Chapitre Vingt-Six : Quelque part ailleurs une horloge tourne
Partie Une : Alors peut-être…
L'horloge du grand-père, dans le coin de la pièce, carillonna pour annoncer le début d'une nouvelle heure.
Hermione s'était souvenue de la difficulté d'apaiser un petit garçon survolté après une séance de jeu, et s'était dit que calmer Teddy serait comme gratter une croûte fraîche contre-productif et légèrement douloureux. Néanmoins, quand ils s'affalèrent sur le canapé après une heure de 'Cache-cache', il la prit par surprise en s'endormant au milieu de l'histoire qu'il avait voulu qu'elle lui raconte.
Celle de la première fois où elle avait rencontré sa maman.
Teddy avait d'abord posé sa tête sur son épaule, puis très vite, avait pris un des petits coussins décoratifs, l'avait installé sur ses cuisses, et avait posé sa tête dessus. Tandis qu'il se reposait, Hermione plaça délicatement sa main sur sa tête et joua avec ses cheveux, qui semblaient passer du violet au bleu à chaque respiration qu'il prenait.
Jouer avec Teddy avait calmé ses nerfs, apaisé son esprit, et étouffé la douleur de son cœur. Il semblait qu'il s'était mis en quatre pour faire sourire Hermione bondissant hors de cachettes insolites avec un grand sourire et courant en cercle pour éviter de se faire attraper quand elle le trouvait.
Teddy avait réussi sa mission.
Elle ne pouvait se rappeler la dernière fois qu'elle s'était sentie si détendue. Elle avait aimé le simple fait de pouvoir être. Peu importait que cela ait simplement signifié jouer avec un enfant.
C'était la simplicité dont elle avait eu exactement besoin.
L'atmosphère détendue avait atteint Pansy, aussi. Elle avait passé l'heure à rigoler chaudement chaque fois que Teddy jaillissait d'une nouvelle (et créative) cachette. Hermione jeta un œil à son amie qui lisait à présent, et sourit affectueusement. Entendre Pansy rire l'avait fait se sentir bien. S'entendre rire elle-même lui avait aussi fait du bien.
Elles avaient besoin de rire.
Elle soupira et glissa une nouvelle fois ses doigts dans les cheveux colorés de Teddy. Quand il fronçait le nez, cela lui rappelait Remus. Et quand il trébuchait sur les tapis et riait de lui-même, cela lui rappelait immédiatement Tonks. Ses parents.
« Hermione ? »
Elle regarda Pansy. « Oui ? »
Pansy ferma son livre d'un claquement sec. « Tu vas bien ? »
Hermione réfléchit un moment avant de plisser le nez. « Oui, je crois que je vais bien. »
Pansy sourit tristement. « C'est une longue journée, hein ?
- Longue, mais dans l'ensemble, pas si mauvaise, murmura-t-elle en baissant les yeux sur le garçon endormi. Quelque chose de bon est né de toute cette misère. » Et ces mots pouvaient s'interpréter dans plusieurs sens.
« Je ne m'attendais honnêtement pas à voir Andromeda franchir cette porte. »
Hermione sourit d'un air penaud. « Surprise ?
- Carrément. Tu crois qu'il va se passer quoi, maintenant ? »
Elle observa le changement de couleur des cheveux de Teddy et frôla doucement sa tête. « Avec un peu de chance, elle fera comme Drago et amorcera le processus pour aller de l'avant.
- Comme – qu'est-ce qu'il a fait, Drago ? demanda-t-elle curieusement.
- Il a enterré Lucius lui-même. »
Pansy eut l'air confuse. « Pourquoi a-t-il fait ça ? Ils n'ont pas des gens pour le faire à notre place ?
- Si, dit-elle en hochant la tête. Mais il les a renvoyés.
- Merlin, Drago a touché le fond.
- Non », fit Hermione. Après une pause, elle reprit : « C'est vraiment compliqué, Pansy, mais c'est quelque chose qu'il avait besoin de faire. Je l'ai juste observé.
- Pourquoi tu ne l'as pas aidé ? »
Hermione haussa les épaules. « Il fallait qu'il le fasse seul. Il n'avait pas besoin de moi pour lui tenir la main. »
Pansy se tut quelques minutes. Elle semblait être tombée dans un silence pensif, mais Hermione la connaissait mieux que ça. Son esprit fusait à toute vitesse. Elle pouvait presque entendre son train de pensée dévaler une piste qui menait vers un endroit encore inconnu. Pansy posa son livre sur la table et croisa délicatement les jambes. « J'ai une question.
- Houlà, » répliqua prudemment Hermione.
Pansy sourit de manière décontractée. « Rien d'inquiétant, mais Blaise et moi nous demandions… » Pansy marqua un temps d'arrêt.
« Vous vous demandiez ? »
Un peu mal à l'aise, elle jouait avec ses cheveux. « Eh bien, à propos de toi et Drago. »
Il y eut un silence.
« D'accord… dans quel sens ? »
Pansy rougit légèrement. « Romantiquement. »
Hermione aurait éclaté de rire si elle n'avait pas été si surprise. « Il n'y a rien qui se passe sur ce plan-là.
- Vous vous tenez la main, argua-t-elle.
- Beaucoup de gens se tiennent la main sans avoir de lien romantique. Ce n'est pas sérieux.
- Tu as raison. Beaucoup de gens se tiennent la main, mais pas Drago. Je ne peux même pas me rappeler la dernière femme qu'il a autorisée à lui tenir la main, s'amusa Pansy. Je ne peux même pas me rappeler la dernière femme qu'il a autorisée à se tenir aussi proche de lui que tu le fais. » Elle se tut et plissa les lèvres. « En même temps, je ne le blâme pas. Tu as vu le genre de femmes qu'il fréquente ? Des idiotes, pour la plupart, et il les traite comme telles. Mais toi - »
Ce qu'elle suggérait était hilarant, vraiment. « C'est absurde. Toi et Blaise avez une imagination débordante. »
Pansy l'ignora. « En-dehors de sa mère, il te traite mieux que quiconque, même mieux que moi. »
Hermione se gratta la tête, le visage incrédule. « Je crois que tu deviens un peu ridicule.
- Et je crois que tu es un peu aveugle, » lui déclara son amie avec fermeté, et elle laissa les mots résonner dans l'air un instant avant de poursuivre : « Mais lui aussi – enfin, pire qu'aveugle, en déni complet.
- Pardon ? Déni – quoi ?
- Te concernant, répondit Pansy en levant les yeux au ciel comme si c'était évident.
- Il n'y a rien qui puisse le mettre dans le déni, Pansy, encore moins moi.
- Tu es sérieuse ? Grogna Pansy. Drago mange du déni au petit-déjeuner ! »
Hermione la dévisagea un moment avant de réaffirmer : « Nous sommes juste amis. »
Pansy se pinça l'arête du nez et prit plusieurs inspirations profondes. « Je sais que je vais peut-être être lourde et peut-être que tu n'es pas encore prête à penser à cet aspect de ta vie, mais en es-tu sûre ? Je veux dire, vraiment, es-tu sûre à cent pourcent que toi et Drago n'êtes rien de plus ? »
Elle répondit sans aucune hésitation : « Oui. »
Les yeux bleus de Pansy se verrouillèrent aux siens. « Es-tu sûre qu'il n'y a pas de potentiel pour quelque chose de plus ?
- Nous sommes amis, et, enfin... »
Elle respectait leur amitié. Il était certain qu'ils avaient dû se battre et se pardonner pour en arriver au point où ils en étaient. Mais les choses bougeaient entre eux. Elle n'était pas sûre de comment ni quoi changeait, mais elle n'était pas aveugle. Et elle n'en voulait pas.
« Je ne veux pas que ça change, dit Hermione à Pansy avec sincérité.
- Certains changements sont inévitables. Vu comme tu m'as fait la morale sur le changement, tu devrais le savoir, répondit Pansy. Changer t'aide à en apprendre plus sur toi et sur les personnes qui t'entourent. »
Elle en connaissait un rayon sur Drago, sûrement plus que ce qu'elle connaissait de Pansy ou de Blaise. Il était composé de tellement de couches, certaines qu'elle avait épluchées, d'autres jusqu' auxquelles elle n'était pas encore parvenue. Elle avait parcouru un long chemin depuis qu'elle pensait qu'il était un de ces cons sans cœur. Elle avait fini par se sentir à l'aise avec lui, et Hermione ne voulait pas que cette légèreté ne devienne de la gêne pour quelque raison que ce soit.
Drago Malefoy lui cassait les pieds plus de fois qu'elle ne pouvait le compter, mais il était venu à son secours. Elle se faisait confiance, en sa présence, mais plus encore, elle lui faisait confiance. Il avait de l'affection ses actions, bien que subtiles, en étaient la preuve. Hermione avait de l'affection pour lui ceci était tout aussi vrai. Et à présent qu'elle y pensait, peut-être qu'elle avait un peu plus d'affection pour lui que la normale, mais ce n'était ni plus ni moins ce qu'il méritait.
La pensée seule lui fit très peur.
« Hermione ? »
Pansy la regardait avec inquiétude.
« Désolé, » murmura-t-elle d'une voix tremblante, caressant les cheveux de Teddy. Ses foutus doigts ne voulaient pas s'arrêter de trembler. « Je réfléchissais.
- Oh, Merlin, tu trembles, Hermione. Je suis désolé. Je ne voulais pas -
- Non, ça va, » répondit-elle distraitement. Elle ne pouvait cesser de réfléchir. Pour rien au monde. Et le pire était qu'elle ne pouvait cesser de réfléchir à Malefoy. Putain, Pansy.
Ce n'était pas comme s'il était la meilleure des personnes. Parfois, il n'était pas une très bonne personne. Il concourait pour la seconde place du trophée de 'La Personne Vivante La Plus Bousillée' trophée qu'elle avait remporté par victoire écrasante. On aurait dit que les choses entre eux étaient opposées. Quand elle s'élevait, il sombrait, et ce n'était pas comme s'il pouvait blâmer la mort de son père, non plus. Elle se rejoua toutes les paroles des échanges au cours desquels il s'était confié à elle. Il n'y en avait pas beaucoup, mais il avait dépeint une image du genre de douleur dans laquelle il était. Sauf que dans cette image, il avait aussi dépeint le genre d'homme qu'il était. Peut-être n'était-il pas autant en harmonie que ce qu'il laissait croire. Peut-être était-il vulnérable, maintenant plus que jamais auparavant. Et peut-être – peut-être était-il un peu perdu, aussi.
Et c'était réconfortant.
Elle n'était pas seule dans sa quête d'un retour à un certain état de normalité. Elle avait Malefoy, qui courait sûrement après la même chose, et cela la réchauffa étrangement. Cette homme était sensible, brisé, réel, et authentique.
Authentique.
« Je laisse tomber, dit Pansy avec conviction. Ce n'est pas à nous d'essayer de deviner ce qui se passe entre toi et Drago.
- Non, en effet », souffla Hermione d'un air absent, l'esprit tourbillonnant et hors de contrôle.
Elle restèrent assises en silence jusqu'à ce que Pansy, agitée, ne déclare : « Je pense que tu as peur. »
Elle posa ses yeux sur son amie. « J'ai peur ? De quoi ?
- De tout – enfin, de tout ce qui concerne le sexe opposé. »
Hermione fronça les sourcils, pensive. « Peut-être. » Puis elle repensa à sa fuite embarrassée après avoir vu Malefoy en serviette de bain, et se corrigea. « Non. Pas peut-être. Je sais que j'ai peur.
- Pourquoi ?
- C'est une question plutôt bête, tu ne crois pas ? J'ai toutes les raisons du monde d'avoir peur.
- C'est sûr, mais moi aussi.
- Tu as Blaise.
- J'ai toujours eu Blaise j'étais juste trop aveugle pour le voir. Tout comme tu as Drago, mais peut-être as-tu trop peur pour le voir. »
Hermione tressaillit. « Je-je ne veux pas parler de -
- Oui, toi et moi avons toutes les raisons du monde d'avoir peur des relations, mais nous avons aussi toutes les raisons d'essayer de conquérir cette peur. Tu ne peux pas choisir et décider des aspects de ta vie sur lesquels tu vas travailler, et continuer à fuir le reste. Tu dois traiter chaque problème dès qu'il se manifeste, tu sais ? »
Hermione contempla Pansy un long moment.
« Ne te sens pas obligée de faire ce que je dis, dit lentement Pansy. Je ne te force pas. J'essaie juste de te faire réfléchir. Je pense que ça te ferait du bien d'ouvrir ton cœur à peu près autant que tu as ouvert ton esprit. »
Et alors, assise sur le canapé, les doigts dans les cheveux violets de Teddy, elle prit une série de décisions à propos de sa vie. Elle avait toutes les excuses du monde pour ignorer les paroles de Pansy, mais peut-être qu'il était temps d'écouter, peut-être qu'il était temps de s'enlever les œillères, peut-être qu'il était temps de réintroduire un nouveau mot dans son vocabulaire – oh bordel.
D'abord amis, et maintenant – bordel. Hermione prit une grande inspiration. Relation.
« J'y penserai.
- C'est tout ce que je demande. »
Hermione se promit que la prochaine fois qu'elle donnerait son cœur, elle serait plus attentive quant au bénéficiaire. Mais il y avait plus que ça. Elle ne se permettrait jamais de se rapprocher de quelqu'un si elle pensait qu'il était faux. C'était peut-être égoïste, mais si elle s'apprêtait à s'ouvrir à quelqu'un, elle le ferait selon ses conditions. Finis les mensonges pour protéger quelqu'un d'autre elle avait assez estropié son âme pour le bien des autres. Finis les mensonges tout court, d'ailleurs. Ils pourraient toujours essayer de capter son attention, ils ne l'auraient pas. Ils pourraient toujours se tenir juste devant son nez, ils seraient invisibles.
Mais…
Si ce quelqu'un ne reculait pas devant sa froideur. S'il se débrouillait d'une manière ou d'une autre pour lui retirer petit à petit son manteau de défense et les ombres qui voilaient ses yeux. S'il s'asseyait et restait un instant, alors peut-être. S'il était tolérant et honnête, compréhensif et digne de confiance. S'il était d'une sincérité brutale – parce que Merlin savait qu'elle allait avoir besoin d'entendre la vérité. S'il était capable de grandir comme elle grandissait, d'apprendre comme elle apprenait, et de changer comme elle changeait, alors peut-être. S'il pouvait comprendre et accepter ses larmes, alors peut-être. S'il pouvait juste la serrer fort sans être dégoûté par ses peurs, alors peut-être. S'il pouvait la serrer jusqu'à ce que les voix et les cris se taisent dans sa tête, alors peut-être…
Peut-être.
Peut-être qu'elle s'ouvrirait sans avoir peur d'être rejetée. Peut-être qu'elle pourrait se détendre, conquérir ses peurs, et respirer un peu plus facilement -
Le bruit de la porte qui s'ouvrait fit sursauter Hermione. Jetant un regard par-dessus son épaule, elle sourit en voyant les deux sœurs s'avancer, main dans la main. Le visage de Narcissa était rouge, et ses joues striées de larmes, mais elle avait l'air mieux, comme soulagée. Andromeda souriait, et son sourire s'agrandit encore quand elle vit Teddy qui dormait. « Comment s'est-il comporté ? »
Avant qu'Hermione ne puisse ouvrir la bouche, Pansy répondit : « A la perfection. Ils ont joué à 'Cache-cache', c'est bien comme ça que ça s'appelle ?
- Oui, acquiesça Andromeda en souriant. Teddy est vraiment bon pour se cacher. Une fois, il m'a fallu deux heures pour le trouver. J'ai dû l'amadouer avec une glace pour qu'il sorte de sa cachette. » Elle lâcha la main de sa sœur et s'agenouilla devant Hermione, prenant le visage de son petit-fils dans sa main, doucement. « Teddy, petit amour. » Le petit garçon grogna et la repoussa comme si une mouche s'était posée sur lui. « Teddy, réveille-toi, chantonna-t-elle doucement.
- Nana ? »
Elle sourit. « Tu voudrais aller au parc avec - ? » Andromeda ne put jamais finir sa question.
Teddy se redressa d'un coup. Il était un peu désorienté à cause du sommeil, mais il s'exclama vivement : « Oui ! Miss 'Minie et Miss Pansy peuvent venir ? » Il regarda Hermione et Pansy avec de grands yeux. « Vous venez ? »
Elle sourit. « Peut-être qu'on viendra la prochaine fois, d'accord Teddy ? »
Il eut l'air sceptique. « Promis ? »
Pansy répondit : « On te le promet. »
Il enlaça Hermione une seconde, bondit hors du canapé, enlaça Pansy, et s'enfuit joyeusement vers la porte. Hermione se mit debout, et observa Teddy jeter un regard étrange à Narcissa avant de demander abruptement : « Tu viens avec nous ? » Narcissa acquiesça. Il réfléchit un instant. « Tu me pousseras vraiment fort sur la balançoire ? » La question la surprit, mais elle acquiesça une nouvelle fois un petit sourire commençait à apparaître sur son visage.
Teddy rayonna et se mit immédiatement à parler de ce qu'il aimait tant au parc.
Hermione était si absorbée par l'échange qu'elle en avait oublié Andromeda. Jusqu'à ce que cette dernière ne dise : « Je sais qu'aujourd'hui a dû être compliqué pour toi. »
Elle baissa le regard sur ses mains en demandant : « Qu'est-ce que tu veux dire ? »
Après un court silence, Andromeda soupira avant d'avouer : « Harry m'a… tout dit. »
Elle s'en était doutée après ce qu'avait dit Teddy.
« Il est venu me voir après l'avoir découvert, tu sais.
- Non, je ne savais pas, murmura Hermione.
- Eh bien, voilà. Il était tellement en colère, blessé, et tellement brisé que c'en était presque irrationnel. Pendant des heures, il a parlé de ce qu'il ressentait, ce qu'il traversait, et ce qu'il avait perdu, mais j'ai bien dû lui rappeler qu'il n'était pas la seule personne à avoir perdu quelque chose. Bien entendu, il était borné comme jamais, mais après un séjour en Grèce, sur lequel j'ai insisté, je pense qu'il est revenu en Angleterre avec un peu plus de compréhension. »
Hermione eut un rire jaune.
« Il faut que tu saches que Harry n'est pas une mauvaise personne.
- Je n'ai jamais pensé qu'il était une mauvaise personne. Je suis plus à blâmer que lui.
- Peut-être, mais au final, il a trahi ta confiance. »
Hermione en eut le souffle coupé. « Comment as-tu - »
Andromeda la coupa gentiment. « Il m'a parlé de ça, aussi. Il est désolé.
- Eh bien, il peut venir me le dire lui-même.
- Non, il ne peut pas. Tu ne le laisses pas te parler.
- Il n'a jamais essayé. » Et c'était vrai.
« Je comprends qu'il ait parlé de ton fils à Ginny, pourquoi est-ce tant un problème ? »
Les paroles d'Andromeda étaient un peu trop abruptes à son goût, mais elle n'était pas fâchée. « Tu ne connais pas les deux points de vue de l'histoire. »
Andromeda resta pensive. « Tu as raison, dit-elle en s'adoucissant. Pardonne-moi d'avoir été brusque. »
Elle acquiesça légèrement. « Je comprends. » Puis elle soupira. « Je ne sais pas quelle relation tu entretiens avec Ginny, mais tu n'as pas vu son regard quand elle a découvert que Matthew était le fils de Harry. J'ai cru qu'elle allait faire exploser ma maison. Ce genre de colère ne part pas simplement avec un séjour de vacances et la promesse d'un mariage en robe blanche. Ça ne marche pas comme ça.
- Peut-être qu'il vaut mieux qu'elle sache. »
Hermione fronça les sourcils. « Comment peux-tu dire ça ?
- Rien ne peut rester secret éternellement.
- Je ne garde pas le secret de Matthew par honte. Je ne suis pas fière de la façon dont ça s'est produit ni du nombre de personnes que j'ai blessées, mais il était notre fils. Harry est – il y a des gens qui rêveraient de nous détruire tous les deux. Un nombre incalculable de gens qui bafoueraient le souvenir de notre fils au nom de l'histoire… et pour une quantité notable de Gallions.
- Penses-tu Ginny capable de faire souffrir Harry pour te faire souffrir toi ?
- Je ne sais honnêtement pas de quoi elle est capable, souffla Hermione. L'amour peut faire ressortir ce qu'il y a de plus mauvais chez une personne. »
Partie Deux : Le Choix
Le seul bruit qui suivit fut celui d'un corps s'écroulant lourdement au sol, et une voix traînante : « Eh bien, eh bien, ceci est certainement un changement de circonstances.
- Drago ? » entendit-il vaguement dire Arcturus.
Sa tête martelait et il se sentait nauséeux. Il savait qu'il avait merdé.
« Des plus intéressants… c'est des plus intéressants, réellement, » continua Hesper d'un ton nonchalant.
L'acte était fait. Y accordait-il de l'importance ? Même pas. C'était une chose de proférer des menaces envers sa mère et Pansy c'était une chose à laquelle il s'était attendu. Mais ils avaient dépassé les limites et – Drago pâlit considérablement.
« Un Malefoy qui défend une Sang-de-Bourbe. Il a trop traîné avec toi, hein, Arcturus ? Gloussa Hesper.
- La ferme, » prévint Drago.
Bordel, bordel, bordel.
Il n'y avait rien de mal à défendre Hermione Granger, mais en la défendant, Drago avait dévoilé son jeu de cartes.
Qui valait une Noise…
Emil bougeait à peine. Ses gémissements désorientés emplirent la pièce et cela ramena sur lui l'attention d'un Drago furieux. Il pointa de nouveau sa baguette.
« Il n'en vaut pas la peine, lui dit lentement Arcturus.
- Et comment tu évalues ça ? » Hesper n'offrit pas la chance à qui que ce soit de répondre avant de poser une autre question, doucement: « Et puis, pourquoi devrait-il arrêter ? C'est plus excitant.
- Tu ne vas rien faire ? » balbutia Emil, s'asseyant avec précaution.
Ses yeux étaient fixés sur la baguette de Drago.
« Que suggères-tu que je fasse ? » Son frère observait ses ongles, désintéressé. « Je ne suis pas celui qui a une baguette. » Il leva les yeux sur Drago. « Tu devrais lui faire subir ce que ton père aurait fait. Après tout, il a dit des choses vraiment peu flatteuses à propos de ta sorcière, tout à l'heure.
- Mais – mais – tu as essayé de -
- J'avoue que j'étais curieux de savoir si elle résisterait ou fuirait, mais elle n'a pas tremblé une seule seconde. Elle savait pour le Serment. » Hesper regarda son neveu. « Parce que tu lui as dit. Et pourquoi aurais-tu fait une telle chose ? »
Drago était sur le point de jeter un sort à toutes les personnes présentes pour les faire taire. Il agrippa plus fortement sa baguette.
« Tu n'es pas ce genre de personne, Drago, » lui dit Arcturus de but en blanc.
Cette déclaration résonna dans sa tête, encore et encore. Ce n'était pas le moment d'être en introspection et découverte de soi. Il devait garder la tête froide. Il devait – Drago fit une pause. Peut-être qu'Arcturus avait tort. Peut-être qu'il était le genre de personne à lancer des sorts, comme Emil, ou qui jouait des jeux, comme Hesper, et peut-être qu'il était le genre d'homme qui s'en prenait à plus faible. Il l'avait déjà fait, avant. Il s'en était pris à Granger – seulement, ça avait évolué vers quelque chose d'inattendu. Qu'il l'ait aidée ne changeait pas le fait qu'il avait été hypocrite.
Hesper le sortit de ses pensées. « Elle est intéressante, cette sorcière. Peut-être que c'est elle qui t'a tant fait changer cette année. Tu ressemblais plus à ton père que jamais, et maintenant - »
Drago carra les épaules et la mâchoire avant de répondre précautionneusement : « Je ne suis en aucun point comme mon père. Mon père l'aurait puni.
- Exactement. Et toi ? »
Tic. Tac.
Il baissa les yeux sur la grosseur pâle d'un homme qui le fixa en retour avec des yeux écarquillés, emplis de terreur. Oui, il avait jeté un sort à cet homme dans la fureur du moment, pour défendre une amie, mais Drago n'était pas un tueur. S'il y avait une chose dont il était sûr le concernant, c'était bien cela.
« Penses-y, Drago. Souviens-toi de ton père, dit Hesper d'un ton soyeux. Tu as le choix, ici, tout comme Emil avait le choix quand il m'a envoyé espionner Pansy, quand il a essayé de menacer -
- Mais je n'ai pas -
- Silence, » fit Hesper en claquant la langue.
Emil s'agita. « Mais - » Il se recroquevilla quand son frère lui jeta un regard furieux.
« Tu as le choix, lui répéta Hesper froidement. Montre-lui que tu n'acceptes pas sa défiance envers ton autorité. Montre-lui ta cruauté. »
Cruauté.
Hesper avait raison. Père avait raison. Même ce vieux grincheux de Dumbledore avait raison.
Drago avait le choix. Il était libre de devenir le genre de personne qu'il voulait être, et pas la personne que tout le monde attendait de lui qu'il soit. Drago avait le choix, et il avait fait des choix dans d'autres aspects de sa vie : sa mère, Pansy, Blaise, son boulot, les entreprises Malefoy, et même Granger – surtout Granger. Merde, elle avait été la cible de sa cruauté de nombreuses fois, que ce soit par le passé ou encore à présent, mais elle ne semblait pas entretenir d'hostilité vis-à-vis de lui. En fait, ils étaient devenus amis en dépit de ses paroles et actions.
Peut-être qu'elle savait. Peut-être qu'elle ne le voyait pas comme il se voyait lui-même. Peut-être que…
Drago baissa les yeux sur sa baguette, pensif. Bien sûr, il y avait eu des moments où sa cruauté avait pris le dessus sur sa rationalité, des moments où les aspects les plus sombres de la nature humaine l'avaient intrigué, et même des moments où il s'en était facilement pris à quelqu'un de plus faible que lui, mais il y avait clairement quelque chose de bon en lui. Il y avait des jours où il perdait le contrôle et prenait de mauvaises décisions des jours où il n'était pas fier de ses actions. Mais, il y avait tellement plus de jours où il faisait les bons choix. Drago décida qu'il ne se laisserait pas anéantir par chaque petite mauvaise chose qu'il avait pu faire, parce qu'il n'était pas parfait, simplement un être fait de chair et de sang… comme son père.
« Je n'ai rien à te prouver, surtout à toi. »
Hesper fronça les sourcils. « Quoi ? »
Il secoua la tête. « Tu as tort à propos de beaucoup de choses, mais plus que tout, tu as tort à propos de moi.
- Tu prends une direction dangereuse, Drago, et bientôt, tu seras comme Arcturus. Tu seras une mauvaise herbe sur la tapisserie familiale, toi aussi.
- Si tu crois que j'ai quelque chose à faire de cette putain de tapisserie, tu as grand besoin d'un retour à la réalité. » Il aurait bien mis le feu à cette chose s'il avait su où elle se trouvait.
Hesper haleta de rage. « Tu déshonorerais ta famille -
- Parce que tu crois que c'est ma famille ? Ah ! Tu es peut-être mon oncle, mais sur le papier seulement. Tu n'es pas de ma famille.
- Et qui l'est ? Lança-t-il en réponse. Arcturus ? Ces traîtres à leur sang avec qui tu es ami ? Ou peut-être que tu considères cette sale Sang-de-Bourbe comme ta famille.
- Je ne crois pas que ça soit tes affaires. » Drago abaissa sa baguette. « Comme j'ai essayé de dire depuis qu'on a commencé cette réunion, j'ai signé tous les papiers nécessaires et aussitôt que le lien magique prendra effet, à minuit ce soir, tout appartiendra à Arcturus. Je conserverai mes actions, mais c'est tout. J'en ai fini. »
Hesper et Emil furent momentanément pris de court.
« Quoi ? » Emil cligna des yeux sans y croire. « C'est déjà fait ? Je pensais -
- A l'évidence tu pensais mal, le coupa-t-il, méprisant.
- Ton père travaillait -
- Rien de tout cela n'a à voir avec lui, dit fermement Drago.
- Tu donnes la direction à un traître à son sang qui est bon avec les chiffres ? s'exclama Hesper. C'est immonde ! Ton père a amassé tout ce pouvoir pour toi, il a fait du tort à d'autres pour que tu sois là où tu te trouves maintenant, et il a même tué pour que tu obtiennes cette opportunité.
- Qui as-tu tué, Hesper ? Demanda Drago en penchant la tête sur le côté.
La colère d'Hesper atteignit des hauteurs en un clin d'œil. « Quoi ?
- Souhaiterais-tu reconsidérer les prochains mots qui sortiront de ta bouche ? Demanda Arcturus d'un ton vif, montrant la pile de parchemins. Tu as été marié de nombreuses fois sans jamais divorcer. »
La seule réponse fut une bouche qui se ferma en claquant.
Drago invoqua avec calme la pile de parchemins qui se trouvait sur la table. Il tendit les parchemins décrivant l'accord à Arcturus avant de parler. Il les avait déjà lus un million de fois. « Je devrais probablement vous prévenir que si une seule preuve venait à mes oreilles quant à une tentative de coup d'état sur Arcturus, vous seriez dépossédé de la totalité de vos droits. Deuxièmement, vous n'êtes pas autorisés à revenir sur le sol du Manoir Malefoy. Si on me fait parvenir ne serait-ce qu'une allusion de l'un de vous deux traînant autour de la maison de Pansy ou autour de Hermione Granger, je - »
Hesper grogna : « Qu'est-ce qui te fait penser que nous allons laisser passer quelque chose comme ça ?
- Je me fiche que vous soyez d'accord ou non. Cette question a déjà été traitée. Vous perdez votre temps et le mien. Je ne pense pas que tu saches grand-chose de moi, mais il se trouve que je travaille pour le Ministère. Et je dois t'avouer que le chef du département des Aurors était très intéressé de savoir que tu venais en ville pour les funérailles de mon père, Hesper. »
Son oncle se figea.
« Je pense qu'ils étaient curieux de tes activités, mais n'avaient jamais eu l'opportunité, jusqu'à aujourd'hui.
- Je -
- En fait, ils sont déjà chez toi, en Écosse, et ils attendent l'ordre de commencer à démanteler tes sorts de protection. » Drago observa l'air satisfait d'Hesper mourir et se muer en un air horrifié. « Et avec les plans de ta maison et de toutes les pièces et chambres secrètes, Merlin seul sait ce qu'ils y trouveront. » Drago reposa les parchemins sur la table, et Hesper les ramassa avec désespoir, feuilletant le contenu.
Ses yeux s'écarquillèrent de plus en plus à chaque phrase qu'il lisait.
« J'ai plusieurs copies, ainsi que les Aurors. Ils savent exactement où regarder, grâce au travail de détective d'Arcturus, mais tu peux te remercier toi-même de m'avoir donné le motif parfait pour donner le signal de départ aux Aurors, lui dit Drago. Tu n'aurais pas dû venir ici. Tu n'aurais pas dû menacer les personnes de mon entourage. Je te souhaite de pourrir à Azkaban. »
Le parchemin tomba de ses mains, et Hesper le regarda d'un air mauvais : « Pourquoi tu -
- Stupéfix ! »
Drago se tourna vers Arcturus, qui était déjà en train d'abaisser sa baguette, puis vers le corps inconscient d'Hesper.
Eh bien, voilà qui était intéressant.
« Je n'ai pas pu m'en empêcher, fit Arcturus en haussant les épaules. Je rêve de faire ça depuis des années. »
C'était fini.
Bouclé.
Accompli.
Et merci Merlin, parce qu'il était plus que prêt à sortir de ce satané endroit. Les bruits de l'horloge étaient presque incrustés dans sa mémoire. Tic. Tac. Il était temps temps de se laver les mains de tout ça et temps de s'en aller. Il souffla de soulagement et défit un bouton de sa chemise dans l'espoir de se détendre, mais ça ne fonctionna pas.
« Arcturus, pourras-tu livrer Hesper au Ministère et envoyer l'autorisation aux Aurors de démarrer leurs recherches ? Je l'aurais bien fait moi-même, mais je serais accusé de l'avoir balancé dans la Tamise avant qu'on soit arrivés à destination.
- Pour être honnête, moi de même, répondit Arcturus. Mais je vais le faire. Pour le message, je le livrerai personnellement. Je prends un Portoloin d'ici avec le boss de Granger pour aller superviser toute la recherche. »
Drago prit un air confus. « Quand as-tu décidé de faire ça ?
- C'était l'idée de la Miss, en fait. »
Il cligna des yeux plusieurs fois avant de demander : « Comment savait-elle au juste ce qui allait - »
Arcturus le coupa. « Je lui en ai parlé pendant notre petit échange. Elle m'a dit de m'assurer qu'il y ait au moins un Briseur de Maléfices sur place quand ils commenceraient à détruire les protections. Et je ne sais comment, elle a réussi à ce que son patron soit d'accord pour prendre l'affaire, bénévolement. Ils vont transférer toutes les preuves vers son bureau d'entreprise, où une équipe de Briseurs de Maléfices les vérifiera avant de les envoyer au Ministère. Peut-être que nous aurons des réponses. Peut-être que je saurai enfin ce qui est arrivé à ma femme. »
Drago le dévisagea quelques secondes, totalement éberlué.
« Comme je l'ai déjà dit, elle est une sorcière remarquablement douée, et elle est loyale. Il paraît logique que tu aies un petit faible pour elle. » Drago ne répondit rien à son oncle, et Arcturus passa à autre chose, se focalisant sur la troisième personne consciente de la pièce. « Bien, maintenant, que devrais-je faire d'Emil ? »
C'était une question à laquelle il pouvait répondre. « Modifie ses souvenirs, et puis fais ce qui te semble le mieux. »
Après avoir hoché la tête, Arcturus prit une inspiration, baguette en main, mais se stoppa quand il vit Drago marcher vers la porte. « Où vas-tu ?
- J'ai besoin de partir d'ici.
- Tu t'es bien débrouillé, aujourd'hui, » lui dit Arcturus.
Il se raidit. « J'ai perdu mon sang-froid.
- Oui, mais c'était une réaction tout à fait normale pour quelqu'un à qui tu tiens. Drago, tu es humain. »
Il ne répondit rien. Il ne voulait d'ailleurs plus penser à quoi que ce soit. Brusquement, Drago se détourna et se remit en route, mais il s'arrêta : « Emmène tout. Emmène la table, les tapis, et les fauteuils – le mien, aussi. Garde-le, vends-le, mets-le dans ton bureau, je me fiche de ce que tu en fais, je veux la pièce vide quand je reviendrai demain.
- Très bien. »
Drago ouvrit la porte, se figea, et donna son dernier ordre. « Oh, et emporte cette foutue horloge, aussi. »
Partie Trois : L'Attraction de la Gravité
La météo prévoyait de la pluie cette nuit.
Sûreté à cent pour cent, et pour autant elle était là, debout au bout de sa jetée. Son esprit était envahi de pensées, mais son corps était sec. Tandis que le crépuscule s'assombrissait, Hermione observa les nuages d'orage assaillir le ciel et le tonnerre gronda, venant de l'ouest. Néanmoins, pas de pluie, seulement des rafales de vent qui faisaient battre sauvagement ses cheveux dans l'air.
Elle resserra son châle épais contre son corps, se protégeant de la froideur printanière.
Hermione était dehors depuis – elle jeta un coup d'œil à sa montre et fronça les sourcils. Deux heures. Seulement deux heures ? Merlin, elle avait l'impression d'être sur ce ponton depuis des jours en compagnie de ses pensées. Les mots de Pansy et d'Andromeda tournoyaient autour d'elle, se mêlant entre eux.
Des mots comme pardonner, regretter, et relation flottaient dans sa tête dans des bulles individuelles.
La première bulle était fine, la seconde un peu plus épaisse, mais la dernière était énorme, pour une raison inconnue. Si on omettait la peur, que voulait-elle ? Voulait-elle être seule ? Pour toujours ?
Hermione faillit tressaillir en y pensant.
Non, elle ne voulait pas ça. Plus jamais. Elle était sûre de ne pas vouloir finir seule, ni solitaire. Mais elle n'était pas seule ni solitaire, pas littéralement. Hermione petit-déjeunait avec Drago tous les matins pour éviter ça. Elle avait des amis, mais une relation ? Était-elle prête à encourir les risques de partager sa vie avec quelqu'un d'autre ?
Observant le ciel, Hermione fronça les sourcils.
Elle n'avait vraiment pas le temps pour ces choses-là.
Soudain, elle reçut le signal qu'elle avait un visiteur. Et bien trop tôt, elle entendit le bruit, celui de son invité montant sur l'appontement, et le craquement du bois tandis qu'il approchait lentement. Hermione ne fit pas un geste. Elle enfonça ses mains dans les poches de son jean et fixa les eaux sombres. Quelques secondes plus tard, il était derrière elle.
Le vent hurlait et le tonnerre grondait. Les cheveux d'Hermione étaient en anarchie.
Et Drago Malefoy restait silencieux.
« Tout s'est passé comme prévu avec tes oncles ? »
Trois minutes passèrent avant qu'il ne réponde un bref : « Non.
- Oh. » Elle leva finalement les yeux vers lui et haussa un sourcil à la simple vision de lui. Malefoy semblait débraillé. Il n'avait pas de manteau, sa cravate était totalement froissée, et les deux boutons du haut de sa chemise étaient défaits. S'il s'était agi de n'importe qui d'autre, elle aurait supposé qu'il essayait de se relaxer après une dure journée. Mais, avec Malefoy, elle savait que quelque chose clochait.
« Tu as faim ? » Elle sortit les mains de ses poches et commença à reculer. « Je vais aller faire - » Une main lui agrippa le poignet et Hermione le regarda sans comprendre.
« Reste. »
Le deuxième mot, non prononcé, flotta dans l'air. S'il te plaît.
Hermione n'hésita pas, pas un seul instant. Elle leva les yeux vers la lune, cachée presque totalement par les nuages, et le temps se mit à ralentir. Leurs bras se touchaient, il n'avait pas relâché son poignet, et Hermione se trouvait réduite au silence, d'incompréhension. Elle ne se faisait pas au blanc qu'il avait lancé et son visage ne trahissait aucune émotion. Il l'intimidait pas d'une manière inquiétante comme les fois où ils se disputaient plus qu'ils ne s'écoutaient. C'était plutôt comme si elle était au bord d'un précipice, prête à plonger dans quelque chose. Sauterait-elle ou tomberait-elle ?
« J'ai jeté un sort à mon oncle aujourd'hui. »
Elle écarquilla les yeux, mais ne dit rien. Elle savait que la réunion s'annonçait intense, mais elle n'avait pas pensé que ça pourrait atteindre un tel niveau. « Pourquoi ? » Hermione patienta trois minutes, mais il devint évident qu'il ne comptait pas répondre. « Qu'est-ce qui est arrivé ?
- Eh bien, pour faire simple, avant que j'aie pu leur parler, il a touché un point sensible. »
Elle fronça les sourcils. « Quel point sensible ? »
Drago la dévisagea, mais ne répondit rien. Au lieu de cela, il relâcha son poignet et prit le plaid pour le réajuster autour d'elle et être certain qu'elle soit au chaud. Il dégagea ses cheveux de son visage. « Tu vas attraper la mort ici, Granger.
- Je n'ai pas si froid. Toi oui ? »
Il relâcha brusquement son plaid. « Non, je n'ai pas froid. »
Drago agissait bizarrement et elle n'en comprenait pas la raison.
« Est-ce qu'ils ont essayé de t'intimider ? C'est un effort inutile. Toi et Arcturus avez déjà signé l'accord. Un accord magique -
- Qui prendra effet dans environ vingt minutes, la coupa froidement Drago en détournant son visage d'elle. La question est, comment toi tu sais tout ça ? Je ne t'ai jamais rien dit de l'accord ou -
- C'est Arcturus qui l'a fait, il y a deux jours. Avant l'enterrement. » Et c'était un fait auquel elle n'avait pas pensé jusqu'à ce moment, vu le nombre de choses qu'il s'était passées. « Il m'a prise à part et on a discuté. Il m'a dit que tes oncles, Hesper et Emil, voulaient que tu leur donnes tes parts. Il m'a dit qu'ils viendraient sûrement à la réunion sans savoir que vous deux aviez signé l'accord, et qu'ils menaceraient tes amis et ta mère pour te contraindre à signer la cession totale à Emil.
- Ils l'ont fait. »
Hermione se tut.
« Quoi d'autre ?
- Mmh… Il m'a dit qu'il avait enquêté sur son frère et découvert une montagne de preuves contre lui concernant les multiples disparitions suspectes de ses femmes. Et il savait que le Ministère le surveillait pour usage de Magie Noire. » Elle rouvrit la bouche pour lui dire qu'ils avaient beaucoup discuté de lui, mais elle s'en empêcha. « Il m'a dit de faire attention à moi.
- Eh bien, tu as fait un excellent travail, » rétorqua Drago d'un air sarcastique.
Hermione n'apprécia pas ce ton. « Qu'est-ce qui ne va pas avec toi ?
- Tu ne m'as pas dit que tu avais croisé mes oncles. » Il avait la voix grave et elle y repéra un peu de colère. Eh bien, ça c'était étrange.
« Je ne savais pas que je devais le faire, Malefoy, répondit-elle en plissant les yeux. Je t'ai vu en tout et pour tout six secondes après qu'on soit revenus au Manoir. Ce n'était pas si grave, Pansy m'a trouvée. Elle - »
Drago se tourna vers elle et s'exclama avec force : « Mais et si elle ne t'avait pas trouvée, hein ?
- Pourquoi es-tu si fâché contre moi ? »
Il prit une grande inspiration et croisa les bras sur son torse, mais ne dit pas un mot.
Elle s'assit au bord du ponton et utilisa les minutes suivantes pour calmer sa colère grandissante. « Ils ne m'ont pas touchée. Ils essayaient juste de m'intimider et me faire peur. Et peut-être qu'ils avaient quelque chose de plus sinistre en tête, mais ça n'est pas arrivé, donc calme-toi. » Elle leva les yeux vers lui et put voir son air sévère à la lueur de la lune. « C'est drôle, je ne t'aurais jamais mis dans la catégorie des sur-protecteurs.
- Je ne le suis pas.
- Tu as failli m'avoir. On aurait presque dit Pansy. » Il prit un air renfrogné. Hermione ricana et tapota la place à ses côtés. « Pourquoi ne t'assieds-tu pas ? Je pense que tu pourrais profiter d'une pause. Ça a été une longue journée. » Elle se tut et réfléchit à toutes les conversations et réalisations qu'elle avait eues ce jour-là. Elle pensa à Pansy, Teddy, Andromeda, Narcissa, et même Lucius. Elle pensa au petit garçon dans son cœur et à l'homme près d'elle. Elle pensa à tout cela. « Trop longue, hein ? »
Drago ne répondit pas avant de s'être assis à côté d'elle. « T'as pas idée. »
Les mots restèrent en suspens jusqu'à ce qu'une rafale de vent les chasse. Et puis, plus rien. La paix. Le silence. La tranquillité. Sans s'en apercevoir, sa main trouva celle de Drago et elle la lui pressa fortement. Drago regarda Hermione pendant ce qui sembla une éternité. Il avait l'air d'avoir beaucoup de choses à dire, mais il ne dit rien.
Elle repensa à ce qu'avait dit Pansy, à propos du fait que Drago ne laissait personne être aussi proche de lui qu'elle l'était. Hermione baissa les yeux sur leurs mains entrelacées. Peut-être que son amie marquait un point. Elle avait vu comme il traitait les autres froidement en fait, elle avait reçu sa brutalité à plusieurs occasions. Mais elle avait aussi reçu sa gentillesse bizarre. Elle n'était pas sûre qu'il ait lui-même réalisé tout ce qu'il se passait, elle-même n'avait rien remarqué.
Peut-être que c'était parce qu'ils étaient devenus amis. Enfin, peut-être pas, puisque Pansy disait que Drago la traitait mieux qu'il ne les traitait. Et peut-être que c'était vrai. Il ne l'avait pas repoussée ni rejetée. En fait, maintenant qu'elle y pensait, Malefoy ne l'avait jamais vraiment rejetée. Elle se demandait pourquoi.
Malefoy avait changé petit à petit au cours de ces derniers mois. Même elle l'avait vu.
Qu'est-ce qui l'avait fait changer ?
Les rafales de vent se calmaient, la sortant de ses pensées tandis qu'elle levait les yeux vers le ciel. L'orage leur était passé dessus et les nuages – eh bien, ils s'étaient remis en mouvement.
« Ils prévoyaient de la pluie ce soir. » Hermione n'avait aucune idée de la raison pour laquelle elle lui disait ça.
« Oh vraiment ? Répondit-il plutôt rigidement.
- Oui. »
Elle ne dit rien d'autre à ce sujet, et il ne le relança pas non plus.
C'était légèrement gênant.
Avant qu'Hermione n'ait pu le remarquer, les nuages bougèrent juste assez pour qu'elle la voie. Flottant dans le ciel sombre, suspendue par les forces naturelles, une pleine lune parfaite. Elle la contempla. Un disque blanc-bleuâtre resplendissant, contrastant avec le ciel nocturne nuageux. C'était fabuleux. Hermione remercia les forces cosmiques pour la compagnie qu'elle avait et la pleine lune, une nuit que les météorologues avaient prédite comme criblée de nuages d'orage.
Une pression sur sa main la fit quitter sa contemplation. Drago.
Elle le regarda, une nouvelle fois. Il arborait un air troublé, confus, et pensif. Ses yeux étaient légèrement froncés et sa respiration erratique. De temps en temps, il secouait la tête comme si une pensée non désirée jaillissait dans son esprit. Elle pressa sa main pour capter son attention, mais il ne répondit pas. Honnêtement, elle ne savait pas ce qui lui traversait l'esprit, mais de toute évidence, quelque chose l'envahissait et le contrariait.
Il bataillait avec lui-même, et ça ne se passait pas bien.
« Tu n'es pas seul, tu sais ? » lui dit-elle doucement.
Il planta son regard dans le sien. « Quoi ? »
Elle pressa sa main une nouvelle fois, avec précaution. « Tu n'es pas seul. Tu n'es pas le seul à te battre et tu n'es pas le seul à ne rien comprendre. » Quand elle vit son visage se tordre, Hermione l'interrompit de suite : « Je ne prétends pas savoir ce qu'il se passe dans ton esprit, mais je veux que tu saches que je comprends. »
Il n'eut pas l'air convaincu. « Tu n'as aucune idée de ce que j'ai en tête, donc tu devrais cesser de suite, Granger. »
Elle fronça les sourcils et retourna à sa contemplation de l'eau.
C'était si magnifique qu'elle refusait de laisser son humeur tout gâcher. Pourquoi ne venait-elle pas s'asseoir ici plus souvent ? La vérité lui parvint au gré d'une douce brise. Oh, oui. La dernière fois qu'elle était venue là, elle avait failli se noyer. Et – Hermione regarda Drago. « Pourquoi tu as sauté derrière moi ? »
Il fit une grimace. « Quoi ?
- Quand je suis tombée, pourquoi tu as sauté derrière moi ?
- J'avais mes raisons. » Drago lâcha lentement sa main et haussa les épaules. « Peut-être que la raison pour laquelle j'ai sauté après toi a changé. Peut-être que j'ai sauté pour la même raison que celle qui t'a fait venir chez moi le matin où mon père est décédé. »
Eh bien, voilà qui était une affirmation osée.
Hermione fut prise de court.
« Je ne suis pas sûr de pourquoi je suis venu ici, dit-il d'une voix très grave. Je devrais être chez moi à me noyer dans du Whisky Pur-Feu, mais -
- Mais tu es là.
- Je suis là. » Et il avait l'air réellement vaincu.
Hermione resta assise en silence, observant l'eau sombre. Elle voulut prendre sa main, mais repensa à ce qu'il avait dit. Elle n'était pas bien sûre de la façon dont elle pouvait répondre. Hermione était allée le voir parce qu'il en allait de son devoir d'amie… un devoir qui aurait aisément pu être délégué à quelqu'un qui le connaissait mieux.
Quelqu'un comme Pansy, ou même Blaise. Mais non, elle était allée le voir.
« Je suis venue te voir parce que je savais que tu n'avais pas besoin d'être seul, mais il ne s'agit pas de chercher pourquoi je suis venue. » Drago leva les yeux vers elle, mais elle garda les siens vrillés au lac. « Je suis restée parce que je suis ton amie. Je suis restée parce que je sais ce qu'on ressent quand on perd quelqu'un. Et je suis restée – je suis restée pour toi. Tout comme tu es resté pour moi.
- Je n'ai jamais su pourquoi j'étais resté. » La voix de Drago était bizarre, émue. « Peut-être que ça aussi, ça a changé. »
La tête d'Hermione commençait à être douloureuse. Apparemment, quand cela concernait Drago, il n'était jamais bon de trop réfléchir. De toute évidence, cela induisait un mal de crâne. Il l'avait déjà bien trop fait réfléchir aujourd'hui, sans le savoir. Et maintenant, il était là, à la faire réfléchir à nouveau. Bordel. Elle tuerait Pansy dès qu'elle la reverrait.
« Je – peut-être que tu as raison. Peut-être qu'on ne devrait pas en parler. » Hermione n'était pas sûre de ce qui lui arrivait, mais cela devait cesser. Stupide Pansy avec son stupide conseil à propos de ce stupide mot qu'elle lui avait fait réintroduire dans son stupide vocabulaire. Relation.
Stupide, stupide, stupide.
Elle ne parvenait plus à respirer. « Je vais y aller et… y aller. »
Drago la regarda en haussant un sourcil. « Tout va bien, Granger ? »
Oh Merlin, elle paniquait et ne savait pas pourquoi. « Euh, oui, euh, je dois y aller. Courir.
- Crise de panique ? » On aurait dit que tous les muscles de son corps étaient devenus durs comme du bois, tout à coup. Comment avait-il – Hermione le fixa un moment, se maudissant de lui avoir parlé de ses attaques de panique. Le visage interdit, il tourna la tête et observa l'eau. « Tu devrais respirer. »
L'air entre eux était lourd, pesant de tension et de non-dits.
« Et ensuite, tu devrais réfléchir à la raison pour laquelle tu paniques. »
Hermione fronça les sourcils. Quelle remarque typique d'un homme frustré et borné. Il était une fontaine de bons conseils, mais à peine on essayait de lui en donner en retour, il se fermait. Mais merde pour lui s'il était dénué de sens. Tant pis pour lui. « Peut-être que tu devrais écouter ton propre conseil, Malefoy, et au lieu de me dire de réfléchir à la raison pour laquelle je panique, tu pourrais réfléchir à ce qui ne va pas avec toi. Peut-être que tu pourrais réfléchir à la raison pour laquelle tu es là.
- Peut-être que tu pourrais t'occuper de tes oignons, Granger, » se défendit-il.
Elle plissa les yeux. « Peut-être que, si tu ne veux pas d'un conseil, tu pourrais essayer de ne pas en donner aux autres. »
Drago la dévisagea un instant avant que ses yeux ne s'assombrissent. Il se pencha en avant et lui répondit sèchement, à voix basse : « Peut-être que tu devrais courir. Tu es bonne pour ça.
- Bien vu, rétorqua-t-elle, le fixant droit dans les yeux.
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Je suis une sprinteuse, Drago, mais tu es un coureur de longue distance. »
Malefoy lui jeta un regard noir. « Oh, et tu es la personne parfaite pour me juger.
- Je ne te juge pas.
- On aurait dit. » Il commença à se relever.
Hermione l'agrippa par le bras, le forçant à rester là où il était. « Tu es celui qui m'a attaquée.
- Je ne t'attaque pas.
- Alors pourquoi ce comportement, Drago ? Tu es comme ça depuis que tu es arrivé et je sais que ça n'a rien à voir avec tes oncles ou avec ta journée. Ça a quelque chose à voir avec moi. Tu m'as dit que tu ne savais pas pourquoi tu étais là -
- Tu es exaspérante, l'interrompit-il d'un air énervé.
- Autant que toi, et pourtant tu es là. »
Les minutes passèrent et ils se fixaient d'un regard noir, aucun ne reculant d'un centimètre. Hermione se força à redresser encore la tête, le menton relevé vers lui. Et alors, il se passa quelque chose. Hermione le sentit, plus qu'elle ne l'entendit, expirer. Cela tira la sonnette d'alarme en elle. Ça n'allait pas. Il était d'ordinaire déterminé à avoir le dernier mot. Il ne renonçait jamais.
Mais c'était le cas, et immédiatement, la tension entre eux se dissipa. Ce qui en subsista était étrange et presque étouffé quelque chose qu'elle n'arrivait pas à identifier. Les yeux d'Hermione glissèrent vers ses lèvres quand elle réalisa à quel point leurs visages étaient proches – oh, alors ça, maintenant, c'était ridicule… Mais leurs yeux se croisèrent, une nouvelle fois.
Elle ne reconnut pas son air ni ne comprit pourquoi ils avaient tant dévié, mais elle était bloquée. Le silence entre eux était dangereux et elle pensa à le rompre en parlant, mais n'y parvint pas. C'était comme si sa langue avait enflé de trois fois sa taille dans sa bouche. Hermione ne pouvait faire un geste et Drago n'avait pas bougé, hormis sa main qui s'était de nouveau faufilée dans la sienne. Hermione la sentit, sentit ses doigts puis sa paume contre la sienne. Sentit la pression et la chaleur. Il avait cessé de respirer, ou peut-être était-ce elle. Elle ne savait pas. Elle ne savait plus rien. Il était trop proche.
Mais – une vibration lui parvint mentalement, la faisant se reculer brutalement.
Ses sorts de protection l'informaient qu'elle avait trois nouveaux visiteurs. Deux d'entre eux auxquels elle s'attendait, mais un autre qu'elle n'avait pas anticipé. Malefoy semblait complètement épuisé et de mauvaise humeur. Hermione déglutit. « J'ai, euh, des invités. » Embarrassée, elle laissa tomber sa main. « Écoute, Drago, je ne suis pas d'humeur à me battre avec toi - »
Il répondit d'une voix toujours aussi étrange : « Même si j'aurais adoré t'en tenir responsable, ce n'était pas ta faute. »
C'était sûrement la chose s'approchant le plus d'une excuse qu'elle pourrait recevoir.
Elle hocha la tête avec raideur, redressa les épaules, et s'éloigna de l'extrémité de la jetée. Chaque pas semblait résonner dans sa tête, qui tambourinait presque aussi fort que son cœur. Une potion contre le mal de crâne était tout ce dont elle avait besoin. Oui, une potion pour le mal de tête et une bonne nuit de sommeil débarrasseraient son esprit de ce que Pansy y avait implanté.
Hermione entendit des bruits de pas derrière elle, mais elle continua de marcher, vu qu'en quelques pas il la rattraperait. Et ce fut en effet le cas. Elle regarda Drago de biais, mais ne dit rien. Que pouvait-elle dire ? Ça avait été une drôle de soirée. Trop, si elle devait être honnête. Le ciel recommença à gronder. Un orage se préparait, ou bien était-ce le même orage ? Hermione trébucha sur une marche, et la main de Drago s'avança pour la stabiliser.
Oh, oui, un orage. Peut-être qu'il allait apporter la pluie.
Après avoir monté les marches de son porche arrière en silence, Hermione ouvrit la porte. Elle n'avait aucune idée de la raison de sa présence ici, et à en juger par ce qu'elle voyait, il n'avait pas non plus l'air de savoir pourquoi il était là, non plus. Il y avait tellement de tension entre eux bien trop de tension qu'il n'aurait dû y avoir, et bien trop à son goût. Malefoy ferma la porte derrière lui.
« Je vais faire du café. »
Hermione acquiesça et se rendit lentement vers son salon.
Trois personnes étaient assises sur son canapé, se parlant à voix basse. Pansy l'aperçut en premier. Hermione remarqua l'inquiétude dans ses yeux. Apollon était sur ses genoux, ronronnant doucement. Elle frôla Blaise, qui se leva immédiatement. Il portait encore sa robe d'Auror. Et puis…
« Ron ? Que fais-tu ici ? »
Il se leva de sa place, l'air nerveux. « Je - » Mais alors, il regarda derrière elle et fronça les sourcils, perdu. « Que fait-il ici ? »
Hermione vit Malefoy qui venait juste d'apparaître à sa droite.
« Eh bien, salut, Drago. Quelle surprise de te voir ici si tard, » sourit Pansy d'un air narquois. Blaise eut l'air intrigué.
Elle aurait aimé torturer Pansy, et au vu du regard noir de Drago, il pensait la même chose. En tout cas elle se l'imaginait. « Parce que c'est comme ça. Bon, qu'est-ce que vous faites tous ici ? »
Il fallut un moment, mais Ron se re-concentra sur la raison de sa venue. Il se passa une main dans les cheveux et ramassa une enveloppe épaisse sur la table basse. « J'ai reçu ça cet après-midi et, enfin, je ne savais pas comment te la donner, donc j'ai envoyé une lettre à Parkinson. Et je -
- Eh bien, qu'est-ce qu'il y a, Weasley ? Le coupa impatiemment Drago.
- Tiens. » Ron ignora Malefoy et tendit l'enveloppe à Hermione.
Elle la retourna. Elle était décollée. « Tu l'as ouverte ?
- Je croyais que c'était une lettre d'un fan. »
Pansy caressait Apollon. Blaise était toujours debout, immobile. Drago ricana et leva les yeux au ciel. Ron lui jeta un regard noir. Hermione fronça les sourcils et souleva l'ouverture de l'enveloppe. Elle mit la main à l'intérieur et en ressortit un papier. Pas un parchemin, mais un papier Moldu. Étrange. Elle l'ouvrit et ce fut comme si quelqu'un venait d'aspirer tout l'air de la pièce.
« Qu'est-ce qu'il y a, Granger ? Demanda Drago.
- C'est – c'est une - » balbutia-t-elle, le souffle coupé, se sentant nauséeuse.
Blaise finit sa phrase d'un ton grave et sérieux : « C'est une copie du certificat de naissance de Matthew. »
Et quelque part, une horloge tinta.
Et voilà, un nouveau chapitre !
J'ai bien aimé le traduire, celui-là. L'action est là. La réflexion aussi.
Qu'en avez-vous pensé ?
Merci à toutes celles qui ne m'ont pas abandonné, ça fait bien plaisir ! J'imagine aussi que ça vous occupe pour quelques minutes dans ce confinement… !
J'ai déjà fini de traduire le prochain chapitre, mais j'attendrai d'en avoir traduit encore un autre avant de le poster…
En attendant, n'hésitez pas à me faire savoir ce qui vous a plu dans celui-là !
A bientôt !
Little-Sniks.
