Win or fail, whatever. Everythings feels the same.

Merci à : Lyloo (flemme de chercher les chiffres, Emma, si tu passes par là je t'aime) qui me relis et me supporte depuis onze ans.

I'm your best dream, a fucking nightmare : Ce chapitre a été extrêmement dur à écrire, j'ai changé certaines choses mais d'autres sont parfaitement vraies. Ça fait si longtemps, si longtemps que j'aurai dû faire quelque chose mais je ne l'ai pas fait. Je l'ai laissé se détruire, nous détruire pour une simple question de fierté. Je ne suis pas quelqu'un de bien, je ne le serais jamais mais je l'aime, plus que quiconque n'en sera jamais capable. Après "Ma responsabilité", "Ton choix" voici la dernière pièce de ce triptyque, de ce triangle amoureux.

Bonne lecture !


C'est ton nom que je crains

Huitième chapitre

Sa faute


Silence. L'atmosphère est lourde. Tu te tiens debout près de la cheminée, me tournant le dos, fixant les flammes pour ne pas avoir à me regarder. C'est toi qui a demandé à me voir pourtant. Tu m'as dit que tu avais quelque chose d'important à me dire.

Mais tu n'as pas prononcé un mot depuis ton arrivée. Tu t'es servi un verre sans même m'en demander la permission et tu te contentes de regarder le feu ronflant dans la cheminée. Et je reste planté là, ne sachant que faire face à ton silence.

Je m'approche avec précaution, posant ma main sur ton épaule. Tu sursautes et te retourne. Tu poses les yeux sur moi, comme surpris de ma présence. Ta main cherche la mienne et je te laisse entrelacer nos doigts.

« Ginny m'a drogué, pendant des années. »

Ton regard se tourne à nouveau vers les flammes alors que j'encaisse stoïquement tes mots. Un milliard de questions me viennent aux lèvres mais je me tais. Tu as l'air bien assez perturbé comme ça. Je me contente de serrer un peu plus fort ta main en guise de soutient.

« Tout ce temps, toutes ces années auprès d'elle … Je sentais que quelque chose clochait mais je ne voulais pas le voir. Je me disais que si je me rapprochais de toi quand elle n'était pas là c'était simplement parce que tu sais … Loin des yeux, loin du cœur. Et dès que je la revoyais, dès qu'on reprenais un verre ensemble et qu'on se remettait à rire ensemble, je n'avais plus un seul doute. »

Tu me regardes à nouveau, tu as l'air si perdu, si vulnérable soudain. Et je me tais, ne sachant quoi dire. J'aimerais te faire taire mais j'ai besoin d'entendre la suite, j'ai besoin de comprendre. Malgré la douleur que ça implique.

« Je me disais que c'était normal, que ça finirait par me passer, que la passade c'était toi, pas elle. »

Ta voix s'est cassée sur les derniers mots. Il y a tant de regrets dans ton regard, tant de remords, je n'ai pas le courage de t'enfoncer encore plus, même si tes mots font mal. J'ai accepté cette situation ainsi que ses conséquences il y a longtemps.

« Je suis désolé, Draco. Désolé de ne pas avoir compris plus tôt, désolé d'avoir été si lâche que je n'ai pas cherché à comprendre. Et maintenant c'est trop tard ... »

Ton regard se fait à nouveau fuyant. Pourtant cette fois je ne te laisse pas faire. Du bout des doigts je te force à me regarder en face. C'était ton choix de venir, de me parler et je ne te laisserais pas te défiler. Pas cette fois.

« Trop tard pour quoi ? »

Ma question claque dans le silence, mon ton est plus accusateur que je ne le voudrais mais j'ai besoin de savoir. Besoin de comprendre pourquoi tu es là, pourquoi tu me racontes tout ça.

« Je l'ai quitté Draco mais ça n'a pas suffit. Elle avait compris que je me doutais de quelque chose alors elle a arrêté sa contraception. Elle est enceinte. »

J'accuse le coup en silence. Ta main serre la mienne plus fort et je vois la douleur dans tes yeux. Pourtant à cet instant je ne ressens que de la colère. Une colère froide et brutale. Je commence à réaliser l'ampleur de ta révélation mais j'ai besoin de l'entendre de ta bouche.

« Trop tard pour quoi, Harry ? »

Tu ne réponds pas, ton regard me supplie de me taire, de ne pas te forcer à le dire mais j'en ai besoin. Je ne t'ai rien demandé en trois ans, jamais reproché tes silences, tes absences, ni tes retours. J'ai tout accepté sans jamais demander d'explication. Je mérite d'en avoir une aujourd'hui.

« Je vais rester avec elle. C'est mon enfant qu'elle porte, je ne peux pas partir. Je sais trop bien ce que c'est de grandir sans parent, je ne peux pas faire ça à mon enfant. »

J'ouvre la bouche pour répondre mais tu m'embrasses et ça me brise plus que tout le reste. Ton baiser a un goût de larmes et de désespoir. Je devrais l'interrompre mais je ne peux pas. Je sais que ce que tu ne dis pas, je ne suis pas prêt à l'entendre au fond.

Alors je ferme les yeux et je réponds à ton baiser. Ça ne mène à rien de toutes façons, ça n'a jamais mené à rien. Je le savais depuis le départ, ce qu'on vit ne peut exister que dans le silence du Manoir, loin des regards et de la foule, dans le secret. Alors à quoi bon ?


J'ai voulu te laisser seul après ça. Respecter ton choix de rester avec elle mais tu es revenu, encore et encore. Et j'ai cédé encore et encore. Sept années ont passé et j'ai continué à me taire. J'ai fait ma vie ailleurs, plusieurs fois.

Je ne t'évoquais qu'à demi-mot, tu étais mon amant mystérieux, celui qui me consolait après chaque rupture. Celui avec qui je ne voulais pas être de toutes façons, c'est ce que je disais et à force de le répéter pendant si longtemps j'ai fini par y croire.

Je ne t'ai plus jamais posé la question, demandé pour quoi il était trop tard. J'ai enfoncé ce souvenir profondément dans ma mémoire, ne retenant que l'essentiel : elle t'avait drogué et tu restais avec pour votre enfant, rien d'autre.

Alors j'ai cessé de culpabiliser, cessé d'être si froid avec toi. Je t'ai caressé, embrassé. Je t'ai donné tout ce dont je t'avais privé pendant trois ans et tu n'as cessé de me le rendre. J'ai écouté ta douleur, celle que tu ne pouvais avouer à personne d'autre sous peine qu'elle s'en prenne à votre fils.

Je t'ai écouté la justifier, lui donner des excuses alors qu'on savait tout les deux qu'elle n'en avait aucune. Ce n'est pas de l'amour, ce qu'elle te force à subir. Ça ne l'a jamais été, juste une obsession qui dure depuis son enfance et dont elle n'a jamais guéri.

Elle voulait le Survivant et elle l'a, qu'importe le prix. Elle se fiche de ta douleur, se fiche que tu ne l'aimes pas, se fiche de faire souffrir votre fils dans le processus. Tu est sien et c'est tout ce qui lui importe. Elle prends la pose dans les magazines à ses côtés et s'épanche sur votre bonheur conjugal.

Et je me tais, pas pour elle, pour toi. Parce que ton fils est ta vie et que tu prends déjà suffisamment de risque en continuant à me voir. Je suis ta dernière liberté, le seul acte de rébellion qu'il te reste. Chaque baiser, chaque caresse, en porte le poids.

Alors je me tais parce que je sais ce que ça te coûte de continuer à être là. Et au fond ça me convenait, je voulais être ta liberté, pas ta souffrance. Je voulais me voir comme quelque chose qui te faisait du bien, qui te permettait d'échapper à ta prison dorée quelques instants.

Juste un bonus qui te permettait de tenir encore un peu, rien d'important. Et je sortais avec d'autres, j'en aimais d'autres, parfois juste sous ton nez et je ne me suis jamais justifié pour ça. Je me disais que je ne te devais rien, que tu t'en fichais sûrement. C'était juste plus simple comme ça.

Je ne posais plus de questions parce que je ne voulais pas entendre la réponse. J'aimais cette liberté, j'aimais ne rien te devoir, ne pas avoir à me préoccuper de toi. Je faisais mes choix et tu ne disais rien, tu te contentais de les accepter.

J'aimerais dire que je suis la victime dans cette histoire, que tu t'es servi de moi mais c'est faux. Cette situation, je l'ai choisi, tu n'as fait que la subir. Je ne suis pas celui qui te l'as fait mais j'en ai profité, j'ai pris ce que je voulais en refusant de m'interroger sur le reste.

Et ce souvenir ne cesse de me hanter ces derniers temps. Je ne peux m'empêcher de me demander ce que tu aurais répondu si j'avais insisté plus fort, si je t'avais forcé à me dire la vérité. Si je n'avais pas été si lâche. Je le savais au fond, je l'ai toujours su.

J'ai refusé de l'entendre pendant si longtemps, j'avais trop peur de ce que ça impliquait. Trop peur que tu me blesses. Alors j'ai été froid et cruel avant ça, je me persuadais que c'était par culpabilité mais c'est faux. Je te punissais de ne pas choisir, de ne pas me choisir.

Je te refusais le moindre geste d'affection simplement pour voir si tu continuerais à venir. Et tu l'as fait, à chaque fois, qu'importe à quel point je te blessais. Tout valait mieux que de ne pas me voir, n'est ce pas ? Tu as tout accepté, tout subit simplement pour pouvoir continuer à être près de moi.

C'était cruel de ma part, qu'importe que je ne savais pas pourquoi j'agissais ainsi, que j'étais persuadé que je le faisais simplement pour me protéger. Je ne voulais pas me laisser aller parce que j'avais trop peur de tomber. Trop peur de tomber follement amoureux de quelqu'un que je n'aurai jamais.

Alors je n'ai pas insisté parce que j'avais trop peur de voir à quel point j'avais été injuste. Je t'ai mal jugé dès le départ parce que la vérité était improbable. C'était plus facile de croire que je n'étais qu'un jeu pour toi, qu'une conquête parmi tant d'autres.

Je t'ai haï si fort le jour où tu m'as dit que j'étais le seul, que j'avais toujours été le seul avec qui tu l'avais trompé. Je n'ai jamais voulu de cette responsabilité tu sais. Je ne voulais pas être spécial. Je ne voulais pas l'entendre.

Je te riais au nez, j'étais cassant et dur. Je n'ai jamais abaissé les barrières face à toi. J'en étais incapable. Qu'importe que tu me confiais tout, que tu te montrais à moi sans masque, je ne te l'ai jamais rendu.

Alors non, je ne suis pas la victime dans cette histoire. Et je ne suis pas ton bourreau non plus. J'ai fait des erreurs, j'ai eu peur et la peur m'a rendu cruel mais tu ne m'en as jamais tenu rigueur. Tu savais très bien que je devais le faire.

Non elle te l'a fait. Et si j'accepte ma part de responsabilité dans cette histoire, ça reste sa faute, ni la tienne, ni la mienne.. Et la vérité a fini par éclater et je ne peux plus faire comme si je ne savais pas. Je ne peux pas effacer ce que tu m'as avoué. Je ne peux pas nier ces mots, ni la douleur dans ton regard, ni ta voix brisée.

« Si tu avais le choix qu'est ce que tu voudrais ?

- Toi. »

Alors je fixe ce message qui me confirme que ce souvenir s'est mêlé aux autres. Cette réponse à une question que je t'ai posé il y a sept ans et dont j'avais cessé d'espérer la réponse. Je pensais que rien ne pouvait être pire que de savoir que c'est avec moi que tu voudrais être mais je me trompais.

C'était trop tard pour nous, Draco.

Non, le pire c'est de savoir que tu l'as toujours voulu.

A suivre ...


Posté le 23 Mars 2020 à 03h28.

J'ai été diagnostiqué porteuse du covid-19 il y a quelques jours. Je n'ai plus le droit de sortir de chez moi, ma mère qui est la seule pouvant me ravitailler se comporte comme si c'était elle qui avait une maladie potentiellement mortelle, mes rares amis sont terrifiés. Mon crush semble penser que c'est approprié de me raconter qu'il en aime une autre qui ne l'aime pas. Et moi je joue au dernier animal crossing (version démat', j'ai été contaminé parce que mon travail est indispensable, je ne le ferais à personne d'autres) et je ne peux pas écrire. Mon cerveau est actuellement mal oxygéné, je le sais, j'en ressens les effets et je suis terrifiée. Je vis cette crise en première ligne, dans le camps des contaminés, de ceux qui souffrent, ça paraissait si lointain. Et finalement j'ai été le premier cas de ma famille, la première à vivre en direct l'effet de la crise sanitaire la plus importante depuis ma naissance. Bonjour, j'ai le covid-19, mon corps s'oxygène tellement mal que je suis défoncée en permanence et je suis terrifiée parce que dans quelques jours j'atteindrais le pic de la maladie et que je suis seule chez moi.

Merci quand même, toujours. Ne me laissez pas seule, parce que j'ai peur et que je suis seule, terriblement seule.

Mary J. Anna.