de son frère à la perfection ?

- Mais comment ?"

Le monstre profita du choc de la jeune femme pour reprendre son apparence originelle.

"- Ah oui tu n'es au courant de rien petite insolente, rit Shade ! Raconte-lui donc cette belle histoire mon chou. Tu la racontes si bien.

- Certainement et je le ferai avec grand plaisir à cette petite pute infidèle.

- Comment ça petite pute infidèle, scandalisa la plante en grinçant des dents ? Je ne t'ai jamais fréquenté ! Et puis hors de question après ce que t'as fait à Shadow !

- Tss mon crétin de frère arrive encore à me voler ce qui m'appartient en plus.

- De quoi ? Mais t'as vraiment fumé un gros pétard avant de venir ici toi !

- Baisse d'un ton veux-tu ! Ne crois pas que tu as le droit de me parler comme ça après la façon dont tu m'as traité !

- Et qu'est-ce que je t'ai fait ?

- J'y suis. Laisse-moi te raconter une belle histoire."

Il tourna autour de la plante abattue en fixant ses pieds avec un regard admirateur. Shade s'agitait comme une petite fille en attendant son histoire préférée. Le hérisson fit un demi-tour sur lui-même. Son visage s'approcha de la tempe de Cosmo. Pendant son récit, il ne cessa de tourner autour d'elle en jouant avec ses cheveux et en caressant son visage. Sa respiration se faisait bruyante à certains passages.

"- Il était une fois deux jumeaux qui s'aimaient dignement en tant que frères depuis qu'ils ont vu la lumière du jour. Le noir avait tout pris de sa mère et le bleu marine avait tout pris de son père. Ils furent prénommés Shadow et Mephiles. Ils grandirent aimés par leurs parents et tous leurs amis. Mais ils durent modérer cette fraternité très tôt et ce dès le collège. L'un connut la gloire auprès des filles, l'autre l'humiliation auprès d'une racaille. Avec le peu de dignité qu'il lui restait, il se vengea et retrouva son frère. Mais il le trahit en lui volant sa gloire, obtenant les filles à ses pieds. Il en profita alors pour lui enlever sa conquête la plus belle et la plus fidèle. Le frère trahi le bannit de sa vie en coupant tout contact avec le traître. Mais ce n'était que le début puisque Dieu avait rappelé leurs parents auprès de lui sans demander l'autorisation aux enfants. D'ailleurs pourquoi leur demander, ce ne sont que des enfants après tout. Une tante se dévoua à eux corps et âme mais pas longtemps. Grâce à elle, ils devinrent indépendants et vécurent leurs propres vies. Ils finirent par se retrouver à Gérald Robotnik où le traître cueillit la plus belle des fleurs. Le trahi, criant vengeance, détesta dès le premier regard cette ennemie rendant le sourire au traître. Mais il se retrouva pris au piège dans un désir charnel obsessionnel, la pureté de son corps lui mettant l'eau à la bouche. Mais il continuait de la détester, cette petite garce se permettant de flirter avec son traître de frère. Plus il se noyait dans l'océan de son regard, plus cette passion sexuelle était intense. Ces nuits étaient hantées de fantasmes où la déesse de la nature s'offrait à lui dans un jeu de sensualité. Ses espoirs commencèrent à se réaliser quand il croisa le traître s'adonnant à ce plaisir à sa place dans la forêt, le lieu parfait. Satisfait de voir que rien ne s'était passé comme prévu, il lui vola son journal intime à plusieurs reprises, confirmant ses soupçons. Si la situation s'était dégradée entre eux, autant récupérer sa chérie. Alors il prit l'apparence de son frère pour l'aider à ne pas avoir de remords et enfin se montrer en public devant elle. Toutes ces tentatives de le repousser l'ont attendri en renforçant son désir de folie. Puis il décida qu'il devait en plus la charmer avec des lettres et des dessins. Mais elle ne lui répondit jamais au lieu de lui sauter au cou, ce qui ne fit qu'accroître sa haine envers cette petite chipie. Rien de tel alors qu'un rendez-vous devant se terminer au lit. Dommage que cette petite peste osa l'insulter en refusant son amour. La haine et le désir prenant le dessus, il choisit de s'amuser en déchirant sa robe au couteau pour enfin voir ce qu'elle lui cachait. Mais rusée comme un renard, elle tenta de le tuer de cette lame et s'enfuit, abandonnant celui qui l'aimait à en mourir. Heureusement pour lui, son âme sœur arriva à temps pour le sauver. Depuis ce jour, sa haine s'intensifia. Il jura de la reprendre par tous les moyens, sans compter que le traître était de retour pour la récupérer. La chance resta cependant du côté du trahi puisqu'une partie de son plan avait fonctionné. Sa belle convaincue de la face cachée du traître était accessible. Maintenant il ne lui reste plus qu'à terminer le travail et se débarrasser du traître.

- Et tout ça devant ta copine ! Franchement je ne comprends pas ce qu'elle fout avec toi !

- Disons que quand je lui ai tout raconté depuis ce jour où je me suis réjoui en te voyant rejeter mon frère, je lui ai demandé ce qu'elle en pensait. C'était l'occasion pour elle de découvrir ce que ça faisait de coucher avec une fille. Elle est arrivée après que tu aies essayé de me tuer avec de la lingerie coquine pour des essayages. Au lieu elle a dû réparer ton gâchis. Mais le malheur a voulu qu'elle entre dans ma salle de bain au moment où ma folie a pris le dessus, me poussant à me faire ça pour sourire à nouveau, dit-il en pointant sa lame sur ses joues meurtries. En la voyant choquée, je lui ai fait la pareille pour lui montrer que ce n'était pas si désagréable. Une fois satisfaite, je lui ai raconté mon fantastique plan de vengeance. Dire que tu allais passer à côté de nous pour sortir avec mon frère.

- En plus tu pourras découvrir comme moi ce que c'est coucher avec une fille. T'inquiète pas j'ai tout prévu pour que tu sois à l'aise.

- Mais alors ?

- Et oui, alors qu'il était innocent tu l'accusais pour un rien et tu l'as rendu malheureux. Je te remercie pour l'aide que tu m'as apporté.

- Oh non Shadow qu'est-ce que j'ai fait, dit-elle en cachant son visage dans ses mains ? C'est toi qui m'as trompée, se défendit-elle en le montrant du doigt !

- La seule responsable c'est toi-même !"

La plante, désespérée, baissa la tête en fermant les yeux. Le hérisson, satisfait, se glissa derrière elle. Ses mains reposèrent sur les épaules de sa victime.

"- Alors j'en conclus que tu es toute à moi désormais.

- Jamais, protesta-t-elle en le repoussant ! Je ne serai jamais à un monstre pervers qui me déteste et veux m'utiliser pour ses désirs personnels ! Plutôt mourir !

- Hmm ça peut s'arranger.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- J'avais justement prévu cette option. Si tu ne veux pas être plus gentille avec moi et m'accepter, je serai obligé de te donner une punition.

- Et que feras-tu quand la police te chopera, demanda-t-elle sur un ton narquois ?

- J'ai déjà prévu de faire porter le chapeau à mon frère. Il y a de nombreuses preuves qui peuvent mener à cette hypothèse. Et une vidéo de ton horrible meurtre avec moi sous son apparence et Shade transformée en son meilleur ami fera d'eux les coupables idéals.

- Mais ils n'ont pas de cicatrices sur le visage.

- J'y travaille. Après nous être occupés de toi, je les endormirai pour leur dessiner un sourire sur le visage. Les enquêteurs vont en conclure que mon frère est devenu fou, déçu de ne pas t'avoir obtenue, en se tailladant les joues. Tails eut le malheur d'être au mauvais endroit au mauvais moment et subit le même sort. Ils ont alors décidé de te tuer d'une manière tout à fait atroce en se filmant pour rendre tout cela piquant. Ensuite il suffira de les tuer en faisant croire à un suicide par balle. Nous laisserons nos armes dans leurs mains après avoir effacé nos empreintes. La police en conclura qu'ils se sont suicidés après le meurtre. Maintenant dis-moi ce que tu penses de Shade en Tails."

Il s'approcha de l'échidnée dont il prit la main. En prenant l'apparence de Shadow, il lui donna en même temps celle du renard. Cette fois, la plante vivait les toutes dernières minutes de son existence. Elle allait mourir pour avoir subi la vengeance d'un frère jaloux et maléfique. Pendant un moment, elle se crut dans la saga littéraire "Millénium" de son père qu'elle avait lu quelques années plus tôt. Des personnages sortis tout droit des enfers, se faisant passer pour des gens respectables en guise de couverture. Malheureusement les héros finissent par découvrir leur petit manège mais sont condamnés à disparaître pour en avoir su beaucoup trop. Le hérisson, toujours transformé, la provoqua encore en lui tournant autour.

"- Tiens tu ne te plains même pas.

- Comment ça ?

- Tu ne me supplies pas comme toutes ces femmes se soumettant aux désirs de leurs bourreaux en pensant avoir une chance de survivre, même si elles savent que leur heure se rapproche. Quand leur tour vient, elles leur lancent un regard leur demandant de ne pas commettre l'irréparable. C'est cet espoir qui les poussent encore et toujours à supplier encore et encore alors qu'elles sont bonnes qu'à crever. Mais putain qu'est-ce qui continue de leur faire croire qu'elles ont une chance bordel de merde, soupira la bête les mains au ciel ? Tu te fais kidnapper tes chances de survie tombent à zéro merde ! Mais toi non. Tu restes digne sans sourciller. Sans même me sortir des conneries du genre "Oh non Mephiles t'es pas gentil, plaisanta-t-il d'une voix aigue mains sur les joues ! Ça ce fait pas pour ton frère ! Qu'est-ce qu'elle dirait ta mère ? T'es vraiment méchant !"

Il battit des paupières d'une manière féminine à la dernière hypothèse sans contenir son détestable rire. Il reprit son sérieux après quelques secondes.

"T'es pas d'accord ?"

La plante baissa la tête, paupières fermées. Le hérisson curieux se plaça en face d'elle et se pencha. Un sourire narcissique rempli de tentation malsaine se forma sur les lèvres de la plante.

"C'est quoi ce sourire-là, grogna-t-il ?"

Pour tout réponse, Cosmo rouvrit ses yeux instantanément, son sourire déformant son visage. En une fraction de secondes, elle fit un demi-tour sur elle-même. Sa jambe valsa droit dans la figure du hérisson. Son pied heurta le nez de son adversaire qui tomba au sol un mètre plus loin. Trois gouttes de sang éclaboussèrent sur sa robe. Le faux renard porta les mains à la bouche puis se précipita pour l'aider. Mephiles avait repris sa vraie apparence, il suffit de faire couler son sang pour dévoiler sa vraie identité. Le visage de la plante se durcit. Ses paroles s'emportèrent sur un ton très fort.

"Tu ne mérites même pas que je te donne ce plaisir de m'entendre dire ça ! Te sortir ces paroles c'est te montrer ma faiblesse ! Tu mérites de ne recevoir aucun plaisir de ma part ! Pas après tout ce que tu as fait à Shadow pendant toutes ces années ! Dire que je l'ai laissé croire qu'il avait une chance de se faire pardonner et qu'il ne devait pas t'en vouloir ! Il aurait honte d'avoir un jumeau qui est devenu son véritable opposé ! Toutes ces années où il t'a protégé de son calvaire de sixième, c'est comme ça que tu le remercies !"

Elle reprit son souffle. Sa rage retomba en voyant le hérisson se relever avec un sourire fou qu'elle connaissait bien. Il essuya le sang coulant de son nez du revers de sa main. Il s'approcha lentement de la plante en reprenant l'apparence de son frère. Il prit un ton doucereux l'ayant terrifiée ce soir où elle avait échappé de peu à la mort pour lui faire face de nouveau.

"- Oh Cosmo tu vas regretter ces mots. Quel dommage de devoir tuer une beauté qui irrite autant mes prunelles. Mais puisque tu as décidé de te comporter comme une gamine capricieuse, tu ne me laisses pas le choix. Bien, si on commençait par jouer pour célébrer les dernières minutes qui te restent à vivre. Tu aimes jouer à cache-cache ? Moi j'adore, surtout quand je peux tuer la beauté que je trouve.

- Allez moi je filme le tout, s'extasia le faux renard en allumant la caméra ! Oh j'ai hâte qu'on revoit ça en se branlant devant la télé !

- Patience et on sera satisfait. Bien moi je compte, tu te caches et Tails tu filmes. Alors je compte jusqu'à 10, dit-il en se cachant les yeux."

Cosmo tourna alors les talons en courant aussi vite qu'elle put. Mais pas assez, le décompte macabre résonnait toujours dans ses oreilles.

"7...Tu abuses de ma patience Cosmo...8...9...10...Place au fun chérie !"

La terreur de la plante s'intensifia au son de la course de ses futurs assassins. Les commentaires sadiques que le hérisson devait lancer à la caméra ne l'aidèrent pas. Ils étaient tout près, elle se cacha derrière un arbre en respirant bruyamment.

"Alors où te caches-tu ma jolie ? Tu es nerveuse ? C'est à cause de mes cicatrices ? Oh ne sois pas si timide ! Tu diras le contraire quand je vais te graver un joli sourire pour égayer tes jolis yeux ! Oui ces yeux que j'ai jamais supportés, gronda le psychopathe sur un ton haineux ! Ce regard bleu rempli de pureté qui m'excitait et me donnait la haine en même temps sale petite pute !"

Pendant qu'il continuait son discours, elle se décolla de son arbre, reprenant sa course folle en pleurant. Elle accéléra, le hérisson l'avait vue. La fatigue se fit bientôt sentir à cause de sa faiblesse physique. Elle faillit tomber mais se rattrapa contre un arbre. Elle vit l'ombre d'une main levée armée d'un couteau. Un cri s'échappa à la vue du faux Shadow défiguré d'un sourire fou et d'un regard brûlant. En esquivant son coup, la lame déchira sa manche et entailla son bras au passage. La plante hurla de douleur. Elle reprit la fuite en tenant son bras saignant. Elle ne tiendra plus longtemps. Dans sa précipitation, elle trébucha contre la racine d'un arbre, tombant à plat ventre. Sa cheville droite lui faisait horriblement mal. Plus moyen de se relever. Elle avala sa salive de travers en sentant une main puissante l'attraper par le cou. Son bourreau la souleva d'une main. Il plaqua la plante contre l'arbre devant lui. Les yeux de Cosmo étaient exorbités. Ses mains essayaient de repousser le poing qui l'étouffait. Des larmes coulèrent de ses yeux pendant qu'elle suffoquait.

"Oui c'est ça continue de m'exciter ma petite putain ! Et dire qu'on t'aurait fait passer des nuits de folie ! Heureusement qu'il nous restera un délicieux souvenir de toi quand on sera en manque bien que tu sois encore plus excitante vivante ! Même morte tu nous rendras dingue à en crever !"

La pauvre Cosmo resta les yeux remplis d'horreur en attendant la mort. Elle ne viendra qu'après ses souffrances terminées. Elle s'accrochait à sa main la tenant fermement par le cou pendant qu'il déversait son appétit sexuel sur son corps. Sa circulation sanguine fut bloquée, comme si on l'étranglait avec un foulard. Son visage devint rouge, les larmes coulaient encore plus de ses yeux. La sueur envahit son front et dégoulina sur son corps. Sa robe fut bientôt trempée et lui colla au corps. Elle commença à avoir des hallucinations et à sentir la vie la quitter. Pendant qu'elle étouffait, le hérisson leva son couteau, découpant la dentelle sur le bord de sa robe. Le lacet fut lentement dénoué, un doit effleura sa poitrine à découvert. Il glissa la lame glacée du côté non-tranchant entre ses seins tout en souriant de satisfaction. Avec le côté tranchant, le haut de sa robe s'ouvrit en ligne droite. Sa main armée glissa sous sa jupe, caressant sa jambe de la lame. La pointe effleura son mollet en ouvrant sa chaussette. Sa peau fut griffée jusqu'au sang. Un doigt se fourra sur le côté de sa culotte. La lame glissa au même endroit pour déchirer sa mince protection. Il répéta l'opération de l'autre côté. Le morceau de tissu tomba le long de ses jambes. D'un coup sec de la même main, il tira sur le haut de ses manches dans un concert de tissu déchiré, révélant ses belles épaules rondes et blanches. Le monstre se pencha sur ce qui s'offrait à lui. Cette horrible bouche suça la peau pour s'offrir une délicieuse friandise. La peau garda une marque rouge saupoudrée du sang de son sourire ayant coulé. Sa faim perverse un peu apaisée, il caressa de sa lame la joue de la plante figée d'horreur. Ses yeux regardèrent derrière le hérisson quand sa vision redevint claire pendant un court instant. Ils affichèrent cette fois la surprise la plus totale. Son tortionnaire tourna la tête de surprise. Devant lui à un mètre, se tenait le vrai Shadow armé d'un pied de biche levé en l'air. Un cri à la bouche, défiguré par la colère, il fonça droit sur son faux double. Il rompit la distance entre eux par un énorme coup asséné dans la tête de son jumeau, le faisant lâcher sa victime. Le bout pointu lui ouvrit le front. Le sang coula, lui rendant son apparence. Il lança son arme vers le faux renard, le coup lui écorcha la joue. L'échidnée, redevenue telle qu'elle était, tomba en arrière. Elle s'assomma toute seule sous la violence du choc. Le hérisson noir ramassa son arme, écrasant au passage la caméra sous sa semelle. Cette fois Mephiles n'a plus aucun moyen de le faire accuser de quoi que ce soit. Il serra une Cosmo presque morte contre lui. Une main passa sous sa tête pour la lever à hauteur de ses yeux.

"Cosmo tu vas bien ? Cosmo c'est moi !"

Enfin un signe de vie, elle ouvrit faiblement ses paupières.

"- Shadow...tu es venu.

- Tu me remercieras plus tard mon cœur. C'est trop tôt pour crier victoire. Va te cacher, je voudrais pas te blesser."

La plante se releva courageusement et courut se cacher derrière un buisson, loin du champ de vision de ses tortionnaires. Malgré sa cheville qui lui faisait mal, elle réussit à ignorer la douleur. Après s'être assuré qu'elle était en sécurité, Shadow se tourna vers celui qu'il avait osé appeler son frère pendant toutes ces années. Son visage réussit à glacer le sang du monstre riant nerveusement. Paupières mis-closes, la haine brûlant ses yeux, les dents serrées grimaçant de colère sous ses lèvres, une main serrant le pied de biche, Mephiles venait de signer son arrêt de mort.

"Oh dieu soit loué tu es là frangin ! On parlait justement de toi avec Cosmo ! On se demandait justement si tu allais participer à notre partie de cache-cache !"

Son rire disparut en voyant le hérisson noir, le visage figé par sa colère, montrer un dictaphone. Il mit l'enregistrement en route, dévoilant les propos du hérisson bleu marine. Arrivé à l'annonce du meurtre de Cosmo, son poing se ressera sur l'appareil. La voix enregistrée devint symboliquement inaudible jusqu'à ce que l'appareil se brise dans la main du hérisson. Les morceaux jonchèrent le sol. Il s'approcha lentement de Mephiles pour lui décocher un violent coup de poing qui l'envoya valser contre un arbre. Il se précipita sur lui en grimaçant de colère pour lui donner encore plus de coups avec une violence qui choqua la plante de sa cachette. C'était maintenant son tour de connaître la haine la plus profonde qu'il n'ait jamais ressenti. Quand son adversaire se retrouva à terre pour la énième fois, couvert d'ecchymoses avec en plus un œil au beurre noir, une lèvre fendue et le nez cassé, Shadow le traîna par les épines jusqu'au bord de la rivière. Cosmo les suivit en faisant attention à rester cachée. Le hérisson plongea la tête de son frère dans l'eau en grinçant des dents, les yeux exorbités de rage. Mephiles n'eut pas le temps de retenir sa respiration mais entendit tout ce que son frère disait.

"Dire que je t'ai protégé et que j'ai laissé Cosmo croire que t'étais un crétin de première inoffensif ! J'aurais dû raconter à tout le collège ce que t'es devenu et te montrer comment une réputation est détruite du jour au lendemain mais non ! J'ai étouffé le scandale parce que je t'aimais mais l'amour ce n'est pas ton fort n'est-ce pas petit frère ? Ou plutôt salopard de première classe ! J'ai laissé passer cette histoire débile mais transformer la vie de celle que j'aime en enfer ! Ça je devrais te tuer ! Quoi j'entends pas t'as la bouche pleine !"

En effet, le hérisson émettait des sons signifiant qu'il était en train de se noyer. Shadow émergea sa tête de l'eau, l'aidant à retrouver sa respiration. Il l'envoya se cogner contre un arbre d'un coup de poing. Il le souleva du sol par le cou, le plaquant contre le tronc. Le bleu marine se fit encore amocher à coup de poing. Derrière lui, Shade reprit connaissance. Face à la scène, elle sortit un revolver en visant le hérisson noir. En position d'attaque, elle chargea son arme. Sa cible fut alerté de sa présence par le bruit. Sans perdre une seconde, il envoya un couteau se planter droit dans l'épaule de l'échidnée. Elle hurla de douleur en tombant à genoux. Shadow, ramenant son regard vers son frère, se figea en écarquillant les yeux. Une douleur dans le côté droit, en bas de sa cage thoracique, venait de le paralyser. Mephiles le regardait en grimaçant de colère. Le hérisson noir baissa les yeux, un couteau enfoncé dans la peau. Son adversaire retira la lame dégoulinante de sang. Le hérisson tomba à genoux en gémissant, la main sur sa blessure.

"Cette règle s'applique aussi à toi."

Il s'avança mal en point vers Shade qu'il aida à se relever. Ils coururent aussi vite que leurs jambes pouvaient encore les porter. Cosmo, horrifiée par ce qui venait de se passer, se précipita vers le hérisson blessé.

"- Mon dieu Shadow tu es blessé ! Il faut t'emmener à l'hôpital !

- Non ! Pas avant que j'ai réglé mes comptes avec ce diable ! Tant qu'il sera toujours vivant je ne me permettrai pas d'abandonner ! Il veut la guerre, elle est commencée depuis longtemps ! Suis-moi !"

Malgré sa blessure grave, il se releva et entraîna la plante à sa suite en courant. Il la mena à une voiture stationnée au bord de la forêt. Il enfonça son pied de biche dans le trou de la portière passager à l'avant. Il le tordit pour détacher cette partie. Cosmo monta, le hérisson lui demanda de ne pas s'attacher. Il s'installa sans s'attacher et démarra à toute allure. Il fonça en repoussant la boite de vitesse pour avoir de l'espace. Cosmo fut collée en arrière, s'accrochant à ce qu'elle pouvait. Sur la route, Mephiles et Shade s'arrêtèrent pour faire le point sur ce qui s'était passé. L'échidnée réussit à arracher la lame de son épaule, non sans tâcher son siège de sang et pleurer.

"- On est mort ! Tout s'est retourné contre nous !

- Tais-toi, ordonna le hérisson en la secouant par les épaules ! On est pas mort t'entends ! On va se tirer d'ici et refaire notre vie ! On se tire à l'étranger et on se planque dans un coin où personne ne nous retrouvera ! Je te promets qu'on sera heureux et qu'on fondera notre famille ! C'est bien ça que tu veux ?

- Oui. Allons-nous-en dès maintenant."

La lumière de feux de route les aveugla. En regardant, ils se figèrent d'horreur. La voiture de Shadow fonçait droit sur eux. Ils purent apercevoir dans les derniers instants, le hérisson crispé sur le volant avec un sourire fou et les yeux remplis de haine, ainsi la plante les yeux écarquillés de frayeur.

"Salopard prétentieux et psychopathe ! JE TE HAIS !"