Heya minna ! Nouveau chapitre ! :D
En ces temps troublés, d'inquiétude pour certains et de profond ennui pour d'autres, je vous apporte de quoi vous changer les idées et vous occuper quelques instants ^^
Grand merci à la fabuleuse Zialema pour son aide à l'écriture de ce chapitre, ainsi qu'à Oriane Wyllt, mon extraordinaire bêta ! :D
On les applaudit bien fort !
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Voix solitaire dans la salle : ouaiiiiiiis !
... C'est pas grave, merci, inconnu que j'ai moi-même créé dans ma tête.
Hum-hum ! Passons, car pour la première fois depuis longtemps, nous avons quelqu'un à accueillir ! \o/
Je remercie donc grandement Kana-chan01 pour son follow, et FaenaFiliana pour son fav, et grand merci à Cassimomo974 pour son follow-fav !
! Bienvenue à bord du Keeper 2.0 !
Sur ce, je vous laisse tranquille !
Bonne lecture~! :3
-11 mars 1523-
Tami le sentit arriver et s'en alla bien joyeusement lui ouvrir avant même qu'il n'ait le temps de frapper à la porte, de très bonne humeur.
- Konnichiwa ! le salua-t-elle.
Le Yonkou se contenta d'un sourire en guise de réponse, un paquet de dossiers sous le bras, habillé d'un simple jogging et d'un tee-shirt. Il avait les traits tirés malgré une apparente bonne humeur, et ses vieux vêtements semblaient avoir connu des jours meilleurs. Il esquissa un geste, demandant implicitement la permission d'entrer, et elle s'écarta pour le laisser passer.
Le phénix se dirigea tranquillement vers la table centrale pour y poser, ou plutôt lâcher les documents qui soulevèrent un peu de poussière sur le moment.
- Très bonne lecture à vous, fit-il en désignant la pile de la main.
La demoiselle leva un sourcil et s'approcha, prenant la chemise en carton sur le dessus pour l'ouvrir et en tirer une feuille de papier couverte d'une écriture manuscrite, précise, petite, serrée…
Prenant son courage à deux mains, elle commença à lire le premier paragraphe, puis le deuxième, avant de reposer le tout, affichant un air blasé.
- C'est gentil de me donner toutes les infos sur Wa no Kuni, mais à ce rythme, les petits de Musha seront grand-parents d'ici à ce que j'arrive là-bas… Vous n'auriez pas… une version plus « condensée » ? Ou au moins un marqueur pour savoir ce que j'ai vraiment besoin de consulter pour la navigation ?
Le Yonkou sourit un peu plus, sortant un surligneur de nulle part et prit tranquillement une chaise pour commencer à farfouiller dans les dossiers et littéralement marquer les points essentiels. Tami se passa une main sur le visage, soufflant un léger rire discret, puis s'installa à son tour.
- Ici on a les modes de vie, là, les lieux à connaître, yoi, commença-t-il, lui mettant les dossiers correspondants sous le nez. Celui-là, c'est les noms à retenir…
- Euh… merci, mais je pensais surtout à la navigation, explicita la jeune femme. Il y a beaucoup de rumeurs sur les eaux autour de Wa, j'ai beau me débrouiller toute seule pour naviguer, je n'ai pas vraiment le talent qui va avec, alors…
Le bond perdit son sourire taquin pour prendre un air un peu plus sérieux. Puis il jeta un œil vers Musha qui roupillait toujours sur son coussin.
- Je vais être honnête, dans son état, si tu fais le voyage avec elle à bord, elle survivra pas.
Tami ne répondit pas, sentant comme une main glacée qui se saisissait de son cœur pour l'écraser lentement. Alors elle devait vraiment choisir entre sa canaille et son imbécile de capitaine ? Soit elle sauvait Musha en laissant Law se démerder, soit elle…
- K'sou… siffla-t-elle, se passant de nouveau une main sur le visage.
Elle sentit une main prendre gentiment la sienne et leva les yeux vers le Yonkou qui lui lançait un regard compatissant.
- Tu as quelqu'un chez qui tu peux la laisser ? demanda-t-il.
- Iie… Le seul qui pourrait s'en occuper est je-ne-sais-où… répondit-elle.
Marco sembla réfléchir intensément pendant quelques minutes, les yeux perdus dans le vague, le doigt tapotant nerveusement sur le bois de la table alors qu'il semblait peser le pour et le contre. Et ce, jouant distraitement avec le surligneur près de ses dents. La pirate se demanda un instant s'il allait finir par s'en mettre sans le vouloir, avant de revenir à ses préoccupations, bien plus importante que le potentiel ridicule du Yonkou.
- Bon, fit-il finalement. Je vais te donner un endroit sûr pour Musha, mais je te demanderai la plus grande discrétion.
La façon dont il insista sur les derniers mots fit songer à la jeune femme que le moindre manquement à cette demande aurait de très grave conséquences… du genre un troisième habitant dans le crâne. Elle déglutit discrètement avant de hocher la tête.
- Avant d'aller à Wa, on va d'abord se diriger vers une île de notre territoire où on pourra déposer ma mère, mais aussi les infirmières, et tous ceux qui ne sont pas en état de se battre. On peut y emmener Musha pour l'y garder en sécurité le temps que l'affaire soit réglée, et la récupérer ensuite.
La pirate regarda sa louve qui dormait toujours paisiblement et se mordit la lèvre inférieure, un peu nerveuse à l'idée de se séparer de sa canaille si abruptement. Elle avait toutes les raisons du monde d'accepter, mais alors elle serait seule…
- Est-ce que je peux… l'accompagner ? demanda-t-elle. Si je la laisse avec vous, elle risque d'être nerveuse…
- Même si c'est un chouette navire, le Keeper pourra pas suivre le rythme du Moby Dick, et on a pas de log pose pour Sphinx, la navigation se fait à l'ancienne.
Tami regarda autour d'elle, se demandant comment argumenter contre.
- Le Keeper est équipé d'un moteur, je devrais pouvoir suivre, enfin, je crois… balbutia-t-elle.
- Mais au niveau de la résistance ? La vitesse ne fait pas tout. Et puis imagine que le moteur surchauffe et finisse par rendre l'âme, yoi.
Il n'avait pas tort… Et la dernière chose dont elle avait besoin était de se retrouver perdue en pleine tempête.
- Je te rassure, on s'en occupera bien, elle aura pas le temps de se faire du soucis tellement elle sera choyée, surtout avec Haiiro à bord.
- … je sais que c'est beaucoup demander, mais est-ce que vous me laisseriez monter à bord, moi aussi ?
Il y eut un long silence. Le Yonkou cligna des yeux, puis son visage se décomposa lentement. L'idée n'avait pas l'air de lui plaire le moins du monde. La jeune femme sentit son estomac se nouer, mais quelle que puisse être la raison d'un possible refus, elle voulait insister.
- Je sais, je ne resterai pas à me tourner les pouces, je vous aiderai autant que possible, et je me ferai toute petite, vous oublierez que je suis là. C'est juste que Musha et moi, depuis qu'on s'est rencontrées, on ne s'est jamais séparées l'une de l'autre et je veux juste… Je veux juste m'assurer qu'elle ira bien une fois là-bas…
Marco inspira profondément, restant calme en surface, mais elle pouvait parfaitement voir son trouble.
- Écoute, je veux bien dépanner, ou t'accueillir quelques heures, ça j'ai pas de problème, commença-t-il. Mais quelques jours, c'est plus compliqué. Déjà, ça veut dire que tu vas plus ou moins t'incruster dans nos vies privées...
- Mais-…
- Et ensuite, l'empêcha-t-il d'argumenter, levant une main. Rien ne dit que tu sauras résister à la tentation de fouiner un peu partout.
Tami ouvrit la bouche, la referma, puis poussa un soupir. Alors c'était comme ça, il se méfiait d'elle parce qu'elle était informatrice… Elle forma un pistolet avec sa main tout en le regardant droit dans les yeux, et posa l'extrémité de son index sur sa tempe.
- Il me semble que vous avez été très clair hier, concernant ceci, fit-elle. Je ne suis pas assez stupide pour faire une connerie aussi monumentale alors que vous m'aidez.
Fushisho reprit un air pensif tout en se mettant à la fixer à son tour, ses yeux virant lentement au jaune, rappelant sans mal ceux d'un rapace. Il ne dit rien, ne bougea pas, ne cligna même pas pendant au moins dix minutes, et la jeune femme sentit une légère pression à force…
Un jappement lui fit tourner la tête. Musha était apparemment bien réveillée, maintenant, et regardait le Yonkou elle aussi.
- … Au moins, si tu fais une connerie, ce sera facile de me débarrasser de ton corps, capitula-t-il après un regard vers la bête. J'en toucherai deux mots à Ace, et je viendrai te chercher.
- Arigatou, sourit la demoiselle, rassurée. Je vous jure que vous n'aurez pas à le regretter.
Il haussa légèrement les épaules et se leva pour sortir. Sur le pas de la porte de la cabine, il s'arrêta.
- … On a tous quelque chose à protéger, dit-il sur un ton d'excuse.
- Je sais, assura-t-elle.
Il hocha la tête et referma la porte derrière lui.
.
.
Quand on frappa à la porte, ce n'était pas Marco qu'elle vit en allant ouvrir.
- Yo !
C'était une femme aux cheveux roux et ébouriffés, très garçon manqué dans son style vestimentaire, qu'elle reconnut comme Haruta, seule commandante des Shirohige. Tami retint un levé de sourcil en se demandant pourquoi ce n'était pas le Yonkou qui se trouvait là, et la salua d'un hochement de tête.
- C'est votre capitaine qui vous envoie ? Il a changé d'avis ? demanda-t-elle, un pli soucieux se formant entre ses sourcils.
- Iie, il va tenir parole, mais je te préviens tout de suite que t'es dans la merde jusqu'au cou, Brisée.
- Je suis au courant, assura-t-elle.
- Alors tu sais aussi que Marco se fait crier dessus en ce moment même ? demanda la rouquine avec un grand sourire. Enfin bref, c'est pas tout ça, mais on a du travail.
- J'arrive, juste le temps de ranger une dernière chose.
La commandante regarda avec perplexité l'informatrice faire sortir Musha et quitter le navire. Elle ne venait pas de parler de « ranger » un truc ? Si elle parlait de la bête (ce dont elle doutait fortement), ça allait mal se passer sur le Moby Dick…
- Je dois juste vous demander de descendre, Haruta-san.
La Shirohige obtempéra, les mains dans les poches, alors que Tami sortait un cahier de sa sacoche et s'approchait du vaisseau. Elle y posa la main droite, souriant doucement et colla son front contre la coque.
- On se reverra vite, Keeper… murmura-t-elle.
Puis elle inspira longuement.
- Zoom in, déclara-t-elle d'une voix clair, activant son fruit.
Elle sentit son corps se réchauffer alors que son pouvoir englobait le bateau, le recouvrant d'une fine couche d'encre à peine visible. Son souffle se fit plus rapide et saccadé et ses muscles se tendirent sans qu'elle ne fasse le moindre geste. Après quelques secondes, le Keeper commença lentement à rapetisser. De sa taille habituelle, il passa à celle d'une petite serre, puis celle d'une cabane à outils, d'une barque, jusqu'à devenir une maquette de lui-même, dans la main de la jeune femme essoufflée.
Haruta poussa un sifflement admiratif alors qu'elle rangeait le Keeper miniaturisé dans le cahier qu'elle gardait toujours si précieusement.
- Pratique ! fit encore la commandante.
Appuyée sur ses genoux, Tami se contenta de lever un pouce dans sa direction. Elle avait sous-estimé la dépense d'énergie nécessaire pour ça, il lui faudrait peut-être quelques minutes pour reprendre sa respiration… Mais au moins, le Keeper était en sécurité. Après toutes ces années à s'y abriter, elle lui devait bien ça.
Et puis Salomon la tuerait sûrement s'il apprenait qu'elle l'avait abandonné.
Musha se frotta à sa cuisse, poussant une légère plainte, et sa maman lui caressa la tête avec un sourire rassurant. Après quoi, elle finit par se redresser, faisant rouler ses épaules et sa nuque, avant de se retourner vers Haruta.
- C'est bon, je vous suis, assura-t-elle.
Elle purent donc se mettre en route toutes les trois, Tami surveillant attentivement la louve du coin de l'œil, prête à la porter dans ses bras au moindre signe de faiblesse. La commandante sautillait joyeusement à leur côté, visiblement de bonne humeur. Elles passèrent devant le vaisseau de Smoker où les enfants la saluèrent, ainsi que Musha.
- Au revoir les enfants ! Faites attention à vous ! leur répondit-elle en souriant.
Voyant que le taisa était également là, elle afficha un sourire narquois et sortit une enveloppe de la sacoche qu'elle lui envoya. Le Marine la rattrapa au vol, levant un sourcil.
- C'est cadeau ! ricana-t-elle.
Elle reprit la route tranquillement alors qu'Haruta lui demandait ce que contenait l'enveloppe.
- Oh, juste un petit souvenir de notre première rencontre… répondit l'informatrice avec un sourire de mauvaise augure.
- Espérons que ce souvenir finira à la Une, rit la commandante.
- Hm, peu de chances. Et honnêtement, je préfère que ça reste entre Smoker et moi. Et peut-être Hiken si le cœur lui en dit, j'ai cru comprendre qu'il aimait beaucoup enquiquiner son Kemuri.
- Peu de chances… fit à son tour la rouquine avec une moue. Je vais être claire, si t'es encore en vie, c'est grâce à Marco.
Tami prit un air un peu plus sérieux à ces mots. Si c'en était à ce point, alors elle avait intérêt à se faire discrète.
- J'ai juré sur ma propre vie que je ne fouinerai dans les affaires de personne. En me permettant à la fois de sauver un proche, et d'éviter que je ne fasse tuer Musha, je contracte une dette envers vous tous.
Haruta se contenta de hausser doucement les épaules. Elles finirent par arriver toutes les trois devant le Moby Dick, la commandante invitant l'informatrice à monter d'un geste. La louve sembla trouver plus difficile de monter la planche plutôt que de la descendre, elle la prit donc dans ses bras pour l'aider, riant légèrement quand sa canaille eut un reniflement qui lui sembla dédaigneux. La jeune femme arriva donc sur le pont.
Pour se retrouver face à Stefan, le chien géant.
Et il avait l'air assez intéressée par la louve dans ses bras.
- Ano… Ano… balbutia-t-elle. Est-ce que ça ira pour Musha si je la pose ? Elle n'est pas vraiment en état de…
- T'en fais pas, fit Haruta en poussant le chien géant du passage.
Stefan se laissa faire docilement, avant d'aller se caser quelque part non loin, pour s'y étaler et visiblement, se préparer à une bonne sieste. Soupirant de soulagement, Tami reposa Musha au sol, qui se traîna jusqu'au chien pour le renifler avec curiosité, avant de s'allonger tranquillement à son tour.
Un sourire attendri se dessina sur le visage de l'informatrice, qui se tourna de nouveau vers la commandante alors que dans leur dos, des hommes retiraient la passerelle et que l'immense navire commençait à s'éloigner du quai.
Haruta passa un bras autour des épaules de Tami et l'entraîna avec elle.
- Allez, je te fais faire la visite ! sourit-elle.
- Je vous suis.
Et à la pirate de la guider.
- Alors ici, on a le réfectoire, c'est là qu'on mange, le petit déj' est servi de 7h à 9h30, le déjeuner de 12h à 14h30 et le dîner entre 18h30 et 21h, ok ?
- C'est noté.
- Parfait ! Cette table-là, c'est celle des commandants, donc si t'es pas invitée, évite de t'y asseoir.
Tami hocha la tête avant de se faire entraîner de nouveau.
- Juste en face, c'est la baie médicale et- EUH FINALEMENT ON VERRA PLUS TARD !
De façon assez brusque, elle se mit face à l'informatrice, lui bouchant la vue avec un sourire nerveux. Louche, mais elle avait donné sa parole.
- ...d'accord… acquiesça-t-elle. C'est vous qui voyez.
- Ok ! Par là c'est la cuisine, et juste à côté la salle de réunion. Pareil, si on te demande pas de venir, tu reste éloignée.
Elle l'emmena jusqu'à des échelles qui menaient à l'étage d'en-dessous.
- Ugh ! Toi tu dors plus bas alors pas la peine de s'attarder ! s'exclama précipitamment la rouquine de nouveau, la maintenant par les épaules pour l'empêcher de se retourner vers le couloir, une goutte de sueur sur le front. Et puis c'est les chambres des commandants ici ! Y'a rien à voir !
- Hm-hm… fit Tami, perplexe.
« Si c'est pas louche, je sais pas ce que c'est. »
Et comment donner tort à Brisée…
Mais sans rien laisser paraître, elle se dirigea donc vers l'autre échelle qui menait encore plus bas.
- Voilà ! Ici, c'est les douches communes et les dortoirs, c'est là que tu vas dormir.
- D'accord.
- Les hommes sur la droite, les femmes sur la gauche, ne te trompe pas, tu risquerais de voir des choses que tu pourrais regretter… grimaça la rouquine. Enfin, pas la peine de te faire un dessin.
- Effectivement… confirma Tami avec un air plus que blasé. Et donc plus bas, ce sont les cales ?
- Ouaip, j'imagine que c'est pas vraiment la peine de te montrer.
- Je ne pense pas qu'on me demandera d'y descendre, mais c'est vous qui voyez.
Haruta hocha la tête pour elle-même et commença à remonter à l'échelle, avant de lui faire signe qu'elle pouvait la suivre. L'informatrice retint de nouveau un lever de sourcil. Ils prévoyaient de la faire assassiner ou quoi ?
En remontant, elle entendit un léger bruit qui faisait penser à des hurlements, sur la porte face à celle de la salle de réunion. Une voix familière…
- Pauvre Marco-san… souffla-t-elle.
- Ton chef d'œuvre, répondit la rouquine.
- Ouch… J'irai m'excuser auprès de lui quand ils en auront fini… grimaça-t-elle.
Elles débouchèrent sur le pont et-
- BRI !
Tami et Haruta se retournèrent d'un coup en entendant le cri, pour voir une Edessa leur foncer dessus.
- Je viens d'apprendre que tu ferais le voyage avec nous ! s'écria-t-elle, surexcitée.
- Bonjour Eda, salua l'informatrice, un peu prise par surprise.
- C'est génial ! On va partager le même dortoir ! Je te montrerai le hamac, comme ça tu seras à côté du mien !
La pirate était bien la seule à avoir l'air excitée par son séjour parmi eux. Dans un sens, ça au moins, ça faisait plaisir. Elle n'eut pas le temps de répondre quoi que ce soit, par contre, qu'elle se trouvait déjà entraînée par son amie, alors que la commandante agitait le mouchoir blanc dans sa direction avec un ricanement.
.
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Après une petite heure passée sur le pont en compagnie d'Edessa et Haiiro, on sonna le début du service au réfectoire, et toutes les trois se mirent donc en route. Il semblait à Tami que la kuudere allait déjà mieux, ses cheveux étaient redevenu noirs et elle n'avait plus qu'une béquille sur les deux.
Néanmoins elle pouvait quand même remarquer qu'Eda faisait attention à sa nakama sans trop s'en donner l'air.
La femme aux yeux argentés l'invita à s'asseoir à la table de la Première Flotte, injonction à laquelle elle préféra ne pas désobéir, à la voir excitée comme une enfant. D'autres pirates arrivèrent par petits groupes, certains la saluant de la main, d'autres la regardant avec méfiance, mais fort heureusement, il n'y avait pas trop d'animosité dans l'air. Patrick et Edwin, les seconds d'Hiken, vinrent s'installer en face, plutôt amicaux, mais comparé à leur dernière rencontre, il lui semblaient qu'ils avaient une certaine réserve.
Visiblement, on lui cachait quelque chose qui pesait sur l'équipage au complet…
L'arrivée de quelques commandants détourna son attention de la discussion, comme elle cherchait à voir si Ace ou Marco pointait le bout de son nez. Il s'avéra que le capitaine arriva quelques minutes après, des flammèches turquoise et doré autour de son œil lui permettant de deviner que la… « discussion » avec son amant s'était sans doute mal passée. Une femme en tenue d'infirmière qui s'apprêtait à sortir avec deux assiettes s'approcha du capitaine et sembla tenter de le réconforter un peu, elle ne pouvait pas nier qu'il y avait quand même une petite ressemblance entre les deux.
Quand l'infirmière s'en alla, le Yonkou l'aperçut à son tour et s'approcha.
- J'espère que t'es bien installée, yoi, fit-il poliment malgré un air plus que neutre, à la limite du blasé.
- Gomenasai, je crois que je vous cause pas mal de problèmes… répondit-elle avec un sourire d'excuse.
Il eut un geste négligent de la main, avant d'aller s'asseoir à sa place de la table des commandants, et d'après les visages de ses nakamas, on dirait bien qu'ils le charriaient. Le service commença, des membres de la Quatrième flotte passant pour déposer des plats sur les différentes tables et les pirates se servirent joyeusement. Le brouhaha des discussions fit assez bizarre pour Tamashii qui n'avait jamais connu une ambiance pareille.
Eda fut celle qui lança la conversation, Haiiro n'étant pas vraiment du genre loquace, et Pat écoutait distraitement, concentré sur son assiette. Edwin, lui, faisait de temps un autre un geste du bout de sa fourchette pour exprimer son opinion.
- La Rêverie ? Elle démarre bientôt, non ? voulut se faire confirmer Tami.
- Yep, répondit Patrick. Et de ce qu'on sait, le Roi Nefertari Cobra a l'intention de parler de trucs dangereux.
- Dangereux ? Du genre ? s'étonna l'informatrice.
- Désolé, mais c'est du genre confidentiel.
La jeune femme leva les mains, l'air de dire qu'elle comprenait, puis tourna la tête vers une Edessa qui semblait pensive, et peut-être même… inquiète ? La Shirohige sembla réaliser qu'elle était observée et se remit immédiatement à sourire, rebondissant sur la conversation pour changer de sujet.
Une sensation familière au niveau de la jambe attira l'attention de Tami, qui se pencha pour voir une jolie chatte noire au ventre rond, laquelle bondit pour se percher sur ses genoux, ronronnant fortement.
- Salut toi, sourit-elle en la caressant.
Du coin de l'œil, elle vit Haiiro se pencher sur la table, regardant Mangetsu avec envie.
- Bon, je mange, là, demoiselle, va embêter quelqu'un d'autre, fit l'informatrice en la faisant nonchalamment passer sur les genoux d'Edessa.
Le félin se servit donc sans vergogne des jambes d'Eda comme d'un pont pour aller rejoindre la kuudere, qui sembla aux anges, recommençant à manger d'une main, caressant l'animal de l'autre sans s'arrêter. C'était à peine si on ne l'entendait pas ronronner, elle aussi. Tami sourit devant ce spectacle. Quand on la voyait ainsi, Haiiro avait un côté mignon.
Elle remarqua que son voisin d'en face, Edwin, semblait la regarder avec insistance et détourna rapidement le regard, gênée de s'être fait prendre sur le fait. Un bruit de gorge bien particulier l'informa d'ailleurs que le muet se marrait.
- Et sinon Eda, toujours privée d'alcool ? demanda Pat, en train de se resservir.
- Ace est intraitable… il a demandé l'aide de Cassandra, déplora la pirate.
- Ouch… Mes condoléances.
Tami lui tapota gentiment le dos, réprimant un sourire devant ses larmes de crocodile.
- De ce que j'ai compris, elle est redoutable, cette Cassandra, fit-elle.
- T'as pas idée… frissonna son amie. Elle est allée jusqu'à menacer de faire de moi la compagne de Mister Jacob…
- Mister Jacob ?
La pirate la dévisagea une seconde, puis se leva et l'attrapa par le bras pour l'entraîner à sa suite, sous les regards curieux ou hilares de ceux qui firent attention à elles. Tout ça pour l'emmener dans la baie médicale, où au détour d'un mur de rideaux, Tami se retrouva face à… un squelette. Un véritable squelette humain, accroché par le haut du crâne à une barre, comme les versions plastiques. D'ailleurs les os comportaient des traces de scalpel à certains endroits, si elle ne se trompait pas… Dans la cage thoracique, il y avait une plaque qui indiquait « JACOB », suivi d'un matricule de soldat.
- Mister Jacob ? se fit-elle confirmer.
- Mister Jacob.
- Je vois. Et ça lui prend souvent, à votre infirmière, de conserver des restes dans la même pièce où elle couche les malades et les blessés ?
- D'une, c'est le travail de mon frangin, et de deux, il est utilisé pour les étudiantes ! indiqua une voix dans le fond de la baie.
Tami se pencha sur le côté pour voir l'infirmière de tout à l'heure, aux cheveux roux, dont les racines étaient blondes, signifiant elle avait fait une teinture. Des yeux bleus familiers lui firent réfléchir quelques secondes avant qu'elle ne devine l'identité du fameux frangin.
- Et qu'est-ce qu'il a fait à Marco-san pour finir comme ça ? demanda-t-elle.
- Aucune idée, répondit-elle avec détachement. Une histoire avec une infirmière, je crois.
- Oh.
- Ce sont des choses qui arrivent, ici, fit Edessa.
Tami cligna des yeux vers son amie, surprise. La seule autre personne qui répétait ça à longueur de temps, c'était le Lennon… Elle ne fit néanmoins aucun commentaire.
-16 mars 1523-
Cinquième jour à bord du Moby Dick, Tami avait passé la plupart de son temps aux côtés de Musha et Stefan, à étudier les dossiers que lui avait ramené le Yonkou avec attention. Pas qu'elle n'appréciait pas la compagnie d'Edessa, mais la jeune femme aux yeux d'argent était tout de même assez envahissante. Et puis il lui semblait qu'Haiiro préférait rester dans son coin, alors…
Elle avait d'abord tenté de s'intégrer un peu, de se rendre utile, mais à chaque fois elle se faisait envoyer bouler. Une aura de déprime entoura son crâne alors qu'elle se remémorait la première tempête qui avait croisé leur route. Voulant aider, elle s'était fait dire qu'elle « restait dans leurs pattes » et on l'avait fait rentrer à l'intérieur pour qu'elle « ne dérange pas ».
Il y avait bien Edwin et Patrick, avec qui elle pouvait discuter, mais comme le premier jour, ils continuaient d'afficher une certaine réserve. En fait, c'était même plus que ça, elle était littéralement surveillée, il y avait toujours quelqu'un pour l'observer, de près comme de loin. Tami pouvait difficilement leur en vouloir, mais à force, elle devait bien admettre que ça la dérangeait un peu.
Quant à Hiken, elle ne l'avait pas vu une seule fois.
Musha poussa une plainte alors que Stefan recommençait à la renifler, lui ébouriffant le poil dans tous les sens. Tami rit doucement en papouillant les bêtes, avant de se lever et de s'étirer, un peu engourdie à force de ne pas bouger.
- Viens ma canaille, on va aller voir le docteur.
Marco lui avait dit que la louve serait suivie par les médecins de l'équipage, mais comme il lui semblait qu'elle était de plus en plus fatiguée chaque jour, elle préférait prendre l'initiative. Elle prit donc Musha dans ses bras pour descendre de la zone surélevée du pont, direction la baie médicale. Elle espérait juste que l'infirmière Cassandra ne serait pas trop contrariée en voyant un animal dans son antre, elle n'avait pas très envie que sa canaille devienne un accessoire pour Mister Jacob.
- Konnichiwa ? appela-t-elle en passant la porte, déposant la louve à terre.
Elle n'eut pas de réponse, mais perçut un mouvement à l'angle des rideaux, faisant qu'elle y passa la tête. Hiken était là, l'air paniqué, tenant dans ses bras deux enfants en bas âge, visiblement un peu plus d'un an, un garçon et une fille.
Le fils de Roger resta immobile quelques secondes, puis baissa la tête vers les enfants, puis regarda de nouveau l'informatrice dont les yeux se remplissaient d'étoiles.
- Aaaanw, c'est qui ? demanda-t-elle, à la limite de l'adoration devant les bouts de chou qui lui adressaient des regards curieux.
Le petit garçon eut le réflexe de se cacher derrière une peluche d'oiseau, tandis que la fillette penchait la tête sur le côté, intriguée. Tami leur fit un grand sourire, faisant signe de la main, sans oser s'approcher pour autant. De part son éducation sur l'île des sectaires, elle avait toujours considéré les bébés comme des êtres purs et sacrés et ne se considérait pas digne d'en approcher un, à moins bien sûr que la situation ne l'exige. Elle ne voulait pas risquer de les souiller avec son démon.
Portgas se tourna sur le côté, sans vraiment dissimuler les enfants, montrant les dents à la façon d'une bête sauvage.
- C'est les vôtre ? demanda-t-elle, complètement gaga, les mains sur les joues.
Hiken ne répondit pas, se contentant de continuer ses grognements.
- Mama ? demanda la fillette, répondant à la question de l'informatrice.
- Oh là là, félicitations ! s'extasia encore Tami. Ils sont tellement adorables !
- Qu'est-ce qu'il se passe ici, yoi ?
La jeune femme se retourna pour voir Marco débarquer, puis regarda à nouveau les enfants et Hiken, avant de revenir au Yonkou.
« Vous vous foutez de moi ?! » s'écria Brisée, totalement ahurie.
- Félicitations ! lui dit-elle, notant que la ressemblance entre les bambins et les deux hommes était flagrante.
Le capitaine des Shirohige qui jusque là paraissait aussi paniqué qu'Ace, poussa un profond soupir.
- Merci, yoi. Ace ?
Hiken lui répondit par un feulement menaçant, reculant un peu plus. Marco s'approcha de deux pas, mais son amant continuait de jouer les fauves.
- Ace ? Je peux prendre l'un de mes enfants, s'il te plaît ? demanda-t-il avec une infinie patience.
- Nan, grogna celui-ci en retour.
- S'il te plaît, Ace, yoi, insista-t-il en avançant un peu plus.
- Nan !
Le fils de Roger était désormais collé contre le mur du fond tandis que son amant s'approchait toujours plus, d'un calme olympien. Dès qu'il fut à portée, le petit garçon finit dans les bras du blond alors qu'Hiken essayait de le mordre pour l'en empêcher.
- Là, fit Marco en calant le petit sur sa hanche avant de se tourner vers Tami. Tu n'as jamais vu ces enfants, nous sommes d'accord ?
- C'était pour ça toutes les menaces, alors… Je comprends tout maintenant, fit l'informatrice, encore un peu dans les nuages. Ces petits bouts seraient en danger si jamais la mauvaise personne venait à être au courant.
Ayant totalement ignoré les paroles de Marco, elle frappa son poing dans sa paume.
- Je vais devoir surveiller le réseau d'un peu plus prêt, conclut-elle.
La fillette éclata de rire, lui faisant tourner la tête, et elle la vit tendre la main vers elle, comme pour tenter de la toucher. Le sourire béat que la jeune femme arborait jusque là mourut et elle serra ses poings sur son cœur, esquissant un geste de recul.
- Oh, non, je ne peux pas m'approcher, petit ange…
- C'est pas un ange, c'est un poussin, corrigea le Yonkou, avant d'adresser un regard noir à son amant.
Celui-ci, de bien mauvaise grâce, finit par s'approcher de Tami d'un pas raide, avant de lui tendre la petite qui frappa joyeusement dans ses mains.
- Lina, se contenta-t-il de grommeler.
Incertaine, la jeune femme regarda l'enfant, puis Marco, qui hocha la tête. Elle leva des bras peu assurés pour finir par attraper la dénommée Lina, qui lui fit un sourire éclatant. Une petite main vint attraper une mèche des cheveux de l'informatrice et commença à jouer avec en gazouillant. Tami, elle, essayait juste de ne pas pleurer devant la constatation qu'elle tenait dans ses bras une enfant innocente et que, pour autant, rien de catastrophique n'arrivait.
- Tu peux aller dire à tout le monde que ça sert plus à rien de jouer à cache-cache, yoi, fit le Yonkou au fils de Roger.
Hiken resta quelques secondes à regarder Tami et Lina, avant de finalement sortir de la pièce. Marco s'approcha et malgré sa timidité apparente, le petit bonhomme qu'il avait dans les bras sortit de derrière sa peluche pour regarder la demoiselle.
- Lui, c'est Red.
- Red et Lina… murmura l'informatrice, les yeux humides.
- Gol D. Red et Portgas D. Lina, corrigea-t-il gentiment. Qui devaient retourner à la sieste de toute façon. Tu voulais quelque chose, yoi ?
- Hm… Oui, je suis venue pour Musha… acquiesça-t-elle, reprenant enfin ses esprits.
La louve qui était restée calme jusque là, crut bon de faire part de sa présence avec un discret jappement, attirant du même coup l'attention des bambins qui semblèrent très intéressés. Red regarda son père, tirant sa chemise vers le bas, comme pour demander à descendre, et Marco s'accroupit, le gardant sur sa cuisse. Le petit tendit la main, dans laquelle Musha vint nicher son museau, le faisant rire, et faisant sourire son père.
- Mais oui, petit chat, mais oui, fit-il avec attendrissement.
