Désolé du retard. Ne vous inquiétez pas, je vais bien. Je suis en quarantaine chez moi comme tout le monde. Mais même si j'ai pas mal de temps, je manque aussi un peu de motivation. En tous les cas, je tenais à dire que les chapitres étaient maintenus (surtout qu'on arrive quand même à la fin, ce serait dommage ^^)

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Roi des Neiges

Arc Final

Chapitre 37 : Duel en plein chaos

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C'était comme un vent frais, une gorgée d'eau en pleine chaleur mais dans tout le corps. Il était accompagné d'un frisson d'excitation et de joie qui faisait battre le cœur plus vite.

C'était arrivé instantanément et pour tous en même temps. Neville, Haldus, Hermione, Fred et George, Vincent, Gregory, Pansy, Blaise, Théo mais aussi bien sûr Hotun, Hans, Ingrid et bien sûr Draco. Tous avaient sentit se rouvrir dans leur esprit une voie fermée depuis déjà plus d'une demi année. L'esprit d'Erik était avec eux.

Il ne disait rien, il n'en avait pas besoin. Sa seule présence dans leur tête suffisait à ses amis pour savoir qu'il allait bien mais aussi qu'il était là pour eux. C'était un message d'espoir, à présent ils étaient sûrs de gagner.

Mais à ce moment-là, ils se rendirent compte qu'Erik n'était pas seul. Il y avait…quelque chose d'autre avec lui. Non, pas quelque chose, quelqu'un. Quelqu'un de familier et qu'ils n'avaient pas non plus sentit depuis bien longtemps.

Un trait mental traversa alors leurs esprits en direction d'un recoin d leur carrefour dont ils avaient bloqués l'accès depuis de longtemps. Pour quelqu'un d'autre, l'accès n'aurait pas été possible mais ce n'était pas n'importe qui. C'était le légitime propriétaire.

C'est impossible, bégaya l'Être Sombre. Tu ne peux pas être en vie ! Je t'ai…je t'ai tué !

Tu as essayé, lui répondit la voix de Wolf. Et tu aurais pu y arriver. Mais je n'étais pas prêt à mourir ou si je devais le faire, je ne voulais pas que ce soit de ta main. Je voulais que ce soit auprès d'Erik. De mon bien aimé.

Dans la réalité, l'Être Sombre recula d'un pas. Son visage était tordu par la terreur.

C'était un acte désespéré, repris Wolf, mais aussi un acte de foi car je nourrissais le secret espoir qu'il soit toujours en vie. Et c'était le cas.

C'est impossible ! La Source aurait dû…

Elle a essayé. Mais Erik ne voulais pas mourir non plus. Alors au lieu de laisser les deux côtés de sa magie le détruire, il s'est séparé de l'un d'eux, le plus faible, celui qui avait été endommagé. Alors il n'est plus resté en lui que la Magie Sidérale, la magie de l'esprit, tout comme dans la Source après ton vol immonde. Alors elle la remplit et en a fait son avatar.

Non…non…geignit l'Être Sombre.

Et moi aussi j'ai survécu car je n'étais qu'esprit. Mais maintenant je suis de retour.

L'Être Sombre fit un autre pas en arrière mais se figea aux dernières paroles de la personne dont il portait le corps :

J'arrive pour toi.

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Tout comme les autres, Draco ressentit l'arrivée d'Erik. Une vague d'euphorie parcourut son corps et ses lèvres s'étirent en un sourire. Le ciel sombre au-dessus d'eux se mit alors à flamboyer de mille feux. Des vagues d'aurore boréales multicolores se mirent à éclairer le champ de bataille. Draco savait que c'était les trolls. Les petits êtres de pierre avaient sentit le retour de leur Prince et joignaient leur pouvoir depuis leur lointaine vallée.

Mais à ce moment-là, une grande douleur traversa son épaule gauche. Il y porta la main en se jetant sur le côté. Il se remit en position de combat et se retrouva face à nulle autre que son père, Lucius Malefoy. Il ramena sa main et vit qu'elle était pleine de sang.

« Attaquer par derrière ? C'est bien digne de vous » dit-il.

Rapidement, il modifia les flux magiques de son corps pour qu'ils convergent vers son épaule blessée afin de la soigner.

« Il me semble que ces Gryffondor t'ont pervertie, fils. »

« Il semblerait, Lucius »

Celui-ci plissant les yeux.

« Oh ? Vous l'ignoriez ? » se moquait Draco. « Cela fais des années que je ne vous considère plus comme mon père. Vous en avez perdu ce droit quand vous m'avez torturé. »

« Je cherchais à t'endurcir. Je vois que j'ai échoué. »

Cette fois ce fut les yeux de Draco qui exprimèrent toute sa colère.

« Non Lucius, vous avez réussi. Grâce à cela j'ai eu à force de vous voir tel que vous êtes, un hypocrite. »

Sans préavis, Lucius leva sa baguette et lança un nouveau sortilège mais cette fois Draco était près. Il y eut un flash puissant et la lame d'un sabre dévia le rayon de couleur verdâtre. Lucius, qui avait fermé les yeux pour ne pas être éblouit, les rouvrit et observa son fils avec dédain.

Celui-ci avait invoqué l'arme qu'il avait lui-même forgé au royaume des nains ainsi que l'armure qui lui avait été offert à son départ. D'un blanc brillant brodé d'or et d'argent, son armure ressemblait à un long manteau fermé par une double ceinture, un large de tissu brodé et une autre de cuir blanchit à boucle métallique. En dessous il portait un pantalon large mais enserré dans des bottes bardés de métal et qui remontaient à mi mollet. Il portait également des mitaines, des brassards de métal ainsi que des épaulettes. Son sabre, lui, semblait luire dans l'air obscur, le métal de sa lame presque aussi blanc que la poignée faisait ressortir l'or de sa garde.

« Regarde-toi » cracha Lucius. « Tu as même sacrifié nos traditions ancestrales, notre magie et nos valeurs. »

« Grâce à Erik, j'ai appris que la véritable honte est de sacrifier notre humanité et ses valeurs pour des tradition désuètes dont plus personne ne se rappelle les origines. »

« Tu ne comprends rien, enfant ignorant ! »

« Vous aurez beau protester, vous ne pourrez nier le fait qu'Erik a plus fait pour préserver la magie et nos valeurs que Voldemort. Il nous a rendu plus fort en nous réapprenant à écouter la magie et ceux qui la manient. Grâce à lui, nous avons appris des trolls, des esprits, des nains et aussi de sorciers utilisant la magie de façon différente. »

« Des êtres à peine plus évolués que des animaux et des sous sorciers » renifla Lucius.

« Vous vivez dans un monde d'illusion » protesta Draco. « Regardez ! Regardez autour de vous ce qu'ils peuvent faire. »

En effet les troupes fraîchement arrivés avaient déjà commencé à se battre avec entrain, se mêlant aux humains déjà présent. De temps en temps, ils étaient approchés par un groupe proche pour les prévenir de la présence des ennemis. Draco savait que c'était grâce à Ronald. Depuis qu'il avait repris les rennes, les ordres et les informations revenaient et comme il ne pouvait pas communiquer avec les nouveaux arrivant, il eut faisait passer les messages par les troupes les plus proches.

Plus archers que combattants, la majorité des elfes étaient restés à la lisière de la forêt. Munis d'arcs noueux, ils faisaient pleuvoir des flèches enchantés sur les hordes de créatures d'oiseaux qui, grâce à leur magie, se consumaient avant de toucher le sol. Certains parmi les plus habiles tiraient directement dans la mêlée sans jamais rater leur cible.

Cependant d'autres s'étaient avancés dans la plaine pour un affrontement plus direct. Munis d'arc court pour le combat rapproché ou alors de fines rapières ouvragées, ils terrassaient les ennemis à leur portée avec la grâce qui les caractérisait. Miríel faisait partie de ceux-là. La Reine resplendissait dans son armure faite d'or et sa longue chevelure semblait avoir la couleur du sang. Elle flottait derrière elle telle une cape alors que sa le tranchait les ennemis qui se présentait devant elle.

A un moment, l'un des dragons noir qui survolait le chaos de bataille tomba au sol dans un rugissement. Une immense hache enflammée l'avait percuté directement dans l'une des articulations de ses ailes. Au sol, il fut assailli par des troupes de nains armés et caparaçonnés. Le Dragon avait beau cracher des flammes, rien ne semblait traverser les armures dont les joyeux sertis brillaient de mille feux. Des marteaux et des hachés pleuvait sur la créature qui finit par s'effondrer.

Le roi Thorin Hache-Feu, qui avait récupéré son arme, s'avança alors et occis la créature d'un seul coup. Il poussa alors un formidable cri de guerre qui fut repris en échos par son peuple. Leurs voix étaient si puissantes qu'elles firent trembler le sol. Mais le souverain des nains ne perdit pas de temps à savourer sa victoire. Non, il y avait tant à faire. Lui comme tous les autres pensaient avec plaisir que le combat était loin d'être finit.

Ils reprirent donc leur marche guerrière mais en cela les gobelins les avaient précédés. Ce n'était pas pour rien que les sorciers avaient eu tant de mal à mater les insurrections gobelines au fil des siècles. Les créatures n'étaient pas seulement des banquiers formidables mais aussi des guerriers brutaux et méthodiques.

Là où les nains, qui leur avaient beaucoup appris, préféraient les armes lourdes comme les marteaux. Les gobelins maniaient les piques, les épées et les poignards avec dextérité. Faisant front uni, ils éliminaient leurs adversaires un a un et sécurisaient leurs alliés. Et il ne s'agissait là que de troupiers. En effet la cavalerie gobeline n'était pas en reste. Cavalier comme monture étaient d'une efficacité mortelle et les lances des premiers étaient tout aussi redoutables que les crocs et les griffes des second.

Draco reconnu même des créatures qu'il n'avait vu que dans l'esprit d'Erik et des autres Arendils. Leur peau qui variait entre le gris et le vert semblait flasque mais en vérité elle était plus solide que la pierre. De plus, leur corps semblait absorber la magie ce qui faisait d'eux des boucliers efficaces à défauts de puissants guerriers. En effet ils semblaient gauches et maladroit mais leurs capacités défensives rattrapaient largement ce fait.

Partout autour de Draco, des créatures se battaient. Il reconnut des vampires mais aussi des créatures étranges, certaines humaines, d'autres non et d'autres encore entre les deux. Pourvus de pouvoirs particuliers qui semblaient infliger de la peur à leurs ennemis. A leur vêtement, le jeune sorcier devinait qu'ils étaient des Yokai japonais. Oui, c'était tout une armée qu'Erik leur avait ramené.

« Et nous allons gagner » dit-il finalement à Lucius.

« Tout cela n'est qu'enfantillages » cracha Lucius. « Rien qui ne puisse être comparé à la puissance de notre maître. »

« Tu te voile la face » soupira Draco face au déni de l'homme. « Tu as cessé de penser en terme de bénéfices et de pertes. Tu fonces sans réfléchir, comme un Gryffondor. Non, encore moins que ça, comme un vulgaire mouton qui rampe devant son stupide maître ! »

« Tu es allé trop loin Draco. Tu fais honte au nom des Malefoy ! Je te renie ! Tu n'es plus mon fils, tu…ah ! »

Alors qu'il criait de douleur, il prit sa main avec la gauche en lâchant sa baguette et tomba à genoux sur le sol. Quelque chose brillait sur l'un de ses doigts. Draco s'aperçut alors que c'était son anneau Seigneurial. Au même moment, son propre anneau d'Héritier se lut à rillettes ave la même intensité mais lui e ressentait aucune douleur.

« Non ! » cria alors Lucius.

Draco tourna les yeux vers son père et vit que son anneau était en train de s'effacer. Quand la lumière s'éteignit, il vit que celui-ci avait disparu. Draco regarda à nouveau sa propre main et, hébété, la porta à son visage pour mieux voir. Là, autour de son index droit, là où se trouvait auparavant le symbole de sa position d'Héritier de la Maison Malefoy, il voyait à présent le lourd anneau Seigneurial en argent frappé des armoiries de sa famille.

« On dirait que la magie familiale m'a préféré à vous » dit-il alors.

Quand Lucius l'avait renié alors lui et Draco étaient symboliquement et même magiquement devenus deux membres de familles différentes. Cependant la magie de Malefoy qui résidait dans l'anneau ne reconnaissait plus suffisamment Lucius comme faisant partie de la prestigieuse maison et était partie. Par ce choix, alors que Lucius avait voulu de ouille son fils de son nom, c'est lui qui se retrouvait proscrit.

« Non…non…non… » balbutiait-il.

Il n'était plus rien. Plus un Malefoy, plus un Seigneur et plus un sang-pur. Plus rien du tout à part un sorcier. C'est pour ça que dans un cri de rage, il leva une nouvelle fois sa baguette contre son fils.

« Avada… »

Mais il n'eut pas le temps de finir son sort. Draco disparut de devant lui et il sentit une douleur traverser son corps.

« Désolé…père » dit alors la voix de Draco dans son dos. « Désolé et adieu. »

Lucius ne comprit pas pourquoi il disait ça jusqu'à ce que son sang gicle de son torse. Il avait suffi à Draco que la magie de son armure lui donne la vitesse nécessaire pour charger l'homme et porter ce coup mortel. Dos à sa victime, le jeune sorcier secoua sa lame pour en enlever le sang puis la replaça dans le fourreau qui pendait sur le côté de sa ceinture. Dans le même temps, l'éclat des broderies de son armure s'estompa et les loups qui la décoraient semblèrent perdre vie…jusqu'à la prochaine victime.

Sans se retourner, Draco abandonna l'homme qui lui avait donné la vie et qui s'en était cru seul maître alors que son corps retombait sur le sol. Cependant, Malgré la blessure béante, sa poitrine se soulevait encore. Il était en vie. Draco ne voulait pas lui donner la satisfaction de devenir un vulgaire assassin.

0o0o0

Même s'il l'avait espéré de toute son âme, il n'aurait jamais pensé qu'il se retrouverait effectivement face à elle. Et pourtant c'était le cas. Les deux s'observaient à présent, la première avec amusement et le second avec une haine sans borne. Autant il adorait son fils autant la femme le répugnait.

« Tiens, mais si ce n'est pas bébé Londubat » dit Bellatrix Lestrange avec un rire hystérique.

Neville ne répondit pas. Il se contenta de serrer les poings et de se mettre en position de combat.

« Oh ! Comme tu es mignon ! » repris la femme. « Quelle dommage que je n'ai pas le temps de jouer avec toi, je dois retrouver mon maître. »

Elle allait partir mais un sort frappa le sol juste à l'endroit où elle allait poser son pied.

« Oh ! Vilain garçon ! » s'exclama-t-elle.

Mais déjà un second sort était jeté dans sa direction. Elle l'évita puis dévia celui qui suivit. Elle se tourna alors de nouveau vers Neville. Son sourire s'était fait féroce et ses yeux, durs.

« C'est la deuxième fois que les Londubat se mettent entre moi et mon maître » dit-elle d'une voix sifflante. « Peut-être que je devrais te faire subir le même sort qu'à tes chers parents. »

« Essaye toujours » cracha Neville qui parlait pour la première fois.

Le sourire de Bellatrix s'agrandit et elle pointa sa baguette sur le jeune homme.

« Endo… »

« Ah ! » cria alors Neville en lançant son poing devant lui.

Bellatrix eut alors l'impression de recevoir une décharge électrique. Elle aurait voulu terminer son sort mais c'était comme si le fait d'avoir été coupée en plein élan avait perturbé son énergie qui s'était retournée contre elle.

« Endo… » recommença-t-elle.

Mais à nouveau, Neville balança son poing et elle sentit son énergie revenir sur elle. Elle cria.

De son côté, Neville avait un rictus satisfait sur les lèvres. Le sortilège doloris était impossible à arrêter. C'était la raison pour laquelle il faisait partie des impardonnables au même titre que les deux autres malgré le fait qu'il existe des sortilèges biens plus atroces. Par-dessus le marché il était également très difficile à éviter ce qui en faisait un sort des plus redoutables.

Cependant il existait une troisième solution, une technique que Neville et les autres avais appris en Chine. Ça s'appelait l'interruption magique. Il s'agissait d'une technique consistant à perturber le flux magique de l'adversaire entre le moment où il commence à charger sa magie pour lancer le sort et celui où il lance effectivement le sort. Attaqué durant cette période de latence, le sort était neutralisé parce que l'énergie qui servait à e faire fonctionnait implosait en se retournant contre l'utilisateur.

Un peu moins doué que les autres en perception magique, il était difficile pour Neville de repérer le moment pour lancer l'interruption. Il n'arrivait pas forcément à percevoir le flux de façon suffisamment précise. Heureusement, les trois impardonnables avaient un point faible : quoi que fasse ceux qui ont essayé, aucun d'eux n'a jamais réussi à lancer l'un de ces sortilèges de façon informulé.

C'était une chance pour Neville car l'énonciation de la formule donnait un indice tangible sur l'état du flux : tant que la formule n'était pas prononcée jusqu'au bout, cela voulait dire que le flux était toujours en action ce qui lui permettait de l'interrompre.

Mais sa chance s'était arrêtée là. En effet le répertoire de Bellatrix ne s'arrêtait pas à ce simple sort et tous les autres contenus dans son arsenal étaient non seulement létaux, mais aussi totalement silencieux. Fort heureusement, Neville était loin d'être sans ressources. Il était physiquement bien entraîné et son pouvoir démultipliait ses capacités tant physiques que magiques.

Mais malgré cela, Bellatrix était retorse et il avait du mal à l'approcher. Cependant il y arrivait petit à petit, un pas après l'autre. Malheureusement ce qu'il ne savait pas, c'est qu'elle était comme une araignée au centre de sa toile. A cause de cela et parce que son attention était fixé sur les maléfices qui sortaient de sa baguette, il ne vit pas la lame du poignard qu'elle tenait dans son autre main. Heureusement quelqu'un d'autre l'avait vu pour lui.

En effet au moment où Neville arrivait juste devant la femme et où elle abattait l'arme en visant le cou découvert du jeune homme, celui-ci disparut. Son bras fauchage l'air et elle lâcha la lame sans vraiment savoir pourquoi. En fait, elle se sentait plus du tout son bras. Craignant le pire, elle tourna les yeux vers lui mais il était toujours là, accroché à son corps sauf qu'il pendait, flasque et sans vie contre son flanc. La seule différence était les trois aiguilles plantées dans les muscles de son épaule. Elle voulut les retirer mais elle se prit un choc électrique en essayant.

« C'est inutile » dit alors une voix.

Bellatrix releva la tête en reconnaissant son fils. Il se tenait debout, droit, à quelques mètres d'elle, faisant un rempart de son corps à ce damné Londubat. Il portait un long manteau à capuche jaune brodé de noir et d'or avec de la fourrure sombre aux extrémités. A la main, il tenait des aiguilles comme celles qui transperçaient son épaule.

« Mon fils » cracha-t-elle.

« Ma mère » répondit celui-ci d'une voix douloureuse.

Ses yeux étaient tristes mais déterminés.

« Bien » reprit Bellatrix, soudain plus calme. « Je vois que tu vas m'épargner la tâche d'aller te cherchait. Il le suffit maintenant de tuer ton stupide époux et de te ramener à notre seigneur où est ta place. »

« Je ne sais pas ce que Voldemort me réserve mais je sais que je n'y survivrai pas » dit Haldus. « Veux-tu vraiment livrer ton fils à la mort ? Et aussi ton petit fils ? »

Le silence s'abattit alors. Malgré la bataille qui continuait autour d'eux, Neville n'entendait plus rien d'autre que les lots de son époux qui se répétaient inlassablement dans sa tête.

« Petit-fils ? » répéta-t-il. « Tu…tu es… »

Haldus se retourna vers lui avec un sourire triste.

« J'aurais voulu que tu l'apprendre autrement mais oui » dit-il. « J'attends un enfant. Notre enfant. »

« Mais…mais comment… »

Haldus eut un petit rire.

« Je suppose qu'il est inutile que je t'explique comment on fait les bébé. »

« Non ! Mais...depuis combien…combien de temps ? »

« J'ai calculé. Cela fait un peu plus de huit mois. »

Neville se mit face à lui et caressa son ventre.

« Je ne sens rien » dit-il.

« J'ai dû mettre des sorts d'illusions très puissant pour dissimuler ma grossesse. »

« Ce n'est pas dangereux ? »

« Ne t'inquiète pas » dit Haldus avec un sourire.

Pris d'une impulsion subite, il zut envie de goûter les lèvres de son époux. Il se pencha alors vers son visage mais un cri l'interrompit.

« Écarte-toi ! » s'exclama Bellatrix. « Écarte-toi que je tue le misérable traître à sa race qui a souillé notre sang ! Je ne supporterai pas la honte de la naissance d'un tel bâtard ! Je te débarrasserai de lui avant de te rendre à notre Seigneur. »

« N'avez-vous donc aucune conscience de ce que vous dites, mère ? » demanda Haldus avec un air dégoûté sur le visage. « N'avez-vous donc plus conscience de la famille ? Je suis censé être votre fils et vous êtes prêt à me livrer comme une vulgaire offrande au monstre qui vous sert de maître ! »

« Tais-toi ! Je t'interdis de parler de notre Seigneur ! Je suis ta mère ! Tu dois m'obéir ! »

Haldus soupira avec fatalité. Père. Mère. Parents. C'étaient des mots que les Mangemorts n'avaient jamais vraiment bien comprit. Ils pensaient qu'être responsable de la naissance d'un autre être humain vous donnait tous les droit sur lui, qu'ils devaient leur obéir et suivre leur voie. Comme un ordre naturel des choses dans leur esprit tordu.

« Vous avez jamais été une vraie mère pour moi » dit alors Haldus en secouant la tête.

Bellatrix poussa alors un cri hystérique et pointa sa baguette sur celui-ci et envoya un sort. Haldus était tellement surpris par la violence de la réaction qu'il ne pensa même pas à réagir. Mais Neville, lui, veillait. Il se plaça juste devant son époux et intercepta le sort.

« Neville ! » s'écria Haldus.

Mais celui-ci ne bougeais pas.

« Neville ? » l'appela à nouveau Haldus.

Il craignait qu'il soit blessé. Ou pire. Mais ce n'était pas le cas. Si Neville ne bougeais pas, c'est parce qu'il était en colère. Tout son corps était tendu et ses mâchoires serrés à cause de ce qu'il ressentait. Il fixait Bellatrix avec un regard chargé d'une fureur renouvelé. Il l'avait toujours détesté pour ce qu'elle avait fait à ses parents mais cette fois, elle s'en était pris à son époux, son propre fils.

Il se mit alors à avancer d'un pas lourd dans sa direction. Il ne pensait même pas à se protéger, il avança juste. Le voyant marcher ainsi, Bellatrix sourit et lui envoya un autre sort mais celui-ci fut absorbé par l'armure. Elle en envoya un autre mais à nouveau le résultat à fut le même.

Bientôt, une pluie de sort sabbat tirent sur Neville sans que celui-ci ne cesse son avancée. A chaque fois, la défense de son armure enchantée, renforcée par le pouvoir de Neville, annulait la magie. Jusque-là, il n'avait jamais réussi qu'à amplifier ses propres capacités. C'était la première fois qu'il arrivait à faire de même avec autre chose.

De son côté, Bellatrix était passé de la joie malsaine de pouvoir tuer le parasite qui lui avait pris son fils à l'agacement devant sa résistance. Celui-ci avait ensuite fait place à l'inquiétude puis à la peur à mesure qu'elle voyait que sa magie était inefficace. Elle était à présent terrifié par ce tu jeune homme en armure qui l'a regardait avec haine en ne cessant jamais d'avancer toujours plus. Elle aurait voulu s'enfuir mais ses jambes refusaient de lui obéir.

Finalement, Neville fut juste en face d'elle. Le garçon avait bien grandit depuis toutes ces années et il était à présent de la même taille que la sorcière et la fixait dans les yeux. Bellatrix ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais elle n'en eut pas le temps. Le poing ganté d'acier de Neville venait de s'enfoncer dans son estomac.

Sous le choc, elle recula et porta ses mains à son ventre. Elle leva les yeux vers Neville, émit un gargouillement puis s'effondra sur le sol, inconsciente.

Debout devant elle, Neville avait toujours les poings serrés et tremblait de colère. Elle était là, devant lui, celle qui avait fait de sa vue un enfer. Il lui suffisait de poser son pieds sur sa tête et de presser de toute ses forces et se serait fini, elle ne serait plus.

Mais à ce moment-là, il sentit des mains se poser sur son bras. Il tourna la tête et vit Haldus.

« Je t'en prie » dit-il. « Ne la tue pas. »

« Elle mérite de mourir » cracha Neville.

« Je sais. Mais je ne veux pas que tu ais sa mort sur la conscience. »

Il tendit alors la main vers elle et invoquant des chaînes pour l'attacher. Il la fit ensuite léviter et la poussa à travers un portail qu'il referma derrière elle.

« Je l'ai envoyé à l'infirmerie » dit-il. « Je sais qu'ils la reconnaîtront mais je sais aussi qu'ils la soigner ont et la garderont enfermé jusqu'à son procès. »

« Tu es trop gentil » dit alors Neville en posant sa main sur la joue de son époux.

« Non » répliqua celui-ci. « Je ne le suis pas. Erik est revenu. Cela veut dire que nous allons pouvoir détruire Voldemort. Je veux que Bellatrix passe le reste de sa vie en prison en sachant qu'elle ne reverra plus son maître bien aimé. »

Neville sourit à la lueur farouche dans ses yeux.

« Je t'aime » dit-il.

Il se pencha et posa alors ses lèvres sur les sienne. C'est là qu'ils partagèrent leur premier vrai baiser depuis des mois, ici, en plein champs de bataille. Ils devraient bientôt retourner se battre mais pour le moment ils étaient seuls au monde.

Cependant des créatures allaient bientôt voir qu'ils faisaient des proies faciles mais qu'importe. Ils étaient prêts.

0o0o0

Rapidement, Jīnfă se rendit compte qu'elle n'était pas la seule à converger en direction du Coco. Elle sentait parfaitement deux autres auras qu'elle connaissait bien se diriger vers la créature. C'était normal après tout, elle avait travaillé avec eux.

C'est la raison pour laquelle elle ne fut pas surprise de voir Styr Silvason et Nalangu Kamau se frayer un chemin à travers le champ de bataille jusqu'à la clairière qui s'était formée autour de l'esprit sauvage. Après s'être déchainé pendant quelques temps, il avait été enchainé par Anna Kyōyama à l'aide de son chapelet de 1080 perles.

Jīnfă connaissait la puissance de ce chapelet. Artefact à l'origine bouddhiste, le mala contenait normalement 180 perles seulement et c'était cela qu'Anna utilisait habituellement si l'on en croyait celui qui était autour de son cou. En tant qu'Itako, il lui servait à appeler les esprits, attirés par le bruit des perles qui s'entrechoquaient, et à les contenir en les capturant. Le chapelet utilisé ici par Anna était une relique du Clan Asakura, formé par l'un de leurs anciens membres. Chacune de ses 1080 perles avaient été formée à partir de l'esprit de l'un des membres passés du clan, donnant à l'artefact une puissance extraordinaire. Cependant, malgré cela, Jīnfă pouvait voir que la jeune shaman peinait à retenir le Coco.

La femme renard passa la ligne de défense formée autour de la bête et son regard croisa celui des deux autres shamans. Eux aussi avaient sentit la conscience de leur amie s'effondrer et avaient aussitôt accouru. Certes ils n'avaient pas travaillé longtemps ensemble mais ils avaient formés des liens solides et durant les mois qu'ils avaient passés à Poudlard, les deux garçons avaient su passer les défenses de la jeune Pache. Ils étaient amis. C'est la raison pour laquelle ils étaient là et feraient tout pour l'aider.

Jīnfă, elle, avait été attiré par bien autre chose. Toujours en possession des artefacts des Fondateurs et accompagnée de leurs esprits, elle avait simplement suivit la volonté de Ehawee d'aller aider la jeune femme. Leur lien à elles aussi avaient été temporaire mais leurs deux âmes avaient été totalement synchronisés même pendant un bref instant lors du rituel. C'était suffisant pour que quelque chose se soit formé entre la jeune fille et le vieil esprit, une connexion.

« Tu es sûr de toi ? » demanda Jīnfă en prenant le diadème de Serdaigle dans sa main.

« Oui » répondit l'esprit de son amie.

« Dans ce cas… »

Elle sortit de sa manche un jufu, un sceau asiatique, et le tint devant elle. Elle souffla dessus et celui-ci se transforma en oiseau. Ironiquement ou non, il s'agissait d'un aigle. Il prit le diadème entre ses serres et s'envola en direction de la créature sombre. Celle-ci rugit mais elle ne put empêcher l'oiseau de plonger dans son corps visqueux.

« Mon travail est fini ici » dit alors Jīnfă d'une voix sombre en se détournant.

« Pas pour nous » dit Oltau.

« Ils auront besoins de notre aide » rajouta Tankred.

« Allez-vous me laisser tomber à nouveau ? »

« Jīnfă » soupira le Seigneur de Serpentard. « Tu es la plus âgée d'entre nous mais tu te comportes encore comme un enfant. »

« Quel que soit la distance, quel que soit ce que nous faisons, nous restons amis » poursuivit le Seigneur de Gryffondor. « Mais pour leur, laisse-nous agir. Nous ne sommes plus des sorciers, nous sommes des esprits et nous nous battons avec les shamans qui sont notre lien avec ce monde. »

« Dame Jīnfă » dit alors une voix dans son dos.

La chinoise se retourna et vit que Styr et Nalangu se trouvait derrière elle. Sans un mot, elle s'approcha d'eux puis retira l'épée de Gryffondor de son côté pour la donner au jeune Massai. Puis elle retira le médaillon de Serpentard et le mit autour du cou de l'islandais.

« Zàijiàn » dit-elle alors.

« Bless » lui répondit Styr.

« Olesére » dit finalement Nalangu.

Ne voulant pas éterniser leurs au-revoir, Jīnfă se détourna et s'enfonça à nouveau sur le champ de bataille. Les garçons la virent disparaitre avant de se tourner à nouveau vers leur amie, ou plutôt sur la créature qui l'avait remplacée.

0o0o0

Jīnfă semblait glisser sur sol au milieu des combats. Où que ses pas la portaient, il semblait que rien ne viennent entraver sa marche. C'était comme si les ennemis s'écartaient sur son passage…mais sans s'en rendre compte et surtout sans la remarquer. Elle était tel un spectre, ses multiples queues flottant autour d'elle comme un linceul.

« Tu vas les laisser seul ? » demanda Byakkoku.

Le mujina avait revêtu l'une de ses apparences, celle d'un blaireau en armure japonaise. Il semblait affecté par la même magie que sa maitresse et avançait sans être vue ou remarqué.

« Ils n'ont pas besoin de moi » répondit Jīnfă.

Et elle savait que c'était vrai. Ils n'avaient pas besoin d'elle. Ils n'avaient pas tout le temps besoin d'elle. Elle n'était pas indispensable. Cette vérité était assez dérangeante mais aussi assez réconfortante. S'ils n'avaient pas besoin d'elle, l'inverse pouvait aussi être vrai. Même si elle s'était longtemps refusé à l'avouer, elle se rendait compte que si elle avait fait ce qu'elle avait fait, si elle avait tué ses amis pour les enfermer dans des artefacts afin de toujours les garder auprès d'elle, c'était parce qu'elle voulait trouver un sens à sa vie. Elle voulait que les gens aient besoins d'elle.

C'était la raison pour laquelle elle était devenue Fondatrice au départ et aussi pourquoi elle avait créé son temple. C'était également la raison pour laquelle elle avait approché Nicolas Flamel, pour approcher Erik, puis qu'elle avait approché celui-ci. Elle voulait lui proposer ses services, elle voulait qu'à nouveau, quelqu'un ait désespérément besoin d'elle.

Et c'était ce qui s'était passé pendant un moment. Puis elle avait vu Erik et ses amis grandir, devenir plus fort, plus indépendants et elle s'était à nouveau sentit inutile. Elle était allé voir les Yokai parce qu'ils étaient les êtres dont elle était le plus proche. Elle faisait partie de leur clan. Elle voulait les rallier à leur cause comme les amis d'Erik avait échoué à le faire avec les autres, les nains, les elfes, les gobelins, les vampires…toutes ces créatures. Si elle avait réussis, elle aurait montré qu'elle pouvait encore leur être utile.

Mais elle avait échoué. Nurarhyon avait été sourd à ses arguments. Il ne voulait qu'Erik, seulement Erik. Et puis celui-ci était venu. Et il avait amené les autres, ceux que ses amis n'avaient pas pu rallier. Il gagnait sur tous les points et Jīnfă n'avait plus eut qu'à suivre. Encore une fois.

Mais était-ce une mauvaise chose ? Était-ce vraiment si terrible de laisser les autres prendre les responsabilités.

« Tu ne vas pas te battre ? » demanda à nouveau Byakkoku.

« Bien sûr que si » répondit la chinoise avec un petit rire. « Mais je ne vais pas me mettre la rate au court bouillon pour ça. Laissons les autres se charger de tout. Je me contenterai de faire ce que j'ai à faire. »

« Tu as enfin appris à lâcher prise ? » demanda le blaireau avec un rictus. « Après plus de mille ans de vie, il était temps.

« Tait-toi » grogna Jīnfă avec une grimace. « Les immortels ont tendances à mettre plus de temps à mûrir. Il n'y a qu'à voir les elfes. »

Byakkoku ricana.

« Et donc, tu penses te battre quand ? » repris-t-il.

Son sabre le déménageait.

« Dans un moment » dit Jīnfă. « Pour l'heure, je cherche quelqu'un. Une affaire à régler. »

Son compagnon allait demander des précisions quand il vit la lumière d'un sort se précipiter sur sa maitresse. Il allait bouger pour l'intercepter mais il n'en eut pas le temps. Dans un gracieux mouvement de ses longues manches, la femme renard intercepta le sort et se tourna vers la personne qui venait de l'attaquer. Elle sourit tristement.

« On dirait que le destin est avec moi…ou contre moi, je ne sais. Voilà qu'il m'amène justement ceux que je cherche. »

« Tu es sûr ? » demanda Byakkoku devenu soudain sérieux.

Jīnfă ne répondit pas. Elle plonge simplement sa main dans sa manche et en sortit deux morceaux de papier rectangulaires recouvert d'écritures. Elle déploya ses jufu comme un éventail et les plaça devant son visage, regardant les deux Mangemorts qui l'avaient attaqué par-dessus.

« Et bien et bien… » leur dit-elle d'une voix détachée. « Ne vous as-t-on jamais appris à vous découvrir en face d'une dame ? »

« Je ne vois pas de dame ici » dit l'un d'eux. « Juste un vulgaire bête sauvage qui se prend pour une véritable personne. »

« Oh comme c'est blessant » dit Jīnfă en faisant semblant d'essuyer une larme avec l'une de ses manches.

Elle s'en servit ensuite pour faire un ample mouvement en direction des hommes. Leurs masques furent alors arrachés de leur visage et leurs capuches noires tombèrent en arrière. Les deux se ressemblaient beaucoup bien que l'un d'eux, celui qui avait parlé, semblait plus âgé de quelques années. Ils avaient les mêmes cheveux châtains long et ondulés et à peu près la même forme de visage. C'était des frères. Mais pas n'importe lesquels.

« Rodolphus et Rabastan Lestrange. Quelle…chance. Je vous cherchais justement. »

« Ta recherche prends donc fin maintenant, ainsi que ta vie » dit Rabastan.

« Comme c'est cliché » dit la femme renard en levant les yeux au ciel. « Et vous vous trompez sur un point. Ce n'est pas ma vie qui est sur le point de finir. C'est la vôtre. »

Byakkoku se rapprocha de sa maitresse en soutient. Il n'avait pas peur que les sorciers puissent la blesser. Elle était Wuqin après tout. Non, il craignait que ses propres actions la blessent. Elle se trouvait face aux frères Lestrange, les derniers de la famille Lestrange, les derniers de ses descendants et de ceux de l'homme qu'elle avait aimé. Et elle s'apprêter à mettre fin à leur existence. Elle n'avait pas le choix. C'était sa responsabilité. Sa dernière responsabilité.

Les deux hommes ne surent jamais ce qui était arrivé. A un moment ils étaient en vie, et l'instant d'après ils ne l'étaient plus. Ils n'avaient même pas vue la femme bouger. Pourtant elle l'avait fait. Dans un mouvement gracieux dont elle avait l'habitude, elle avait lancé les deux morceaux de papier qu'elle tenait à la main. Chargé de magie, ils s'étaient faits aussi dur et tranchant que l'acier. Ils avaient heurtés les deux hommes à pleine vitesse, se fichant dans leur cœur.

Avant même que les deux hommes ne touchent le sol, la femme renard s'était déjà retournée pour partir. Son visage dur n'exprimait ni colère, ni tristesse. Elle ne versa même pas une larme. C'est parce qu'elle était Wuqin. C'était le nom qu'on lui avait donné quand elle était devenue mage. Un nom qui signifiait « sans pitié ».

0o0o0

Pansy ne prit pas la peine de se retourner. Elle déploya son éventail et l'utilisa pour dissiper le sort qui venait dans sa direction.

« On dirait que c'est mon tour finalement » dit-elle.

Il n'y avait pas de colère dans sa voix, ni même de fatalité. Elle énonçait juste un fait.

« Cette bataille ressemble de plus en plus à des retrouvailles parents enfants » soupira la jeune sorcière.

Il y avait d'abord eut Draco, puis Haldus et elle savait que Théo était au prise avec son propre père. Elle allait le rejoindre quand son propre paternel l'avait attaqué par derrière.

« SI je me souviens bien, c'est comme ça que tu as réussi à tuer Mère…entre autre » lui dit-elle.

« J'aurais dû te tuer à ce moment-là » dit Carver Parkinson, sa baguette toujours pointée sur sa fille.

« Vous n'en avez pas été capable alors, vous y arriverez encore moins maintenant » répondit la jeune femme.

Car cette fois elle l'avait vu venir. Des années auparavant, il avait attaqué sa femme et sa fille par derrière, tuant la première et détruisant l'œil de la seconde. Mais ce n'était plus possible à présent. Pansy avait remplacé son œil par une prothèse magique afin de ne plus jamais être prise au dépourvus. Elle était aussi devenue plus forte, bien plus forte. La dernière fois elle n'avait dû sa survie qu'à sa forme animagus et à la surprise de son père quand elle s'était transformée mais cette fois elle jouerait à armes égales.

« Est-ce une façon de parler à son père ? » demanda Carver en ricanant. « Surtout après ne pas lui avoir parlé depuis tout ce temps. Tu ne me demande même pas comment je vais.

« Parce que je m'en fiche » répondit Pansy d'une voix égale. « Tout comme je me fiche de connaitre les raisons qui vous ont poussé à tuer ma mère. Je ne m'abaisserais pas à essayer de comprendre un être aussi insignifiant. »

Pansy ne pouvait pas le voir derrière le masque, mais elle savait que les yeux de son père s'étaient plissés de colère.

« Tu lui ressemble » dit-il dans un sifflement. « Cette froideur, cette attitude hautaine, cette façon que tu as de me prendre de haut. Elle était comme ça elle aussi. Anthéa. Ce n'était pas juste ! En l'épousant j'aurais dû devenir Lord Parkinson. Oh je portais le titre. Mais ce n'était pas moi qui portais la bague. Elle aurait dû me revenir ! Je suis un homme ! J'aurais dû.

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. D'un mouvement rapide, Pansy s'était rapproché de lui pour lui porter un coup de l'un de ses grands éventails. Ce n'était pas des éventails ordinaires. D'acier décoré d'or et de joyaux magiques, chacune de ses lames étaient aiguises comme des rasoirs, suffisamment pour trancher le métal…et la chaire. Dans un mouvement instinctif, Carver Parkinson recula mais ne put complètement éviter le coup. Alors que l'arme tranchait en diagonal, ses arêtes vives sectionnèrent son masque et le devant de sa robe de Mangemort. Il porta la main à son visage et vit qu'il saignait. L'attaque avait laissé une fine estafilade sur son visage. Pareil sur son torse qui était traversé d'un grand trait rouge.

« Le combat est fini, père » dit alors Pansy.

« Je suis toujours debout et j'ai encore ma baguette » lui répondit celui-ci.

« Plus pour longtemps. »

Pansy fit disparaitre ses éventails et avança sa main devant elle, droit en direction de son adversaire. Celui-ci tendit alors sa baguette en direction de sa fille mais soudain, quelque chose passa devant ses yeux. C'était quelque chose de rond et de rouge et qui se dirigeait vers Pansy. Du sang. C'était une goutte de sang. Non, pas une goutte. Des gouttes. Elles étaient de plus en plus nombreuses. De plus en plus grosses. Il baissa les yeux et vit que le sang venait de lui. Il sortait de son corps par les estafilades que lui avaient faites sa fille puis se dirigeaient vers sa main tendu dans laquelle elles étaient aspirées.

« Qu…Qu'est-ce que tu fais ! » cria Carver Parkinson d'une voix paniquée.

« Je reprends ce qui est à nous » dit Pansy. « Tout le savoir que tu as volé, toute notre magie, je la récupère en prenant ton sang. »

A présent ce n'était plus seulement des gouttes. Des filets entiers de sang jaillissaient des blessures du Mangemort pour être assimilés par la sa fille. L'homme sentait ses forces le quitter en même temps que son fluide vital. Il voulut lancer un sort mais il n'avait déjà plus la force de tenir sa baguette. Déjà sa tête tournait et il voyait flou. Sa peau était pâle, cireuse et il transpirait abondement. Il sentit ses genoux trembler et bientôt il ne put plus tenir sur ses jambes. Il tomba à genoux sur le sol et tenta de rassembler ses dernières forces pour utiliser sa magie pour faire cesser tout cela. Mais il sentait à peine sa main. En fait, sa vision était tellement trouble qu'il vit à peine sa baguette lui échapper.

Il s'effondra sur le sol, face contre terre. Il entendit des pas près de sa tête puis quelqu'un s'accroupir au-dessus de lui.

« Maintenant tu es à terre » dit Pansy. « Et sans baguette. Sans espoir de gagner non plus mais ça, c'était déjà le cas au début de notre duel. »

Carver émit simplement un grognement.

« Ne t'en fais pas. Tu ne vas pas mourir. Tu ne vaux pas la peine que je te tue. »

Elle invoqua des cordes pour attacher son père et posa sur lui un portoloin qui devait l'amener à l'infirmerie. Quand il eut disparut, elle se releva. Une bonne chose de faite. Maintenant elle pouvait se consacrer à des choses plus importantes comme…

Mais à ce moment-là, elle sentit une odeur étrange. Une forte odeur de tourbe et d'humus. C'était dans la direction où elle se dirigeait précédemment. Là où se trouvait Théo.

Utilisant son pouvoir de sang, elle écarta tous les adversaires humains et utilisa ses éventails pour détruire les créatures. Elle dut cependant freiner son avancée quand elle se rendit compte qu'elle allait tomber dans…un marais.

Elle cligna des yeux. Ça expliquait les odeurs mais pas comment il pouvait y avoir un marais géant en plein milieu du terrain de l'école où elle était sûre qu'il n'y en avait pas avant. En tous les cas, il devait être apparu soudainement car de nombreuses personnes étaient piégées à l'intérieur, des créatures et aussi quelques Mangemorts. Elle regarda tout autour et son œil magique fut attiré par l'autre côté.

« Ah ben je comprends mieux maintenant » marmonna-t-elle pour elle-même.

Grâce à la magie de son œil, elle pouvait parfaitement voir les Jumeaux Weasley sourire avec fierté. L'un des deux tenait leur précieux Théo dans les bras tandis que l'autre faisait léviter la silhouette boueuse et entravée d'un Mangemort. Il s'agissait de Théodred Nott.

Certes, Fred et George n'avait pas réussi à utiliser leur pouvoir mais ce n'était pas leur seule armes. Ils avaient toujours l'arsenal impressionnant de farces et attrapes que leurs cerveaux à la fois géniaux et totalement corrompus avaient concoctées. Avec un tel attirail. Pansy ne doutait pas qu'ils allaient causer quelques difficultés à leurs ennemis.

Rassurée, Pansy se détourna. Possible qu'on ait encore besoin d'elle ailleurs…

0o0o0

Les ténèbres. La nuit. C'était tout ce que voyait Rebecca.

Elle savait où elle se trouvait. Elle était dans les tréfonds de son propre esprit. Elle avait était vaincue par l'esprit qu'elle s'était jurée de garder enfermé et à présent elle se noyait dans les ombres, refusant de voir les destructions que pouvaient engendrer son orgueil.

Seule elle pleurait, roulée en boule.

« Ce n'est pas le moment d'abandonner » dit alors une voix. « Lève-toi. »

Rebecca s'essuya les yeux et les leva. Elle vit alors quelque chose de brillant dans le vide au-dessus d'elle. C'était une forme qu'elle connaissait. Arrondit. Scintillant. Un diadème. Celui de Serdaigle.

L'image du bijou se brouilla et une femme se tint à sa place. Elle avait la peau mate et lisse, de longs cheveux noirs, des yeux sombres, un nez busqué, des pommettes saillantes, des lèvres fines. Oui, elle aussi elle la reconnaissait. C'était l'esprit du diadème.

Ehawee Dyami.

« Lève-toi » répéta l'esprit.

« Je…Je ne peux pas… » sanglota Rebeca. « Je ne sais plus quoi faire. Je n'ai plus la force… »

« Mais je suis là moi » dit l'esprit. « Et je ne suis pas la seule. »

La Serdaigle étendit les mains. Les ténèbres de l'esprit de la jeune shaman se troublèrent et des images apparurent. Elle vit ce qui se passait à l'extérieur. Les perles qui la retenait et aussi Styr et Nalangu. Elle voyait leurs lèvres bouger mais elle n'entendait rien. »

« Ils t'appellent » lui dit Ehawee. « Ils veulent que tu te réveilles. »

« Pourquoi ? »

« Parce que tu es leur amie. »

Rebeca ne comprenait pas. Combien de temps avaient-ils été ensemble ? Un mois ? Un mois et demi ? Cela suffisait-il à faire d'eux des amis.

« Certains deviennent amis au premier regard. D'autres mettent des années avant de s'accorder leur confiance. Et d'autres encore y sont contraint par les évènements. Travailler ensemble même peu de temps forge des liens. »

Pourtant elle n'avait pas été très ouverte avec eux.

« Mais quand le travail devait être fait, tu le faisais. C'est comme ça que la confiance s'installe. »

« Mais quelle confiance ? Je n'ai même pas réussit à conserver mon propre corps et maintenant je l'ai perdu ! Je ne suis plus qu'un monstre. »

« Tout peut encore changer. »

« Inutile. Je ne suis pas assez forte. »

« C'est vrai, tu n'es pas assez forte. Mais tu n'es pas seule. Depuis le début, tu t'ingéniais à vouloir tout régler toi-même mais tu n'y étais pas obligé. »

« Je voulais montrer que j'étais forte ! »

« Mais tu ne l'es pas. Personne ne l'est. »

Rebeca releva la tête vers l'esprit.

« Les humains sont faible. C'est la raison pour laquelle ils se rassemblent. Ils forment des communautés que l'on appelle « famille », « guilde », « club », « nation » ou simplement « groupe d'amis ». Tu n'as pas à combattre seule. Laisse-moi t'aider. Laisse nous t'aider. »

Ehawee lui tendit la main. Rebeca la regarda quelques instants puis la saisit.

0o0o0

Blaise sentait le cours de la bataille changer. Pourtant de son côté ce n'était pas la joie.

Il était entouré de loups à la mine patibulaires menés par le plus psychopathe du lot. Il faisait nuit mais la lune n'était pas pleine. Pourtant les loups autour de lui étaient transformés. Pire que tout, ils ne craignaient pas l'argent. Heureusement, ça ne les rendait pas invulnérable pour autant.

Créer un bouclier en continue était trop épuisant. C'est pour cela que Blaise se reposait sur son pouvoir. Ses chakrams et ses poignards d'argent volaient dans les airs autour de lui. Si le métal précieux dont étaient faits ces derniers ne brulait plus les bêtes, il leur causait tout de même de sérieuses blessures en rentrant dans leur chair. Jusque-là, les lames acérées l'avaient bien protégé et il avait pu riposter avec sa magie mais il ne pouvait pas rester éternellement comme ça. Il allait finir par s'épuiser.

Soudain, il y eut un grognement et Blaise vit un loup plus gros que les autres sauter par-dessus ceux qui l'entouraient. Il se préparait déjà à riposter mais le loup ne l'attaqua pas et se posta simplement devant lui, comme pour le défendre. A bien y regarder, Blaise semblait reconnaitre le pelage sable de l'animal devant lui.

« Tiens, tiens, tiens » ronronna Fenrir Grayback après avoir reniflé le nouvel arrivant. « Mais ce ne serait pas Remus ? Mon petit louveteau ? Comme tu as changé ! »

Remus grogna aux paroles de l'autre loup-garou et montra les crocs.

« Je vois que nous ne sommes pas les seuls à posséder cette potion, comme c'est dommage » soupira le Mangemort de façon théâtrale.

Blaise vit les commissures des babines de Remus s'étirer et il se rendit compte qu'il souriait. Il vit son ancien professeur pousser sur ses pattes avant et se relever tout en se retransformant en humain sous les yeux stupéfaits des autres loups.

« Tu te trompes Grayback » dit-il avec un rictus. « Je n'ai pas besoin d'une quelconque potion pour me transformer quand je le veux. »

A ce moment-là, d'autres personnes arrivèrent et entourèrent les loups de l'armée de Voldemort. Tous tombèrent en avant et se transformèrent en créatures massives, bien plus massives que les créatures maudites devant. Remus regarda un instant l'homme qui avait brisé sa vie puis tomba à son tour. Il poussa un long hurlement et tous les loups se jetèrent les uns sur les autres.

0o0o0

L'Être Sombre voulait fuit. Il ne savait pas pourquoi mais bibelot terrifié. Pourtant Erik était à la fois son opposé et son égale. Ils étaient d'une puissance identique et il ne pouvait pas en être autrement. Mais cela n'empêchait pas la peur de glacer ses os.

Il pouvait le sentir. Il venait vers lui. Son étalon blanc marchait paisiblement sur le champ de batailles sans que rien n'entrave sa route. Lui et son cavalier semblaient être des fantômes mais des fantômes qui traversaient le temps et l'espace. Ils avaient beau bouger lentement, il semblait aller plus vite que cheval au galop, c'était comme s'ils apparaissaient au-delà du cours normal des événements comme s'ils étaient dans une réalité connus d'eux seul ou le temps s'écoulait pour eux d'une façon un que et où l'espace était replié sur lui-même pour raccourcir la distance.

Un cri perçant le fit sursauter et tourner la tête. Là, à la fenêtre, il y avait une chouette. Une chouette blanche. Hedwige. Ses yeux polychromes le fixaient d'un air m'avais.

Je te vois, dit alors la voix d'Erik dans sa tête.

L'Être Sombre cria et voulut s'enfuir. Mais il avait oublié qu'il n'était pas seul. Une et rite psychique le fit trébucher puis des bras le remirent debout et le maintinrent fermement.

« Lâchez-moi ! Lâchez-moi ! » s'écria-t-il.

Il ne comprenait pas d'où venait ce sentiment de peur extrême. Jusque-là tout avait été si facile. Même se créer lui-même avait été un jeu d'enfant. Alors pourquoi ? Pourquoi est-ce que maintenant il se sentit si faible alors qu'il possédait un pouvoir aussi puissant.

Tu ressens ta mortalité, dit la voix d'Erik dans sa tête.

Tu penses que t'être créé soi-même c'était facile ? Demanda à son tour Wolf. Tout ce que tu as fait c'est suivre un itinéraire tracé par toi-même sans que tu ne sachant à quel moment car ce toi-même qui a créé ce plan n'existe pas.

Toi-même ton existence est suspendue au bout d'un fil. Tu ressens son poids mais aussi la fragilité du fil. Tu ne peux rien voir, rien prévoir, rien contrôler. Je suis ton égal, le seul être que tu ne peux pas manipuler et contre qui ton pouvoir est inefficace.

Car tel est le problème, ton existence ne tiens qu'à une seule chose, ton pouvoir, et il ne te sert à rien.

« Non ! »

Prit de panique, l'Être Sombre déchaîne son pouvoir. Plus ses sentiments étaient erratiques et plus il était fort. Pourtant, Ingrid, Hans et Hotun tenaient bonnet derrière eux, Hermione les soutenait avec son pouvoir.

« Lâchez-moi ! » cria encore une fois l'Être Sombre.

« Trop tard » dit alors une voix.

Tous levèrent la tête. Erik était là. Il était bien là, en face d'eux. Il semblait tout de même différent. Ce n'était 0as à cause de ses vêtements de peau et de fourrure d'un blanc éclatant ni même ses cheveux de la même couleur et qui flottaient dans un vent invisible. Ce n'était pas non plus ses yeux, à présent identiques mais parés de nuances de bleus et de vert. C'était autre chose, comme si c'était un tout autre Erik, un Erik qu'ils ne connaissaient pas…

Non, c'était leur Erik. Ils le savaient car I y avait une chose qui n'avait pas changé et c'était son esprit, son être profond, ce qui faisait qu'Erik était Erik. Et c'était un grand soulagement.

« Nous nous rencontrons enfin » dit Erik en jetant un regard méprisant au prisonnier.

« Ne…ne t'approche pas ! » cria l'Être Sombre. « Si jamais nous devions nous battre alors, nous nous entre détruirions. »

« Je sais » dit calmement Erik. « Nous sommes de force égal. « Aucun de nous ne survivrait au combat. Nos pouvoirs se consumeraient et nous avec. Et avec notre disparition, ce serait celle de la magie toute entière. »

« Tu…tu vois ? » exulta l'Être Sombre. « Et non seulement tu serais détruit mais tes amis aussi car notre combat serait trop violent pour que ce monde en ressorte indemne ! »

« Ça aussi je le sais. Je le sais depuis le début. Cette puissance en moi est bien trop grande pour être contrôlé aisément. C'est la raison pour laquelle tu te contentes de tours de passe-passe depuis des mois. »

« Donc tu ne peux rien contre moi ! » s'exclama l'Être Sombre, triomphant.

I essayait de se rassurer et penser y arriver jusqu'à ce qu'Erik laisse échapper un petit rire.

« Tu as raison, je ne peux pas me battre » dit-il. « Mais ça n'a jamais été mon intention. Je suis juste venu…raccompagner quelqu'un. »

Cette fois-ci ce ne fut pas un trait mental qui fusa de l'esprit du jeune homme jusqu'à celui du parasite. Non, c'était Wolf tout entier, tout son être, auréolé de la magie Astrale dont il s'était gorgé vue de cet instant. Il n'était pas habitué mais qu'importe, il n'en resterait rien une fois qu'il en aurait fini, une fois qu'il aurait repris sa place.

Le cri de l'Être Sombre se répercute dans l'esprit de chacun. Tous pouvaient sentir sa panique, sa terreur et son envie de fuir. Mais où fuir ? Comment ? Son corps était entravé et un être d'une puissance égale à la sienne se trouvait face à lui. Il devait fuir, il devait se cacher, il devait…abandonner.

Le corps de Wolf eut un spasme si violent qu'il échappa à l'emprise des jeunes Arendils. L'Être Sombre tomba à quatre pattes et ouvrit la bouche. Il émit un son écœurant et se mit à vomir. Un liquide noir aux reflets irisés se mit alors à émerger de ses lèvres et à tomber sur le sol en une masse grouillante qui semblait animé d'une vie propre. Malgré son apparence cependant, elle était aussi légère qu'une fumée et se mit à flotter dans les airs.

A ce moment-là, Wolf se mit à tousser. Il venait d'expulser les dernières particules de la chose. Celle-ci, s'apprêtait alors à s'enfuir, serpentant rapidement dans les airs mais une griffe noire la saisit avant qu'elle ne puisse disparaître.

« On pas finit » dit Wolf.

Il était toujours à quatre pattes sur le sol mais son bras était tendu dans les airs, auréolé de son pouvoir de ténèbres. En tremblant, il se remit debout et leva les yeux. Ceux-ci en revanche ne cillaient pas. Ils étaient fixés sur le nuage noir.

« Non ! Non ! » cria la chose.

Elle ne parlait plus avec la voix de Wolf. A nouveau c'était celle que le jeune homme avait entendu pendant des années et que, sans le savoir, il avait nourrit de ses craintes, de ses doutes et de sa magie.

« Laisse-moi ! » cria-t-il. « Je t'ai rendu ton corps ! Laisse-moi ! »

« Et tu penses que ça suffit ? » demanda Wolf avec hargne. « Tu as abandonné ! Tu as perdu ! Tout ce que tu possèdes est à moi par droit de conquête ! Tout ! Y compris ton pouvoir ! »

« Non » geignit la voix sombre. « Tu l'as dit toi-même ! Je ne tiens mon existante que de mon pouvoir ! Si jamais je le perds… »

Wolf eut un rictus.

« Quel dommage. »

Et il tira. C'était comme s'il arrachait littéralement le pouvoir de cet être sans consistance, qu'il le déshabillait, le mettait à nue au point qu'il ne reste plus après qu'une présence tenue, à peine plus qu'une étincelle. Il n'avait même plus la force de parler.

J'aurais dû devenir l'Être de Destruction, dit-il dans un souffle d'esprit en consulat ses dernières forces. Pourquoi ?

Et il s'éteignit. Il ne restait plus rien de lui, seulement un souvenir.

Mais Wolf, lui, avait toujours le pouvoir serré dans sa griffe d'ombre. Il ferma les yeux et, d'un geste ample, il s'en drapa comme on met une cape. Le pouvoir effleuré son corps et le traversa pour s'infiltre dans chacune des parties de son être.

« C'est fait » dit-il en rouvrent les yeux.

Ceux-ci semblaient encore plus noirs qu'ils ne l'étaient avant. C'était comme deux tous noirs qui semblaient s'enfoncer à l'infini dans les entrailles de la réalité.

Erik s'approcha alors de lui puis caressa sa joue. Il sourit alors avatar de passer ses bras autour de son cou et poser ses lèvres sur les siennes. Oh comme ses baiser lui avaient manqués. Ils avaient toujours été ensemble mais c'était autre chose de pouvoirs se toucher. Ils étaient des êtres physiques, des humains, ils avaient besoin de ce contact, de toucher la chaire de l'autre pour se sentir réconforter.

« Dites, est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ce qui s'est passé ? » demanda soudainement Ingrid légèrement vexée d'être ignorée.

Les deux garçons se séparèrent alors et se tournèrent face à leurs amis.

« Pendant des années, j'ai étendu une voix dans ma tête » commença Wolf. « Elle a nourri mes peurs, mes doutes et a utilisé mon pouvoir pour créer sa propre existence. »

« Comme Haldus à fait. Il a envoyé son esprit dans le passé pour montrer la vérité à son jeune lui » dit Hotun.

« Mais Wolf ne maîtrise pas le temps ! » s'exclama Hans.

« Ah non ? » leur demanda Erik.

« Les visions de l'avenir » dit Hermione. « Il te parlait depuis l'avenir grâce à tes prémonitions. »

Wolf hocha la tête.

« Et il m'a amené exactement là où il le voulait, là où il est vraiment né. A la Source. Là il a pris mon corps et a puisé toute la Magie Viscérale présente au point d'en devenir l'avatar. »

« Mais pourquoi seulement la Magie Viscérale ? Pourquoi ne pas prendre les deux ? » demanda Hermione.

« Parce qu'elles ne peuvent se mélanger » dit Hariel. « Pas entièrement »

« Mais chez nous… »

« Les deux restent distinct » dit Erik. « Elles ne se mélangent pas. Tu utilises l'une ou l'autre mais jamais les deux. »

Hermione ferma la bouche. Elle se rendit compte que c'était vrai.

« Elles ne peuvent se mélanger alors exister dans un seul corps est impossible » poursuivit Wolf. « C'est pour ça que l'Autre n'a pris que la Magie Viscérale puisque c'était celle qu'il connaissait le mieux…la mienne. »

« Et c'est aussi pour ça qu'il m'a jeté à l'intérieur de la source, pour que je meurs alors que la Magie Sidéral restante tente d'arracher ma Magie Viscérale pour nous séparer. »

« Mais tu as survécu » dit Ingrid. « Tu t'es…débarrassé d'une partie de ta magie… »

Elle se souvenait de ce dont Wolf et son double maléfique avait disputé. Elle n'était pas née sorcière mais elle se sentait mal à l'aise. Se séparer d'une partie de sa magie, c'était comme abandonner un membre.

« Mais il est d'usage de retirer un membre gangrené pour préserver le reste du corps, n'est-ce pas ? » demanda Erik qui avait lu sans ses pensées. « C'est ce que j'ai fait. Et alors ma Magie Sidérale m'a emplie et je suis devenu son avatar comme Wolf l'est à présent qu'il a récupéré son corps et le pouvoir. »

« Ce qui veux dire ? » demanda Hermione, incertaine.

Erik et Wolf se regardèrent et sourire avant de se tourner à nouveau vers leurs amis et de parler d'une même voix.

« Nous sommes là Magie »

A suivre…

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Et voilà encore un chapitre de terminé. J'espère que vous l'avez aimé. Il est assez redondant avec ces duels, surtout les parents enfant.

Bref, au moins ça m'a permis d'écrire une scène que j'attendais depuis longtemps de vous montrer : Wolf qui met sa raclée à l'Être Sombre. Je suis sûr que vous l'attendiez aussi, non ?

Bref, Erik et Wolf sont devenus genre les êtres les plus puissants au monde. La question est donc maintenant : qu'est ce qui va se passer. Pour le savoir, revenez dans 2 semaines pour un nouveau chapitre de Roi des Neiges ! Et n'hésitez pas à laisser des commentaires !