Raven porta sa main à son menton pour essuyer une fois de plus le flot de larmes poisseux qui en gouttait. Elle avait fait ça machinalement comme elle reniflait régulièrement à chaque minute qui passait mais cette fois en prenant son temps, comme pour ressentir le chatouillis de sa chair sous les larmes mêlées de poussière, et puis le frottement rugueux de sa manche souillée.
Ca la changeait de l'abîme de terreur et de mort qui l'avait avalée toute entière et la gardait bien serrée depuis l'avant-veille.
Finn était mort.
Elle ne ressentait même plus cette succession de colère, de haine, de désespoir qui l'avait maintenue éveillée depuis la découverte de son cadavre. Au-delà de l'épuisement physique et psychique, la seule chose qui l'atteignait et qu'elle se remettait à sentir était ce menton qui gratte. Et là, face à l'exécution sommaire des trois responsables, elle sentait ce vide s'agrandir.
Finn était mort.
Les trois têtes dressées au milieu du campement, face à elle, ne lui faisaient plus rien.
Raven ignorait la douleur sourde qui émanait de sa hanche blessée et s'obstinait à s'appuyer dessus, bien droite, face à ces visages immobiles.
Elle n'était même pas allée assister à la tirade furieuse du Commandant la veille, menaçant à demi-mot quiconque sortait des rangs d'une justice expéditive.
Monty la lui avait racontée à sa demande, d'un ton indifférent et monotone. Elle aurait pu se représenter la scène, la colère affichée du chef face à ses troupes rebelles, les regards en coin des coupables dans la foule.
Elle avait bien essayé de visualiser Clarke, au moins, mais à ce stade elle n'était même plus sûre de ce qu'elle-même ressentait. Son amie devait aller bien pire. Ou mieux. Elle l'avait vue concentrer tout cela en une rage monstrueuse mais revenir aussi vide qu'elle se sentait à présent.
Elle s'en moquait, en fait.
Elle ne savait pas à quoi elle était supposée penser. Là, seule, au milieu du camp. Face à ces têtes coupées plantées sur des pics. Ensanglantés.
Elles avaient été découvertes ce matin, et les chuchotis expliquaient que c'étaient les têtes de l'insurrection qui avait pris forme ces dernières semaines. Têtes tranchées net dans le secret de la nuit, sans esclandre, sans procès.
Pas d'exécution publique pour ces infâmes.
Raven se demanda si le Commandant y était allé lui-même, puis relâcha cette question dans la brume.
Elle ne sentait même plus son menton, ni l'humidité désagréable de ses joues. Elle renifla.
On lui avait dit que parmi ces trois restes de personnes était Quint, un des généraux surexcités et mécontent de leur présence. Et Echo, que Bellamy avait rencontrée.
Visiblement une fière guerrière, d'après sa mâchoire saillante et ses yeux lourds cernés de petites cicatrices. Son regard vide semblait encore peser avec dédain sur ce qui l'entourait.
Raven aurait pu défier ce cadavre du regard.
Elle se contentait d'essayer d'observer ce qu'elle était supposée être.
En colère ? Soulagée ? Lasse ? Lasse. Qu'aurait-t-elle pu vouloir de plus ? Que Finn revienne ?
Finn… Elle ne voulait plus y penser.
Si elle voulait vivre, continuer, elle savait qu'elle devait bloquer ces pensées. Vivre pour quoi, elle n'en savait rien. Mais évitait de se poser la question.
Monty, par exemple, voulait qu'elle reste. Il le lui avait dit. Elle avait évité ses yeux hagards puis remplis d'inquiétude, mais il l'avait dit à voix haute. Comme ça, sans prévenir.
"Raven, je veux que tu restes."
Elle n'avait même pas essayé de s'étonner de ce qu'il semblait impliquer. Elle n'avait pas répondu. Et là elle contemplait, seule, l'absence du soulagement qu'aurait dû entrainer cette justice étalée devant elle.
Comme c'était pratique, pensait-elle, que les trois responsables de la mort de Finn soient également les chefs de la mutinerie impatiente de renverser leur Commandant trop lent pour décider d'attaquer Polis. Mais c'étaient les mêmes bien sûr, parce que c'étaient eux qui voyaient leur groupe d'étrangers d'un mauvais oeil. Leur sale influence ralentissait le Commandant. Après tout, ils étaient plus proches des maunons que des Trikru. Par quoi déjà ?
Ils s'en foutaient. Et Raven aussi, s'en foutait. Après la décapitation de leur insurrection, le reste des rebelles se tairait et suivrait enfin les ordres. Rappelés à leur noble obéissance par la loi du plus fort et du plus malin.
Elle se sentait presque indifférente par rapport à Lexa. Comme par rapport à tout le reste mais ce geste, qui ne pouvait avoir été initié que par elle, avait comme annulé sa volonté de vengeance.
Vingt minutes ou deux heures plus tôt - elle ne le savait plus, le commandant, en passant avec indifférence de l'autre côté de la place, s'était attardé un instant pour rendre son regard à Raven. C'est comme ça qu'elle en avait été convaincue.
Il lui confirmait par son flegme qui bordait la suffisance qu'il avait bien été l'origine, sinon le bras, de cette justice implacable. Et Raven, qui avait, dans ses pics de colère, concentré toute la responsabilité du meurtre de Finn sur ce chef de meute dangereux et menaçant, avait eu l'impression de déposer ses armes déjà bien peu tangibles.
On n'avait pas trouvé de corps à rattacher à ces têtes. Et on n'en trouverait certainement pas. Les têtes étaient là pour exposer publiquement la honte de ces traîtres, et la punition méritée.
Au moins, Finn avait eu droit à un enterrement discret. Pas de lapidation publique ; son procès avait été tout bonnement annulé.
La justice avait été rendue. Jus drein jus daun.
"Jus drein, jus daun" énonça-t-elle à voix haute alors que ses larmes se remettaient à couler.
Clarke semblait plus calme. Encore plus atone que Raven, si c'était possible. Presque apaisée.
Monty s'étonnait un peu de l'énergie qui lui restait malgré ses nuits blanches successives, mais il ne leur avait rien dit. Ni à Raven, ni à Clarke. S'il les connaissait bien avec le temps, il avait appris à attendre qu'elles s'ouvrent d'elles-mêmes.
Il avait eu peur quand la première s'était fermée brusquement. Il n'avait jamais vu Raven avec un regard aussi vide, même quand elle était à l'agonie à cause de sa jambe gangrenée. Depuis, il la surveillait en coin, comme Clarke l'aurait fait si elle en avait été capable. Mais elle aussi se fermait.
Personne n'en parlait. Mais Finn planait partout. Ils n'avaient pas encore touché à ses affaires, réparties entre leurs trois tentes.
Il n'avait pas non plus parlé de ça à Bellamy. Bellamy qu'il voyait s'inquiéter en silence aussi. Repousser quelques propositions d'Octavia de s'entraîner avec elle et les soldats. C'était sa manière à elle de gérer la crise ; taper du plus fort qu'elle pouvait sur n'importe quoi. Une fois, il l'avait vue s'épuiser maladroitement sur un punching ball en pleurant rageusement. Lincoln la regardait sans pouvoir rien faire, interdit de l'approcher.
Il aurait voulu que Jasper soit là. Il n'était pas pressé de le voir s'effondrer aussi, cependant. Mais il se demandait ce qu'il faisait, là-bas, de l'autre côté des dunes. Choyé par les habitants de Polis ou retenu prisonnier ? Il ne le pensait pas mort.
Monty était quand même un peu déçu qu'il ne soit pas revenu avec eux. Intrigué, aussi. Par ce qu'il avait découvert.
Il se sentait quand même bien seul. Pas abandonné, parce qu'il en avait l'habitude. Mais il n'était pas celui qui tenait le groupe ensemble. Ni celui capable de pousser les autres à se confier. Il était un pseudo ingénieur, voire un cuisinier passable. Il était plutôt soulagé que les Trikru aient cessé de les regarder trop méchamment. Enfin de les regarder tout court, comme s'ils avaient peur de s'y brûler.
Il admirait quelque peu le génie politique de Lexa. Elle qui maintenait tant de générations en respect, si jeune, si fermement. Et ce alors qu'ils ne la connaissaient que de nom un an plus tôt.
Ses mains trituraient machinalement un couteau papillon rouillé, qu'il ponçait avec un peu de sable tiède. Il faisait cela tout en laissant ces pensées couler, comme toujours. Travailler avec ses mains l'apaisait.
Et lui faisait oublier momentanément le creux de son estomac.
Ce matin, pas de petit déjeuner. Il avait eu l'impression d'être le seul à le remarquer. Clarke avait le ventre trop noué depuis deux jours pour avaler quoi que ce soit, Octavia et Bellamy étaient partis seuls chacun de leur côté, et Raven n'acceptait que péniblement d'avaler une portion de manioc par jour. Et encore, répartie en trois fois.
Personne ne s'y intéressait et il ne savait pas ce qu'il pouvait faire pour trouver de la nourriture. Passer par Lexa était impensable ; seule Clarke avait eu le privilège de l'approcher directement. Et surtout, avait le cran d'ignorer les gardes. Quand Monty passait devant l'un d'eux, lui, un simple regard moqueur suffisait à lui faire tourner les talons. Il était un peu plus conscient que la blonde de ses propres faiblesses physiques. Et il n'avait pas sa rage en cas de confrontation.
Alors, il l'attendait. Il avait décidé, après ses premiers gargouillis, de demander à Clarke s'il ne serait pas temps de refaire les réserves. Il avait juste attendu un jour de plus, espérant vaguement que le climat serait plus propice aux négociations civilisées à la cantine si on laissait le temps aux esprits de s'éloigner des derniers drames et de se rapprocher de la guerre. C'était sûrement ce que le commandant attendait, lui aussi. Que l'agitation ambiante se tarisse et que les troupes reprennent des forces. Peut-être un peu d'ennui aussi, redirigé d'ici peu vers l'assaut imminent des murs de Polis.
Trois têtes coupées net, perchées à hauteur d'yeux entre les lieux symboliques qu'étaient la tente du commandant, celles de ses seconds, la place d'entraînement et les roulottes de vivres. Il était impossible de les rater : les visages mortifiés qu'ils avaient identifiés comme ceux de Quint et d'Echo, et d'un troisième inconnu, avaient été affichés là comme message à tous les soldats, sans explication supplémentaire.
Ce message était clair : quiconque défierait les ordres du commandant subirait le même sort atroce, sans recours ni gloire, au vu et su de tous.
Clarke s'était surprise à ressentir une certaine satisfaction malsaine à cette idée. Passée la première surprise morbide qui avait failli déclencher une crise d'angoisse instantanée, elle avait trouvé un reste insoupçonné de froide retenue. Persuadée comme ses amis qu'il s'agissait bien des assassins de Finn, particulièrement hostiles à chacune de leurs interventions, elle se sentait quelque peu soulagée, et presque contente de se retrouver du bon côté de la barrière, cette fois.
Elle n'éprouvait pas une lueur de regret pour la disparition de sa compassion de toujours face à cet effroyable exécution ; après tous ses propres traumatismes, cette forme déguisée de vengeance lui semblait être la meilleure des justices.
Notamment pour Raven, qui était restée neutre et fermée depuis le retour de Clarke.
Les autres aussi étaient très affectés. Ils s'étaient spontanément réunis autour d'un feu la veille au soir, et avaient mis un point d'honneur à ne pas s'étendre sur ce sujet. A la place, Bellamy et Jasper s'étaient relayés pour leur raconter la version détaillée de leur rencontre avec Jasper.
Il avaient en fait eu le temps d'échanger brièvement avant d'être chacun tirés à l'abri à l'arrivée des gardes ; ça avait été suffisant à Bellamy et à Monty pour entendre les justifications de Jasper. Les villageois étaient bel et bien malades, disait-il, et lui, au courant des plans premiers de Lexa, refusait en bloc leur extermination. Il disait qu'il suffirait de changer le système, de libérer les esclaves, car on trouverait bien quelqu'un d'autre pour fabriquer des médicaments efficaces contre le gîte et le couvert, dans le monde connu. Il avait seulement eu le temps de s'exclamer que même lui le ferait avant d'être tiré en arrière par une fille aux joues creusées.
Bellamy n'avait pas eu le temps de lui parler des rumeurs de saignées, mais il avait bien vu le large pansement sur le pli de son coude.
Monty leur avait aussi raconté le début de cet échange, qui avait eu lieu par hasard alors qu'ils rentraient d'une mission de repérage des tours de garde, entre deux ruelles. Le père de Jasper était mort à Ray Jow, ils ne savaient pas comment. Et Jasper avait tout juste eu le temps de mentionner une tempête à son retour, sur la plaine des sables mouvants par laquelle il avait coupé pour les rejoindre plus vite, ce qui l'avait fait s'échouer sur les rebords de Polis.
Après cet ajout, Monty s'était alors tu et retiré de la conversation, qui avait enchaîné sur un faible débat au sujet de ces saignées, et de l'organisation du soulèvement interne parmi les esclaves. Le plan enfin accepté et annoncé par Lexa, qui débuterait sous peu, devrait permettre aux esclaves, Komtrikru comme les autres, de préparer leur insurrection à déclencher au moment où les troupes du Trikru attaqueraient Polis. La radio laissée par Monty, ainsi que celles discrètement volées et répandues entre rebelles grâce au poste de Harper, leur serviraient à coordonner leur actions une fois dans la ville. Mais leur rayon d'émission étant restreint aux dimensions de la ville, cela ne pourrait se mettre en place qu'au moment de l'assaut. Il ne restait plus qu'à attendre l'ordre du commandant, annoncé pour le lendemain.
Et retardé, songeait Clarke, juste le temps pour lui de se débarrasser des traîtres. Cela étant fait, depuis la sentence sanguinolente affichée ce matin même sur la place publique, ils n'avaient plus qu'à utiliser ces dernières vingt-quatre heures pour se préparer.
Le plus difficile, lui avait lancé Raven d'un ton neutre, serait finalement pour eux de survivre en un seul morceau face à la méfiance grandissante des Trikru.
Lexa avait notamment demandé à Indra de faire s'entraîner ensemble les volontaires, étrangers comme Trikru. Mais ce fut Octavia qui dut intervenir face à un autre second d'Indra qui s'en était pris à Bellamy en l'attaquant avec un peu trop d'enthousiasme dans l'arène. Leurs relations s'étaient tendues depuis le geste fort du commandant et, si Clarke se doutait que personne ne pousserait l'insolence jusqu'à finir par tuer l'un d'eux, les regards noirs et réflexions provocatrices s'étaient multipliées à leur encontre. Elle-même en avait fait les frais autour du puits, bousculée par une guerrière à l'air suffisant, et commençait à bouillir intérieurement.
Mais au lieu d'avoir peur, elle était à présent déterminée, froide et faisait tout pour se montrer impénétrable. Le flot d'émotion qu'elle avait relâchée à la mort de Finn lui avait fait l'effet d'une douche glacée, et l'altercation avec Lexa l'avait réveillée. Son deuil n'était pas fini mais, loin de se laisser aller au désespoir, et vidée de toutes les émotions dévoratrices d'énergie qu'elle avait autrefois laissé l'engloutir, elle avait tout retourné en désir de vengeance. Elle ne pouvait pas se laisser aller, elle devait tenir le groupe. Elle ne pouvait laisser un autre des siens finir comme Finn.
Elle n'avait repris confiance ni en son sommeil, ni en sa capacité à les protéger, mais elle ne lâcherait pas. Elle entretiendrait sa rage. Et aujourd'hui, forcée par l'épuisement de leurs vivres à aller demander un repas, elle avait décidé qu'elle en avait assez de se faire marcher sur les pieds.
Les autres lui avaient au moins fait promettre de les attendre, pour qu'ils aillent pénétrer le cercle des troupes à table ensemble. Lincoln et Bellamy bien sûr, mais aussi Raven et Monty refusaient de même de se laisser impressionner ou assister. Et à présent qu'ils avaient retrouvé un semblant de protection de Lexa, les jeux n'étaient plus si déséquilibrés.
Entourée à présent des deux derniers et partis rejoindre les autres au camp d'entraînement, Clarke se sentait plus ferme que jamais.
Ils étaient arrivés aux abords du lieu qui fonctionnait comme une cantine ; un simple cercle dégagé aux bords duquel on faisait rôtir du mammoük, infuser des plantes et préparer des cactus. La majeure partie de cette nourriture séchée avait été emmenée par les soldats dans quelques grandes roulottes identiques à celle où Finn avait été gardé - et, ne put s'empêcher Clarke de penser, traîtreusement assassiné. Celles-ci avaient été disposées en arc-de-cercle contre le vent poussé par les tempêtes pour protéger le renfoncement plat au milieu, et chaque trou laissé entre elles était occupé par quelques soldats au repos, assis sur des supports en toile ou à même le sol. C'était l'heure du déjeuner, et donc du premier tour de ravitaillement pour les braves qui venaient de s'entraîner deux heures dans la fournaise du désert. On entendait au loin les rugissements et les bruits de coups du deuxième groupe qui avait pris sa place dans l'arène d'entraînement, et cette assemblée de soldats torse nu et au repos, qui leur jetait à présent des regards en biais, sentait un mélange de sueur chaude et sable remué.
Mais ce qui intéressait Clarke était avant tout le fumet qui s'élevait de la chair de mammoük grillée de l'autre côté de la place, côté cuisines. Elle se mit en devoir d'initier la traversée avec Bellamy à son côté, espérant vaguement qu'aucun soldat provocateur ne se dresserait sur sa route, et crut un instant pouvoir réussir. Mais au moment précis où elle se atteignit l'autre bord du cercle, après avoir contourné deux soldats assis indifférents et un groupe d'autres qui se contentaient de les fixer et résisté à la pression qu'exerçaient la vingtaine de paire d'yeux braqués sur eux, une ombre vint lui couper la route.
Le mouvement avait été presque nonchalant, mais assez rapide et précis pour lui barrer le chemin. Face à elle, la lueur dorée du soleil sur sa peau nue en guise d'armure et un regard intense pour toute lame, Anya la dévisageait d'un air défiant.
"Ici, un repas se mérite."
Sourde à toute provocation, Clarke se mit en devoir de la contourner calmement, et rejoindre en quelques pas la table où un garçon de cuisine avait déjà rempli quelques gamelles. Elle avait délibérément gardé la tête baissée et le regard concentré sur sa cible, espérant éviter une confrontation inutile. Et puis, elle était elle-même de méchante humeur. Il aurait suffi d'une pique de plus pour…
Anya l'attrapa subitement par le bras pour la retenir, et reprit plus fort :
"Même les princesses doivent gagner leur pitance ! "
Clarke releva la tête, la fusilla du regard. Derrière elle, tout le monde semblait s'être tu. Elle arracha son bras de la main d'Anya, se retourna vers Bellamy et les autres qui la suivaient en retrait.
"Poussez-vous, fit-elle en ôtant sa veste.
- Tu es sûre que…" commença Bellamy, vite intimé au silence par Octavia. Elle lui chuchota quelque chose à base de "rite de passage obligé".
Clarke avait déjà défait la lanière de cuir qui maintenant son coutelas en place et retroussé ses manches. Elle les jeta à Bellamy qui reculait, et se plaça, jambes écartées, devant son adversaire.
"C'est ça, qu'il faut faire ?"
Anya plissa les yeux, défiante et satisfaite.
"Alors allons-y. Pas d'armes".
En un tour de main, Anya se délesta elle aussi de sa ceinture chargée et extirpa un petit couteau de sa poitrine pour le jeter derrière elle.
"Je ne voudrais pas te faire trop mal, princesse", acquiesça-t-elle de sa voix lourde.
Sans plus de cérémonies, Clarke chargea.
