Chapitre 33 – L'Ordre du Phénix (Partie 6)
Charlie n'osa d'abord pas bouger, alors que la femme de ses rêves était sur ses genoux en train de l'embrasser. Sentant qu'il ne réagissait pas beaucoup, Laureen décida de continuer sur sa lancée de courage gryffondorien, et entreprit de faire avancer les choses. Elle glissa ses mains dans le cou de Charlie et commença à déboutonner sa chemise. Cela sembla réveiller le dresseur de dragons, qui sans plus se préoccuper de la musique ou du reste, passa ses mains sous les cuisses de la jeune femme et se leva en la soulevant en même temps, avant de se diriger vers la chambre.
Il la posa sur le sol en arrivant dans la pièce, alors qu'elle terminait de lui retirer sa chemise. Leurs chaussures disparurent on ne sait trop comment, alors que Charlie s'attaquait au cou de Laureen, lui laissant un magnifique suçon au passage. Puis d'un coup il se rappela ce qu'ils étaient en train de faire et se sépara un peu brusquement d'elle, marchant jusqu'à l'autre bout de la pièce.
-Je… Enfin… On peut attendre tu sais, réussit-il à articuler.
-Oh, euh… Tu as raison, rougit Laureen. Après tout, on n'est pas obligés de se sauter dessus comme des ados en chaleur…
Un silence passa.
-Et puis merde, jura Charlie en franchissant en trois enjambées l'espace qui le séparait de Laureen avant de la serrer contre lui de manière possessive et de l'embrasser à pleine bouche.
Laureen lui sauta au cou en verrouillant ses jambes autour de ses hanches, et il passa les mains sous ses fesses pour la maintenir contre lui avec un léger grognement. Laureen se sentit doucement plaquée contre un mur alors que la bouche de Charlie descendait dans son cou et laissait un deuxième suçon à quelques centimètres du premier.
-Hmm… Cha-Charlie… grommela-t-elle.
-Oui mon ange ?
-Pas… confortable… lui dit-elle. Lit…
-Sur le lit ? Pas de problèmes, sourit-il avant de la lancer sur le lit.
Elle y atterrit avec un rire, qui se bloqua dans sa gorge quand Charlie s'approcha d'elle comme un prédateur, et grimpa au-dessus d'elle sur le lit. Il l'embrassa, d'abord doucement puis avec de plus en plus de passion.
Le lendemain matin, Laureen se réveilla lorsqu'un rayon de soleil paresseux osa se poser sur son visage. Un frisson parcourut sa colonne vertébrale et elle ouvrit les yeux en grommelant, avant de lâcher un cri perçant en se rendant compte qu'elle était entièrement nue, et que tout ce qu'elle portait était la bague que lui avait offert Charlie la veille.
Du bruit se fit entendre et la porte de la salle de bains s'ouvrit à la volée, et Charlie sortit de là en courant, baguette à la main. Dès qu'elle le vit, Laureen poussa un autre cri et se couvrit aussitôt les yeux.
-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Charlie qui cherchait des yeux une quelconque menace.
-Tu… Tu es… bégaya Laureen en agitant frénétiquement sa main libre, les joues écarlates.
Charlie baissa les yeux pour voir quel était le problème, avant d'éclater de rire.
-Toi aussi, tu sais ? se moqua-t-il gentiment en s'appuyant contre le mur.
Laureen rougit d'avantage et remonta la couverture jusqu'au-dessus de sa tête.
-Par Merlin, couvre-toi Charlie ! marmonna-t-elle sous la couette.
-Ce n'est pas ce que tu disais hier soir, répliqua le rouquin en tirant sur la couette pour la découvrir.
Il se glissa dans le lit et passa ses bras autour des hanches fines de sa belle avant de la ramener contre lui.
-Hey, non, va t'habiller d'abord ! se débattit la jeune femme en riant. Charlie, non !
-Juste un câlin ? demanda Charlie en prenant une mine boudeuse.
-Ok, viens là, sourit Laureen en se blottissant contre lui.
Elle eut un sursaut et gémit de douleur quand elle bougea les jambes. Aussitôt Charlie se redressa.
-Est-ce que ça va ? s'inquiéta-t-il.
-Oui, c'est juste…
Elle rougit, ne souhaitant pas vraiment lui expliquer ce qui lui faisait mal. Charlie comprit, et l'embrassa sur le front.
-Je suis désolé, je ne voulais pas te faire mal.
-C'est bon, ne t'en fais pas. On doit se lever aujourd'hui ?
-Pas forcément, sourit Charlie. Petit-déjeuner au lit ?
-Hmm, oui s'il-te-plaît.
Charlie lui vola un baiser et sortit du lit pour mettre un pantalon de jogging avant de filer dans la cuisine. Laureen se leva juste le temps de mettre des sous-vêtements et d'enfiler la chemise de Charlie par-dessus, avant de se glisser à nouveau dans le lit. Charlie revint quelques minutes plus tard avec un plateau chargé dans les bras, et son sourire s'élargit quand il vit sa petite-amie qui s'était rendormie dans sa chemise, la couverture en boule à ses pieds.
Il déposa délicatement le plateau sur sa table de nuit et lança un discret « Accio appareil photo » avant de prendre un cliché de sa petite amie. Il se glissa ensuite sous la couverture et la prit dans ses bras avant de l'embrasser sur le front. Elle grommela quelque chose et voulut se dégager mais Charlie resserra son étreinte et entreprit d'embrasser chaque centimètre carré de peau dans son cou, avant de descendre dans son décolleté. Les yeux de Laureen s'entrouvrirent et elle attrapa Charlie par le menton pour l'embrasser.
-Je croyais qu'on prenait le petit-déjeuner ? marmonna-t-elle, la voix encore rauque de sommeil.
-C'est toi mon petit-déjeuner, répondit Charlie en se plaçant au-dessus d'elle avant de l'embrasser.
Elle éclata de rire et l'embrassa sur le nez.
-Mais j'ai faim… protesta-t-elle avec une moue adorable.
Le regard du dresseur de dragons se voila de désir en la voyant se mordiller la lèvre inférieure, ses grands yeux verts fichés dans les siens.
-Après, réussit-il à articuler. Laisse-moi te faire plaisir d'abord.
Laureen n'avait aucune envie de protester face à l'air terriblement sexy de son petit-ami et l'embrassa avant de laisser retomber sa tête sur l'oreiller avec un soupir de contentement.
Ce jour-là Charlie l'emmena voir des Magyars à pointe et des Boutefeux chinois, et elle insista tellement qu'il la fit aussi passer par l'enclos des Boutefeux catalans au retour. Dans les jours suivants, elle eut le loisir de découvrir les Suédois à museau court, les Norvégiens à crête, les Vert gallois, les Pansedefer ukrainiens, et les Dent-de-vipère du Pérou.
Finalement le 31 décembre arriva, et ce matin-là Laureen se réveilla la première, alors elle entreprit de préparer un petit-déjeuner pour son homme. Tandis qu'elle faisait fondre un peu de beurre dans une poêle pour préparer du pain perdu, un bruit à la fenêtre lui fit tourner les yeux. Elle fit un grand sourire quand elle vit qu'il s'agissait de Charlie, son hibou, et s'empressa de lui ouvrir la fenêtre. Le hibou se laissa cajoler une minute, avant d'attirer son attention sur le gros paquet attaché à sa patte. Laureen lui donna une friandise alors qu'elle détachait délicatement le colis.
-Hmm, ça sent bon, fit une voix rauque derrière elle. Tiens, il y a du courrier pour nous ?
Laureen rougit en voyant la facilité avec laquelle il employait le nous, comme si elle habitait avec lui depuis toujours.
-Charlie vient d'arriver avec le colis. Tu peux l'ouvrir s'il-te-plaît ? Je finis de préparer le petit-déjeuner.
Charlie l'embrassa dans le cou et porta le paquet assez léger jusqu'à la petite table de la cuisine pendant que Laureen s'appliquait à faire griller les tranches de pain perdu.
-C'est de ton père, annonça-t-il avec étonnement. Il y a une lettre, je te la lis ou tu veux le faire seule ?
-Non, vas-y.
-C'est assez court, ça dit : « J'ai dû mettre Ginny, Hermione et les jumeaux sur le coup avec moi, mais je pense que le résultat en vaut le coup. J'ai ajouté une surprise, c'était à ta mère, et elle aurait aimé que tu le portes. J'espère que ton séjour en Roumanie se passe bien et que Charlie te traite comme il se doit. A bientôt, ton papa chéri. »
Laureen éclata de rire et lui prit le paquet des mains avant que Charlie ne puisse voir ce qu'il contenait, et lui mit une assiette pleine devant les yeux pour détourner son attention alors qu'elle allait mettre le paquet avec ses affaires dans la chambre.
-C'était quoi ? la questionna Charlie en versant du sirop d'érable sur son pain perdu.
-Une surprise, répliqua Laureen en griffonnant un petit mot de remerciement qu'elle accrocha à la patte de Charlie. C'est comestible ?
-C'est excellent, sourit Charlie en reprenant une bouchée avant de l'attraper par la taille pour l'asseoir sur ses genoux.
Il l'embrassa tendrement d'abord, puis elle se tourna davantage vers lui en passant la main dans ses cheveux, enroulant ses jambes autour de sa taille.
-Gourmande, se moqua gentiment Charlie avant de mordiller sa lèvre inférieure.
-Shh, ramène-moi dans le lit tout de suite sinon je fais grève jusqu'à la fin des vacances, dit-elle en plissant les yeux.
-Oui madame, répondit Charlie en souriant de toutes ses dents. A vos ordres.
Il se leva en la soulevant en même temps et courut presque jusqu'au lit. Après quelques heures à traîner au lit et un déjeuner partagé dans la joie et la bonne humeur, Charlie poussa Laureen vers la douche.
-Une douche à deux heures et demie ? s'étonna-t-elle alors qu'il s'évertuait à lui enlever son gilet et son chemisier bouton par bouton.
-Je compte prendre tout mon temps dans cette douche, répondit-il en l'embrassant sur le nez. Et après tu mettras des heures à te préparer, je te connais, et on a rendez-vous à dix-huit heures.
-T'as intérêt à assurer dans la douche, grommela Laureen. Et ce soir après la fête.
-Tu as pris une potion pour la libido ? demanda le dresseur de dragons.
-Non, je fais provision avant de devoir retourner au couvent, sourit Laureen.
-Poudlard est loin d'être un couvent, en tout cas de mon temps il était dur de trouver un placard à balais de libre quand on devait satisfaire une groupie du Quidditch…
Laureen le bâillonna avec une main tandis qu'elle glissait rapidement la main dans son pantalon, le faisant écarquiller les yeux.
-Je ne veux même pas en entendre parler, martela-t-elle. Et si tu finis cette phrase, tu te la mets derrière l'oreille jusqu'à mon retour à Poudlard.
Charlie déglutit et hocha la tête rapidement.
-Parfait, sourit Laureen.
Elle retira ses vêtements en approximativement trois secondes quarante-sept et sauta dans les bras de Charlie, s'accrochant à lui comme un koala s'accroche à sa branche. Charlie secoua la tête en riant et partit dans la salle de bain, terminant de se déshabiller comme il le pouvait sur le chemin, avant de se glisser avec elle sous l'eau chaude.
Quelques heures plus tard, Charlie toqua à la porte de la salle de bain.
-Mon ange, il faut y aller, arriver en retard serait du plus mauvais effet !
-C'est bon, j'arrive !
La porte s'ouvrit à la volée et Laureen en sortit. Charlie resta figé. Laureen avait ordonné ses boucles en larges mèches autour de son visage, et souligné ses yeux verts d'un smokey eyes noir intense. Sa bouche brillait d'un rouge écarlate, comme sa robe aux reflets chatoyants dont le tissu s'arrêtait modestement sous les genoux et couvrait légèrement les épaules.
-Ton nœud papillon, soupira Laureen en le remettant droit, le tirant de sa torpeur.
Il enroula ses bras autour de la taille de sa petite-amie et l'embrassa sauvagement.
-J'hésite à t'emmener à cette fête finalement, je crains que tu ne t'enfuies avec un autre dresseur plus beau que moi.
-Il faudrait déjà qu'il y en ait un pour ça. On y va ?
Il raffermit sa prise sur la taille de sa belle et transplana jusqu'à la maison des dresseurs, où la plupart de ses collègues étaient déjà rassemblés, certains avec leur moitié. Charlie entra en souriant, Laureen resplendissante à son bras, et salua de la main quelques connaissances tout en se dirigeant vers les trois amis qu'il avait déjà présentés à sa petite-amie.
-Messieurs, les salua-t-elle d'un sourire.
-Les gars, vous avez mis quoi dans mon verre ? demanda Estebàn à voix haute. Parce que j'ai des hallucinations là, il y a la plus belle femme du monde qui me sourit.
-Flatteur, rit Laureen en prenant la coupe de champagne que lui tendit Charlie.
Tout le groupe rit de bon cœur avant que Gavril ne pousse légèrement une jeune femme en avant.
-Laureen, je te présente ma petite-amie, Francesca. Francesca, voici Laureen, la petite-amie de Charlie.
Les jeunes femmes se jaugèrent un instant du regard, avant de sourire et de se faire la bise.
-J'ai entendu parler de toi dans certaines des lettres de Gavril, dit Francesca. Il me décrivait les aventures de Charlie pour te séduire.
-Je suis sûre qu'il a oublié les moments les plus croustillants, répondit Laureen avec un large sourire. Je me ferais un plaisir de compléter l'histoire.
Les deux nouvelles amies partirent vers le buffet en plantant là les hommes, dont deux les regardèrent s'éloigner comme des chiots égarés, faisant pouffer leurs deux autres collègues.
Pendant que Francesca et Laureen faisait connaissance, Charlie discuta avec ses collègues de choses et d'autres qu'ils devaient régler sur la réserve, avant qu'Andrei ne remarque que les yeux de Charlie s'égaraient de plus en plus souvent sur la silhouette de sa belle. Il observa bien son ami avant de parler, et put lire dans ses yeux tout l'amour qu'il portait à cette femme.
-Quand ? demanda-t-il simplement.
Charlie se tourna vers lui et rougit un peu quand il comprit ce dont parlait son collègue.
-A la fin de l'année scolaire j'espère. Peut-être le jour de la remise des diplômes. Mais je dois d'abord aller demander sa main à son père. Et à ses meilleurs amis.
-Aller demander à Sirius Black la main de sa fille unique, tu as du courage, sourit Andrei.
Charlie écarquilla les yeux mais Andrei lui fit signe que les autres n'avaient rien entendu.
-Elle lui ressemble, et ce n'est pas dur de le deviner quand on sait regarder. Mais ses meilleurs amis ?
-Mes frères, Fred et George. Ils sont inséparables tous les trois, et je ne pourrai pas l'épouser sans leur approbation.
-Et tu as déjà une bague ?
-Pas encore. Mais je lui ai déjà offert une bague de promesse. Mais j'ai peur qu'il soit encore un peu tôt pour elle, je ne sais pas si elle pense déjà à un futur possible entre nous…
-Si tu ne le sais pas c'est que tu es un idiot, Charlie Weasley. Si cette histoire n'était pas sérieuse pour elle, elle ne serait pas venue avec toi aujourd'hui, elle ne serait même pas venue en Roumanie. Elle ne se serait pas battue avec Arabella non plus. Et elle ne porterait certainement pas une aussi jolie robe. Maintenant, va danser avec ta chérie avant qu'un autre n'essaie de l'enlever.
Charlie ne se le fit pas dire deux fois et se précipita presque jusqu'à Laureen pour lui demander une danse.
