Le convoi de véhicule arriva enfin à l'hôpital. Les blessés les plus graves furent transportés en salle d'examen. Shadow subit une anesthésie générale pour recoudre la peau. Il se reposa ensuite dans une chambre. La mère de Cosmo lui apporta des vêtements pour se changer et jeter sa tenue abîmée. Plus question pour la jeune femme de garder cette robe de poupée sortie d'un film d'horreur. Mephiles et Shade se firent extraire les balles qu'ils avaient pris dans la jambe. Les cicatrices sur leurs visage en plus des blessures aux jambes et à la tête dues au pied de biche furent recousues. Le nez cassé du hérisson n'avait rien de grave, juste besoin d'une prothèse pour maintenir l'os et l'aider à se réparer. De multiples fractures avaient résultées du choc de l'accident. Ils survivront mais devront rester hospitalisés plusieurs semaines. Les chirurgiens durent réaliser plusieurs opérations pour remettre leurs membres fracturés en état. Au matin, ils avaient terminé. Les coupables reposaient dans une seule et même chambre. Au même instant, Shadow se réveillait dans la sienne. En regardant sur le côté, il vit Cosmo endormie, la tête dans les bras sur le bord du lit. Près de la fenêtre, Tails était assis sur une chaise et endormi. Le hérisson caressa la tête de la plante qui ouvrit les yeux. Ils se regardèrent en souriant. Ils levèrent les yeux vers la porte en entendant toquer. Le renard se réveilla en sursaut. Deux humaines se tenaient à la porte. La plus âgée était blonde aux yeux bleus avec les cheveux longs et la deuxième rousse avec les cheveux courts et les mêmes yeux. Elles s'approchèrent tristement du hérisson qu'elles serrèrent dans leurs bras.

"- Bonjour tata. Bonjour Élise. J'imagine que vous êtes au courant de ce qui s'est passé.

- Oui et nous avons du mal à croire que ton frère était capable d'une chose pareille, dit la blonde. Ton oncle n'a pas pu venir mais lui non plus n'arrive pas à croire ce qu'il a fait.

- Dire que vous étiez frères du jour au lendemain et qu'il a essayé de te tuer tout ça pour une petite histoire de rien du tout, soupira la rousse. Je savais que c'était une mauvaise idée de vous envoyer dans des collèges différents.

- Comment te sens-tu mon chéri ?

- Mieux maintenant. Cosmo je te présente ma tante Maria qui s'est occupée de moi après la mort de mes parents et ma cousine Élise. Tata, Élise je vous présente Cosmo, l'amour de ma vie.

- Enchantée ma jolie, salua Élise en lui serrant la main.

- Ravie de te rencontrer.

- Tout le plaisir est pour moi mesdames.

- Et Mephiles comment va-t-il, demanda la tante ?

- Il ne m'a pas laissé le choix. J'ai dû provoquer un accident pour l'empêcher de faire d'autres victimes mais j'ai raté. Il s'en ait sorti lui et sa connasse de petite amie. Mais cette fois je l'enverrai en taule. J'ai un paquet de preuves compromettantes contre lui."

Mephiles était toujours endormi dans sa chambre. Dans la pièce, une infirmière changeait ses bandages. C'était une louve brune aux yeux verts. Soudain, le hérisson s'agita dans son sommeil. On aurait dit qu'il luttait contre quelque chose. L'infirmière mouilla un tissu dans une bassine d'eau qu'elle posa sur son front. Au lieu de s'apaiser, son patient se mit à parler tout seul.

"- Si et je préfère crever plutôt que de continuer à faire du mal à mon frère et Cosmo !

- Monsieur vous m'entendez ?

- Je n'ai rien fait ! C'est toi qui m'a utilisé pour lui prendre son âme !"

La louve ne comprenait rien à ce qu'il racontait. Son patient était probablement pris de convulsions. Elle pressa immédiatement le bouton d'alerte. Il lui faut continuer d'essayer de rassurer le hérisson avant l'arrivée du médecin.

"- Monsieur ça va aller, respirez à fond. Vous êtes à l'hôpital, je vous soigne. Personne ne peut vous faire de mal.

- C'est toi qui m'as piégé pour obtenir l'âme de mon frère après l'avoir torturé !

- Monsieur peu importe ce qui se passe dans votre cauchemar, rien n'est réel.

- Ta nature qu'est-ce qu'elle peut me foutre ta nature ! T'aurais dû rester bien au fond des enfers !

- Monsieur si vous m'entendez, serrez-moi la moi et ouvrez les yeux.

- Non je ne te laisserai pas les avoir ! Sors de ma tête !"

Les deux mains du hérisson se collèrent contre son crâne. Un effroyable cri s'échappa de sa bouche, repoussant l'infirmière de terreur. Il s'accrocha à la rambarde du lit en se tordant de douleur. Ses paupières s'ouvrirent sur une paire de ciseaux posée sur un plateau avec des instruments médicaux. En quelques secondes, il se débarrassa de ces tubes. Quand il saisit l'outil, l'infirmière tenta de le lui arracher des mains. Son patient lutta malgré la douleur parcourant ses membres. Soudain, tous deux furent projetés en arrière, la louve au sol à l'autre bout de la pièce et le hérisson contre un mur. Les ciseaux tombèrent de ses mains. Impossible pour les deux de bouger, cette force les maintenait fermement.

"- Monsieur vous m'entendez ?

- Bah quoi tu voulais une âme ! Laisse-moi donc t'offrir la mienne !

- Monsieur tenez bon le médecin arrive !

- Inutile tu périras avec moi !"

Le hérisson se libéra de ses chaînes invisibles. Alors qu'il levait les ciseaux au-dessus de son torse, l'infirmière lui attrapa les mains. Il projeta la louve au sol, étonnamment en lui présentant ses excuses. L'instrument se planta dans son organe vital. Un liquide noir tomba de sa bouche quand il ressortit la lame couverte de la même substance. La blouse qu'il portait vira à la même couleur. Une main portée à sa blessure lui donna la preuve de sa victoire. Ses genoux ne supportèrent plus le poids de son corps, l'infirmière le rattrapa. Avec un drap du lit, elle appuya une boule de tissu contre la blessure. Un aigle argenté aux yeux bleus en blouse blanche entra en courant dans la pièce. La main de Mephiles serrant l'outil couvert de cette immonde substance se relâcha, le sombre liquide laissa place à du cramoisi. Avant qu'il ne rende son dernier souffle, les deux membres du corps médical aperçurent son regard mêlant soulagement et regret. Le médecin remarqua que la blouse de la deuxième patiente noircissait. La même substance rejetée par le premier dégoulinait de sa poitrine. L'infirmière, regardant dans la direction de son chef, accourut après avoir doucement déposé le corps inerte. En ouvrant le vêtement, la louve fut abasourdie. Aucune blessure n'abîmait la peau de l'échidnée. La substance noire s'évapora. La patiente s'éveilla en prenant bruyamment une profonde inspiration. Au même instant, le cerveau de son jumeau fut envahi par cette image macabre. Il sauta de son lit, poursuivi par ses proches criant son nom. Il entra en trombes dans la chambre de son jumeau. Le médecin s'approcha calmement pour le faire sortir. Le hérisson noir le repoussa. Il ramassa le corps de son frère, la voix déchirée par la douleur. L'échidnée, toujours dans son lit, reprit ses esprits. Elle se leva en se débarrassant de ses tubes. S'agenouillant face à Shadow, elle chercha un signe de vie chez le frère. Elle fondit en larmes. Cosmo, Maria, Élise et Tails arrivèrent au même moment. Ils restèrent paralysé à cet effroyable spectacle. Ne sachant que faire pour aider le hérisson noir, ils restèrent à l'écart. Les sanglots de Shadow s'apaisèrent. Ses bras bercèrent doucement le corps. Une main caressa ses épines.

"Pardon de t'avoir abandonné petit frère."

Cette douce voix résonna dans ses oreilles. Ses yeux se remplirent de larmes de joie. Son frère était vivant. Il lui souriait, exactement de la même façon que ce jour où il avait refusé de le laisser seul dans sa chambre avec de la varicelle. Le médecin et l'infirmière en restèrent ébahis. Les deux frères ne voulaient plus relâcher leur étreinte. L'échidnée lui vola un baiser, quelques larmes perlant de ses paupières closes.

"- Mephiles mon chéri, accourut Maria !

- Cousin, suivit sa fille !"

La tante détacha le hérisson bleu marine de son neveu pour couvrir son front de baiser. Sa famille retrouvée l'enlaça. Cosmo et Tails observèrent la scène en souriant. Quand ils se relâchèrent, Mephiles jeta un regard triste vers la plante. Il lui tendit la main pour lui demander d'approcher. Elle s'agenouilla devant lui. Il l'attira contre lui pour l'enlacer. Elle sentit qu'il respirait de soulagement. Shade se joignit à eux tout aussi triste.

"- Je suis désolé, j'ai jamais eu l'intention de te faire du mal, murmura le hérisson dans son oreille.

- Moi non plus je ne savais pas ce que je faisais.

- Mais qui est responsable alors ?"

Un raclement de gorge retentit dans la pièce. Deux policiers, un renard blanc aux yeux rouges et un chat noir aux yeux mauves, venaient d'entrer.

"- Hé bien ! Après tout ce que tu as fait tu arrives à te faire pardonner.

- Messieurs bonjour, salua la louve. Si je puis me permettre, j'ai assisté à quelque chose de bizarre. Je changeais les bandages du coupable, quand il fut pris de convulsions. De plus il proférait des propos étranges, comme s'il parlait avec une présence invisible. Alors que j'empêchais ensuite une tentative de suicide, quelque chose que je ne pouvais pas voir nous a projetés tous les deux en arrière. Impossible de bouger au début. Je n'ai pas pu l'empêcher d'utiliser la paire de ciseaux au sol pour se suicider. Au lieu de sang, c'était une substance noire et visqueuse qui sortait de la blessure. La deuxième patiente s'est mise aussi à rejeter le même liquide par la poitrine alors qu'elle n'avait absolument rien à cet endroit. J'ai pour preuve leurs blouses et ce drap tachés de noir comme vous pouvez le voir. Après quelques secondes, la substance au sol s'est évaporée.

- Mais votre premier patient est pourtant bien vivant, remarqua le chat.

- C'est ce que nous n'arrivons pas à expliquer, continua le médecin. Vous pouvez vérifier la vidéo-surveillance.

- Dans ce cas nous souhaiterons avoir accès à la sécurité. Tant que nous n'avons aucune certitude sur les propos que vous venez de tenir, nous vous donnons l'ordre que personne ne quitte l'hôpital.

- Bien messieurs, je vous y emmène. Que tout le monde reste confiné dans cette pièce. Je guide ces messieurs au bureau de la sécurité et je reviens."

L'aigle conduisit les policiers dans un bureau réservé au personnel au rez-de-chaussé. Un écran géant, divisé en plusieurs parties, affichait les différentes pièces du bâtiment sur deux sections : personnel et chambres. Une renarde rose aux yeux bleus se leva d'un siège face à un ordinateur portable.

"- Messieurs bonjour. Bonjour Mick, tu tombes super bien. Le mec qui voulait se venger de son frère cette nuit, il se passe des trucs bizarres dans sa chambre. J'ai jamais vu ça. On aurait dit un film d'exorcisme.

- C'est à dire, demanda son patron ? Sois plus précise Vicky.

- Limite en pleine crise d'épilepsie ou de schizophrénie, suicide avec des ciseaux pour cracher du sang noir en même temps que sa copine et résurrection. Je savais pas que l'hôpital autorisait les tournages de films."

Le médecin interrogea les policiers du regard.

"- Trois personnes témoins des mêmes événements étranges, votre histoire semble tenir la route monsieur, remarqua le renard. Procédons à une analyse de la vidéosurveillance de cette pièce. Chris tu peux aller chercher le matériel informatique dans la voiture s'il te plaît ?

- Ça roule Jackie."

Le félin sortit de la pièce. La renarde en profita pour rembobiner les images à l'heure intéressant les membres des forces de l'ordre. Le policier revint quelques minutes plus tard, une mallette à la main en aluminium à la main qu'il posa sur le bureau. Il sortit un ordinateur et un câble USB.

"- Si vous le permettez madame, je vais transmettre ces images vers notre ordinateur.

- Faîtes votre travail monsieur, je vous demanderai juste de ne pas abîmer mon matériel.

- Pas de soucis. J'aurais besoin des horaires.

- Je dirais entre 10h30 et 10h40. Ça s'est passé tellement vite, il y a au moins dix minutes."

Le policier ouvrit un logiciel. Une réplique de l'écran de l'ordinateur de la renarde apparut. Il sélectionna la caméra de la chambre et les horaires. Le téléchargement réussit, il ouvrit un autre logiciel.

"Je vais maintenant m'assurer que l'ordinateur utilisé ne comporte pas de logiciel de retouche, comme l'interdit la loi, et ensuite de l'authenticité des images recueillies."

Le second policier prit mentalement note des réactions de l'aigle et de la renarde. Tous deux étaient parfaitement sereins, aucun signe trahissant une quelconque nervosité. La renarde avait même préparé le terrain pour son collègue, ni protesté. Un bip retentit.

"Aucun logiciel suspect. L'ordinateur répond parfaitement aux normes."

Un logiciel de visionnage fut ouvert. Le chat régla le volume au maximum et lança l'analyse. Tous se regroupèrent autour de l'écran. La vidéo leur glaça le sang. L'effet sonore prévenant d'un quelconque élément truqué resta parfaitement silencieux pendant toute la durée de ces horribles images. Arrivé à leur entrée dans la pièce, le chat stoppa la vidéo.

"- Messieurs, dames, hésita Jackie. Il faut croire que les deux coupables étaient innocents. C'est bien la première fois qu'un élément paranormal intervient dans une tentative de fratricide. Nous allons contacter le plus vite possible un expert en paranormal.

- Il y en a une très bien, Mary Warren.

- La dernière membre de la famille du couple Warren, demanda Vicky ?

- Exact, la seule encore en vie à ce jour, confirma Chris. Leur savoir sur le paranormal s'est transmis de génération en génération. Depuis le décès de Lorraine, sa fille a pris le relais en transmettant ce qu'elle a appris à ses enfants qui en ont fait autant. Chacun sait que notre monde est rempli de toutes sortes de démons des plus inoffensifs aux plus démoniaques.

- Ne vous inquiétez pas de potentiels problèmes avec la presse. Notre brigade a demandé la plus grande discrétion à tous les médias d'information. Aucun élément de l'enquête ne sera communiqué avant de l'avoir bouclée. Si cette histoire de possession est vraie, elle pourrait faire beaucoup de bruit. Aucune personne ayant un lien dans ce fratricide raté ne doit quitter l'hôpital."