Salutations !

*scanne la salle du regard* est-ce que tous mes bichons sont là ? En bonne santé ? On a perdu personne ? J'espère que vous vous portez comme des charmes, on reste soudés c'est pas encore fini ! Mais c'est pour la bonne cause ^-^

Parlons peu parlons histoire : vous remarquerez la très subtile transition entre la dernière phrase du chapitre précédent et le titre de ce chapitre-ci. Voilà, j'avais envie de me faire mousser. On remarque des détails là où on peut x) maintenant, laissons nos héros prendre leurs marques, voulons-nous ? Ils vont bien en avoir besoin !

Sur ce, bonne lecture :D

Itsme: Vision ! *clap clap clap* Vision ! *clap clap clap* Ah mais non, tu n'en fais pas trop :o jamais xD oui le pincement au cœur du chapitre précédent, c'était clairement de voir Peter se faire rouler dessus comme un mal-propre. En même temps, entre débloquer un élément et le maîtriser... y'a un monde ! Heureusement Loki est venu briser un peu le malaise, j'avoue ça m'a fait du bien cet excès de colère ! Quant à tes hypothèses... Ah, ma chère Itsme. Let's see, shall we ? :3


Chapitre 38 - L'Air

Les maîtres du Feu et de l'Eau rentraient en silence vers le palais. Une fois convaincu que Loki ne pouvait plus les entendre, Tony saisit le bras de Steve et chuchota avec aplomb :

« Rogers, je veux le surveiller. »

Le soldat se pinça les lèvres, et Tony le soupçonna de ne pas savoir à quel point il masquait mal sa contrariété. Le capitaine lui fit signe de le suivre en silence, ils se calfeutrèrent dans leurs appartements.

« Laisse-moi être clair, anticipa Tony, je fais confiance à Gamora, il n'est pas là le problème. Je refuse juste de me tourner les pouces ici alors que Peter est potentiellement en danger avec lui.

– C'est trop risqué Tony.

– Je resterai hyper loin s'il le faut, mais tu dois me laisser y aller.

– Même si par un quelconque miracle on parvenait à vous rendre muet, Loki vous repérerait trop facilement.

– Pourquoi moi et pas Barton ? Ou Gamora ?

– Barton est un espion, c'est son métier. Gamora peut ressentir Loki où qu'il est tant qu'il touche le sol. Vous, vous êtes...

– Quoi ? »

Nouveau pincement de lèvres. Qu'il le crache son commentaire, bon sang !

« Disons, comme un feu d'artifice par une nuit de nouvelle lune. Même moi en me concentrant je peux sentir votre présence dans la pièce d'à côté, votre signature énergétique est trop marquée. »

Les sourcils de Tony se levèrent. On ne la lui avait jamais faite, celle-là.

« Je peux travailler dessus, affirma-t-il.

– Je ne pense pas que vous puissiez – ou que vous devriez, d'ailleurs.

– Et toi alors ?

– Je me fie à Gamora. »

L'ingénieur grommela une désapprobation sourde. Il allait tourner les talons lorsque Steve le retint :

« On ne peut pas prendre le moindre risque.

– Le danger Rogers, il est là-bas. »

Et Tony s'en mordait les doigts, mais il ne rechigna pas davantage. Il laissa Steve, seul dans la grande salle commune, pas tout à fait certain que la conversation ne s'en soit tenue qu'à ça.


Gamora trouva bien plus confortable de surveiller Loki lorsque Peter s'entraînait avec lui. Autant le maître de l'Air continuait à s'échapper aux vibrations du sol, autant Gamora retrouvait chez Peter cet ancrage ferme dans la terre qui lui permettait de les localiser sans effort. Ce jour-là, elle comprit rapidement qu'ils avaient entamé une longue séance de méditation, elle en profita pour discrètement sonder les bois.

La forêt était nichée dans une cavité entourée de reliefs variant de la colline au mont. Elle en choisit un à gravir et progressa, plus discrète qu'une fourmi, à flanc de pierre couleur rouille. Arrivée sur une saillie plus large que les autres, elle s'agenouilla et rejoignit discrètement un faucon perché en position d'observation.

Barton sourit.

La mercenaire hocha silencieusement la tête. À l'instar de l'espion, elle tourna son attention vers le mentor de l'Air et son disciple, en contrebas. Mais elle peina à les apercevoir, le poste d'observation était trop éloigné. Elle se contenterait de se fier à la Terre, laissant à Œil de Faucon le soin de prouver qu'il avait mérité son surnom.

La séance de méditation se prolongea. Ils n'eurent rien à signaler, jusqu'à ce que Peter se lève – pour se dégourdir les jambes, devina Gamora – les observateurs tentèrent de percevoir les échanges entre le maître et l'Avatar lorsqu'une voix derrière eux clama :

« Eh ben, ça se bouscule par ici. »

Ils sursautèrent, d'instinct Clint brandit son arc et Gamora ses lames affûtées.

« Wooow, on se calme ! » fit Valkyrie en levant deux paumes en l'air.

Gamora saisit la guerrière, la plaqua au flanc de la montagne, au côté qui n'était pas exposé, et une main sur sa bouche. Clint, toujours prêt à décocher, siffla entre ses dents :

« Qu'est-ce que vous faites ici ?

– Mmom mm mmoim. »

Gamora ôta sa main.

« Comme vous, je crois, énonça plus distinctement la guerrière.

– C'est-à-dire ? lâcha la mercenaire dans un murmure pétrifiant.

– Je dois surveiller Loki. Ça n'est pas ce que vous essayez de faire ?

– Ce que l'on fait, riposta l'archer. Avec succès, jusqu'à ce qu'on vienne gueuler notre position à qui veut bien l'entendre.

– Pas besoin de se cacher, justifia la prisonnière. Kinou sait qu'il est surveillé.

– ... Kinou ? releva Clint.

– Comment ça ? questionna Gamora.

– Aux dernières nouvelles il est toujours banni. Il se doute qu'il ne peut pas mettre les pieds ici sans au moins être sous surveillance. »

Gamora prit une légère inspiration pour contenir sa frustration.

« Vous avez vos raisons pour le surveiller, nous avons les nôtres. Vous avez vos manières de faire, nous avons les nôtres.

– Relax, on joue dans le même camp.

– Dans ce cas, vous irez oublier notre présence. »

Pour montrer sa bonne foi, elle relâcha la pression sur l'intruse toujours plaquée à flanc de montagne. Cette dernière s'en dégagea et épousseta sa tenue d'un revers de la main.

« C'est dommage, on aurait pu bien s'entendre.

– On va très bien s'entendre. De loin, proposa l'archer.

– À vous de voir ! »

La guerrière fit rouler son épaule qui avait été coincée dans la pierre. Elle s'avança sur le perchoir et se mit ostensiblement à découvert. Gamora porta sa main au visage. Valkyrie leur adressa un clin d'œil et d'une rafale bondit en direction de la clairière.

Clint abaissa enfin son arc.

« Kinou... » songea-t-il avec un petit rire moqueur. Il rangea la flèche dans son carcan. « Bougeons. »

Gamora acquiesça.

Ils migrèrent vers un autre mont.


Loki comprit rapidement qu'il devrait se coltiner Valkyrie pour toute la durée de son séjour. Pour une fois, il ne parvint pas à masquer son agacement. La maîtresse de l'Air et sa délicatesse de bûcheronne avaient interrompu la séance de méditation, Loki abandonna tout espoir de retrouver un semblant de calme et commanda à Peter de le retrouver le lendemain au même endroit, dès le lever du soleil.

Ce matin-là, lorsque Peter quitta ses appartements pour retrouver le chemin de la clairière, il s'arrêta subitement face à la silhouette d'un individu qu'il ne s'était pas préparé à revoir de sitôt.

Vision.

Le maître de l'Air demanda à Peter l'autorisation de marcher un peu avec lui.

« Je tenais à m'excuser pour l'évènement d'hier, soutint-il. La tradition de cette démonstration est inappropriée, j'en ai conscience. »

Peter bafouilla que ce n'était rien, il n'en tenait rigueur à personne. Ils commencèrent à marcher.

« Loki a eu raison de prendre ta défense, continua-t-il. J'aurais sans doute réagit de la même manière à sa place.

– Loki... était en colère, considéra le garçon, mais pas tant à cause de la démonstration je crois. Ça ne doit pas être facile pour lui de revenir ici.

– Non, c'est vrai.

– Il disait qu'il n'avait pas voulu tourner le dos au peuple de l'Air.

– C'est ce qu'il a dit.

– C'est à Odin qu'il en veut.

– En effet.

– Mais pourquoi ? »

Tandis qu'ils avançaient, descendant lentement les marches de l'entrée du palais, Vision prit le temps de narrer l'histoire de Loki Odinson à l'Avatar. Il prit le temps de revenir loin en arrière, bien avant sa tentative de parricide et son procès. Il dévoila à Peter plus d'éléments sur son Mentor de l'Air que le garçon n'en avait glané en deux mois.

Ils traversèrent la place principale, s'enfoncèrent dans le sous-bois, les feuilles mortes craquaient sous leur pied. Peter ponctuait le récit de Vision avec des questions sur son maître, son peuple, sur l'Air en général, lorsqu'à sa grande déception Vision mit fin à la conversation.

« Je poursuivrai cette discussion avec plaisir Avatar, mais pour l'heure tu dois retrouver ton maître. Je crois qu'il t'attend. »

Ils avaient effectivement atteint la clairière où Loki sermonnait Valkyrie.

« Hors de vue et hors d'ouïe, c'est compris, mon prince ! concéda la jeune femme au garde-à-vous.

– J'y tiens, Valkyrie. Si je sens seulement ta présence...

– Point d'inquiétude, je ne voudrais en aucun cas compromettre l'apprentissage de l'Avatar, » sourit-elle de ses trente-deux dents.

Loki ne se satisfit qu'à moitié de cette vague promesse, mais pour l'heure il s'en contenterait. Peter venait d'arriver – seul. Valkyrie disparut sur le champ, et Loki salua Peter en lui lançant un bâton de bois.

D'instinct Peter le rattrapa, le maître se satisfit au moins de ses bons réflexes.

« Les enfants de l'Air débutent souvent leur apprentissage avec ce genre d'outils, expliqua-t-il en s'avançant, pour la simple et bonne raison que l'Air est partout. Il est tout autour de toi, il est omniprésent, il est le seul élément dont tu ne manqueras jamais. Tout le monde le maîtrise. Dès ton premier souffle, à ta naissance, tu le manipules. D'un mouvement de bras, d'un mouvement de tête, tu brasses du vent. Ta moindre parole déforme l'air autour de toi jusqu'aux oreilles de tes interlocuteurs. L'Air est intuitif, sa maîtrise requiert de la précision, rien de plus. C'est ce à quoi ce bâton t'aidera, affiner ta maîtrise. Exemple. »

Loki fit tourner son sceptre doré, le passa d'une main à l'autre et le pointa soudain dans une direction bien précise, un filet de vent fusa jusqu'à la cime d'un arbre et en fouetta les feuillages.

Valkyrie chuta de sa branche et tomba au sol dans un cri de surprise.

« J'ai dit : loin ! s'entêta le prince.

– Ça va, j'y vais ! » abdiqua la guerrière en se relevant fastidieusement.

Une main sur les hanches, elle battit en retraite en claudiquant. Loki soupira, et Peter esquissa un sourire. Il l'aimait bien, cette dame-là.

Le maître se positionna au centre de la dalle et poursuivit la leçon comme s'il ne s'était rien passé.

« Ton bâton n'est pas une arme, il n'est pas non plus à l'origine de la maîtrise de l'Air. Il n'est qu'une extension de toi, un outils pour canaliser ta maîtrise. Cette dernière vient de toi, et de toi seul. »

Peter se plaça aux côtés de Loki, et le maître enseigna à l'élève le bon maintien du bâton et des séries d'enchaînements simples que Peter parvint à effectuer sans mal. Sans mal, mais sans coup de vent plus fort qu'un autre, non plus.

Il apprit à placer correctement ses mains pour optimiser le poids du bâton, utiliser son centre d'équilibre pour frapper plus vite ou plus fort. Il fit passer le bâton à droite, à gauche, le fit tourner dans sa main et changea sa prise pour parer, puis assaillir, Loki lui enseigna les bonnes postures de défense et d'attaque, sermonnant au passage ses appuis trop fixes au sol. Peter s'efforçait de marcher dans les pas de son maître, suivait ses chorégraphies avec un temps de retard pour imiter au mieux les gestes du prince.

À chaque nouveau pas Loki commentait un nouvel aspect de la maîtrise de l'Air.

Une maîtrise qui se base sur une gestuelle fluide et souple.

Qui nécessite de se laisser porter par les mouvements de l'Air.

Apprendre à ne faire qu'un avec elle.

Apprendre à la ressentir sur sa peau, redécouvrir une sensation familière, permanente.

Ressentir ses moindres vagues provoqués par le moindre geste.

Amplifier ce geste jusqu'à ce que l'Air s'engouffre dans ce mouvement.

Se décuple, jusqu'à s'imposer.

Dicter à l'Air la voie à suivre pour la maîtriser.

Peter laissa son instinct prendre le relais. Le baton tournoyait avec fluidité entre ses doigts, comme si lui aussi connaissait la chorégraphie, suivant avec harmonie les mouvements de Peter jusqu'à la dernière passe, point final de l'exercice.

Loki et Peter se redressèrent et saluèrent.

Léger temps mort durant lequel l'élève avisa le maître.

Il décida de tenter sa chance.

« Je suis censé être la réincarnation de Carol, souffla-t-il. Mais elle était forte, elle maîtrisait bien les quatre éléments.

– C'est ce qui est dit.

– Quand on était à la Tribu du Nord, tu m'avais dit qu'elle n'était pas si impressionnante. Est-ce que tu le pensais, ou est-ce que c'était juste une provocation ? »

Les deux, songea immédiatement Loki.

« Elle était forte, répondit-il plutôt, mais si sa spiritualité avait été plus développée, elle serait encore en vie.

– Comment peux-tu le savoir ?

– Elle a été retrouvée morte au pied du portail des esprits ouvert. Une spiritualité plus affinée l'aurait forcément averti du danger.

– Qu'est-ce qui l'a tuée ?

– Personne ne sait. M'est avis que ç'ait été des esprits noirs.

– Elle aurait été capable de les calmer.

– Pas si elle a été prise par surprise, d'où l'importance d'un grand sens spirituel pour pressentir ce genre de menace. Sa mort a conduit à l'ouverture du portail Nord et à la mise en danger du monde entier. La force ne fait pas tout, Parker. Pour talentueuse qu'elle ait été dans la maîtrise des quatre éléments, Carol Danvers n'était pas une avatar accomplie. »

Peter joua avec son bâton durant un court instant de réflexion.

« Tu pourras entrer en communication avec elle, annonça alors Loki.

– Vraiment ?

– C'est ce que permet l'État d'Avatar. C'est aussi possible à travers la méditation.

– Tu peux m'apprendre ?

– Je peux essayer. Mais la priorité reste à l'apprentissage de l'Air.

– Si j'arrive à entrer en contact avec Carol, elle pourra peut-être m'aider à maîtriser l'Air et l'Eau. »

Loki trouva d'abord cette idée ridicule, avant d'y accorder une seconde réflexion.

« Peut-être, admit-il, mais ça ne te dispense pas d'entraînement. Reprenons. »


À peine Loki sonna-t-il la fin de l'exercice que Valkyrie bondit de sa nouvelle cachette pour escorter les deux hommes jusqu'au palais. Loki ne prit pas la peine de s'énerver, et Valkyrie y lut le signe positif qu'il commençait à s'y faire.

Peter prit le chemin de ses appartements, Valkyrie suivit Loki dans la direction opposée.

« Tu ne manges avec ton disciple ?

– Il n'a pas besoin de moi pour se nourrir.

– Il n'a pas besoin d'apprendre à mieux connaître son maître pour évoluer dans un environnement de confiance ?

– Non.

– Tu es dur, Kinou.

– Je suis son mentor, je décide de ce dont l'Avatar a besoin ou pas, et il n'a pas besoin d'apprendre à me connaître. »

Valkyrie pressa le pas pour se positionner devant le prince et l'observer d'un œil inquisiteur. Elle avançait en marche arrière.

« As-tu peur de ce qu'il risque de découvrir ? »

Loki s'arrêta.

« Me trouves-tu horrible à ce point ?

– Moi ? Non ! J'aime ton côté mystérieux, farouche, cynique et rebelle.

– Sont-ce des compliments ? »

La guerrière sourit, Loki se força à l'ignorer. Il la doubla, elle ne se laissa pas distancer.

« Tu m'as manqué tu sais, avoua-t-elle.

– J'en doute.

– Tu doutes de mon honnêteté ?

– Oui.

– Quelles raisons aurais-je à te mentir ?

– J'en vois au moins sept.

– ... sept ?

– Tu veux t'attirer mes faveurs, les faveurs de ma mère, les faveurs d'Odin, les faveurs de Thor, tu cherches à me faire rester, à me faire partir, tu veux t'approcher de l'Avatar.

– Tu es vraiment psychotique, tu le sais ça ? »

Oui, il le savait.

« J'y dois ma survie.

– Doute si tu le souhaites ! Mais sache que je ne t'ai jamais menti.

– Et ça aussi, c'est un mensonge. »

Valkyrie leva les yeux au ciel, elle n'obtenait décidément rien de lui aujourd'hui.

« Raconte-moi, persévéra-t-elle. Qu'as-tu fait, ces cinq dernières années ?

– Je n'ai rien à raconter.

– Toi aussi, tu me mens.

– Je n'ai rien à raconter que tu aies envie d'entendre, crois-moi.

– Laisse-moi en juger. »

Loki ralentit enfin. Il avisa sa gardienne qui se chercha encourageante, le regard curieux et les oreilles aux aguets. Il saisit la poignée de sa porte et l'ouvrit sur sa chambre.

« Bonne nuit, Valkyrie. »

Et il la referma sur la mine déconfite de la jeune femme.