Chapitre 34 – L'Ordre du Phénix (Partie 7)
Après la soirée du nouvel an, Charlie avait dû récupérer une Laureen passablement éméchée, cachée sous une table avec Francesca, des bouteilles de Whisky Pur Feu dans les mains et un rire d'otarie sous hélium sortant de leurs bouches. Gavril et lui avaient dû batailler ferme pour récupérer leurs petites amies respectives. Gavril avait promis à la sienne une tonne de chocolat et Charlie lui… avait promis à Laureen de passer des heures et des heures au lit avec elle. Promesse qu'il s'était acharné à tenir toute la semaine, jusqu'à ce matin.
Ce matin, à neuf heures, Charlie réveilla sa belle en lui amenant le petit-déjeuner au lit. Elle émergea d'un sommeil de plomb en grognant, et eut un sourire attendri en voyant le plateau qu'il avait dans les mains.
-Hmm, je pourrais vraiment m'habituer à ça tous les matins.
-Tu sais que je n'attends que ça, répliqua Charlie en posant le plateau sur la table de nuit avant de se glisser à ses côtés.
-Et tu sais que je vais avant tout finir ma dernière année à Poudlard, et que j'ai déjà accepté le stage en Écosse, c'est une occasion unique, avec ça je pourrai soit travailler pour l'équipe de Quidditch d'Écosse, soit pour n'importe quelle autre équipe de Quidditch ! J'ai besoin de cette expérience pour pouvoir travailler ensuite pour l'équipe de mon choix. Ce qui me laisse beaucoup de villes possibles pour m'installer ensuite.
-Je sais, mon ange. Mais j'ai quand même envie de te préparer ton petit-déjeuner au lit tous les matins. En parlant de petit-déjeuner…
Quelques instants plus tard, Charlie rangeait la vaisselle tandis que Laureen terminait de se préparer et de ranger sa malle. Elle en profita pour voler quelques vêtements à Charlie, avant de vérifier qu'elle avait bien mis son uniforme. Elle faisait la moue en s'observant dans le miroir quand il revint dans la chambre.
-Quelque chose ne va pas ? dit-il en s'approchant avant de ceinturer sa taille amoureusement.
-Si, ça va. C'est juste que… c'était bien, ces jours-ci. C'était calme, et je me sens bien quand je suis avec toi. Je n'ai pas envie de quitter cette bulle, c'est tout.
-On se revoit dans à peine plus d'un mois, pour la Saint-Valentin, lui rappela Charlie. Tu verras, ça passera très vite.
-Tu as raison, admit-elle. Mais un mois sans sexe, c'est tellement long !
Charlie éclata de rire avant de la retourner vers lui et de l'embrasser passionnément, la poussant doucement jusqu'au mur. Il s'attaqua à son cou tandis qu'il glissait sa main sous la jupe de sa petite amie, la faisant gémir de plaisir.
Une quinzaine de minutes plus tard, Laureen tentait désespérément d'arranger son uniforme et d'ordonner ses cheveux de manière à cacher la demi-dizaine de suçons qui parsemaient la peau blanche de son cou, le tout en fusillant Charlie du regard. Lui, allongé sur le lit et se délectant de la vue de sa petite amie se rhabillant, lui souffla un baiser.
-Pourquoi tu me fais la tête ? Je veux juste te contenter au maximum avant que tu doives repartir.
-Je n'ai pas de maquillage et je ne connais pas de sort pour cacher ça ! répliqua Laureen.
-Et pourquoi tu voudrais cacher ça ? Moi j'aime bien l'idée que tout le monde sache que tu es prise. Je me sens un peu plus serein, surtout en sachant que tu retournes dans une école où au moins la moitié de la population masculine de ton année et de l'année d'en-dessous a envie de te sauter dans un placard après un match de Quidditch.
-Charlie !
-Quoi ? se défendit-il. C'est vrai. Tu es une femme sublime, incroyablement sensuelle, une véritable invitation à la débauche. Tu es brillante, tu as déjà une promesse de travail qui t'attend dès le début de ta septième année. Tu es drôle, après tout tu n'es pas la meilleure amie des maîtres farceurs de Poudlard pour rien. Tu as une forte personnalité, tu n'as besoin de personne pour te défendre, tu es incroyablement forte… Quel homme sensé n'aurait pas envie d'une femme comme ça ?
Laureen se mordit la lèvre en rougissant. Elle tendit la main, et Charlie se leva pour la prendre et l'enlacer avant de l'embrasser sur le front.
-Tu es merveilleuse, et je me demande encore pourquoi tu es avec un vieux débris brutalisé par des dragons comme moi. Tu pourrais avoir n'importe quel homme de ce pays, alors qu'est-ce que tu fiches avec moi ?
-Charlie, je t'aime. C'est… ce n'est peut-être pas tant que ça et c'est assez succinct comme explication j'en conviens, mais il n'y en a pas d'autre.
Charlie sourit et l'embrassa doucement. Puis ses yeux tombèrent sur l'horloge et s'agrandirent d'horreur.
-Oh, malheur ! s'exclama-t-il. On a exactement cinq minutes pour retrouver ton père, mes parents et tout le monde sur le quai, se dire au revoir et monter tes affaires dans le train. Et dans cinq minutes je vais devoir te regarder partir…
-Quoi ? Oh, Merlin ! Ma malle, prends ma malle, je vais chercher mon manteau !
Elle partit en courant dans l'entrée récupérer son manteau, et s'accrocha au bras de Charlie pour transplaner jusqu'à l'extérieur de la gare. De là ils coururent comme des fous jusqu'au quai 9 ¾, et arrivèrent hors d'haleine, repérant sans problème le groupe de rouquins qui attendait. Laureen sauta dans les bras de son père – sous polynectar – et l'embrassa sur la joue.
-Je suis désolée, on a dormi tard. Je suis vraiment désolée, je dois filer mais promis je t'envoie une lettre dès que j'arrive pour te raconter mes vacances ! Je t'aime papa !
Elle salua de la main les Weasley alors que les jumeaux commençaient à la tirer vers le train. Charlie réussit à lui voler un baiser avant de la regarder disparaître dans le train. Il se retourna vers ses parents, Bill et Sirius, et soupira.
-Vos vacances devaient être vraiment bien, pour qu'elle oublie de se lever le jour du retour, commenta négligemment Bill.
Charlie le fusilla du regard alors que Sirius grommela.
-Pitié, je ne veux rien entendre à ce sujet sinon je risque d'être à nouveau traîné au Ministère, mais pour un meurtre que j'aurais vraiment commis cette fois ! grogna-t-il avant de se détourner.
Charlie déglutit et les suivit hors de la gare.
Dans le train, Laureen et les jumeaux avaient pris place dans un compartiment et se racontaient leurs vacances respectives.
-En tout cas, il y a une réunion de l'Armée de Dumbledore ce soir, annonça George en leur montrant la pièce de communication.
-Chouette, sourit Laureen. J'ai hâte d'y être. Par contre, j'ai moins hâte de revoir Ombrage…
-Cette chauve-souris va te faire passer un sale quart d'heure si elle voit tes suçons, rit Fred.
Laureen devint blanche comme la craie et fouilla sa sacoche à la recherche d'une écharpe ou d'un foulard.
Heureusement lorsqu'ils arrivèrent à Poudlard, ils réussirent à rejoindre leurs dortoirs respectifs, et après le dîner, Laureen s'installa confortablement dans un fauteuil près de la cheminée de la salle commune pour écrire une lettre à son père. Quand elle eut fini, elle prit un deuxième rouleau de parchemin, et rédigea une lettre pour Charlie. Satisfaite, elle alla se coucher en se disant qu'à la première heure le lendemain, elle irait confier ces lettres aux hiboux.
Deux jours plus tard, alors que Charlie prenait le petit-déjeuner seul dans sa cuisine, pensant à sa petite-amie, un bruit à la fenêtre attira son attention. Reconnaissant immédiatement le hibou, il s'empressa de récupérer la lettre et de lui offrir une friandise avant de lire le parchemin où s'étalait l'écriture fine et italique de la jeune femme.
« Mon dragon,
Le retour en train s'est bien passé, le dîner de bienvenue était délicieux, et maintenant me voilà dans la salle commune, repensant à la discussion que nous avons eue juste avant de partir à la gare. Je suis avec toi parce que je suis profondément et irrémédiablement amoureuse de toi. Je suis tombée amoureuse du jeune homme un peu maladroit qui s'est cogné la tête dans un placard la première fois que je l'ai vu. Je suis tombée amoureuse du garçon qui a failli me noyer dans une rivière, et qui était si passionné quand il me parlait des Suédois à museau court qu'il dessinait et avec lesquels il travaillait. Je suis tombée amoureuse de l'ancien joueur de Quidditch qui a réussi à me faire monter sur un balai, même si mes premiers essais étaient loin d'être concluants. Je suis tombée amoureuse du garçon qui se débrouillait pour me faire passer du chocolat en douce même quand sa mère nous l'interdisait. Je suis tombée amoureuse du jeune homme qui est allé séduire une secrétaire des archives du Ministère pour me trouver une photo de ma mère, de celui qui m'envoyait toujours des lettres à Poudlard depuis que je le connais, qui était terriblement jaloux de me voir avec un autre l'an dernier, qui a débarqué au bal de Noël et a demandé une chanson moldue rien que pour moi, qui m'a fait souffrir mais qui est entièrement pardonné. Je suis amoureuse de cet homme qui me traite comme une princesse, et à qui j'ai fait une promesse que je porte à mon annulaire droit.
Je suis désolée de ne pas avoir été capable de te le dire de vive voix avant que nous partions, mais je le pense. J'ai hâte de te revoir, tu me manques déjà tellement…
Avec tout mon amour, ton ange. »
Charlie resta quelques secondes hébété avant de courir chercher de quoi écrire une réponse.
« Mon ange,
Je viens de recevoir ta lettre. Quelle magnifique déclaration, je ne sais plus quelle étoile remercier pour avoir la meilleure femme du monde pour petite amie. Je ne sais que dire, si ce n'est que moi aussi je t'aime, je t'aime plus que tout. Les petits-déjeuners sans toi me paraissent tellement seuls, j'ai besoin de ta présence ici. Et j'ai terriblement envie de toi, toi aussi tu me manques. Bientôt, promis.
Quand je pense à toi, je te revois toujours dans le jardin du Terrier, courant dans l'herbe sous le soleil dans ta robe bleu clair, un foulard dans les cheveux, et tu ris alors que les jumeaux essaient de t'attraper. C'est une vision divine. Tes yeux verts sont plus brillants que jamais, tes joues sont rosies par l'effort, tes cheveux sont dans tous les sens mais tu es pourtant plus belle que jamais. J'ai envie que ce rêve devienne réalité, que je puisse m'approcher, te serrer dans mes bras, pouvoir enfin embrasser tes lèvres si douces, sentir ton corps contre le mien… Je t'emmènerais dans le bois un peu à l'écart pour te faire l'amour jusqu'à ce que tu en oublies ton prénom, pour être à l'abri des regards indiscrets.
Chaque soir je me couche en regrettant que mon lit soit vide et froid sans toi, et chaque matin je me réveille en espérant te trouver dans mes bras. Je t'aime, de toute mon âme.
Ton dragon. »
Il accrocha soigneusement la lettre à la patte de Charlie avant de le laisser s'envoler vers Poudlard.
Quelques mois plus tard, alors que Laureen essayait désespérément de se réveiller face à son petit déjeuner, Fred lui signifia discrètement qu'une nouvelle réunion de l'armée de Dumbledore était prévue ce soir-là. Elle hocha imperceptiblement la tête, et alla en cours en se demandant ce qu'ils apprendraient aujourd'hui à la réunion.
Elle ne fut pas déçue. En effet, à peine étaient-ils arrivés que Harry les répartit dans la salle et leur annonça qu'ils allaient s'essayer au sortilège du Patronus.
-Il est surtout utile contre les détraqueurs, précisa-t-il. Mais lorsque l'on est capable de produire un patronus corporel, et de le maintenir assez longtemps, on peut l'envoyer comme messager, en cas d'urgence par exemple. La formule est expecto patronum. Allons-y !
Ils commencèrent à prononcer la formule, mais rien de concluant ne se passait pour le moment, pas la moindre étincelle blanche. Harry arpentait la salle pour observer les progrès des uns et des autres.
-Faites appel à un souvenir extrêmement fort, le plus heureux de tous vos souvenirs ! Laissez-le vous envahir. Essaie encore, Seamus. George, à toi.
-Expecto patronum ! dit fermement le rouquin.
Des filaments blancs s'échappèrent de sa baguette, et aussitôt Fred et Laureen le félicitèrent.
-Un patronus corporel est le plus difficile à faire apparaître, mais les non-corporels peuvent vous protéger tout autant, contre toutes sortes d'adversaires.
A ce moment Ginny réussit à faire apparaître une tête de cheval blanche pendant quelques secondes.
-Fantastique, Ginny ! la félicita Harry en continuant son tour. Mais rappelez-vous, votre patronus vous protège tant que vous restez concentrés.
Il s'approcha de Neville, qui comme d'habitude avait beaucoup de difficultés.
-Pense à quelque chose de très heureux, Neville, l'encouragea-t-il.
-Je… J'essaie, Harry, marmonna le jeune homme.
-Je sais, c'est bien, continue.
Dans l'heure qui suivit, Ron fit apparaître un chien, Hermione une loutre, Ginny un cheval complet, Luna un lapin… Fred et George s'éreintaient à encourager Laureen mais celle-ci n'arrivait même pas à faire sortir des étincelles blanches.
-Tu peux y arriver, Lau', on croit en toi ! s'exclama Fred avec détermination.
Elle hocha la tête et décida de réessayer encore une fois. Elle respira à fond et rappela à sa mémoire son meilleur souvenir. Elle se vit avec Charlie, dans la cuisine, alors qu'elle tentait de cuisiner le dîner et qu'il se faisait un plaisir de la distraire en l'enlaçant et en l'embrassant dans le cou. Elle lança le sortilège, mais cela ne sembla pas fonctionner.
-Essaie encore, l'encouragea George.
Elle ferma les yeux et revit plusieurs moments. Quand son père lui avait offert la robe pour le bal de Noël. Quand Charlie l'avait emmenée voir les bébés Suédois à museaux courts. Quand il lui avait offert la bague à Noël. La fête de ses dix-sept ans. La fois où son père et elle avait tenté d'installer une balançoire dans le salon de Remus. Un souvenir la frappa alors particulièrement, et elle se concentra intensément avant de prononcer la formule.
-Expecto patronum !
Un dragon blanc sortit de sa baguette et fit le tour de la salle en planant, coupant le souffle de ceux qui étaient présents. La surprise qu'elle ressentit diminua sa concentration et le dragon disparut.
-Magnifique, Laureen, très beau travail, la félicita Harry.
-Merci, répondit-elle avec un petit sourire.
Elle allait ajouter quelque chose quand un tremblement ressemblant à un petit séisme secoua la salle. Tout le monde se regarda d'un air inquiet. Une deuxième secousse eut lieu, puis une autre, et encore une autre.
-Ombrage cherche à défoncer le mur, murmura Harry. Sortez-tous, vite !
Cela déclencha une panique alors qu'un des miroirs aux murs se brisait en mille morceaux à cause d'une autre secousse. Laureen prit les devants et ouvrit la porte que la salle avait fait apparaître de l'autre côté, enjoignant tout le monde à courir.
-Harry, viens ! cria Hermione en se glissant dans l'ouverture.
-Sortez-tous ! répliqua Harry sans se retourner.
Laureen leva les yeux au ciel mais ferma la porte derrière elle et s'assura que tout le monde était parti avant de s'enfuir à son tour vers la salle commune de Gryffondor, priant Merlin pour que personne ne soit pris par Ombrage ou sa Brigade Inquisitoriale. Elle retrouva ses amis, mais pas Harry.
-Où est Harry ? demanda-t-elle immédiatement à Ron et Hermione.
-Il a été pris par Ombrage, marmonnèrent-ils en évitant son regard.
-C'est Cho Chang qui a parlé, ajouta Hermione.
Aussitôt tous les regards se tournèrent vers elle.
-Comment tu le sais ? demanda George.
-J'avais enchanté le parchemin sur lequel nous avons tous signé, répondit la jeune sorcière. Pour savoir si jamais un mouchard était parmi le groupe.
-Dément, souffla Fred.
Chacun eut du mal à dormir ce soir-là, sachant qu'Harry s'était sacrifié pour le groupe, mais qu'avec Ombrage ils étaient loin d'être hors de danger eux-mêmes.
Effectivement, le lendemain après dîner, ils furent tous traînés de force dans la Grande Salle par la Brigade Inquisitoriale et durent copier des lignes pendant une heure, sous l'œil attentif de la nouvelle directrice de Poudlard, Dolorès Ombrage. Dumbledore s'était en effet échappé la veille après que le Ministère ait tenté de l'envoyer à Azkaban. Ou en tout cas c'étaient ce que les rumeurs racontaient. On entendait des gémissements étouffés et des sifflements de douleur dans toute la salle, à cause des Plumes Grava Sangus, et on pouvait voir quelques élèves, notamment Fred et George, fusiller la meringue rose démoniaque du regard.
Lorsqu'ils sortirent de la salle, tenant leurs mains pour tenter de contenir la douleur, Cho les attendait, l'air coupable. Aucun d'entre eux ne lui adressa la parole, et elle fut même bousculée par certains au passage.
